Bénin : 10 ans de Talon, la messe de la stabilité.

Alors que le continent africain traverse une zone de turbulences institutionnelles, le Bénin s’apprête à marquer une décennie de gouvernance sous l’ère Patrice Talon. Loin des bruits de bottes ou des crises majeures, c’est par une célébration religieuse que les soutiens du chef de l’État entendent saluer ce bilan. À Cotonou, l’heure est à la rétrospective.

Le contraste est saisissant. Dans une sous-région ouest-africaine souvent secouée par l’instabilité, le Bénin semble avoir choisi une trajectoire de « tranquillité réformatrice ». C’est en tout cas l’angle retenu par l’organisation « Les Amis du Bénin révélé et prêt pour la continuité » pour dresser le bilan des deux quinquennats de l’actuel locataire de la Marina.

 

Un rendez-vous spirituel pour un bilan politique

Ce vendredi 27 mars 2026, les cloches de l’église Saint-Jean-Baptiste de Cotonou ne sonneront pas seulement pour l’office habituel. À 10 heures précises, une messe solennelle réunira des sympathisants et des acteurs de la société civile. L’objectif  est de poser un acte de reconnaissance spirituelle pour les dix années de gestion du couple présidentiel, Claudine et Patrice Talon.

« Là où d’autres gouvernances se perdent dans la discorde, le Bénin a maintenu son cap malgré les remous », confie un membre du comité d’organisation.

 

La stabilité, socle du « Bénin révélé »

Si le style de Patrice Talon a parfois été qualifié de rigoureux, ses partisans préfèrent aujourd’hui mettre en avant la pérennité des acquis. En effet, cette célébration dépasse le seul cadre de la foi : elle se veut le symbole d’une nation qui a su transformer ses « petits soulèvements » en énergie de construction.

De la transformation urbaine à la réforme du système partisan, le pays a connu une mutation profonde. Par conséquent, cette messe fait office de pause réflexive : il s’agit de placer la suite du processus de développement sous une protection divine, tout en préparant les esprits à la transition à venir.

 

Cap sur la transmission

Par ailleurs, l’événement ne se limitera pas à la prière. Une cérémonie de distinction suivra l’office religieux, visant à honorer le couple présidentiel et, surtout, à saluer déjà la figure du successeur. C’est ici que le message politique devient limpide : la continuité.

En somme, ce rassemblement à Saint-Jean-Baptiste se veut une démonstration de force tranquille. Ainsi, les organisateurs rappellent que le progrès ne peut s’inscrire que dans la durée et l’apaisement.

Bénin : le Président JOSEPH DJOGBÉNOU scelle un pacte avec les syndicats

Au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo, le mardi 24 mars 2026, le nouveau locataire du perchoir, Joseph Fifamin Djogbénou, a reçu les principales centrales syndicales du pays. Une rencontre au sommet qui esquisse les contours d’une collaboration inédite entre ceux qui votent la loi et ceux qui défendent les travailleurs.

 

C’est un ballet diplomatique peu ordinaire qui s’est joué dans le cabinet du président de l’Assemblée nationale. En effet, les responsables de la CSA-Bénin, de la CGTB et de l’UNSTB ont franchi le seuil de l’institution parlementaire pour une prise de contact aux enjeux multiples. Si la courtoisie était de mise avec la présentation des félicitations d’usage, le fond des échanges a rapidement été porté sur la place de la classe ouvrière dans le processus législatif.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Vers un « Parlement à l’écoute » des travailleurs

Pour Appolinaire Afewé, porte-parole du collectif syndical et secrétaire général de l’UNSTB, cette audience marque la volonté des forces sociales de ne plus être de simples spectatrices des réformes. Ainsi, l’idée défendue est claire : puisque l’Assemblée nationale est le laboratoire où s’écrit le vivre-ensemble à travers la loi, les syndicats doivent y avoir une voix consultative forte.

