Bénin : Arrestation d’un escroc aux faux billets et faux visas à Porto-Novo

Des promesses de profits rapides grâce à la revente de billets neufs, des offres de facilitation de voyages à l’étranger et des millions de francs CFA envolés. À Porto-Novo, la justice a placé un homme en détention provisoire, juste après que la Police républicaine l’a interpellé pour de nombreuses escroqueries présumées.

Le commissariat de l’arrondissement de Honvié, dans la commune d’Adjarra, a présenté, le jeudi 16 juillet 2026, le suspect au procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo. À l’issue de cette comparution, le magistrat a décerné trois mandats de dépôt à l’encontre du mis en cause pour des faits d’escroquerie et de faux en écriture privée.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les policiers soupçonnent cet homme, qu’ils identifient sous les initiales Z.D.I., d’avoir développé un système d’arnaque bien rodé. Son objectif : soutirer d’importantes sommes d’argent à ses victimes en s’appuyant sur plusieurs stratagèmes.

Le leurre des billets neufs pour les cérémonies

Les investigations menées par les enquêteurs ont permis de reconstituer un mode opératoire bien rodé. Le suspect faisait croire à ses interlocuteurs qu’il pouvait obtenir auprès des banques des billets de banque neufs pour que les clients les revendent ensuite aux personnes désireuses de les distribuer lors des cérémonies festives, notamment pour le « travaillement » ou « Agor ».

En promettant des marges bénéficiaires attractives sur ces opérations, il convainquait ses victimes d’investir des sommes importantes dans ce qu’elles pensaient être une activité lucrative. D’après les enquêteurs, cette première manœuvre lui aurait permis de récupérer près d’une dizaine de millions de francs CFA.

De fausses promesses de départ pour le Canada

Le mis en cause est également soupçonné d’avoir utilisé un second procédé frauduleux lié aux projets de migration vers le Canada. À plusieurs personnes désireuses de voyager, il aurait affirmé pouvoir effectuer des opérations destinées à « mouvementer » leurs comptes bancaires afin de satisfaire aux exigences financières de certaines procédures administratives. Pour ces prétendues démarches, il aurait perçu environ douze millions de francs CFA, sans qu’aucune procédure de voyage n’aboutisse.

Une enquête déclenchée par les plaintes des victimes

C’est la multiplication des plaintes déposées auprès de la Police républicaine qui a conduit à l’ouverture d’une enquête. Les investigations ont permis aux agents du commissariat de Honvié d’interpeller le suspect la semaine dernière avant de procéder à son audition.

Lors de l’enquête, les policiers indiquent avoir recueilli des éléments laissant présumer son implication dans plusieurs faits d’escroquerie et de faux en écriture privée.

Le suspect en détention en attendant son procès

À l’issue de sa présentation au parquet de Porto-Novo, le procureur a délivré trois mandats de dépôt contre le suspect et la justice l’a placé en détention provisoire depuis le 16 juillet 2026. Il devra désormais répondre devant les magistrats des actes que la justice lui reproche.

Cette affaire rappelle la vigilance que les citoyens doivent observer face aux offres promettant des gains rapides ou des facilités de voyage en échange de versements importants. Les autorités invitent les populations à vérifier systématiquement la crédibilité des propositions qu’on leur fait et à signaler aux services compétents toute situation suspecte afin de prévenir de nouvelles victimes.

Cybercriminalité au Bénin : Le mirage mystique des « gaymen »

Un assaut spectaculaire de la police dans le quartier Dogoudo a levé le voile sur l’arsenal particulièrement insolite de trois cybercriminels présumés, âgés de 21 à 27 ans. Entre téléphones de dernière génération et accessoires ésotériques, plongée dans les coulisses d’un coup de filet qui bouscule les codes de la cybercriminalité locale.

Mardi 14 juillet 2026, à 18 heures, le calme du quartier Dogoudo, à Allada, est soudainement rompu. Sur la base de renseignements d’une précision chirurgicale, une unité de police se déploie devant une concession. À l’intérieur se cachent trois jeunes hommes activement recherchés.

Toutefois, sentant le piège se refermer, les occupants refusent d’ouvrir le portail. C’est le début d’un court face-à-face. Mais les forces de l’ordre ne comptent pas repartir les mains vides. Dans un geste digne d’un film d’action, les policiers escaladent le mur d’enceinte, pénètrent dans la cour et forcent l’accès à la chambre où s’étaient retranchés les suspects.

Ainsi vient de se refermer le piège sur un électricien en bâtiment de 27 ans et ses deux complices, âgés de 21 et 23 ans. Cependant, le plus surprenant restait à découvrir.

L’attirail du crime : quand le virtuel s’allie au mystique

En fouillant la pièce de fond en comble, les enquêteurs s’attendaient à trouver des ordinateurs et des téléphones. Au contraire, ils ont découvert une véritable caverne d’Ali Baba, où la technologie la plus moderne côtoie le folklore ésotérique le plus sombre.

Catégorie Objets saisis par la police
Technologie et réseau 7 téléphones Android, 1 téléphone à touches, 24 cartes SIM, 31 plaquettes de réseaux mobiles
Finance et identités Faux billets de 10 000 FCFA, 7 liasses de faux billets de 100 dollars américains, 1 carte bancaire Ecobank, 4 cartes d’identification personnelle (CIP)
Attirail ésotérique 2 « cartes Illuminati », 4 polos de la loge franc-maçonne, 4 casquettes « Fraternité Bénin 666 », 1 bible maçonnique, 1 soutane noire et ses accessoires

Le saviez-vous ? Dans l’univers des « gaymen » (cybercriminels béninois), le recours à des rituels ésotériques, souvent qualifié de « cyber-maraboutage », est fréquemment évoqué. Les auteurs de ces escroqueries cherchent ainsi à s’attirer une protection mystique, à envoûter leurs victimes à distance ou à se donner une image de puissance.

Des aveux sur place et le spectre de la CRIET

Confrontés à l’évidence face à ce trésor de guerre pour le moins suspect, les trois jeunes gens n’ont pas tenté de nier les faits. Face aux policiers, ils ont rapidement reconnu les faits de cybercriminalité et d’escroquerie qui leur sont reprochés.

Pour ces trois apprentis sorciers du Web, la récréation est définitivement terminée. Transférés dans les locaux de la Direction centrale de la lutte contre la délinquance (DCLD), ils attendent désormais leur face-à-face avec le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Par ailleurs, dans les prochains jours, cette juridiction spécialisée devra déterminer l’ampleur de leur réseau et l’usage exact qu’ils comptaient faire de leurs faux billets ainsi que de leur panoplie occulte.

Du clavier au sanctuaire : le mirage brisé du gain facile

En fait, cette affaire dépasse le cadre du banal fait divers. Elle jette une lumière crue sur une transition sociologique douloureuse au sein d’une partie de la jeunesse béninoise. Jadis perçue à tort comme un raccourci doré vers l’ascension sociale, la cybercriminalité a perdu ses faux airs de conte de fées pour révéler son vrai visage : celui d’une tragique impasse.

Pour forcer un destin qui leur échappe, ces cybercriminels ne se contentent plus de manipuler les algorithmes et les réseaux sociaux. Ils s’enfoncent désormais dans une surenchère mystique, un pacte occulte qui détruit leur vie bien avant l’intervention de la police.

  • Le piège de la double aliénation : en s’adonnant à ces rituels, ces jeunes aliènent leur esprit et hypothèquent leur avenir sur le long terme. Une prison mentale qui les poursuit jusque derrière les barreaux des pénitenciers.

  • Le grand paradoxe de l’ère moderne : C’est toute la contradiction du phénomène « gayman ». Bien que la fraude soit résolument digitale, ses fondations s’enracinent dans des dérives mystiques archaïques, conçues pour exploiter la crédulité et la détresse humaine.

En fin de compte, l’arsenal saisi à Allada prouve que la traque menée par la CRIET et la Police républicaine n’est pas qu’un défi technologique ou judiciaire. C’est un combat de société pour sauver une génération face à ses propres démons.

Arnaque aux crédits au Bénin : un suspect arrêté à Porto-Novo

À Porto-Novo, une affaire présumée d’escroquerie mobilise les enquêteurs après des mois de promesses de crédits faciles et de permis de conduire à coût réduit. Derrière ce qui ressemblait à une opportunité, les investigations dévoilent un mécanisme qui fait plusieurs centaines de victimes dans différents départements du pays.

