Bénin : Le CES lance le Forum national sur le panier citoyen

COTONOU (Bénin), 24 février 2026 — Dans un contexte de renouveau politique, le Conseil Économique et Social (CES) a ouvert sa première session de l’année 2026 ce mardi. Entre l’installation d’un nouveau leader au Parlement et l’urgence sociale, l’institution joue désormais sa survie sur sa capacité à répondre aux besoins concrets des populations.

La salle de conférence du Novotel Orisha de Cotonou s’est transformée, ce 24 février 2026, en un épicentre de la stratégie nationale. Alors que le CES célèbre le premier anniversaire de sa septième mandature, son président, Conrad Gbaguidi, a clairement défini la nouvelle mission de l’institution : devenir le porte-voix des doléances populaires.

Assemblée nationale
© Assemblée nationale

Une alliance au sommet de l’État

L’événement a pris une dimension politique majeure avec la présence du Professeur Joseph Fifamin Djogbénou. Fraîchement élu à la présidence de l’Assemblée nationale suite aux élections générales du 11 janvier, l’homme fort du Parlement a reçu les hommages publics de Conrad Gbaguidi.

« L’ensemble des députés de la Nation lui a accordé une confiance unanime », a souligné le patron du CES, liant ainsi le destin de la consultation économique à celui de la nouvelle représentation nationale. Par ailleurs, cette synergie entre les deux institutions apparaît comme une réponse directe aux exigences du Chef de l’État, Patrice Talon, qui avait rappelé l’an dernier que l’efficacité resterait le seul gage de pérennité pour une institution autrefois menacée de disparition.

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Le « FoNaCES » : un nouveau pont vers le peuple

Dès demain, le 25 février, le CES innove avec le lancement du Forum National du CES (FoNaCES). Sous le thème « Panier citoyen et bien-être », cette rencontre de deux jours vise aussi à transformer les préoccupations quotidiennes des Béninois en politiques publiques.

Conrad Gbaguidi a placé cette initiative sous le signe de la responsabilité morale :

« Alors que la nature pourvoit généreusement aux besoins vitaux, l’homme a l’obligation politique de structurer la solidarité, l’éducation et la justice sociale. »

 

 Le CES passe à l’action.

À travers cette séance, les conseillers entendent rompre avec l’immobilisme. Ils analyseront les mécanismes de protection sociale et transmettront des propositions concrètes au gouvernement. Pour Conrad Gbaguidi, l’objectif est limpide : le Conseil Économique et Social doit prouver son utilité en agissant comme un levier de cohésion nationale et de développement équilibré du territoire.

En somme, l’enjeu est de taille. Dans un pays en pleine transformation, la capacité du CES à influencer le « panier de la ménagère » déterminera si l’institution reste un pilier de la République ou un simple vestige du passé.

Bénin : santé, finances au cœur du Conseil des ministres

Au Bénin, le Conseil des ministres réuni le 18 février 2026 sous la présidence de Patrice Talon a dessiné les contours d’une action publique articulée autour de trois priorités : mieux défendre les intérêts économiques de l’État, intensifier la lutte contre le paludisme et encadrer plusieurs projets structurants.

Derrière l’énumération des décisions adoptées se dessine une ligne politique claire : renforcer les outils de souveraineté juridique, améliorer la performance sanitaire et sécuriser les investissements publics.

 

Une arme juridique pour mieux défendre l’État

Parmi les mesures normatives, le gouvernement a décidé de transmettre à l’Assemblée nationale un accord en vue de la ratification de la Facilité africaine de soutien juridique.

Créée à la suite des crises de la dette des années 1980 et 1990, cette structure internationale accompagne les pays africains dans les négociations complexes avec des créanciers privés et dans la gestion de contentieux commerciaux souvent coûteux. À l’époque, plusieurs États s’étaient retrouvés fragilisés face à des partenaires mieux armés sur le plan technique et juridique.

En rejoignant cette institution, le Bénin ambitionne de bénéficier d’une expertise spécialisée pour défendre plus efficacement ses intérêts dans les transactions internationales. L’adhésion offrirait également un accès privilégié à des bases de données, à des conseils stratégiques et à des panels d’experts.

Les ministres en charge de l’Économie et de la Justice ont été instruits de veiller à la bonne conduite de la procédure parlementaire. L’enjeu est de taille : sécuriser les contrats, prévenir les litiges ruineux et garantir des accords équilibrés pour les finances publiques.

Une nouvelle agence pour intensifier la lutte contre le paludisme

Autre décision majeure : la création d’une Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques.

Malgré les campagnes de prévention et les distributions de moustiquaires, le paludisme demeure l’une des principales causes de consultation, d’hospitalisation et de décès, notamment chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.

L’exécutif entend doter le pays d’un instrument spécialisé, autonome et réactif pour coordonner les actions. La nouvelle agence aura pour missions :

  • concevoir et évaluer des programmes de démoustication ;
  • renforcer la prévention et la prise en charge de la malaria ;
  • réduire le taux de mortalité lié aux maladies transmises par les moustiques ;
  • encourager la recherche et l’innovation dans la lutte antivectorielle ;
  • sensibiliser les populations aux comportements de prévention ;
  • appuyer les communes dans la gestion des nuisances.

Les statuts ont été approuvés et les ministres concernés chargés d’assurer sa mise en œuvre rapide. Au-delà de la santé, l’impact est aussi économique : le paludisme freine la productivité et pèse sur les dépenses des ménages.

 

Projets structurants : tourisme, fiscalité et patrimoine routier

Le Conseil a également validé plusieurs décrets et communications touchant à l’aménagement du territoire et aux infrastructures.

Un resort balnéaire à AVLO, à Grand-Popo

À Grand-Popo, le projet de resort urbain et balnéaire d’AVLO entre dans une phase technique décisive. Positionné sur le segment du tourisme haut de gamme et orienté vers l’écotourisme, il devra faire l’objet d’une étude d’impact environnemental et social approfondie.

L’objectif affiché est double : garantir la qualité des infrastructures et préserver l’écosystème côtier. Dans une zone sensible aux effets de l’érosion et aux pressions environnementales, la prudence est de mise.

Des bureaux pour la Direction générale des impôts

Le gouvernement a par ailleurs autorisé la formalisation d’un marché pour le contrôle technique de futurs bâtiments destinés aux services fiscaux. L’audit portera notamment sur la solidité des structures, la sécurité des usagers, la conformité des installations électriques et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

L’enjeu est d’assurer des infrastructures publiques conformes aux normes, dans un contexte où la modernisation de l’administration fiscale est présentée comme un levier essentiel de mobilisation des ressources internes.

Patrimoine maritime et circulation routière

Au titre des textes adoptés figurent également :

  • la modification d’un article des statuts du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins ;
  • le déclassement d’une portion du domaine public maritime dans le cadre de l’aménagement de la Route des pêches ;
  • un décret fixant les conditions de circulation des véhicules de transport afin de mieux protéger le patrimoine routier national.

Réaménagement gouvernemental après les législatives

À la suite de leur élection comme députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont exprimé leur souhait de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux exigences légales.

Le chef de l’État en a pris acte et a désigné des ministres intérimaires pour assurer la continuité de l’action gouvernementale.

Enfin, au titre des mesures individuelles, Aimée Justine Azon Aboudou a été nommée cheffe de cabinet de la vice-présidente de la République.

 

Une gouvernance axée sur la consolidation

À travers ces décisions, l’exécutif béninois affiche une volonté de consolidation : consolidation juridique pour mieux négocier à l’international, consolidation sanitaire pour réduire l’impact d’une maladie endémique, et enfin consolidation institutionnelle pour sécuriser les projets publics.

Reste désormais l’étape de la mise en œuvre. Car au-delà des annonces, c’est sur le terrain — dans les hôpitaux, les tribunaux, les chantiers et les communes — que se mesurera l’efficacité réelle de ces orientations.

Bénin : après les législatives, le gouvernement se réorganise

Au Bénin, la recomposition institutionnelle suit le rythme des urnes. À la suite de l’élection des députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont choisi de quitter l’Exécutif pour rejoindre l’Assemblée nationale. Une transition encadrée par les textes, mais qui impose des ajustements rapides pour préserver la continuité de l’action publique.

Le chef de l’État a entériné ces départs et mis en place des mesures provisoires afin d’éviter toute rupture dans la gestion des dossiers en cours.

Du gouvernement à l’hémicycle

Élus députés lors des dernières législatives, Jean-Michel Abimbola et Yayi Éléonore ont exprimé leur volonté de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux règles qui encadrent la séparation des fonctions exécutives et législatives.

Jusqu’ici respectivement en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts, puis de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ils ouvrent une nouvelle étape de leur parcours politique en rejoignant l’hémicycle.

Ce passage du gouvernement au Parlement n’est pas inédit dans la vie politique béninoise, mais il rappelle la dynamique propre aux systèmes démocratiques : les responsables publics peuvent être appelés à exercer des fonctions différentes selon le mandat confié par les électeurs.

Des intérims pour maintenir le cap

Pour combler ces départs, le gouvernement a opté pour des solutions internes. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, assurera à titre intérimaire le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

De son côté, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Assouma Alimatou Shadiya, prend également en charge le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts.

Ce choix de cumul temporaire vise à garantir la stabilité administrative et la poursuite des projets engagés. Les secteurs concernés — universités, recherche scientifique, promotion touristique et valorisation culturelle — sont stratégiques pour le développement du pays.

Une nouvelle phase parlementaire

Avec leur installation à l’Assemblée nationale du Bénin, les deux anciens ministres changent de rôle. Ils participeront désormais à l’élaboration des lois et au contrôle de l’action gouvernementale.

Ce basculement illustre l’équilibre institutionnel : ceux qui étaient hier aux commandes de politiques publiques deviennent aujourd’hui acteurs du débat législatif. Ils apportent à l’hémicycle leur expérience de terrain et leur connaissance des dossiers gouvernementaux.

Continuité et responsabilité

Dans un contexte régional marqué par des transitions parfois heurtées, le processus béninois se distingue par son cadre formel et son respect des règles constitutionnelles. Les départs ont été annoncés, validés et immédiatement compensés par des mesures transitoires.

Pour l’opinion publique, l’enjeu est clair : assurer que les réformes en cours, notamment dans l’enseignement supérieur et la promotion culturelle, ne connaissent aucun ralentissement.

Cette séquence politique rappelle aussi une réalité essentielle : au-delà des personnes, ce sont les institutions qui garantissent la stabilité. Et c’est dans cette continuité que se joue la crédibilité de l’action publique.

Ministres élus députés au Bénin : trente jours pour un choix

À l’Assemblée nationale comme au gouvernement, le temps presse pour plusieurs figures de l’exécutif béninois, désormais confrontées à une équation institutionnelle sans échappatoire.

 

À peine installée, la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale place déjà certains membres du gouvernement face à un dilemme stratégique majeur. En vertu de l’article 166 du Code électoral, les fonctions de ministre et de député sont strictement incompatibles. Les responsables concernés disposent de trente jours pour trancher. Un délai court, mais politiquement lourd de conséquences.

Parmi eux figurent Éléonore Yayi, Shadiya Assouma, Jean-Michel Abimbola et Abdoulaye Bio Tchané. Quatre personnalités aguerries de l’appareil d’État, aujourd’hui sommées de choisir entre la stabilité parlementaire et l’incertitude de l’exécutif.

 

Le Parlement, refuge institutionnel

Opter pour l’Assemblée nationale, c’est faire le choix de la durée. Un mandat de député garantit sept années pleines au Palais des gouverneurs, à l’abri des remaniements et des aléas politiques. Dans un système marqué par une forte centralité de l’exécutif, le Parlement offre une forme de sécurité institutionnelle rare, surtout à l’approche d’une échéance présidentielle.

Pour certains ministres élus, ce choix peut aussi être perçu comme une manière de consolider une carrière politique sur le temps long, de peser sur la production législative et de demeurer au cœur du jeu, quelle que soit l’issue des recompositions à venir.

 

Le gouvernement, prestige et incertitude

À l’inverse, rester au gouvernement, c’est accepter une fonction aussi exposée que fragile. À moins de deux mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, aucune garantie ne protège les ministres en poste. Le changement de chef de l’État s’accompagne traditionnellement d’une recomposition de l’équipe gouvernementale, parfois profonde.

Même dans l’hypothèse d’une continuité politique, rien n’assure la reconduction durable des ministres actuels. Le maintien éventuel de certains profils dépendra autant des équilibres politiques que des arbitrages personnels du futur président.

 

Trente jours pour décider

Ces trente jours ne relèvent donc pas d’une simple exigence juridique. Ils constituent un moment de vérité politique. Choisir le Parlement, c’est privilégier la prévisibilité et la sécurité. Rester au gouvernement, c’est parier sur l’inconnu, dans un contexte de transition où les certitudes sont rares et les calculs multiples.

Au-delà des trajectoires individuelles, ces décisions en diront long sur les rapports de force à venir et sur la lecture que ces ministres font de l’avenir politique du pays. Le choix qu’ils opéreront, discret en apparence, pourrait bien peser durablement sur le paysage institutionnel béninois.

 

Bénin : Claudine Prudencio (UPR) s’enrôle pour la 10e Législature

À quelques jours de la rentrée parlementaire, l’effervescence gagne Porto-Novo. Ce lundi 2 février 2025, Claudine Prudencio, figure bien connue de la scène politique béninoise, a accompli les formalités d’usage pour son siège au sein de la 10ᵉ législature. Un retour remarqué pour celle qui entend placer ce nouveau mandat sous le signe de l’expérience et du devoir.

 

C’est une étape administrative incontournable, mais hautement symbolique. Ainsi, dans l’après-midi de ce lundi, l’élue de la 6ᵉ circonscription électorale s’est présentée au Palais des Gouverneurs pour remplir son enrôlement. Entre documents officiels et réception de son « kit de député », la ministre conseillère à la Santé a officiellement pris ses marques avant l’installation solennelle prévue pour le dimanche 8 février prochain.

 

L’expérience au service de la 10ᵉ législature

Sous la bannière de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Claudine Prudencio n’est pas une novice dans l’hémicycle. Ayant déjà siégé lors des 6ᵉ et 7ᵉ mandatures, elle signe ici un retour stratégique. Pour cette femme d’État, ce mandat n’est pas une simple formalité, mais la suite logique d’un engagement constant pour la Nation.