 

Joseph Djogbénou, fin stratège politique, semble avoir entendu cet appel. En traçant les premières lignes d’un futur partenariat, le président de l’Assemblée nationale installe un climat de confiance nécessaire à la stabilité sociale du pays.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Un partenariat stratégique pour la paix sociale

Cette démarche de rapprochement n’est pas anodine. En effet, dans un contexte de réformes structurelles, l’implication des organisations syndicales en amont du vote des textes législatifs pourrait bien désamorcer des tensions. Par ailleurs, en sortant de l’audience, les dirigeants syndicaux n’ont pas caché leur satisfaction face aux « chemins » tracés par la nouvelle autorité parlementaire.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Désormais, le défi sera de transformer ces échanges de salon en mécanismes concrets de travail. Comment associer la classe ouvrière aux commissions permanentes ? Quelle place pour l’expertise syndicale dans l’évaluation des politiques publiques ? Les prochains mois à Porto-Novo apporteront donc les premières réponses à ce nouveau pacte de collaboration.

Cotonou : le Maire Luc Gnacadja en Première Ligne contre les inondations

C’est une opération de vérité pour l’hôtel de ville de Cotonou. À quelques semaines des premières grandes pluies, le maire Luc Gnacadja a troqué les dossiers de bureau pour les bottes de terrain ce mercredi 25 mars 2026. Une inspection musclée dans les quartiers les plus exposés de la capitale économique, où l’enjeu est simple : éviter que la ville ne revive le traumatisme des inondations passées.

Entouré de son état-major technique, notamment Gatien Adjaboni et Anges Paterne Amoussouga, l’édile de Cotonou a sillonné les points noirs de la carte hydraulique urbaine. De l’avenue du Renouveau au bassin du 10ᵉ arrondissement, en passant par le secteur du Canada, le constat est sans appel : les infrastructures de drainage doivent également être opérationnelles immédiatement.

Ville de Cotonou
© Ville de Cotonou

L’épreuve du terrain après les promesses

Ce déploiement intervient moins d’une semaine après une concertation stratégique avec les élus locaux. Pour Luc Gnacadja, l’heure n’est plus à la théorie. Sur chaque site, les directeurs techniques ont dû justifier l’avancement des opérations de curage et la fluidité des exutoires. Cette « diplomatie du terrain » vise aussi à rassurer les populations qui, chaque année, scrutent le ciel avec appréhension.

Ville de Cotonou
© Ville de Cotonou

Des instructions fermes pour briser le cycle

D’ailleurs, cette descente s’est transformée en une véritable séance de travail à ciel ouvert. Le maire a multiplié les instructions envers ses services techniques. Ainsi, l’objectif est d’accélérer les travaux de dégagement là où les sédiments menacent d’obstruer l’écoulement des eaux. Pour la municipalité, il s’agit de prouver que la résilience de Cotonou ne se décrète pas, mais se construit au mètre linéaire de caniveau curé.

Cette tournée dans les 8ᵉ, 10ᵉ et 12ᵉ arrondissements n’est que la première étape d’un marathon communal. D’autres zones vulnérables devraient recevoir la visite de l’exécutif municipal dans les jours à venir. En plaçant l’anticipation au centre de sa gouvernance, l’équipe municipale tente d’imposer une nouvelle culture du risque, où la réaction laisse progressivement place à la prévention méthodique.

Port Autonome de Cotonou : une nouvelle génération aux commandes

 À Cotonou, le Port Autonome (PAC) franchit une étape décisive dans sa mutation structurelle. Après deux années de compagnonnage intensif avec les experts belges d’Anvers-Bruges, une nouvelle génération de cadres béninois, les « Hauts Potentiels » (HaPo), vient de parachever son immersion. Plus qu’une simple remise de diplômes, ce passage de témoin technique préfigure le futur visage de l’économie portuaire nationale.

