Cotonou, 8 décembre 2025 – Vingt-quatre heures après l’assaut armé qui a visé ses locaux dans la nuit du 6 au 7 décembre, la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) a reçu ce lundi matin la visite surprise et très symbolique du président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Édouard Loko, accompagné d’une délégation.
Sous une pluie torrentielle, le régulateur des médias s’est rendu en personne à la direction générale de la SRTB, théâtre du coup de force avorté par les Forces armées béninoises. Les assaillants, dont l’identité et les motivations font encore l’objet d’une enquête judiciaire, avaient tenté de prendre le contrôle des installations stratégiques de la télévision et de la radio publiques.
Devant un personnel encore sous le choc mais resté à son poste toute la nuit pour assurer la continuité des programmes, Édouard Loko a tenu à exprimer « toute la solidarité et le soutien indéfectible » de la HAAC. Il a chaleureusement félicité les agents pour leur sang-froid et leur sens du devoir, qui ont permis au service public de l’information de ne jamais être interrompu, même au plus fort de l’attaque.
Un tournant : l’exigence de « patriotisme »
Puis, dans une déclaration solennelle qui restera dans les annales, le président de la HAAC a franchi un cap : le ton est passé du réconfort à l’exigence.
« Ce qui s’est passé était bel et bien une tentative de coup d’État, heureusement mise en échec. Au-delà des règles classiques de déontologie journalistique, nous allons désormais exiger de tous les médias – publics comme privés – un sursaut de patriotisme. »
Une formule forte, prononcée devant les caméras, qui marque ainsi un tournant dans le discours du régulateur à l’égard de la presse béninoise.
La directrice générale de la SRTB et les représentants syndicaux présents ont accueilli avec émotion cette visite de la 7e mandature de la HAAC, et l’ont perçue comme un geste de reconnaissance envers ceux qui, en première ligne, ont défendu la continuité de l’État par l’information.
Finalement, alors que le pays retient encore son souffle après cet épisode inédit depuis des décennies, ce message de fermeté et d’unité lancé depuis les studios de la SRTB résonne comme un appel à la cohésion nationale autour des institutions, à commencer par les médias.
Cotonou, 8 décembre 2025 – Ah, le Bénin ! Ce joyau ouest-africain présenté jadis comme un modèle de démocratie stable, un phare au milieu des coups d’État voisins. Et voilà que ce dimanche 7 décembre, tout vacille en un instant : un « groupuscule » de rebelles ébranle les fondations d’un régime de plus en plus autoritaire. La tentative a échoué, certes, mais elle a laissé un trouble durable, révélant les fissures d’un État en déliquescence.
Cette crise n’est pas un accident : elle incarne le symptôme d’une gouvernance contestée sous Patrice Talon, président multimillionnaire qui préfère solliciter l’aide étrangère plutôt que de réformer son armée et son pays. Pourquoi un simple « groupuscule » a-t-il nécessité des frappes aériennes nigérianes et des avions de renseignement français ? Que cache Talon ? Et si, au fond, ce n’étaient pas des « aventuriers », mais une armée elle-même en ébullition contre une gestion qui fragilise le Bénin ?
Bénin : l’incohérence du « groupuscule » face à la riposte étrangère
Commençons par le cœur du scandale ? Ce « groupuscule » que le pouvoir nous a servi sur un plateau, comme une série pour Bollywood. Rétranchés à la maison de la SRTB ? Ridicule. En quelques heures, les faits ont révélé une organisation bien plus structurée, aux ramifications étendues comme une toile d’araignée.
Et pour en venir à bout ? Pas de riposte nationale décisive, non ! Talon et ses sbires ont lancé un SOS pathétique à la France et au Nigéria : forces spéciales étrangères, avions de surveillance français rugissant dans nos cieux, frappes aériennes dignes d’une zone de guerre. Pourquoi mobiliser une telle puissance pour un prétendu ramassis de marginaux ? Allons ! Si c’était vraiment un « groupuscule » inoffensif, pourquoi notre armée régulière s’est-elle retrouvée en infériorité flagrante dès les premières heures ?
La réponse est aussi amère que cruelle : depuis 2016, sous Talon, les forces armées ont été méthodiquement privées de moyens. Budgets rognés, équipements obsolètes, moral au plus bas. Résultat : parmi les « otages » libérés par les alliés extérieurs figuraient le chef d’état-major de l’Armée de Terre et celui de la Garde Républicaine. Des généraux de haut rang, otages dans leur propre pays. Une humiliation nationale qui devrait faire rougir de honte tout Béninois digne de ce nom.