Munie du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de ses attributs officiels, elle a affiché une assurance propre aux parlementaires chevronnés. Ce bagage législatif sera un atout précieux au sein d’une législature où les enjeux de développement et de santé publique s’annoncent cruciaux.

 

« Le peuple nous a envoyés »

À l’issue de son enregistrement, l’élue a aussi tenu à rappeler la source de sa légitimité. Dans une déclaration empreinte de gravité et de sérénité, elle a souligné sa volonté de répondre aux attentes des électeurs :

« J’aborde ce mandat avec sérénité et un profond esprit de travail. C’est le peuple qui nous a envoyés et nous devons accomplir cette mission comme il se doit ».

Cette détermination affichée laisse présager une participation active aux débats parlementaires à venir. Pour Claudine Prudencio, la ligne directrice est claire : la défense de l’intérêt général et le service de la République.

 

Un calendrier parlementaire millimétré

Par ailleurs, cette formalité s’inscrit dans un calendrier rigoureux établi par les services de l’institution parlementaire. Après les députés de la 6ᵉ circonscription, d’autres élus se succéderont dans les couloirs du palais pour finaliser leur dossier.

Désormais, le rendez-vous est pris pour le dimanche 8 février. Ce jour-là, les nouveaux députés de la 10ᵉ législature prêteront serment, ouvrant ainsi une nouvelle page de l’histoire démocratique du Bénin sous le regard attentif des citoyens.

 

Bénin : silence des élites face à l’agonie de la Constitution de 1990

Cotonou, 15 décembre 2025 – Qui osera encore défendre la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, cette œuvre magistrale du professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè, jadis avantageuse comme un modèle africain de transition démocratique ? Aujourd’hui, elle est foulée aux pieds sans que les « dignes fils du Dahomey » ne bougent le petit doigt. En conséquence, le Bénin, ce pays autrefois fier de son pluralisme et de sa vitalité institutionnelle, glisse inexorablement vers une autocratie décomplexée, sous le regard indifférent d’une société qui acclame son propre bourreau.

 

L’omerta complice des « éminents juristes »

 

Où sont passés nos éminents juristes, ces gardiens autoproclamés de l’État de droit ? Robert Dossou, Théodore Holo, Adrien Houngbédji, Ousmane Batoko, Joseph Djogbénou, Dorothée Sossa : leur silence est assourdissant face à l’arbitraire qui gangrène le pays. Eux qui juraient autrefois de défendre la patrie et ses lois fondamentales, préfèrent aujourd’hui l’omerta complice. Dès lors, dans un pays réputé pour ses cadres compétents et son intelligence collective, comment accepter que la solidarité, valeur ancestrale, cède la place à une indifférence criminelle ?

 

La dérive autoritaire et ses méthodes totalitaires

 

Le régime de Patrice Talon n’épargne plus personne. Même les fidèles d’hier finissent en cellule, preuve que la paranoïa du pouvoir ne connaît plus de limites. De plus, que dire des enlèvements extraterritoriaux ? Steve Amoussou kidnappé au Togo en 2024, Comlan Hugues Sossoukpè arraché en Côte d’Ivoire en 2025 : des opérations dignes de régimes totalitaires, risquant des crises diplomatiques graves, mais passées sous silence par une société tétanisée. Nos juristes tolèrent les lois sur mesure, les affrontements violents dans le nord du pays qui coûtent des vies civiles, les violations flagrantes de la Constitution – en somme, tout cela, parce que ce n’est pas encore leur maison qui brûle.

 

Le péril du silence : une solidarité sacrifiée

 

Comme le dit le proverbe : si la maison de ton voisin brûle et que tu restes indifférent, quand la tienne prendra feu, personne ne viendra t’aider. Ce silence collectif n’est pas de la sagesse, c’est de la complicité par ignorance ou peur. Un peuple solidaire en privé, mais muet en public, alimente le rouleau compresseur qu’il subira demain. Même les rites culturels Vodoun, sous le couvert de la mondialisation, semblent avoir perdu leur rôle de vérité : les chefs traditionnels ne parlent plus franc.

 

Le réveil est urgent

 

La Constitution de 1990, socle de notre volonté populaire, est violée impunément par un seul homme, fut-il président. Pourquoi cette colère légitime ne s’exprime-t-elle pas ? Les Béninois, intelligents et solidaires, méritent mieux que cette résignation. Il est également impératif d’agir : briser le silence, exiger le respect des droits, ou accepter que la vulnérabilité devienne le lot de tous. Une pensée solidaire pour les familles brisées par cet arbitraire – leur souffrance est aussi la nôtre, par notre mutisme complice.

Coup d’État au Bénin : une purge qui ne dit pas son nom

Cotonou, 15 décembre 2025 – À peine remis d’une tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre, le régime de Patrice Talon accélère ce qui ressemble de plus en plus à une chasse aux sorcières systématique contre toute voix critique. L’arrestation de Candide Azannaï, ancien allié devenu opposant virulent, le 12 décembre, suivie de celle de Chabi Yayi, fils de l’ex-président Thomas Boni Yayi, dans la nuit du 13 au 14 décembre, illustre une dérive autoritaire inquiétante. Dans un pays jadis cité en exemple pour sa vitalité démocratique, la règle semble dorénavant claire : qui n’est pas avec le pouvoir est contre lui – et finit derrière les barreaux.

 

Coup d’État : le scénario bien rodé de la répression politique

 

Les forces de l’ordre ont interpellé Candide Azannaï, ex-ministre délégué à la Défense sous Talon lui-même, au siège de son parti Restaurer l’Espoir. Placé en garde à vue pour « complot contre l’autorité de l’État » et « incitation à la rébellion », il paie sans doute le prix de ses déclarations fracassantes : il avait qualifié les élections de 2026 de « fausses » et fustigé la révision constitutionnelle adoptée en novembre, perçue comme un moyen de consolider le contrôle du pouvoir. Malgré son défi public lancé à Talon de l’arrêter, le régime n’a pas hésité.

Moins de 48 heures plus tard, les forces de sécurité ont cueilli Chabi Yayi, cadre du parti Les Démocrates et fils de l’ancien président Boni Yayi, à son domicile en pleine nuit. Perquisition, saisie de matériels, garde à vue : le scénario est rodé. Officiellement lié à l’enquête sur le putsch avorté, ce timing précis soulève des soupçons légitimes d’instrumentalisation d’une crise sécuritaire pour museler l’opposition. En d’autres termes, le putsch manqué du 7 décembre – avec ses mutins annonçant à la télévision la destitution de Talon avant que l’appui nigérian, ivoirien et Français ne les neutralise – a offert au régime un prétexte en or.

 

La CRIET, instrument d’une justice expéditive

 

Cette vague répressive n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue liste d’emprisonnements d’opposants ou d’anciens alliés : Reckya Madougou croupit en prison depuis 2021 pour des accusations de « terrorisme » jugées politiquement motivées ; Olivier Boko et Oswald Homeky, anciens proches de Talon, ont écopé de 20 ans ferme en janvier 2025 pour tentative de coup d’État. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), souvent évoquée pour son manque d’indépendance, semble devenue l’instrument privilégié d’une justice expéditive réservée aux dissidents.

 

Les signes d’un verrouillage durable

 

Parallèlement à cette répression, le pouvoir investit dans de nouvelles infrastructures carcérales : un centre pénitentiaire moderne est en construction à Ouèdo, sur 4,3 hectares, avec livraison prévue en 2026. Officiellement pour désengorger les prisons existantes, mais dans le contexte actuel, beaucoup y voient un sinistre présage : le régime se prépare-t-il à accueillir davantage d’« ennemis de l’État » ? De plus, la révision constitutionnelle tout juste validée par la Cour, instaurant un Sénat et un septennat présidentiel, passe pour une manœuvre supplémentaire de verrouillage institutionnel.

 

Coup d’État : le prix du réveil citoyen

 

Que reste-t-il de la démocratie béninoise, autrefois modèle en Afrique de l’Ouest ? Un système où critiquer le pouvoir équivaut à un crime contre l’État, où les prisons se remplissent d’opposants et où les élections à venir s’annoncent comme une formalité. Patrice Talon et sa « clique » – comme le disent de plus en plus ouvertement les citoyens – transforment le Bénin en une république bananière déguisée en succès économique. Les Béninois, épuisés par le silence complice d’une partie de la société, commencent à dire : assez. Les preuves sont là, les vidéos tournent, et la peur n’étouffe plus les voix. Le réveil est en marche, mais à quel prix ?

Bénin : Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale exigent le retrait immédiat des troupes étrangères

 

Cotonou, 10 décembre 2025 – Deux jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, le parti Restaurer l’Espoir (RE) et la Coordination Nationale de la Résistance Nationale (CNRN), réunis en session extraordinaire conjointe mardi 9 décembre sous la présidence de Candide A. M. Azannaï, ancien ministre et coordonnateur national de la Résistance, ont publié une déclaration d’une rare fermeté.

Qualifiant les faits de « tentative de coup d’État militaire » et de « profanation inacceptable de la mémoire du colonel Vincent Guezodjè – dont le serment de 1990 avait scellé le retour des militaires dans les casernes – », les deux mouvements rendent un hommage ému aux victimes innocentes et présentent leurs condoléances à la Nation.

 

Hommage aux victimes et condoléances nationales

 

La déclaration commence par un hommage solennel aux « victimes innocentes de cette crapuleuse barbarie ». Les deux structures présentent leurs « vives et profondes condoléances » aux familles endeuillées et à l’ensemble de la Nation béninoise. De plus, elles saluent la « sérénité, la maturité et la lucidité » du peuple face à l’épreuve. En suite, elles ont apporté leur solidarité et leurs compassions aux Forces armées nationales régulières, prenant soin de distinguer les militaires béninois des putschistes présumés.

 

Une « transgression » de l’engagement historique des forces armées

 

Pour le RE et la CNRN, les événements du 7 décembre 2025 constituent une « transgression » flagrante de l’engagement solennel pris en 1990 par les Forces armées, sous le commandement du colonel Vincent Guezodjè, de ne plus jamais intervenir dans la vie politique et de regagner irrévocablement les casernes.

« Le 7 décembre 2025 est une profanation inacceptable et intolérable de la mémoire du colonel Guezodjè », affirment-t-ils, rappelant  ainsi que ce serment historique avait permis la réconciliation nationale et l’avènement pacifique du Renouveau démocratique.

 

Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale exigent le retrait immédiat des troupes étrangères

 

L’un des points les plus saillants de la déclaration concerne la présence de forces armées étrangères sur le sol béninois. En conséquence, les parties exigent le retrait immédiat et sans condition de toutes les forces armées étrangères présentes sur le sol béninois (Nigeria, Côte d’Ivoire, France et autres), estimant que leur présence est une atteinte à la dignité nationale.

« Cette exigence n’est pas négociable : elle découle de la dignité, de la fierté nationale et de l’honneur de nos braves Forces armées nationales », soulignent les signataires.

 

Condamnation de la CEDEAO et appel au Dialogue National Inclusif

 

Les deux mouvements fustigent également la CEDEAO, accusée de « s’immiscer dans les affaires intérieures des États par la force armée » sous prétexte de défense de la démocratie, tout en fermant les yeux sur les « tripatouillages » constitutionnels et les « coups de force institutionnels ».

C’est pourquoi ils exigent la tenue « sans délai » d’un Dialogue National Inclusif (DNI), présenté comme la « seule issue » pour une réconciliation nationale.

Parmi les résolutions adoptées figurent aussi :

  • la condamnation de la « courtisanerie politique » et des « pirouettes hypocrites » observées depuis le 7 décembre ;
  • un appel solennel à la résistance pacifique et non violente, avec mandat donné à tous les points focaux de l’intensifier dans les villes et campagnes.

Le parti Restaurer l’Espoir (RE) et la Coordination Nationale de la Résistance Nationale mettent en garde avec la même fermeté les dictatures et ceux qui, dans l’opposition, seraient tentés de répondre par la violence.

 

Critique virulente du « pouvoir déviant dit de la rupture »

 

Sans jamais nommer directement le président Patrice Talon, la déclaration dénonce « le pouvoir déviant dit de la rupture », accusé de « courtisanerie politique », de « confiscation du pouvoir » par la manipulation et l’intimidation des voix dissidentes.

D’ailleurs, elle cite une phrase attribuée à l’homme politique britannique George Galloway qui a « profondément inspiré » la session : « Si tu es réduit à faire appel à une force étrangère pour bombarder ton propre pays dans le but de garder le pouvoir, c’est que ce pouvoir tu l’as déjà perdu. »

Elle dénonce également avec dégoût l’« aisance hypocrite » avec laquelle, depuis le 7 décembre, « politiques et apolitiques de tout bord » ont « pirouetté » selon l’évolution de la situation, révélant le « dégoût psychopolitique » que suscite ce pouvoir auprès de la majorité des Béninois.

 

Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale prônent une résistance pacifique et non violente.

 

En conclusion, la Résistance Nationale et Restaurer l’Espoir appellent à « resserrer les rangs » face à un pouvoir qu’ils jugent « aux abois », tout en réaffirmant leur attachement à une lutte strictement pacifique et non violente. Ils mettent en garde ceux qui, au sein même de l’opposition, seraient tentés par la violence : ils représentent, selon eux, « un danger aussi grand que les dictatures qu’ils prétendent combattre ». Le bloc mandate enfin l’ensemble des points focaux de la Résistance Nationale d’intensifier, dans toutes les villes, agglomérations et campagnes, la sensibilisation aux « vertus de la résistance nationale pacifique et non violente ».

La déclaration se termine par une série de slogans :

« Non à la violence, non à toute dérive dictatoriale, honte à l’arrogance, succès aux armes nationales régulières de la République, triomphe à la Résistance Nationale, victoire au peuple résistant debout. Vive la République. »

Signée par Candide A. M. Azannaï, cette prise de position marque une nouvelle escalade dans la crise politique béninoise, deux jours seulement après des événements dont les contours précis restent encore opaques pour une large partie de l’opinion.

