Un drame domestique a conduit un chef religieux à comparaître ce mercredi 4 février devant le tribunal d’Abomey-Calavi. L’enfant, âgé de seulement huit mois, a trouvé la mort dans des circonstances tragiques, et le prévenu conduisait sans permis.
Le tribunal d’Abomey-Calavi a été le théâtre d’une audience lourde d’émotion. En effet, le pasteur, dont l’identité n’a pas été divulguée, était poursuivi pour homicide involontaire. Les faits remontent à quelques mois et révèlent une tragique chaîne d’inadvertances, qui a coûté la vie à un nourrisson.
Un concours de circonstances fatal
Selon les déclarations de la mère, le pasteur avait demandé son aide pour administrer des médicaments à son frère malade, installé dans un appartement voisin. Pour répondre à cette sollicitation, elle avait laissé son bébé dans la cour, pensant ne s’absenter que quelques instants.
C’est durant ce bref moment que le drame s’est produit : le pasteur a démarré son véhicule et, sans apercevoir le nourrisson, l’a percuté mortellement. Une série de circonstances qui met en lumière les dangers d’une vigilance insuffisante, même dans un cadre domestique.
L’absence de permis, circonstance aggravante
Au-delà de l’accident, la juridiction a relevé un élément aggravant : le prévenu ne possédait pas de permis de conduire au moment des faits. En effet, cette lacune transforme l’incident en faute pénale et complique considérablement la défense du chef religieux.
« La responsabilité est ici double : humaine et légale », a commenté un observateur présent à l’audience.
Une comparution libre et un renvoi
Malgré la gravité des faits, le pasteur a comparu libre. Après avoir entendu les premières dépositions, le juge a renvoyé le dossier au 29 avril 2026 pour la continuation des débats. Ce délai permettra de clarifier les responsabilités et d’évaluer d’éventuelles réparations civiles, même si la douleur de la famille demeure intacte.
En somme, à Abomey-Calavi, cette affaire rappelle tragiquement les dangers liés à la conduite sans permis et les précautions à prendre au sein des concessions privées.
Dans un communiqué publié le 5 février, l’ambassade de Russie à Cotonou exhorte les citoyens russes à différer tout voyage non essentiel vers le Bénin. Entre menace djihadiste au Nord et instabilité politique persistante, le pays de Patrice Talon est placé sous haute surveillance par la diplomatie russe.
Ce signal rare mérite d’être souligné. La Fédération de Russie, dont l’influence grandit sur le continent, vient de rejoindre le cercle des pays émettant des réserves sécuritaires sur la destination Bénin. Sur sa page officielle, l’ambassade de Russie au Bénin et au Togo a diffusé, le jeudi, une recommandation on ne peut plus claire : les voyageurs doivent limiter leurs déplacements vers le territoire béninois aux seuls cas de « nécessité absolue ».
Un cocktail de risques : coup d’État et menace terroriste
Pour justifier cette mise en garde, la diplomatie russe s’appuie sur une lecture froide de l’actualité récente du pays. Deux facteurs majeurs ont fait basculer le curseur de la vigilance au rouge.
D’une part, les séquelles de la tentative de coup d’État de décembre 2025. Bien que les autorités béninoises aient affirmé avoir repris le contrôle de la situation, cet événement a laissé des traces dans la stabilité perçue des institutions. D’autre part, la dégradation sécuritaire dans la partie septentrionale du pays. Le Nord du Bénin, frontalier du Burkina Faso et du Niger, fait face à une activité accrue de groupes extrémistes violents, obligeant les forces de défense et de sécurité (FDS) à une mobilisation permanente.
Les étrangers sous l’œil de Cotonou
Le communiqué de l’ambassade russe pointe également un aspect crucial de la vie quotidienne actuelle au Bénin : le durcissement du contrôle administratif.
« Les autorités béninoises ont intensifié leur présence sécuritaire et accordent une attention particulière à la surveillance des mouvements des étrangers », précise la représentation diplomatique.
En clair, les services de renseignement béninois sont susceptibles d’accroître leur suivi à l’égard de tout ressortissant étranger, et particulièrement de ceux issus de puissances impliquées dans la géopolitique régionale. Moscou invite donc ses citoyens à « respecter strictement les consignes de sécurité » et à rester à l’écoute des autorités locales.