Pendant plusieurs mois, le projet circulait de bouche à oreille, porté par un discours séduisant qui promettait un accès simplifié à des prêts financiers et à des permis de conduire proposés à des tarifs largement inférieurs aux prix habituels. Dans un pays comme le Bénin, où l’accès au crédit demeure un défi pour de nombreux ménages et où l’obtention d’un permis représente un investissement important, l’initiative a rapidement suscité l’intérêt de centaines de personnes.

À Porto-Novo, Sèmè-Podji, Akpro-Missérété, Lalo, Glazoué et dans plusieurs autres localités, des candidats ont constitué leurs dossiers, convaincus que le programme reposait sur un partenariat capable de faciliter l’accès aux financements. Chacun espérait franchir une étape décisive pour développer une activité, financer un projet personnel ou obtenir son permis de conduire.

Des centaines de victimes piégées par la promesse de prêts rapides

Au fil des semaines, les versements se sont multipliés. Selon les premiers éléments de l’enquête, une plaignante affirme avoir remis près de 4 977 400 FCFA au principal suspect afin de bénéficier des services annoncés. Le suspect a bien encaissé les fonds, tandis que les prêts attendus tardaient à se matérialiser, jusqu’à laisser place à un silence grandissant qui a progressivement éveillé les soupçons des souscripteurs.

Lorsque les bénéficiaires ont cherché des explications, le promoteur présumé demeurait introuvable. Les plaintes se sont alors accumulées auprès des services de police, ouvrant une enquête destinée à retracer son parcours et à comprendre le fonctionnement de cette opération.

L’arrestation du suspect et la découverte du réseau « Permis Vacances »

Après près de quatre mois de recherches, les enquêteurs ont localisé le suspect le 8 juillet 2026, avec l’appui du commissariat central d’Abomey-Calavi. Son interpellation marque une étape importante dans un dossier dont les ramifications semblent dépasser le cadre du premier programme présenté aux victimes.

Les investigations ont en effet mis au jour un second dispositif baptisé « Permis Vacances », qui aurait reposé sur un schéma similaire. D’après les premiers constats, ce nouveau projet aurait permis de collecter d’importantes sommes d’argent auprès de souscripteurs installés dans d’autres départements, avant que son initiateur présumé ne disparaisse à nouveau.

Les auditions se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des personnes concernées, d’évaluer le montant global des sommes versées et de reconstituer le circuit financier emprunté par les fonds. Les enquêteurs s’attachent également à déterminer l’étendue des responsabilités et à vérifier l’existence d’éventuels complices ou relais ayant participé à la diffusion des offres.

Taux d’intérêt élevés : la crise de confiance envers le système bancaire béninois

Cette affaire illustre de manière flagrante à quel point certains Béninois ne font plus confiance au prêt bancaire classique.

Les taux d’intérêt particulièrement élevés appliqués par les institutions financières traditionnelles poussent de nombreux citoyens à se tourner vers des offres alternatives non régulées, promettant un accès rapide au crédit ou à des services administratifs à des conditions trop belles pour être vraies.

Dans un contexte économique où les besoins de financement des micro-entrepreneurs et des ménages demeurent cruciaux, ces mécanismes de contournement séduisent aisément un large public. Face à ce constat social, de nombreux observateurs estiment que l’État doit réformer en profondeur le système de prêt bancaire afin de rendre le crédit plus inclusif et d’éviter que de tels drames financiers ne se reproduisent.

Bénin : un crâne humain découvert dans un tricycle à Godomey, deux personnes arrêtées

Une simple opération de contrôle a débouché sur une découverte macabre. À Godomey, dans la commune d’Abomey-Calavi, la Police républicaine a intercepté un tricycle transportant un colis à l’apparence ordinaire. À l’intérieur d’un carton, les agents ont mis au jour un crâne humain. Deux personnes ont été interpellées et une enquête judiciaire est désormais ouverte pour remonter la filière.

Mardi 7 juillet 2026, une opération menée par le commissariat de Godomey a permis l’interpellation de deux personnes soupçonnées de transporter des ossements humains. Cette opération, est intervenue au carrefour Hèvié-Liclan, après plusieurs heures de surveillance mises en place à la suite d’informations que les enquêteurs avaient jugées crédibles.

Selon les premiers éléments de l’enquête, une source avait alerté les forces de l’ordre du passage imminent d’un moto-tricycle transportant un chargement suspect dans l’arrondissement de Godomey. Une équipe a alors discrètement suivi le véhicule avant de l’intercepter.

La fouille du tricycle a réservé une découverte inattendue : un crâne humain soigneusement dissimulé au fond d’un carton que les suspects présentaient comme un colis ordinaire.

Les suspects évoquent un colis présenté comme de la peinture

Les forces de l’ordre ont immédiatement conduit au commissariat les deux occupants du tricycle, identifiés par leurs initiales S. D. et A. J., pour les entendre.

D’après les informations, ils ont affirmé aux enquêteurs qu’un client leur avait simplement demandé d’assurer le transport d’un colis que ce dernier leur avait présenté comme contenant des pots de peinture. Ils soutiennent n’avoir eu aucune connaissance du contenu réel de l’emballage.

Ces déclarations font désormais l’objet de vérifications dans le cadre des investigations ouvertes par les services de police.

Les enquêteurs cherchent l’origine des ossements.

À l’issue de leur audition, les enquêteurs ont  placé les deux individus en garde à vue. Le commissariat de Godomey a ouvert une procédure judiciaire à travers un procès-verbal établi le 7 juillet 2026. Les enquêteurs s’attachent désormais à identifier la provenance des ossements, à retracer le parcours du colis et à déterminer à qui il était destiné.

Les investigations visent également à établir si cette affaire relève d’un acte isolé ou s’inscrit dans un éventuel réseau organisé de trafic d’ossements humains. La justice a mis les pièces saisies sous scellés afin de permettre les expertises et constatations nécessaires à la manifestation de la vérité.

Une enquête aux multiples enjeux

Au Bénin, les autorités judiciaires mènent systématiquement des investigations approfondies sur les affaires impliquant des restes humains, en raison de la gravité des faits qu’elles pourraient caractériser. Selon les résultats de l’enquête, les magistrats compétents pourraient examiner plusieurs qualifications pénales. À ce stade, les enquêteurs n’ont officiellement identifié ni présenté aucun autre suspect dans cette procédure.

L’enquête devra notamment permettre de retrouver la personne ayant remis le colis aux deux transporteurs, d’établir la destination finale des ossements et de préciser les circonstances exactes de cette affaire qui relance la question du trafic de restes humains, un phénomène que les services de sécurité continuent de surveiller de près.

En attendant les conclusions des investigations, les deux personnes interpellées bénéficient de la présomption d’innocence, car seule la procédure judiciaire pourra établir les responsabilités pénales.

Avrankou : un « mort » se réveille avant l’inhumation

L’émotion a laissé place à la stupeur, puis à une joie indescriptible. Dans la commune d’Avrankou, un sexagénaire annoncé mort s’est réveillé au moment précis où ses proches s’apprêtaient à le conduire à sa dernière demeure.

En effet, c’est une scène digne d’un scénario de film que les habitants du quartier de Gbozounmè, à Avrankou, ne sont pas près d’oublier. Tout commence le vendredi 3 juillet 2026, aux alentours de 22 h 30, lorsqu’un sexagénaire de confession musulmane est officiellement annoncé mort par son entourage.

De l’annonce du décès au réveil inattendu

Conformément aux exigences et à la rapidité des rites funéraires islamiques, la famille s’organise immédiatement : elle lave la dépouille avec respect et l’enveloppe dans son linceul traditionnel. Quelques heures plus tard, au petit matin du samedi 4 juillet, vers 6 heures, la concession familiale se remplit jusqu’à saturation. Les visages se ferment, les larmes coulent et l’assistance procède à l’ultime prière des morts avant l’inhumation. C’est alors que l’irréel se produit.

Contre toute attente, l’homme reprend brusquement connaissance. Sortant de la chambre où il reposait, le sexagénaire se lève, quitte son linceul et marche vers l’extérieur, sous les yeux ébahis des personnes présentes.

« Tout le monde était en pleurs et se préparait pour la prière des morts. Quand il s’est réveillé, certains ont cru à un miracle, d’autres ont eu la peur de leur vie », confie un témoin.