 

Bénin : la lettre ouverte de Aurore Chahounka-Barrigah à Talon

Cotonou, 9 décembre 2025 – « Monsieur le Président, vous avez semé l’orage » : et vous récolterez la tempête. Deux jours après l’opération militaire avortée du 7 décembre contre le palais de la Marina, une voix citoyenne franco-béninoise, Aurore Chahounka-Barrigah, publie une longue lettre ouverte au président Patrice Talon.

 

L’accusation : coups d’État institutionnels

 

Sans détour ni langue de bois, l’auteure accuse directement le chef de l’État d’avoir, par ses choix politiques depuis 2019, « détruit méthodiquement l’unité nationale » et créé les conditions mêmes de la révolte armée de dimanche.

« Vous avez poussé le bouchon trop loin », écrit-elle, rappelant notamment les réformes électorales exclusives, l’emprisonnement d’opposants, l’exil forcé de figures politiques, la tentative perçue d’imposer un dauphin et successeur, ou encore les projets de Sénat et de révision constitutionnelle en pleine période pré-électorale.

Dès lors, pour Aurore Chahounka-Barrigah, la tentative de putsch n’est pas un accident mais « la résultante logique » d’une gouvernance qu’elle qualifie de « coups d’État institutionnels répétés ». Elle met en garde Patrice Talon : tant que rien ne changera dans sa façon de gouverner, « la probabilité d’un nouvel orage, plus violent encore, reste élevée ».

 

La feuille de route pour la décrispation

 

La lettre se transforme ensuite en véritable feuille de route pour éviter le pire. À cet égard, l’auteure exhorte le président à :

  • renoncer à imposer son ministre des Finances Romuald Wadagni comme candidat en 2026 ;
  • ouvrir totalement les élections générales de 2026 à tous les partis ;
  • abandonner tout projet de révision constitutionnelle et de création d’un Sénat avant le scrutin ;
  • libérer immédiatement l’ensemble des prisonniers politiques ;
  • garantir le retour sécurisé des exilés ;
  • abroger les dispositions restrictives du Code électoral et de la Charte des partis ;
  • engager une relecture concertée et inclusive de ces textes.

Dans un appel final, elle s’adresse à l’ensemble des forces vives – armée, clergé catholique, protestant et musulman, syndicats, société civile, corps diplomatique – pour qu’elles fassent pression en faveur d’une décrispation immédiate, rappelant que « la paix est d’abord une attitude ».

 

 Lettre ouverte : un cri citoyen face à l’ingérence régionale

 

Si le texte est signé « votre presque enfant » – signe d’une génération qui se sent trahie –, il est surtout porteur d’une mise en garde sans appel : continuer sur la même voie, c’est transformer le Bénin en « roi retranché dans son château fort », avec tous les risques que cela comporte quand la menace vient souvent… de l’intérieur.

À l’heure où le Nigeria déploie déjà des troupes pour sécuriser Cotonou et où la CEDEAO décrète l’état d’urgence régional, cette lettre ouverte résonne comme le cri d’une partie de l’opinion qui refuse de voir le pays replonger dans le cycle des coups de force.

Reste à savoir si, cette fois, le message sera entendu au sommet de l’État. Car, malgré la récente déclaration du président Talon : « Vous allez subir mais vous ne pourrez rien faire », cette tentative de putsch prouve que l’opinion ne compte pas rester silencieuse face à ces actions.

Houessou interpelle Talon sur la révision constitutionnelle votée « à la va-vite »

À Cotonou, une lettre ouverte adressée au président Talon par Wilfrid Nicéphore Houessou relance le débat sur la révision constitutionnelle. Dans un plaidoyer incisif, l’activiste appelle à suspendre la promulgation d’un texte jugé injuste envers les jeunes, les femmes et les plus vulnérables.

 

Cotonou, 17 novembre 2025 –  Dans une lettre ouverte retentissante adressée au président Patrice Talon, Wilfrid Nicéphore Houessou, figure engagée de la société civile béninoise, exhorte les autorités à suspendre la promulgation de la récente révision constitutionnelle. Adoptée dans un climat de hâte, cette réforme est décriée pour son injustice envers les jeunes, les femmes et les groupes vulnérables. Expédiée depuis Paris le 15 novembre, la missive interpelle directement le chef de l’État pour une refonte inclusive, au risque de miner la légitimité populaire du texte.

 

La Réforme sous le feu des critiques : priorité aux élites, au mépris des bases

Ce risque de perte de légitimité se lie directement à la nature précipitée et au contenu de la réforme. En effet, l’Assemblée nationale a entériné la révision dans la nuit du 14 au 15 novembre. La révision prolonge certains mandats et crée de nouveaux postes pour des figures politiques chevronnées. Si l’on présente ces ajustements comme des gages de stabilité institutionnelle, ils passent sous silence les besoins criants des citoyens ordinaires.

C’est cette approche que Wilfrid Nicéphore Houessou dénonce avec virulence. Ancien président du Gouvernement virtuel pour le Bénin et ex-responsable étudiant, il dénonce une approche élitiste qui consolide les privilèges d’une minorité au détriment d’une majorité en quête d’opportunités. À cet égard, il interpelle les parlementaires de tous bords, pointant un silence assourdissant : aucun élu, selon lui, n’a pu démontrer les retombées concrètes pour les jeunes au chômage, les femmes entrepreneures ou les populations marginalisées.

« Cette réforme, votée à la va-vite, risque de creuser les inégalités plutôt que de les combler », alerte-t-il, soulignant qu’elle ignore les piliers de la résilience nationale.

 

Le plaidoyer de Houessou pour la jeunesse et les vulnérables : symptôme d’un déficit démocratique

Pour restaurer ces « piliers de la résilience nationale », Houessou formule des propositions concrètes. Au cœur de sa critique, la mise en veille prolongée du Conseil Consultatif de la Jeunesse émerge comme un symbole fort. Houessou plaide pour sa relance sous une forme modernisée, transformée en véritable outil consultatif pour intégrer les voix des moins de 35 ans dans les politiques publiques.

« La vitalité du Bénin repose sur sa jeunesse, ses femmes et ses vulnérables – les exclure, c’est priver le pays de son avenir », argumente-t-il avec force.

Cette demande prend tout son sens dans la réalité démographique et socio-économique du pays. Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 30 ans, leur absence dans les mécanismes de décision interroge. En effet, cette demande s’inscrit dans un contexte où le Bénin, champion de la croissance africaine, peine encore à traduire ses succès macroéconomiques en emplois inclusifs. Des milliers de diplômés errent sans perspectives, tandis que les femmes, actrices clés de l’économie informelle, attendent aussi des mesures concrètes pour briser le plafond de verre. La lettre transforme ainsi un débat technique en un cri pour une gouvernance plus juste.

 

L’appel solennel de Houessou : un test pour l’héritage présidentiel

 

Faisant de sa missive un véritable cri pour une gouvernance plus juste, Wilfrid Nicéphore Houessou lance un appel solennel au président Talon : refusez de signer cette version actuelle et renvoyez les législateurs à la table des négociations.

« Intégrez-y des dispositions structurées pour la jeunesse et les femmes, et faites de cette réforme un legs d’équité », implore-t-il.

Cette injonction résonne de manière d’autant plus forte qu’elle est un test direct pour l’héritage du dirigeant, qui s’est souvent targué d’une vision progressiste et courageuse. En évoquant l’observation vigilante de la Nation, l’auteur rappelle aussi que la vraie grandeur politique réside dans l’empowerment des oubliés, non dans la perpétuation des acquis.

 

Vers une Constitution pour tous : l’écho d’une mobilisation citoyenne

 

Donnant corps à cet appel et à cette exigence de vraie grandeur politique, la lettre a rapidement trouvé un écho. Diffusée sur les réseaux sociaux et relayée dans les cercles militants, la lettre a rapidement trouvé un écho. En quelques heures, elle a été partagée par plusieurs figures de la société civile et largement commentée en ligne. Elle invite à une réflexion collective sur la démocratie participative, où les réformes ne servent plus seulement les puissants, mais irriguent l’ensemble du tissu social.

Pour les observateurs, c’est un signal fort : la jeunesse béninoise, de Paris à Cotonou, refuse la fatalité et exige aussi sa part dans le jeu politique.

Bénin : la CENA reçoit la Liste Électorale Informatisée, cap sur les élections de 2026

La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a  réceptionné, ce 12 novembre 2025, la Liste Électorale Informatisée (LEI) des mains de l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP). Cette remise marque une phase déterminante dans la préparation des élections communales et législatives de janvier 2026, placées sous le signe de la transparence et de la crédibilité.

 

Cotonou, 12 novembre 2025- La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a officiellement reçu, ce mercredi, la Liste Électorale Informatisée (LEI) des mains de l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP). De fait, cette cérémonie, tenue dans la salle de conférence de la CENA à Cotonou, marque une étape clé dans la préparation des élections communales et législatives prévues pour janvier 2026.

La CENA reçoit la Liste Électorale Informatisée de l’ANIP, marquant une étape majeure vers des élections inclusives et transparentes en janvier 2026 au Bénin.
© La CENA reçoit la Liste Électorale Informatisée de l’ANIP, marquant une étape majeure vers des élections inclusives et transparentes en janvier 2026 au Bénin.

Une collaboration institutionnelle exemplaire

 

Le Directeur général de l’ANIP, Aristide Adjinacou Gnahoui, a procédé à la remise officielle du document à Sacca Lafia, président de la CENA, en présence du Conseil électoral, du Directeur général des élections et de plusieurs cadres techniques.

D’ailleurs, cette transmission symbolise le fruit d’une coopération étroite entre deux institutions centrales du dispositif électoral béninois, chacune jouant un rôle déterminant dans la fiabilité du processus.

Un gage de transparence et de crédibilité

 

Dans son allocution, le président Sacca Lafia a salué la qualité du travail accompli par l’ANIP et souligné la nécessité d’une base de données électorale fiable et inclusive. Il a également réaffirmé l’engagement de la CENA à garantir des élections libres, transparentes et conformes aux normes légales.

 

 « La réception de cette liste marque notre passage à la phase opérationnelle. Elle constitue un outil essentiel pour la planification et la conduite des opérations électorales », a déclaré M. Lafia.

 

Liste électorale informatisée : vers une phase opérationnelle décisive

 

Avec cette remise, la CENA dispose désormais de la LEI actualisée, pierre angulaire de la logistique électorale à venir. Ainsi, cet outil permettra d’optimiser la répartition du matériel, la gestion des centres de vote et le déploiement des agents électoraux à travers tout le pays. En somme, cette évolution contribue à consolider la crédibilité du processus démocratique béninois,  à moins de deux mois des prochains scrutins.

Rejet des listes électorales : le Bénin face à une crise politique latente

À l’approche des élections communales de 2026, la Commission électorale béninoise a rejeté les listes du principal parti d’opposition, Les Démocrates, pour des motifs administratifs. Une décision qui ravive les tensions politiques, interroge la neutralité des institutions et pourrait fragiliser la confiance démocratique dans le pays.

 

Cotonou, 12 novembre 2025 – À quelques mois des élections communales de 2026, le Bénin frôle l’implosion politique. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a invalidé les listes de candidatures du parti Les Démocrates, formation clé de l’opposition, pour des motifs d’incomplétude administrative. Ce revers, dénoncé comme une manœuvre d’exclusion, n’épargne pas la mouvance présidentielle : MOELE-Bénin, allié du régime, a également été recalé. Au-delà de cas isolés, ces décisions interrogent la neutralité des institutions et le risque d’une compétition biaisée.

 

Un rejet administratif qui sonne comme un verdict politique

 

Le 10 novembre, la CENA a publié la liste des partis éligibles, écartant Les Démocrates malgré un dossier volumineux : plus de 29 000 pièces pour couvrir les 546 arrondissements. L’instance électorale pointe 120 documents manquants sur 473 requis, un écart jugé rédhibitoire. Pourtant, les leaders de l’opposition, emmenés par l’ex-président Boni Yayi, dénoncent des obstacles bureaucratiques délibérés : retards dans la délivrance des quitus fiscaux, certificats de nationalité manquants, et intimidations ciblées contre leurs mandataires.

Ce double rejet, bien que politiquement contrasté, révèle des failles structurelles dans le processus de validation. MOELE-Bénin, pourtant proche du pouvoir, a vu sa liste rejetée pour un simple défaut de classement. Ces exclusions croisées soulignent des dysfonctionnements systémiques, mais nourrissent aussi les soupçons d’un « rouleau compresseur » anti-opposition.

 

L’opposition en ordre de bataille : recours et appel à l’audit

 

Lors d’une conférence de presse musclée à Cotonou le 11 novembre, Les Démocrates, par la voix de leur porte-parole Guy Mitokpè, ont rejeté la décision de la CENA. Ils affirment avoir couvert l’ensemble des postes électoraux et exigent un audit indépendant de tous les dossiers. « C’est du deux poids, deux mesures », tonne Mitokpè, évoquant ainsi un favoritisme flagrant envers certains concurrents.

Le parti, fort de son ancrage national, entend mobiliser toutes les voies légales — recours devant la Cour constitutionnelle, pétitions populaires — pour inverser la tendance. Il espère aussi porter le débat au niveau international, alors que l’Union africaine suit de près les réformes électorales en cours au Bénin.

 

Impacts sur la démocratie locale : un scrutin 2026 sous haute surveillance

 

Ces exclusions pourraient modifier le paysage communal, privant les électeurs de choix diversifiés dans des centaines d’arrondissements. Pour les analystes, c’est un signal d’alarme : après les tensions législatives de 2021, le Bénin peine à restaurer la confiance dans ses processus électoraux. Une opposition muselée pourrait aussi accroître l’abstention ou, pire, provoquer des contestations post-scrutin.

La CENA, sous pression, devra prouver son impartialité. Des observateurs comme l’International IDEA appellent à des audits transparents pour apaiser les tensions. En attendant, Les Démocrates transforment ce camouflet en cri de ralliement, boostant leur visibilité sur les réseaux sociaux.

 

Rejet des listes électorales : vers une médiation ou une escalade ? L’enjeu pour 2026

 

Avec encore quelques mois devant elle, la classe politique béninoise a le temps de corriger le tir. Mais si les recours échouent, les communales pourraient virer au bras de fer, testant la résilience démocratique du pays. Le Bénin, souvent cité comme modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest, ne peut se permettre un scrutin entaché de soupçons ou de boycott.