Une diplomatie de précaution
Cette alerte intervient alors que le Bénin tente de rassurer les investisseurs internationaux sur la résilience de son modèle économique. Si la France ou les États-Unis émettent régulièrement ce type d’avis via leurs plateformes « Conseils aux voyageurs », l’initiative de Moscou souligne une lecture préoccupée de la situation intérieure béninoise.
Pour les voyageurs et les opérateurs économiques russes, cet avertissement est un coup de frein brutal. Il illustre surtout la fragilité d’un pays qui, longtemps considéré comme une « oasis de paix » en Afrique de l’Ouest, doit désormais composer avec les turbulences sécuritaires propres au Sahel.
Élu sous la bannière de l’opposition, le député Michel Sodjinou fait face à un recours en invalidation pour « défaut de confiance ». En cause : un revirement sur la question ultra-sensible des parrainages pour la présidentielle de 2026. La décision est attendue ce jeudi.
Au Bénin, la bataille pour la présidentielle de 2026 ne se joue pas seulement dans les états-majors des partis, mais aussi dans les prétoires. Ce jeudi 5 février, la Cour constitutionnelle, présidée par Dorothé Sossa, s’est penchée sur un dossier explosif : la contestation de l’élection du député Michel Sodjinou.
Un « défaut de confiance » au cœur des débats
Le requérant, Ousmane Gomè Gomè, a déposé un recours visant l’invalidation du siège parlementaire de l’élu. Le grief invoqué, bien que singulier sur le plan juridique, est éminemment politique : le « défaut de confiance ».
Selon le rapport présenté lors de l’audience, il est reproché à Michel Sodjinou son attitude lors de la phase cruciale du dépôt des candidatures pour le scrutin présidentiel à venir. Le requérant accuse le député d’avoir retiré son parrainage au candidat du parti Les Démocrates (opposition), une manœuvre perçue comme une tentative de déstabilisation de sa propre famille politique.
« Le député n’est plus digne de confiance pour siéger à l’Assemblée nationale », soutient Ousmane Gomè Gomè dans son recours.
Une chaise vide à l’audience
L’audience, qui s’est ouverte à 10 heures précises, a révélé une double absence notable : celle du requérant, mais aussi celle du principal concerné. Le rapporteur de la Cour a précisé que Michel Sodjinou n’avait ni répondu à l’invitation de la juridiction, ni transmis d’observations écrites pour sa défense.
Ce mutisme soulève des interrogations alors que le système des parrainages – qui impose à chaque candidat d’obtenir le soutien d’un certain nombre d’élus – verrouille encore le jeu électoral béninois. L’opposition considère chaque défection comme une trahison, susceptible de réduire ses chances de figurer au premier tour en 2026.
Quel verdict pour la 9ᵉ législature ?
La Cour constitutionnelle, clé de voûte de la démocratie béninoise mais souvent accusée par ses détracteurs de s’aligner sur le pouvoir, rendra son verdict aujourd’hui à 13 h 15.
Si l’invalidation d’un siège pour « défaut de confiance » constituait une jurisprudence inédite, elle mettrait également en lumière les tensions qui traversent l’hémicycle à l’approche des grandes échéances.
C’est finalement en début d’après-midi que la Cour constitutionnelle a tranché.
Mise à jour – Décision de la Cour constitutionnelle
13 h 52 – Contestation de l’élection du député Michel Sodjinou : la Cour constitutionnelle déclare le recours irrecevable.
La juridiction constitutionnelle a estimé que la requête introduite ne remplissait pas les conditions de recevabilité prévues par les textes en vigueur. En conséquence, la Cour constitutionnelle maintient le mandat parlementaire de Michel Sodjinou et met ainsi un terme à cette procédure qui agitait la scène politique à la veille des grandes échéances électorales.
Ce jeudi 5 février 2026, l’entrée de la cité frontalière de Malanville a été le théâtre d’une collision dévastatrice entre un bus de transport interurbain et un véhicule chargé de carburant de contrebande. Le bilan provisoire fait état d’un mort et de deux blessés graves.
Dès les premières heures de la matinée, la ville de Malanville, carrefour commercial stratégique entre le Bénin et le Niger, s’est réveillée dans la stupeur. En effet, aux alentours de l’aube, un incendie d’une rare violence a illuminé le ciel devant la rizerie de la ville, à quelques encablures d’un poste de contrôle douanier. En cause : la collision entre un bus de la compagnie « Baobab » et un véhicule transportant de l’essence de contrebande, communément appelée « kpayo ».