Port Autonome de Cotonou
© Port Autonome de Cotonou

Les 17 et 18 mars derniers, les salons du Golden Tulip de Cotonou ont servi de cadre à un exercice de haute volée. Face à un jury exigeant, les agents du programme HaPo ont défendu les résultats de 24 mois de formation de terrain. Ce cursus, qui a conduit ces talents des quais du Bénin aux terminaux d’Anvers en Belgique, visait un objectif clair : transformer des techniciens en managers stratégiques capables de piloter les ambitions du poumon économique du pays.

Port Autonome de Cotonou
© Port Autonome de Cotonou

Un pont de compétences entre Cotonou et Anvers

Depuis 2021, la gestion déléguée au Port d’Anvers-Bruges International (PoABI) ne se limite pas à la modernisation des infrastructures en béton ou à l’achat de portiques. Elle repose sur un pilier souvent invisible mais essentiel : le transfert de savoir-faire. En effet, l’enjeu pour les autorités béninoises est de garantir que l’excellence opérationnelle survive aux contrats de gestion internationaux.

Grâce à cette immersion européenne, les cadres locaux ont pu se frotter aux standards mondiaux de la logistique. Cette montée en puissance est perçue comme un gage de compétitivité alors que la concurrence entre les ports du Golfe de Guinée s’intensifie.

Port Autonome de Cotonou
© Port Autonome de Cotonou

Trois chantiers prioritaires pour l’avenir

Pour marquer leur fin de cycle, les HaPo ont présenté trois projets qui touchent au cœur de la stratégie nationale.

  • Le nautisme de précision : le développement d’un pôle naval performant pour fluidifier les entrées et sorties de navires de grande capacité.
  • La conquête de l’hinterland : une stratégie d’expansion vers les pays enclavés du Sahel, clients historiques de la plateforme béninoise.
  • La guerre des tarifs : une optimisation de la politique de prix du PAC pour attirer de nouveaux armateurs tout en préservant les recettes de l’État.

Port Autonome de Cotonou
© Port Autonome de Cotonou

En somme, ces projets marquent le début d’une nouvelle ère. Le Port Autonome de Cotonou ne se contente plus de subir les flux mondiaux ; il se dote désormais de cerveaux formés pour les anticiper. Cette promotion de managers aguerris porte désormais sur ses épaules la responsabilité de maintenir le port comme un hub incontournable en Afrique de l’Ouest.

Bénin 2026 : Chabi Yayi, trahison ou pragmatisme ?

À quelques mois de la présidentielle d’avril 2026 au Bénin, la scène politique vient de connaître un nouveau séisme. Le soutien annoncé par Chabi Georges Nadjim Yayi au candidat de la mouvance présidentielle Romuald Wadagni rebat les cartes et relance les accusations d’incohérence politique au sein de l’opposition.

 

Un ralliement qui fait polémique

Pendant longtemps, certains cadres et militants du parti Les Démocrates ont défendu une ligne politique claire : aucune alliance avec la mouvance présidentielle. En plus, le discours était ferme, parfois même radical. L’objectif affiché était de construire une opposition forte et indépendante.

Mais la donne semble avoir changé. Après son départ du parti, Chabi Georges Nadjim Yayi a surpris l’opinion publique en annonçant son soutien à Romuald Wadagni, candidat soutenu par la majorité au pouvoir. Un revirement qui alimente aujourd’hui les débats politiques et médiatiques.

Dans les cercles politiques béninois, certains parlent déjà de stratégie personnelle, d’autres de réalisme politique, tandis que les plus critiques évoquent une véritable volte-face.

 

Bénin : Le ralliement de Chabi Yayi scelle-t-il le déclin de l’ère Boni Yayi ?

Par ailleurs, ce ralliement intervient à un moment charnière pour le parti Les Démocrates, actuellement fragilisé par la démission de Thomas Boni Yayi, la perte de sa représentation parlementaire et son exclusion de la course présidentielle de 2026 faute de parrainages.

