Démission de Boni Yayi : médiation en vue chez Les Démocrates

À moins de trois semaines du coup d’envoi de la campagne présidentielle, le principal parti d’opposition au Bénin vacille. La démission surprise du leader charismatique Thomas Boni Yayi et de son fils Chabi plonge la formation dans une zone de turbulences inédite. Entre protocole de crise et impératifs de santé, « Les Démocrates » jouent leur survie politique.

 

Un départ en tandem qui paralyse l’État-major

C’est un séisme dont l’épicentre se situe au cœur du plus grand parti d’opposition. En effet, L’ancien chef de l’État, Thomas Boni Yayi, figure de proue de la contestation, a déposé son tablier de président du parti. Plus frappant encore : son fils, Chabi Yayi, qui occupe le poste de Secrétaire stratégique aux relations extérieures, a suivi le même chemin.

Face à ce double retrait, la direction nationale n’a pas tardé à réagir. Loin de chercher un remplaçant dans l’urgence, l’heure est à la diplomatie interne. Le Dr Guy Mitokpè, porte-parole de la formation, a confirmé que le parti a activé une cellule de crise afin d’engager des pourparlers directs avec l’ex-président.

« Le dialogue avant la succession » : la stratégie du parti

Dans les couloirs du quartier général des Démocrates, le mot d’ordre est clair : la médiation. Plutôt que de céder à la panique, une délégation de haut niveau a été mandatée pour rencontrer l’ancien chef d’État dans sa résidence.

« Lorsqu’une figure de cette stature prend une telle décision, la sagesse impose une concertation avant toute suite administrative », a martelé Guy Mitokpè.

L’objectif de cette mission est double :

  1. Comprendre l’irréversibilité du choix de Boni Yayi.
  2. Évaluer l’impact de ce départ sur le moral des troupes à quelques jours de l’examen du 12 avril.

 

Le facteur santé : la raison officielle derrière le retrait

Alors que les rumeurs de dissensions internes allaient bon train, le parti a tenu à clarifier le motif de ce départ brutal. Selon les déclarations officielles, la démission de Thomas Boni Yayi est motivée par une « question sanitaire ».

Par ailleurs, ce vendredi 6 mars, le parti tient une réunion cruciale, qualifiée de “brûlante”, avec à l’ordre du jour l’avenir du mouvement. Le défi est immense : comment rester une force de frappe politique alors que le parti risque de traverser un désert électoral sans mandat électif pour les sept prochaines années ?

 

Enjeux et perspectives : un test de résilience

Ce retrait familial pose la question de la succession au sein de l’opposition. Sans l’aura de Yayi, le parti peut-il maintenir sa cohésion ? La réunion de ce jour devrait en effet définir la nouvelle feuille de route des Démocrates.

Pour les analystes, il ne s’agit plus seulement de gagner en notoriété pour les élections futures, mais d’éviter l’implosion. Si les discussions avec l’ancien président n’aboutissent pas à un retour, même symbolique, le parti devra se réinventer dans l’urgence pour ne pas devenir un spectateur de l’histoire politique béninoise de la prochaine décennie.

Mairie de Kouandé : le pacte de la nouvelle génération

Le 4 mars 2026, l’hôtel de ville de Kouandé a accueilli un dialogue intergénérationnel inédit. Le maire Bienvenu Sabi Dan a reçu la Mairie des Jeunes, branche du Gouvernement des Jeunes du Bénin, pour tracer les contours d’une commune plus connectée et inclusive.

 

L’allégeance constructive : féliciter pour mieux collaborer

L’audience a débuté par un geste fort de reconnaissance républicaine. La délégation de la Mairie des Jeunes de Kouandé (MJKdé) a tenu à saluer l’installation récente de l’édile, Bienvenu Sabi Dan. Derrière les civilités d’usage, l’objectif était d’établir un pont de confiance entre l’exécutif communal et la jeunesse montante.

Cette rencontre a aussi permis de lever le voile sur les mécanismes du Gouvernement des Jeunes du Bénin, une organisation qui s’impose désormais comme un laboratoire de leadership national, formant les cadres de demain aux rouages ​​de la gestion publique.

Un Plan de Travail Annuel (PTA) sous le signe de l’action

Loin des discours vagues, les jeunes leaders ont présenté un document stratégique : leur Plan de Travail Annuel. Ce PTA détaille une série de projets concrets visant l’épanouissement socio-économique de la jeunesse de Kouandé. Ainsi, parmi les axes majeurs de cette feuille de route figurent l’insertion et le mentorat, avec la volonté de créer des passerelles entre les initiatives locales et les opportunités d’emploi.

