Cotonou (Bénin), 10 mars 2025 –Sous les lustres élégants du Palais des Congrès de Cotonou, le Bénin a inauguré, vendredi dernier, la 30ᵉ édition de la Journée internationale des droits de la femme, un rendez-vous solennel orchestré sous l’égide de Mariam CHABI TALATA, Vice-Présidente de la République. En effet, cette cérémonie, empreinte de dignité et de détermination, a réuni un parterre éclectique : ministres, parlementaires, diplomates, dont l’Ambassadeur du Maroc et l’Ambassadrice désignée du Canada, Tina HUTHRIE, ainsi que des figures de la société civile et des partenaires internationaux, tous unis pour honorer la cause
Par ailleurs, c’est Véronique TOGNIFODE, Ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance, qui a pris la parole pour poser les jalons de cette journée mémorable. Dans un élan oratoire, elle a célébré « ces femmes et ces filles dont le souffle vital irrigue nos sociétés, des bâtisseuses d’aujourd’hui qui sculptent demain avec audace». Face aux tempêtes économiques, sociales et environnementales qui secouent le monde, elle a martelé l’urgence d’amplifier leurs voix, trop souvent étouffées par les bourrasques de l’injustice. Le thème de cette année, « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation», s’est imposé comme une boussole, orientant les esprits vers des actions audacieuses pour un futur plus équitable.
En plus, la Ministre a déroulé un tableau vivant des efforts du gouvernement béninois pour faire germer l’égalité des sexes. Parmi ces bourgeons prometteurs, une loi vigoureuse contre les violences infligées aux femmes et aux filles, des filets de soutien pour maintenir les écolières sur les bancs de l’apprentissage et des initiatives comme le microcrédit Alafia, qui tisse une toile d’autonomie économique. « Ces graines semées ne sont pas de vains espoirs, mais des racines profondes pour un avenir où chaque femme peut s’élever sans entraves », a-t-elle affirmé, le regard porté vers un horizon d’équité.
Huguette BOKPÈ GNANCADJA, à la barre de l’Institut National de la Femme, a captivé l’assemblée en dévoilant les prouesses de cette institution. Sous son égide, des remparts juridiques et judiciaires se dressent pour protéger les filles et les femmes, transformant les promesses en actes tangibles. « Nous ne nous contentons pas de panser les plaies, nous érigeons des boucliers pour que plus aucune n’ait à saigner en silence», a-t-elle proclamé, insufflant une énergie combative dans la salle.
Un chœur international : l’appel des partenaires
En plus, les voix de l’international ont résonné en harmonie. Tina HUTHRIE, Ambassadrice désignée du Canada, et Aminatou SAR, Coordonnatrice du Système des Nations Unies au Bénin, ont tissé un plaidoyer vibrant : une nation ne peut s’épanouir si elle laisse ses femmes dans l’ombre, privées d’éducation ou de ressources. « Le progrès véritable est un arbre qui ne pousse que si ses racines féminines sont nourries », a lancé Mme SAR, tandis que Mme HUTHRIE a réaffirmé l’engagement indéfectible des partenaires techniques et financiers à épauler le Bénin dans cette quête.
Un souffle collectif pour briser les chaînes
En lançant officiellement les festivités, Véronique TOGNIFODE a enjoint chaque acteur, du citoyen lambda aux décideurs, à saisir ce flambeau. « L’autonomisation des femmes n’est pas une option, c’est le socle d’un développement qui ne laisse personne sur le bord du chemin», a-t-elle insisté. La journée s’est achevée sur une note d’élan collectif, une promesse gravée dans les cœurs : celle de démanteler, pierre par pierre, les murailles qui freinent encore l’essor des femmes béninoises.
Une flamme qui ne s’éteint pas
En somme, le 7 mars dernier à Cotonou n’a pas été une simple célébration, mais un acte de foi en un avenir où les droits des femmes ne sont plus négociables. Cette 30ᵉ édition de la Journée internationale des droits de la femme a allumé une flamme : celle d’un Bénin décidé à faire de l’égalité et de l’autonomisation des moteurs de sa renaissance. Si les défis persistent, cette journée a prouvé que la volonté, elle, est inébranlable : une leçon pour aujourd’hui, un héritage pour demain.
Adjarra et Zè (Bénin), 10 mars 2025 – À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, célébrée le 8 mars dernier, l’Amicale des Femmes du ministère en charge des Finances (AFMEF) a déployé une initiative empreinte de cœur et de pragmatisme. En effet, dans les contrées d’Adjarra, dans le département de l’Ouémé, et de Zè, dans l’Atlantique, des coopératives féminines ont reçu des dons de matériels soigneusement choisis pour dynamiser leurs activités. Cet acte, loin d’être un simple geste symbolique, s’inscrit dans une volonté ardente de propulser les femmes vers une autonomie durable et de célébrer leur rôle cardinal dans le tissu social et économique.