Dans ce contexte de recul politique et de recomposition interne, le soutien de Chabi Yayi au candidat de la mouvance apparaît pour certains comme une véritable gifle à l’opposition, tandis que pour d’autres, il symbolise une opposition en perte totale de repères.

Bien qu’il justifie cette décision par un certain pragmatisme et une convergence de vision politique avec Romuald Wadagni, le timing interroge : ce ralliement survient alors que les Démocrates traversent une profonde crise de leadership.

En définitive, cet acte semble marquer la fin d’un cycle politique centré autour de la figure de Boni Yayi et souligner l’accélération de la recomposition du paysage politique à l’approche de l’échéance de 2026.

 

La stratégie Wadagni se dessine.

Du côté de Romuald Wadagni, ce soutien est loin d’être anodin. Il renforce son image de candidat capable de rassembler au-delà de la mouvance présidentielle. Ainsi, en attirant des figures issues de l’opposition ou proches de celle-ci, sa stratégie semble viser une victoire dès le premier tour ou, à défaut, une coalition politique large.

Ce repositionnement politique pourrait transformer la présidentielle de 2026 en une élection moins polarisée que prévu, avec des alliances transversales et des recompositions politiques inattendues.

 

Les masques tombent ou simple recomposition politique ?

Dans l’opinion publique, la question revient avec insistance : s’agit-il d’une trahison politique ou d’un pragmatisme électoral assumé en période de recomposition ?

Hier encore, certains responsables politiques dénonçaient toute collaboration avec la mouvance. Aujourd’hui, les alliances se dessinent, les positions changent et les lignes bougent. Pour beaucoup d’observateurs, la politique béninoise entre dans une phase de recomposition majeure à l’approche de la présidentielle de 2026.

Une chose est certaine : cette élection ne ressemblera pas aux précédentes, et elle pourrait bien marquer la fin d’une opposition crédible ou l’émergence d’un nouveau jeu politique.

 

 

Diplomatie : Joseph Djogbénou et l’Allemagne renforcent l’axe Porto-Novo-Berlin

PORTO-NOVO, 24 mars 2026 – Au Palais des Gouverneurs, l’heure était au bilan ce mardi 24 mars. Joseph Djogbénou et Stefan Buchwald ont réaffirmé la solidité de l’axe Berlin‑Cotonou, désormais fort d’un demi‑milliard d’euros.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Une diplomatie de l’expertise

Le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, a reçu en audience le diplomate allemand Stefan Buchwald pour une séance de travail aux enjeux multiples. Loin des échanges de courtoisie habituels, cette rencontre a mis en lumière l’intensification des mobilités parlementaires entre les deux pays.

Rien qu’en 2024, les délégations ont multiplié les traversées, avec une attention particulière portée à l’autonomisation des femmes parlementaires béninoises. Plus récemment, la Commission des finances de l’Assemblée a séjourné en Allemagne, avec pour objectif de s’inspirer du modèle germanique afin de renforcer le contrôle parlementaire sur les deniers publics, un pilier essentiel de la bonne gouvernance prônée par Porto‑Novo.

 

Un portefeuille de 500 millions d’euros sous gestion

Derrière les sourires officiels, les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’ambassadeur allemand a rappelé le poids massif de l’engagement de son pays au Bénin : environ 328 milliards de francs CFA (500 millions d’euros). En effet, ce trésor de guerre diplomatique finance une stratégie articulée autour de trois piliers fondamentaux :

  • L’économie réelle : via le soutien aux PME et la formation professionnelle.
  • La modernisation de l’État : à travers la décentralisation et l’accélération du numérique.
  • Le développement durable : incluant l’accès à l’eau potable, l’énergie verte et la protection de la biodiversité.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

La stabilisation comme mot d’ordre

Pour Joseph Djogbénou, l’enjeu actuel dépasse la simple coopération : il s’agit d’un véritable stabilisateur. Le président du Parlement béninois plaide aussi pour une continuité capable de mettre les relations bilatérales à l’abri des aléas politiques.