La transformation digitale occupe également une place centrale : la MJKdé a plaidé pour la mise en place d’une vitrine numérique officielle, à travers une page sur les réseaux sociaux, afin de rapprocher l’administration des citoyens et de valoriser les actions du maire.

 

Le Maire Bienvenu Sabi Dan : un allié pour la nouvelle garde

Face à cette force de proposition, le premier magistrat de la commune n’a pas caché son enthousiasme. Dans une atmosphère décrite comme particulièrement chaleureuse, le Maire a validé la pertinence de cette synergie.

« La mairie est une maison ouverte, et votre dynamisme est le carburant dont Kouandé a besoin pour son décollage », a-t-on pu retenir de l’esprit des échanges.

En acceptant de travailler main dans la main avec le GJB, l’autorité communale fait un pari sur l’avenir : celui d’une gouvernance participative où les préoccupations des jeunes ne sont plus traitées en périphérie, mais au cœur des politiques locales.

 

Kouandé : la jeunesse passe de la parole à la gestion

Cette rencontre du 4 mars change la donne pour Kouandé. La numérisation proposée promet de booster l’attractivité de la commune, tandis que le Groupe des Jeunes de Kouandé (GJB) consolide sa légitimité en s’affirmant comme interlocuteur crédible face aux élus. Le partenariat amorcé réduit le fossé entre décideurs et base juvénile, ouvrant la voie à une nouvelle dynamique de cohésion.

Cette audience marque ainsi le début d’une ère de co‑gestion symbolique : les prochains mois diront si les projets inscrits au Plan de Travail Annuel de la Mairie des Jeunes bénéficieront du soutien logistique et financier nécessaire pour transformer l’essai. À Kouandé, la jeunesse ne se contente plus d’être entendue, elle revendique désormais sa place dans la gestion.

Couffo : marathon Préfectoral pour le contrôle des arrondissements

C’est une étape cruciale pour l’architecture administrative du département du Couffo. Dès ce vendredi 6 mars 2026, l’autorité préfectorale lance une série de cérémonies visant à donner un visage et un pouvoir d’action aux instances de base des communes. Entre enjeux de développement et de structuration politique, le Préfet Christophe H. Megbedji sonne l’heure de l’action.

Une course contre la montre pour l’efficacité territoriale

Le calendrier est serré, l’enjeu est de taille. En fait, le jeudi 5 mars, le Préfet a levé le voile sur le chronogramme qui va rythmer la vie politique du département pendant les 48 prochaines heures. Son objectif est d’installer respectivement les chefs d’arrondissement (CA) et les Présidents des Commissions Permanentes dans leurs différentes localités.

Par ailleurs, ces installations sont le dernier verrou à faire sauter pour garantir le fonctionnement optimal de la machine communale. Sans ces organes, les décisions de proximité restent souvent en suspens.

Le programme du vendredi 6 mars : quatre étapes clés

Le coup d’envoi a été donné ce vendredi matin, avec un itinéraire précis couvrant une grande partie du territoire :

  1. Aplahoué (09 h 00) : la cité préfectorale ouvre le bal à l’hôtel de ville.
  2. Djakotomey (11 h 00) : le relais sera pris deux heures plus tard pour dynamiser cet axe central.
  3. Dogbo (14 h 00) : après la pause méridienne, ce sera au tour des élus de Dogbo d’entrer en scène.
  4. Toviklin (16 h 00) : la première journée s’achèvera dans cette commune pour boucler le volet « Sud » du département.

 

Samedi 7 mars : L’achèvement du puzzle administratif

Le dispositif préfectoral ne s’arrête pas là. Dès demain, samedi, le Préfet posera les deux dernières pièces du puzzle administratif :

  • Klouékanmè (09 h 00) : les conseillers communaux formaliseront leur nouvelle équipe dirigeante devant l’autorité préfectorale.
  • Lalo (11 h 00) : La clôture de cette tournée départementale aura lieu à Lalo, marquant la fin de cette phase de structuration.

 

L’appel à la mobilisation des élus

Le Préfet Christophe Megbedji a été on ne peut plus clair : la réussite de ce processus repose sur la discipline et la présence des acteurs locaux. Dans son communiqué, il a fermement instruit les maires de mobiliser l’ensemble de leurs conseillers communaux. Cette mobilisation est essentielle pour assurer le quorum nécessaire à la validité des désignations, marquer l’unité des conseils face aux défis de développement et permettre aux populations d’identifier leurs interlocuteurs directs au niveau de l’arrondissement. Cet appel traduit la volonté des autorités de garantir une légalité incontestable, une légitimité renforcée et une proximité accrue dans la conduite des affaires locales.