Selon les premiers témoignages recueillis sur place, les circonstances du drame mettent une nouvelle fois en lumière la dangerosité du transport de produits inflammables sur les grands axes routiers. En effet, un bus en provenance de la ville a percuté de plein fouet un véhicule chargé de bidons d’essence, alors que ce dernier était stationné non loin du poste de douane.
Aussitôt, le choc a été suivi d’un embrasement instantané. L’essence stockée dans le taxi a servi de puissant accélérateur, transformant les deux véhicules en véritables brasiers en l’espace de quelques secondes seulement.
« Le feu s’est propagé à une vitesse fulgurante, attisé par la cargaison inflammable, jusqu’aux abords de l’usine », rapporte un témoin oculaire encore sous le choc.
Dans ce contexte dramatique, les autorités préfectorales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel global, mais les premières informations disponibles annoncent un mort — une victime piégée par les flammes — ainsi que deux blessés graves, que les secours ont évacués en urgence vers un centre hospitalier.
Par ailleurs, le bus de la compagnie Baobab a entièrement brûlé. Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers dépêchés sur les lieux ont lutté contre les flammes afin d’éviter que l’incendie ne se propage aux installations industrielles de la rizerie voisine, un scénario qui aurait pu aggraver davantage le drame.
Le défi persistant du carburant de contrebande
Au-delà du fait divers, ce drame relance inévitablement le débat sur la régulation du transport de carburant informel dans cette région septentrionale du Bénin. En dépit des efforts consentis par le gouvernement de Patrice Talon pour structurer le secteur et implanter des stations-service de proximité, le flux transfrontalier de l’essence de contrebande demeure une réalité quotidienne à Malanville.
Ainsi, cet accident survient dans un contexte de renforcement de la surveillance aux frontières. Toutefois, la porosité de la zone, combinée à la pression économique, pousse encore de nombreux acteurs à prendre des risques démesurés sur des routes déjà fortement encombrées par le trafic de marchandises.
De 54 % en 2014 à moins de 20 % en 2022 : le Bénin affiche l’une des trajectoires les plus volontaristes de la sous-région en matière de lutte contre l’exploitation des mineurs. Mais pour le gouvernement de Patrice Talon, le plus difficile reste à faire. Car le dernier kilomètre est souvent le plus ardu. À Sèmè-Kpodji, l’exécutif a lancé, ce 3 février 2026, la deuxième phase de sa campagne nationale « Tolérance Zéro », combinant sensibilisation numérique, fermeté réglementaire et prise en charge sociale renforcée.
La Maison des jeunes de Sèmè-Kpodji, ville carrefour aux portes du Nigeria, n’a pas été choisie au hasard. Dans ce pôle économique dynamique, où les tentations de l’informel sont nombreuses, la ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, a donné le coup d’envoi de cette nouvelle offensive contre le travail des enfants.
Autour d’elle, un aréopage de ministres, de préfets et de partenaires internationaux – OIT et UNICEF en tête – est venu marteler un message désormais assumé par l’État béninois : l’exploitation des enfants n’est plus une « fatalité culturelle », mais un délit économique et social que les autorités entendent traquer jusque dans les secteurs les plus opaques.
Le « miracle » des chiffres à l’épreuve du terrain
Sur le papier, le bilan est impressionnant. Selon l’enquête MICS 2022, le taux de prévalence du travail des enfants au Bénin est passé de 54 % en 2014 à 19,9 % aujourd’hui. Une chute spectaculaire qui place le pays parmi les meilleurs élèves d’Afrique de l’Ouest.
Pourtant, à la tribune, Adidjatou Mathys tempère tout triomphalisme. Si les chiffres globaux baissent, les pires formes de travail des enfants – mines, carrières, agriculture intensive, petits commerces transfrontaliers – continuent de résister. « Le travail des enfants compromet l’éducation, détériore la santé et hypothèque le capital humain du Bénin de demain », a rappelé la ministre. L’enjeu n’est donc plus seulement scolaire, mais structurel : démanteler des filières économiques qui prospèrent sur la vulnérabilité des familles.