Cette volonté de pérenniser les échanges techniques, notamment grâce à l’appui de la GIZ (agence de coopération allemande), offre ainsi au Bénin un transfert de compétences précieuses dans la gestion des finances publiques.

Finalement, en s’impliquant « très personnellement », Joseph Djogbénou confirme que le Parlement béninois entend jouer un rôle de premier plan dans l’architecture diplomatique du pays, bien au‑delà de sa mission législative classique.

Bénin : Le Général Fructueux Gbaguidi obtient son doctorat à Paris

PARIS, 24 mars 2026 – Sous les ors d’un centre de recherche du 15ᵉ arrondissement, le Chef d’État-Major des Forces Armées Béninoises a troqué, le temps d’une matinée, son treillis pour la robe académique. En décrochant un doctorat avec la plus haute distinction, le Général Gbaguidi envoie un message fort : la réponse aux crises sécuritaires africaines est aussi intellectuelle.

Un « Summa cum laude » à l’accent anglophone

L’image est peu commune pour un haut grade de la sous-région. Ce lundi, devant une assistance captive et un jury d’experts internationaux, le Général de division Fructueux Gbaguidi a soutenu ses travaux de recherche dans la langue de Shakespeare. Durant trente minutes d’un exposé rigoureux, il a démontré que le management des concepts peut être aussi précis que celui des troupes.

Le verdict est tombé comme une consécration : mention « Summa cum laude ». En recevant les plus grands honneurs académiques, le désormais « Docteur » Gbaguidi rejoint le cercle restreint des officiers généraux africains alliant expertise stratégique et excellence universitaire.

 

Au-delà du front : l’éthique au cœur des casques bleus

Le sujet choisi par le Général ne doit rien au hasard. Intitulée « Genre, protection et responsabilité dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies », sa thèse s’attaque à l’un des drames les plus douloureux des missions internationales : les abus et l’exploitation sexuelle, ainsi que la protection de l’enfance.

En proposant un cadre global de lutte contre ces dérives, Fructueux Gbaguidi apporte une pierre angulaire à la doctrine militaire moderne. Son travail interroge la responsabilité des États contributeurs de troupes et la nécessité d’une éthique de fer au sein des contingents. Pour le Bénin, pays contributeur historique aux opérations de l’ONU, cette expertise constitue un atout diplomatique de premier plan.

 

Un nouveau paradigme pour l’officier africain

Ce succès parisien résonne bien au-delà des murs de l’amphithéâtre. À l’heure où les armées ouest-africaines font face à des défis sécuritaires complexes, le parcours de Gbaguidi rappelle que la réflexion académique est un prolongement naturel du commandement.

Le Général-Docteur prouve que pour stabiliser une région, il faut certes des soldats aguerris, mais surtout des chefs capables de théoriser les solutions de paix. Une double casquette qui renforce son influence au sein de la hiérarchie militaire béninoise et sur la scène continentale.

Crise au sein du parti Les Démocrates : guerre de succession entre Houndété et Atchadé

Les Démocrates se retrouvent à nouveau plongés dans une crise de leadership qui pourrait désintégrer complètement la formation. Au cœur de la tempête : la bataille pour la direction du parti entre Éric Houndété et Nourénou Atchadé, sur fond d’interprétations divergentes des textes internes.

 

Crise de leadership : les démocrates s’enfoncent dans la bataille houndété–atchadé.

Tout part de la désignation de Nourénou Atchadé lors d’un Conseil national ordinaire du parti. Pour une partie des responsables, cette désignation respecte les statuts et met fin à l’intérim. Mais pour Éric Houndété, la procédure serait irrégulière, ce qui l’amène à maintenir qu’il demeure président par intérim jusqu’à la tenue d’une session extraordinaire.