 

 Un département prêt pour 2026

En bouclant cette structuration à l’aube du mois de mars, le Couffo se dote d’un cadre opérationnel robuste. Alors que les défis de la décentralisation se font plus pressants, cette étape permet de passer de la théorie politique à la réalité du terrain. Désormais, les maires s’appuieront sur des chefs d’arrondissement investis de la plénitude de leurs prérogatives pour piloter le développement local.

Tableau de synthèse des installations

Commune Date Heure Lieu
Aplahoué 6 mars 09:00 Mairie
Djakomey 6 mars 11h00 Mairie
Dogbo 6 mars 14h00 Mairie
Toviklin 6 mars 16h00 Mairie
Klouékanmè 7 mars 09:00 Mairie
Lalo 7 mars 11h00 Mairie

La crème du football dans les grandes ligues européennes : le derby milanais et un test pour le Barça

Les mois décisifs de la saison de football européen approchent à grands pas. La moindre erreur peut coûter très cher, les équipes jouant donc à leur maximum avec le suspense qui dure jusqu’au bout du bout des parties.

Pour les passionnés de ballon rond, c’est un véritable déferlement d’émotions, et pour les parieurs, une excellente opportunité de se faire de l’argent avec 1xBet. L’essentiel est de se rappeler que les paris doivent être responsables et de ne pas se mettre en danger. 1xBet, le meilleur site de paris sportifs international, vous offre toujours les meilleures opportunités pour décrocher la timbale.

Paris Saint-Germain – AS Monaco, 6 mars

Ces deux équipes se sont croisées récemment en barrages de la Ligue des champions. Le PSG s’est qualifié alors, mais la tâche a été loin d’être facile pour les Parisiens : Monaco a mené au score dans les deux rencontres avant d’être accroché lors de la 2ᵉ manche et de rester en infériorité numérique par-dessus le marché.

Les Monégasques voudront confirmer leur niveau et prendre leur revanche lors de ce nouveau face-à-face. Les Parisiens ont une marge d’erreur très fine : ils ont trop attendu l’occasion de s’emparer de la tête du classement pour offrir à Lens une chance de s’approcher d’eux une autre fois. Le club de la capitale devrait aligner un collectif au sommet de sa forme et faire preuve d’une détermination sans faille – le match contre Chelsea en Ligue des champions aura lieu dans seulement cinq jours.

V1 – 1,304, X – 5,95, V2 – 8,3

Athletic Bilbao – FC Barcelone, 7 mars

Les champions d’Espagne faisant figure de favoris, les cotes indiquent que tout est possible dans ce match. Les Catalans seront certainement fatigués : l’équipe a connu un match très tendu contre l’Atlético en demi-finale de la Coupe d’Espagne. Koundé et Balde sont sortis sur blessure lors de la rencontre face au Real Madrid, alors qu’il ne faut pas s’attendre à voir Lewandowski sur le terrain. Pedri et Rafinha ont, eux aussi, labouré d’arrache-pied pour finalement se retrouver au bout du rouleau.

Dans le même temps, le retour de Frenkie de Jong devrait apporter de nouvelles idées au milieu de terrain. L’Athletic Bilbao a perdu ses chances de terminer dans le top 4 du championnat depuis un certain temps déjà, mais se préparera sans aucun doute à affronter un adversaire de taille. L’équipe a d’ailleurs accumulé assez de rancune pour aborder ce choc au mieux de sa forme : deux branlées douloureuses contre le Barça en championnat (4-0) et une manita (5-0) en Supercoupe d’Espagne pour corser cette addition déplorable.

V1 – 4,875, X – 4,675, V2 – 1,677

AC Milan – Inter, 8 mars

Dix longueurs séparent les deux troupes. Il semblerait que même en cas de revers, l’Inter ne court aucun risque. Cependant, il faut tenir compte non seulement du classement, mais aussi du calendrier. Le leader de Serie A affrontera l’Atalanta, la Fiorentina, la Roma et Como à venir. De plus, l’équipe de Chivu sera amputée de Lautaro Martínez, au moins en partie, lors de ces rencontres, sans oublier les difficultés rencontrées par l’Inter lors des grands rendez-vous de cette saison. La situation est donc loin d’être aussi simple.

