Un forum pour accélérer les investissements pour la femme

À la veille de la Journée internationale des droits de la femme, le gouvernement béninois a organisé, ce jeudi 7 mars, un Forum national sur les investissements au profit de la femme et du genre.

Cette rencontre, qui se tient au Palais des Congrès de Cotonou, vise à faire le bilan des actions menées ces cinq dernières années et à identifier les pistes pour accélérer le rythme de la promotion de la femme dans tous les domaines.

A la veille de la Journée internationale des droits de la femme, le gouvernement béninois a organisé, ce jeudi 7 mars, un forum national sur les investissements au profit de la femme et du genre.
© A la veille de la Journée internationale des droits de la femme, le gouvernement béninois a organisé, ce jeudi 7 mars, un forum national sur les investissements au profit de la femme et du genre.
Un forum participatif et inclusif.

Le forum national sur les investissements au profit de la femme et du genre a réuni les acteurs clés de la société béninoise : les organisations de la société civile, le patronat, les organisations non gouvernementales, les femmes élues communales et locales, les partenaires techniques et financiers, les ministères concernés et l’Institut national de la femme (Inf), qui est à l’initiative de cette manifestation.

Pendant deux jours, les participants échangeront autour de plusieurs communications et panels, qui seront suivis de débats et de recommandations. Ces dernières seront soumises au Conseil des ministres pour validation et mise en œuvre.

Un état des lieux contrasté

Le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, qui chapeaute l’INF, a consacré la première journée du forum à dresser un état des lieux des initiatives, des projets et des programmes en faveur de la promotion de la femme et du genre sur les cinq dernières années.

Il a également fait l’état des lieux de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) à l’aune de la création de l’INF, qui a pour mission de prévenir, de prendre en charge et de réinsérer les victimes de VBG.

Les intervenants ont souligné les avancées réalisées au plan législatif, institutionnel et programmatique, mais aussi les défis qui restent à relever, notamment en matière de sensibilisation, de coordination, de suivi-évaluation et de mobilisation des ressources.

A la veille de la Journée internationale des droits de la femme, le gouvernement béninois a organisé, ce jeudi 7 mars, un forum national sur les investissements au profit de la femme et du genre.
© A la veille de la Journée internationale des droits de la femme, le gouvernement béninois a organisé, ce jeudi 7 mars, un forum national sur les investissements au profit de la femme et du genre.
Des pistes pour accélérer le rythme

Lors de la deuxième journée, le forum se penchera sur les perspectives pour accélérer l’investissement sur les femmes dans différents domaines. Par ailleurs, un panel abordera la question de la participation des femmes à la vie politique, qui reste faible malgré les quotas instaurés par la loi.

Un autre panel portera également sur la convergence et la complémentarité des actions gouvernementales en matière de promotion de la femme et du genre, avec la participation de six ministres de la République.

Le coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Bénin, Salvador Niyonzima, qui a pris part à l’ouverture du forum, a salué l’initiative et a rappelé l’importance de reconnaître et de célébrer la contribution de la femme au développement.

Un impératif face à l’urgence

Le thème de cette Journée internationale de la femme, qui sera célébrée ce vendredi 8 mars, est « Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme ». La présidente de l’INF, Huguette Bokpè Gnacadja, a expliqué que ce thème traduit l’état d’urgence dans lequel se trouve le monde, confronté à des crises multiples : conflits géopolitiques, crises humanitaires, pauvreté et inégalités croissantes, pandémie de Covid-19, changement climatique, cybersécurité…

Ces crises affectent particulièrement les femmes et les filles, qui subissent davantage de violences, d’abus et de privations. « Investir dans la femme est devenu un impératif et cet investissement doit toucher plusieurs domaines simultanément. » « Le Bénin a fait des pas de géant, mais les réalités interpellent toutes les parties et appellent à redoubler d’efforts », a-t-elle déclaré.

Aller plus loin

La présidente de l’INF a également témoigné de la situation dramatique de nombreuses femmes qui viennent solliciter l’aide de son institution, victimes de violences domestiques, conjugales ou professionnelles.

Elle a souligné la nécessité de les accompagner sur le plan émotionnel et psychologique, pour les aider à sortir de l’ignorance qui les conduit à accepter la violence comme une fatalité. Elle a appelé à renforcer les mécanismes de prévention, de protection et de réparation des droits des femmes, ainsi qu’à promouvoir leur autonomisation économique et sociale.

Un renforcement des compétences et de la résilience des femmes

Pour la présidente de l’INF, il est clair que l’heure est à l’investissement dans le renforcement des compétences et de la résilience des femmes par la formation, le mentorat, le coaching, le soutien, la documentation numérique sur les questions d’estime de soi, de confiance en soi, d’intelligence émotionnelle.

Elle a aussi précisé que l’intensification de l’investissement doit aussi gagner les domaines prioritaires tels que : l’éducation, la réintégration scolaire, l’accompagnement psychosocial, l’accès à la technologie et à l’innovation, le développement des compétences professionnelles, entrepreneuriales et financières des femmes et des filles et bien d’autres. « L’institut réfléchit à la nécessité d’investir de façon accélérée dans les femmes, c’est notre vision », a-t-elle martelé.