Par ailleurs, dans le paisible hameau de Drogbo, niché dans la commune d’Adjarra, le groupement Edjromédé, dédié à la production maraîchère, a été le théâtre d’une scène vibrante de générosité. Sous un soleil complice, l’AFMEF a remis deux motos-pompes rutilantes, accompagnées d’un arsenal d’outils (râteaux, houes, coupe-coupes, raccords et arrosoirs) destinés à alléger la peine des travailleuses des champs. Vicentia AKOTO OKRY, figure de proue de l’AFMEF, a tenu des propos qui résonnent comme une ode à leur ténacité : « Par vos mains calleuses et votre sueur, vous ensemencez non seulement la terre, mais aussi l’avenir de vos foyers et de vos communautés. » « Votre labeur transcende les sillons pour tisser les fils d’une économie florissante.»
En plus, le thème de cette édition 2025, « Pour toutes les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation», a trouvé un écho particulier dans cette démarche. « Ces outils ne sont pas de simples objets», a poursuivi Mme AKOTO OKRY avec une conviction palpable, « ils sont des leviers pour ériger un avenir où vos droits s’épanouissent, où l’égalité n’est plus un horizon lointain et où votre autonomie s’affirme comme une évidence. » Les bénéficiaires, transportées d’une joie communicative, ont exprimé leur gratitude par des mélodies entraînantes et des pas de danse spontanés. Noussiratou TCHEHOUENOU, à la tête d’Edjromédé, a laissé éclater son émotion : « C’est une première pour nous, un 8 mars gravé dans nos mémoires. Que la providence veille sur vous pour ce souffle de vie que vous nous offrez ! »
À Zè : transformer le manioc, transformer des vies
Le périple de l’AFMEF s’est également prolongé jusqu’à Waga, dans la commune de Zè, où la coopérative Mèdédjro 2, experte dans l’art de métamorphoser le manioc en gari, a été honorée à son tour. D’ailleurs, là, une presse à vis et des bassines ont été offertes, répondant avec précision aux aspirations des artisanes. Vicentia AKOTO OKRY n’a pas manqué de souligner la portée de leur métier : « Votre savoir-faire ne se limite pas à moudre et à tamiser. » Chaque poignée de gari que vous produisez est une pierre posée dans l’édifice d’une société plus forte, une preuve tangible que vous êtes des bâtisseuses de progrès. »
Ambroisie MEDJAGBONON, qui préside Mèdédjro 2, a accueilli ces dons avec un sourire rayonnant : « Ces équipements vont décupler notre ardeur et notre rendement. » « Désormais, le manioc ne sera plus seulement une culture, mais un tremplin vers une vie meilleure. Merci à l’AFMEF pour cette lumière qu’elle nous tend. » Ce soutien matériel, bien plus qu’un appui logistique, incarne une reconnaissance de la créativité et de la résilience de ces femmes qui, jour après jour, transforment les ressources brutes en richesse collective.
L’initiative de l’AFMEF, en cette journée mémorable du 8 mars 2025, ne se résume pas à une distribution d’outils. Elle illustre une vision où l’autonomisation des femmes ne reste pas une chimère, mais devient une réalité tangible, forgée par des actes concrets et une solidarité sans faille. À travers ces dons, l’Amicale réaffirme son ambition de hisser les femmes au rang d’actrices incontournables du développement, leur offrant non pas une aumône, mais des ailes pour s’élever.
Porto-Novo, 10 mars 2025 – Dans une belle matinée, Porto-Novo, cœur battant du Bénin, a été le théâtre d’un conciliabule aussi discret qu’éloquent. Aminatou Sar, Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Bénin, a accueilli Mgr Rubén Darío Ruiz Mainardi, nouveau Nonce apostolique fraîchement nommé par le Saint-Siège au Bénin. Dans les salons feutrés de la résidence officielle de l’UN Bénin, ces deux figures, l’une porte-étendard de l’ONU, l’autre émissaire du Vatican, ont croisé leurs regards sur les défis brûlants de l’heure. Si les détails de leur échange demeurent voilés, l’événement s’inscrit comme une passerelle entre deux visions universalistes, unies par une quête de sens au service d’une nation en pleine mutation.
L’ONU et le Vatican : Une diplomatie aux multiples visages
Aminatou Sar, championne des droits des femmes et des filles, porte avec elle une expertise puisée à Dakar, auprès de PATH, Plan International et Amnesty, autant de jalons qui façonnent son engagement au Bénin. Face à elle, Mgr Mainardi, Argentin au parcours encore mystérieux dans les annales publiques, succède à Mgr Mark Gerard Miles, transféré au Costa Rica en juillet 2024. Polyglotte et discret, ce prélat apporte au Bénin une voix spirituelle et diplomatique, dans un pays où l’Église catholique, forte de 27 % de la population selon les estimations récentes, joue un rôle clé dans le dialogue social.
Des enjeux au carrefour des âmes et des terres
Leur échange, bien que non détaillé par les canaux officiels, a sans doute effleuré les tumultes qui agitent le Bénin et la sous-région. Sécurité dans le nord, où les incursions jihadistes depuis le Sahel menacent la quiétude ; développement durable, alors que l’ONU appuie des projets comme l’opération Mirador ; droits des femmes, un terrain où les visions de Sar et de Mainardi pourraient converger – autant de fils tissés dans cette trame conversationnelle. L’UN Benin, sous la houlette de Sar, réaffirme son engagement à collaborer avec tous les acteurs, y compris le Saint-Siège, pour un Bénin plus équitable. Quant au nonce, sa présence récente laisse présager une volonté de renforcer les liens entre l’Église locale et les initiatives internationales, dans un pays où la foi et la résilience marchent souvent de pair.