Il en va de soi que, pour que la saison soit vraiment haletante, il est nécessaire que l’AC Milan récolte des points. Mais pour les supporters et les joueurs, une victoire, même dans un seul match, serait déjà très agréable. Nul doute que Max Allegri poussera ses pépites à se surpasser et donner le meilleur d’eux-mêmes.

V1 – 3,6, X – 3,04, V2 – 2,24

L’analyse d’avant-match permet d’évaluer la forme des équipes, leur motivation pour le tournoi et les facteurs clés des rencontres à venir. Utilisez ces informations pour prendre des décisions éclairées. Plus d’analyses sur les principaux matchs de la semaine sont disponibles sur 1xBet, le meilleur site de paris sportifs international, via le lien. Lorsque vous placez vos paris, privilégiez les statistiques et la discipline plutôt que les décisions impulsives.

Bénin : Abimbola quitte le ministère du Tourisme, Assouman assure l’intérim

À Cotonou, la machine gouvernementale poursuit ses ajustements. Mercredi 4 mars 2026, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Babalola Jean-Michel Hervé Abimbola, a officiellement transmis les rênes de son département à la ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou Assouman, appelée à en assurer l’intérim.

La cérémonie de passation, organisée à la Cité ministérielle de Cotonou, s’inscrit dans la dynamique du réaménagement technique du gouvernement béninois. Sobre mais symbolique, elle s’est déroulée en présence des membres de cabinets, des secrétaires généraux et des directeurs centraux des deux ministères.

Ce moment marque surtout la fin d’un cycle de plus de six années de gestion pour Jean-Michel Abimbola, désormais élu député à l’Assemblée nationale dans le cadre de la 10ᵉ législature.

Ministère du Tourisme de la Culture et des Arts - BENIN
© Ministère du Tourisme de la Culture et des Arts - BENIN

Un passage de témoin après plus de six ans de réformes

Après 77 mois à la tête du ministère, le ministre sortant laisse derrière lui un département profondément restructuré. Durant la cérémonie, le secrétaire général du ministère, Aristide Adébayo Adjibodou, a dressé un état des lieux détaillé des activités en cours.

Ce rapport a notamment porté sur :

  • l’avancement des programmes et projets stratégiques ;
  • la situation budgétaire du département ;
  • les dossiers prioritaires nécessitant un suivi immédiat.

Cet exercice de transparence vise à garantir une transition administrative fluide, alors que plusieurs initiatives structurantes dans les domaines du tourisme, de la culture et de la valorisation du patrimoine sont encore en phase de mise en œuvre.

 

Abimbola salue une transformation du secteur touristique et culturel.

Dans son allocution, Jean-Michel Abimbola est revenu, dans son allocution, sur les grandes orientations qui ont marqué son passage à la tête du ministère. Il a mis en avant les réformes engagées depuis la reconstitution du département, ainsi que les projets emblématiques déjà réalisés ou en cours de finalisation.

Le désormais député a tenu à remercier le chef de l’État pour sa confiance, les membres du gouvernement, les acteurs des secteurs touristique et culturel, ainsi que le personnel administratif du ministère. Dans un esprit de continuité, il a assuré rester disponible pour accompagner l’équipe en place si nécessaire, notamment dans le suivi des chantiers engagés.

Ministère du Tourisme de la Culture et des Arts - BENIN
© Ministère du Tourisme de la Culture et des Arts - BENIN

Assouman promet la continuité de l’action publique.

Prenant officiellement ses fonctions par intérim, Shadiya Alimatou Assouman a exprimé sa reconnaissance envers le chef de l’État pour la confiance renouvelée. Déjà à la tête du ministère de l’Industrie et du Commerce, elle aura désormais la mission de piloter temporairement le département du Tourisme, de la Culture et des Arts.

Par ailleurs, la ministre a insisté sur trois priorités immédiates :

  • assurer la continuité du service public ;
  • poursuivre l’exécution des projets engagés ;
  • préserver la stabilité institutionnelle du ministère.

Cette gestion intérimaire devra se poursuivre jusqu’à la mise en place du prochain gouvernement, dans un contexte où les secteurs touristique et culturel sont devenus des piliers importants de la stratégie de diversification économique du Bénin.

Un ministère stratégique pour l’image et l’économie du Bénin

Ces dernières années, le gouvernement béninois a multiplié les investissements visant à faire du tourisme et de la culture des leviers de développement économique et de rayonnement international.