Locales 2025 : Moele Bénin, FCBE et Les Démocrates confirment leur présence dans la course

À deux mois des élections locales, trois partis majeurs du Bénin – Moele Bénin, FCBE et Les Démocrates – ont régularisé leurs candidatures dans les délais impartis. Une étape décisive qui renforce la transparence du processus électoral et prépare le terrain pour une compétition pluraliste au niveau communal.

 

 

Cotonou, 8 novembre 2025 – À un peu plus de deux mois du scrutin communal prévu le 11 janvier prochain, trois formations politiques majeures du paysage béninois – le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (Moele Bénin), les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) et Les Démocrates – ont finalisé la mise aux normes de leurs déclarations de candidature. Ainsi, une étape cruciale, respectée dans les délais impartis, renforce la crédibilité du processus électoral et ouvre la voie à une compétition équilibrée dans les communes du pays.

 

Locales 2025 : une réponse rapide aux observations de la CENA

 

La Commission électorale nationale autonome (CENA), fidèle à sa mission de régulation, avait passé au crible les premières soumissions des partis et avait donc émis, le mardi 4 novembre, des notifications assorties d’accusés provisoires. Ces observations techniques visaient à corriger des irrégularités mineures dans les pièces administratives. En réaction, les trois formations ont mobilisé leurs équipes pour apporter les ajustements requis, transformant ces rappels en opportunités d’amélioration. Cette réactivité est saluée, car elle témoigne de la maturité des acteurs politiques face aux exigences du cadre légal.

 

Article 41 : un filet de sécurité pour la pluralité

 

Il convient de noter que cette régularisation s’appuie sur l’article 41 du Code électoral, qui accorde un délai de 72 heures ouvrables aux candidats ou partis concernés pour rectifier leurs dossiers. Ce mécanisme préventif permet ainsi d’éviter les exclusions précipitées et garantit une diversité saine des candidatures. Grâce à cette disposition, Moele Bénin, FCBE et Les Démocrates ont pu se conformer aux standards requis, sécurisant par conséquent leur participation au scrutin et préservant l’équilibre démocratique au niveau local.

 

Vers une campagne locale dynamique et inclusive

 

Ces ajustements interviennent dans un climat de mobilisation croissante autour des enjeux de proximité : aménagement urbain, accès aux services de base, développement communautaire. Avec ces trois poids lourds désormais en règle, la CENA pourra publier plus rapidement la liste définitive des candidats, ce qui enrichira le débat public et stimulera l’engagement citoyen.

Dans un pays où les élections locales jouent un rôle structurant dans l’équilibre des pouvoirs, cette avancée augure une campagne vivante, porteuse d’idées neuves au service des territoires.

 

Locales 2025 : une étape décisive pour la démocratie de terrain

 

En conclusion, au-delà de la conformité administrative, ce jalon franchi par les partis incarne un engagement collectif pour une démocratie locale solide et inclusive. À mesure que le mois de janvier approche, les regards se tournent vers les stratégies de campagne, avec l’espoir d’un scrutin apaisé, transparent et fidèle aux aspirations des Béninois de terrain.

 

Municipales 2026 : UP-R et BR valident leurs candidatures dans les délais

À Cotonou, à six semaines des élections municipales, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) ont finalisé le dépôt de leurs candidatures dans les délais légaux. Après une alerte de la CENA pour irrégularités, les deux partis ont corrigé leurs dossiers en trois jours, illustrant ainsi leur réactivité et leur respect du cadre démocratique. Cette étape clé renforce la crédibilité du processus électoral et prépare un scrutin pluraliste et apaisé.

 

Cotonou, 6 novembre 2025 – À l’approche des élections municipales du 11 janvier 2026, deux formations politiques majeures, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR), ont finalisé ce matin le dépôt officiel de leurs candidatures. Cette opération, menée dans les délais légaux impartis, consolide la dynamique du processus électoral et ouvre la voie à une validation définitive par les autorités compétentes. Dans ce contexte de compétition accrue, ces régularisations traduisent l’engagement des partis à respecter les normes démocratiques et à jouer pleinement leur rôle dans l’animation de la vie locale.

UP-R et BR : rectification express après alerte de la CENA

 

Le 3 novembre, la Commission électorale nationale autonome (CENA) avait adressé des avis provisoires aux deux partis, signalant de fait des lacunes dans leurs déclarations initiales. Ces notifications, accompagnées d’un accusé de réception temporaire, ont agi comme un signal d’alerte. Grâce à cela, en l’espace de trois jours ouvrables, l’UP-R et le BR ont réagi avec célérité, fournissant les pièces manquantes et transformant des fragilités administratives en conformité totale. Cette réactivité témoigne ainsi de la maturité organisationnelle des structures partisanes face aux exigences du cadre réglementaire.

 

Le cadre légal : une fenêtre de 72 heures décisive

 

En effet, cette régularisation s’appuie sur l’article 41 de la loi électorale, lequel accorde un délai de grâce de 72 heures pour corriger les irrégularités constatées. Pensée pour concilier rigueur et accessibilité, cette disposition évite les exclusions arbitraires qui pourraient compromettre la pluralité des candidatures. C’est pourquoi, grâce à ce mécanisme, les deux formations ont pu aligner leurs dossiers sur les standards requis, écartant tout risque de rejet préliminaire. Jusqu’ici, cette clause a permis à plusieurs acteurs politiques de se repositionner sans heurts majeurs, ce qui renforce la crédibilité du processus.

UP-R et BR régularisent leurs candidatures dans les délais légaux, conformément aux dispositions de la loi électorale.
© UP-R et BR régularisent leurs candidatures dans les délais légaux, conformément aux dispositions de la loi électorale.

UP-R et BR : vers un scrutin communal serein et inclusif

 

Finalement, cette avancée marque un jalon essentiel dans la préparation des échéances locales, où les enjeux de proximité — gestion des infrastructures, services sociaux, développement territorial — seront au cœur des débats. Avec ces régularisations, l’UP-R et le BR rejoignent potentiellement les rangs des candidats éligibles, enrichissant ainsi le paysage politique et offrant aux électeurs une diversité de choix. La CENA, garante de l’équité électorale, poursuivra son examen pour finaliser la liste officielle dans un climat apaisé, propice à une participation citoyenne renforcée. À six semaines du scrutin, ces développements augurent d’une compétition constructive, au service des communes béninoises.

 

Bénin : Daniel Edah propose un sommet national pour sortir de la crise politique

Daniel EdahDepuis Addis-Abeba, l’économiste et analyste politique Daniel Edah adresse une lettre ouverte au président Patrice Talon et aux forces vives du Bénin. Il y propose un gel des réformes en cours et la tenue d’un sommet national inclusif, afin de restaurer la confiance, prévenir l’instabilité et refonder le dialogue démocratique. Une initiative qui fait écho aux tensions révélées par la dernière allocution présidentielle.

 

Addis-Abeba, 6 novembre 2025 — Dans une lettre ouverte adressée au président Patrice Talon et à l’ensemble des forces vives du pays, l’économiste et analyste politique Daniel Edah formule une proposition audacieuse pour désamorcer la crise politique qui couve au Bénin. Portée par une vision d’un État prospère et réconcilié au sein d’une Afrique dynamique, cette initiative intervient au lendemain d’une allocution présidentielle qui a mis en lumière les fractures persistantes du paysage politique. Edah plaide pour un gel temporaire des réformes en cours et la tenue d’un grand forum inclusif, afin de restaurer la confiance et de prévenir une dérive vers l’instabilité.

 

 Une allocution présidentielle qui révèle les lignes de fracture

 

La prise de parole de Patrice Talon, le 4 novembre, a marqué les esprits par sa rare franchise. Le chef de l’État a reconnu l’existence d’un contentieux profond avec son prédécesseur Boni Yayi, dont les répercussions continuent d’empoisonner le climat sociopolitique. Selon Edah, cette rivalité personnelle a contaminé plusieurs réformes majeures, transformant des avancées attendues en instruments de confrontation. Talon, se présentant comme l’architecte exclusif de ces transformations, revendique le droit de les moduler à sa convenance, rendant toute alliance durable avec l’opposition illusoire. Une posture qui, selon l’auteur, révèle les limites d’un système partisan réformé mais encore inadapté aux échéances de 2026.

 

 Un cadre électoral sous tension

 

Les réajustements du calendrier législatif, contrastant avec l’inflexibilité présidentielle et les reports successifs des scrutins municipaux, illustrent, selon Edah, les dysfonctionnements d’un processus électoral en panne. Le seuil de 20 % des voix par circonscription pour accéder au Parlement constitue un verrou quasi infranchissable pour les partis isolés, les contraignant à des alliances fragiles. Plus encore, l’absence du principal parti d’opposition dans la course à la magistrature suprême cristallise les tensions. Pour Edah, ces anomalies ne sont pas de simples détails techniques : elles risquent d’aggraver les divisions à un moment où le pays a besoin d’unité pour relever ses défis collectifs.

 

Daniel Edah propose  une sortie de crise par le retrait concerté

 

L’analyste entrevoit pourtant une lueur d’espoir dans les propos du président Talon, qui a laissé entrevoir une prise de conscience : celle que la « gouvernance punitive », nourrie de différends personnels, nuit à la cohésion nationale et au quotidien des citoyens. L’idée d’un retrait simultané de la scène politique avec Boni Yayi, bien que lancée unilatéralement, traduit selon Edah une volonté de réconciliation. « Toute démarche, même vertueuse, devient intenable si elle est dictée par la revanche », écrit-il, appelant à dépasser les ego pour faire primer la paix civile et la vitalité démocratique.

 

 Un dialogue inclusif comme antidote à la défiance

 

Face à une atmosphère de suspicion généralisée, Edah exhorte Talon à suspendre provisoirement le train des élections et la révision constitutionnelle en vue. Il propose un sommet national extraordinaire, sous l’égide des autorités, regroupant tous les courants politiques et acteurs sociétaux. Il invite les alliés du président à endosser ce virage vers la cohésion, tandis qu’il convie Boni Yayi et son parti Les Démocrates à y contribuer via leurs élus, si l’initiative est lancée. Sur le plan régional, il presse la CEDEAO et l’Union africaine d’appuyer cette démarche, non seulement pour sauvegarder la démocratie béninoise, mais aussi pour ancrer la stabilité dans le golfe de Guinée. Finalement, il somme les partenaires internationaux – Nigeria, Afrique du Sud, France, États-Unis, Allemagne et Pays-Bas – de se mobiliser pour cet élan salvateur.

 

Vérité, équité et garde-fous institutionnels

 

Ce cadre de concertation, précise Edah, ne doit en aucun cas se transformer en tribunal partisan. Il doit être un espace de vérité, de franchise et d’ouverture, destiné à rebâtir la confiance entre les élites, à garantir un scrutin futur impartial et à doter le pays de mécanismes durables contre toute dérive autoritaire ou exclusionniste. Le Bénin, fort de son héritage de dialogue et de consensus, se trouve à un tournant historique où l’intérêt national doit prévaloir sur les logiques de clan. « Choisissons la tranquillité et la solidarité pour la paix, la démocratie et la croissance », conclut l’auteur, en appelant ainsi à renouer avec l’esprit de concorde légué par les aînés.

 

Daniel Edah : une main tendue depuis Addis-Abeba

 

Signée depuis Addis-Abeba, cette lettre ouverte résonne comme un cri du cœur pour un Bénin apaisé. À l’approche des élections de 2026, elle pourrait catalyser un momentum inédit, transformant les ombres de la discorde en lumière d’un avenir partagé. Les regards se tournent désormais vers Cotonou : le président Talon saisira-t-il cette main tendue, ou laissera-t-il passer l’occasion d’un sursaut national ?

 

Bénin : Atchadé visé par une rumeur, les Démocrates répliquent

À quelques mois de la présidentielle béninoise, une rumeur virale accuse sans preuve Nourénou Atchadé de manœuvres occultes. La cellule de communication du leader des Démocrates dénonce une tentative de déstabilisation politique et annonce des poursuites judiciaires contre les instigateurs.

 

Cotonou, 5 novembre 2025— Dans le tumulte préélectoral qui agite le Bénin, une ombre numérique vient de s’abattre sur l’un des poids lourds de l’opposition. Depuis le 3 novembre, une allégation anonyme, signée d’un certain Rachidi Boladé Odjo, originaire de Kétou, circule massivement sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées. En effet, le message, accusant sans preuve Nourénou Atchadé – président du parti Les Démocrates et deuxième vice-président de la formation – de manœuvres secrètes, a suscité une réaction immédiate et vigoureuse de son entourage.

 

Une riposte ferme contre une campagne jugée malveillante

 

C’est pourquoi, dans un communiqué publié ce mercredi 5 novembre, la cellule de communication d’Atchadé dénonce une « campagne d’intoxication grossière », orchestrée selon elle pour ternir la réputation d’un acteur politique chevronné.

« Ces élucubrations, remplies de faux-semblants et d’insinuations perfides, visent à miner la solidité interne des Démocrates en pleine période charnière pour le pays », lit-on dans le document, qui réaffirme ainsi l’intégrité irréprochable de leur leader.

Atchadé, dont la trajectoire est marquée par une loyauté constante aux principes démocratiques, n’aurait, selon ses proches, jamais trempé dans des tractations occultes ni dans des alliances douteuses.

 

Une manœuvre de diversion en pleine montée des tensions

 

De plus, ce dérapage virtuel survient alors que les tensions montent à l’approche des échéances de 2026, où Les Démocrates cherchent à consolider leur assise. L’équipe d’Atchadé y voit une tentative de diversion, caractérisée comme « fabriquée de toutes pièces dans des officines partisanes », destinée à semer le doute parmi les militants et à ébranler la confiance publique.

« Aucune base factuelle ne sous-tend ces ragots ; il s’agit clairement d’une pure invention pour détourner l’attention des vrais enjeux nationaux », martèle le communiqué, rappelant que leur président demeure un pilier inébranlable du parti, fidèle à ses convictions et à ses engagements.

 

Mise en garde contre les dérives numériques

 

Face à cette « opération de déstabilisation », la mise en garde est claire : auteurs présumés, diffuseurs et instigateurs s’exposent à des poursuites judiciaires s’ils persistent.

