Abomey-Calavi, 22 juin 2026 — Cent jours après son installation officielle à la tête du Conseil communal d’Abomey-Calavi, le maire Nathanaël Koty change de braquet. L’édile entend associer activement les médias locaux à la mise en œuvre de son projet de gouvernance. À la faveur d’un dîner d’échanges qu’il a organisé le samedi 20 juin avec les journalistes et les patrons de presse de la localité, le maire a plaidé pour un partenariat stratégique et renforcé entre la municipalité et les professionnels de l’information.
Placé sous le thème évocateur : « Rôle et responsabilité des médias résidents dans le développement de la commune d’Abomey-Calavi ». Cet espace de dialogue direct a également permis d’aborder les défis structurels de la plus grande commune du Bénin, tout en offrant au maire l’opportunité de dresser un premier bilan des actions de la cinquième mandature.
Priorité au foncier et au cadre de vie : Les grands chantiers de la mairie
Au cœur des priorités présentées par Nathanaël Koty figure un sujet brûlant qui préoccupe quotidiennement les administrés : l’accélération du traitement des dossiers de lotissement. En effet, l’exécutif communal s’engage à débloquer les litiges fonciers qui freinent l’expansion de la ville. Parallèlement, la mairie intensifie les opérations d’assainissement et de salubrité publique sur l’ensemble du territoire afin d’offrir un cadre de vie plus sain aux populations.
Les médias de proximité comme leviers du civisme et de la transparence
Pour Nathanaël Koty, la réussite de ces ambitions repose fondamentalement sur l’implication des radios, télévisions et journaux de proximité. Face aux professionnels de la presse, il a aussi rappelé le rôle de premier plan que joue l’information dans la promotion du civisme, de la gestion écoresponsable des déchets, de la sécurité et de la participation citoyenne.
Le maire d’Abomey-Calavi s’engage formellement à promouvoir une communication institutionnelle plus ouverte. Il garantit désormais aux journalistes un accès facilité aux informations officielles pour asseoir la transparence de l’action publique.
En fin de compte, à travers cette initiative, l’exécutif communal transforme les médias locaux en partenaires à part entière du développement de la cité. Dès lors, dans un contexte national où l’État central appelle les collectivités territoriales à jouer un rôle croissant, Abomey-Calavi mise sur la gouvernance de proximité ainsi que la mobilisation citoyenne pour réussir sa mue économique.
La neuvième législature imprime son rythme. Réunis en séance plénière ce mercredi 17 juin 2026 au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, les députés ont procédé à l’affectation de 25 dossiers aux commissions permanentes. Parmi eux figure le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, dont l’examen en procédure d’urgence a été approuvé et débutera dès ce vendredi 19 juin.
L’activité parlementaire s’intensifie au Bénin. Sous la présidence du Professeur Joseph Fifamin Djogbénou, l’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape dans l’examen de plusieurs textes majeurs destinés à orienter l’action publique et à adapter le cadre législatif aux défis actuels. La séance plénière, tenue en présence du Garde des sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Detchenou, a permis d’affecter vingt-cinq dossiers aux différentes commissions permanentes.
Relance législative : 21 textes de réformes de retour à l’Assemblée nationale
Sur les vingt-cinq dossiers inscrits à l’ordre du jour, vingt-et-un concernent des textes déjà en instance. Leur réaffectation intervient à la suite de la correspondance adressée le 29 mai dernier par le Président de la République , Romuald Wadagni, sollicitant la poursuite de la procédure législative.
Cette nouvelle impulsion remet au cœur des débats plusieurs réformes structurantes. Les députés examineront notamment le statut du barreau, les pensions des anciens présidents des institutions constitutionnelles, la maîtrise d’ouvrage publique, le Code de la route, le Code des forêts et de la faune, ainsi que la seconde délibération relative à l’exercice en clientèle privée des professions médicales.
La liste comprend également plusieurs accords internationaux et onze décrets portant ratification d’accords de prêt et de financement. Figurent aussi parmi les textes concernés l’accord-cadre conclu avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et l’adhésion du Bénin à l’Acte de 1991 relatif à la protection des obtentions végétales.
Collectif budgétaire 2026 : Quatre nouveaux dossiers majeurs au Parlemen
En parallèle, quatre nouveaux textes font leur entrée au Parlement. Il s’agit du projet de loi de finances rectificative pour la gestion 2026, transmis par le décret nᵒ 2026-349 du 3 juin, du document de programmation budgétaire et économique pluriannuel couvrant la période 2027-2029, ainsi que de deux propositions de loi visant à modifier respectivement les textes régissant le Médiateur de la République et le Conseil économique et social.
Ces dossiers traduisent la volonté des pouvoirs publics d’adapter les instruments institutionnels et budgétaires aux nouvelles priorités économiques et administratives du pays.
Procédure d’urgence : Le projet de loi de finances rectificative examiné dès ce vendredi
Moment fort de la séance : treize députés ont demandé l’application de la procédure d’urgence pour l’examen du projet de loi de finances rectificative 2026 ainsi que de la proposition de loi portant modification du statut du Médiateur de la République. Une demande approuvée par l’Assemblée.
Conséquence, les deux textes seront étudiés dès le vendredi 19 juin. Ce calendrier resserré témoigne de la volonté du Parlement d’accélérer le traitement des dossiers jugés prioritaires, notamment ceux ayant un impact direct sur les orientations économiques et institutionnelles du pays.
Cap sur 2027-2029 : Un séminaire parlementaire pour le débat d’orientation budgétaire
Les députés se préparent également au débat d’orientation budgétaire, étape essentielle dans la préparation des futures politiques publiques. À cet effet, l’Assemblée nationale prévoit un séminaire parlementaire le lundi 22 juin afin de permettre aux élus de s’approprier les principaux enjeux du document de programmation budgétaire et économique pluriannuel 2027-2029.
Avec cette série de textes et l’accélération du calendrier législatif, la neuvième législature affiche sa volonté de maintenir une cadence soutenue et de répondre aux attentes en matière de réformes économiques, institutionnelles et sociales. Les prochains jours s’annoncent donc particulièrement chargés au Palais des Gouverneurs, où plusieurs dossiers stratégiques pour l’avenir du Bénin entreront dans leur phase décisive.
Quelques semaines après son accession à la magistrature suprême, le président béninois Romuald Wadagni imprime déjà sa méthode. Réuni ce vendredi 12 juin 2026 avec les ministres conseillers rattachés à la Présidence de la République, le chef de l’État a délivré un message axé sur le sens du devoir, l’exemplarité et la proximité avec les populations.
Au cours de cette rencontre, le président a insisté sur ce qu’il considère comme le fondement même de l’action publique : servir exclusivement les intérêts du pays et de ses citoyens. « Nous ne sommes ici que pour servir le Bénin et les Béninois », a-t-il rappelé à ses collaborateurs.
Le temps de l’action après celui de la campagne
Face à ses conseillers, Romuald Wadagni a tenu à marquer une rupture entre les enjeux électoraux et les responsabilités du pouvoir. Selon lui, la période des campagnes appartient désormais au passé et l’heure est venue de se consacrer entièrement aux attentes des populations.
Le chef de l’État a notamment mis l’accent sur la nécessité d’assurer une cohérence constante entre les engagements pris et les actions menées. Il a également appelé ses collaborateurs à accorder une attention particulière aux couches les plus vulnérables et à mieux expliquer aux citoyens les politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement.
« Aujourd’hui, seul le Bénin compte. La confiance du peuple est une responsabilité. Le pouvoir que nous exerçons nous est délégué par la Nation et doit être mis à son service », a déclaré le président de la République.
Un appel à dépasser les considérations régionales
Au-delà des questions de gouvernance, Romuald Wadagni a exhorté les ministres conseillers à adopter une vision nationale dans l’exercice de leurs fonctions. Il leur a rappelé qu’ils n’avaient pas vocation à représenter des régions, des communautés ou des intérêts particuliers, mais qu’ils devaient œuvrer pour l’ensemble du peuple béninois.
Le président a également insisté sur l’exemplarité que requiert l’exercice des responsabilités publiques, estimant que les attentes placées dans les institutions exigent un engagement sans faille et une conduite irréprochable.
« Le Bénin d’abord. Toujours »
À travers cette première séance de travail avec ses ministres conseillers, Romuald Wadagni semble vouloir imprimer sa marque et instaurer une culture de résultats au sein de son entourage immédiat. L’accent mis sur le service public, la responsabilité et la proximité avec les citoyens traduit la volonté du nouveau chef de l’État de placer l’action gouvernementale sous le signe de l’efficacité et de la redevabilité.
Avant de clore la rencontre, le président a résumé sa vision en une formule devenue le fil conducteur de son intervention : « Le Bénin d’abord. Toujours. » Cette réunion intervient alors que le nouveau pouvoir s’emploie à mettre en place ses équipes et à décliner les priorités qui devront guider son action au cours des prochaines années.
Récemment naturalisé béninois, le producteur historique de RFI intègre le premier cercle du pouvoir à Cotonou. Une nomination hautement symbolique qui illustre la stratégie d’influence culturelle et de reconnexion mémorielle portée par la nouvelle présidence.
C’est un virage institutionnel majeur pour l’une des voix les plus célèbres et les plus influentes du paysage radiophonique francophone. Ce mercredi 3 juin 2026, lors du Conseil des ministres, Claudy Siar — désormais officiellement inscrit à l’état civil sous le nom de Claudy Siar Kodjovi Zossoungbo — a été nommé chargé de mission du président de la République, Romuald Wadagni. Ses attributions couvrent un périmètre stratégique : la culture, les médias et la visibilité internationale du Bénin.
Cette nomination au cœur de l’appareil d’État intervient quelques jours seulement après que l’ancien producteur de Radio France Internationale (RFI) a reçu son passeport et sa nouvelle identité béninoise. Elle marque l’aboutissement d’un parcours personnel et d’un rapprochement politique mûrement orchestré.
De la quête des origines aux responsabilités politiques
Pour l’ancien animateur vedette de l’émission phare Couleurs tropicales, qui a promu durant trois décennies les musiques et les cultures africaines à travers le monde, ce choix s’inscrit dans une démarche identitaire profonde. Afro-descendant, Claudy Siar avait ému l’opinion publique il y a quelques semaines en officialisant son retour sur la terre de ses ancêtres à Ouidah, ancienne cité négrière et point névralgique de la mémoire transatlantique.
Déjà présent à Cotonou en mai dernier lors de la cérémonie d’investiture du président Romuald Wadagni, l’homme de médias affichait une proximité évidente avec la nouvelle équipe dirigeante. En lui confiant ce poste officiel au Palais de la Marina, le chef de l’État béninois transforme un symbole mémoriel en un puissant outil de gouvernance.
Le « soft power » culturel comme axe de rayonnement
En confiant la visibilité du Bénin à une figure dotée d’un tel capital de sympathie et d’un réseau continental aussi dense, Romuald Wadagni pose un acte fort de diplomatie publique. Depuis plusieurs années, le Bénin s’est imposé comme un pionnier en Afrique de l’Ouest dans l’usage du soft power, notamment à travers sa politique offensive de restitution des biens culturels et le développement massif du tourisme patrimonial.
Désormais, les autorités béninoises entendent consolider cette attractivité. La feuille de route de Claudy Siar Kodjovi Zossoungbo consistera à positionner le Bénin comme un carrefour incontournable des industries culturelles et créatives africaines, tout en matérialisant la politique d’ouverture du pays envers les diasporas.
Pour le nouveau pouvoir béninois, cette nomination ouvre une séquence où la culture et les médias s’affirment comme des instruments d’influence et des leviers géopolitiques. Elle traduit aussi une stratégie qui dépasse l’animation culturelle pour inscrire le Bénin dans le concert international, avec l’ambition de transformer son rayonnement mémoriel et créatif en véritable force diplomatique.
Réunie ce mercredi 3 juin pour sa première session ordinaire, la nouvelle équipe gouvernementale étrenne un rythme mensuel inédit. Cette réforme structurelle est censée privilégier l’action sur le terrain au détriment du rituel hebdomadaire.
C’est un baptême du feu feutré qui se joue ce mercredi 3 juin 2026 au palais de la Marina, à Cotonou. Une semaine après la tenue d’une session inaugurale purement protocolaire, le 28 mai dernier, le président de la République, Romuald Wadagni, préside le premier Conseil des ministres ordinaire de son septennat (2026-2033). Au-delà de l’ordre du jour, ce conclave concrétise une réforme profonde de la grammaire politique béninoise : la fin du rendez-vous hebdomadaire des ministres, désormais remplacé par une session mensuelle unique, fixée chaque premier mercredi du mois.
Ainsi, cette rationalisation du calendrier exécutif marque une rupture délibérée avec les usages des mandats précédents. En espaçant les réunions de l’ensemble du cabinet, le chef de l’État entend imposer une nouvelle culture de la performance, privilégiant le suivi opérationnel et l’autonomie sectorielle.