Entre valorisation du patrimoine historique, promotion des sites touristiques et soutien aux industries culturelles et créatives, le ministère joue un rôle central dans la diplomatie culturelle et l’attractivité du pays.

Dans cette perspective, la transition actuelle devra permettre de maintenir le cap des réformes et des projets structurants, tout en assurant une continuité administrative sans rupture.

Bénin : Djogbénou reçoit la présidente de la Haute Cour de justice à l’Assemblée nationale

Au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, siège de l’Assemblée nationale du Bénin, les institutions poursuivent leur dynamique de concertation. Dans la matinée de ce jeudi 5 mars 2026, le président du Parlement, Joseph Fifamin Djogbénou, a accordé une audience à la professeure Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de justice, venue accompagnée d’une délégation.

Cette rencontre s’inscrit dans une double démarche : adresser les félicitations protocolaires au nouveau président de l’Assemblée nationale, élu le 8 février dernier, mais aussi renforcer le dialogue entre deux institutions clés de l’architecture constitutionnelle béninoise.

Au-delà du caractère symbolique de cette visite, l’entretien a permis d’aborder plusieurs questions relatives au fonctionnement et à la coopération entre le pouvoir législatif et la juridiction chargée de juger les gouvernants.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Un dialogue autour des relations entre institutions

À l’issue de l’audience, la présidente de la Haute Cour de justice s’est exprimée devant la presse parlementaire. Elle a expliqué que sa démarche répondait avant tout à un devoir institutionnel.

Selon elle, il était naturel de présenter ses félicitations au nouveau président du Parlement, à la fois en tant qu’aîné, collègue universitaire et responsable d’institution.

Mais la rencontre a rapidement dépassé le simple cadre protocolaire. Les échanges ont porté sur les relations fonctionnelles qui unissent la Haute Cour de justice et l’Assemblée nationale.

Dans le dispositif constitutionnel béninois, cette juridiction occupe en effet une place particulière : elle est chargée de juger pénalement les membres du gouvernement et les plus hauts responsables de l’État. Sa composition inclut notamment six membres issus de l’Assemblée nationale, ce qui renforce l’interconnexion entre les deux institutions.

La question de la désignation des juges parlementaires

Parmi les sujets évoqués, la désignation des représentants de l’Assemblée nationale au sein de la Haute Cour de justice a retenu une attention particulière.

La professeure Dandi Gnamou a ainsi attiré l’attention du président du Parlement sur la nécessité de procéder à la nomination de ces membres juges, un processus essentiel pour assurer le fonctionnement complet de l’institution.

Cette étape apparaît d’autant plus importante que la Haute Cour de justice constitue un maillon central du dispositif de contrôle de la responsabilité des gouvernants, contribuant à l’équilibre des pouvoirs dans l’État.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Une innovation dans la gestion des plaintes citoyennes

L’entretien a également été l’occasion pour la présidente de la Haute Cour de justice de présenter une évolution notable dans le fonctionnement de l’institution.

Selon ses explications, la juridiction a récemment introduit une nouvelle approche dans le traitement des plaintes déposées par les citoyens, afin d’assurer une gestion plus rigoureuse et mieux motivée des dossiers.

Cette initiative revêt un caractère historique : il s’agit de la première décision structurante adoptée par la Haute Cour de justice depuis sa création il y a vingt-cinq ans.

Dans cette perspective, la présidente de l’institution a jugé important d’en informer le président de l’Assemblée nationale, rappelant que le Parlement demeure le lieu privilégié de l’élaboration et de l’évolution du cadre légal.

Un partenariat institutionnel renforcé

Au terme des échanges, la présidente de la Haute Cour de justice s’est dite satisfaite de l’audience. Selon elle, le président Joseph Djogbénou a exprimé sa volonté d’accompagner l’institution dans ses efforts d’innovation et d’amélioration des procédures.

Cette rencontre marque ainsi un premier signal de coopération entre les deux institutions sous la nouvelle législature, dans un contexte où la consolidation de l’État de droit demeure un enjeu majeur pour la gouvernance publique au Bénin.

Au-delà du protocole, l’entretien illustre également la volonté des institutions béninoises de renforcer leurs mécanismes de dialogue et de coordination, afin de garantir un fonctionnement harmonieux des pouvoirs publics.