Une coalition État–privé–numérique
La principale nouveauté de cette « saison 2 » réside dans l’élargissement de la coalition. L’État ne mise plus uniquement sur la contrainte administrative. Deux leviers stratégiques ont été pleinement intégrés :
Le secteur privé, via le Conseil national du patronat du Bénin (CNP-Bénin), s’engage à assainir les chaînes d’approvisionnement et à prévenir toute forme de recours direct ou indirect à la main-d’œuvre infantile.
Le numérique, avec la Fondation Moov Africa Bénin, représentée par Aurore Houngbedji, déploie des campagnes de sensibilisation par SMS, sur les réseaux sociaux et via des outils digitaux ciblant les communautés à risque.
Pour Ousmane Niang, représentant résident de l’UNICEF, l’urgence est désormais le renforcement de synergies entre les acteurs :
« Le secteur privé ne doit plus être, même involontairement, un refuge pour le travail des enfants. »
Inspection, contrôle et réinsertion : le triptyque de la fermeté
L’offensive 2026 ne se limitera pas aux discours. Le plan d’action prévoit une intensification des inspections du travail, notamment dans les zones frontalières, les marchés régionaux et les bassins agricoles. Mais la véritable inflexion se joue dans l’ « après-retrait ».
La ministre des Affaires sociales, Véronique Tognifodé, a insisté sur la durabilité des solutions : retirer un enfant d’un atelier ou d’un champ est une étape ; le maintenir à l’école ou dans un centre de formation en est une autre. Le renforcement de la ligne d’assistance aux enfants (138), des programmes de microfinance et de l’appui social aux familles vulnérables constituent le filet de sécurité destiné à prévenir les rechutes.
Le pari politique du capital humain
Au-delà de la dimension sociale, cette campagne engage la crédibilité internationale du Bénin. À l’heure où le pays cherche à attirer davantage d’investissements directs étrangers, le respect des standards sociaux devient un argument de compétitivité.
En prônant la « Tolérance Zéro », le pouvoir de Cotonou adresse un message clair à ses partenaires : le Bénin de 2026 entend se construire sur la compétence de ses adultes, et non sur le labeur précoce de ses enfants. La bataille de Sèmè-Kpodji est lancée. Reste à savoir si les mentalités évolueront au même rythme que les réformes.
Le Bénin n’en finit plus de transformer ses fourneaux en arènes de combat. Après le triomphe de la cheffe Keith Sonon en décembre dernier, c’est au tour d’un jeune prodige de 25 ans, Delphin Agbetogan, de tenter l’impossible : un marathon culinaire de 25 jours. Une offensive gastronomique qui place Cotonou au centre de la scène mondiale.
À Cotonou, la cuisine n’est plus seulement une affaire de goût, c’est désormais une question de prestige national. Quelques semaines seulement après que Patrice Talon s’est affiché au Palais des Congrès pour soutenir « l’Amazone en cheffe », Keith Sonon — qui a tenu le pays en haleine pendant quinze jours —, un nouveau prétendant surgit.
Son nom : Delphin Agbetogan. Son surnom : le « Guépard des fourneaux ». Et son ambition : pulvériser les compteurs en tenant la barre pendant 25 jours consécutifs, du 16 février au 12 mars 2026.
L’ascension fulgurante d’un « technocuistot »
À seulement 25 ans, le parcours d’Agbetogan ressemble à un plan de vol sans turbulences. Formé au centre Cordiam de Calavi, ce pur produit de l’école béninoise a très vite compris que la passion ne suffisait pas sans la technique. Son passage en Turquie et son expérience comme chef cuisinier au prestigieux SOLUX Hôtel lui ont permis de forger une signature hybride : une rigueur toute stambouliote appliquée aux produits du terroir béninois.
Mais au-delà du talent, c’est le symbole qui frappe. En se lançant dans cette aventure au Majestic Cinéma (ex-Canal Olympia) de Wologuédé, Agbetogan devient le premier homme africain à briguer le record Guinness du marathon culinaire. Dans un domaine où les records de longévité étaient jusqu’ici la chasse gardée de cheffes ultra-médiatisées, le jeune chef entend prouver que la nouvelle garde masculine africaine a les épaules assez larges pour supporter la pression.