Alléger le rituel pour accélérer l’action
Dans l’entourage de la présidence, ce changement de paradigme est justifié par un impératif d’efficacité. En effet, l’objectif affiché consiste à désengorger l’agenda des ministres afin de leur permettre de se consacrer pleinement au déploiement des politiques publiques et à la gestion de leurs administrations respectives.
« Le gouvernement doit passer moins de temps en conclave et plus de temps sur le terrain », résume un proche de l’exécutif, faisant ainsi écho aux orientations présidentielles qui somment l’équipe de traduire rapidement en actes les promesses de développement et d’amélioration des conditions de vie de la population.
Par ailleurs, pour parer à toute rigidité institutionnelle, le cadre réglementaire préserve la flexibilité de l’action publique. Le président de la République conserve ainsi la prérogative de convoquer des sessions extraordinaires à tout moment, au gré des urgences sécuritaires, économiques ou sanitaires du pays.
Le temps des arbitrages et des nominations
Dès lors, ce premier rendez-vous de juin fait figure de test grandeur nature pour le gouvernement Wadagni I. Les observateurs de la vie politique béninoise attendent de cette session les premiers arbitrages budgétaires et sectoriels du septennat, indispensables au lancement de la machine administrative.
À ce titre, ce conclave devrait notamment acter :
Les premières grandes orientations économiques et sociales du gouvernement ;
Une vague de nominations attendue au sein des ministères, des directions générales et des sociétés d’État, afin de stabiliser les nouvelles structures de commandement ;
L’adoption des premiers décrets d’application liés à la réorganisation des portefeuilles ministériels.
En définitive, en choisissant de bousculer le tempo de la gouvernance dès ses premiers jours, Romuald Wadagni cherche à imprimer son style : une gestion d’allure managériale, axée sur les résultats, où le Conseil des ministres n’est plus une chambre d’enregistrement hebdomadaire, mais le pivot mensuel des décisions stratégiques majeures du Bénin.
C’est une atmosphère de rentrée des classes, teintée de gravité et d’ambition. Ce jeudi 28 mai 2026, les 25 membres de la nouvelle équipe gouvernementale ont pris part à leur tout premier Conseil des ministres sous la houlette du Président Romuald Wadagni. À la sortie de ce conclave inaugural au Palais de la Marina, l’heure n’était pas aux discours triomphalistes, mais à la pleine mesure des défis à relever. Morceaux choisis d’un exécutif qui se veut déjà au travail.
Le cérémonial est passé, place à l’action. Au sortir de cette première prise de contact officielle au sommet de l’État, les visages des nouveaux ministres traduisaient une conscience aiguë des attentes populaires. Ainsi, entre maintien des acquis macroéconomiques et urgence sociale, la pression des résultats est déjà là.
L’équation financière : concilier rigueur et impact social
Le pôle économique du gouvernement sait qu’il sera particulièrement scruté et agit de concert. Pour Nicolas Yenoussi, le nouveau Ministre délégué en charge des Finances et de la Microfinance, l’heure est aux défis majeurs. Sa feuille de route exige un équilibre exigeant : intensifier la mobilisation des ressources internes tout en garantissant que les retombées économiques soient directement perceptibles par les citoyens, écho direct aux promesses de l’investiture présidentielle.
De son côté, la continuité dans l’excellence est le maître-mot pour Hugues-Oscar Lokossou. Le Ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette entend préserver jalousement la signature du Bénin à l’international. Son cap est clair : sanctuariser les acquis en appliquant la même rigueur dans la gestion de la dette publique et la captation de financements durables, socles de la crédibilité nationale.
L’agriculture : Le pari du pouvoir d’achat paysan
Autre pilier vital de l’économie, le secteur primaire amorce une dynamique centrée sur l’humain. Adin Yeton Bloukunon Goubalan, aux commandes du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a défini sa vision de la « révolution agricole ». L’enjeu dépasse la simple hausse des rendements : il s’agit désormais de sécuriser et de stabiliser le niveau de vie des exploitants agricoles pour leur garantir une véritable rentabilité.
La sacralité de la charge publique
Mais au-delà des objectifs chiffrés, c’est la dimension profondément solennelle de la charge gouvernementale qui a marqué les esprits lors de cette sortie de Conseil. Incarnant le volet académique, la Dr Sèdami Mèdégan Fagla, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation technique, a livré une réflexion témoignant du fardeau de l’État. En effet, face au poids vertigineux des responsabilités, elle a invoqué la guidance de la providence, la bienveillance des mânes des ancêtres et toutes les forces positives afin que l’exécutif puisse prendre les décisions les plus éclairées pour le destin de la Nation.
En somme, ce premier Conseil confirme l’état d’esprit de l’équipe Wadagni : point de période d’observation, les ministres sont au pied du mur, avec l’obligation de transformer la confiance placée en eux en actes concrets. Cette première réunion est aussi un signal fort de mobilisation. Elle trace les contours d’une gouvernance qui entend conjuguer rigueur économique, responsabilité sociale et sacralité institutionnelle.
Le Bénin entre de plain-pied dans une nouvelle ère politique. Ce jeudi 28 mai 2026 s’est tenu le tout premier Conseil des ministres du septennat 2026-2033, sous la présidence du Chef de l’État, M. Romuald Wadagni. Loin d’une simple prise de contact protocolaire, cette séance inaugurale a posé les bases d’une gouvernance de rupture, caractérisée par une réorganisation stricte du travail gouvernemental et un rappel à l’ordre immédiat des nouveaux ministres.
Dès l’ouverture des travaux, le Président Romuald Wadagni a tenu à féliciter les membres de l’équipe gouvernementale nommés pour l’accompagner. Cependant, le ton est rapidement devenu martial. Le Chef de l’État a fermement recadré ses ministres en leur signifiant que leur entrée au gouvernement ne constituait en aucun cas un privilège personnel, et encore moins la récompense d’un quelconque engagement politique passager.
« Le choix porté sur vous est l’expression d’une confiance de la Nation qui vous oblige à vous mettre résolument au service de tout le Bénin », a martelé le Président de la République.
Exposant les principes fondamentaux et les grandes orientations de son magistère, Romuald Wadagni a tracé une ligne rouge : l’intérêt général doit être la boussole unique de chaque décision, excluant de fait toute considération partisane, clientéliste ou personnelle. Les ministres sont désormais astreints à un triptyque comportemental non négociable : une obligation d’exemplarité, une sobriété absolue dans le train de vie de l’État, une intégrité totale et une solidarité gouvernementale à toute épreuve.
Le cap social : éradiquer la pauvreté par les territoires
Au cœur de la feuille de route de ce septennat, le Chef de l’État a fixé des objectifs sociaux particulièrement agressifs. La priorité absolue sera accordée à l’éradication de l’extrême pauvreté et à une réduction sensible de la pauvreté globale.
Pour y parvenir, le gouvernement n’appliquera pas de recettes centralisées. Le Président impose une stratégie de régionalisation significative du développement. L’objectif final est de redistribuer plus équitablement les investissements publics afin de réduire substantiellement et de manière mesurable les écarts de développement existants entre les différentes communes du pays.
Parallèlement à ce chantier socio-économique, la défense et la sécurité du territoire national se hissent au rang de priorité vitale. Le gouvernement a reçu l’instruction ferme de s’y employer sans relâche, dans un contexte régional où la sécurité reste le garant de toute prospérité.
Révolution de calendrier : un nouvel agenda pour l’exécutif
L’autre grande surprise de ce Conseil inaugural réside dans la refonte complète de la méthode et du rythme de travail de l’exécutif. Les ministres ont totalement réorganisé le calendrier institutionnel pour gagner en efficacité et consacrer davantage de temps au terrain ainsi qu’au suivi de leurs dossiers :
Le Conseil des ministres devient mensuel : les ministres se réunissent désormais en session ordinaire chaque premier mercredi du mois, avec la possibilité de convoquer des sessions extraordinaires si l’actualité ou l’urgence l’exigent.
Le Comité interministériel devient bimensuel : véritable cheville ouvrière de la préparation des textes, il se tient désormais les premier et troisième lundis de chaque mois.
Création des Conseils de cabinet thématiques : entre ces différentes sessions, les ministres sectoriels organisent des Conseils restreints pour trancher rapidement les problématiques spécifiques dès que nécessaire.
En somme, cette rationalisation du temps gouvernemental vise à substituer la culture du résultat à celle de la réunionite. En clôturant la séance, le Chef de l’État a exhorté l’ensemble du gouvernement à se mettre immédiatement au travail. Pour Romuald Wadagni, seule la recherche obsessionnelle d’un travail de qualité permettra de faire progresser le pays et d’apporter des améliorations concrètes et visibles aux conditions de vie des populations béninoises.
Quarante‑huit heures après l’investiture du président Romuald Wadagni et au lendemain de l’annonce d’une équipe resserrée de 24 membres, le Bénin a amorcé ce mardi 26 mai le grand frisson des transitions du pouvoir. Ainsi, des Affaires étrangères à la Défense, en passant par l’Intérieur et la Culture, les ministères de la capitale économique vibrent au rythme d’un chassé‑croisé ministériel intense. C’est une journée marathon de passations ministérielles que le peuple béninois a vécue aujourd’hui, au cours de laquelle l’appareil d’État a changé de mains.
D’abord, l’ambiance solennelle envahit les cours des ministères de Cotonou. Les fonctionnaires en tenue d’apparat s’alignent le long des couloirs, les tapis rouges s’étendent devant les bâtiments et les photographes ajustent leurs objectifs. Puis, à 11 heures précises, les autorités donnent le coup d’envoi du ballet des passations de charges.
Ensuite, la première grande séquence de la matinée se joue au ministère des Affaires étrangères. Dans une salle de conférence comble, Olushegun Adjadi Bakari affiche un sourire serein. Il transmet les clés de la diplomatie béninoise à Corinne Brunet. Pour le ministre sortant, ce départ n’est qu’un au revoir : en effet, quelques heures plus tard, les obligations de l’État le rappellent à la tête d’un super‑ministère hautement stratégique pour le programme du président Wadagni, à savoir le Tourisme, le Commerce extérieur, l’Industrie et l’Investissement.
Parallèlement, une dynamique identique s’empare de Véronique Tognifodé. Quittant le portefeuille des Enseignements secondaire et supérieur, elle transmet d’abord les rênes de l’Enseignement supérieur à Sédami Medegan Fagla, avant de se préparer pour sa propre seconde installation de l’après‑midi au ministère de la Famille et de l’Action sociale.
Ministères régaliens : Défense et Intérieur en transition
C’était un moment très attendu et il a constitué le véritable point d’orgue de la matinée, car il mettait en scène les ministères régaliens, des portefeuilles stratégiques qui garantissent la sécurité du territoire et la stabilité des institutions.
Ainsi, au ministère de la Défense nationale, l’émotion est palpable lors de la cérémonie officielle. Après des années de services marquées par la lutte contre la menace terroriste aux frontières nord, le ministre sortant, Fortunet Alain Nouatin, passe officiellement le témoin à son successeur, Gildas Agonkan. La poignée de main est ferme, symbolisant la continuité de l’État face aux défis sécuritaires.
De son côté, quelques rues plus loin, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique vit le même scénario. Alassane Seïdou, figure centrale du gouvernement Talon, cède officiellement son fauteuil au ministre entrant, Djibril Mama Cissé Moussa. Le nouveau patron de la sécurité publique prend les commandes avec la lourde mission de maintenir l’ordre et de consolider la confiance entre les forces de police et les populations.
Par conséquent, la transition administrative s’est articulée autour de pôles névralgiques, orchestrant un renouvellement stratégique au cœur de l’État. Ainsi, au ministère de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou prend la succession d’Abdoulaye Bio Tchané pour piloter la politique budgétaire du pays.
Puis, dès 14 heures, le ballet reprend de plus belle sous une chaleur de plomb. L’après‑midi est consacré aux portefeuilles sectoriels et économiques. Les passations s’enchaînent dans les secteurs de la Décentralisation, des PME ou encore du Cadre de vie. Le ministre José Tonato, figure incontournable de la gestion urbaine sous l’ère précédente, est sur tous les fronts, appelé à assurer plusieurs passations successives au cours de la journée pour libérer ses anciens portefeuilles désormais scindés ou réorganisés.
En outre, dans les couloirs du ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine (MCAP), une ambiance chaleureuse mais studieuse entoure le passage de témoin entre Shadiya Alimatou Assouma et Yassine Latoundji. La ministre sortante dresse un bilan de ses réformes avant de souhaiter plein succès à son successeur pour faire rayonner le soft power béninois.
Parallèlement, au ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui a transmis officiellement ses charges à Adin Yeton Bloukunon Goubalan. Cette passation illustre la continuité des politiques agricoles et la volonté de renforcer la souveraineté alimentaire, enjeu majeur du nouveau quinquennat.