Un plaidoyer pour une plus grande présence des femmes dans la gouvernance locale

Dans la perspective des prochaines élections, Huguette Bokpè Gnacadja a annoncé qu’elles investissent ensemble avec le Caucus des femmes parlementaires, les partenaires techniques et financiers, les ONG à l’élaboration d’un plaidoyer avec des propositions cohérentes pour une plus grande présence des femmes dans la gouvernance locale.

Elle a fait observer que le forum national sur les investissements au profit de la femme et du genre invite à aller plus loin dans la promotion de la femme et du genre. Elle a exprimé sa gratitude au chef de l’Etat, au gouvernement et à tous les partenaires pour leur soutien et leur engagement en faveur des droits des femmes.

Le Bénin, Vice-Président du Projet SWEDD

Du 26 au 29 février 2024, Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a été le théâtre d’une réunion importante. Les acteurs clé du Projet régional d’autonomisation des femmes et de dividende démographique au Sahel (SWEDD) se sont réunis pour la 7ᵉ session ordinaire du Comité régional de pilotage (CRP) du Projet. Cette réunion a permis d’examiner en détail les résultats, les innovations et les principaux défis du projet au cours des années 2022 et 2023.

Le Bénin, qui a fait preuve de dynamisme et d’innovation dans la mise en œuvre du projet, a été élu au poste de vice-présidence du CRP. Madame Véronique TOGNIFODÉ, ministre béninois chargé des affaires sociales et de la microfinance, a exprimé sa gratitude et sa reconnaissance aux autorités burkinabées pour l’accueil et l’organisation de la session.

Le Bénin, qui a fait preuve de dynamisme et d'innovation dans la mise en œuvre du projet, a été élu au poste de vice-présidence du CRP.
© Le Bénin, qui a fait preuve de dynamisme et d'innovation dans la mise en œuvre du projet, a été élu au poste de vice-présidence du CRP.

Un bilan positif et des perspectives prometteuses

En effet, la session ordinaire du CRP a été l’occasion de faire le point sur les résultats, les innovations et les défis du projet SWEDD au cours des années 2022 et 2023. Les participants ont également partagé les bonnes pratiques et les leçons apprises, ainsi que les projections pour les années à venir. Le projet SWEDD, qui couvre huit pays de la région sahélienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad et Cameroun), vise à accroître l’accès des femmes et des filles à la santé reproductive, à l’éducation, à l’emploi et à l’autonomisation économique. Il s’inscrit dans le cadre de la promotion du dividende démographique, qui consiste à tirer profit de la baisse de la fécondité et de la mortalité pour accélérer le développement socio-économique.

Le Bénin, qui a fait preuve de dynamisme et d'innovation dans la mise en œuvre du projet, a été élu au poste de vice-présidence du CRP.
© Le Bénin, qui a fait preuve de dynamisme et d'innovation dans la mise en œuvre du projet, a été élu au poste de vice-présidence du CRP.

Le Bénin, un modèle d’innovation et de réussite

Parmi les pays impliqués dans le projet SWEDD, le Bénin se distingue par ses performances et ses initiatives novatrices. Le coordonnateur intérimaire du projet SWEDD-Bénin, Prince Comlan Eugène ADJOVI, a présenté les principaux succès et acquis du projet en 2023. Il a souligné que le projet a profité à 33.577 filles des collèges et lycées, qui ont reçu des kits scolaires, des bourses et des transferts monétaires conditionnels. Ces mesures ont contribué à augmenter le taux de rétention des filles à l’école au Bénin.

Le coordonnateur a également mentionné la réalisation d’une 3ᵉ campagne de planification familiale au plan national, qui a permis de recruter plus de 40.000 nouvelles utilisatrices de méthodes modernes de contraception. Ainsi, 188.000 nouvelles utilisatrices ont été atteintes, soit 125,54 % de la cible du projet au Bénin. Il faut aussi mentionner le déploiement de 77 logisticiens de santé pour rendre disponibles les produits de santé au dernier kilomètre.

Des défis à relever et des remerciements du Bénin

Malgré les succès et les innovations du projet SWEDD au Bénin, des défis restent à surmonter pour assurer sa pérennité et son adaptation aux contextes locaux. C’est ce qu’a souligné Madame Véronique TOGNIFODÉ, Ministre béninois chargé des affaires sociales et de la microfinance, lors de la 7ᵉ session ordinaire du CRP. Elle a évoqué la difficulté à concilier les exigences du projet, qui a une dimension régionale, avec les réalités et les besoins spécifiques du Bénin.

La Ministre béninois a également plaidé pour la poursuite de l’accompagnement technique des partenaires du projet, afin de capitaliser les acquis et de renforcer les capacités des acteurs nationaux. La session ordinaire du CRP a été clôturée par l’élection du Bénin au poste de vice-président de l’institution, ce qui témoigne de la reconnaissance du leadership et de l’engagement du pays dans le projet SWEDD.

Madame, la Ministre Véronique TOGNIFODÉ a exprimé sa gratitude et sa satisfaction aux autorités burkinabées pour la qualité de l’organisation de la session, à la Banque mondiale pour son appui technique et financier, et à tous les acteurs impliqués pour le travail remarquable réalisé et les résultats obtenus au cours de l’année 2023.