« Ils devront alors étayer leurs calomnies devant les tribunaux, ou en payer le prix », prévient la cellule, soulignant l’attachement d’Atchadé à l’État de droit et au débat loyal.

Toutefois, loin de se laisser ébranler par ces « manigances de couloir », le leader parlementaire réaffirme son cap : défendre avec fermeté les idéaux des Démocrates – justice, avancée sociale et renouveau institutionnel – pour hisser le Bénin vers une ère de dignité retrouvée.

 

Appel à la vigilance citoyenne

 

Enfin, à l’adresse des sympathisants et de l’opinion publique, l’appel est sans détour : vigilance accrue face aux contenus anonymes ou biaisés, conçus pour fissurer l’unité.

« Ne tombez pas dans le piège de la désinformation ; protégez la cohésion qui nous unit », exhorte le message final.

Dans un paysage médiatique saturé de fake news, cette affaire illustre les défis croissants de la politique 2.0 au Bénin, où un simple post peut enflammer les passions. Atchadé, impassible, poursuit sa route : selon lui, la vérité triomphera toujours des ombres numériques.

Sévérin Adjovi alerte sur la réforme constitutionnelle au Bénin

Dix ans après son retrait de la scène publique, Sévérin Adjovi sort de son silence pour dénoncer le projet de réforme constitutionnelle en cours. Dans un communiqué au ton grave, l’ancien ministre et figure de la Conférence nationale de 1990 alerte sur les dérives institutionnelles et appelle à une refondation démocratique inclusive.

 

Cotonou, 5 novembre 2025 — Brisant une décennie de silence, Sévérin Adjovi, figure tutélaire de la transition démocratique béninoise, a lancé un cri d’alarme retentissant. Ancien ministre, vice-président du Parlement et maire de la cité historique d’Ouidah, il s’exprime au nom d’un « patriotisme viscéral et d’une quête inaltérable de vérité ». Dans un communiqué qui agite déjà les cercles politiques, il cible sans détour le projet de réforme constitutionnelle en gestation, qu’il qualifie de menace insidieuse contre les fondements de la République.

 

Une alerte morale face à une révision jugée pernicieuse

 

« Les annales jugeront sévèrement ceux qui, face à l’abîme, ont choisi le mutisme par complaisance », assène-t-il d’entrée, invoquant ainsi une urgence morale impérieuse. Pour cet entrepreneur aguerri, membre éminent de la Conférence nationale de 1990 – ce séisme politique qui redessina le Bénin post-dictatorial –, la mouture actuelle de la révision, drapée dans les atours d’une mise à jour institutionnelle, dissimule un poison lent.

« Elle sape les assises même de notre démocratie, forgées dans la sueur et les débats de cette Conférence fondatrice », tonne-t-il, dénonçant notamment une recentralisation de l’exécutif qui relègue le législatif au rang de faire-valoir et érode les garde-fous judiciaires et populaires. Selon lui, « sans cette symétrie des forces, notre régime n’est plus qu’une coquille vide, un théâtre d’ombres. »

 

Un texte sacré, pas un parchemin à manipuler.

 

Par ailleurs, Adjovi ne se contente pas d’une critique théorique. Il fustige toute tentative de « bricolage constitutionnel » dictée par des calculs partisans. « Un texte suprême n’est pas un parchemin à la disposition d’un individu, d’un parti ou une prolongation de bail au pouvoir ; il est l’acte d’un peuple, tourné vers l’horizon des générations à venir », martèle-t-il.

En outre, cette initiative risque d’exacerber les fractures entre les institutions et la rue, et de précipiter une « glissade institutionnelle » où les organes de l’État deviennent les otages de l’ambition.

 

Appel à une concertation nationale et inclusive

 

C’est pourquoi, dans un appel vibrant à l’unité, l’ex-maire d’Ouidah – ville symbole de résistances ancestrales – plaide pour une concertation authentique et ouverte. « Le Bénin d’aujourd’hui appelle non pas une opération chirurgicale hâtive, mais un bain de confiance mutuelle et un pont de réconciliation », insiste-t-il.

Ainsi, il en appelle aux partis politiques, aux voix citoyennes, aux guides spirituels, aux militants associatifs et aux plumes journalistiques pour veiller jalousement sur le legs de 1990. « C’est à nous, les aînés de cette ère, qu’incombe la mission sacrée de sauvegarder ce trésor, afin que les jeunes d’après-demain puissent encore miser sur le serment de notre République. »

 

Un réquisitoire contre les dérives démocratiques

 

De plus, Adjovi dresse un réquisitoire sans concession contre les entorses accumulées : certificat de conformité court-circuitant la Cour constitutionnelle, charte des partis étouffante, parrainage élitiste, justice instrumentalisée, lois électorales « toxiques », répression meurtrière de foules pacifiques, normes modifiées en pleine course électorale, et conditions humiliantes imposées à l’opposition.

« La liste est interminable, et la mesure est comble », tranche-t-il. En conséquence, « le Bénin n’a cure d’une énième manipulation constitutionnelle : il implore les Grandes Assises de la Refondation nationale ! »

 

Une exhortation solennelle à préserver l’héritage républicain

 

Finalement, Adjovi lance un appel au réveil collectif : « La noblesse authentique d’une nation réside dans l’intangibilité de ses fondations institutionnelles, et non dans l’extension indéfinie d’un cycle au pouvoir. Que la Providence veille sur le Bénin. Que triomphe notre démocratie. »

Ce manifeste, publié en pleine effervescence pré-électorale, pourrait bien catalyser un débat national.

Reste à savoir si les échos d’Adjovi, portés par le vent de l’Histoire, parviendront à temps à tempérer les ardeurs réformatrices ou à enflammer les passions pour une refondation en profondeur. À Cotonou, on murmure déjà : l’ancien lion de la Conférence est de retour, et son rugissement porte loin.

 

Bénin : l’effondrement de l’opposition sent le « sabordage piloté ».

Coïncidence ou complot ? Au moment où le Parlement béninois fonce vers une nouvelle Constitution, la principale force d’opposition s’autodétruit. Les départs en cascade chez Les Démocrates ne sentent pas le hasard, mais le sabordage piloté pour garantir un paysage politique aseptisé avant 2026. Plongée au cœur d’une manœuvre qui vise à sceller irrévocablement le verrou sur la démocratie.

 

 

Cotonou, 5 novembre 2025 –   L’opposition est-elle en train d’être démantelée de l’intérieur ? Le sabordage du parti Les Démocrates (LD) arrive à point nommé pour la mouvance présidentielle. Avec la défection de six députés, la majorité obtient la minorité de blocage nécessaire pour faire adopter sa révision constitutionnelle, validée en première lecture le 3 novembre. Ce coup de théâtre, loin d’être un simple « chaos interne », consolide le « monolithe » politique du Président Patrice Talon et assure son emprise sur le pouvoir à l’approche de la présidentielle de 2026.

 

Une mécanique politique bien huilée

 

Les rouages de cette « opération chirurgicale politique » sont désormais à nu. Le calendrier des démissions, survenues alors que les partis de la mouvance (UP et BR) exigeaient un vote express, écarte la piste de la coïncidence fortuite. Les députés dissidents, comme Michel Sodjinou, justifient leur départ par un « manque de démocratie interne » – cet argument sonne faux pour de nombreux observateurs.

En effet, la question est de savoir où ces élus iront se réfugier, si ce n’est au sein des formations pro-Talon, où la loyauté est de mise. C’est pourquoi, en coulisse, la piste d’une transaction politique est privilégiée. « C’est l’alibi parfait pour masquer une transaction en sous-main », affirme un observateur politique béninois, évoquant des « stigmates d’un chantage bien rodé » impliquant des promesses de promotions ou des pressions sur les circonscriptions.

 

L’accélération constitutionnelle : ultime étape d’une neutralisation

 

Loin d’être un caprice législatif banal, cette accélération constitutionnelle est perçue comme la dernière phase d’une stratégie méthodique visant à neutraliser l’opposition. La réforme, qui prévoit notamment la création d’un Sénat et la redistribution des cartes institutionnelles sans toucher au pouvoir exécutif, s’inscrit dans une saga politique entamée bien avant les élections de 2021.

L’histoire est d’autant plus troublante que l’opposition a déjà été affaiblie par des manœuvres juridiques. Il faut rappeler que la Cour constitutionnelle a déjà écarté le parti Les Démocrates (LD) de la présidentielle de 2026, confirmant le rejet de sa candidature pour des motifs techniques jugés « légers » par les critiques.

Le parrain spirituel de LD, l’ex-président Boni Yayi, ne s’y trompe pas. Dans une déclaration tonitruante le 4 novembre, il rejette fermement la création du Sénat, qualifiant cette future chambre haute d' »institution fantoche » conçue uniquement pour « diluer toute dissidence ». Assénant que la réforme est une « farce », il dénonce l’existence d’une « campagne de débauchage » ourdie depuis des mois pour « éviscérer » son parti.

« Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette farce », a-t-il déclaré, fustigeant une « campagne de débauchage » menée depuis des mois.

 

Le timing qui dérange : l’accusation de manipulation de certain membre d’opposition

 

Les faits crient à la manipulation, et le timing est éloquent. La vague de démissions, soit plus de six députés en une semaine, survient en pleine polémique. L’ancien candidat Daniel Edah a interpellé le Chef de l’État dans une lettre ouverte du 1ᵉʳ novembre, qualifiant la révision constitutionnelle d' »inopportune » et destinée à servir « un régime en quête d’immortalité politique ».

M. Edah va plus loin en interpellant directement les transfuges : il les accuse de trahir non seulement leur parti, Les Démocrates (LD), mais « l’essence même de l’alternance » chérie par le Bénin depuis 1991.

Pourquoi une telle précipitation dans le démantèlement ? La réponse est stratégique : l’existence d’un candidat LD de la trempe de Reckya Madougou (actuellement en prison) ou d’un « Yayi-bis » représente la seule menace sérieuse pour le Président Patrice Talon. Fort de réformes économiques controversées, le chef de l’État cherche manifestement à s’assurer un paysage politique aseptisé. Sans le parti LD, la mouvance présidentielle verrouillerait l’accès aux budgets, les nominations locales et, surtout, l’accès aux urnes pour 2026.

 

Déni officiel contre-preuves de la stratégie du sabordage de l’opposition

 

Le parti au pouvoir balaye ces soupçons d’un revers de main, mais les faits s’accumulent. Par la voix de ses porte-parole, la majorité martèle qu’il s’agit d' »une affaire interne à LD, point final », ignorant le timing « opportun » de ces défections.

Pourtant, cette crise s’inscrit dans un schéma récurrent de neutralisation. Depuis 2019, le régime a durci les mécanismes de la charte des partis, alourdi le parrainage présidentiel, et muselé plusieurs médias d’opposition.  Par conséquent, le parti Les Démocrates (LD) se retrouve exsangue.

Malgré un communiqué du 2 novembre réaffirmant son unité, LD voit ses prochaines échéances (communales et législatives) déjà hypothéquées. Pour de nombreux analystes, cette prétendue « affaire interne » n’est que de la « poudre aux yeux » : un théâtre où les acteurs démissionnaires, jouant les victimes, endossent en réalité le rôle de complices d’une manœuvre politique.

 

Plus qu’une crise, la montée de l’autoritarisme

 

Cette saga dépasse la simple crise partisane ; elle est le révélateur d’un autoritarisme rampant. Le pouvoir utilise le débauchage comme une lame empoisonnée pour anesthésier toute contestation. Les démissions ne sont pas un suicide collectif, mais un assassinat commandité de l’opposition.

Si Les Démocrates (LD) s’effondrent, ce n’est pas par faiblesse intrinsèque. C’est parce que le Président Talon et sa cour ont tout orchestré pour que l’opposition ne soit plus qu’un écho lointain dans le paysage politique.

À l’approche de 2026, la question n’est plus « qui affrontera le président ? », mais plutôt : « Où est passée la démocratie que nous promettaient ces révisions constitutionnelles ? » Le temps presse pour une mobilisation citoyenne : il faut agir avant que le verrou ne scelle pour de bon l’alternance.

Boni Yayi rejette la réforme du Sénat au Bénin

Dans une déclaration nocturne, Boni Yayi, ancien président du Bénin et chef de file des Démocrates, rejette fermement la réforme constitutionnelle visant à instaurer une chambre sénatoriale. À l’approche de la fin de la législature, il dénonce une dérive autoritaire et appelle ses partisans à bloquer le projet au Parlement, plaidant pour un référendum populaire.

 

Cotonou, 4 novembre 2025 – L’ancien président béninois Boni Yayi, figure emblématique de l’opposition et chef de file des Démocrates (LD), a franchi un cap décisif dans son bras de fer avec le pouvoir. En effet, dans une déclaration diffusée dans la nuit hier, il a rejeté sans détour la réforme constitutionnelle en cours, qui prévoit la création d’une chambre haute, et a juré de ne jamais y siéger.

Ce coup d’éclat intervient alors que le texte progresse rapidement au Parlement, ravivant les tensions à l’approche de la fin de la 9ᵉ législature.

« Je refuse catégoriquement d’intégrer cette assemblée, que ce soit comme membre automatique ou en simple spectateur bienveillant », a martelé Yayi, dénonçant une « entorse grave à nos fondements démocratiques » menée dans un climat d’isolement et de verrouillage du débat pluraliste.

Boni Yayi  juge la réforme dangereuse et personnalisée

 

Pour l’ex-chef d’État, cette révision ne consolide pas les institutions : elle les fragilise. En plus, elle bouleverserait les équilibres entre les pouvoirs et ouvrirait la voie à des dérives autoritaires. Yayi fustige une « structure fantôme », taillée sur mesure pour flatter un ego solitaire, déconnectée des urgences nationales.

« Cette révision bouleverse l’essence même de notre système politique, menaçant les conquêtes arrachées de haute lutte par les Béninois », alerte-t-il, évoquant un risque de glissement autoritaire.

Boni Yayi : Appel à la mobilisation et au référendum

 

Dans un appel vibrant, Yayi exhorte les 22 députés encore fidèles à son mouvement à opposer un « veto stratégique » lors des débats finaux. Il plaide aussi pour un référendum populaire, seul garant selon lui de la souveraineté citoyenne.