Continuité gouvernementale et reconductions ministérielles
Enfin, pendant que la moitié du gouvernement vit au rythme des déménagements et des discours de passation, quatre ministères stratégiques affichent un calme plat. Pour eux, pas de protocole, pas de cartons à déménager : le président Wadagni a choisi la continuité absolue pour des secteurs clés en pleine réforme.
Ils restent en poste :
Yvon Detchénou à la Justice
Aurélie Adam Soulé Zoumarou à la Communication et au Numérique
Benjamin Hounkpatin à la Santé
Benoît Dato aux Sports
En conclusion, cette journée marathon a installé pleinement le gouvernement Wadagni. Les sourires des cérémonies cèdent rapidement la place aux réalités des dossiers. Dès demain, mercredi, les 24 ministres ouvriront leur tout premier Conseil des ministres de l’ère nouvelle. Le temps de la politique s’efface ; celui de l’action commence.
Le jeudi 21 mai, la salle 423 a vibré au rythme d’un adieu qui en dit bien plus qu’un simple départ administratif : il scellait dix ans d’une trajectoire politique et technique qui a profondément remodelé la planification du Bénin. Autour d’un CODIR extraordinaire, agents et cadres se sont rassemblés pour saluer Abdoulaye Bio Tchané, l’homme qui a tenu, d’une main ferme et réfléchie, la barre du ministère chargé du Développement et de la coordination de l’action gouvernementale.
Entre émotion collective et reconnaissance institutionnelle
Dès l’ouverture, l’atmosphère a alterné entre émotion contenue et fierté collective. Ainsi, les témoignages ont livré l’image d’un dirigeant exigeant mais respecté, d’un leader stratégique dont les décisions ont souvent débordé les murs du ministère pour influencer l’orientation nationale. Parmi les souvenirs évoqués figurent notamment la mise en chantier d’une vision à long terme, l’institutionnalisation d’outils de planification, ainsi que des réformes destinées à rendre l’action publique plus prévisible et plus inclusive.
Sur le plan concret, la décennie sous la houlette de Bio Tchané se mesure à travers des textes et des dispositifs visant à structurer l’État. Parmi les initiatives phares citées par les participants figurent une feuille de route ambitieuse projetant le pays à l’horizon 2060, l’adoption d’un cadre légal pour encadrer la planification et l’évaluation des politiques publiques, ainsi que la promotion de l’inclusion financière au rang de priorité nationale.
Ces réalisations, ont rappelé plusieurs intervenants, ne sont pas de simples lignes sur un rapport ; elles ont modifié la façon dont projets et budgets sont pensés et suivis.
Un management marqué par l’exigence et la transmission
Par ailleurs, la prise de parole de la Secrétaire générale a frappé par sa chaleur : loin des formules de circonstance, elle a décrit un responsable attentif aux équipes, un « promoteur d’excellence » qui n’hésitait pas à encourager les initiatives locales et à valoriser les compétences, en particulier féminines. Le Directeur de Cabinet a, pour sa part, souligné son rôle de mentor et de père de famille politique, appelant à préserver les liens tissés pendant ces années et à maintenir le dialogue instauré avec la haute direction.
Face à ces témoignages, l’intéressé n’a pas choisi la nostalgie stérile. Au contraire, Abdoulaye Bio Tchané a remercié les équipes, reconnu les efforts accomplis et encouragé la relève : message aux jeunes cadres, invitation à la rigueur, à la discipline professionnelle et à l’engagement au service du pays. Son discours, sobre et ferme, a rappelé que les acquis demeurent fragiles dès lors que l’on abandonne la méthode et l’exigence qui les ont portés.
Pour le public, l’enjeu dépasse désormais la simple passation : il s’agit de savoir si les instruments introduits pourront survivre au départ de leur principal artisan. En effet, les réformes institutionnelles — lois, stratégies et mécanismes d’évaluation — ont été conçues pour perdurer, mais leur succès dépendra désormais de la continuité politique et de la capacité des équipes à conserver la même discipline opérationnelle.
En quittant la direction du ministère, Bio Tchané laisse une empreinte visible dans les structures de l’État et dans la mémoire professionnelle de ceux qui ont travaillé à ses côtés. Si la page se tourne, le défi reste clair : transformer ces acquis en routine institutionnelle afin que la vision et les outils instaurés servent durablement la trajectoire du Bénin. Le jeudi, la salle 423 n’a pas seulement dit au revoir à un ministre ; elle a surtout mesuré l’écart entre une décennie de construction et l’avenir qui commence maintenant.
COTONOU, 25 mai 2026 – Au lendemain de l’investiture officielle de Romuald Wadagni à la présidence de la République du Bénin ce dimanche 24 mai 2026, les projecteurs se braquent sur la nouvelle Première dame, Nathalie Villette-Wadagni. Profil atypique dans les palais présidentiels ouest-africains, cette banquière internationale chevronnée incarne une figure de la haute finance, alliant une solide légitimité technique à un militantisme affirmé pour l’autonomisation économique des femmes.
Née en 1975 à Ouagadougou d’une mère burkinabè et d’un père français, Nathalie Villette-Wadagni a passé les dix-sept premières années de sa vie au Burkina Faso avant de s’envoler pour l’Europe. Son parcours académique d’élite témoigne d’une trajectoire d’exception : diplômée en économie et finance de Université Paris Dauphine, elle a, par la suite, complété sa formation au sein des prestigieux programmes exécutifs de Harvard Business School et de la Saïd Business School.
Une carrière bâtie dans la haute finance
C’est à Londres que sa carrière prend une envergure mondiale. En effet, durant douze années passées au sein de la prestigieuse banque d’investissement suisse UBS, elle se spécialise dans les financements structurés et la gestion des risques de crédit sur les marchés d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique.
En 2013, elle opère son grand retour sur le continent en intégrant le groupe panafricain Ecobank. Elle y gravira tous les échelons jusqu’à occuper le poste stratégique de directrice du pôle Global Corporates (grandes entreprises internationales) et à siéger comme administratrice non exécutive d’Ecobank Tanzanie. Toutefois, elle a choisi de démissionner de ses fonctions exécutives à la fin de l’été 2025 afin d’anticiper les exigences éthiques liées à la campagne présidentielle de son époux.
Un engagement affirmé pour le leadership féminin
Parallèlement à sa carrière financière, Nathalie Villette-Wadagni s’investit activement pour la cause des femmes. Elle a notamment siégé au comité d’investissement du fonds Women in Enterprise de l’Oxfam. Son combat se concentre aussi sur deux axes majeurs : la promotion du leadership féminin et, surtout, l’amélioration de l’accès des femmes africaines aux financements et aux crédits bancaires, un levier qu’elle juge indispensable au développement inclusif du continent.
D’ailleurs, à Cotonou, les observateurs s’accordent à dire que son arrivée au Palais de la Marina pourrait profondément redéfinir le rôle traditionnel de Première dame. Ses compétences macroéconomiques et son réseau international se profilent déjà comme des atouts politiques et stratégiques majeurs pour le mandat naissant de son époux.
Au croisement de la haute finance internationale et de l’engagement pour l’autonomisation des femmes, Nathalie Villette-Wadagni fait une entrée remarquée sur la scène politique béninoise. Avec l’investiture de Romuald Wadagni à la tête du Bénin, la nouvelle Première dame suscite déjà de nombreuses attentes, tant par son parcours d’exception que par l’influence stratégique qu’elle pourrait exercer au sommet de l’État.
Porto-Novo, ce dimanche 24 mai 2026 – Une nouvelle ère constitutionnelle et politique s’est ouverte ce matin au Bénin. Conformément aux dispositions de la Constitution révisée, Romuald Wadagni a prêté serment en tant que nouveau président de la République. Succédant à Patrice Talon après dix années passées à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, le nouveau chef de l’État prend officiellement les rênes du pays pour un mandat inédit de sept ans.
La cérémonie solennelle, empreinte de gravité et de ferveur républicaine, s’est déroulée devant les membres de la Cour constitutionnelle, l’Assemblée nationale, la Cour des comptes et un parterre d’invités de marque.
Il était précisément 10 h 00 lorsque Romuald Wadagni, la main droite levée, a prononcé la formule rituelle sacrée devant les forces vives de la Nation et les sages :
« Devant Dieu, les Ancêtres, la Nation et devant le Peuple béninois, seul détenteur de la souveraineté, Nous, Romuald Wadagni, Président de la République, jurons de respecter et de faire respecter la Constitution… »
Élu dès le premier tour lors du scrutin du 12 avril 2026 avec 94,07 % des suffrages (sous une participation solide de 58,75 %), le président Wadagni entame son mandat sous le signe de la continuité des réformes structurelles, tout en insufflant une doctrine résolument tournée vers le social et l’avenir de la jeunesse. Aux côtés de la vice-présidente Mariam Chabi Talata, le chef de l’État a reçu les attributs de Grand Maître des Ordres Nationaux.
Les invités : un parterre de chefs d’État et de grandes figures républicaines
Le protocole républicain a été rigoureusement honoré pour ce passage de témoin historique. Parmi les invités de premier plan installés dans la tribune officielle figuraient Patrice Talon, président sortant, salué pour ses dix années de réformes de modernisation économique, ainsi que Thomas Boni Yayi, ancien président de la République, dont la présence a symbolisé la concorde nationale et le respect des canons républicains. Plusieurs chefs d’État de la sous-région et des représentants de la CEDEAO étaient également présents pour réaffirmer leur soutien à la stabilité démocratique et à la résilience politique du Bénin.
À leurs côtés, les délégations de grands bailleurs et d’institutions internationales ont témoigné de la crédibilité financière internationale acquise par le nouveau président durant sa décennie aux Finances. Enfin, le Premier ministre du Niger, Ali Lamine Zeine, était présent parmi les figures marquantes de ce bloc sahélien, accompagné du ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, et de celui du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, qui ont pris part à ce grand rendez-vous régional.
Les grandes lignes du discours d’investiture : « Écrire ensemble une nouvelle page »
Dans son premier message à la Nation en tant que Président de la République, Romuald Wadagni a tracé les grandes priorités de son septennat, en insistant sur le bien-être au quotidien, la cohésion sociale et la transformation des énergies de la jeunesse en opportunités économiques. Il a rappelé que « la croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations », citant l’accès aux soins, aux infrastructures, à l’eau potable et à l’électricité comme des marqueurs concrets de dignité. Aux jeunes, il a affirmé que « le Bénin croit en vous, et il vous donnera les chances de réussir », tandis qu’aux femmes, aux agriculteurs et à la diaspora, il a promis un renforcement de leurs droits, de leurs moyens et de leur place dans la société.
Romuald Wadagni a également affirmé que la sécurité nationale se construit indissociablement du développement et de l’unité, en martelant que « notre sécurité, c’est notre unité ; notre unité, c’est notre force ». Il a déclaré que le Bénin doit travailler avec ses voisins pour faire face au terrorisme, rappelant que « nous sommes condamnés à travailler ensemble » et réitérant la disponibilité du pays à agir de concert avec l’Alliance des États du Sahel.
Il a ouvert les chantiers du nouveau gouvernement pour les sept prochaines années et a affiché une ambition claire : transformer les réussites économiques en dignité vécue au quotidien par chaque famille béninoise.
Finalement , avec cette investiture, le Bénin inaugure une nouvelle étape de son histoire politique. Romuald Wadagni s’engage à prolonger l’œuvre de modernisation entamée par son prédécesseur tout en plaçant la jeunesse, le social et la coopération régionale au cœur de son mandat. Les sept prochaines années s’annoncent décisives pour inscrire durablement le pays dans une dynamique de stabilité, de prospérité et de rayonnement régional.
Le Bénin s’apprête à tourner une page majeure de son histoire politique contemporaine. À quelques jours de la prestation de serment du président élu Romuald Wadagni, prévue ce dimanche 24 mai 2026, le chef de l’État sortant, Patrice Talon, a livré un message solennel à la Nation. Entre bilan, émotion et appel à l’unité, le président béninois a dressé le portrait d’un pays qu’il estime profondément transformé après dix années de gouvernance.
Dans cette adresse aux accents de testament politique, Patrice Talon a d’abord tenu à saluer l’arrivée de son successeur, Romuald Wadagni, appelé désormais à conduire la destinée du pays pour les sept prochaines années. Le président sortant lui a adressé ses « vœux de grande réussite », tout en soulignant l’ampleur de la mission qui l’attend dans un contexte régional marqué par des défis économiques, sécuritaires et sociaux croissants.
Mais au-delà du simple passage de relais institutionnel, ce discours marque surtout la fin d’une décennie politique durant laquelle Patrice Talon aura profondément remodelé l’appareil d’État béninois. Arrivé au pouvoir en 2016 avec la promesse de moderniser l’administration et de rationaliser l’action publique, l’ancien homme d’affaires revendique aujourd’hui un bilan fondé sur les réformes structurelles, les grands chantiers et la transformation économique.