Bénin : la HAAC forme les journalistes pour une couverture professionnelle des élections de 2026

À quelques mois d’échéances électorales majeures, les autorités de régulation des médias au Bénin mettent l’accent sur la qualité de l’information. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a clôturé, ce jeudi 5 mars 2026 à Cotonou, un séminaire de formation destiné aux journalistes sur la couverture médiatique des élections.

Organisée avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), cette session de renforcement des capacités a réuni pendant quatre jours plusieurs professionnels des médias autour des enjeux liés au traitement de l’information en période électorale.

La cérémonie de clôture a été présidée par Katia U. Kérékou-Laourou, directrice de cabinet du président de la HAAC, marquant ainsi la fin d’un cycle de réflexion consacré au rôle central de la presse dans la consolidation du processus démocratique.

la HAAC
© la HAAC

Médias et démocratie : un rôle déterminant

Durant les travaux, les échanges ont mis en lumière la place stratégique des médias dans un contexte électoral. Au-delà de la diffusion de l’information, les journalistes sont appelés à garantir la transparence du processus électoral et à contribuer à l’équilibre du débat public.

Les participants ont notamment analysé plusieurs problématiques majeures, parmi lesquelles :

  • la gestion de l’information pendant les campagnes électorales ;
  • les défis liés à l’organisation logistique des scrutins ;
  • les mécanismes de centralisation et de publication des résultats.

Ces discussions ont permis de rappeler que la crédibilité des élections repose aussi sur la qualité du travail journalistique, dans un contexte marqué par la rapidité de circulation des informations, notamment sur les réseaux sociaux.

Maîtriser le cadre juridique des élections

Les contentieux électoraux ont constitué un volet majeur de la formation, abordé tant sous leur dimension constitutionnelle que pénale.

Les experts intervenants ont insisté sur la nécessité pour les journalistes de bien comprendre les règles juridiques qui encadrent les élections, notamment :

  • les procédures de recours devant les juridictions compétentes ;
  • les infractions liées au processus électoral ;
  • les décisions pouvant être rendues par les institutions judiciaires.

Cette maîtrise du cadre légal apparaît essentielle afin d’éviter les approximations dans le traitement de l’information et de prévenir toute diffusion susceptible d’alimenter les tensions sociales.

Déontologie et responsabilité à l’ère du numérique

La question de l’éthique journalistique a également occupé une place centrale dans les débats. Les instructeurs ont invité les participants à réaffirmer les principes fondamentaux du métier, notamment :

  • la vérification rigoureuse des sources ;
  • le respect du pluralisme politique ;
  • l’équité dans l’accès aux médias ;
  • la prudence dans le choix des mots et des images.

Dans un environnement médiatique marqué par l’instantanéité de l’information et la viralité des contenus sur les réseaux sociaux, ces règles déontologiques apparaissent plus cruciales que jamais pour préserver la crédibilité de la presse.

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© la HAAC

Une mission qui se poursuit sur le terrain

Intervenant lors de la clôture des travaux, François Awoudo, secrétaire général de la HAAC, a rappelé que cette formation constitue une étape, mais que le véritable test se déroulera lors des prochaines échéances électorales.

Il a ainsi invité les journalistes à mettre en pratique les connaissances acquises, en privilégiant la rigueur, l’éthique et le professionnalisme dans le traitement de l’information politique.

La HAAC appelle à des médias responsables.

Pour sa part, Katia U. Kérékou-Laourou a salué la qualité des échanges qui ont rythmé les quatre jours de formation, structurés autour de huit thématiques majeures.

Selon elle, les médias ne peuvent être considérés comme de simples observateurs en période électorale. Leur rôle consiste également à éclairer l’opinion publique, apaiser les tensions et renforcer la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques.

La responsable a également souligné l’importance pour les journalistes de maîtriser les questions juridiques liées aux contentieux électoraux afin d’éviter toute diffusion d’informations pouvant fragiliser la cohésion sociale.

En conclusion, elle a exprimé le souhait que ce séminaire constitue un point de départ vers un engagement renouvelé pour une presse béninoise plus responsable, crédible et professionnelle.

Des journalistes mieux préparés pour 2026

À l’issue de cette initiative, les professionnels des médias repartent avec de nouveaux outils pour assurer une couverture plus rigoureuse et équilibrée des élections générales prévues en 2026.

Dans un contexte où l’information joue un rôle déterminant dans la perception des processus électoraux, cette démarche de la HAAC s’inscrit également dans une volonté plus large de consolider la démocratie et la confiance citoyenne au Bénin.