« Unissons-nous pour sauvegarder notre République, notre liberté et notre solidarité nationale, contre toute distorsion qui hypothèque notre cohabitation pacifique et l’horizon de nos enfants. »

Une réforme en marche… et sous tension

 

La proposition de loi, introduite le 31 octobre à l’ouverture de la session automnale, a franchi un jalon décisif : elle a été validée à l’unanimité par la commission des Lois le 3 novembre. Portée par Aké Natondé (UP-R) et Assan Seïbou (BR), elle est présentée comme un outil de pacification, visant à instaurer un Sénat chargé d’harmoniser les visions politiques et de stimuler le débat d’idées.

Par ailleurs, ce Sénat regrouperait d’anciens chefs d’État, ex-présidents d’institutions et hauts responsables militaires. Sa mission : veiller à la pérennité des institutions, à l’harmonie sociale et à la sauvegarde des droits fondamentaux.

Mais, dans un pays où la précarité reste criante, les opposants dénoncent une réforme élitiste, déconnectée des réalités populaires.

« À quoi bon multiplier les palais pour des sages oisifs quand le pain manque sur les tables ? », s’interroge-t-on dans les rangs contestataires.

 

 Vers une plénière décisive

 

Reste à savoir si l’anathème lancé par Yayi, dans un contexte d’opposition affaiblie depuis 2019, parviendra à cristalliser une résistance parlementaire ou à imposer un plébiscite national. La plénière à venir s’annonce comme une arène décisive, à l’heure où le Bénin oscille entre aspirations réformatrices et spectres d’un passé contesté.

Les Démocrates, fragilisés par des défections récentes, misent sur ce sursaut pour reconquérir un espace vital avant l’échéance de 2026.

 

 

Gbadamassi accuse Boni Yayi d’être le noyau de la crise chez Les Démocrates

À Cotonou, le ministre conseiller Rachidi Gbadamassi a lancé une charge virulente contre l’ancien président Boni Yayi, qu’il accuse d’être à l’origine des turbulences qui fragilisent son parti Les Démocrates. En réaction à l’annonce d’une pause pour raisons médicales de l’ex-chef d’État, Gbadamassi dénonce une stratégie de diversion, pointant une gouvernance chaotique et une rébellion latente à l’approche de la présidentielle de 2026.

 

Cotonou, 3 novembre 2025 – Dans une déclaration au vitriol, le ministre conseiller Rachidi Gbadamassi a désigné l’ancien président Boni Yayi comme l’élément déclencheur des turbulences internes qui secouent actuellement son parti Les Démocrates. Réagissant à l’annonce d’une pause pour raisons médicales formulée par l’ex-chef d’État, Gbadamassi rejette ce motif, qu’il qualifie aussi de manœuvre habile destinée à masquer des dysfonctionnements profonds au sein de la formation.

 

Gbadamassi : une accusation frontale contre Boni Yayi

 

« Cette soi-disant retraite pour motifs de santé n’est qu’un écran de fumée, même si les questions de bien-être personnel méritent une discrétion respectueuse. La source unique de ce chaos au sein des Démocrates porte un nom : Boni Yayi », a lancé sans détour le proche du pouvoir lors d’un point presse improvisé. Selon lui, cette annonce vise à désamorcer une vague de contestations internes imminente.

Gbadamassi prédit une montée en puissance des tensions, qu’il attribue à une gouvernance jugée erratique. « Depuis plusieurs mois, une fronde interne s’installe, alimentée par les choix contestés de Boni Yayi à la tête du parti. Par ailleurs, cette agitation va s’amplifier dans les prochains jours, et son discours sur les pressions extérieures ou les tentatives de déstabilisation n’est qu’une parade anticipée pour en atténuer l’impact », a-t-il ajouté, évoquant des rumeurs persistantes de recrutement d’opposants par la mouvance présidentielle.

 

Une opposition en quête de cohésion

 

Cette passe d’armes intervient dans un contexte de fragilité accrue pour Les Démocrates, formation d’opposition qui avait créé la surprise lors des législatives de 2023. Les démissions successives de figures emblématiques, sur fond de désaccords concernant la désignation des candidats pour la présidentielle de 2026, ont déjà entamé la cohésion du parti. L’absence prolongée de Boni Yayi, fondateur charismatique, risque d’exacerber ces divisions, alors que le paysage politique béninois se resserre à l’approche du scrutin.

Gbadamassi, réputé pour sa proximité avec le président Patrice Talon, a enfoncé le clou en appelant à une introspection interne. « Au lieu de chercher des boucs émissaires extérieurs, il serait temps de corriger les errements à la source », a-t-il martelé, laissant entrevoir une recomposition plus large de l’opposition.

 

Une bataille politique aux multiples fronts

 

Les soutiens de Boni Yayi n’ont pas encore réagi officiellement, mais des voix internes laissent entendre que cette offensive pourrait renforcer les rangs loyalistes. À l’orée de 2026, ces joutes verbales rappellent que la bataille pour les alliances et les suffrages se joue autant dans les arènes médiatiques que dans les urnes. Le silence médical de l’ex-président, qu’il soit tactique ou sincère, ajoute une couche d’incertitude à un échiquier politique déjà instable.

 

Wadagni en quête d’alliés chez les frondeurs de l’opposition

À quelques mois d’un scrutin présidentiel décisif, le ministre de l’Économie Romuald Wadagni engage un dialogue discret mais stratégique avec d’anciens députés de l’opposition. 

 

Cotonou, 3 novembre 2025 – À l’approche de la présidentielle de 2026, le climat politique béninois se crispe. Dans ce contexte électrique, Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances et dauphin présumé du président Patrice Talon, entame ce lundi un dialogue stratégique avec un groupe de parlementaires dissidents issus de l’opposition. Une initiative qui pourrait rebattre les cartes au sein de l’Assemblée nationale.

 

Wadagni à la manœuvre : séduire au-delà de la majorité

 

Au programme : une session de discussions avec d’anciens membres du parti Les Démocrates, formation qui avait signé une percée remarquée lors des législatives de 2023. Si les contours de l’échange restent confidentiels, sa temporalité intrigue : en effet, il survient dans la foulée du dépôt d’un projet de loi visant à amender la Constitution de 1990. Porté par deux ténors de la majorité présidentielle, les députés Aké Natondé et Assan Seibou, le texte relance le débat sur des réformes institutionnelles de grande ampleur.

Mais pour franchir l’étape parlementaire, le projet devra recueillir l’adhésion des trois quarts des 109 élus, conformément aux articles 154 et 155 de la loi fondamentale. Or, avec 81 sièges, le camp présidentiel ne dispose pas de la majorité requise. Par conséquent, il lui faut donc séduire au-delà de ses rangs. Tous les regards convergent vers les 28 députés élus sous la bannière des Démocrates fragilisisés par des conflits internes.

 

Dissidence, calculs et incertitudes : les clés d’un basculement

 

Parmi eux, six ont récemment claqué la porte du parti, dénonçant avec virulence le processus de désignation des candidats à la présidentielle. Leur rupture, sur fond de tensions internes, a accentué les lignes de fracture au sein de l’opposition. Leur présence à la rencontre de ce jour reste incertaine : participeront-ils tous, ou s’agit-il d’un noyau plus restreint ?

Si cette rencontre débouche sur un rapprochement, elle pourrait redessiner les équilibres parlementaires à un moment où les enjeux constitutionnels pèsent lourd sur l’avenir politique du pays. En plus, les observateurs scrutent avec attention les premiers signaux de ces pourparlers, susceptibles d’influer tant sur la trajectoire de la réforme que sur les alliances en vue du scrutin présidentiel.

 

Vers un basculement politique ?

Alors que le projet de révision constitutionnelle cristallise les tensions, la rencontre entre Romuald Wadagni et les dissidents de l’opposition pourrait bien devenir le pivot d’un rééquilibrage politique majeur. Si des alliances se nouent en coulisses, elles pourraient non seulement débloquer le processus législatif, mais aussi redéfinir les rapports de force à l’approche du scrutin présidentiel.

Dans ce jeu d’influences, chaque geste compte, et le silence des protagonistes laisse place à une attente fébrile : celle d’un signal, d’un basculement, ou d’un compromis décisif.

Municipales 2026 au Bénin – Clôture des candidatures : cinq partis en lice

Candidatures bouclées à la CENA : cinq partis entrent dans la course aux mairies après un sprint final. Le Bénin se prépare à des municipales sous haute tension démocratique.

 

Cotonou, 29 octobre 2025 – La course aux mairies s’est achevée dans une atmosphère électrique mardi soir au siège de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). À minuit tapant, le guichet des déclarations de candidature pour les élections municipales du 11 janvier 2026 s’est refermé, mettant ainsi un terme à une journée marquée par un calme apparent… suivi cependant d’un afflux spectaculaire. Cinq formations politiques ont finalement validé leur participation dans les toutes dernières heures, illustrant une mobilisation tardive mais conforme au calendrier électoral.

Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026
© Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026

Les municipales  : d’un faux départ à une ruée finale

 

En effet, la journée du 28 octobre avait pourtant démarré dans une étonnante torpeur. À 19 heures, alors que l’échéance approchait à grands pas, aucun dossier n’avait encore été officiellement enregistré à Ganhi, siège de la CENA. L’institution, fidèle à son rôle de gardienne du processus, maintenait néanmoins le cap sur le respect strict de la période légale de dépôt, fixée du 24 au 28 octobre.

Le déclic est survenu à 19 h 45, avec l’arrivée remarquée d’une délégation du Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). Ce parti historique, porté par l’ancien président Boni Yayi, a ouvert le bal d’une soirée qui allait rapidement s’intensifier. À 22 h 59, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) emboîtait le pas, devenant ainsi le deuxième acteur à officialiser sa candidature.

Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026
© Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026

Une montée en puissance orchestrée

 

La dynamique s’est ensuite accélérée dans les heures suivantes. MOELE-Bénin et Les Démocrates (LD) ont successivement déposé leurs dossiers, portant à quatre le nombre de partis en lice. Chaque dépôt s’est déroulé dans le strict respect des procédures, et ce sous l’œil vigilant des agents électoraux, garants de l’intégrité des documents soumis.

L’ultime rebondissement est intervenu à 23 h 46, avec l’arrivée in extremis du Bloc Républicain (BR), formation proche du pouvoir. En bouclant la liste des cinq partis engagés, le BR a clos une séquence haletante, à une minute seulement de la fermeture du portail de la CENA.

Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026
© Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026

Les municipales  :  un scrutin à fort enjeu démocratique

 

Il est clair que ces dépôts de dernière minute traduisent l’intensité d’un scrutin qui s’annonce disputé. Maintes fois reportées, les élections communales de 2026 constituent un test crucial pour la vitalité démocratique du Bénin, laquelle est encore marquée par les tensions post-législatives de 2021.

La CENA, saluée pour son indépendance, a qualifié cette phase de dépôt de candidatures de « conforme au Code électoral ».

« Nous restons mobilisés pour assurer une procédure irréprochable, de la réception à la validation », a déclaré un porte-parole en fin de soirée.

La prochaine étape sera l’examen des dossiers, assorti d’un délai de recours, avant le lancement officiel de la campagne.

Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026
© Clôture des candidatures à la CENA : cinq partis politiques en lice pour les municipales du 11 janvier 2026

Les municipales  : une compétition ouverte dans un paysage fragmenté

 

En conclusion, dans un contexte politique mouvant, où les alliances se font et se défont, ces cinq candidatures posent les jalons d’une bataille électorale intense dans les 77 communes du pays. Entre volonté de continuité et aspirations au changement, les électeurs auront à trancher.

Pour l’heure, la CENA reste en alerte, promettant un scrutin placé sous le sceau de la transparence et de l’équité. Les regards se tournent désormais vers l’étape suivante : la question est de savoir qui franchira l’épreuve du feu administratif ?

 

Daniel Edah appelle à l’unité pour un Bénin réconcilié

« Ne relâchons pas nos efforts » : Daniel Edah mobilise pour un Bénin juste, apaisé et ambitieux. Son appel résonne comme un pacte citoyen face aux défis démocratiques.

 

Pahou, 29 octobre 2025 – Ce mercredi, dans une lettre ouverte diffusée, Daniel Edah, président du mouvement Nous Le Ferons et figure influente du parti Les Démocrates, a lancé un appel vibrant à la mobilisation citoyenne. À l’approche d’une présidentielle sous tension, il s’efforce ainsi de conjurer le découragement ambiant, tout en réaffirmant une vision ambitieuse pour un Bénin réconcilié, sécurisé et prospère.

« Votre engagement m’oblige à ne jamais dévier de notre objectif commun : faire de notre pays une véritable nation, où chaque citoyen se sent en sécurité, quelle que soit l’origine de son leader », écrit-il, invitant par conséquent ses soutiens à transformer les épreuves en levier d’action.

 

Un message de gratitude et de résilience

 

Par ailleurs, Daniel Edah ne masque pas les turbulences internes qui secouent son camp.

« Malgré les défis actuels au sein des Démocrates, que nous vaincrons collectivement avec l’aide divine, je vous remercie pour la confiance inébranlable que vous nous accordez », déclare-t-il.

En plus, il insiste sur le rôle décisif de la mobilisation populaire dans l’émergence de son mouvement comme force crédible sur l’échiquier politique béninois. Loin de considérer les obstacles comme une fin de parcours, il les présente plutôt comme une transition nécessaire :

« Ne relâchons pas nos efforts. Ensemble, assurément, nous surmonterons ces vents contraires. »

 

Une alternative politique dans un climat de défiance

 

Ce discours intervient dans un contexte de frustration croissante, où les manœuvres électorales nourrissent un sentiment d’impuissance. Edah se positionne en rempart moral, appelant à privilégier « la confrontation des idées plutôt que des egos ». Depuis plus d’une décennie, son mouvement défend un projet structurant : un Bénin économiquement florissant, socialement harmonieux et pleinement intégré à une Afrique en pleine ascension.

 

Une vision éthique, un combat fondateur

 

« Nous avons imposé dans le débat public le choc des projets, non des personnalités », rappelle-t-il, revendiquant une constance stratégique face aux tentations du ralliement opportuniste.

Il qualifie également cette phase de « succès éthique et stratégique », fruit d’une ténacité assumée.