« Nous avons osé parcourir un chemin exigeant »
Face à ses compatriotes, Patrice Talon a insisté sur la dimension collective des transformations engagées. « Je suis fier de vous », a-t-il déclaré, en rendant hommage aux Béninoises et aux Béninois des villes, des campagnes et de la diaspora.
Dans son intervention, le chef de l’État sortant reconnaît cependant que cette décennie n’a pas été un long fleuve tranquille. Il évoque un parcours « parsemé d’embûches », marqué par des sacrifices et des décisions parfois difficiles. Une référence implicite aux nombreuses réformes controversées qui ont rythmé ses deux mandats : réorganisation institutionnelle, réforme du système partisan, modernisation fiscale, grands travaux d’infrastructures et restructuration de plusieurs secteurs publics.
Malgré les critiques qui ont accompagné certaines de ces mesures, Patrice Talon estime que les résultats commencent à porter leurs fruits. Selon lui, le regard de la communauté internationale sur le Bénin a changé, le pays suscitant désormais « admiration » et reconnaissance.
Durant ses dix années au pouvoir, le Bénin a effectivement enregistré plusieurs mutations visibles : développement des infrastructures routières, rénovation urbaine de Cotonou, essor du tourisme culturel autour des mémoires du royaume du Dahomey, modernisation des services administratifs et mise en avant d’une gouvernance axée sur la performance économique.
Un hommage personnel à son épouse
Dans un passage particulièrement intime de son allocution, Patrice Talon a également rendu un hommage appuyé à son épouse, Claudine Talon. Le président béninois a salué « une grande dame » qui l’aurait accompagné « avec affection et patience » tout au long de son mandat.
Rarement expansif sur sa vie privée dans ses prises de parole officielles, le chef de l’État a cette fois-ci choisi d’exposer une facette plus personnelle de son parcours présidentiel. Il a notamment évoqué le « coaching » et le soutien constant de la Première dame, qu’il considère comme un apport essentiel dans l’exercice de ses responsabilités.
Cette séquence plus émotionnelle tranche avec l’image souvent technocratique et rigoureuse associée à Patrice Talon depuis son arrivée au pouvoir. Elle intervient également dans un contexte où la question de l’héritage politique et humain du président sortant occupe une place centrale dans les débats au Bénin.
Romuald Wadagni face au défi de la continuité
En passant officiellement le relais à Romuald Wadagni, Patrice Talon affiche clairement sa confiance dans la capacité de son successeur à poursuivre les transformations engagées. L’ancien ministre de l’Économie et des Finances hérite d’un appareil d’État profondément restructuré, mais aussi d’attentes sociales élevées.
Dans son message, le président sortant appelle les Béninois à se mobiliser « autour » du nouveau chef de l’État et « avec lui », afin de poursuivre la dynamique de progrès. Une manière d’insister sur la nécessité de préserver la stabilité politique et institutionnelle dans un environnement régional souvent marqué par les crises et les transitions brutales.
Pour de nombreux observateurs, l’arrivée de Romuald Wadagni ouvre une nouvelle phase pour le Bénin. À cette étape, le pays devra non seulement consolider les acquis économiques des dernières années, mais également répondre aux attentes sociales liées à l’emploi des jeunes, au pouvoir d’achat et à l’inclusion politique.
Le futur président devra aussi composer avec les enjeux sécuritaires croissants dans la sous-région ouest-africaine, alors que plusieurs pays voisins font face à des menaces terroristes persistantes et à des tensions politiques.
Une transition scrutée en Afrique de l’Ouest
La transmission du pouvoir entre Patrice Talon et Romuald Wadagni est suivie avec attention au-delà des frontières béninoises. Dans un contexte ouest-africain marqué par les coups d’État, les transitions militaires et les crises institutionnelles, le Bénin veut apparaître comme un modèle de stabilité démocratique et de continuité républicaine.
Le départ volontaire de Patrice Talon après deux mandats constitue ainsi un signal politique fort pour une région régulièrement confrontée aux débats sur la limitation des mandats présidentiels.
En conclusion de son message, le président sortant a lancé un appel à l’unité nationale et à la poursuite des efforts collectifs pour bâtir « une grande Nation ». Avant de quitter la scène politique, Patrice Talon a une dernière fois invoqué les symboles républicains : « Vive la République ! Vive le Bénin ! »
Ce dimanche 24 mai 2026, avec la prestation de serment de Romuald Wadagni, le Bénin entrera officiellement dans une nouvelle ère politique.
Le Bénin s’apprête à vivre un tournant démocratique majeur ce dimanche 24 mai 2026. L’investiture du nouveau président élu, Romuald Wadagni, se déroulera selon un protocole strict, sobre et minuté. Entre une passation de pouvoir feutrée au Palais de la Marina et une prestation de serment solennelle au Palais des Congrès, voici l’agenda complet d’une transition historique.
C’est un événement calibré avec une précision d’orfèvre. Pour succéder officiellement à Patrice Talon, la commission protocolaire a misé sur l’efficacité : une cérémonie centrale prévue pour durer au maximum une heure, devant un parterre impressionnant d’environ 6 000 invités de marque.
Fidèle à la doctrine diplomatique béninoise instaurée ces dernières années, aucun chef d’État étranger en exercice ne foulera le tarmac de Cotonou pour cet événement. Le Bénin privilégie une célébration souveraine, bien que de nombreuses délégations diplomatiques internationales soient attendues pour représenter leurs pays respectifs.
L’acte de passation se jouera sur deux théâtres géographiques bien distincts de la capitale économique.
Les adieux de Patrice Talon au Palais de la Marina
Le premier volet de cette matinée historique débutera au cœur du pouvoir exécutif béninois, le Palais de la Marina.
L’ouverture du protocole : le président sortant, Patrice Talon, sera le premier à faire son entrée dans le palais présidentiel.
10 h 15 : Le message d’adieu. Patrice Talon prononcera une brève allocution, ultime prise de parole officielle dédiée à la nation depuis son bureau présidentiel.
L’accueil du successeur : dans la foulée, le chef de l’État sortant recevra Romuald Wadagni. Les deux hommes s’isoleront pour un tête-à-tête confidentiel d’une quinzaine de minutes afin de sceller la transmission des dossiers de la République.
Le départ de l’ancien président : À l’issue de cet entretien, Patrice Talon quittera définitivement l’enceinte de la Marina, saluant une dernière fois ses collaborateurs directs et marquant la fin constitutionnelle de ses fonctions. Ensuite, le nouveau président élu prendra symboliquement possession de ses futurs bureaux.
La sacralisation constitutionnelle au Palais des Congrès
La seconde phase de la journée, purement républicaine et publique, se déroulera au Palais des Congrès, où le nouveau chef de l’État est attendu un peu avant 11 h 00. C’est ici que s’orchestreront les temps forts de l’investiture :
1. Le serment devant les Sages
Le moment le plus solennel de la matinée sera marqué par l’audience spéciale de la Cour constitutionnelle. Romuald Wadagni se tiendra debout face aux Sages pour prononcer la phrase sacramentelle. Ensuite, une fois les mots prononcés, le président de la Cour constitutionnelle recevra officiellement son serment. À cet instant précis, Romuald Wadagni deviendra légalement et pleinement le Président de la République du Bénin.
2. Les attributs du pouvoir et l’allégeance militaire
Devenu chef de l’État, il recevra immédiatement le Grand Collier de Grand Maître de l’Ordre National des mains de la vice-présidente de la République. Le pouvoir civil étant établi, le pouvoir militaire lui emboîtera le pas : le chef d’état-major général des Forces armées béninoises se présentera devant lui pour lui faire allégeance, marquant sa reconnaissance officielle en tant que nouveau chef suprême des armées du Bénin.
3. Le premier grand discours
Revêtu de ses attributs et conforté par l’armée, le président Romuald Wadagni prononcera son tout premier discours d’orientation politique, traçant les lignes directrices de son mandat de cinq ans.
Un banquet républicain
Finalement, le départ du président du Palais des Congrès clôturera cette heure protocolaire de haute intensité. Les festivités officielles se poursuivront à la mi-journée. À partir de 13 h 00, la présidence de la République offrira un grand banquet de célébration aux délégations et aux invités de marque, ouvrant officiellement l’ère Wadagni au Bénin.
À l’approche de l’investiture du nouveau chef de l’État, prévue le 24 mai à Porto-Novo, trois piliers historiques du pouvoir sortant annoncent leur retrait. Une manœuvre qui libère l’espace politique, mais accentue la pression sur la formation du prochain exécutif.
C’est Un séisme qui recompose l’architecture d’un régime sans en fissurer les fondations. À quelques semaines de la passation officielle de pouvoir au Bénin, l’appareil d’État s’apprête à acter une mutation d’envergure. Selon les révélations du média local Le Béninois Libéré, confirmées par plusieurs sources concordantes à Cotonou, trois figures tutélaires de la présidence de Patrice Talon s’apprêtent à quitter simultanément leurs fonctions : Abdoulaye Bio Tchané (Ministre d’État chargé du Plan), Pascal Irénée Koupaki (secrétaire général de la présidence) et José Tonato (Ministre du Cadre de vie).
Ce triple retrait volontaire, orchestré en parfaite symphonie avec le départ du président sortant, est d’abord décrypté comme l’ultime révérence de la « vieille garde ». En choisissant de lier leur destin politique à celui du chef de l’État, ces hommes clés, qui ont accompagné les réformes de l’exécutif depuis le premier gouvernement d’avril 2016, entendent donner corps au principe de l’alternance politique. Une posture de loyauté qui vise avant tout à fluidifier une transition inédite.
Un boulevard politique pour le dauphin
Pour le président élu Romuald Wadagni, largement vainqueur du scrutin du 12 avril dernier avec plus de 94 % des suffrages — dans un contexte marqué par l’absence des principaux partis d’opposition radicale —, ce démantèlement de l’appareil gouvernemental s’apparente à une aubaine. Jusqu’ici puissant ministre de l’Économie et des Finances, l’expert-comptable de 49 ans hérite d’une marge de manœuvre particulièrement rare sous les tropiques africains lors d’une succession au sein d’un même camp.
« En libérant ces ministères régaliens et stratégiques, les barons sortants évitent au nouveau président le piège de la cohabitation générationnelle ou de la dette politique trop lourde à porter », analyse un politologue basé à Cotonou.
Dès son investiture, le 24 mai prochain à Porto-Novo, Romuald Wadagni disposera ainsi des coudées franches pour imprimer sa propre marque, résolument tournée vers la jeunesse et la modernisation économique.
Entre rupture générationnelle et résistances internes
Toutefois, la composition du premier gouvernement de l’ère Wadagni s’annonce comme un exercice d’équilibriste de haute voltige. Si le départ du trio Bio Tchané-Koupaki-Tonato offre de l’oxygène au futur chef de l’État, le renouvellement de la classe dirigeante se heurte déjà à de sourdes résistances. En coulisses, plusieurs cadres et ministres de la gouvernance Talon ne cachent pas leur volonté de s’accrocher à leurs portefeuilles, arguant de la nécessité de maintenir une continuité technique et politique.
Le futur président devra donc trancher le premier grand nœud gordien de son mandat :
D’un côté, la tentation d’une rupture générationnelle nette, attendue par une jeunesse béninoise à laquelle il s’est largement adressé durant sa campagne.
De l’autre, l’impératif de préserver les grands équilibres géopolitiques régionaux (notamment entre le Nord et le Sud du pays) et de stabiliser les réformes économiques structurelles qui ont fait la réputation du Bénin ces dernières années.
À Cotonou, le compte à rebours est lancé. La fluidité apparente de cette passation de pouvoir masque à peine l’intense bataille d’influence qui se joue désormais pour l’attribution des portefeuilles ministériels de la future République.
Ce mercredi 22 avril à 10 h, au Palais des Gouverneurs à Porto‑Novo, Joseph Djogbénou présentera son premier rapport d’activités couvrant la période du 8 février au 31 mars 2026. Exigé par le règlement intérieur, cet exercice ouvre un débat attendu sur la gestion du perchoir, l’utilisation des fonds de l’institution et l’agenda législatif des prochaines semaines.
Joseph Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, rendra compte mercredi matin devant les députés de la 10ᵉ législature des actions menées depuis son installation. Le rapport, obligatoire selon l’article 21 du règlement intérieur, marque les premiers pas publics du perchoir et promet un échange serré entre majorité et opposition.
Contexte et contenu du rapport
Le document couvre la période du 8 février au 31 mars 2026 et dresse l’inventaire des activités administratives et parlementaires engagées depuis l’ouverture de la législature. Selon le communiqué du Secrétariat général administratif, il porte sur l’organisation interne de l’Assemblée, les priorités législatives et l’emploi des crédits alloués à l’institution. La brièveté de la période n’enlève rien à sa portée : il s’agit de fixer un premier cap et d’exposer des orientations pour les sessions à venir.