Économie : Le Bénin sacré champion de la stabilité bancaire (BCEAO)

Dans un paysage financier ouest-africain souvent chahuté par l’instabilité, le Bénin tire son épingle du jeu. Selon les derniers indicateurs de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Cotonou affiche désormais le profil bancaire le plus sain de la région. Un signal fort envoyé aux marchés internationaux qui ne jurent plus que par le risque béninois.

 

La chute spectaculaire des créances douteuses

C’est un chiffre qui fait pâlir d’envie ses voisins : 4,4 %. Il s’agit du taux de crédits dégradés, autrement dit des prêts difficiles à recouvrer par les banques béninoises. Pour comprendre l’ampleur de la performance, il suffit de regarder de l’autre côté de la sous-région : en Guinée-Bissau, ce taux frôle les 30 %.

Ce gouffre statistique entre le Bénin et les autres pays de la zone n’est pas le fruit du hasard. Il traduit une mutation profonde de la gouvernance économique nationale. En effet, la rigueur imposée dans l’octroi des prêts et l’amélioration de l’environnement des affaires ont permis d’assainir les bilans des banques locales, transformant le pays en un havre de sécurité financière.

 

Le « label Bénin » : un aimant à capitaux

Désormais, cette résilience bancaire est le principal argument de vente du pays auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs directs étrangers. En affichant le profil le plus sûr d’Afrique de l’Ouest, le Bénin ne se contente plus de gérer ses finances ; il séduit massivement.

« Le risque de défaut est devenu quasi résiduel au Bénin comparé à la moyenne régionale », analyse un expert de la place financière de Cotonou.

Cette stabilité exceptionnelle offre aussi un avantage compétitif majeur :

  1. Baisse du coût du crédit pour les grandes entreprises.
  2. La confiance s’accroît des institutions multilatérales.
  3. Attractivité renforcée pour les investisseurs internationaux qui recherchent à placer leurs capitaux dans des zones à faible risque.

 

Vers une hégémonie financière régionale ?

Cependant, ce succès pose un nouveau défi à Porto-Novo : celui de la transformation de cette stabilité en croissance inclusive. Si les banques sont aujourd’hui solides et leurs portefeuilles propres, l’enjeu reste de fluidifier davantage le financement des PME, tout en conservant ce précieux verrou de sécurité qui fait la force du pays.

Néanmoins, une chose est sûre : dans la course à l’émergence, le Bénin vient de valider une étape cruciale. En se positionnant comme la destination d’investissement la plus fiable de la zone CFA, le pays se donne les moyens de ses ambitions continentales.

Attaque meurtrière au nord du Bénin : au moins 22 soldats tués près de la frontière nigérienne

Le nord du Bénin s’est réveillé sous le choc après une attaque particulièrement violente contre une position de l’armée dans la commune de Karimama, non loin de la frontière avec le Niger. Selon un bilan encore provisoire établi mercredi soir, au moins 22 soldats béninois auraient perdu la vie, tandis que plusieurs militaires sont toujours portés disparus.

L’assaut a visé le petit camp militaire de Kofouno, une position stratégique dans cette zone frontalière devenue, ces dernières années, l’un des points sensibles du dispositif sécuritaire béninois. D’après plusieurs sources sécuritaires, l’opération aurait été menée par des combattants affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation djihadiste active dans la région sahélienne.

Si les autorités n’ont pas encore livré de bilan officiel détaillé, l’attaque illustre une nouvelle fois la pression croissante qui pèse sur les États côtiers du Golfe de Guinée, désormais exposés à l’extension de la menace djihadiste depuis le Sahel.

Une frontière de plus en plus fragile

Située dans le département de l’Alibori, la zone de Karimama constitue depuis plusieurs années un corridor stratégique pour les groupes armés opérant entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Cette porosité frontalière complique considérablement le travail des forces de défense béninoises.

Depuis 2022, le Bénin a pourtant renforcé son dispositif militaire dans le nord du pays à travers l’opération Mirador, destinée à contenir l’infiltration de groupes armés et à sécuriser les populations locales. Mais malgré ces efforts, les attaques ponctuelles continuent de rappeler la complexité du défi sécuritaire.

Selon plusieurs analystes, les groupes djihadistes cherchent désormais à tester la capacité de résistance des pays côtiers, perçus comme les nouvelles lignes de front dans la lutte contre l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest.

Un contexte régional sous tension

Au-delà de l’attaque elle-même, l’événement intervient dans un climat régional particulièrement tendu. Les relations entre certains États du Sahel dirigés par des régimes militaires et plusieurs pays côtiers connaissent des crispations politiques et diplomatiques depuis plusieurs mois.