« Dans une époque où l’on troque ses principes pour un semblant de quiétude, choisissons la droiture et la loyauté envers nos convictions », plaide-t-il.

Son appel dépasse les clivages : il s’agit désormais de bâtir une politique fondée sur des valeurs partagées, afin d’éradiquer les « pratiques toxiques » qui entravent le progrès et ternissent l’image du pays.

« Notre bataille démocratique ne fait que s’amorcer. Restons des pionniers, des paveurs de routes nouvelles », insiste-t-il.

 

Vers un Bénin apaisé, sous le signe de l’espoir

 

Edah conclut sur une note fédératrice :

« Avec foi et ardeur, nous le réaliserons. Il fera bon vivre partout et pour tous au Bénin. »

Son cri de ralliement, « Nous le ferons », résonne comme un serment collectif face à l’adversité. Enfin, il invoque une bénédiction divine sur le Bénin et l’ensemble du continent africain, scellant un message qui transcende les clivages partisans.

À Pahou, loin des coulisses fiévreuses de Cotonou, Daniel Edah incarne une résistance sereine. Reste à voir si cet élan mobilisateur franchira les frontières de son camp, dans un pays où les alliances se nouent au rythme des enjeux électoraux. Pour l’heure, son plaidoyer pour une « nation rassurante » pourrait bien raviver la flamme d’un engagement citoyen plus large, au-delà des déceptions du moment.

 

Le Bénin, dernier front de Kémi Séba

À six mois de la présidentielle de 2026, l’activiste panafricaniste Kémi Séba recentre son combat sur le Bénin, sa terre natale. Dans une déclaration virulente, il accuse le pouvoir de verrouillage démocratique et promet de harceler le régime jusqu’à l’échéance électorale. 

 

Cotonou, 28 octobre 2025 – Figure emblématique de la lutte anticoloniale en Afrique et dans la diaspora, l’activiste Kémi Séba franchit un cap décisif : il désigne désormais le Bénin comme le théâtre principal de son engagement politique. Dans une déclaration percutante diffusée sur les réseaux sociaux, il annonce son intention de concentrer ses efforts sur la contestation du régime en place, qu’il accuse de réprimer l’opposition et de perpétuer une forme modernisée de domination française.

 

Kémi Séba : une posture enracinée dans la cohérence morale

 

Connu pour ses mobilisations contre le néocolonialisme à travers le continent, Séba aurait pu continuer à œuvrer sur les fronts internationaux où son empreinte est déjà indélébile. Pourtant, Kémi Séba, profondément attaché à ses racines béninoises, refuse d’ignorer les tensions qui traversent son pays d’origine.

« Je ne pourrais pas dormir tranquille en ignorant les atteintes portées à mes compatriotes ici, au cœur de la patrie », confie-t-il.

Pour lui, dénoncer les discriminations subies par les Africains à l’étranger tout en fermant les yeux sur celles qui gangrènent l’intérieur du pays relèverait de la trahison. Cette cohérence morale, revendiquée avec force, guide son virage stratégique.

 

Une gouvernance sous feu critique

 

Au cœur de son réquisitoire : une gouvernance qu’il qualifie d’exclusive et répressive, particulièrement depuis 2019. Selon lui, le pouvoir en place verrouille l’accès aux urnes, emprisonne ou pousse à l’exil les voix dissidentes, et consolide les privilèges d’une élite au détriment d’une population appauvrie.
Séba assume pleinement son rôle de perturbateur, promettant ainsi  de « semer le désordre » dans ce qu’il décrit comme un système corrompu, pilier d’une « Françafrique 2.0 ».

 

Un climat politique sous tension

 

À l’approche des élections présidentielles d’avril 2026, le climat politique au Bénin s’électrise. La récente invalidation de la candidature du principal opposant par la Commission électorale alimente les craintes d’un recul démocratique sous la présidence de Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016.
Des observateurs pointent une escalade de la répression, marquée par des restrictions croissantes des libertés d’expression et d’association, dans un pays autrefois salué pour sa vitalité démocratique.

 

Kémi Séba , entre lucidité et dénonciation

 

Loin d’ignorer les avancées en matière d’infrastructures, Séba les reconnaît avec lucidité. Mais il appelle à une enquête sur les flux financiers qui les entourent, dénonçant une austérité imposée au peuple pendant que les coulisses profitent à une minorité.

« À quoi rime une façade rutilante si elle dissimule la saignée des citoyens ? », interroge-t-il, opposant le « développement des routes » à l’asphyxie du « développement humain ».

 

Une mémoire politique convoquée

 

Pour légitimer sa posture, Séba convoque l’histoire récente. Il rappelle comment Patrice Talon, alors opposant à Yayi Boni, s’était exilé en France entre 2012 et 2015 pour orchestrer une déstabilisation depuis l’extérieur, soutenant des mouvements citoyens comme les « Mercredis Rouges ».

« Ce qu’il s’est permis jadis, nul ne peut nous interdire de le reproduire aujourd’hui contre son propre clan », assène-t-il, avec une ironie mordante.

 

Vers une refondation ou une polarisation ?

 

Ce positionnement radical, partagé par d’autres figures de la dissidence, pourrait galvaniser une opposition fragmentée et affaiblie. À quelques mois des scrutins, alors que Patrice Talon a déjà placé son dauphin Romuald Wadagni dans les rouages du pouvoir malgré les controverses, la voix de Séba résonne comme un défi lancé au pouvoir, une injonction à l’opposition de sortir de sa torpeur.

En faisant du Bénin son « ultime combat », l’activiste ne se contente pas de dénoncer : il appelle à une refondation profonde, où la souveraineté ne serait plus un slogan, mais un combat quotidien pour la dignité collective.

Entre dénonciation du néocolonialisme, mémoire politique et appel à l’unité, sa posture radicale pourrait rebattre les cartes d’une opposition fragmentée. Mais ce front de résistance suffira-t-il à réveiller une démocratie sous tension ?

Reste à savoir si cette charge frontale portera ses fruits ou si elle accentuera les tensions dans une nation à la croisée des chemins.

 

Bénin : Talon et Boni Yayi en conciliabule discret sur le climat électoral

Cotonou, 24 octobre 2025 – Dans un rare moment de dialogue direct, le président Patrice Talon a reçu ce vendredi son prédécesseur Thomas Boni Yayi pour un tête-à-tête à huis clos, centré sur les enjeux de la présidentielle à venir. L’entretien, tenu dans la plus grande discrétion au palais de la Marina, n’a donné lieu à aucune déclaration officielle, laissant place à toutes les spéculations dans un climat politique déjà sous pression à l’approche de 2026.

 

Talon et Boni Yayi : un échange sans écho, mais lourd de sens

 

Aucune image, aucun communiqué, aucun mot de trop : les deux figures majeures de la scène béninoise ont observé un silence absolu. L’agenda présidentiel s’est contenté d’une ligne laconique confirmant la rencontre, sans en dévoiler la teneur. Une sobriété inhabituelle, qui tranche avec les pratiques de communication habituelles et alimente les interrogations sur la portée réelle de cet échange.

Selon plusieurs sources, les discussions auraient porté sur le processus électoral en cours, notamment les parrainages controversés et les réformes constitutionnelles qui divisent l’opposition. Boni Yayi, leader charismatique des Démocrates, affaiblis par des revers judiciaires récents, aurait tenté de désamorcer les tensions. Talon, souvent accusé de verrouiller le jeu démocratique, aurait saisi l’occasion pour sonder les intentions de son ancien rival, devenu interlocuteur stratégique.

 

Une opposition fragilisée, un pouvoir en veille

 

Cette rencontre intervient dans un contexte préélectoral tendu. Les Démocrates, bastion historique de l’opposition, viennent d’être écartés de la course par la CENA, qui a invalidé leur ticket présidentiel en raison d’irrégularités sur les fiches de parrainage. L’affaire Sodjinou, du nom du député ayant obtenu gain de cause contre son propre parti pour usage abusif de son soutien, illustre aussi les fractures internes qui minent la formation.

Face à cette fragilité, Talon pourrait chercher à maintenir un canal de dialogue ouvert avec Yayi, à la fois pour prévenir une coalition hostile et pour désamorcer une éventuelle fronde. Les observateurs notent que ce type de rencontre, rarissime sous ce régime, rappelle les pratiques d’un Bénin post-consensus, où les grandes manœuvres se jouent souvent en coulisses.

 

Talon et Boni Yayi : le silence comme stratégie

 

L’absence de déclaration officielle n’est pas anodine. Elle pourrait traduire un accord tacite sur des concessions mutuelles – assouplissement du système de parrainage, appel au calme – ou, au contraire, signaler une impasse. À Cotonou, les rumeurs vont bon train : certains évoquent une alliance ponctuelle entre Les Démocrates et le camp présidentiel, d’autres y voient une ultime tentative de Yayi pour relancer la contestation sans s’isoler davantage.

Quoi qu’il en soit, ce face-à-face discret marque un tournant dans la relation entre Talon et Yayi, duo antagoniste qui a façonné la Ve République béninoise. Alors que les candidatures s’affinent et que les alliances se dessinent, ce silence assourdissant appelle à la vigilance. Le Bénin, fidèle à sa tradition de transitions pacifiques, saura-t-il transformer ce murmure en harmonie électorale ? Les prochains jours, entre fuites et annonces, livreront peut-être quelques clés. En attendant, le palais reste muet, et la nation retient son souffle.

 

Bénin 2026 : Le quitus fiscal, une arme politique pour museler l’opposition ?

À moins d’un an des élections générales, le quitus fiscal devient le cœur d’une vive controverse politique au Bénin. Le parti Les Démocrates accuse le pouvoir d’instrumentaliser ce document obligatoire pour écarter ses adversaires. Alors que la plateforme de délivrance vient d’ouvrir, l’opposition dénonce une stratégie d’exclusion et appelle à la mobilisation citoyenne. Le pays entre-t-il dans une zone de turbulences démocratiques ?

Cotonou, 16 septembre 2025 – À moins d’un an des élections générales au Bénin, une polémique enflamme le débat politique. Lors d’un point de presse tenu hier à Cotonou, le parti Les Démocrates a lancé un cri d’alarme : le quitus fiscal, un document clé pour toute candidature électorale, serait utilisé comme une arme politique par le régime en place pour écarter ses adversaires. Alors que la plateforme de délivrance des quitus fiscaux vient d’ouvrir, le principal parti d’opposition dénonce une stratégie d’exclusion orchestrée par le pouvoir, à l’approche des échéances cruciales de 2026. Le Bénin est-il à la croisée des chemins pour sa démocratie ?

 

Le quitus fiscal, une exigence à haut risque

 

Le vendredi 12 septembre 2025, la Direction Générale des Impôts (DGI) a annoncé l’ouverture de la plateforme en ligne pour la demande et la vérification des quitus fiscaux, exigés par l’article 41 du Code électoral pour tout candidat aux élections. Ce document, qui atteste qu’un candidat est à jour de ses impôts sur les trois dernières années, est une condition sine qua non pour participer aux scrutins communaux, municipaux, législatifs ou présidentiels de 2026. Si Les Démocrates ne contestent pas cette exigence, ils pointent du doigt son instrumentalisation.

« Le quitus fiscal est devenu une arme redoutable pour exclure, contrôler et éliminer les adversaires politiques », a déclaré un porte-parole du parti lors du point de presse. Selon Les Démocrates, le régime dit de la Rupture a déjà utilisé ce mécanisme par le passé, notamment lors des élections de 2019 et 2023, pour disqualifier des opposants pourtant en règle fiscalement. De plus, des impositions « fantaisistes » auraient même été infligées à certains candidats, les privant de leur droit de se présenter.

 

Les restrictions de la plateforme font naître la suspicion

 

L’ouverture tardive de la plateforme, annoncée seulement quatre jours avant ce point de presse, alimente les soupçons. Les Démocrates dénoncent des restrictions inquiétantes : les candidats doivent préciser le type d’élection pour lequel ils demandent leur quitus fiscal et ne peuvent postuler que pour un seul scrutin à la fois. Cette limitation, selon le parti, viole le Code électoral, qui n’impose aucune restriction de ce type. « Rien n’interdit à un citoyen de se porter candidat à plusieurs élections, surtout quand les dépôts de candidatures se font à des dates différentes », martèle le parti.

Cette exigence, combinée à un calendrier serré, crée une véritable course contre la montre, particulièrement pour les élections communales et municipales, qui mobilisent un grand nombre de candidats. Par conséquent, pour Les Démocrates, il s’agit d’une manœuvre délibérée pour compliquer l’accès des opposants aux scrutins de 2026.

 

Un appel à la mobilisation citoyenne et à la vigilance

 

Face à ce qu’il qualifie d’« énième machination », le parti Les Démocrates ne compte pas rester les bras croisés. Après avoir alerté sans succès les autorités – via des courriers adressés au ministre des Finances et à la DGI en mars et août 2025 –, le parti appelle à une dépolitisation urgente des institutions électorales. Il exige que les quitus fiscaux soient délivrés sans discrimination, conformément à la loi, à tout citoyen à jour de ses impôts, quelle que soit l’élection visée.

« Nous ne laisserons personne être arbitrairement exclu », a déclaré le parti, lançant un appel vibrant à la mobilisation du peuple béninois et à la vigilance de la communauté internationale.

Les Démocrates promettent de tout mettre en œuvre pour participer aux trois élections de 2026 – communales, législatives et présidentielle – et consolider ainsi la démocratie béninoise, « chèrement acquise ».

 

 Quitus fiscal : l’avenir démocratique du Bénin en jeu

 

À l’approche des élections de 2026, cette polémique met en lumière les tensions croissantes au sein de l’arène politique béninoise. Le quitus fiscal, conçu comme un outil de transparence, est-il en train de devenir une arme d’exclusion ? Alors que les jours s’égrènent, les Béninois observent avec attention : la bataille pour une démocratie inclusive est bel et bien lancée. Les Démocrates, galvanisés, appellent à une « marche irréversible pour la victoire ».

Cette controverse sur le quitus fiscal pourrait-elle fragiliser le processus électoral et la crédibilité des prochaines élections ?