Cadre juridique et déroulé de l’exercice
L’article 21 du règlement intérieur impose au président de l’Assemblée de justifier sa gestion au début de chaque session ordinaire. Après la lecture du rapport, Joseph Djogbénou devra aussi répondre aux questions des députés. En plus, les parlementaires peuvent demander des précisions sur l’utilisation des fonds, les nominations internes ou l’agenda législatif. À l’issue du débat, l’Assemblée pourra prendre acte du rapport ou formuler des réserves susceptibles d’entraîner des suites (demandes de compléments, commissions d’enquête, motions).
Enjeux politiques et symboliques
Pour les observateurs, cette présentation constitue un test de fluidité institutionnelle et de relations entre le perchoir et l’hémicycle. Réputé pour sa connaissance des textes, Joseph Djogbénou sait que la clarté de son exposé influera aussi sur la confiance des députés et sur la capacité du Parlement à fonctionner efficacement. Dans un contexte où la société civile réclame davantage de transparence, la qualité de cette reddition de comptes revêt une valeur symbolique forte.
Réactions attendues et suites possibles
Les groupes parlementaires, la société civile et les médias suivront de près les réponses apportées aux questions sensibles. Les sujets susceptibles de provoquer des débats sont l’affectation des crédits, le calendrier législatif et la gouvernance interne de l’Assemblée. Selon l’issue du débat, l’Assemblée pourra clore la séance en prenant acte du rapport ou décider d’approfondir certains points par des commissions spécialisées.
C’est désormais officiel, le paysage parlementaire béninois connaît un réajustement important. Les ministres Abdoulaye Bio Tchané et Alimatou Shadiya Assouman, élus lors des dernières législatives dans la 13ᵉ circonscription électorale, ont déposé leur démission de l’Assemblée nationale. En effet, cette décision leur permet de se consacrer pleinement à leurs missions gouvernementales, dans un contexte de réformes économiques et institutionnelles en cours.
Cette vague de départs concerne également le haut encadrement administratif. Le Directeur de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances, Hermann Orou Takou, a lui aussi renoncé à son mandat parlementaire afin de maintenir ses fonctions stratégiques auprès du ministre d’État. Un choix révélateur de l’importance accordée à la continuité de l’action gouvernementale, notamment dans la gestion des finances publiques.
Conformément au Code électoral béninois, ces démissions n’entraînent pas de vacance de sièges, mais activent le mécanisme de suppléance. Ainsi, de nouveaux députés font leur entrée à l’Assemblée nationale, assurant la continuité du travail législatif sans interruption.
De ce fait, les sièges précédemment occupés par les membres de l’exécutif reviennent désormais à :
Idrissou Amadou ;
Mounifa Karim Tidjani ;
Issifou Boubacar.
À travers ce dispositif, le système institutionnel béninois démontre sa capacité à absorber les ajustements politiques tout en préservant la stabilité parlementaire.
Un contexte politique marqué par la domination de la majorité
Par ailleurs, ces mouvements s’inscrivent dans un contexte politique dominé par la majorité présidentielle, issue des législatives récentes. Le Parlement reste largement acquis au pouvoir en place, ce qui facilite ce type de réaménagement sans bouleversement de l’équilibre politique.
Dans ce cadre, ces démissions apparaissent moins comme une crise que comme un ajustement technique, destiné à optimiser la répartition des responsabilités entre exécutif et législatif.
En définitive, ces départs marquent la fin du cumul des fonctions pour ces responsables de premier plan. Ce réajustement institutionnel consolide la séparation des pouvoirs en permettant aux ministres de se concentrer sur la conduite des politiques publiques, tandis que leurs suppléants assurent la représentation nationale.
L’attention se tourne vers l’installation officielle des nouveaux députés, appelés à porter la voix des populations et à s’inscrire dans la dynamique législative en cours.
Au-delà d’un simple jeu de chaises musicales, cette recomposition illustre une tendance plus large dans plusieurs démocraties africaines :
professionnaliser l’action publique en évitant la dispersion des responsabilités.
Au Bénin, ce choix traduit une volonté de rationaliser le fonctionnement de l’État, dans un contexte où efficacité gouvernementale et stabilité institutionnelle demeurent des priorités.
Le costume sombre et le protocole rigide de la Marina semblent déjà appartenir au passé. Lundi 6 avril, c’est un Patrice Talon décontracté, presque balnéaire, qui a créé la surprise sur la plage de Djègbadji. En pleine effervescence du Ouidah Blue Festival, le chef de l’État a fait tomber le masque du bâtisseur pour celui du futur retraité, confirmant une nouvelle qui agite désormais tout le littoral : sa décision de s’installer définitivement à Ouidah au soir de son mandat.
La scène possède la force des symboles. Sans escorte envahissante, le Président s’est mêlé à la foule de festivaliers et de touristes, là où l’océan vient lécher les côtes de la cité historique. Dans ce cadre informel, il a partagé son désir de poser ses valises dans cette ville dont il est natif.
Ce choix n’est guère surprenant pour qui suit la métamorphose de la cité des Kpassè. Sous sa gouvernance, Ouidah, joyau classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a engagé des investissements massifs pour devenir le fer de lance du tourisme béninois. Ainsi, en décidant d’y résider, Patrice Talon ne fait pas qu’un retour aux sources ; il valide, par sa propre présence, le succès de sa stratégie de promotion culturelle.
Cette annonce intervient à un moment charnière. Dans moins d’une semaine, le 12 avril, les Béninois se rendront aux urnes pour élire son successeur. D’ailleurs, en réitérant son intention de quitter le pouvoir le 23 mai 2026, l’homme fort de Cotonou a coupé court aux dernières spéculations.
Cependant, il laisse derrière lui une Constitution verrouillée sur la question de la limitation des mandats, un héritage institutionnel qu’il entend respecter jusqu’au bout. Après une décennie de réformes à marche forcée, le Président semble aspirer à une « vie normale », loin des conseils des ministres et des crises régionales.
Le cadre de cette confidence, le Ouidah Blue Festival, souligne l’importance de l’économie orange pour l’avenir du pays. Alors que le Bénin s’apprête à entamer un nouveau cycle politique, cette sortie présidentielle humanise une fin de règne souvent perçue comme austère. Les applaudissements nourris des citoyens de Djègbadji ont aussi témoigné de la sympathie retrouvée pour celui qui, le temps d’une promenade, est redevenu le fils de la cité.
Un départ pour mieux rester ?
Si Patrice Talon a choisi Ouidah, ce n’est pas uniquement pour le calme de ses lagunes. En s’installant dans la capitale historique et culturelle, l’ancien homme d’affaires garde un œil sur son « bébé » : le pôle touristique majeur du Bénin.
L’orientation pour la suite est évidente : le prochain président héritera d’un prédécesseur qui ne s’exile pas, mais qui reste à portée de voix. Cette proximité géographique avec le pouvoir central de Cotonou interroge sur la place qu’occupera Patrice Talon dans l’après-mandat. Le Bénin s’apprête à tourner la page Talon, mais depuis Ouidah, son ombre pourrait continuer de flotter sur la Marina.
À Cotonou, la machine gouvernementale poursuit ses ajustements. Mercredi 4 mars 2026, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Babalola Jean-Michel Hervé Abimbola, a officiellement transmis les rênes de son département à la ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou Assouman, appelée à en assurer l’intérim.
La cérémonie de passation, organisée à la Cité ministérielle de Cotonou, s’inscrit dans la dynamique du réaménagement technique du gouvernement béninois. Sobre mais symbolique, elle s’est déroulée en présence des membres de cabinets, des secrétaires généraux et des directeurs centraux des deux ministères.
Ce moment marque surtout la fin d’un cycle de plus de six années de gestion pour Jean-Michel Abimbola, désormais élu député à l’Assemblée nationale dans le cadre de la 10ᵉ législature.
Un passage de témoin après plus de six ans de réformes
Après 77 mois à la tête du ministère, le ministre sortant laisse derrière lui un département profondément restructuré. Durant la cérémonie, le secrétaire général du ministère, Aristide Adébayo Adjibodou, a dressé un état des lieux détaillé des activités en cours.
Ce rapport a notamment porté sur :
l’avancement des programmes et projets stratégiques ;
la situation budgétaire du département ;
les dossiers prioritaires nécessitant un suivi immédiat.
Cet exercice de transparence vise à garantir une transition administrative fluide, alors que plusieurs initiatives structurantes dans les domaines du tourisme, de la culture et de la valorisation du patrimoine sont encore en phase de mise en œuvre.
Abimbola salue une transformation du secteur touristique et culturel.
Dans son allocution, Jean-Michel Abimbola est revenu, dans son allocution, sur les grandes orientations qui ont marqué son passage à la tête du ministère. Il a mis en avant les réformes engagées depuis la reconstitution du département, ainsi que les projets emblématiques déjà réalisés ou en cours de finalisation.
Le désormais député a tenu à remercier le chef de l’État pour sa confiance, les membres du gouvernement, les acteurs des secteurs touristique et culturel, ainsi que le personnel administratif du ministère. Dans un esprit de continuité, il a assuré rester disponible pour accompagner l’équipe en place si nécessaire, notamment dans le suivi des chantiers engagés.
Assouman promet la continuité de l’action publique.
Prenant officiellement ses fonctions par intérim, Shadiya Alimatou Assouman a exprimé sa reconnaissance envers le chef de l’État pour la confiance renouvelée. Déjà à la tête du ministère de l’Industrie et du Commerce, elle aura désormais la mission de piloter temporairement le département du Tourisme, de la Culture et des Arts.
Par ailleurs, la ministre a insisté sur trois priorités immédiates :
assurer la continuité du service public ;
poursuivre l’exécution des projets engagés ;
préserver la stabilité institutionnelle du ministère.
Cette gestion intérimaire devra se poursuivre jusqu’à la mise en place du prochain gouvernement, dans un contexte où les secteurs touristique et culturel sont devenus des piliers importants de la stratégie de diversification économique du Bénin.
Un ministère stratégique pour l’image et l’économie du Bénin
Ces dernières années, le gouvernement béninois a multiplié les investissements visant à faire du tourisme et de la culture des leviers de développement économique et de rayonnement international.
Entre valorisation du patrimoine historique, promotion des sites touristiques et soutien aux industries culturelles et créatives, le ministère joue un rôle central dans la diplomatie culturelle et l’attractivité du pays.
Dans cette perspective, la transition actuelle devra permettre de maintenir le cap des réformes et des projets structurants, tout en assurant une continuité administrative sans rupture.
Au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, siège de l’Assemblée nationale du Bénin, les institutions poursuivent leur dynamique de concertation. Dans la matinée de ce jeudi 5 mars 2026, le président du Parlement, Joseph Fifamin Djogbénou, a accordé une audience à la professeure Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de justice, venue accompagnée d’une délégation.
Cette rencontre s’inscrit dans une double démarche : adresser les félicitations protocolaires au nouveau président de l’Assemblée nationale, élu le 8 février dernier, mais aussi renforcer le dialogue entre deux institutions clés de l’architecture constitutionnelle béninoise.
Au-delà du caractère symbolique de cette visite, l’entretien a permis d’aborder plusieurs questions relatives au fonctionnement et à la coopération entre le pouvoir législatif et la juridiction chargée de juger les gouvernants.
Un dialogue autour des relations entre institutions
À l’issue de l’audience, la présidente de la Haute Cour de justice s’est exprimée devant la presse parlementaire. Elle a expliqué que sa démarche répondait avant tout à un devoir institutionnel.
Selon elle, il était naturel de présenter ses félicitations au nouveau président du Parlement, à la fois en tant qu’aîné, collègue universitaire et responsable d’institution.
Mais la rencontre a rapidement dépassé le simple cadre protocolaire. Les échanges ont porté sur les relations fonctionnelles qui unissent la Haute Cour de justice et l’Assemblée nationale.
Dans le dispositif constitutionnel béninois, cette juridiction occupe en effet une place particulière : elle est chargée de juger pénalement les membres du gouvernement et les plus hauts responsables de l’État. Sa composition inclut notamment six membres issus de l’Assemblée nationale, ce qui renforce l’interconnexion entre les deux institutions.
La question de la désignation des juges parlementaires
Parmi les sujets évoqués, la désignation des représentants de l’Assemblée nationale au sein de la Haute Cour de justice a retenu une attention particulière.
La professeure Dandi Gnamou a ainsi attiré l’attention du président du Parlement sur la nécessité de procéder à la nomination de ces membres juges, un processus essentiel pour assurer le fonctionnement complet de l’institution.
Cette étape apparaît d’autant plus importante que la Haute Cour de justice constitue un maillon central du dispositif de contrôle de la responsabilité des gouvernants, contribuant à l’équilibre des pouvoirs dans l’État.
Une innovation dans la gestion des plaintes citoyennes
L’entretien a également été l’occasion pour la présidente de la Haute Cour de justice de présenter une évolution notable dans le fonctionnement de l’institution.