De la panique à l’explosion de joie

Dans un premier temps, l’apparition du « défunt » au grand jour provoque un mouvement de panique et une immense surprise. Mais rapidement, une fois la frayeur passée, c’est un soulagement général et une explosion de joie qui s’emparent de Gbozounmè. Constatant que l’homme est bel et bien vivant, ses proches l’ont immédiatement pris en charge afin qu’il reçoive les soins médicaux requis après cette éprouvante et longue léthargie.

Quand la médecine explique le « miracle »

Derrière ce que certains qualifient déjà de « miracle » à Avrankou, la médecine y voit plutôt un cas spectaculaire de catalepsie ou de coma léthargique profond. Dans cet état, les fonctions vitales (pouls, respiration) ralentissent à un point tel qu’elles deviennent presque indétectables sans outils médicaux avancés. Un phénomène rare, accentué ici par la rapidité des rituels de sépulture, qui rappelle l’importance cruciale d’une certification médicale rigoureuse avant toute inhumation.

Affaire Dangnivo : reprise du procès ce vendredi à Cotonou

Disparu un soir d’août 2010, le cadre du ministère des Finances Pierre Urbain Dangnivo continue de hanter l’appareil judiciaire béninois. Or, après plus d’un an de silence pesant, le procès de cette affaire d’État reprend ce vendredi 26 juin 2026 au tribunal de première instance de Cotonou.

C’est une ombre qui plane sur la République du Bénin depuis seize ans, et surtout un nom qui, à lui seul, ravive les passions politiques et les traumatismes judiciaires. Ce vendredi 26 juin 2026, les portes du tribunal de première instance de Cotonou s’ouvriront à nouveau sur le dossier Pierre Urbain Dangnivo. Selon des sources proches du dossier, le procès reprend enfin, après une suspension prolongée qui s’apparentait, pour les proches de la victime, à un énième déni de vérité.

La dernière fois que la justice s’était penchée sur cette affaire, c’était le 25 avril 2025. À ce moment-là, le tribunal a renvoyé l’audience au 13 mai de la même année… avant de sombrer dans un interminable statu quo. Ainsi, un contretemps de quatorze mois s’ajoute à une longue liste de rendez-vous manqués avec l’Histoire.

Les visages du doute

Pour comprendre le vertige que provoque ce procès, il faut remonter à mars 2025, lors de l’ouverture de la session criminelle. Dans le box des accusés, deux hommes concentrent tous les regards : Codjo Alofa et Donatien Amoussou. Présentés comme les présumés assassins de ce cadre respecté du ministère des Finances, ils ont choisi une ligne de défense qui a fait vaciller l’accusation : la négation pure et simple des faits.

Mais surtout, Codjo Alofa a jeté un pavé dans la mare judiciaire en affirmant avoir endossé le rôle du tueur contre une promesse d’argent. En conséquence, cet aveu de corruption, s’il est avéré, déplace le curseur du simple fait divers vers le complot politique orchestré au plus haut sommet.

« J’ai accepté de porter le chapeau pour de l’argent », a lâché Alofa à la barre en mars 2025.

Pendant huit jours d’audiences électriques, le tribunal a vu défiler une radiographie de l’État béninois : médecins légistes, experts de la téléphonie mobile (MTN), mais aussi de hauts responsables de la sécurité de l’ère Boni Yayi. Les enquêteurs ont sommé le colonel Séverin Koumassegbo, ancien patron de la sécurité rapprochée de l’ex-président, et Enock Laourou, ancien chef des services de renseignements, de s’expliquer. Cependant, le mystère reste entier.

17 août 2010 : le jour où tout a basculé

Pour les Béninois, la date est gravée dans le marbre. Le 17 août 2010, Pierre Urbain Dangnivo, haut fonctionnaire aux positions parfois perçues comme dérangeantes, s’évapore dans la nature. Depuis lors, seize ans de fouilles, de rumeurs, d’expertises ADN contestées et de mobilisations syndicales n’ont jamais permis de retrouver son corps de manière incontestable, ni d’apaiser la douleur de sa famille.

Ce procès, qui avait déjà connu de premiers balbutiements bien avant sa reprise avortée de 2025, est bien plus qu’une affaire de meurtre. En réalité, c’est le thermomètre de la justice béninoise, un test de transparence pour les institutions.

Ce vendredi, à Cotonou, il ne s’agira pas seulement de juger deux hommes dans un box, mais bien de tenter, enfin, de lever le voile sur seize années de secrets d’État. Tout un peuple attend l’audience, suspendu à une question : la vérité a‑t‑elle un prix au Bénin ?

Bénin : 23 mineurs nigérians sauvés d’un réseau de traite à Tchaourou

La vigilance des forces de sécurité béninoises a permis de déjouer une nouvelle opération de traite de personnes à la frontière avec le Nigeria. Un convoyeur béninois a été interpellé mardi à Kassoula, dans la commune de Tchaourou, alors qu’il accompagnait 23 23 mineurs nigérians en direction du Burkina Faso, où ils devaient être exploités dans des sites d’orpaillage clandestins.

Une marche suspecte qui attire l’attention des policiers

Les faits se sont produits dans la localité de Kassoula, une zone frontalière de la commune de Tchaourou. En mission de surveillance le long de la frontière entre le Bénin et le Nigeria, les agents de la police républicaine ont repéré un groupe particulièrement nombreux d’adolescents effectuant le trajet à pied, une situation qui a immédiatement attiré leur attention.

Originaires de Tchaki, au Nigeria, les 23 mineurs voyageaient sous la conduite d’un ressortissant béninois chargé de les acheminer jusqu’au Burkina Faso. Leur déplacement inhabituel et les circonstances du voyage ont aussitôt éveillé les soupçons des forces de l’ordre, qui ont alors mené des contrôles approfondis.

Des adolescents promis à l’orpaillage clandestin

Les vérifications menées par les policiers ont permis d’établir qu’il s’agissait d’un réseau de trafic de migrants. Selon les premiers éléments de l’enquête, le convoyeur acheminait ces adolescents pour les faire travailler dans des sites d’orpaillage clandestins au Burkina Faso, un secteur réputé pour ses conditions de travail précaires et ses nombreux cas d’exploitation de mineurs.

La police béninoise a interpellé sur-le-champ le convoyeur béninois et l’a placé à la disposition des services compétents afin qu’il réponde des infractions retenues contre lui par les enquêteurs. Les autorités poursuivent leurs investigations pour identifier d’éventuels complices et déterminer les ramifications du réseau.

Un fléau qui touche particulièrement les mineurs

Ce nouveau cas met en lumière la persistance du trafic de migrants et de la traite des enfants dans la sous-région ouest-africaine. Attirés par de fausses promesses d’emploi ou contraints par la précarité, de nombreux adolescents se retrouvent chaque année exploités dans les mines artisanales, les plantations ou d’autres activités informelles à haut risque.

Les sites d’orpaillage clandestins, notamment dans certains pays du Sahel, constituent des foyers de travail des enfants où les jeunes font face à des conditions de vie difficiles, aux accidents, aux maladies et à diverses formes de violence.

La vigilance des forces de sécurité saluée

L’intervention des policiers béninois a permis d’éviter que ces 23 adolescents ne tombent entre les mains de réseaux d’exploitation. Cette opération illustre également le renforcement de la surveillance des frontières et la détermination des autorités à lutter contre les trafics transfrontaliers.

Alors que les enquêtes se poursuivent, les jeunes victimes font désormais l’objet d’une prise en charge appropriée. Cette affaire rappelle une nouvelle fois l’ampleur du défi que représente la lutte contre la traite des êtres humains en Afrique de l’Ouest, où la coopération entre les États demeure également très essentielle pour démanteler les réseaux criminels et protéger les populations les plus vulnérables.

Ouaké : un père interpellé pour inceste et viols répétés sur sa fille

Ouaké, 15 mai 2026  Le dénouement d’une affaire sordide a secoué la commune de Ouaké le jeudi 14 mai 2026. Les éléments du commissariat frontalier ont interpellé un homme d’une cinquantaine d’années, mettant fin à une cavale qui durait depuis plusieurs mois. Ils l’accusent d’avoir entretenu des relations sexuelles incestueuses et répétées avec sa propre fille aînée.

Trois grossesses signalées

L’enquête révèle une situation dramatique au sein de la cellule familiale. Selon les informations recueillies auprès de sources locales, ces abus auraient conduit la jeune fille à tomber enceinte à trois reprises. La révélation de ces faits a provoqué une onde de choc et une vive colère parmi les habitants de la localité.