Cette divergence d’interprétation des textes révèle en réalité une lutte d’influence interne au sein d’un parti qui tente de se recomposer après de nombreux départs, afin de maintenir sa place de principale force d’opposition au Bénin.

 

Deux camps, deux lectures des textes

L’ancien député Kamel Ouassangari soutient la légalité de la désignation de Nourénou Atchadé. Selon lui, les statuts du parti permettent l’élection d’un président lors d’un Conseil national ordinaire dans un délai de trois mois après la vacance du poste.

À l’inverse, Éric Houndété estime que la réunion qu’il présidait a été levée avant toute décision valable et que les résolutions prises après son départ ne peuvent être considérées comme légales. Il appelle donc à une session extraordinaire pour trancher définitivement la question de la présidence du parti.

 

Une crise interne aux conséquences électorales

Au‑delà du bras de fer juridique, la crise éclate dans un contexte politique fragile. Miné par les départs, y compris celui du père fondateur, le parti s’expose à des divisions qui menacent la mobilisation de ses militants.

Pour les observateurs, l’enjeu dépasse le leadership : c’est la crédibilité et l’avenir de l’opposition béninoise qui se jouent dans cette tempête interne.

 

L’avenir du parti en question

Une question brûlante agite désormais les états-majors : qui dirigera réellement le parti dans les prochaines semaines ? Une session extraordinaire pourrait être convoquée pour clarifier la situation, mais en attendant, la formation fonctionne avec deux légitimités concurrentes.

Dans un contexte de crise, cette dualité risque de redessiner les rapports de force internes et d’influencer la stratégie de l’opposition béninoise.

Une certitude s’impose : la crise des Démocrates dépasse la simple querelle de procédure. Elle ronge l’unité du parti telle une gangrène qui, faute d’un traitement rapide, poussera les militants vers d’autres horizons politiques.

Présidentielle 2026 : Paul Hounkpè mise sur le dialogue politique et la souveraineté économique

À mesure que la présidentielle du 12 avril 2026 approche, les candidats multiplient les rencontres pour affiner leur stratégie et consolider leurs soutiens. Dans ce contexte préélectoral marqué par les enjeux économiques et politiques, le candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent, Paul Hounkpè, tente de se positionner comme l’homme du dialogue et de la reconstruction nationale.

C’est dans cette dynamique qu’il a récemment échangé avec les responsables du mouvement Réveil spirituel, une rencontre qui s’inscrit dans une démarche globale de rapprochement avec les organisations de la société civile et les mouvements citoyens.

 

Le pari du Rassemblement national

Au cœur du discours du candidat, une idée revient avec insistance : reconstruire la cohésion nationale. Dans un climat politique déjà très tendu ces dernières années, Paul Hounkpè veut apparaître comme un candidat capable d’apaiser les tensions après l’élection.

Son programme met en avant l’ouverture d’un dialogue politique national après le scrutin, avec pour objectif de réexaminer certaines réformes institutionnelles et de décrisper le climat. La question des prisonniers d’opinion et du retour des exilés politiques figure également parmi ses engagements majeurs, un thème sensible dans le débat public béninois.

Cette orientation montre que la campagne ne se jouera pas uniquement sur l’économie, mais aussi sur les libertés publiques et la réconciliation nationale.

 

Industrialisation et souveraineté alimentaire : les piliers économiques

Sur le plan économique, le candidat du parti FCBE défend une vision axée sur la transformation locale des matières premières et la formation technique. L’objectif affiché est clair : former une nouvelle génération de techniciens et d’ingénieurs capables de produire localement des équipements et de soutenir l’industrialisation du pays.

Autre priorité : l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le candidat souhaite redynamiser l’ONASA afin de mieux réguler les stocks alimentaires et stabiliser les prix des produits de première nécessité. Une stratégie qui vise à réduire la dépendance alimentaire et à renforcer la souveraineté économique du pays.