25 jours pour l’histoire
Le défi est colossal. Tenir près de 600 heures devant les fourneaux exige une préparation d’athlète de haut niveau : discipline de fer, précision chirurgicale dans le dressage et gestion rigoureuse du sommeil. L’événement, qui se veut populaire et accessible, sera scruté à la fois par les inspecteurs du Guinness World Records et par une opinion publique béninoise devenue particulièrement exigeante en matière de performances culinaires.
Le choix du lieu n’est pas anodin. En s’installant au cœur de Wologuédé, le « Guépard » quitte le cadre feutré du Palais des Congrès pour une immersion totale dans la ferveur urbaine de Cotonou. Une manière aussi de transformer l’exploit technique en fête patriotique et gastronomique.
Un enjeu de soft power pour le Bénin
Pour le gouvernement de Patrice Talon, qui mise sur le rayonnement culturel et touristique du pays, ces marathons sont du pain bénit. Par ailleurs, ils incarnent cette « exception béninoise » que le régime tente de promouvoir : un mélange de résilience, de talent et de modernité.
Si Delphin Agbetogan réussit son pari le 12 mars prochain, il ne fera pas que battre un record de temps. Il confirmera que le Bénin est devenu, en l’espace de quelques mois, le laboratoire de la performance gastronomique sur le continent. En somme, le « Guépard » est prêt à bondir, et Cotonou retient déjà son souffle.
Cotonou, 4 janvier 2026 – Le président béninois Patrice Talon a procédé mardi 3 janvier 2026 au lancement officiel de la Vision Bénin 2060, un document stratégique qui fixe les grandes orientations du développement du pays à l’horizon des prochaines décennies. À travers cette initiative, le chef de l’État entend projeter le Bénin dans ce qu’il décrit comme un « Monde de splendeurs », fondé sur la transformation économique, la stabilité institutionnelle et la prospérité partagée.
Lors de la cérémonie de lancement, Patrice Talon est longuement revenu sur ce qu’il considère comme les principes fondamentaux du développement : la planification à long terme, la rigueur dans la gestion publique et l’appropriation collective des choix stratégiques. Selon lui, la Vision 2060 ne doit pas rester un document institutionnel, mais devenir un cadre de référence partagé par l’ensemble des acteurs publics et privés.
Une vision de long terme pour structurer l’action publique
La Vision Bénin 2060 se veut un outil de projection et de cohérence. Elle vise à donner une direction claire aux politiques publiques, au-delà des cycles électoraux, en s’appuyant sur des objectifs économiques, sociaux et environnementaux à long terme. Le président Talon a insisté sur la nécessité de rompre avec les approches fragmentées du développement pour privilégier une action structurée et anticipatrice.
Au cœur de cette vision figure l’ambition de bâtir une économie plus compétitive, capable de créer des emplois durables et de mieux valoriser les ressources nationales. Les autorités mettent également en avant la transformation structurelle de l’économie comme levier central pour améliorer le niveau de vie des populations.
Entreprises publiques : une cartographie des priorités
Parmi les chantiers identifiés, la réforme et la performance des entreprises publiques occupent une place stratégique. Une cartographie détaillée de ces structures permet de mettre en lumière les secteurs jugés prioritaires et les axes à renforcer pour améliorer leur contribution à l’économie nationale.
L’objectif affiché est double : accroître l’efficacité de ces entreprises et renforcer leur rôle dans la mise en œuvre des politiques publiques, tout en améliorant leur gouvernance et leur viabilité financière.
Les marchés agricoles mondiaux, une opportunité à saisir
La Vision Bénin 2060 s’appuie également sur les opportunités offertes par les marchés agricoles internationaux. Dans un contexte de recomposition des échanges mondiaux, les autorités estiment que le Bénin peut tirer profit de la demande croissante en produits agricoles et agrotransformés.
Cette dynamique pourrait, selon les analystes, renforcer les exportations, soutenir les revenus des producteurs et contribuer à une croissance plus inclusive, à condition d’investir dans la transformation locale et les infrastructures.
Politique monétaire régionale : stabilité et contraintes de liquidité
Le document stratégique prend aussi en compte l’environnement macroéconomique régional. Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la stabilité des taux d’intérêt contraste avec des tensions persistantes sur la liquidité. Une situation qui impose, selon les autorités béninoises, une gestion prudente des finances publiques et une mobilisation accrue des ressources internes.