Gestion clanique : le mécontentement de l’armée
Mais creusons plus profond : pourquoi un tel fiasco ? Patrice Talon, ce « sauveur » autoproclamé, cache-t-il l’ampleur du mécontentement interne ? Et si ce « groupuscule » n’était que la pointe de l’iceberg d’une armée – oui, l’armée tout entière – lassée de sa gestion clanique ? Enrichi par des décennies de négoce du coton et de combines, Talon a transformé le Bénin en fief personnel : élections verrouillées, opposition muselée, médias sous contrôle, économie capturée par ses proches.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : inflation galopante, chômage des jeunes explosif, dette publique étouffante. L’armée, pilier de la souveraineté, n’a pas été épargnée : promotions au mérite oubliées, loyauté imposée par la carotte et le bâton. N’est-il pas plausible que ces « rebelles » aient trouvé écho chez des officiers las de voir leur institution servir de garde prétorienne à un président qui préfère les jets privés aux besoins du peuple ?
Talon nous a trompés. Son appel à l’aide étrangère n’est pas un signe de sagesse, mais une confession d’échec. Talon a perdu le contrôle, et plutôt que d’affronter les démons qu’il a lui-même créés, il livre l’âme du Bénin aux ex-puissances coloniales et aux voisins opportunistes.
Bénin : le prix de la honte et la trahison des élites
Le prix de ce « sauvetage » ? Une honte ineffaçable. Pour un « bon moment » – comme le répètent les communiqués lénifiants –, des troupes étrangères patrouilleront nos rues, occuperont notre ciel et surveilleront nos côtes. Officiellement, sous couvert de protocoles diplomatiques. En réalité, le Bénin abdique sa souveraineté et montre au monde qu’il n’a plus ni les moyens ni la volonté d’assurer sa propre défense.
La « démocratie » de Talon ? Un mirage dissipé, remplacé par une tutelle humiliante. Des milliards engloutis dans des projets d’embellissement, tandis que nos armées manquent d’armes, nos hôpitaux manquent de pansements et nos écoles de craies. C’est une trahison pure et simple : le sens de l’État, la fierté nationale, la dignité du citoyen – tout s’évapore dans les traînées des Mirage talonnière.
Et pendant que les faits hurlent la vérité, nos élites – ces « faiseurs d’opinion » serviles – se drapent dans leur hypocrisie coutumière, langue de bois et opportunisme en bandoulière. Ils rivalisent d’ardeur dans la couardise, le gouvernement sachant qu’une prébende ici, une corruption là, suffisent à faire taire toute critique. Lamentable troupe de chantres de la médiocrité, qui préfèrent le baume des élites au sel de la vérité.
Bénin : le risque d’incendie final
Pourtant, au milieu de ce naufrage, un espoir timide : que ce sursaut forcé – cette crise qui a failli tout emporter – réveille enfin les consciences. Le gouvernement ne sort pas grandi de cette passe ; il en sort diminué, nu, exposé dans sa faiblesse, trop de propagande pour rien. Tant que l’intérêt général et la vie des populations ne primeront pas sur les intérêts claniques, tant que régnera l’esprit de profiteurs, aucune prise de conscience ne viendra. Le statu quo ante ? Une illusion mortelle. Écoutez ce cri, celui des « aventuriers » que le ministre de l’Intérieur dénonce avec mépris : il n’est pas celui de marginaux, mais d’un peuple las d’être piétiné.
Talon, à vous de changer de paradigme, ou l’histoire vous jugera non comme un réformateur, mais comme le fossoyeur d’une nation. Le Bénin mérite mieux que des bombes étrangères pour masquer ses plaies. Il mérite un leader qui restaure l’armée, libère la parole et redonne à ses citoyens leur fierté volée. Sinon, le prochain « groupuscule » ne sera plus un feu de paille : ce sera l’incendie final. Quel sort, en effet. Hélas.
Cotonou, 8 décembre 2025 — À l’aube du 7 décembre 2025, un silence brutal a figé les rues de Cotonou, capitale économique du Bénin. En effet, le bourdonnement incessant des motos-taxis et le commerce effervescent du marché Dantokpa ont été brutalement remplacés par le grondement sourd des coups de feu. Un groupuscule de militaires dissidents tentait de renverser l’ordre établi, déclenchant une alerte nationale qui a rapidement tourné au fiasco.
Moins de quatre heures après leur irruption à la télévision publique, les putschistes ont été neutralisés, et le président Patrice Talon a réaffirmé son autorité depuis le palais présidentiel. Cependant, ce coup d’État raté, le plus bref de l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest, soulève des questions sur les fissures internes de l’armée béninoise et les tensions politiques persistantes dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine. Retour exhaustif sur une journée qui a failli basculer dans le chaos.