L’ONU et le Vatican : Une alliance naissante dans l’ombre du réel
Cette rencontre n’est pas un simple ballet protocolaire ; elle esquisse une alliance tacite entre deux institutions aux vocations distinctes, mais complémentaires. L’ONU, avec ses ambitions de progrès matériel et social, et le Vatican, gardien d’une quête spirituelle et morale, trouvent ici un terrain d’entente. Mgr Mainardi, dont c’est l’une des premières sorties publiques depuis son arrivée, semble poser les jalons d’une mission qui, à l’image de son prédécesseur polyglotte, pourrait s’exprimer dans un langage universel. Pour Aminatou Sar, cet échange s’inscrit dans une dynamique plus large, celle d’un Bénin qui, en 2025, oscille entre défis structurels et promesses d’éveil, notamment à l’approche des élections législatives prévues pour avril.
Une lueur suspendue entre ciel et terre
Cette entrevue entre Aminatou Sar et Mgr Rubén Darío Ruiz Mainardi n’a pas livré tous ses secrets, mais elle a semé une étincelle, celle d’une coopération possible, d’un dialogue qui pourrait féconder des lendemains plus doux. Dans un Bénin où les ombres du nord côtoient les lumières de l’espoir, cette rencontre suscite une interrogation ouverte : et si, entre la croix et le croissant bleu des Nations Unies, naissait une harmonie capable d’éclairer les chemins encore obscurs d’une nation en quête d’elle-même ? Sous ce ciel partagé, l’histoire, patiente, attend de répondre.
Porto-Novo, 10 mars 2025 – Le 7 mars dernier, Porto-Novo s’est éveillée sous un ciel teinté d’espérance, devançant avec audace la célébration mondiale de la 30ᵉ Journée Internationale des Droits des Femmes (JIF2025), fixée au lendemain.
Dans l’enceinte solennelle d’une cérémonie officielle, les voix du gouvernement béninois, incarnées par la vice-présidente de la république Mariam Chabi Talata, la Ministre des Affaires Sociales et de la Micro-Finance, Véronique Tognifodé Mewanou, Adidjatou MATHYS, la Ministre du Travail et de la fonction publique et la ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou Assouman se sont mêlées à celles de l’UN Bénin, des partenaires techniques et financiers (PTF) et d’acteurs dévoués pour exalter une vérité limpide : l’égalité des genres est la sève d’un développement durable. Ce rassemblement, loin d’être une simple anticipation, a résonné comme un appel vibrant à l’action, une promesse scellée sous le regard attentif d’une nation résolue à changer la donne.
Au cœur de cette symphonie d’intentions, Aminatou Sar, Coordonnatrice résidente de l’UNBenin, a prêté sa voix à un écho mondial, relayant l’exhortation du Secrétaire général des Nations Unies : investir dans les femmes et les filles n’est pas une option, mais une nécessité. « Lorsque les portes de l’égalité s’ouvrent, c’est l’humanité entière qui s’élève », a-t-elle proclamé, ses mots ciselés comme des pierres d’un édifice en devenir. Aux côtés du gouvernement, elle a esquissé une vision où chaque femme, chaque fille, se voit dotée de droits inaliénables, de modèles inspirants et de partenaires indéfectibles : un triptyque pour une société plus équitable, où la participation féminine aux instances décisionnelles ne serait plus un vœu, mais une réalité tangible.
Une célébration aux accents d’autonomisation des Femmes
Cette JIF2025 anticipée s’est drapée d’un thème aussi ambitieux qu’essentiel : l’autonomisation et le renforcement des capacités des femmes et des filles, tremplin vers une présence qualifiée dans les arènes du pouvoir. Tina Guthrie, ambassadrice du Canada au Bénin, a prêté sa voix à cette ambition, saluant « les contributions et les réalisations des femmes qui façonnent un monde meilleur ». Dans une allocution empreinte de cœur, elle a convié chacun à s’engager pour que l’égalité ne reste pas un horizon lointain, mais devienne une étoffe tissée dans le quotidien. Cette célébration, enrichie par la présence de figures comme la vice-présidente Talata et les PTF, a transcendé le protocole pour devenir une fresque vivante de solidarité et de détermination.
Un élan porté par des racines profondes pour l’autonomisation des Femmes
Le Bénin, fort d’une histoire de réformes en faveur du genre à l’image de la loi de 2021 contre les violences basées sur le genre et des avancées en santé reproductive soutenues par la Banque mondiale, ne s’est pas contenté de célébrer ; il a réaffirmé une trajectoire. Cette cérémonie s’inscrit dans la lignée des efforts du projet SWEDD (Sahel Women’s Empowerment and Demographic Dividend) et des initiatives onusiennes qui, depuis des années, sèment les graines d’un avenir où les femmes ne sont plus spectatrices, mais architectes du progrès. À l’approche du 30ᵉ anniversaire de la Déclaration de Pékin, cet événement a résonné comme un prélude à une ambition plus vaste : faire du Bénin un flambeau de l’égalité dans une Afrique de l’Ouest en quête de renouveau.