Dans ce contexte, certains observateurs évoquent une recomposition des équilibres sécuritaires dans la région. Les groupes armés profitent souvent de ces fractures pour étendre leurs zones d’influence et mener des incursions vers le sud.

Pour le Bénin, longtemps considéré comme l’un des pays les plus stables d’Afrique de l’Ouest, la multiplication de ces attaques constitue un défi majeur pour la sécurité nationale et la stabilité régionale.

Cotonou déterminé à renforcer la riposte

Face à cette nouvelle tragédie, les autorités béninoises devraient accentuer les mesures de sécurité dans les zones frontalières et intensifier la coopération avec leurs partenaires internationaux.

Depuis plusieurs années, le Bénin collabore notamment avec plusieurs pays occidentaux et africains dans le domaine du renseignement, de la formation militaire et du soutien logistique. L’objectif est clair : empêcher l’enracinement durable des groupes djihadistes dans les régions septentrionales.

Dans l’immédiat, l’armée béninoise poursuit ses opérations de ratissage dans la zone de l’attaque afin de retrouver d’éventuels assaillants et de sécuriser les villages environnants.

Alors que le bilan pourrait encore évoluer, une certitude s’impose : la bataille sécuritaire dans le nord du Bénin s’inscrit désormais dans une lutte régionale de longue haleine, où se mêlent enjeux militaires, politiques et géostratégiques.

Bénin :  qui sont les nouveaux visages aux commandes des Démocrates ?

Le retrait de l’ancien chef de l’État Boni Yayi de la présidence du parti Les Démocrates ouvre une nouvelle séquence politique au Bénin. Si l’annonce a surpris, l’essentiel se joue désormais ailleurs : dans la capacité des nouveaux dirigeants à maintenir la cohésion d’une formation fragilisée par les récents revers électoraux.

Dans un message daté du 3 mars 2026, l’ancien président a justifié son retrait par des raisons de santé. Toutefois, il a tenu à baliser la transition en confiant officiellement la direction du parti aux vice-présidents et aux instances statutaires, conformément aux textes internes.

 

Une transition organisée pour éviter le vide

Contrairement à une démission brutale, Boni Yayi a voulu encadrer son départ. Il a appelé à une gestion « consensuelle » et insisté sur la nécessité de préserver l’unité jusqu’au prochain congrès.

Ce choix vise à éviter toute vacance à la tête du principal parti d’opposition. En d’autres termes, l’objectif affiché est la stabilité. Reste à savoir si l’équilibre entre les différentes sensibilités internes pourra être maintenu.

Les nouveaux visages aux commandes

La direction collégiale repose désormais sur plusieurs figures clés du parti.

  • Eric Houndété, 1er Vice-Président, apparaît comme l’un des piliers de cette transition. Connu pour son expérience parlementaire et sa présence médiatique, il pourrait jouer un rôle central dans la redéfinition de la stratégie politique.
  • Nourénou Atchadé, 2e Vice-Président, figure influente au sein de la formation, devra contribuer à maintenir la cohésion interne, notamment auprès de la base militante.
  • René Bagoudou, 5e Vice-Président, ainsi que Saliou Akadiri, 6e Vice-Président, et Mama Debourou Djibril, 8e Vice-Président, complètent cette équipe appelée à gérer les affaires courantes.

Ce fonctionnement collectif pourrait constituer une force, à condition que les rivalités internes ne prennent pas le dessus.

 

Les Démocrates : un parti à reconstruire

La nouvelle direction hérite d’un contexte délicat. Absents des dernières joutes électorales majeures et affaiblis par des divisions internes, Les Démocrates doivent désormais redéfinir leur ligne politique et restaurer leur crédibilité.

La réunion annoncée entre les nouveaux responsables et les instances du parti sera donc déterminante. Elle pourrait fixer le cap de la transition et préparer le terrain du prochain congrès, où un leadership plus stable devrait émerger.

 

Une opposition en quête de souffle

Au-delà des équilibres internes, l’enjeu dépasse le seul parti. Le paysage politique béninois observe attentivement la capacité de cette nouvelle équipe à incarner une opposition structurée et audible.

Le départ de Boni Yayi marque la fin d’une ère dominée par une figure historique. Il ouvre également un espace pour une génération appelée à faire ses preuves.

La question centrale demeure : ces nouveaux dirigeants parviendront-ils à transformer cette période d’incertitude en opportunité de renouveau ?