Selon ses explications, la juridiction a récemment introduit une nouvelle approche dans le traitement des plaintes déposées par les citoyens, afin d’assurer une gestion plus rigoureuse et mieux motivée des dossiers.
Cette initiative revêt un caractère historique : il s’agit de la première décision structurante adoptée par la Haute Cour de justice depuis sa création il y a vingt-cinq ans.
Dans cette perspective, la présidente de l’institution a jugé important d’en informer le président de l’Assemblée nationale, rappelant que le Parlement demeure le lieu privilégié de l’élaboration et de l’évolution du cadre légal.
Un partenariat institutionnel renforcé
Au terme des échanges, la présidente de la Haute Cour de justice s’est dite satisfaite de l’audience. Selon elle, le président Joseph Djogbénou a exprimé sa volonté d’accompagner l’institution dans ses efforts d’innovation et d’amélioration des procédures.
Cette rencontre marque ainsi un premier signal de coopération entre les deux institutions sous la nouvelle législature, dans un contexte où la consolidation de l’État de droit demeure un enjeu majeur pour la gouvernance publique au Bénin.
Au-delà du protocole, l’entretien illustre également la volonté des institutions béninoises de renforcer leurs mécanismes de dialogue et de coordination, afin de garantir un fonctionnement harmonieux des pouvoirs publics.
COTONOU (Bénin), 24 février 2026 — Dans un contexte de renouveau politique, le Conseil Économique et Social (CES) a ouvert sa première session de l’année 2026 ce mardi. Entre l’installation d’un nouveau leader au Parlement et l’urgence sociale, l’institution joue désormais sa survie sur sa capacité à répondre aux besoins concrets des populations.
La salle de conférence du Novotel Orisha de Cotonou s’est transformée, ce 24 février 2026, en un épicentre de la stratégie nationale. Alors que le CES célèbre le premier anniversaire de sa septième mandature, son président, Conrad Gbaguidi, a clairement défini la nouvelle mission de l’institution : devenir le porte-voix des doléances populaires.
L’événement a pris une dimension politique majeure avec la présence du Professeur Joseph Fifamin Djogbénou. Fraîchement élu à la présidence de l’Assemblée nationale suite aux élections générales du 11 janvier, l’homme fort du Parlement a reçu les hommages publics de Conrad Gbaguidi.
« L’ensemble des députés de la Nation lui a accordé une confiance unanime », a souligné le patron du CES, liant ainsi le destin de la consultation économique à celui de la nouvelle représentation nationale. Par ailleurs, cette synergie entre les deux institutions apparaît comme une réponse directe aux exigences du Chef de l’État, Patrice Talon, qui avait rappelé l’an dernier que l’efficacité resterait le seul gage de pérennité pour une institution autrefois menacée de disparition.
Dès demain, le 25 février, le CES innove avec le lancement du Forum National du CES (FoNaCES). Sous le thème « Panier citoyen et bien-être », cette rencontre de deux jours vise aussi à transformer les préoccupations quotidiennes des Béninois en politiques publiques.
Conrad Gbaguidi a placé cette initiative sous le signe de la responsabilité morale :
« Alors que la nature pourvoit généreusement aux besoins vitaux, l’homme a l’obligation politique de structurer la solidarité, l’éducation et la justice sociale. »
Le CES passe à l’action.
À travers cette séance, les conseillers entendent rompre avec l’immobilisme. Ils analyseront les mécanismes de protection sociale et transmettront des propositions concrètes au gouvernement. Pour Conrad Gbaguidi, l’objectif est limpide : le Conseil Économique et Social doit prouver son utilité en agissant comme un levier de cohésion nationale et de développement équilibré du territoire.
En somme, l’enjeu est de taille. Dans un pays en pleine transformation, la capacité du CES à influencer le « panier de la ménagère » déterminera si l’institution reste un pilier de la République ou un simple vestige du passé.
Au Bénin, le Conseil des ministres réuni le 18 février 2026 sous la présidence de Patrice Talon a dessiné les contours d’une action publique articulée autour de trois priorités : mieux défendre les intérêts économiques de l’État, intensifier la lutte contre le paludisme et encadrer plusieurs projets structurants.
Derrière l’énumération des décisions adoptées se dessine une ligne politique claire : renforcer les outils de souveraineté juridique, améliorer la performance sanitaire et sécuriser les investissements publics.
Une arme juridique pour mieux défendre l’État
Parmi les mesures normatives, le gouvernement a décidé de transmettre à l’Assemblée nationale un accord en vue de la ratification de la Facilité africaine de soutien juridique.
Créée à la suite des crises de la dette des années 1980 et 1990, cette structure internationale accompagne les pays africains dans les négociations complexes avec des créanciers privés et dans la gestion de contentieux commerciaux souvent coûteux. À l’époque, plusieurs États s’étaient retrouvés fragilisés face à des partenaires mieux armés sur le plan technique et juridique.
En rejoignant cette institution, le Bénin ambitionne de bénéficier d’une expertise spécialisée pour défendre plus efficacement ses intérêts dans les transactions internationales. L’adhésion offrirait également un accès privilégié à des bases de données, à des conseils stratégiques et à des panels d’experts.
Les ministres en charge de l’Économie et de la Justice ont été instruits de veiller à la bonne conduite de la procédure parlementaire. L’enjeu est de taille : sécuriser les contrats, prévenir les litiges ruineux et garantir des accords équilibrés pour les finances publiques.
Une nouvelle agence pour intensifier la lutte contre le paludisme
Autre décision majeure : la création d’une Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques.
Malgré les campagnes de prévention et les distributions de moustiquaires, le paludisme demeure l’une des principales causes de consultation, d’hospitalisation et de décès, notamment chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.
L’exécutif entend doter le pays d’un instrument spécialisé, autonome et réactif pour coordonner les actions. La nouvelle agence aura pour missions :
concevoir et évaluer des programmes de démoustication ;
renforcer la prévention et la prise en charge de la malaria ;
réduire le taux de mortalité lié aux maladies transmises par les moustiques ;
encourager la recherche et l’innovation dans la lutte antivectorielle ;
sensibiliser les populations aux comportements de prévention ;
appuyer les communes dans la gestion des nuisances.
Les statuts ont été approuvés et les ministres concernés chargés d’assurer sa mise en œuvre rapide. Au-delà de la santé, l’impact est aussi économique : le paludisme freine la productivité et pèse sur les dépenses des ménages.
Projets structurants : tourisme, fiscalité et patrimoine routier
Le Conseil a également validé plusieurs décrets et communications touchant à l’aménagement du territoire et aux infrastructures.
Un resort balnéaire à AVLO, à Grand-Popo
À Grand-Popo, le projet de resort urbain et balnéaire d’AVLO entre dans une phase technique décisive. Positionné sur le segment du tourisme haut de gamme et orienté vers l’écotourisme, il devra faire l’objet d’une étude d’impact environnemental et social approfondie.
L’objectif affiché est double : garantir la qualité des infrastructures et préserver l’écosystème côtier. Dans une zone sensible aux effets de l’érosion et aux pressions environnementales, la prudence est de mise.
Des bureaux pour la Direction générale des impôts
Le gouvernement a par ailleurs autorisé la formalisation d’un marché pour le contrôle technique de futurs bâtiments destinés aux services fiscaux. L’audit portera notamment sur la solidité des structures, la sécurité des usagers, la conformité des installations électriques et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.
L’enjeu est d’assurer des infrastructures publiques conformes aux normes, dans un contexte où la modernisation de l’administration fiscale est présentée comme un levier essentiel de mobilisation des ressources internes.
Patrimoine maritime et circulation routière
Au titre des textes adoptés figurent également :
la modification d’un article des statuts du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins ;
le déclassement d’une portion du domaine public maritime dans le cadre de l’aménagement de la Route des pêches ;
un décret fixant les conditions de circulation des véhicules de transport afin de mieux protéger le patrimoine routier national.
À la suite de leur élection comme députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont exprimé leur souhait de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux exigences légales.
Le chef de l’État en a pris acte et a désigné des ministres intérimaires pour assurer la continuité de l’action gouvernementale.
Enfin, au titre des mesures individuelles, Aimée Justine Azon Aboudou a été nommée cheffe de cabinet de la vice-présidente de la République.
Une gouvernance axée sur la consolidation
À travers ces décisions, l’exécutif béninois affiche une volonté de consolidation : consolidation juridique pour mieux négocier à l’international, consolidation sanitaire pour réduire l’impact d’une maladie endémique, et enfin consolidation institutionnelle pour sécuriser les projets publics.
Reste désormais l’étape de la mise en œuvre. Car au-delà des annonces, c’est sur le terrain — dans les hôpitaux, les tribunaux, les chantiers et les communes — que se mesurera l’efficacité réelle de ces orientations.
Au Bénin, la recomposition institutionnelle suit le rythme des urnes. À la suite de l’élection des députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont choisi de quitter l’Exécutif pour rejoindre l’Assemblée nationale. Une transition encadrée par les textes, mais qui impose des ajustements rapides pour préserver la continuité de l’action publique.
Le chef de l’État a entériné ces départs et mis en place des mesures provisoires afin d’éviter toute rupture dans la gestion des dossiers en cours.
Du gouvernement à l’hémicycle
Élus députés lors des dernières législatives, Jean-Michel Abimbola et Yayi Éléonore ont exprimé leur volonté de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux règles qui encadrent la séparation des fonctions exécutives et législatives.
Jusqu’ici respectivement en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts, puis de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ils ouvrent une nouvelle étape de leur parcours politique en rejoignant l’hémicycle.
Ce passage du gouvernement au Parlement n’est pas inédit dans la vie politique béninoise, mais il rappelle la dynamique propre aux systèmes démocratiques : les responsables publics peuvent être appelés à exercer des fonctions différentes selon le mandat confié par les électeurs.
Des intérims pour maintenir le cap
Pour combler ces départs, le gouvernement a opté pour des solutions internes. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, assurera à titre intérimaire le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
De son côté, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Assouma Alimatou Shadiya, prend également en charge le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts.
Ce choix de cumul temporaire vise à garantir la stabilité administrative et la poursuite des projets engagés. Les secteurs concernés — universités, recherche scientifique, promotion touristique et valorisation culturelle — sont stratégiques pour le développement du pays.
Une nouvelle phase parlementaire
Avec leur installation à l’Assemblée nationale du Bénin, les deux anciens ministres changent de rôle. Ils participeront désormais à l’élaboration des lois et au contrôle de l’action gouvernementale.
Ce basculement illustre l’équilibre institutionnel : ceux qui étaient hier aux commandes de politiques publiques deviennent aujourd’hui acteurs du débat législatif. Ils apportent à l’hémicycle leur expérience de terrain et leur connaissance des dossiers gouvernementaux.
Continuité et responsabilité
Dans un contexte régional marqué par des transitions parfois heurtées, le processus béninois se distingue par son cadre formel et son respect des règles constitutionnelles. Les départs ont été annoncés, validés et immédiatement compensés par des mesures transitoires.
Pour l’opinion publique, l’enjeu est clair : assurer que les réformes en cours, notamment dans l’enseignement supérieur et la promotion culturelle, ne connaissent aucun ralentissement.
Cette séquence politique rappelle aussi une réalité essentielle : au-delà des personnes, ce sont les institutions qui garantissent la stabilité. Et c’est dans cette continuité que se joue la crédibilité de l’action publique.
À l’Assemblée nationale comme au gouvernement, le temps presse pour plusieurs figures de l’exécutif béninois, désormais confrontées à une équation institutionnelle sans échappatoire.
À peine installée, la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale place déjà certains membres du gouvernement face à un dilemme stratégique majeur. En vertu de l’article 166 du Code électoral, les fonctions de ministre et de député sont strictement incompatibles. Les responsables concernés disposent de trente jours pour trancher. Un délai court, mais politiquement lourd de conséquences.
Parmi eux figurent Éléonore Yayi, Shadiya Assouma, Jean-Michel Abimbola et Abdoulaye Bio Tchané. Quatre personnalités aguerries de l’appareil d’État, aujourd’hui sommées de choisir entre la stabilité parlementaire et l’incertitude de l’exécutif.
Le Parlement, refuge institutionnel
Opter pour l’Assemblée nationale, c’est faire le choix de la durée. Un mandat de député garantit sept années pleines au Palais des gouverneurs, à l’abri des remaniements et des aléas politiques. Dans un système marqué par une forte centralité de l’exécutif, le Parlement offre une forme de sécurité institutionnelle rare, surtout à l’approche d’une échéance présidentielle.
Pour certains ministres élus, ce choix peut aussi être perçu comme une manière de consolider une carrière politique sur le temps long, de peser sur la production législative et de demeurer au cœur du jeu, quelle que soit l’issue des recompositions à venir.