Et tandis que le soleil déclinait sur Porto-Novo, laissant dans son sillage les échos de cette journée mémorable, une lueur persistait, douce, mais indomptable. Cette journée n’a pas été qu’une célébration anticipée ; elle a été un serment, une invitation à ne plus attendre le lendemain pour bâtir l’égalité. Dans les regards échangés entre Aminatou Sar, Tina Guthrie et les femmes béninoises présentes, une certitude s’est dessinée : chaque pas vers l’autonomisation est une étoile ajoutée au firmament d’un monde plus juste. Alors, sous ce ciel dans lequel les promesses dansent encore avec les possibles, une question flotte, légère et infinie : et si cette flamme, allumée aujourd’hui, devenait le feu qui, demain, embraserait les ombres pour laisser place à une aube sans fin ?
Cotonou, 6 mars 2025 — Ce jeudi, la base aérienne de Cotonou s’est drapée d’une solennité particulière pour accueillir un présent d’envergure offert par l’Union Européenne (UE) au Bénin. En effet, sous les regards croisés des dignitaires béninois et européens, un avion de reconnaissance et de surveillance, de type Caravane C 280 Bravo, a été officiellement remis aux Forces armées béninoises (FAB). Présidée par le chef d’État-major de l’UE, Michel Van der Laan, cette cérémonie marque un jalon dans la coopération entre Bruxelles et Porto-Novo, scellant un engagement commun face aux défis sécuritaires qui étreignent le nord du pays.
L’opération Mirador : une sentinelle renforcée
Par ailleurs, destiné à soutenir l’opération « Mirador », cet appareil s’inscrit dans une lutte acharnée contre les menaces terroristes qui, depuis plusieurs années, gagnent du terrain aux confins septentrionaux du Bénin. Lancée en 2022 sous l’impulsion du général Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major des FAB, cette opération vise à juguler les incursions de groupes extrémistes débordant des frontières poreuses avec le Burkina Faso et le Niger. Doté de technologies avancées (captation d’images et détection de signaux électromagnétiques), cet avion offrira une vue d’aigle aux unités déployées, affinant leurs capacités de renseignement et d’intervention dans une région où chaque information peut renverser la donne.
Une coopération transatlantique et européenne en synergie
En plus, ce don s’adosse à un édifice diplomatique plus large. Il fait suite à un accord signé avec les États-Unis, couvrant six axes stratégiques (sécurité intérieure, renseignement, santé, logistique, lutte antiterroriste), et s’intègre dans une enveloppe de 11,7 millions d’euros allouée par l’UE via la facilité européenne pour la paix. Géré par Défense Conseil International (DCI), ce programme a déjà permis la livraison de six drones DT-46 par la firme française Delair en 2024, complétés aujourd’hui par cet avion fourni par Atos. Cette synergie illustre une volonté partagée de doter le Bénin d’outils non létaux pour contrer une menace qui, loin de s’essouffler, s’enracine dans le Sahel et ses marges.
Un rempart contre l’ombre grandissante grâce à l’Union Européenne
En outre, le contexte n’a rien d’anodin. Le nord du Bénin, jadis havre de paix, subit depuis 2019 les assauts répétés de factions liées à Al-Qaïda et à l’État islamique, profitant de l’instabilité régionale. Attaques contre des postes militaires, embuscades visant les civils, pillages : la litanie des violences a poussé les autorités à redoubler d’efforts. Cet avion, capable de survoler de vastes étendues et de transmettre des données en temps réel, devient ainsi un atout précieux pour anticiper et déjouer les desseins de l’adversaire, tout en préservant les populations prises dans l’étau de cette guerre larvée.
Une lueur dans la tourmente grâce à l’Union Européenne
Au-delà de sa portée technique, ce geste de l’UE résonne comme une main tendue, un gage de solidarité dans une Afrique de l’Ouest où les États, souvent esseulés, luttent pour leur souveraineté. Pour les Forces armées béninoises, cet outil n’est pas qu’un engin ; c’est une promesse de jours moins sombres, une chance de reprendre l’ascendant sur un ennemi insaisissable. Et tandis que l’avion s’élève pour ses premières missions, il emporte avec lui un espoir ténu, mais tangible : celui d’un Bénin qui, fort du soutien de ses alliés, refuse de ployer sous les vents contraires. Car dans ce ciel désormais mieux surveillé, ce n’est pas seulement un appareil qui prend son envol, mais une nation entière qui, les yeux levés, se rêve en maîtresse de son destin.
Dans les méandres de la gouvernance locale béninoise, un coup de théâtre vient d’ébranler la municipalité d’Abomey-Calavi, cité tentaculaire de l’Atlantique. Gilbert Sètondji Boco, chef d’arrondissement de Glo-Djigbé, s’est vu frappé d’une suspension par le maire, Angelo Ahouandjinou, une décision qui résonne comme un écho assourdissant dans les corridors du pouvoir communal. L’origine de cette disgrâce est des propos jugés irrévérencieux à l’encontre du gouvernement de Patrice Talon, exprimés dans l’intimité d’un forum WhatsApp réunissant les conseillers communaux. Ainsi, ce qui semblait n’être qu’un murmure numérique s’est mué en une tempête administrative.
Quand un forum WhatsApp devient une arène politique ?