Une aube de tension : les premières détonations et l’assaut raté
Tout a commencé vers 4 heures du matin, heure locale, au cœur de Cotonou. Des tirs sporadiques ont retenti dans le quartier stratégique de Camp Guézo, qui abrite une importante base militaire et se trouve à proximité immédiate du Palais de la Marina, siège de la présidence de la République. La ville portuaire, vibrant d’une énergie cosmopolite, a vu ses axes majeurs bloqués. Selon des témoins contactés sur place, une dizaine d’hommes en uniforme, armés de fusils d’assaut AK-47, ont tenté de forcer l’entrée de la résidence présidentielle. À 7 h 15, l’Ambassade de France à Cotonou a relayé sur les réseaux sociaux une alerte sécuritaire :
« Des coups de feu ont éclaté au Camp Guézo, près du domicile du président de la République. Nous invitons les Français à rester chez eux par mesure de sécurité. »
Pendant ce temps, l’autre front de l’assaut se jouait à quelques kilomètres de là. Un commando restreint – estimé à une vingtaine d’hommes – a forcé l’entrée des studios de l’Office de Radiodiffusion et de Télévision du Bénin (ORTB), la chaîne nationale, dans le quartier Akpakpa. À 6 h 30 précises, huit officiers et sous-officiers, menés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri – un vétéran de 48 ans connu pour ses critiques sur la gestion sécuritaire au nord du pays –, ont investi les studios et interrompu la programmation. Ils se sont autoproclamés « Comité Militaire pour la Refondation » (CMR).
Les griefs du CMR : sécurité, injustice et remise en cause des libertés
Dans une déclaration lue d’une voix ferme, Tigri a proclamé : « M. Patrice Talon est démis de ses fonctions de président de la République. » Les putschistes invoquaient une litanie de griefs : la « dégradation continue de la situation sécuritaire au nord du Bénin » face aux incursions jihadistes ; la « négligence envers les soldats tombés au front » ; des « promotions injustes » ; et une « remise en cause déguisée des libertés fondamentales ». Le communiqué annonçait également la suspension de la Constitution révisée en novembre 2025, la dissolution de toutes les institutions d’État et la fermeture des frontières, avant que l’écran ne passe au noir.
La riposte fulgurante : loyauté de l’armée et arrestations express
La réponse du pouvoir n’a pas tardé. Dès 8 h, des unités de la Garde républicaine – corps d’élite chargé de la protection du chef de l’État – ont lancé une contre-offensive coordonnée. Les loyalistes, mieux équipés et numériquement supérieurs, ont immédiatement concentré leurs efforts sur la capitale économique. Comme l’a souligné le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Bakari, interrogé par des agences internationales : « Une grande partie de l’armée, la Garde nationale, est toujours loyale au président et contrôle la situation. »
Des unités de la Garde républicaine, commandées par le général de division Abou Issa, ont encerclé le bâtiment de l’ORTB dans le quartier Akpakpa. Bien que des échanges de tirs sporadiques aient été rapportés, l’opération a été rapide : en effet, à 8 h 45, la transmission des putschistes était coupée, après une occupation d’à peine plus de deux heures. Immédiatement, treize militaires ont été arrêtés sur place, dont plusieurs officiers subalternes. Par ailleurs, parmi eux, un sous-lieutenant déjà radié des effectifs pour indiscipline, selon une source proche du dossier. Toutefois, le lieutenant-colonel Tigri, figure centrale du complot, reste en fuite, traqué par les autorités qui ont lancé un mandat d’arrêt national et une récompense de 50 millions de FCFA.
Le Ministre de l’Intérieur officialise l’échec du putsch à 9 h 30.
À 9 h 30, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, prenait l’antenne pour officialiser l’échec du putsch. Il a déclaré, le ton martial mais rassurant, que le groupuscule n’avait pu prendre ni la résidence présidentielle ni les centres de commandement clés. Le président Talon, dont la sécurité avait été confirmée dès les premières heures, est rentré au palais sous escorte renforcée.
La réponse régionale et les frappes nigérianes
L’événement n’est pas resté confiné aux frontières béninoises, provoquant une riposte régionale musclée. Dès 11 h, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi avec une célérité inhabituelle, ordonnant le « déploiement immédiat » de troupes en provenance du Nigeria, de Sierra Leone, de Côte d’Ivoire et du Ghana pour soutenir l’ordre constitutionnel. D’ailleurs, la présidence nigériane est allée plus loin : à 14 h, elle confirmait avoir lancé des frappes aériennes ciblées sur Cotonou, à la demande expresse de Talon.
Des jets nigérians ont décollé de la base de Lagos, larguant des munitions sur des caches présumées dans la banlieue ouest de la ville. Ces explosions, qualifiées de « sauvegarde de l’ordre constitutionnel », ont été entendues en fin d’après-midi, près des casernes de la Garde nationale, semant une brève panique parmi les riverains.
Remy Agblo, un commerçant de 62 ans, y voyait un écho du passé : « Aujourd’hui, c’est comme si je revivais ce que nos parents ont vécu en 1972, avec le dernier vrai coup d’État. Heureusement que ça a été déjoué vite. »
Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf, a pour sa part condamné « fermement et sans équivoque » la tentative, soulignant l’inquiétude régionale face à la vague de coups d’État qui a secoué le Sahel.
Bénin : l’aide discrète et la coordination diplomatique
Sur le plan diplomatique, le rôle de coordinateur de Paris dans la sous-région n’a pas tardé à se manifester. Un appel téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et son homologues nigérian Bola Tinubu, survenu en matinée, a permis aux observateurs d’interpréter l’événement comme un feu vert implicite à l’intervention.