Le gouvernement, prestige et incertitude
À l’inverse, rester au gouvernement, c’est accepter une fonction aussi exposée que fragile. À moins de deux mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, aucune garantie ne protège les ministres en poste. Le changement de chef de l’État s’accompagne traditionnellement d’une recomposition de l’équipe gouvernementale, parfois profonde.
Même dans l’hypothèse d’une continuité politique, rien n’assure la reconduction durable des ministres actuels. Le maintien éventuel de certains profils dépendra autant des équilibres politiques que des arbitrages personnels du futur président.
Trente jours pour décider
Ces trente jours ne relèvent donc pas d’une simple exigence juridique. Ils constituent un moment de vérité politique. Choisir le Parlement, c’est privilégier la prévisibilité et la sécurité. Rester au gouvernement, c’est parier sur l’inconnu, dans un contexte de transition où les certitudes sont rares et les calculs multiples.
Au-delà des trajectoires individuelles, ces décisions en diront long sur les rapports de force à venir et sur la lecture que ces ministres font de l’avenir politique du pays. Le choix qu’ils opéreront, discret en apparence, pourrait bien peser durablement sur le paysage institutionnel béninois.
À quelques jours de la rentrée parlementaire, l’effervescence gagne Porto-Novo. Ce lundi 2 février 2025, Claudine Prudencio, figure bien connue de la scène politique béninoise, a accompli les formalités d’usage pour son siège au sein de la 10ᵉ législature. Un retour remarqué pour celle qui entend placer ce nouveau mandat sous le signe de l’expérience et du devoir.
C’est une étape administrative incontournable, mais hautement symbolique. Ainsi, dans l’après-midi de ce lundi, l’élue de la 6ᵉ circonscription électorale s’est présentée au Palais des Gouverneurs pour remplir son enrôlement. Entre documents officiels et réception de son « kit de député », la ministre conseillère à la Santé a officiellement pris ses marques avant l’installation solennelle prévue pour le dimanche 8 février prochain.
L’expérience au service de la 10ᵉ législature
Sous la bannière de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Claudine Prudencio n’est pas une novice dans l’hémicycle. Ayant déjà siégé lors des 6ᵉ et 7ᵉ mandatures, elle signe ici un retour stratégique. Pour cette femme d’État, ce mandat n’est pas une simple formalité, mais la suite logique d’un engagement constant pour la Nation.
Munie du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de ses attributs officiels, elle a affiché une assurance propre aux parlementaires chevronnés. Ce bagage législatif sera un atout précieux au sein d’une législature où les enjeux de développement et de santé publique s’annoncent cruciaux.
« Le peuple nous a envoyés »
À l’issue de son enregistrement, l’élue a aussi tenu à rappeler la source de sa légitimité. Dans une déclaration empreinte de gravité et de sérénité, elle a souligné sa volonté de répondre aux attentes des électeurs :
« J’aborde ce mandat avec sérénité et un profond esprit de travail. C’est le peuple qui nous a envoyés et nous devons accomplir cette mission comme il se doit ».
Cette détermination affichée laisse présager une participation active aux débats parlementaires à venir. Pour Claudine Prudencio, la ligne directrice est claire : la défense de l’intérêt général et le service de la République.
Un calendrier parlementaire millimétré
Par ailleurs, cette formalité s’inscrit dans un calendrier rigoureux établi par les services de l’institution parlementaire. Après les députés de la 6ᵉ circonscription, d’autres élus se succéderont dans les couloirs du palais pour finaliser leur dossier.
Désormais, le rendez-vous est pris pour le dimanche 8 février. Ce jour-là, les nouveaux députés de la 10ᵉ législature prêteront serment, ouvrant ainsi une nouvelle page de l’histoire démocratique du Bénin sous le regard attentif des citoyens.
Cotonou, 15 décembre 2025 – Qui osera encore défendre la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, cette œuvre magistrale du professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè, jadis avantageuse comme un modèle africain de transition démocratique ? Aujourd’hui, elle est foulée aux pieds sans que les « dignes fils du Dahomey » ne bougent le petit doigt. En conséquence, le Bénin, ce pays autrefois fier de son pluralisme et de sa vitalité institutionnelle, glisse inexorablement vers une autocratie décomplexée, sous le regard indifférent d’une société qui acclame son propre bourreau.
L’omerta complice des « éminents juristes »
Où sont passés nos éminents juristes, ces gardiens autoproclamés de l’État de droit ? Robert Dossou, Théodore Holo, Adrien Houngbédji, Ousmane Batoko, Joseph Djogbénou, Dorothée Sossa : leur silence est assourdissant face à l’arbitraire qui gangrène le pays. Eux qui juraient autrefois de défendre la patrie et ses lois fondamentales, préfèrent aujourd’hui l’omerta complice. Dès lors, dans un pays réputé pour ses cadres compétents et son intelligence collective, comment accepter que la solidarité, valeur ancestrale, cède la place à une indifférence criminelle ?
La dérive autoritaire et ses méthodes totalitaires
Le régime de Patrice Talon n’épargne plus personne. Même les fidèles d’hier finissent en cellule, preuve que la paranoïa du pouvoir ne connaît plus de limites. De plus, que dire des enlèvements extraterritoriaux ? Steve Amoussou kidnappé au Togo en 2024, Comlan Hugues Sossoukpè arraché en Côte d’Ivoire en 2025 : des opérations dignes de régimes totalitaires, risquant des crises diplomatiques graves, mais passées sous silence par une société tétanisée. Nos juristes tolèrent les lois sur mesure, les affrontements violents dans le nord du pays qui coûtent des vies civiles, les violations flagrantes de la Constitution – en somme, tout cela, parce que ce n’est pas encore leur maison qui brûle.
Le péril du silence : une solidarité sacrifiée
Comme le dit le proverbe : si la maison de ton voisin brûle et que tu restes indifférent, quand la tienne prendra feu, personne ne viendra t’aider. Ce silence collectif n’est pas de la sagesse, c’est de la complicité par ignorance ou peur. Un peuple solidaire en privé, mais muet en public, alimente le rouleau compresseur qu’il subira demain. Même les rites culturels Vodoun, sous le couvert de la mondialisation, semblent avoir perdu leur rôle de vérité : les chefs traditionnels ne parlent plus franc.
Le réveil est urgent
La Constitution de 1990, socle de notre volonté populaire, est violée impunément par un seul homme, fut-il président. Pourquoi cette colère légitime ne s’exprime-t-elle pas ? Les Béninois, intelligents et solidaires, méritent mieux que cette résignation. Il est également impératif d’agir : briser le silence, exiger le respect des droits, ou accepter que la vulnérabilité devienne le lot de tous. Une pensée solidaire pour les familles brisées par cet arbitraire – leur souffrance est aussi la nôtre, par notre mutisme complice.
Cotonou, 15 décembre 2025 – À peine remis d’une tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre, le régime de Patrice Talon accélère ce qui ressemble de plus en plus à une chasse aux sorcières systématique contre toute voix critique. L’arrestation de Candide Azannaï, ancien allié devenu opposant virulent, le 12 décembre, suivie de celle de Chabi Yayi, fils de l’ex-président Thomas Boni Yayi, dans la nuit du 13 au 14 décembre, illustre une dérive autoritaire inquiétante. Dans un pays jadis cité en exemple pour sa vitalité démocratique, la règle semble dorénavant claire : qui n’est pas avec le pouvoir est contre lui – et finit derrière les barreaux.
Coup d’État : le scénario bien rodé de la répression politique
Les forces de l’ordre ont interpellé Candide Azannaï, ex-ministre délégué à la Défense sous Talon lui-même, au siège de son parti Restaurer l’Espoir. Placé en garde à vue pour « complot contre l’autorité de l’État » et « incitation à la rébellion », il paie sans doute le prix de ses déclarations fracassantes : il avait qualifié les élections de 2026 de « fausses » et fustigé la révision constitutionnelle adoptée en novembre, perçue comme un moyen de consolider le contrôle du pouvoir. Malgré son défi public lancé à Talon de l’arrêter, le régime n’a pas hésité.
Moins de 48 heures plus tard, les forces de sécurité ont cueilli Chabi Yayi, cadre du parti Les Démocrates et fils de l’ancien président Boni Yayi, à son domicile en pleine nuit. Perquisition, saisie de matériels, garde à vue : le scénario est rodé. Officiellement lié à l’enquête sur le putsch avorté, ce timing précis soulève des soupçons légitimes d’instrumentalisation d’une crise sécuritaire pour museler l’opposition. En d’autres termes, le putsch manqué du 7 décembre – avec ses mutins annonçant à la télévision la destitution de Talon avant que l’appui nigérian, ivoirien et Français ne les neutralise – a offert au régime un prétexte en or.
La CRIET, instrument d’une justice expéditive
Cette vague répressive n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue liste d’emprisonnements d’opposants ou d’anciens alliés : Reckya Madougou croupit en prison depuis 2021 pour des accusations de « terrorisme » jugées politiquement motivées ; Olivier Boko et Oswald Homeky, anciens proches de Talon, ont écopé de 20 ans ferme en janvier 2025 pour tentative de coup d’État. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), souvent évoquée pour son manque d’indépendance, semble devenue l’instrument privilégié d’une justice expéditive réservée aux dissidents.
Les signes d’un verrouillage durable
Parallèlement à cette répression, le pouvoir investit dans de nouvelles infrastructures carcérales : un centre pénitentiaire moderne est en construction à Ouèdo, sur 4,3 hectares, avec livraison prévue en 2026. Officiellement pour désengorger les prisons existantes, mais dans le contexte actuel, beaucoup y voient un sinistre présage : le régime se prépare-t-il à accueillir davantage d’« ennemis de l’État » ? De plus, la révision constitutionnelle tout juste validée par la Cour, instaurant un Sénat et un septennat présidentiel, passe pour une manœuvre supplémentaire de verrouillage institutionnel.
Coup d’État : le prix du réveil citoyen
Que reste-t-il de la démocratie béninoise, autrefois modèle en Afrique de l’Ouest ? Un système où critiquer le pouvoir équivaut à un crime contre l’État, où les prisons se remplissent d’opposants et où les élections à venir s’annoncent comme une formalité. Patrice Talon et sa « clique » – comme le disent de plus en plus ouvertement les citoyens – transforment le Bénin en une république bananière déguisée en succès économique. Les Béninois, épuisés par le silence complice d’une partie de la société, commencent à dire : assez. Les preuves sont là, les vidéos tournent, et la peur n’étouffe plus les voix. Le réveil est en marche, mais à quel prix ?
Cotonou, 10 décembre 2025 –Deux jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, le parti Restaurer l’Espoir (RE) et la Coordination Nationale de la Résistance Nationale (CNRN), réunis en session extraordinaire conjointe mardi 9 décembre sous la présidence de Candide A. M. Azannaï, ancien ministre et coordonnateur national de la Résistance, ont publié une déclaration d’une rare fermeté.
Qualifiant les faits de « tentative de coup d’État militaire » et de « profanation inacceptable de la mémoire du colonel Vincent Guezodjè – dont le serment de 1990 avait scellé le retour des militaires dans les casernes – », les deux mouvements rendent un hommage ému aux victimes innocentes et présentent leurs condoléances à la Nation.
Hommage aux victimes et condoléances nationales
La déclaration commence par un hommage solennel aux « victimes innocentes de cette crapuleuse barbarie ». Les deux structures présentent leurs « vives et profondes condoléances » aux familles endeuillées et à l’ensemble de la Nation béninoise. De plus, elles saluent la « sérénité, la maturité et la lucidité » du peuple face à l’épreuve. En suite, elles ont apporté leur solidarité et leurs compassions aux Forces armées nationales régulières, prenant soin de distinguer les militaires béninois des putschistes présumés.
Une « transgression » de l’engagement historique des forces armées
Pour le RE et la CNRN, les événements du 7 décembre 2025 constituent une « transgression » flagrante de l’engagement solennel pris en 1990 par les Forces armées, sous le commandement du colonel Vincent Guezodjè, de ne plus jamais intervenir dans la vie politique et de regagner irrévocablement les casernes.
« Le 7 décembre 2025 est une profanation inacceptable et intolérable de la mémoire du colonel Guezodjè », affirment-t-ils, rappelant ainsi que ce serment historique avait permis la réconciliation nationale et l’avènement pacifique du Renouveau démocratique.
Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale exigent le retrait immédiat des troupes étrangères
L’un des points les plus saillants de la déclaration concerne la présence de forces armées étrangères sur le sol béninois. En conséquence, les parties exigent le retrait immédiat et sans condition de toutes les forces armées étrangères présentes sur le sol béninois (Nigeria, Côte d’Ivoire, France et autres), estimant que leur présence est une atteinte à la dignité nationale.
« Cette exigence n’est pas négociable : elle découle de la dignité, de la fierté nationale et de l’honneur de nos braves Forces armées nationales », soulignent les signataires.