L’affaire, révélée au grand jour en ce début mars 2025, illustre une tension palpable entre liberté d’expression et discipline institutionnelle. Selon les informations recueillies, les critiques de Boco, loin d’être anodines, portaient sur des choix politiques du régime en place, des mots que le maire a estimés incompatibles avec la loyauté attendue d’un chef d’arrondissement. Cette sanction, prompte et sans ambages, traduit une volonté de faire taire toute dissonance au sein d’une commune stratégique, voisine de Cotonou et théâtre d’ambitieux projets comme la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé. L’ironie n’échappe à personne : dans un arrondissement symbole de modernité et de développement, un homme est mis à l’écart pour avoir osé élever la voix.
Glo-Djigbé : Liberté d’expression ou discipline institutionnelle ?
Abomey-Calavi, avec ses neuf arrondissements et sa population foisonnante, n’est pas étrangère aux remous politiques. La commune, dirigée par Angelo Ahouandjinou depuis plusieurs années, s’est souvent trouvée au carrefour des dynamiques nationales, oscillant entre soutien au pouvoir central et velléités d’autonomie locale. La suspension de Gilbert Sètondji Boco s’inscrit dans un contexte plus large où la critique, même formulée dans un cadre semi-privé, devient un luxe périlleux. Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent : certains y voient une dérive autoritaire, une « gblocratie » – néologisme mordant pour désigner une gouvernance par l’intimidation – tandis que d’autres saluent une mesure nécessaire pour préserver l’unité municipale.
Glo-Djigbé : symbole de modernité, théâtre de luttes intestines
Les faits, tels que rapportés, ne laissent guère place au doute. Le chef d’arrondissement, figure de proximité censée incarner l’autorité au plus près des citoyens, aurait franchi une ligne invisible en s’aventurant sur le terrain glissant de la contestation. Le forum WhatsApp, espace de débat entre conseillers, s’est transformé en une arène où les mots ont acquis une portée inattendue. Suspendu pour une durée indéterminée, Boco voit son avenir administratif suspendu à un fil, tandis que son cas soulève une interrogation lancinante : jusqu’où la loyauté doit-elle museler la conscience ?
La parole, une flamme qui éclaire et consume
Pourtant, au-delà de la sanction, c’est une parabole sur le pouvoir qui se dessine. Glo-Djigbé, arrondissement en pleine métamorphose grâce à son rôle dans la Zone Économique Spéciale, incarne les promesses d’un Bénin tourné vers le progrès. Mais cette affaire rappelle que le développement, aussi éclatant soit-il, ne saurait occulter les luttes intestines qui agitent ses fondations. Le maire, en choisissant la fermeté, envoie un message limpide à ses subordonnés : l’harmonie institutionnelle prime sur les épanchements individuels. Reste à savoir si cette fermeté apaisera les esprits ou, au contraire, attisera les braises d’un mécontentement latent.
Et tandis que le soleil se couche sur les terres d’Abomey-Calavi, une vérité se fait jour, douce-amère et universelle : dans le théâtre des hommes, la parole est une flamme qui réchauffe autant qu’elle consume. Gilbert Sètondji Boco, en l’allumant, a peut-être perdu son siège, mais il a rallumé une question essentielle : à quel prix la liberté se paye-t-elle, lorsque les murs, même numériques, ont des oreilles ?
Dans l’arène mouvante des relations internationales, où les alliances se nouent et se dénouent au gré des intérêts fugaces, un rapprochement singulier vient de poindre à l’horizon. Le Venezuela et le Bénin, deux nations que la géographie sépare, mais que la volonté rapproche, ont résolu d’unir leurs desseins en instaurant la Première Commission Mixte Bilatérale. Cette décision, scellée lors d’un entretien téléphonique entre Yván Gil, ministre vénézuélien des Affaires étrangères, mandaté par le président Nicolás Maduro, et Shègun Adjadi Bakari, son homologue béninois, s’inscrit comme une étape décisive dans une amitié jusque-là discrète, mais tenace.
Le Venezuela et le Bénin : une coopération audacieuse pour l’avenir
Par une missive diffusée sur Telegram, Yván Gil a dévoilé les contours de cette entreprise commune, portée par une ambition claire : raffermir les liens bilatéraux et tisser une coopération multilatérale aux accents novateurs. Les domaines envisagés pour cette collaboration (agriculture durable, éducation, énergie, culture et industrie textile) traduisent une aspiration à conjuguer pragmatisme et audace. Il ne s’agit pas ici d’un simple échange de bons procédés, mais d’un dessein plus vaste : celui de poser les jalons d’un partenariat où les savoirs se croisent et les ressources s’entrelacent pour un bénéfice réciproque.
Solidarité face aux pressions mondiales
Au fil de cet échange, une note de gratitude a résonné avec force. Le ministre vénézuélien a salué l’inflexible soutien du Bénin face aux « mesures coercitives unilatérales » , ces sanctions qui, sous des dehors techniques, enserrent le Venezuela dans un étau économique. Cette solidarité, rare dans un concert mondial souvent marqué par l’indifférence ou le calcul, a conduit Gil à proclamer une vision exaltante : « Ensemble, nous œuvrerons à l’avènement d’un monde multipolaire et équitable ! » Ces mots, loin d’être une formule creuse, dessinent l’espoir d’un ordre global où les nations, quelles que soient leur taille ou leur puissance, puissent faire entendre leur voix.