 

Une campagne tournée vers le terrain

À quelques semaines du scrutin, la stratégie de Paul Hounkpè repose sur une campagne de proximité. En multipliant les rencontres avec les associations, les organisations religieuses, les jeunes et les acteurs économiques, le candidat cherche à construire une coalition sociale large plutôt qu’une campagne uniquement politique.

La présidentielle du 12 avril 2026 s’annonce donc comme un scrutin déterminant pour l’avenir politique et économique du Bénin. Entre réformes politiques, développement industriel et cohésion nationale, les différents candidats tentent désormais de convaincre un électorat de plus en plus attentif aux programmes concrets plutôt qu’aux discours traditionnels. La campagne entre désormais dans sa phase décisive.

SRTB : Angela Aquereburu écartée, Ogoutchina Koundé nommé par intérim

Au Bénin, le paysage audiovisuel public vient de connaître un bouleversement discret mais politiquement lourd de sens. À la tête de la Société de Radio et Télévision du Bénin, un nouveau dirigeant par intérim a été installé, mettant fin aux fonctions d’Angela Aquereburu. Une décision qui intervient dans un calendrier particulièrement sensible, à quelques encablures des échéances électorales.

Officiellement, il s’agit d’une réorganisation administrative visant à assurer la continuité du service public audiovisuel. Mais dans les milieux médiatiques et politiques, le timing interroge. Car ce changement de direction intervient précisément au moment où la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, la HAAC, et la SRTB ont entamé l’enregistrement des émissions de campagne des différents candidats.

SRTB
© SRTB
Ogoutchina Koundé Directeur Général par intérim de la SRTB

Une transition qui pose question

Hier encore, Angela Aquereburu Rabatel préparait les studios pour les enregistrements. Aujourd’hui, sa mise à l’écart et la nomination d’Ogoutchina Koundé à la direction générale par intérim marquent un tournant dans l’audiovisuel public. Dans le même temps, la télévision nationale change de cap avec Serge Ayaka désigné directeur intérimaire.

Mission affichée : poursuivre la modernisation, maintenir la cohésion interne et garantir la continuité des programmes. Mais cette transition survient à un moment stratégique, alors que la télévision publique occupe une place centrale dans la communication politique.

 

Audiovisuel public et enjeux électoraux

Dans de nombreux pays africains, le contrôle de l’audiovisuel public devient un enjeu majeur à l’approche des élections. Le Bénin, souvent cité comme modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, n’échappe pas à cette réalité : la télévision nationale demeure le média le plus influent en période électorale, notamment dans les zones rurales.

Le remplacement d’Angela Aquereburu à ce moment précis nourrit les interrogations. Est-ce une simple décision administrative ou un repositionnement stratégique en vue de la campagne électorale ? Officiellement, aucune explication politique n’a été donnée. Mais dans les rédactions comme dans les états-majors, le sujet alimente déjà les débats et révèle la sensibilité du lien entre médias publics et pouvoir politique.

 

Un test pour la crédibilité du service public

La véritable question désormais ne porte plus seulement sur le changement de dirigeants, mais sur la crédibilité du service public audiovisuel en période électorale. Neutralité éditoriale, équité de traitement des candidats et transparence dans la diffusion des programmes de campagne seront scrutées de près.

Au-delà des nominations, c’est la confiance du public dans les médias d’État qui se joue. Dans un contexte électoral, la télévision publique cesse d’être un simple média : elle devient un instrument stratégique de communication nationale.

La transition en cours à la SRTB n’est donc pas uniquement administrative. Elle est politique, médiatique et symbolique. Ses conséquences pourraient dépasser largement les murs des studios pour influencer le paysage démocratique tout entier.

 

En somme, si l’écran devient un instrument de pouvoir, qui garantit encore que la voix des citoyens ne sera pas noyée dans le récit des institutions ? Car contrôler l’écran, c’est contrôler le récit. Et à l’approche des élections, chaque image vaut un vote.