Des sources évoquent par ailleurs une aide cruciale de la France via ses services de renseignement. Pendant toute l’après-midi, un avion de surveillance de l’armée française, un Beechcraft Air King 350 (capable de brouiller les lignes et de transmettre les positions stratégiques en temps réel), a décollé de l’aéroport de Cotonou. Il a ensuite effectué des cercles au-dessus de la capitale. Un autre avion militaire, très utilisé par l’armée française, a aussi décollé d’Abidjan pour le Bénin et a coupé son radar avant de se poser à Cotonou.
Enfin, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « profondément préoccupé » tandis que les États-Unis, via leur ambassade à Abidjan, saluaient la « réponse rapide des institutions béninoises » et promettaient un soutien logistique via l’AFRICOM.
Le discours de Talon : une mise au point ferme et des promesses d’enquête
C’est en soirée, vers 20 h, que Patrice Talon a brisé son silence. Apparu en direct sur Benin TV depuis le Palais de la Marina à Cotonou, le chef de l’État a multiplié les gestes rassurants.
« La situation est totalement sous contrôle. La sécurité et l’ordre public seront maintenus partout sur le territoire national », a-t-il déclaré d’une voix posée, saluant les « forces armées restées fidèles à leur serment républicain ».
Il a qualifié l’épisode de « forfaiture d’une gravité extrême de certains aventuriers », promettant que « cette aventure ne restera pas impunie » et évoquant des « acteurs politiques » tapis dans l’ombre, sans les nommer.
Talon a ensuite évoqué l’étendue de l’enquête en cours : interrogatoires des 13 détenus, perquisitions dans les casernes, et collaboration avec la CEDEAO pour traquer les fuyards.
« Le Bénin reste une démocratie stable. Ceux qui rêvent de plonger notre pays dans le chaos rencontreront toujours la ferme résistance de nos institutions et de notre peuple », a-t-il martelé, avant de conclure par un vibrant « Vive la République, vive le Bénin ! »
Contexte : un Bénin sous tension depuis des mois
Pour comprendre ce putsch avorté, il faut remonter aux racines des frustrations. Le Bénin, longtemps considéré comme un modèle de stabilité démocratique post-coloniale en Afrique de l’Ouest, traverse une période de frictions internes profondes. Depuis son accession au pouvoir en 2016, Patrice Talon – l’ancien magnat du coton surnommé le « Résilient » – a certes imposé un train de réformes musclées (numérisation, lutte contre la corruption), mais à un coût démocratique élevé.
Sa réélection en 2021, lors d’un scrutin largement boycotté par l’opposition, a entraîné une série de mesures perçues comme autoritaires. Il a notamment validé, en novembre 2025, une révision constitutionnelle qui allonge le mandat présidentiel et suspend les activités des partis politiques pendant six mois. À cela s’ajoutent la disqualification du principal parti d’opposition des joutes électorales de 2026 et l’emprisonnement de plusieurs leaders politiques.
L’armée, pilier traditionnel du régime, n’est pas en reste. Les griefs sont clairs : promotions opaques, et retards de paiement des indemnités aux veuves de soldats tués au front. Pascal Tigri, le cerveau présumé, est un officier aguerri des opérations au Pendjari, où il a perdu des camarades face aux djihadistes. Son appel à la « refondation » résonne directement avec les coups d’État récents au Sahel (Mali, Burkina, Niger), même si le Bénin a toujours résisté à cette vague. Ces fissures, tant civiles que militaires, suggèrent aussi que sans un dialogue inclusif et une résolution des problèmes de gouvernance au sein de l’armée, le risque de récidive demeure plus que probable.
Conséquences : une ville qui reprend son souffle
À la tombée de la nuit, Cotonou exhalait un mélange de soulagement et d’appréhension. Mais, ce lundi matin, Cotonou respirait un calme relatif. Les autorités ont levé certains barrages, les hélicoptères ont regagné leurs bases et le port – poumon économique – a repris ses activités. Pourtant, la capitale s’est vidée plus tôt que d’habitude, les familles optant pour la prudence. Sur le plan judiciaire, les enquêtes s’annoncent musclées. Talon a promis que « cette aventure ne restera pas impunie », évoquant des peines exemplaires pour dissuader d’éventuels imitateurs. Internationalement, l’épisode renforce l’image d’un Bénin résilient, cependant expose les failles d’une CEDEAO en perte d’autorité face aux juntes.