Le Venezuela et le Bénin : des racines diplomatiques solides
L’histoire de cette entente ne date pas d’hier. Depuis l’établissement des relations diplomatiques le 20 juin 1991, Caracas et Porto-Novo ont patiemment cultivé leurs affinités. L’élan insufflé par la Révolution bolivarienne en 1999 a donné un nouveau souffle à cette relation, ponctuée d’accords dans des champs aussi variés que la coopération technique, le jumelage entre collectivités territoriales, la suppression des visas ou encore la lutte contre les narcotrafics. Plus récemment, en août 2023, la création du Groupe parlementaire d’amitié Venezuela-Bénin au sein de l’Assemblée vénézuélienne a marqué une étape supplémentaire, les législateurs s’engageant à fortifier les ponts entre leurs institutions respectives.
Une vision partagée d’un monde multipolaire
Mais quel souffle anime cette initiative aujourd’hui ? Peut-être faut-il y voir la réponse à un monde en quête de repères, où les nations du Sud, lassées des hiérarchies imposées, explorent des voies inédites pour s’affranchir. Peut-être est-ce aussi, pour le Venezuela, une manière d’échapper à l’étreinte de l’isolement en tendant une main vers l’Afrique, continent aux potentialités immenses. Quoi qu’il en soit, cette commission mixte ne se réduit pas à une formalité protocolaire ; elle incarne une promesse, un engagement à bâtir, pierre après pierre, un édifice commun.
Ainsi, tandis que les tumultes géopolitiques agitent les mers et les cieux, ce dialogue entre le Venezuela et le Bénin offre une respiration, une pause dans la cacophonie ambiante. Point de fracas ni de gestes ostentatoires ici, mais une entente sobre, presque murmurée, entre deux peuples qui, depuis leurs rives opposées, se sont reconnus dans un même élan. Et si la grandeur d’une alliance se mesurait non pas à son éclat, mais à sa capacité à faire germer l’espoir là où nul ne l’attendait ? En ce modeste conciliabule transatlantique, dans cet acte de foi en un futur partagé, se niche une leçon universelle : les plus nobles édifices s’élèvent souvent dans l’ombre, loin des regards, mais près des cœurs.
JDB, 5 mars 2025 – Ce mercredi, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a choisi de garder le cap. Réunie pour la première fois cette année sous la présidence de son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, l’institution a décidé de maintenir son taux directeur à 3,50 % et le taux du guichet de prêt marginal à 5,50 %, inchangés depuis décembre 2023. Une posture de vigilance, dictée par une analyse méticuleuse des pulsations économiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), entre dynamisme prometteur et menaces sournoises.
La BCEAO : une économie qui pulse, mais sous surveillance
Par ailleurs, devant un parterre de journalistes, le gouverneur Brou a déroulé un tableau encourageant. L’activité économique de l’Union bat son plein, avec un produit intérieur brut (PIB) qui a caracolé à 7,0 % au dernier trimestre 2024, contre 5,8 % au trimestre précédent. Pour l’année écoulée, la croissance réelle s’établit à 6,2 %, un bond notable par rapport aux 5,3 % de 2023, et les prévisions pour 2025 tablent sur un robuste 6,3 %. Derrière ces chiffres, une vitalité portée par les secteurs extractif, manufacturier et agricole, véritables piliers d’une économie qui refuse de plier.
Le financement n’est pas en reste. Les crédits bancaires au secteur privé ont crû de 6,3 % en glissement annuel à fin décembre 2024, contre 5,8 % trois mois plus tôt, une tendance appelée à s’amplifier avec une hausse projetée de 8,6 % en 2025. « L’activité économiqaue bénéficie d’un soutien approprié », a souligné Jean-Claude Kassi Brou, dont les mots traduisent une confiance mesurée dans la capacité des banques à irriguer les ambitions des acteurs économiques.
L’inflation s’apaise, mais les ombres persistent.
Côté prix, une brise de soulagement a soufflé sur l’UEMOA. Le taux d’inflation, qui culminait à 4,1 % au troisième trimestre 2024, s’est assagi à 2,9 % au quatrième, porté par une chute des cours des produits alimentaires et énergétiques importés. Les récoltes généreuses de la campagne vivrière 2024-2025 ont également joué les garde-fous, freinant les ardeurs inflationnistes. La BCEAO anticipe une poursuite de cette détente, avec une inflation ramenée à 2,7 % en 2025, contre 3,5 % en 2024. Un horizon rassurant, mais fragile.
Car les vents contraires n’ont pas dit leur dernier mot. Le gouverneur n’a pas éludé les risques qui planent : une situation sécuritaire toujours précaire dans la sous-région, des caprices climatiques menaçant les rendements agricoles et des tensions géopolitiques mondiales susceptibles de raviver la flambée des prix énergétiques et alimentaires. Autant de nuages qui incitent la BCEAO à garder la main ferme sur ses leviers monétaires, préférant la stabilité à l’audace.
Une balance extérieure qui reprend des couleurs
À l’échelle extérieure, l’Union semble reprendre son souffle. La hausse des prix des produits exportés, dopée par les ventes d’hydrocarbures et une mobilisation réussie des ressources par les États membres, a redonné du lustre à la balance commerciale. Un regain bienvenu dans un contexte où les chocs extérieurs – guerre en Ukraine, insécurité régionale – avaient mis les nerfs des économies locales à rude épreuve. Cette embellie, si elle se confirme, pourrait offrir une marge de manœuvre précieuse aux huit pays de l’UEMOA.