Bénin : Nikki, capitale du leadership féminin

À Nikki, la troisième édition des Rencontres intergénérationnelles femmes leaders politiques Nikki 2025 a réuni plus de 500 participantes pour affirmer une ambition claire : faire du leadership féminin un pilier de la démocratie béninoise, à l’approche des élections de 2026.

 

Nikki, 12 septembre 2025— Nikki est devenue le théâtre d’un appel national à l’action. Dans un contexte électoral décisif, la Vice-présidente Mariam Chabi Talata a ouvert les Rencontres intergénérationnelles femmes leaders politiques Nikki 2025, affirmant que le leadership féminin n’est plus une revendication, mais une exigence démocratique. À quelques mois des scrutins législatifs et municipaux  de janvier 2026, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de transformation politique inclusive.

Rencontres intergénérationnelles femmes leaders politiques Nikki 2025 : un réseau élargi et transfrontalier

 

Venues des 77 communes béninoises, mais aussi de Côte d’Ivoire, de Guinée et de RDC, les participantes ont convergé vers Nikki pour trois jours d’échanges. Grâce à l’appui de partenaires internationaux – Ambassade des Pays-Bas, Coopération suisse via le Programme d’appui à l’égalité de genre (PAEG), ONU Femmes, BAD, Union européenne – l’événement prend une dimension régionale. Ainsi, les débats ont porté sur la représentativité féminine dans les instances de prise de décision, encore faible au Bénin, avec seulement 14 % de femmes à l’Assemblée nationale et à peine comptables au poste de Maires.

Raison pour laquelle Aurélie Adam Soule Zoumarou, Ministre de l’Énergie, a déclaré avec force devant une salle conquise.

« Nous ne voulons pas seulement plus de femmes élues en 2026, nous voulons de meilleures femmes élues. Pas des suppléantes, pas des symboles, mais des décideuses. »

Un leadership féminin assumé et revendiqué

 

De même, Mariam Djougua Sacca Ministre-conseillère aux Affaires sociales a rappelé que le leadership féminin est une urgence démocratique, rappelant ainsi que les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population béninoise, doivent peser pleinement dans les choix qui concernent le pays.

La Vice-présidente Chabi Talata, première femme à ce poste, a insisté sur le rôle clé du dialogue et de la négociation pour conquérir et exercer le pouvoir. Dans un extrait de son discours, elle explique :

« Dans toute quête de pouvoir et dans toute gouvernance, le dialogue et la négociation sont essentiels. Ils permettent de construire des alliances durables, au-delà des clivages partisans. »

 

Rencontres intergénérationnelles femmes leaders politiques Nikki 2025 : entre tradition et modernité

 

Inspirée par la figure de la Gnon Kogui, reine-mère baatonou, cette édition s’ancre dans une symbolique forte. Chez les Baatonou, la Gnon Kogui partage le pouvoir avec l’empereur, incarnant l’équilibre entre gouvernance et sagesse féminine. Ainsi, Nikki devient le centre névralgique de la réflexion sur l’épanouissement des femmes béninoises.

 

Des ateliers pratiques pour une montée en compétence à Nikki

Tout au long des rencontres, les participantes vont exploré des leviers concrets : financement de campagnes, mobilisation communautaire, stratégies de communication. En outre, elles auront partagé des modèles inspirants pour surmonter les barrières culturelles et politiques.

 Une déclaration finale pour transcender les clivages

À l’issue des 72 heures, une déclaration commune est attendue à la clôture dimanche. Par conséquent, des engagements concrets émergeront : quotas renforcés, formation de jeunes militantes, mobilisation de financements internationaux.

Cette troisième édition tombe à pic, dans un contexte où le gouvernement de Patrice Talon pousse les réformes pour l’égalité genre, comme le nouveau code électoral qui réserve des sièges aux femmes au Parlement. Mais les défis persistent : violences politiques, stéréotypes, manque de ressources. C’est pourquoi, les partenaires injectent expertise et fonds pour accompagner les femmes en responsabilité.

 

Une célébration culturelle pour ancrer l’engagement

 

En marge des débats, des danses traditionnelles, des expositions et des hommages à la Gnon Kogui ont rythmé les journées. Ces moments festifs rappellent que le leadership féminin s’enracine dans la culture locale, tout en projetant une vision d’avenir.

En définitive, les Rencontres intergénérationnelles femmes leaders politiques Nikki 2025  vont consolider un réseau, affirmer une vision et tracer une feuille de route pour 2026. Portées par la tradition et la modernité, les femmes béninoises ne demandent plus leur place : elles la prennent, en architectes du pouvoir.

 

Nord-Bénin : le président Djogbénou en tournée de mobilisation

Tournée fédératrice de Joseph Djogbénou : l’Union Progressiste le Renouveau resserre ses rangs pour un Bénin uni et prospère

 

Cotonou, 9 septembre 2025— Dans un Bénin où les défis du développement appellent à une mobilisation collective sans faille, le président de l’Union Progressiste le Renouveau, Joseph Djogbénou, trace la voie d’une renaissance politique ancrée dans l’unité et la détermination. Au fil de sa récente expédition dans le Nord du pays, il a ravivé la flamme des idéaux partagés, plaçant résolument l’intérêt national au cœur de chaque échange afin de forger un avenir où la diversité culturelle devient le socle d’un progrès inclusif.

En tournée dans le Nord du Bénin, Joseph Djogbénou ravive les idéaux de l’Union Progressiste le Renouveau. Dialogue, fidélité et cohésion territoriale au cœur d’un projet politique inclusif et durable.
© En tournée dans le Nord du Bénin, Joseph Djogbénou ravive les idéaux de l’Union Progressiste le Renouveau. Dialogue, fidélité et cohésion territoriale au cœur d’un projet politique inclusif et durable.

Une escale à Bembèrèkè sous le signe de la fidélité

 

Ce périple, qui met en lumière la vitalité du parti, a d’abord conduit M. Djogbénou à Bembèrèkè. Là, il a renoué avec les animateurs de la branche locale, en présence des figures emblématiques de la direction suprême. Ces retrouvailles ont donné lieu à une conversation enrichissante, centrée sur les avancées récentes de la formation et le rappel fervent de ses piliers fondamentaux : une rigueur exemplaire, une solidarité indéfectible et une fidélité absolue au bien-être collectif de la nation.

Le leader a insisté avec force sur ce principe cardinal : toutes les initiatives du mouvement placent invariablement le Bénin au premier plan. Cet engagement a été salué par les participants, qui ont manifesté leur loyauté inébranlable et leur résolution à œuvrer pour le triomphe des objectifs communs. Par conséquent, les responsables territoriaux ont manifesté un soutien total et une énergie renouvelée, affirmant leur volonté de demeurer en alerte pour propulser l’ambition partagée vers de nouveaux sommets. Cette étape a ainsi consolidé les bases d’une action concertée, où chaque voix compte pour bâtir un édifice politique résistant et tourné vers l’essentiel.

N’Dali : le dialogue au cœur de la diversité nationale

 

Le voyage s’est ensuite orienté vers N’Dali, offrant à Joseph Djogbénou l’opportunité de dialoguer avec les membres de la division régionale. L’ambiance, imprégnée d’attention mutuelle et de courtoisie, a permis à chacun d’exprimer ses vues, y compris en bariba, cette langue qui incarne la mosaïque ethnique du pays et souligne la force des racines communes.

Face aux interrogations soulevées, le président a apporté des réponses limpides, les reliant aux enjeux globaux de croissance que la communauté entière doit affronter ensemble. Il a réitéré l’alliance inébranlable du parti au service de la République, dans une harmonie et une persévérance qui transcendent les particularités locales.

En tournée dans le Nord du Bénin, Joseph Djogbénou ravive les idéaux de l’Union Progressiste le Renouveau. Dialogue, fidélité et cohésion territoriale au cœur d’un projet politique inclusif et durable.
© En tournée dans le Nord du Bénin, Joseph Djogbénou ravive les idéaux de l’Union Progressiste le Renouveau. Dialogue, fidélité et cohésion territoriale au cœur d’un projet politique inclusif et durable.

Joseph Djogbénou : un parti enraciné pour un Bénin plus uni

 

À travers ces rencontres, l’Union Progressiste le Renouveau démontre une fois de plus sa capacité à tisser des liens solides au sein de la nation, en s’appuyant sur une transparence qui inspire confiance et une vision qui unit au-delà des frontières géographiques. Tandis que la tournée se poursuit, elle esquisse les contours d’un Bénin plus cohérent, où la cohésion politique pave la voie d’un développement durable et équitable. Mais la vraie question demeure : ces signes de mobilisation se traduiront-ils par une adhésion massive aux prochaines échéances, confirmant ainsi la place du parti en tant que force politique incontournable sur l’échiquier national ?

Les Démocrates défendent leur ancrage démocratique face aux pressions

Victoire symbolique pour « Les Démocrates » : Face aux pressions, Les Démocrates réaffirment leur engagement démocratique et saluent la résistance de leurs 28 parrains.

 

Cotonou, 5 septembre 2025— Le 2 septembre 2025 restera une date clé dans le paysage politique béninois. Ce jour-là, le parti « Les Démocrates » a réussi à obtenir les 28 parrainages nécessaires pour participer à l’élection présidentielle d’avril 2026. Cette étape décisive a été franchie malgré des pressions, des intimidations et des tentatives de déstabilisation dénoncées par le parti.

Lors d’une déclaration solennelle tenue à Cotonou le 5 septembre, les dirigeants du parti ont rendu hommage à leurs députés, qualifiés de « héros nationaux », pour avoir tenu bon face aux manœuvres visant à affaiblir leur cohésion.

« Nos 28 parrains ont plié, mais n’ont pas rompu. Ils ont tenu leur engagement envers le peuple et la démocratie », a affirmé le président du groupe parlementaire.

 

Alerte sur les dérives institutionnelles : un appel à la vigilance lancé par « Les Démocrates »

 

Cependant, au-delà de la célébration de cette victoire, le parti a lancé un appel à la vigilance nationale et internationale. Le parti « Les Démocrates » dénonce, en effet, des tentatives répétées du pouvoir en place pour entraver sa participation aux élections générales, en particulier à la présidentielle.

Le porte-parole du parti a d’ailleurs déclaré : « Nous alertons sur les manœuvres iniques et honteuses visant à affaiblir notre jeune démocratie. »

 

Le peuple en renfort : L’engagement des militants mis en lumière

 

Les Démocrates ont également tenu à souligner le rôle central de leur base militante dans cette séquence politique. Selon le parti, c’est grâce à la mobilisation de leurs partisans que les élus sont restés fidèles à leurs engagements.

« C’est le peuple qui a demandé à ses représentants de tenir bon, de ne pas céder aux promesses ni aux menaces », a rappelé le président du parti.

Cette mobilisation populaire incarne aussi une volonté de défendre les principes de pluralisme, de transparence et de justice électorale, dans un contexte marqué par des tensions institutionnelles.

 

À travers cette déclaration, le parti « Les Démocrates » réaffirme son attachement à une démocratie vivante. En valorisant la fidélité de ses élus et la mobilisation de sa base, il inscrit son action dans une dynamique de résistance politique. Maintenant que le parti est sur la ligne de départ, la vraie course ne fait que commencer. Le parti « Les Démocrates » réussira-t-il à transformer cette victoire symbolique en un réel élan populaire ?

Bénin 2026 : Le gouvernement défend la continuité institutionnelle

Présidentielle 2026 : entre rigueur budgétaire et transition politique, le gouvernement trace sa ligne de conduite face aux critiques.

 

Cotonou, 5 septembre 2025— Le gouvernement béninois n’a pas tardé à réagir aux critiques de l’opposition concernant la désignation de Romuald Wadagni, l’actuel ministre de l’Économie et des Finances, comme potentiel candidat de la mouvance présidentielle pour 2026. Ce vendredi 5 septembre, l’exécutif a fermement rejeté les appels à la démission immédiate du ministre, affirmant que la rigueur de sa gestion et une transition maîtrisée sont les seules priorités.

Wilfried Houngbédji, le porte-parole du gouvernement, a d’ailleurs lancé une pique directe à l’opposition depuis la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères, en déclarant : « Ce n’est pas cette opposition qui nous apprendra à bien faire les choses. »

 

Budget 2026 : une question de continuité

 

Au-delà des débats électoraux, le gouvernement insiste sur l’importance cruciale de finaliser le projet de loi de finances pour 2026. Romuald Wadagni, toujours en poste, est en effet en charge des dernières étapes de ce chantier stratégique avant sa présentation à l’Assemblée nationale. La préparation de ce budget est primordiale, car elle déterminera les actions que le futur gouvernement pourra mener.

« Nous sommes à la veille de la session budgétaire. Il est essentiel que les équipes restent mobilisées pour assurer la transmission et le vote du budget », a souligné Houngbédji, justifiant ainsi le maintien du ministre à son poste.

 

Quitus fiscal : le gouvernement rassure sur la transparence

 

Interrogé sur les craintes de l’opposition concernant la délivrance des quitus fiscaux, le gouvernement a cherché à dissiper les doutes. Selon lui, le processus est encadré par des règles strictes qui garantissent son indépendance de toute influence politique.

« Le ministre n’a aucun pouvoir pour bloquer un quitus à un citoyen éligible », a assuré le porte-parole, ajoutant que « l’administration fiscale est autonome et les dossiers seront traités dans les règles de l’art. »

Par cette déclaration, le gouvernement affirme sa volonté de renforcer la confiance du public dans les institutions et rappelle qu’il a engagé des réformes pour mettre fin aux pratiques opaques.

 

Une transition républicaine en vue ?

 

Finalement, le gouvernement a annoncé que Romuald Wadagni prendra congé de ses fonctions « en temps et en heure » et dans le respect des normes républicaines, le moment venu. Cette décision vise à assurer une campagne électorale équitable tout en garantissant la continuité des missions essentielles de l’État.

Ce moment politique cristallise les tensions, mais il révèle aussi la volonté du gouvernement de structurer la suite avec méthode. Entre les exigences budgétaires et la transparence administrative, la séquence actuelle dessine les contours d’une gouvernance qui se veut responsable. Mais si le gouvernement veut donner des garanties, l’opposition reste aux aguets, prête à dénoncer la moindre entorse. Le débat sur l’équité démocratique est-il pour autant clos, ou ne fait-il que commencer ?