Face à l’indignation populaire, le climat était devenu électrique. Craignant pour son intégrité physique alors que certains citoyens menaçaient de se faire justice eux-mêmes, le suspect avait pris la fuite pour se réfugier au Nigeria voisin.

Une arrestation « à froid »

Malgré cet exil volontaire, la Police républicaine n’a jamais relâché sa vigilance. Les forces de l’ordre ont maintenu une surveillance discrète, attendant le retour du fugitif sur le territoire national. C’est finalement à son domicile, peu après son retour, que l’homme a été arrêté « à froid » par les agents.

Lors de son interrogatoire, l’individu est passé aux aveux. Pour tenter de justifier ses actes, il a avancé une ligne de défense singulière, affirmant avoir été « envoûté » par l’un de ses frères.

Les suites judiciaires

Le suspect demeure actuellement aux mains de la police. La police le présentera au procureur de la République près le tribunal de première instance de Djougou dès qu’elle aura clôturé la procédure d’enquête. Par ailleurs, la Police républicaine rappelle que l’inceste constitue un crime sévèrement puni au Bénin, conformément à la loi nᵒ 2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes.

Les autorités ont profité de cette affaire pour réitérer leur appel à la population, encourageant les victimes et les témoins à dénoncer systématiquement de tels actes afin de bénéficier d’une assistance juridique et d’un accompagnement psychologique adapté.

Drame de Zinvié : Un père arrêté après la mort accidentelle de sa fille

Zinvié, la fin de cavale d’un père après un « coup de trop ». En effet, le 26 avril dernier, une banale réprimande paternelle a viré au drame dans cet arrondissement de la banlieue d’Abomey-Calavi. Recherché pour avoir causé la mort de sa fille de 17 ans, le suspect a été interpellé par la police après trois jours de fuite.

C’est une tragédie de l’intransigeance qui secoue la localité de Yèvié Sato, à Zinvié. Ce qui ne devait être, dans l’esprit d’un père, qu’une « correction » domestique s’est mué en une affaire criminelle qui glace l’opinion publique béninoise. Ainsi, depuis le mercredi 29 avril, l’homme qui pensait pouvoir s’évaporer dans la nature est désormais entre les mains des forces de l’ordre.

 

L’instrument de la fatalité

Tout bascule le dimanche 26 avril. Le grief paternel est scolaire : l’adolescente de 17 ans, élève en classe de première, manque à l’appel de ses travaux dirigés (TD). Pour sanctionner ce qu’il considère comme une indiscipline, son père saisit une tige de manioc. Or, ce geste d’une banalité rurale effrayante rencontre cette fois la fragilité de la vie.

Ainsi, le coup porté s’avère fatal. Prise d’un malaise foudroyant après l’altercation, la jeune fille est transportée d’urgence vers un centre hospitalier. Elle n’en ressortira pas. De fait, le décès, constaté peu après son admission, transforme instantanément le domicile familial en scène de crime et le père de famille en fugitif.

Une traque de 72 heures

Face à l’irréparable, l’homme choisit la fuite. Pendant trois jours, l’émotion gagne les réseaux sociaux et les foyers de Zinvié, oscillant entre la stupeur et l’indignation. Cependant, la Police républicaine, sous la coordination du commissariat local, engage rapidement une course contre la montre pour localiser le suspect.

La traque prend fin le mercredi 29 avril. Fin de partie pour le fugitif, rattrapé par la réalité des faits et l’efficacité des enquêteurs. Le commissaire Arthur Ezinmegnon, qui supervise l’affaire, a confirmé l’interpellation et précisé aussi que les agents maintiennent actuellement le suspect en garde à vue.

 

Le débat sur les châtiments corporels

Au-delà de la chronique judiciaire, ce drame ravive le débat douloureux sur l’usage de la force physique dans l’éducation. En effet, si le Code de l’enfant au Bénin interdit formellement les violences, le recours à la « chicotte » ou à des instruments de fortune reste une réalité ancrée dans certains milieux, parfois jusqu’à l’issue tragique.

« Le suspect sera présenté au procureur de la République dès la clôture de l’enquête », a martelé le commissaire Ezinmegnon.

En somme, pour ce père, le temps de la justice commence. Pour Zinvié, reste le deuil d’une jeune lycéenne dont l’avenir s’est brisé sur une tige de manioc, pour une heure de cours manquée.

Bénin : Un enfant de 13 ans meurt après une punition corporelle à Lalo

Au Bénin, le décès d’un écolier de 13 ans après une « correction » paternelle suscite l’émoi. Le drame, survenu mardi 28 avril dans la commune de Lalo, relance le débat sur les châtiments corporels et la protection de l’enfance au sein de la cellule familiale.

 

Dans le département du Couffo, au sud-ouest du Bénin, la commune de Lalo s’est réveillée sous le choc d’une nouvelle dont la brutalité interroge les fondements de l’éducation par la force. Un enfant de 13 ans, élève en classe de CM1, a succombé dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 avril à la suite d’une « correction » administrée par son père.

L’élément déclencheur de ce drame tient à une accusation de tabagisme. Selon les premiers éléments de l’enquête, le père, identifié par ses initiales G.J., aurait surpris son fils en compagnie d’un camarade, une cigarette à la main. Pour « redresser » les deux jeunes garçons, l’homme aurait fait usage d’un palmatoire — cet instrument en bois traditionnellement utilisé pour frapper la paume des mains, mais dont l’usage est de plus en plus dénoncé.

 

L’engrenage fatal

le pere a distribué le châtiment avec une précision comptable : il a infligé cinq coups au camarade et six à son propre fils. Si l’incident a semblé clos sur le moment, la tragédie s’est nouée dans la nuit, lorsque l’enfant a été pris de violentes crises. On l’a conduit en urgence au centre de santé le plus proche, mais les soignants n’ont pas pu le sauver malgré les soins prodigués.

Après cet incident, les autorités judiciaires locales ont immédiatement interpellé le père. Ils ont également ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes du décès — traumatisme direct, complications internes ou état de choc — afin d’établir les responsabilités. Au-delà de l’issue judiciaire, ce drame remet en lumière la persistance de violences physiques au nom de l’éducation, alors même que le cadre législatif béninois s’est considérablement durci pour protéger l’intégrité physique des mineurs.

 

 

Le défi de la protection de l’enfance

Si la « correction » paternelle reste, dans certaines zones rurales, perçue comme un attribut de l’autorité parentale, elle se heurte de plus en plus au Code de l’enfant en vigueur au Bénin. Ce texte interdit formellement les traitements cruels et dégradants. « L’enjeu n’est pas seulement juridique, il est culturel », commente un travailleur social de la région. « Il s’agit de redéfinir la limite entre discipline et maltraitance. »

À Lalo, le temps est désormais au deuil et à l’instruction. Ce fait divers sordide vient rappeler, de la plus tragique des manières, que le silence des murs domestiques ne peut justifier l’irréparable.

Abidjan : démantèlement d’un réseau de véhicules de luxe volés

                                      C’est un coup de filet spectaculaire qui secoue le milieu du grand banditisme ouest-africain, révélant l’ampleur d’un trafic transnational de véhicules de luxe. L’arrestation, le 4 mars dernier à Abidjan, d’un ressortissant béninois surnommé « Amada » lève le voile sur une organisation criminelle sophistiquée, capable de maquiller des véhicules haut de gamme volés en Europe pour les réinjecter sur le marché ivoirien.

Le scénario semble tout droit sorti d’un polar cinématographique, mais la réalité est bien plus concrète pour les enquêteurs ivoiriens. « Amada », l’homme au centre de ce vaste réseau de recel international, dort désormais entre les quatre murs d’une cellule à Abidjan. Son interpellation marque l’aboutissement d’une traque minutieuse visant à démanteler une filière de transit de véhicules de luxe dont les ramifications s’étendent de l’Europe jusqu’au golfe de Guinée. Ce démantèlement illustre la fragilité des frontières face aux réseaux criminels transnationaux.

 

Un itinéraire de fraude transfrontalière

Le mode opératoire du réseau témoigne d’une organisation méticuleuse. Les véhicules haut de gamme, dérobés en Europe, transitaient par une boucle complexe passant par le Bénin, le Nigeria et le Togo avant d’atteindre la Côte d’Ivoire. Ce circuit ne servait pas seulement à brouiller les pistes : le réseau exploitait pleinement les failles logistiques régionales.