Bénin : l’avertissement du « coup de 45 minutes »
Finalement, le 7 décembre 2025 restera comme un avertissement : dans un Bénin où la démocratie est un acquis fragile, forgé dans le sang des transitions pacifiques des années 1990, les armes peuvent encore parler. Patrice Talon, affaibli mais debout, a gagné une bataille, mais la guerre pour la cohésion nationale ne fait que commencer. Le pays, porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest, ne peut se permettre une autre secousse. Pour l’heure, les Béninois, pragmatiques, reprennent le fil de leur quotidien, espérant que ce « coup de 45 minutes » – comme l’ont surnommé les réseaux sociaux – soit le dernier. En Afrique de l’Ouest, la démocratie est un équilibre précaire, maintenu par la vigilance des institutions et la solidarité des voisins. Pour l’heure, le Bénin respire. Mais les ombres du lendemain planent déjà.
Abomey-Calavi, 5 décembre 2025 – Les nuits sur le campus de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) ne sont pas toujours studieuses. Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre, vers 2 heures du matin, les agents de sécurité de l’UAC ont appréhendé un jeune homme d’environ 19 ans qui déambulait avec un lourd sac de voyage.
La marchandise volée et une identité falsifiée
À l’intérieur du sac : une impressionnante quantité de produits alimentaires – paquets de spaghettis, sacs de riz et de gari, boîtes de lait en poudre, paquets de sucre, biscuits et autres denrées de première nécessité. Interrogé sur place, le suspect s’est présenté comme étudiant en deuxième année d’espagnol à la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC) et a même donné le nom de sa supposée promotrice.
Mais, rapidement, les premiers éléments recueillis ont contredit sa version. En fait, les vivres correspondaient exactement à ceux qui avaient disparu quelques heures plus tôt des rayons et de l’arrière-boutique d’une commerçante bien connue du centre commercial de l’EPAC (École Polytechnique d’Abomey-Calavi), situé en plein cœur du campus. En plus, la victime a reconnu formellement ses marchandises.
Présenté comme un habitué des lieux mais inconnu des fichiers étudiants de la FLLAC, le jeune homme n’a pas été en mesure de justifier sa présence ni de prouver son inscription à l’université.
Vol de denrées à l’UAC : inquiétudes ravivées sur la sécurité nocturne du campus
En conséquence, le suspect a été remis aux éléments de la police républicaine d’Abomey-Calavi qui ont ouvert une enquête pour vol avec effraction.
Ce nouvel incident ravive les inquiétudes sur la sécurité nocturne du campus, régulièrement pointé du doigt pour ses intrusions et ses petits délits. Les étudiants et commerçants espèrent désormais un renforcement des patrouilles et des contrôles d’identité aux abords des résidences universitaires. L’enquête se poursuit.
Dassa, 5 décembre 2025 –Ce n’est pas une simple remise de matériel. C’est un message fort. le jeudi matin, dans la cour de la caserne de Dassa-Zoumé, l’ambassadeur des États-Unis au Bénin, Brian Shukan, a tendu symboliquement les clés d’un impressionnant convoi à l’armée béninoise. Valeur du cadeau : plus d’un milliard de francs CFA (environ 1,85 million de dollars) de matériel flambant neuf destiné à l’opération Mirador, le fer de lance de Cotonou contre l’expansion djihadiste dans le Nord.
Un soutien tactique vital contre l’expansion djihadiste
Devant les rangs impeccables des militaires du 1ᵉʳ bataillon d’intervention rapide, le diplomate américain n’a pas tourné autour du pot : « Le Bénin est en première ligne. Par conséquent, ce que vous faites ici empêche le feu de se propager plus au sud. Et nous serons toujours à vos côtés tant que vous tiendrez cette ligne. »
Dans les caisses :
des pick-up 4×4 blindés légers ;
des trousses médicales de combat dernier cri ;
des sacs d’assaut tactiques ;
des centaines de paires de bottes de jungle ;
des gilets pare-balles nouvelle génération ;
des lunettes de vision nocturne et des kits de décontamination chimique.
De quoi équiper plusieurs compagnies entières déployées dans les parcs Pendjari et W, là où les incursions de groupes armés se font de plus en plus fréquentes.
Le Colonel Faizou Gomina, chef d’état-major adjoint, a répondu sans détour : « Ces outils vont sauver des vies. Les nôtres, et celles des populations que nous protégeons. Avec ça, on ne va plus seulement contenir. On va reprendre l’initiative. »
Car le contexte est brûlant. En trois ans, les attaques terroristes ont fait plus de 150 morts au Bénin, des villages entiers vidés, des milliers de déplacés. L’opération Mirador, lancée en 2022, commence à porter ses fruits (plusieurs camps neutralisés, des dizaines de combattants arrêtés), mais le prix est lourd : embuscades, mines artisanales, soldats tombés au combat.
Bénin : la diversification des partenariats stratégiques
Ce don américain tombe à pic. Il arrive quelques semaines après l’annonce d’un renforcement de la présence française dans la zone et alors que le Bénin finalise l’achat de drones armés turcs. Une diversification claire des partenariats militaires, loin des anciennes exclusivités.