La BCEAO: une décision qui murmure la sagesse
En somme, en optant pour le statu quo, le CPM de la BCEAO signe une partition prudente, presque contemplative. Face à une croissance vigoureuse, mais vulnérable, et à une inflation en reflux, mais menacée, l’institution choisit de temporiser, laissant ses taux inchangés comme une ancre dans la tempête. Une stratégie qui, selon les observateurs, reflète autant la confiance dans la résilience de l’Union que la méfiance envers un monde aux équilibres précaires.
Et si cette retenue était, en définitive, une ode à l’espoir ? Car, dans ce choix de ne pas bousculer les lignes, la BCEAO semble murmurer une vérité profonde : parfois, la force réside dans la patience, dans l’attente d’un ciel plus dégagé où les peuples de l’UEMOA pourront, enfin, récolter les fruits d’une prospérité patiemment semée.
Bohicon, 5 mars 2025 – Ce mercredi, l’hôtel Le Miracle de Bohicon s’est transformé en un carrefour d’espoir et de réflexion. Après une première escale à Parakou deux jours plus tôt, l’atelier d’information réunissant maires et Secrétaires Exécutifs des mairies a repris ses travaux, porté par une mission limpide : éclairer les résultats du dispositif Azôli et dessiner les attentes des autorités locales face à cette initiative qui redéfinit l’avenir des jeunes Béninois. En effet, sous l’égide de l’Agence nationale pour l’Emploi (AnpE) et du Projet d’Inclusion des Jeunes (ProDIJ), cet événement n’est pas une simple rencontre protocolaire : il s’agit d’un jalon dans une croisade pour l’émancipation économique d’une jeunesse trop longtemps laissée en jachère.
En plus, Wilfreed Gbessi, Secrétaire Technique du ProDIJ, a planté le décor avec une clarté tranchante : « La raison d’être du ProDIJ est de juguler le sous-emploi des jeunes et d’ancrer leur inclusion économique au cœur du développement national. » Ce programme, soutenu par la Banque mondiale, cible les 18-30 ans peu ou pas instruits de niveau BEPC maximum, souvent dépourvus de qualifications ou englués dans l’inactivité.
Par ailleurs, agro-industrie, artisanat, tourisme, numérique, énergies renouvelables : les secteurs d’intervention d’Azôli, dont le nom signifie « chemin de l’emploi » en fon, se veulent des tremplins vers des métiers d’avenir. Avec une attention particulière portée aux femmes (50 % des bénéficiaires) et aux jeunes des zones vulnérables (40 %), le dispositif s’attaque aux fractures profondes d’un pays où la proximité avec des voisins en proie à l’extrémisme et la porosité des frontières ont jadis amplifié les risques de dérive.
C’est dans ce contexte que Donaldine Dhossou Houssou, Cheffe d’Antenne AnpE à la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), a pris la parole pour dérouler un bilan éloquent. Devant un auditoire attentif de maires et de Secrétaires Exécutifs, elle a révélé des chiffres qui donnent chair à l’ambition : au 28 février 2025, 7 895 jeunes issus des 77 communes béninoises ont intégré les unités textiles de la GDIZ grâce à Azôli. Un exploit rendu possible par un mécanisme bien huilé : un stage-formation d’un an, suivi d’un recrutement automatique dans les entreprises du parc industriel. « L’AnpE, via Azôli et le Programme Spécial d’Insertion dans l’Emploi (PSIE), répond aux besoins des entreprises en personnel qualifié ou peu qualifié », a-t-elle expliqué, soulignant la complémentarité des deux initiatives.
Mais au-delà des statistiques, c’est une philosophie qui se dessine. La GDIZ, gérée par la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI), se veut un havre de dignité. « Nous créons un environnement où le respect et la décence prévalent, sans tolérance pour le harcèlement ou les inégalités », a martelé Mme Dhossou Houssou. Les chiffres détaillés par département et commune, partagés lors de cette session, ont offert aux édiles une vision précise de l’impact local, renforçant leur rôle dans cette dynamique.
Azôli : une synergie pour demain
En outre, L’atelier de Bohicon n’est pas qu’un bilan ; c’est une invitation à l’action. En réunissant les autorités locales, l’AnpE mise sur une synergie essentielle pour amplifier les retombées d’Azôli. Les maires, gardiens des réalités communales et les Secrétaires Exécutifs, rouages administratifs, sont appelés à devenir des relais de cette ambition. Car si 7 895 jeunes ont déjà franchi le seuil de l’emploi à la GDIZ, l’objectif ultime du ProDIJ, toucher 35 000 bénéficiaires d’ici à la fin du projet, exige une mobilisation collective.
Dans les couloirs de l’hôtel Le Miracle, les échanges ont vibré d’une énergie palpable. Les élus, armés de données et de perspectives, ont aussi entrevu leur rôle dans cette transformation : sensibiliser, orienter, soutenir. Azôli, plus qu’un dispositif, se mue en une passerelle entre les aspirations individuelles et les besoins d’une nation en marche.