C’est alors qu’« Amada » entrait en scène : le changement systématique des numéros de châssis donnait une nouvelle identité aux voitures, les transformant en véhicules « propres » aux yeux d’une administration parfois peu vigilante. Pour tromper la douane, il recourait à de faux documents et s’appuyait sur des complicités locales, notamment au sein d’une institution de microfinance et jusque dans l’entourage d’une responsable d’une chaîne de télévision, présentée comme sa compagne. Le dernier véhicule volé, une pièce rare, est désormais activement recherché par Interpol.

 

Des complicités dans les hautes sphères ?

L’aspect le plus troublant de cette affaire réside dans le réseau d’influence tissé par le cerveau présumé. L’enquête révèle qu’« Amada » ne travaillait pas seul : il bénéficiait de soutiens stratégiques qui facilitaient ses transactions financières et assuraient une forme de couverture.

Sur le plan financier, des complicités internes au sein d’une institution de microfinance sont suspectées d’avoir contribué au blanchiment des fonds issus des ventes.
Sur le plan médiatique, plus surprenant encore, sa compagne — responsable au sein d’une chaîne de télévision — apparaît dans le dossier.

Ces soutiens, à la fois financiers et médiatiques, donnaient au réseau une apparence de respectabilité qui trompait même les acheteurs les plus prudents. Plusieurs victimes, ayant acquis ces véhicules à prix d’or, se manifestent désormais auprès de la police criminelle, alors que leurs biens, souvent signalés par Interpol, risquent la saisie.

 

La police ivoirienne en état d’alerte

Cette opération illustre non seulement la montée en puissance de la coopération policière ivoirienne, mais aussi l’émergence d’une réponse régionale face au crime organisé. Le dernier véhicule dérobé, une pièce de collection recherchée par les polices internationales, reste la priorité des enquêteurs.

Pour la police ivoirienne, ce démantèlement constitue un signal fort adressé aux organisations criminelles : les frontières ne sont plus des zones d’impunité.

Le dossier « Amada » met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue des acheteurs face aux offres trop alléchantes sur le marché de l’occasion haut de gamme, où le clinquant des carrosseries peut masquer de lourds contentieux judiciaires.

Alors que l’instruction se poursuit à Abidjan, ce démantèlement pourrait n’être que la première étape d’une lutte plus vaste contre les réseaux criminels transnationaux, révélant peut-être l’existence d’autres cellules dormantes spécialisées dans le trafic de biens volés entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest.

Cotonou : un suspect arrêté après une tentative de vol de moto à Fidjrossè

À Cotonou, un banal stationnement de moto a failli tourner au drame dans le quartier de Fidjrossè. Un homme soupçonné d’avoir tenté de dérober un deux-roues a été intercepté par des habitants avant d’être extrait de la foule par la Police républicaine du Bénin.

L’incident, survenu en pleine journée selon plusieurs témoins, illustre une fois de plus la tension persistante autour des vols de motos dans certains quartiers urbains du Bénin.

Une tentative de vol qui mobilise tout un quartier

Selon les témoignages recueillis sur place, l’individu aurait repéré une moto garée en bordure de route. Pensant pouvoir agir discrètement, il aurait tenté de s’emparer du véhicule.

Mais la scène n’est pas passée inaperçue. Alerté par les appels de la victime, le voisinage s’est rapidement mobilisé. En quelques secondes, plusieurs habitants se sont lancés à la poursuite du suspect dans les ruelles du quartier.

Dans l’agitation, les cris « Olé, olé », expression populaire utilisée pour signaler un voleur, ont résonné dans la zone, attirant encore davantage de riverains. Malgré sa tentative de fuite, la foule a finalement rattrapé l’homme.

La colère populaire avant l’arrivée des forces de l’ordre

Une fois maîtrisé, le suspect a été violemment pris à partie par certains habitants. Des témoins affirment que la tension est rapidement montée, certains voulant lui infliger une sanction immédiate.

« Il a essayé de partir avec la moto, mais les gens l’ont poursuivi et rattrapé », raconte un témoin cité par Bip Radio.

Dans plusieurs quartiers urbains du pays, ce type de réaction populaire traduit un sentiment d’exaspération face à la multiplication des vols de motos, un moyen de transport devenu indispensable pour de nombreux ménages.

L’intervention décisive de la police

La situation aurait pu dégénérer davantage sans l’intervention rapide de la Police républicaine du Bénin. Les agents dépêchés sur les lieux ont réussi à extirper le suspect de la foule avant de le conduire vers un poste de police.

Cette intervention a permis d’éviter un lynchage, pratique encore observée dans certains cas de flagrant délit lorsque la population estime que la justice tarde à agir.

Une procédure judiciaire attendue

Placée désormais sous la responsabilité des autorités, l’affaire devrait suivre la voie judiciaire. La justice pourrait poursuivre le suspect pour tentative de vol, voire pour d’autres infractions, selon les conclusions de l’enquête.

Au-delà de ce fait divers, l’épisode relance le débat sur deux questions sensibles : la recrudescence des vols de motos dans certaines zones urbaines et les réactions parfois violentes des populations face à la délinquance.

Pour les autorités sécuritaires, l’enjeu reste donc double : renforcer la lutte contre les vols tout en rappelant que la justice doit rester l’unique cadre de sanction.

Et vous ! Pensez-vous que l’agressivité des populations face aux délinquants est une réaction légitime ou un danger pour la société ? 

Cotonou : La traque au « Zéwé » franchit un palier judiciaire

L’époque de la simple saisie de moto semble révolue. À Cotonou, la Police républicaine et le parquet de Cotonou s’attaquent désormais de front au phénomène des rodéos urbains (Zéwé). Deux jeunes acrobates, interpellés après une course folle entre Fidjrossè et le carrefour Bio Guéra, ont vu leur garde à vue prolongée le jeudi 5 mars 2026. Enquête sur un virage répressif qui vise à sécuriser les nuits de la capitale économique.

 

L’escalade de trop : une nuit de tension sous haute surveillance

Tout commence dans l’obscurité de la nuit du dimanche 1ᵉʳ au lundi 2 mars 2026. Ce qui devait être une démonstration d’agilité pour un groupe de jeunes motocyclistes s’est transformé en une confrontation directe avec les forces de l’ordre. Partis de l’esplanade de Fidjrossè, les pilotes ont lancé leurs moteurs dans une série de figures périlleuses en direction du prestigieux boulevard de la Marina.

Toutefois, ce qu’ils ignoraient, c’est que la Police républicaine avait déjà déployé un filet de sécurité invisible. C’est au niveau du carrefour Bio Guéra que le rideau est tombé. Résultat de l’opération : deux arrestations majeures ainsi que la mise en fourrière immédiate de dix-huit motocyclettes.

 

La justice entre en scène : un signal fort du parquet

Contrairement aux pratiques habituelles où le paiement d’une amende suffisait pour récupérer le véhicule, l’affaire a pris une qualification criminelle. Le jeudi 5 mars, les autorités ont conduit les deux suspects devant le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Cotonou.

Le magistrat a ordonné la prolongation de leur garde à vue au commissariat du 12ᵉ arrondissement et fixé une nouvelle audition pour le lundi 9 mars 2026. Le procureur devra ensuite trancher entre un classement, une médiation pénale ou, plus vraisemblablement, l’ouverture de poursuites judiciaires fermes.

Pour le commissaire Eric Edon, en charge du 12ᵉ arrondissement, la ligne rouge a été franchie. Il rappelle que ces acrobaties sur la voie publique ne sont pas de simples jeux, mais une « infraction grave » mettant en péril la vie d’autrui.

 

Le « Zéwé » dans le viseur : vers une tolérance zéro ?

Cet épisode marque sans doute la fin d’une certaine complaisance envers le « Zéwé », cette pratique de cascades urbaines devenue virale chez les jeunes Cotonois. En judiciarisant ces interpellations, les autorités béninoises affirment leur volonté de dissuader et de sanctionner.

La stratégie de sécurisation se poursuit : des sources policières annoncent déjà l’intensification des patrouilles dans :

  1. Le boulevard Saint-Michel (artère commerciale majeure) ;
  2. L’axe d’Akpakpa ;
  3. Les périmètres de l’aéroport international.

 

Quel avenir pour les interpellés ?

L’issue de l’audition du lundi 9 mars sera scrutée de près par l’opinion publique et les usagers de la route. Si le procureur décide de poursuivre les prévenus, cela créerait un précédent juridique majeur au Bénin, transformant la pratique du rodéo urbain d’une simple incivilité en un délit passible de peines correctionnelles.