Habitat lacustre et urbanisation : un enjeu de maturité
Enfin, la réflexion s’élargit aux défis urbains, notamment à l’intégration de l’habitat lacustre dans les politiques de développement. Présenté comme un test de maturité pour les villes africaines, cet enjeu renvoie à la capacité des États à concilier modernisation urbaine, inclusion sociale et respect des modes de vie traditionnels.
Avec la Vision Bénin 2060, le gouvernement béninois entend ainsi poser les bases d’un projet de société de long terme. Reste désormais le défi de la dissémination et de l’appropriation de cette vision par les citoyens, les collectivités locales et les acteurs économiques, condition essentielle à sa mise en œuvre effective.
Cotonou, 4 janvier 2026 —La municipalité de Cotonou a lancé, ce mercredi 4 janvier, la phase opérationnelle du recensement des conducteurs de taxi-moto, de tricycles et d’engins assimilés. L’opération, qui couvre les treize arrondissements de la ville, s’inscrit dans une réforme plus large de l’organisation du transport urbain et de la formalisation du secteur.
Formation des agents et préparation du terrain
Ce déploiement fait suite à une phase préparatoire marquée par la formation des agents chargés de l’enrôlement. Mardi 3 février 2026, une cinquantaine d’acteurs — régisseurs municipaux et opérateurs techniques — ont participé à une séance de renforcement de capacités dans les locaux de la mairie. Ces agents travailleront en collaboration avec la société Niceman, partenaire technique de la municipalité pour la mise en œuvre du dispositif.
Selon les responsables du projet, cette formation visait à harmoniser les procédures, à assurer la maîtrise des outils numériques et à garantir la fiabilité des données collectées sur le terrain. Les équipes ont notamment été initiées à l’utilisation de terminaux électroniques connectés à une plateforme centralisée d’enregistrement.
Collecte des données et outils numériques
L’opération d’enrôlement prévoit, à terme, la délivrance d’une carte sécurisée à chaque conducteur recensé. Ce document comportera un code QR ainsi qu’un Numéro personnel de conducteur (NPC), destinés à faciliter l’identification des acteurs du transport urbain. Les informations collectées porteront sur l’identité du conducteur, celle du propriétaire de l’engin, les caractéristiques du véhicule ainsi que les contacts.
« Les équipes seront déployées pendant environ un mois dans l’ensemble des arrondissements pour conduire les opérations d’enrôlement », a indiqué Delphin Adjagbédji, directeur technique de la société Niceman, précisant que les services municipaux prendront ensuite le relais.
Vers un fichier municipal centralisé des opérateurs
À travers ce dispositif, la mairie entend constituer un fichier municipal actualisé des opérateurs du transport urbain.
« Cette base de données servira de référence pour l’ensemble des intervenants du secteur », a souligné le responsable technique.
Les autorités municipales évoquent également plusieurs objectifs connexes : un meilleur suivi des redevances, la réduction de l’exercice informel de l’activité et un appui accru aux enquêtes en cas d’infractions.
La réforme prévoit enfin une uniformisation vestimentaire des conducteurs, présentée comme un outil supplémentaire de visibilité et de régulation dans l’espace urbain.
En pleine préparation au Maroc pour le 3ᵉ tour des éliminatoires de la Coupe du Monde féminine U20, les joueuses béninoises ont bénéficié d’un appui moral de taille. Le gouvernement a dépêché une délégation pour galvaniser les troupes avant leur envol vers le Caire, où elles affronteront les jeunes Pharaonnes.
La tension monte pour le football féminin béninois. Alors qu’elles peaufinent leurs automatismes dans le royaume chérifien, les Amazones U20 ont vu leur quotidien bousculé par une visite officielle. Crépin Okouolou, directeur de cabinet du ministère des Sports, s’est rendu au chevet de l’équipe à à l’issue de leur dernière séance d’entraînement au Maroc.
Un message de la plus haute autorité
L’émissaire gouvernemental a rejoint l’hôtel des joueuses pour porter un message de mobilisation nationale. Au nom du ministre des Sports et du président de la République, Patrice Talon, il a tenu à rappeler aux Amazones que tout un pays les soutient derrière leurs écrans.
« Vous avez une mission à accomplir en Égypte », a martelé Crépin Okouolou.
Ce soutien institutionnel vise à placer les joueuses dans les meilleures conditions psychologiques possibles avant un match qui s’annonce physique et tactique face à une sélection égyptienne réputée solide.