À la fin de la cérémonie, un jeune lieutenant du BIR, tout juste rentré d’une patrouille de 12 jours dans le parc W, a murmuré à son voisin en regardant les nouveaux véhicules : « Avec ça, on va enfin pouvoir dormir une nuit sur deux. »
Un milliard de FCFA, ce n’est pas que du matériel. C’est la preuve que le Bénin n’est plus seul face au feu qui descend du Sahel. Et par conséquent, quand les soldats auront fini de charger les camions, c’est le terrorisme qui va commencer à avoir peur.
Cotonou, 5 décembre 2025 –Le Bénin affiche ses ambitions : le pays entend prendre toute sa place dans le pèlerinage. Lancés le 31 octobre dernier par le ministre des Affaires étrangères Olushegun Adjadi Bakari, les préparatifs du Hadj 2026 viennent de franchir un cap avec cinq grandes annonces qui changent tout pour les 2 300 futurs hadjis béninois.
Simplification : L’ère du Hadj numérique
D’abord, fini les files interminables devant les bureaux. Dès cette année, l’inscription se fait en quelques clics sur la plateforme e-Hadj. Il suffit d’avoir son Numéro Personnel d’Identification (NPI), de payer via une société agréée (adieu les enveloppes sous la table), et c’est plié.
« On veut que nos parents puissent s’inscrire depuis leur village sans même prendre la moto », résume un responsable du Comité d’organisation.
Logistique : Le confort des inscriptions groupées
Ensuite, la grande nouveauté qui fait déjà parler dans les mosquées : les inscriptions groupées. Désormais, une famille ou un groupe d’amis peut cocher la case « rester ensemble » et se retrouver dans le même hôtel, le même bus, le même quartier de Mina.
« À 60 ans, ma mère ne voulait plus partir seule. Grâce à ce changement, elle pourra voyager avec ses sœurs et ses petites-filles. C’est une bénédiction », confie Ibrahim, 38 ans, qui a déjà inscrit tout son clan.
Coût et Hébergement : Subvention et Zone 4 Catégorie B
Côté porte-monnaie, le gouvernement continue de taper fort : le prix reste bloqué à 3,6 millions FCFA grâce à une subvention directe. Mais surtout, cette fois, les pèlerins ne seront plus logés dans les zones les plus éloignées. Direction la zone 4, catégorie B : hôtels corrects, climatisation qui marche, navettes fréquentes et surtout… cuisine 100 % béninoise.
« Plus de riz saoudien fade. On aura du gnonmli, de l’atassi , de l’akassa avec de monyo. Même à La Mecque, on mangera comme à Parakou », plaisante El Hadj Mama Sambo, patron d’une agence agréée.
Durée et Sensibilisation
Le séjour passe aussi à 20 jours pile, histoire d’éviter les semaines interminables d’attente sous 45 °C. De plus, dès le 16 décembre, des équipes descendront dans tous les départements du Nord pour faire le point, vérifier les dossiers et surtout sensibiliser : vaccins à jour, forme physique minimum, respect des rites.
« Le Hadj, ce n’est pas des vacances. Mais ça ne doit pas être une punition non plus », martèle le ministre Bakari. « On veut que nos pèlerins reviennent en disant : “Le Bénin nous a traités avec dignité.” »
Hadj 2026 : une dignité retrouvée pour les plus humbles
Dans les quartiers de Cotonou, Porto-Novo ou Natitingou, les langues se délient déjà : « Cette année, même les plus pauvres osent rêver du Hadj. » Car quand l’État met la main à la poche, simplifie les démarches et promet du confort, le cinquième pilier de l’islam n’est plus réservé à une élite.
En 2026, les pèlerins béninois ne partiront plus la peur au ventre. Ils partiront la tête haute. Et ça, ça change tout.
Cotonou, 4 décembre 2025 –Le cinéma béninois n’est plus seulement une passion : il est en train de devenir un vrai métier. En effet, ce jeudi, la promotrice des Ciné229 Awards (la cérémonie de récompenses cinématographiques béninoises), Kismath Baguiri, a franchi les portes des ministères de la Culture et du Numérique. Elle était accompagnée d’une délégation de poids : des réalisateurs et producteurs venus du Bénin, de Côte d’Ivoire et du Sénégal. Objectif : présenter l’édition 2025 de la cérémonie et, surtout, obtenir le feu vert et le soutien concret du gouvernement. Et le message est passé cinq sur cinq.
Une structuration gouvernementale à double détente
Autour de la table : le ministre de la Culture, Jean-Michel Hervé Abimbola, et sa collègue du Numérique, Aurélie Adam Soulé Zoumarou. En effet, les deux poids lourds du gouvernement Talon n’ont pas fait dans la demi-mesure.
« Le Bénin doit devenir une seconde patrie professionnelle pour tous les talents du cinéma africain », a lancé le ministre Abimbola, tout en rappelant aussi deux chantiers déjà lancés : le futur Code du cinéma et de l’image animée, et la création de la Société de production audiovisuelle (SOPA), une structure publique destinée à financer et accompagner les projets locaux.