Kouandé : 180 000 FCFA rendus

Dans le nord du Bénin, l’histoire fait le tour des marchés et des foyers. Le dimanche 22 février 2026, à Kouandé, une commerçante a choisi de suivre sa conscience plutôt que l’appât du gain. Mme Ouzématou Soumanou a restitué une forte somme d’argent égarée sur son étal, rappelant ainsi que dans le commerce, la confiance vaut bien plus que l’or.

 

Au marché de Kouandé, les transactions se font souvent dans le bruit et la précipitation. Mais derrière le tumulte des négociations de tissus et de couleurs, c’est une affaire de dignité qui vient d’éclater au grand jour.

 

L’oubli et le dilemme

Tout commence sur l’étal de Mme Ouzématou Soumanou, vendeuse de pagnes respectée de la place. Parmi ses clientes du jour, une femme prénommée Baké. Après avoir fait ses emplettes, cette dernière repart, laissant derrière elle, sans s’en rendre compte, un petit sachet. À l’intérieur : 180 000 FCFA en liquide.

Pour beaucoup, une telle somme — qui représente plusieurs mois de revenus pour de nombreux ménages — aurait été une tentation insurmontable. Pas pour Ouzématou. Lorsqu’elle découvre le sachet quelques heures plus tard, son sang ne fait qu’un tour. Pour elle, garder cet argent reviendrait à « voler le destin » d’une autre.

 

La radio au service de la vertu

Le défi est alors immense : comment retrouver Baké dans l’anonymat de la foule du marché ? Ouzématou ne connaît ni son adresse, ni son village d’origine. Loin de se résigner, elle décide de porter l’affaire sur la place publique en sollicitant les ondes de la radio locale, Tuko Sari FM.

Ainsi, le message, diffusé en boucle, finit par atteindre les oreilles du propriétaire désespéré. La rencontre qui s’ensuit est empreinte d’émotion. Devant des témoins émus, les 180 000 FCFA sont remis, intacts, à leur propriétaire.

 

Un acte politique et social

Au-delà du simple fait divers, cet acte de probité soulève une question de société au Bénin : celle des valeurs qui cimentent le « vivre-ensemble ». Dans un contexte économique très difficile, le geste de Mme Soumanou est en effet un acte de résistance face à la corruption et au gain facile.

« L’intégrité n’a pas de prix, mais elle a un nom à Kouandé », commente un habitant, admiratif.

En sélectionnant la voie de l’honnêteté, cette commerçante ne s’est pas seulement fait une amie ; elle est devenue, le temps d’une journée, la boussole morale d’une ville toute entière.

 

 Kouandé, une leçon de probité

Ce qu’il faut retenir de ce geste, c’est d’abord la puissance des médias de proximité, puisque Radio Tuko Sari FM a joué un rôle crucial dans la résolution de l’affaire. C’est ensuite la force du caractère, car 180 000 FCFA représentent une fortune pour un petit commerce, ce qui rend l’acte d’Ouzématou héroïque. Enfin, c’est un exemple pour la jeunesse, une preuve concrète que la droiture paie toujours, en réputation comme en paix intérieure.

À Kouandé, dimanche, l’argent retrouvé n’a pas seulement changé de mains : il a aussi changé de sens. En choisissant l’intégrité, Mme Soumanou a rappelé que la confiance est la première richesse d’un marché, et qu’au Bénin, l’honnêteté peut encore tracer la voie.

Covè : Découverte d’une tête humaine, un suspect interpellé

Le quartier Adjohoué Azéhounholi, à Covè, est sous le choc après une découverte effroyable vendredi 6 février. Deux individus à moto ont laissé choir un colis contenant une tête humaine avant de prendre la fuite. Si l’un des suspects a été interpellé le lendemain, le mystère reste entier sur l’origine du reste humain.

Covè (centre du Bénin), 9 février 2026 Le calme habituel du quartier Adjohoué Azéhounholi a été brutalement rompu vendredi dernier par une scène qui semble tout droit sortie d’un polar sombre, mais qui s’est pourtant jouée en plein jour, à proximité du CEG 5 de Covè. Deux hommes sur une motocyclette Bajaj ont laissé tomber un paquet par inadvertance. Ce qui aurait pu être un incident banal de circulation a viré à l’horreur lorsque les témoins, s’approchant du paquet, y ont découvert une tête humaine.

 

Face à l’attroupement des passants médusés et horrifiés, les deux convoyeurs ont tenté, dans un premier temps, de récupérer leur colis. Mais face à la suspicion grandissante, ils ont finalement opté pour la fuite, abandonnant leur colis macabre sur le bitume. L’incident, signalé par des riverains, a conduit à l’interpellation rapide d’un suspect. Cependant de nombreuses zones d’ombre subsistent.

 

Une interpellation rapide, des aveux partiels

Alertée, la police de Covè intervient aussitôt pour sécuriser la zone et effectuer les constatations. Il ouvre sans délai une enquête afin d’identifier les auteurs de ce transport macabre.

Dès le lendemain, samedi 7 février, les investigations permettent de localiser l’un des suspects dans un cabaret du quartier Ahito, dans l’arrondissement de Zogba. L’homme est interpellé sans résistance et conduit au commissariat.

Lors de son audition, il nie d’abord toute implication, affirmant n’avoir jamais transporté un tel colis.  Cependant, dans un excès de zèle pour clamer son innocence, il a crié à plusieurs reprises qu’il « n’avait pas fait tomber de tête humaine de sa moto ». Un détail crucial que les enquêteurs n’avaient pas encore mentionné à ce stade de l’audition. Acculé par ses propres contradictions et ce lapsus révélateur, il finit par reconnaître être le propriétaire de la tête humaine retrouvée sur la chaussée, sans toutefois en préciser l’origine.

 

De lourdes questions en suspens

 

Malgré cette première arrestation, l’enquête est loin d’avoir livré tous ses secrets. La police républicaine se concentre désormais sur deux axes prioritaires : retrouver le second individu, conducteur de la motocyclette, et identifier l’origine de la tête humaine ainsi que l’identité de la victime.

Les enquêteurs veulent désormais comprendre les motivations des suspects et identifier l’origine de la dépouille. Ils cherchent à déterminer si cette affaire est liée à un homicide, à un acte criminel organisé ou à des pratiques illégales plus larges.

À Covè, cette découverte macabre a profondément choqué les habitants, ravivant les inquiétudes autour de la criminalité et de la sécurité dans les espaces publics. Les autorités policières assurent que les investigations se poursuivent activement afin de faire toute la lumière sur cette affaire hors norme.

Abomey-Calavi : un pasteur jugé pour la mort d’un bébé

Un drame domestique a conduit un chef religieux à comparaître ce mercredi 4 février devant le tribunal d’Abomey-Calavi. L’enfant, âgé de seulement huit mois, a trouvé la mort dans des circonstances tragiques, et le prévenu conduisait sans permis.

Le tribunal d’Abomey-Calavi a été le théâtre d’une audience lourde d’émotion. En effet, le pasteur, dont l’identité n’a pas été divulguée, était poursuivi pour homicide involontaire. Les faits remontent à quelques mois et révèlent une tragique chaîne d’inadvertances, qui a coûté la vie à un nourrisson.

 

Un concours de circonstances fatal

Selon les déclarations de la mère, le pasteur avait demandé son aide pour administrer des médicaments à son frère malade, installé dans un appartement voisin. Pour répondre à cette sollicitation, elle avait laissé son bébé dans la cour, pensant ne s’absenter que quelques instants.

C’est durant ce bref moment que le drame s’est produit : le pasteur a démarré son véhicule et, sans apercevoir le nourrisson, l’a percuté mortellement. Une série de circonstances qui met en lumière les dangers d’une vigilance insuffisante, même dans un cadre domestique.

 

L’absence de permis, circonstance aggravante

Au-delà de l’accident, la juridiction a relevé un élément aggravant : le prévenu ne possédait pas de permis de conduire au moment des faits. En effet, cette lacune transforme l’incident en faute pénale et complique considérablement la défense du chef religieux.

« La responsabilité est ici double : humaine et légale », a commenté un observateur présent à l’audience.

 

Une comparution libre et un renvoi

Malgré la gravité des faits, le pasteur a comparu libre. Après avoir entendu les premières dépositions, le juge a renvoyé le dossier au 29 avril 2026 pour la continuation des débats. Ce délai permettra de clarifier les responsabilités et d’évaluer d’éventuelles réparations civiles, même si la douleur de la famille demeure intacte.