Le football féminin, une priorité stratégique
Au-delà des simples encouragements, cette visite souligne la volonté du Bénin de faire de la discipline féminine une vitrine de son ambition sportive. Par ailleurs, le directeur de cabinet a profité de ce moment pour réaffirmer l’engagement de l’État à accompagner la progression du football féminin à travers des investissements concrets et un suivi rigoureux.
À cette occasion, les conseils adressés aux joueuses et au staff technique ont insisté sur un point précis : la dignité de la représentation nationale. Les Amazones doivent désormais prouver qu’elles ne sont plus de simples participantes, mais des prétendantes sérieuses à une place sur l’échiquier mondial.
Cap sur le Caire pour le défi égyptien
Désormais, le terrain doit prendre le relais du discours. Les Béninoises quittent leur camp de base marocain avec un moral gonflé à bloc. Ce match aller du 3ᵉ tour des éliminatoires représente un tournant historique pour cette jeune génération, bien décidée à ramener un résultat positif du Caire afin de faciliter la manche retour à Cotonou.
L’objectif reste clair : franchir ce palier égyptien pour se rapprocher un peu plus de la phase finale de la Coupe du Monde U20, une compétition qui n’a jamais semblé aussi accessible aux yeux des supporters béninois.
Ce qui devait être une communion sacrée s’est transformé en cauchemar. À Tori-Bossito, dans le sud du Bénin, la sortie rituelle des revenants Egungun a dégénéré, le dimanche 1ᵉʳ février. Le bilan est lourd : deux morts et plusieurs blessés. Un drame qui relance le débat sur l’encadrement des pratiques culturelles dans l’espace public.
Le village d’Acadjamè, dans l’arrondissement de Tori-Gare, s’est réveillé dans la stupeur. Hier, les percussions et les chants en l’honneur des ancêtres ont laissé place aux cris de panique. Alors que la communauté célèbre la sortie des Egungun — ces entités masquées censées représenter les esprits des défunts revenus bénir les vivants —, une altercation a brisé la ferveur religieuse.
De la bénédiction au chaos : le récit du drame
Selon plusieurs témoins oculaires, la tension est montée d’un cran lorsqu’une violente dispute a éclaté entre le « revenant » (le porteur de masque) et certains membres du public. Très vite, la situation a échappé à tout contrôle. Dans la bousculade, des armes blanches ont été sorties. Les autorités ont d’ailleurs retrouvé un couteau sur les lieux du crime.
Les coups, portés avec une violence rare, ont touché plusieurs personnes, dont des guides du revenant. Malgré l’intervention des secours, deux personnes ont succombé à leurs blessures. Ce drame plonge les familles yoruba et toute la commune de Tori-Bossito dans une profonde consternation, là où la tradition prône habituellement la cohésion sociale et la discipline morale.
Un appel urgent à la régulation des cérémonies sensibles
Ce nouvel incident repose avec acuité la question de la sécurité lors des manifestations traditionnelles à caractère sensible. Si la Constitution béninoise garantit la liberté de culte, de nombreuses voix réclament désormais un cadre réglementaire plus strict.
Le gouvernement du Bénin est dorénavant interpellé pour renforcer le cadre des manifestations culturelles. L’enjeu est d’éviter que ces moments de ferveur ne servent de paravent à des règlements de comptes ou à des actes de violence incontrôlés. La question n’est pas de remettre en cause l’héritage ancestral, mais de s’assurer que « la tradition ne soit plus instrumentalisée », expliquent certains observateurs locaux.
Responsabilité des chefs de culte et action de la justice
Parallèlement à l’action de l’État, une lourde responsabilité pèse sur les dignitaires et chefs de culte. Obtenir l’autorisation de faire sortir un Egungun engage la responsabilité morale et spirituelle du chef de couvent. La tradition authentique, rappellent les anciens, enseigne la retenue et le respect de la vie humaine.
La justice a d’ores et déjà été saisie de l’affaire. Le procureur de la République près du tribunal de Ouidah devrait diligenter une enquête rigoureuse pour identifier les auteurs et les coauteurs de cette tragédie. Des sanctions exemplaires sont attendues par la population afin de restaurer la crédibilité de la culture Egungun, aujourd’hui entachée par ce sang versé injustement.