Condamnation de la CEDEAO et appel au Dialogue National Inclusif
Les deux mouvements fustigent également la CEDEAO, accusée de « s’immiscer dans les affaires intérieures des États par la force armée » sous prétexte de défense de la démocratie, tout en fermant les yeux sur les « tripatouillages » constitutionnels et les « coups de force institutionnels ».
C’est pourquoi ils exigent la tenue « sans délai » d’un Dialogue National Inclusif (DNI), présenté comme la « seule issue » pour une réconciliation nationale.
Parmi les résolutions adoptées figurent aussi :
la condamnation de la « courtisanerie politique » et des « pirouettes hypocrites » observées depuis le 7 décembre ;
un appel solennel à la résistance pacifique et non violente, avec mandat donné à tous les points focaux de l’intensifier dans les villes et campagnes.
Le parti Restaurer l’Espoir (RE) et la Coordination Nationale de la Résistance Nationale mettent en garde avec la même fermeté les dictatures et ceux qui, dans l’opposition, seraient tentés de répondre par la violence.
Critique virulente du « pouvoir déviant dit de la rupture »
Sans jamais nommer directement le président Patrice Talon, la déclaration dénonce « le pouvoir déviant dit de la rupture », accusé de « courtisanerie politique », de « confiscation du pouvoir » par la manipulation et l’intimidation des voix dissidentes.
D’ailleurs, elle cite une phrase attribuée à l’homme politique britannique George Galloway qui a « profondément inspiré » la session : « Si tu es réduit à faire appel à une force étrangère pour bombarder ton propre pays dans le but de garder le pouvoir, c’est que ce pouvoir tu l’as déjà perdu. »
Elle dénonce également avec dégoût l’« aisance hypocrite » avec laquelle, depuis le 7 décembre, « politiques et apolitiques de tout bord » ont « pirouetté » selon l’évolution de la situation, révélant le « dégoût psychopolitique » que suscite ce pouvoir auprès de la majorité des Béninois.
Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale prônent une résistance pacifique et non violente.
En conclusion, la Résistance Nationale et Restaurer l’Espoir appellent à « resserrer les rangs » face à un pouvoir qu’ils jugent « aux abois », tout en réaffirmant leur attachement à une lutte strictement pacifique et non violente. Ils mettent en garde ceux qui, au sein même de l’opposition, seraient tentés par la violence : ils représentent, selon eux, « un danger aussi grand que les dictatures qu’ils prétendent combattre ». Le bloc mandate enfin l’ensemble des points focaux de la Résistance Nationale d’intensifier, dans toutes les villes, agglomérations et campagnes, la sensibilisation aux « vertus de la résistance nationale pacifique et non violente ».
La déclaration se termine par une série de slogans :
« Non à la violence, non à toute dérive dictatoriale, honte à l’arrogance, succès aux armes nationales régulières de la République, triomphe à la Résistance Nationale, victoire au peuple résistant debout. Vive la République. »
Signée par Candide A. M. Azannaï, cette prise de position marque une nouvelle escalade dans la crise politique béninoise, deux jours seulement après des événements dont les contours précis restent encore opaques pour une large partie de l’opinion.
Cotonou, 9 décembre 2025 –« Monsieur le Président, vous avez semé l’orage » : et vous récolterez la tempête. Deux jours après l’opération militaire avortée du 7 décembre contre le palais de la Marina, une voix citoyenne franco-béninoise, Aurore Chahounka-Barrigah, publie une longue lettre ouverte au président Patrice Talon.
L’accusation : coups d’État institutionnels
Sans détour ni langue de bois, l’auteure accuse directement le chef de l’État d’avoir, par ses choix politiques depuis 2019, « détruit méthodiquement l’unité nationale » et créé les conditions mêmes de la révolte armée de dimanche.
« Vous avez poussé le bouchon trop loin », écrit-elle, rappelant notamment les réformes électorales exclusives, l’emprisonnement d’opposants, l’exil forcé de figures politiques, la tentative perçue d’imposer un dauphin et successeur, ou encore les projets de Sénat et de révision constitutionnelle en pleine période pré-électorale.
Dès lors, pour Aurore Chahounka-Barrigah, la tentative de putsch n’est pas un accident mais « la résultante logique » d’une gouvernance qu’elle qualifie de « coups d’État institutionnels répétés ». Elle met en garde Patrice Talon : tant que rien ne changera dans sa façon de gouverner, « la probabilité d’un nouvel orage, plus violent encore, reste élevée ».
La feuille de route pour la décrispation
La lettre se transforme ensuite en véritable feuille de route pour éviter le pire. À cet égard, l’auteure exhorte le président à :
renoncer à imposer son ministre des Finances Romuald Wadagni comme candidat en 2026 ;
ouvrir totalement les élections générales de 2026 à tous les partis ;
abandonner tout projet de révision constitutionnelle et de création d’un Sénat avant le scrutin ;
libérer immédiatement l’ensemble des prisonniers politiques ;
garantir le retour sécurisé des exilés ;
abroger les dispositions restrictives du Code électoral et de la Charte des partis ;
engager une relecture concertée et inclusive de ces textes.
Dans un appel final, elle s’adresse à l’ensemble des forces vives – armée, clergé catholique, protestant et musulman, syndicats, société civile, corps diplomatique – pour qu’elles fassent pression en faveur d’une décrispation immédiate, rappelant que « la paix est d’abord une attitude ».
Lettre ouverte : un cri citoyen face à l’ingérence régionale
Si le texte est signé « votre presque enfant » – signe d’une génération qui se sent trahie –, il est surtout porteur d’une mise en garde sans appel : continuer sur la même voie, c’est transformer le Bénin en « roi retranché dans son château fort », avec tous les risques que cela comporte quand la menace vient souvent… de l’intérieur.
À l’heure où le Nigeria déploie déjà des troupes pour sécuriser Cotonou et où la CEDEAO décrète l’état d’urgence régional, cette lettre ouverte résonne comme le cri d’une partie de l’opinion qui refuse de voir le pays replonger dans le cycle des coups de force.
Reste à savoir si, cette fois, le message sera entendu au sommet de l’État. Car, malgré la récente déclaration du président Talon : « Vous allez subir mais vous ne pourrez rien faire », cette tentative de putsch prouve que l’opinion ne compte pas rester silencieuse face à ces actions.
À Cotonou, une lettre ouverte adressée au président Talon par Wilfrid Nicéphore Houessou relance le débat sur la révision constitutionnelle. Dans un plaidoyer incisif, l’activiste appelle à suspendre la promulgation d’un texte jugé injuste envers les jeunes, les femmes et les plus vulnérables.
Cotonou, 17 novembre 2025 –Dans une lettre ouverte retentissante adressée au président Patrice Talon, Wilfrid Nicéphore Houessou, figure engagée de la société civile béninoise, exhorte les autorités à suspendre la promulgation de la récente révision constitutionnelle. Adoptée dans un climat de hâte, cette réforme est décriée pour son injustice envers les jeunes, les femmes et les groupes vulnérables. Expédiée depuis Paris le 15 novembre, la missive interpelle directement le chef de l’État pour une refonte inclusive, au risque de miner la légitimité populaire du texte.
La Réforme sous le feu des critiques : priorité aux élites, au mépris des bases
Ce risque de perte de légitimité se lie directement à la nature précipitée et au contenu de la réforme. En effet, l’Assemblée nationale a entériné la révision dans la nuit du 14 au 15 novembre. La révision prolonge certains mandats et crée de nouveaux postes pour des figures politiques chevronnées. Si l’on présente ces ajustements comme des gages de stabilité institutionnelle, ils passent sous silence les besoins criants des citoyens ordinaires.
C’est cette approche que Wilfrid Nicéphore Houessou dénonce avec virulence. Ancien président du Gouvernement virtuel pour le Bénin et ex-responsable étudiant, il dénonce une approche élitiste qui consolide les privilèges d’une minorité au détriment d’une majorité en quête d’opportunités. À cet égard, il interpelle les parlementaires de tous bords, pointant un silence assourdissant : aucun élu, selon lui, n’a pu démontrer les retombées concrètes pour les jeunes au chômage, les femmes entrepreneures ou les populations marginalisées.
« Cette réforme, votée à la va-vite, risque de creuser les inégalités plutôt que de les combler », alerte-t-il, soulignant qu’elle ignore les piliers de la résilience nationale.
Le plaidoyer de Houessou pour la jeunesse et les vulnérables : symptôme d’un déficit démocratique
Pour restaurer ces « piliers de la résilience nationale », Houessou formule des propositions concrètes. Au cœur de sa critique, la mise en veille prolongée du Conseil Consultatif de la Jeunesse émerge comme un symbole fort. Houessou plaide pour sa relance sous une forme modernisée, transformée en véritable outil consultatif pour intégrer les voix des moins de 35 ans dans les politiques publiques.
« La vitalité du Bénin repose sur sa jeunesse, ses femmes et ses vulnérables – les exclure, c’est priver le pays de son avenir », argumente-t-il avec force.
Cette demande prend tout son sens dans la réalité démographique et socio-économique du pays. Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 30 ans, leur absence dans les mécanismes de décision interroge. En effet, cette demande s’inscrit dans un contexte où le Bénin, champion de la croissance africaine, peine encore à traduire ses succès macroéconomiques en emplois inclusifs. Des milliers de diplômés errent sans perspectives, tandis que les femmes, actrices clés de l’économie informelle, attendent aussi des mesures concrètes pour briser le plafond de verre. La lettre transforme ainsi un débat technique en un cri pour une gouvernance plus juste.
L’appel solennel de Houessou : un test pour l’héritage présidentiel
Faisant de sa missive un véritable cri pour une gouvernance plus juste, Wilfrid Nicéphore Houessou lance un appel solennel au président Talon : refusez de signer cette version actuelle et renvoyez les législateurs à la table des négociations.
« Intégrez-y des dispositions structurées pour la jeunesse et les femmes, et faites de cette réforme un legs d’équité », implore-t-il.
Cette injonction résonne de manière d’autant plus forte qu’elle est un test direct pour l’héritage du dirigeant, qui s’est souvent targué d’une vision progressiste et courageuse. En évoquant l’observation vigilante de la Nation, l’auteur rappelle aussi que la vraie grandeur politique réside dans l’empowerment des oubliés, non dans la perpétuation des acquis.
Vers une Constitution pour tous : l’écho d’une mobilisation citoyenne
Donnant corps à cet appel et à cette exigence de vraie grandeur politique, la lettre a rapidement trouvé un écho. Diffusée sur les réseaux sociaux et relayée dans les cercles militants, la lettre a rapidement trouvé un écho. En quelques heures, elle a été partagée par plusieurs figures de la société civile et largement commentée en ligne. Elle invite à une réflexion collective sur la démocratie participative, où les réformes ne servent plus seulement les puissants, mais irriguent l’ensemble du tissu social.
Pour les observateurs, c’est un signal fort : la jeunesse béninoise, de Paris à Cotonou, refuse la fatalité et exige aussi sa part dans le jeu politique.
La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a réceptionné, ce 12 novembre 2025, la Liste Électorale Informatisée (LEI) des mains de l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP). Cette remise marque une phase déterminante dans la préparation des élections communales et législatives de janvier 2026, placées sous le signe de la transparence et de la crédibilité.
Cotonou, 12 novembre 2025- La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a officiellement reçu, ce mercredi, la Liste Électorale Informatisée (LEI) des mains de l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP). De fait, cette cérémonie, tenue dans la salle de conférence de la CENA à Cotonou, marque une étape clé dans la préparation des élections communales et législatives prévues pour janvier 2026.
Le Directeur général de l’ANIP, Aristide Adjinacou Gnahoui, a procédé à la remise officielle du document à Sacca Lafia, président de la CENA, en présence du Conseil électoral, du Directeur général des élections et de plusieurs cadres techniques.
D’ailleurs, cette transmission symbolise le fruit d’une coopération étroite entre deux institutions centrales du dispositif électoral béninois, chacune jouant un rôle déterminant dans la fiabilité du processus.
Un gage de transparence et de crédibilité
Dans son allocution, le président Sacca Lafia a salué la qualité du travail accompli par l’ANIP et souligné la nécessité d’une base de données électorale fiable et inclusive. Il a également réaffirmé l’engagement de la CENA à garantir des élections libres, transparentes et conformes aux normes légales.
« La réception de cette liste marque notre passage à la phase opérationnelle. Elle constitue un outil essentiel pour la planification et la conduite des opérations électorales », a déclaré M. Lafia.
Liste électorale informatisée : vers une phase opérationnelle décisive
Avec cette remise, la CENA dispose désormais de la LEI actualisée, pierre angulaire de la logistique électorale à venir. Ainsi, cet outil permettra d’optimiser la répartition du matériel, la gestion des centres de vote et le déploiement des agents électoraux à travers tout le pays. En somme, cette évolution contribue à consolider la crédibilité du processus démocratique béninois, à moins de deux mois des prochains scrutins.