De son côté, la ministre du Numérique a insisté sur l’urgence d’adapter les films aux nouvelles consommations :
« Aujourd’hui, un film qui ne passe pas sur les téléphones et les plateformes ne touche plus grand monde. Nous investissons dans la fibre optique, dans les studios numériques et dans la formation pour que vos œuvres voyagent partout, tout de suite. »
La professionnalisation au cœur des Ciné229 Awards
Au cœur de la discussion : l’édition 2025 des Ciné229 Awards, qui mettra en lumière une adaptation très attendue du roman de Mariama Bâ, « Une si longue lettre ». Mais au-delà du tapis rouge, c’est tout un programme de professionnalisation qui a été validé : masterclasses animées par des pointures ouest-africaines, ateliers d’écriture de scénario, modules sur le financement et la distribution digitale. De quoi transformer les talents bruts en vrais professionnels capables de vivre de leur art.
« On ne veut plus seulement applaudir nos films dans les festivals. Nous voulons qu’ils rapportent, qu’ils créent des emplois et qu’ils fassent rayonner le Bénin », résume Kismath Baguiri à la sortie de la rencontre, visiblement galvanisée.
Le message du gouvernement est clair : l’État ne se contentera plus de subventions symboliques. Désormais, il veut structurer toute une industrie. Et pour les centaines de jeunes qui rêvent devant leurs caméras ou leurs logiciels de montage, cette rencontre d’aujourd’hui sonne également comme le vrai clap de début d’une nouvelle ère.
Le cinéma béninois n’est plus un hobby. Il a dorénavant un ministère derrière lui, un code en préparation, une société de production en gestation et une génération qui n’attend plus que le signal pour tourner, diffuser et conquérir. Le générique de fin de l’amateurisme est en train de défiler. Le grand écran prend ses droits.
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1xBet continue de soutenir le football africain et ses supporters. La marque a préparé de nombreuses activités exclusives pour la Coupe d’Afrique des nations 2025, le tournoi phare de l’année, qui débutera le 21 décembre au Maroc.
Sur place, l’équipe de l’entreprise couvrira les matchs et fera vivre l’ambiance du tournoi. Des blogueurs influents rejoindront également le projet. Ils créeront du contenu exclusif et organiseront des tirages au sort de prix pour les clients de 1xBet.
Pour favoriser l’interaction avec les supporters, le bookmaker prévoit d’aménager des fan zones en Zambie, au Nigeria, au Ghana et au Kenya, et de proposer des promotions attractives dans ses points de vente en République du Congo et en République démocratique du Congo. Les fans pourront par ailleurs participer à de nombreuses activités en ligne, notamment des concours avec de superbes prix sur les réseaux sociaux de la société.
Sur la plateforme 1xBet, les joueurs bénéficieront d’une large sélection de paris avec les meilleures cotes pour les matchs de la CAN, ainsi que de la promotion « Trophy Hunt », qui permettra de gagner des gadgets haut de gamme et d’autres prix.
« Nous sommes fiers de notre partenariat de longue date avec la CAF. Notre objectif est de créer les conditions propices au développement du sport en Afrique et d’offrir aux supporters des émotions fortes. La CAN 2025 sera une véritable fête du football, et nous souhaitons rassembler les supporters de tout le continent », a déclaré un représentant de 1xBet.
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À propos de 1xBet
1xBet est une entreprise de renommée mondiale forte de 18 ans d’expérience dans le secteur des paris et des jeux d’argent. Ses clients parient sur des milliers d’événements sportifs et jouent à des jeux populaires proposés par les meilleurs fournisseurs de casino en ligne. Le site web et l’application de l’entreprise sont disponibles en 73 langues. Parmi les partenaires officiels de 1xBet figurent le FC Barcelone, le Paris Saint-Germain, la Serie A italienne, la FIBA, Volleyball World et d’autres marques et organisations sportives de renommée internationale. En 2024, l’entreprise a été élue Meilleur bookmaker sportif d’Afrique aux SiGMA Africa Awards. Sa plateforme attire chaque mois plus de 3 millions de joueurs du monde entier.
À propos de la CAF
La Confédération africaine de football (CAF) est l’instance dirigeante suprême du football sur le continent. Elle est responsable du développement de cette discipline, de l’organisation des compétitions internationales et de la gestion des équipes nationales. Fondée en 1957, la CAF a son siège en Égypte. Elle regroupe aujourd’hui 54 fédérations nationales de football.
Cotonou, 1ᵉʳ décembre 2025 –Le Bénin a décidé de faire rire l’Afrique entière. Ce lundi matin, sous un soleil déjà brûlant, l’Institut Français de Cotonou a ouvert ses portes à la première édition du Cotonou Comedy Festival, un événement 100 % made in Bénin qui entend bien devenir le grand rendez-vous annuel de l’humour sur le continent.
