Le gouvernement béninois a annoncé, mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, une baisse de 15 % à 30 % des redevances dans ses nouveaux marchés modernes. Derrière cette décision, décryptage d’une stratégie de l’exécutif pour sauver son pari de formalisation de l’économie face à la réalité du pouvoir d’achat.
C’est un ouf de soulagement qui a traversé les allées du marché de Gbégamey, à Cotonou. Pour les milliers de commerçants béninois — en grande majorité des femmes —, l’annonce faite par la ministre du Commerce intérieur, Shadiya Alimatou Assouman, résonne comme une victoire cruciale. En décidant de réduire les redevances mensuelles de 15 % à 30 % dans l’ensemble des marchés urbains et régionaux, l’exécutif pose un geste fort.
Mais au-delà de la liesse populaire, cette mesure traduit un arbitrage politique et économique majeur. Pour en comprendre la portée, il faut remonter le fil d’une réforme de plus de 100 milliards de FCFA qui a bousculé le quotidien des places marchandes du pays.
L’origine : le choc de la modernité après la gratuité
Tout commence par une ambition présidentielle monumentale : transformer le paysage commercial du Bénin en remplaçant les hangars de fortune par 35 vitrines modernes, salubres et ultra-sécurisées, gérées par l’Agence nationale de gestion des marchés (ANaGeM). Pour inciter les revendeuses à intégrer ces nouveaux joyaux architecturaux, l’État, sous l’ex-président Patrice Talon, avait initialement instauré une période transitoire de gratuité.
Cependant, l’introduction des redevances fixes a marqué la fin de l’état de grâce. Bien que largement subventionnés par les caisses publiques, ces tarifs ont représenté un véritable choc financier pour des usagers habitués à la flexibilité de l’économie informelle.
La progression : la grogne des étals et le test politique
Au fil des mois, la réalité macroéconomique s’est heurtée à celle des étals. Certes, les infrastructures étaient rutilantes, mais le portefeuille du citoyen lambda n’avait pas augmenté. Prises en étau entre des charges fixes jugées trop lourdes et un chiffre d’affaires fluctuant, les commerçantes ont vu les impayés s’accumuler, menaçant directement le modèle de gestion de l’ANaGeM.
Le cri du cœur des revendeuses est rapidement devenu un enjeu politique majeur. Directement interpellé lors des tournées de terrain, le nouveau chef de l’État, Romuald Wadagni, a inscrit cette question au cœur des priorités du Conseil des ministres. Cette baisse, actée aujourd’hui, apparaît ainsi comme le respect d’une promesse politique essentielle : prouver que l’émergence économique peut s’ajuster au rythme de vie de la population.
L’arbitrage rendu le 1ᵉʳ juillet consacre le retour au pragmatisme. À titre d’exemple, une redevance qui culminait à 18 000 FCFA par mois est désormais ramenée à 12 000 FCFA. Une économie nette de 6 000 FCFA par mois qui change radicalement la donne pour les budgets modestes.
« Cette nouvelle dépasse notre espérance. Nous remercions infiniment le Président de la République et tout son gouvernement. Nous promettons désormais d’être à jour », a réagi avec émotion dame Mihemi Dossouguin, responsable du marché de Gbégamey.
Pour l’État, réduire sa marge est un calcul stratégique à double détente : pacifier ses relations avec un électorat clé (les « Mama Benz » et les petites revendeuses), tout en s’assurant un civisme fiscal accru afin de garantir un meilleur taux de recouvrement.
Par ailleurs, cette décision ministérielle affecte positivement trois niveaux de la société :
Pour la commerçante : de l’oxygène pour le fonds de roulement
Dans l’économie de subsistance, chaque franc préservé est immédiatement réinvesti. Économiser plusieurs milliers de francs CFA par mois permet à ces femmes — piliers financiers des ménages — d’acheter davantage de stocks, de mieux résister aux variations de la demande et de sécuriser le revenu de leurs familles.