Une graine qui éclot sous le soleil béninois
En somme, alors que le soleil déclinait sur Bohicon ce mercredi, une certitude s’imposait : Azôli n’est pas une simple rustine sur les plaies du chômage. C’est une graine plantée dans un sol fertile, celui d’une jeunesse avide de lendemains. Et si, dans ce coin du Bénin où les machines textiles ronronnent désormais au rythme des ambitions, le véritable miracle était celui d’un peuple qui, en offrant un chemin à ses enfants, se redécouvre lui-même ?
JDB, 4 mars 2025 –À l’aube de ce mercredi 5 mars, une brise solennelle traversera les cœurs des chrétiens catholiques du monde entier. Les cloches sonneront l’entrée dans le Carême, cette saison sacrée qui, dès le jour des Cendres, invite les fidèles à un périple spirituel de quarante jours. Mais pourquoi ce temps de renoncement, de jeûne et de prière revêt-il une telle gravité ? Pourquoi, sous le signe de la cendre et loin des douceurs des caramels, les catholiques s’engagent-ils dans cette quête austère ? Plongeons dans les entrailles de cette tradition millénaire, où l’âme se dépouille pour mieux s’élever.
Le Carême : une marque de poussière, un appel à l’éternel
Demain, dans les églises vibrantes de murmures, les fronts se pareront d’une croix de cendres, fruit des palmes bénies de l’an passé, consumées pour rappeler une vérité brute : « Tu es poussière, et à la poussière, tu retourneras. » Ce geste, loin d’être un simple rituel, est une clameur silencieuse adressée à l’âme. Il rappelle la fragilité de la chair, mais aussi la grandeur d’un destin qui dépasse les contingences terrestres. Le Carême, qui s’ouvre avec ce jour des Cendres, n’est pas une punition, mais une invitation ardente à se détourner des futilités pour scruter l’essentiel : la présence divine qui palpite en chaque être.
Ces quarante jours, écho des quarante jours de Jésus dans le désert, sont un pèlerinage intérieur. Là où le Christ a affronté la faim et les tentations, le fidèle est appelé à marcher dans ses pas, non pas pour se flageller, mais pour se libérer. Renoncer aux caramels, au superflu, à l’éphémère, c’est faire place à une faim plus noble : celle de la justice, de la charité et de la communion avec Dieu.
Un jeûne qui nourrit l’esprit
Pourquoi jeûner, direz-vous, dans un monde gorgé d’abondance ? Le Carême ne se contente pas de priver le corps ; il l’élève en le disciplinant. En s’abstenant de viande chaque vendredi, en limitant les plaisirs sucrés ou les distractions mondaines, les catholiques ne cherchent pas la souffrance pour eux-mêmes. Ils creusent un espace, un silence où la voix de l’Esprit peut résonner. « Le jeûne n’est pas une fin, mais un commencement », pourrait-on entendre dans les sacristies. Il s’agit de briser les chaînes des habitudes pour tendre les mains vers autrui, par l’aumône, et vers le ciel, par la prière.
Ce chemin de dépouillement, qui s’étend jusqu’au Jeudi Saint, le 17 avril 2025, est aussi un miroir tendu à la société. À une époque où le bruit étourdit et où l’instant prime sur l’éternité, le Carême défie les fidèles de ralentir, de méditer, de donner sans compter. Les cendres de demain ne sont pas une marque de deuil, mais un sceau de renaissance, un défi lancé à l’âme pour qu’elle se hisse au-dessus de la poussière dont elle est faite.
Le Carême : une Église en marche vers Pâques
Le Carême incarne le battement de cœur d’une Église en mouvement, et non une parenthèse isolée. Depuis des siècles, cette période prépare les baptisés à renouveler leur alliance avec le Christ, tandis que les catéchumènes, futurs membres de la communauté, s’apprêtent à plonger dans les eaux du baptême. Cette année, le 5 mars 2025 donnera le coup d’envoi d’un voyage collectif, où chaque pas, chaque privation, chaque acte de bonté convergera vers la lumière de Pâques, le 20 avril. Car c’est bien là l’horizon : la Résurrection, victoire éclatante sur la mort, promesse d’un salut qui transcende les cendres.
Et si certains s’interrogent encore sur l’importance de ce temps, qu’ils prêtent l’oreille aux Évangiles. Jésus lui-même, avant d’embrasser sa mission, s’est retiré dans le désert, affrontant le vide pour y puiser la force. Le Carême, c’est cet élan christique offert à tous : une chance de se délester du futile pour saisir le divin, de troquer les caramels contre une douceur plus profonde, celle de l’amour rédempteur.
Une chute vers les étoiles
Alors, demain, lorsque la cendre effleurera les fronts, que nul ne voie dans ce geste une ombre pesante. C’est une semence jetée en terre, un appel à germer dans la foi. Le Carême n’est pas une descente dans l’austérité, mais une ascension vers la lumière, un cri d’espérance lancé depuis la poussière. Car, au bout de ces quarante jours, quand les cloches de Pâques déchireront le silence, chaque renoncement d’aujourd’hui deviendra un hymne à la vie éternelle. Et là, dans ce jaillissement de joie, les cendres d’hier révéleront leur secret : elles ont seulement préparé le chemin vers un ciel retrouvé.