Dès 9 heures, la salle était pleine à craquer. Des centaines de jeunes comédiens, étudiants en arts du spectacle et simples fans ont assisté à la toute première Masterclass du festival : deux heures de transmission intensive avec certains des plus grands noms de l’humour francophone, venus partager leurs secrets de scène, de timing et d’écriture.
« On n’est pas là pour rigoler… enfin si, mais sérieusement », a lancé d’entrée un maître de cérémonie déchaîné, déclenchant le premier fou rire de la semaine.
Derrière les rires, il y a une ambition forte du gouvernement : faire de la culture un vrai levier économique et d’image. En s’associant au Groupe Jokenation, le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts mise sur un secteur qui explose partout sur le continent : le stand-up, les séries comiques, les réseaux sociaux.
« Un pays qui fait rire est un pays qui attire », résume un conseiller du ministre. « Regardez Abidjan, Dakar, Lagos… L’humour rapporte gros. On veut notre part. »
À la sortie de la Masterclass, les visages sont lumineux. « J’ai appris en deux heures ce que je cherchais depuis cinq ans sur YouTube », confie une jeune comédienne de Porto-Novo. Un autre, téléphone à la main, filme déjà son premier sketch improvisé dans la cour : « Cotonou Comedy Festival, c’est maintenant ou jamais ! » Jusqu’à dimanche, la ville va vibrer au son des éclats de rire. Et quelque chose nous dit que cette première édition ne sera pas la dernière. Le Bénin vient de déclarer ouvert le temps du rire africain. Et il compte bien garder le micro longtemps.
Ouémé-Plateau, 1ᵉʳ décembre 2025 – Le Bénin agricole vient de vivre un week-end historique. Deux grands rassemblements successifs, à Kétou puis à Azowlissè, ont réuni des milliers de producteurs, coopératives, maires et techniciens autour d’un seul message : les réformes lancées depuis 2017 transforment durablement le visage de l’agriculture dans les deux départements les plus fertiles du pays.
Sous la supervision du ministre Gaston Dossouhoui, la Plateforme nationale des acteurs agricoles a choisi la route pour aller à la rencontre des premiers concernés. Et c’est un fait : les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Ouémé-Plateau : une révolution silencieuse dans les champs
Dans l’Ouémé, la vallée rizicole est devenue un grenier national : la production de riz a été multipliée par près de huit en huit ans. Le maïs, le piment, l’arachide et l’élevage ovin affichent, par ailleurs, des bonds de 35 à 76 %. Dans le Plateau, l’anacardier et le palmier à huile tirent la croissance, avec des hausses respectives de 61 % et des millions de plants distribués.
Derrière ces pourcentages, il y a aussi des investissements massifs : plus de 5,7 milliards FCFA injectés via le FNDA (Fonds National de Développement Agricole), des centaines d’hectares aménagés, des kilomètres de pistes rurales, des dizaines d’unités de transformation modernes et des milliers de tonnes d’intrants subventionnés.
« On n’avait jamais vu ça », lâche un vieux producteur d’Azowlissè. « Avant, on labourait avec la houe et on priait pour la pluie. Aujourd’hui, on a des pompes, des semences certifiées et des marchés garantis. »
La « méthode Talon » célébrée sur le terrain
Les intervenants, du maire d’Adjohoun François Zannougbo au coordonnateur national Dr Dossa Aguèmon, n’ont pas caché leur reconnaissance envers la vision portée par le président Patrice Talon depuis 2016 : territorialisation des politiques, ciblage des filières à forte valeur ajoutée, partenariats public-privé sans clientélisme.
Par ailleurs, les participants ont cité à plusieurs reprises le ministre d’État Romuald Wadagni pour son rôle décisif dans le déblocage des financements, qu’ils ont qualifiés d’« historiques ».
Loin de se reposer sur les acquis, les annonces faites lors de ces deux journées donnent le vertige : en perspective, 2 155 hectares supplémentaires en maîtrise totale de l’eau, nouveaux villages aquacoles, marchés modernes, unités de transformation du soja et de la volaille, pont Azowlissè-Calavi… Autant de chantiers qui vont également consacrer l’Ouémé et le Plateau comme le futur moteur agro-industriel du Bénin.
Ouémé-Plateau : un appel à l’unité
Au-delà des chiffres, c’est un message de cohésion qui a dominé. « Nous ne faisons pas de politique, nous faisons du patriotisme », a martelé le DG de l’ATDA-7. Producteurs, élus, techniciens et ministres ont tous insisté : l’agriculture béninoise ne progressera durablement que si le monde rural reste uni, loin des divisions partisanes.
En somme, à la sortie des artères bondées d’Azowlissè et de Kétou, une certitude flotte dans l’air : le Bénin est en train de réussir, sous les yeux du monde, l’une des plus ambitieuses modernisations agricoles du continent. Ce succès, qui replace l’agriculteur au cœur de l’économie nationale, est aussi la véritable preuve que le pari de la transformation structurelle est en passe d’être gagné. Et cette fois, ce sont les paysans eux-mêmes qui l’affichent fièrement.