Pour le consommateur : une barrière contre l’inflation
C’est la loi mathématique des places marchandes : lorsque les charges des commerçants explosent, le prix du piment, de la tomate ou du tissu augmente pour compenser. En desserrant l’étau sur les redevances, le gouvernement supprime un prétexte majeur à la hausse des prix. Le panier de la ménagère est indirectement protégé.
Pour l’État : réussir le pari de la formalisation
Depuis sa nomination, la ministre Shadiya Alimatou Assouman s’emploie à accomplir sa feuille de route : structurer le commerce béninois. Avec cette réduction de tarifs, elle apporte à l’État un avantage décisif. L’enjeu était d’éviter que ces infrastructures à 100 milliards de FCFA ne deviennent des coquilles vides face au commerce de rue informel. En adaptant les coûts à la réalité du terrain, le ministère réussit son pari : l’État gagne des contribuables réguliers, sécurise le recouvrement des droits de place et stabilise le circuit économique légal.
En ajustant le curseur financier, Cotonou démontre qu’en matière de développement, la plus belle des infrastructures n’a de valeur que si elle intègre, d’abord, la réalité humaine de ceux qui la font vivre.
Le gouvernement béninois accélère la montée en compétences numériques des enseignants du primaire. Dans les départements du Nord, une vaste campagne de formation à l’informatique vient d’être lancée afin de préparer les instituteurs aux nouvelles exigences pédagogiques et administratives de l’école de demain.
NIKKI (Bénin) – La transformation numérique de l’administration publique gagne progressivement le secteur de l’éducation. Depuis ce mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, des centaines d’instituteurs des départements septentrionaux du Bénin participent à une vaste session de formation en informatique, organisée avec l’appui institutionnel du ministère des Enseignements maternel et primaire (MEMP).
Déployée simultanément dans 46 centres de formation répartis dans les départements de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou, cette initiative vise à renforcer les compétences numériques des enseignants. Cela doit permettre de mieux répondre aux évolutions du système éducatif.
Le lancement officiel de cette première phase s’est déroulé au Complexe scolaire de Bouyakou, dans la circonscription scolaire de Nikki, en présence des responsables de l’administration éducative et des représentants de MAFLYT Sarl, l’entreprise chargée de la mise en œuvre de la formation.
Au-delà de la maîtrise de l’outil informatique, le programme répond à une évolution plus profonde des pratiques professionnelles. Les enseignants sont désormais appelés à produire des documents pédagogiques numériques, à assurer un suivi administratif dématérialisé et à utiliser des logiciels spécialisés dans la gestion des activités scolaires.
Pendant vingt jours, les participants suivront quatre heures de cours quotidiennes, en matinée ou en soirée, selon leur organisation. Le programme prévoit des modules consacrés à Word, Excel, PowerPoint, Educmaster ainsi qu’aux E-services, avec pour objectif de permettre aux enseignants de développer des compétences directement mobilisables dans leurs activités quotidiennes.
Selon les responsables du projet, un centre de formation dans chaque circonscription scolaire concernée facilite désormais l’accès des enseignants à cette montée en compétences, sans les éloigner de leurs établissements.
Au-delà des usages pédagogiques, cette formation constitue également un atout pour l’évolution professionnelle des instituteurs. La maîtrise des outils numériques est devenue un critère de plus en plus recherché dans l’administration éducative, aussi bien pour les concours professionnels que pour les responsabilités administratives.
À l’issue de la formation, chaque participant recevra une attestation conjointe délivrée par le ministère des Enseignements maternel et primaire et MAFLYT Sarl.
Cette première étape concerne exclusivement les départements du Nord. Une seconde phase est d’ores et déjà annoncée pour les enseignants des départements du Sud, avec un démarrage prévu le 5 août 2026.
Les inscriptions demeurent ouvertes. Les enseignants qui n’ont pas encore rejoint le programme doivent se rapprocher de leur circonscription scolaire afin d’intégrer les prochaines sessions.
À travers cette initiative, les autorités éducatives poursuivent leur ambition de faire du numérique un outil au service de la qualité des apprentissages, tout en accompagnant les enseignants dans l’adaptation de leurs pratiques aux nouvelles exigences de l’école béninoise.