En somme, à Abomey-Calavi, cette affaire rappelle tragiquement les dangers liés à la conduite sans permis et les précautions à prendre au sein des concessions privées.

Vol de denrées à l’UAC : un faux étudiant arrêté en pleine nuit

Abomey-Calavi, 5 décembre 2025 – Les nuits sur le campus de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) ne sont pas toujours studieuses. Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre, vers 2 heures du matin, les agents de sécurité de l’UAC ont appréhendé un jeune homme d’environ 19 ans qui déambulait avec un lourd sac de voyage.

 

La marchandise volée et une identité falsifiée

 

À l’intérieur du sac : une impressionnante quantité de produits alimentaires – paquets de spaghettis, sacs de riz et de gari, boîtes de lait en poudre, paquets de sucre, biscuits et autres denrées de première nécessité. Interrogé sur place, le suspect s’est présenté comme étudiant en deuxième année d’espagnol à la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC) et a même donné le nom de sa supposée promotrice.

Mais, rapidement, les premiers éléments recueillis ont contredit sa version. En fait, les vivres correspondaient exactement à ceux qui avaient disparu quelques heures plus tôt des rayons et de l’arrière-boutique d’une commerçante bien connue du centre commercial de l’EPAC (École Polytechnique d’Abomey-Calavi), situé en plein cœur du campus. En plus, la victime a reconnu formellement ses marchandises.

Présenté comme un habitué des lieux mais inconnu des fichiers étudiants de la FLLAC, le jeune homme n’a pas été en mesure de justifier sa présence ni de prouver son inscription à l’université.

 

Vol de denrées à l’UAC : inquiétudes ravivées sur la sécurité nocturne du campus

 

En conséquence, le suspect a été remis aux éléments de la police républicaine d’Abomey-Calavi qui ont ouvert une enquête pour vol avec effraction.

Ce nouvel incident ravive les inquiétudes sur la sécurité nocturne du campus, régulièrement pointé du doigt pour ses intrusions et ses petits délits. Les étudiants et commerçants espèrent désormais un renforcement des patrouilles et des contrôles d’identité aux abords des résidences universitaires. L’enquête se poursuit.

Bénin : Des rituels vaudous bloquent le bureau des finances d’un collège à Azovè

Le Collège d’enseignement général 2 d’Azovè (Couffo) a été le théâtre d’une scène surréaliste vendredi : des objets rituels vaudou ont été découverts, bloquant l’accès au bureau de la responsable des finances. Cet acte, qui paralyse l’école et sème la panique, met en lumière un conflit larvé autour de la gestion financière. Les autorités, confrontées à l’irrationnel, promettent une enquête pour identifier les responsables et restaurer la sérénité.

 

Azovè, 7 novembre 2025 – Une atmosphère lourde, presque irréelle, s’est abattue ce vendredi matin sur le Collège d’enseignement général 2 d’Azovè, dans le département du Couffo. À l’aube du week-end, élèves et personnel ont été confrontés à une scène pour le moins déroutante. En effet, l’accès au bureau de la responsable des finances a été mystérieusement obstrué par des objets rituels, soigneusement disposés devant la porte. Ce geste, aux connotations mystiques, a semé l’émoi dans cet établissement habituellement paisible, transformant les couloirs en théâtre d’interrogations et de murmures. Entre superstition et inquiétude, le climat scolaire s’est brusquement tendu.

 

Une intrusion mystique paralyse le Collège d’enseignement général 2 d’Azovè

 

Tout a commencé aux premières heures de la journée, lorsque des membres du staff ont tenté d’entrer dans la pièce dédiée à la gestion budgétaire. Au lieu d’une porte verrouillée ordinaire, ils ont découvert un barrage improvisé fait d’éléments traditionnels chargés de symbolisme ésotérique, couramment associés à des pratiques vaudou locales. Cette étrange trouvaille a rapidement fait le tour de l’école, gelant les activités pédagogiques et plongeant la communauté éducative dans un état de choc palpable.

Innocent Commandan, le proviseur de l’établissement, n’a pas caché son désarroi face à cette affaire qui défie la rationalité quotidienne. « C’est un événement perturbant qui touche profondément l’une de nos collègues, et par ricochet, toute l’équipe », a-t-il confié à nos sources, la voix encore tremblante. Conscient de la gravité de la situation, il a opté pour une réaction immédiate : une alerte numérique envoyée au responsable départemental de l’Éducation via une messagerie instantanée, suivie de la rédaction d’un document formel pour exiger une enquête approfondie.

 

Racines d’un conflit larvé : soupçons sur la gestion financière au Collège d’enseignement général 2 d’Azovè

 

Derrière ce geste énigmatique, des rumeurs persistantes pointent vers un terrain miné de désaccords internes. En effet, d’après des publications relayées sur les réseaux sociaux, un malaise couvait depuis plusieurs jours entre la direction, la comptable et un groupe de parents d’élèves. Au centre des tensions : des anomalies présumées dans le suivi des équipements scolaires et, plus sensiblement, des interrogations sur les fonds déposés sur le compte bancaire de l’institution. Ces allégations, bien que non encore vérifiées officiellement, pourraient avoir cristallisé une frustration assez forte pour basculer dans le domaine occulte, un recours ancestral dans certaines communautés béninoises pour régler des comptes ou exercer une pression invisible.

Pour l’heure, l’établissement a suspendu les cours. Les élèves, habitués à des débats plus terre-à-terre, peinent à digérer l’irruption du surnaturel dans leur quotidien. Alertées, les autorités locales promettent d’intervenir rapidement pour sécuriser les lieux et calmer les esprits.

 

Enjeux plus larges : quand la tradition heurte l’administration moderne

 

Finalement, cet épisode, aussi isolé qu’il paraisse, met en lumière les défis persistants de la gouvernance scolaire en milieu rural béninois, où les coutumes ancestrales cohabitent avec des procédures administratives rigides. Au-delà de l’aspect sécuritaire immédiat, il soulève des questions sur la transparence financière dans les écoles publiques et la nécessité de canaux de dialogue pour désamorcer les conflits avant qu’ils ne prennent une tournure irrationnelle. En attendant que les autorités consultent des experts en rituels traditionnels pour « nettoyer » les lieux, les enquêteurs administratifs multiplient les investigations afin d’identifier les responsables et de rétablir la sérénité

À Azovè, la population espère un dénouement rapide, afin que le CEG 2 retrouve pleinement son rôle de phare éducatif, libéré de l’ombre de ces mystères persistants. Par ailleurs, beaucoup souhaitent que cette affaire, déjà virale sur les plateformes locales, devienne un catalyseur de réformes visant à mieux protéger les acteurs de l’éducation contre de telles dérives.

Parakou : disparition mystérieuse d’un téléphone et d’une chaussure

À Parakou, une jeune femme affirme avoir été témoin d’une disparition inexpliquée en pleine rue. Entre frayeur, folklore et débat public, son récit relance les croyances locales et interroge les frontières entre réel et surnaturel.

 

Parakou, 30 octobre 2025 — Ce qui devait être une sortie banale pour des provisions s’est transformé en une scène digne d’un conte mystique. Mardi dernier, à Parakou, une jeune femme de 21 ans, mariée et mère d’un enfant, a vécu un épisode troublant. En chemin vers un commerce local, elle aperçoit un téléphone dernier cri abandonné au sol. Méfiante, elle évite de le toucher et pose sa chaussure dessus. À peine le geste accompli, les deux objets disparaissent. Littéralement.

 

 Parakou : une disparition fulgurante qui sème la stupeur

 

Dame Gansari – nom qu’elle a choisi de révéler – reste sous le choc. « J’ai voulu être prudente, comme on le dit pour ces objets trouvés qui pourraient porter malheur », confie-t-elle au micro de Deeman Radio, où elle s’est rendue le jour même, l’autre pied encore chaussé. La scène s’est déroulée en plein jour, sous un soleil écrasant, loin des illusions nocturnes. Aucun témoin, mais une peur viscérale. Alertés, ses proches inspectent les lieux : aucune trace du téléphone, ni de la chaussure.

Ce type d’anecdote, fréquent dans les récits populaires béninois, évoque les fameuses « trappes invisibles » ou les esprits farceurs, surtout dans les zones rurales comme Guèma. Des habitants évoquent des cas similaires : objets volatilisés en un clin d’œil, souvent interprétés comme des tests occultes.

« C’est un avertissement du destin, ou un piège pour les imprudents », glisse un voisin, qui recommande de ne jamais ramasser un objet inconnu sans rituel protecteur.

À Parakou, une jeune femme témoigne d’une disparition étrange. Son récit enflamme les réseaux et ravive les croyances mystiques béninoises.
© À Parakou, une jeune femme témoigne d’une disparition étrange. Son récit enflamme les réseaux et ravive les croyances mystiques béninoises.

Entre traumatisme et quête de sens

 

L’incident a profondément marqué Dame Gansari. « J’ai eu si peur que mes jambes tremblaient. Si j’avais touché, j’aurais disparu avec mon bébé au dos », lâche-t-elle, entre sanglots et lucidité. Son témoignage, relayé par Deeman Radio – station réputée pour ses chroniques mystiques – a enflammé les réseaux sociaux. Les récits affluent, le débat s’installe : entre scepticisme urbain et fascination traditionnelle, l’affaire devient virale.

« C’est le Bénin mystique qui frappe encore », ironise un internaute. Une autre appelle à « un exorcisme collectif pour sécuriser nos rues ».

 Parakou : là où le rationnel flirte avec l’invisible

 

Au-delà de l’anecdote, l’épisode illustre la richesse culturelle du Bénin, terre de vaudou et de croyances ancestrales. À Parakou, ville carrefour du Borgou, ces phénomènes nourrissent un folklore vivant, souvent amplifié par les ondes locales. Des anthropologues y voient le reflet d’angoisses sociales : précarité, méfiance, et attachement aux rites protecteurs. Un smartphone abandonné devient symbole de tentation, voire de piège.

Pour Dame Gansari, l’heure est à la reconstruction : une chaussure de rechange, un rituel familial, et une vigilance renouvelée. « Je n’irai plus faire mes courses sans prier d’abord », conclut-elle.

Reste à savoir si le « fantôme de Guèma » refera surface ou s’il rejoindra les légendes locales. Une chose est sûre : dans ce coin du monde, le quotidien peut basculer en mythe à tout moment.

Bénin : Un nouveau-né trouvé dans une fosse

Un cri dans la fosse : drame et désespoir à Zè, où un nouveau-né défie la mort

Zè, 1ᵉʳ juillet 2025 – Dans la paisible commune de Zè, nichée au cœur du Bénin, un hurlement a déchiré le silence des latrines d’Adohounsa, dans l’arrondissement de Dodji-Bata. Le 24 juin 2025 dernier , un nouveau-né, une fillette à peine venue au monde, a été retrouvé vivant, gémissant à dix mètres de profondeur dans une fosse septique, abandonné par sa mère, une jeune apprentie couturière. Ce fait, digne d’une tragédie antique, a secoué le Bénin, révélant un entrelacs de désespoir, de violence et de secrets inavouables. Derrière ce miracle de survie se cache une histoire de rapports imposés, de honte et de justice en marche.

Un nouveau-né : un sauvetage aux allures de miracle

Ce mardi matin là, à Adohounsa, ce sont les pleurs d’un bébé, étouffés, mais tenaces, qui ont alerté des enfants venus utiliser les toilettes familiales. Stupéfaits, ils ont appelé leurs parents, qui ont à leur tour rameuté le voisinage. Dans une mobilisation aussi spontanée qu’héroïque, la communauté a brisé le béton de la fosse pour atteindre l’enfant, une fillette miraculeusement vivante malgré sa chute dans les ténèbres fétides. Les secours l’ont repêchée à dix mètres de profondeur, puis l’ont transportée d’urgence à l’hôpital de la Croix de Zinvié, où les médecins ont stabilisé son état, désormais jugé hors de danger malgré sa fragilité. « Un miracle », murmurent les habitants, encore sous le choc de cette découverte.

Mais ce sauvetage, digne d’un récit biblique, a vite cédé la place à l’horreur des révélations. La police républicaine, alertée dans l’heure, a ouvert une enquête pour identifier l’auteur de cet acte. Grâce à la collaboration des riverains, les investigations ont rapidement désigné une suspecte : une jeune apprentie couturière, employée dans un atelier local. Arrêtée et interrogée, elle a livré une confession glaçante, jetant une lumière crue sur les circonstances de ce drame.

Une confession dans l’ombre de la peur

La jeune femme, une adolescente, a avoué avoir jeté son nouveau-né dans la fosse après un accouchement clandestin. Submergée par la honte et la panique, elle a agi seule, incapable d’assumer une grossesse qu’elle n’avait pas choisie. Selon ses déclarations, cette grossesse est le fruit de rapports sexuels imposés par le mari de sa patronne, un homme dont l’identité reste protégée pour les besoins de l’enquête. Ces abus auraient eu lieu à plusieurs reprises, toujours le samedi, jour où l’atelier, déserté par les autres apprenties, devenait un piège pour la jeune fille.

Face aux accusations, le mari, un commerçant local, admet avoir eu des relations sexuelles avec l’apprentie, mais affirme qu’elles étaient consenties et limitées à deux occasions. La jeune femme, en revanche, dénonce une coercition répétée. La police de Zè les a placés en garde à vue, où ils attendent leur présentation au procureur de la République. L’enquête, encore à ses débuts, cherche à clarifier la nature exacte de ces relations et à déterminer les responsabilités de chacun dans ce drame.

Un drame aux racines profondes

Ce évènement , loin de constituer un simple incident isolé, révèle les maux endémiques qui rongent les sociétés rurales béninoises. L’apprentie, comme tant d’autres jeunes filles, se trouvait dans une position de vulnérabilité : elle travaillait dans un atelier, loin de sa famille, sous l’autorité d’une patronne et de son mari. Les abus de pouvoir, souvent passés sous silence dans des communautés où la peur du scandale musèle la parole des victimes, représentent un fléau bien connu. Selon un rapport d’Amnesty International de 2024, les violences sexuelles au Bénin touchent particulièrement les jeunes filles en situation de précarité, comme les apprenties ou les domestiques, souvent sans recours face à leurs agresseurs.

L’acte désespéré de l’apprentie, qui a choisi d’abandonner son enfant dans une fosse, reflète une détresse abyssale. « Elle a agi sous le poids de la honte et de l’isolement », explique une travailleuse sociale de Zè.Dans un pays où la loi interdit l’avortement, sauf en cas de danger pour la mère ou de viol, et où l’accès à l’éducation sexuelle demeure restreint, les grossesses non désirées conduisent souvent à des actes désespérés.L’histoire de cette jeune fille, piégée par la violence et la solitude, résonne comme un cri d’alarme.

Une communauté face à ses démons

À Adohounsa, l’émotion est à son comble. Les habitants, fiers d’avoir sauvé une vie, font désormais face à la douleur des révélations. La patronne de l’atelier, dont le mari est impliqué, garde le silence pour l’instant. Toutefois, des rumeurs laissent entendre qu’elle envisage de porter plainte pour diffamation, ce qui complique davantage l’affaire. Sur les réseaux sociaux, les Béninois expriment un mélange de compassion pour l’enfant et de colère envers les adultes impliqués. « Comment un homme peut-il abuser d’une adolescente et prétendre au consentement ? » s’indigne un internaute, tandis qu’un autre appelle à « protéger les jeunes filles des prédateurs dans les ateliers ».

La justice, dorénavant saisie, devra trancher. Le mari risque des poursuites pour viol ou abus sexuel sur mineure, des chefs d’accusation passibles de lourdes peines selon le Code pénal béninois. Quant à l’apprentie, le tribunal pourrait la poursuivre pour tentative d’infanticide, bien que son statut de victime potentielle puisse influencer sa clémence. On attend une audience dans les prochaines semaines, probablement à la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), connue pour sa sévérité.

Un appel à l’éveil

Ce drame, aussi sordide qu’il soit, est un miroir tendu au Bénin. Il interroge la protection des jeunes filles dans les espaces de travail informels, l’accès à la justice pour les victimes de violences sexuelles et la nécessité d’une éducation qui brise les tabous. La fillette, sauvée des entrailles de la terre, incarne une lueur d’espoir dans ce tableau sombre. Sa survie, un défi à la mort, appelle à une prise de conscience collective. À Zè, on murmure déjà son surnom : « l’enfant miracle ». Mais pour que ce miracle ne soit pas vain, le Bénin devra écouter les pleurs étouffés de celles qui, comme son adolescente de mère, n’ont d’autre refuge que le silence.