L’avenir industriel du Grand Nord béninois se dessine à Malanville. Ville carrefour par excellence, située aux frontières stratégiques du Niger et du Nigeria, la commune s’apprête à opérer un saut quantique sur les plans économique, social et environnemental.
Le 29 juin 2026, le maire de la commune, Kassimou Labo Goumbi, a visité le site qui accueillera deux infrastructures majeures portées par le géant panafricain ETG (Export Trading Group) : une usine moderne de recyclage de déchets plastiques et une rizerie industrielle aux dimensions titanesques.
Transformer le péril plastique en opportunité locale
Le premier volet de cette implantation industrielle s’attaque à l’un des fléaux environnementaux les plus tenaces de la région : la prolifération des déchets plastiques. En s’installant à Malanville, la société ETG n’implante pas seulement une usine de recyclage ; elle jette également les bases d’une véritable économie circulaire dans le septentrion.
Ainsi, les sachets, bidons et emballages abandonnés, qui polluent les sols agricoles et menacent le lit du fleuve Niger tout proche, seront désormais collectés, triés et transformés. Au-delà de l’évident bénéfice écologique, ce projet s’annonce comme un puissant moteur de développement social. En effet, son modèle repose sur la création d’un vaste réseau local de collecte, promettant de générer des centaines d’emplois indirects ainsi que de nouvelles sources de revenus, en particulier pour les groupements de femmes et de jeunes de la commune.
Une rizerie géante pour conquérir l’autosuffisance
Le second pilier de ce complexe industriel relève de la souveraineté alimentaire nationale. En phase finale de construction, une rizerie industrielle d’une capacité hors norme de 60 tonnes par heure s’apprête à entrer en service. Un colosse qui positionne d’emblée Malanville comme l’un des plus grands hubs de transformation de céréales en Afrique de l’Ouest.
Si Malanville s’est toujours imposée comme le premier grenier rizicole du Bénin grâce aux terres fertiles de sa vallée, la commune souffrait historiquement d’un déficit d’outils industriels pour valoriser sa production. Désormais, en permettant de blanchir, calibrer et conditionner le riz local selon les meilleurs standards internationaux, cette usine vient corriger cette anomalie structurelle.
Par conséquent, elle permettra de sécuriser les revenus des riziculteurs locaux en absorbant massivement leurs récoltes, tout en réduisant la dépendance du Bénin et de la sous-région vis-à-vis des importations en provenance d’Asie.
Lors de son inspection des lieux, le maire Kassimou Labo Goumbi a chaleureusement salué cet investissement privé à fort impact. Pour la municipalité, l’enjeu est double : offrir des perspectives d’avenir concrètes à la jeunesse locale afin de freiner l’exode, tout en élargissant l’assiette fiscale de la commune grâce aux futures taxes industrielles.
Par ailleurs, en facilitant les démarches foncières et logistiques nécessaires à cette phase terminale des travaux, la mairie de Malanville démontre que le développement des territoires se construit désormais au cœur d’un partenariat public-privé audacieux.
Le rendez-vous est désormais pris pour l’inauguration de ces infrastructures, qui marquera le début d’une nouvelle ère pour l’agro-industrie béninoise.
L’image est forte et symbolise un changement de paradigme profond au sein du système judiciaire béninois. Le mardi 30 juin 2026, l’ambiance n’était pas aux visages fermés entre les murs de la prison civile d’Akpro-Missérété, mais bien à la célébration du mérite et de l’effort.
En effet, l’Agence pénitentiaire du Bénin (APB) y a officiellement remis les attestations de réussite au Certificat de qualification aux métiers (CQM) à 171 détenus. Un événement d’envergure nationale qui consacre le parcours de réhabilitation de ces hommes et de ces femmes issus des 11 établissements pénitentiaires du pays.
Un taux de réussite exceptionnel
Sur les 173 candidats détenus présentés à la session d’octobre 2025, 171 ont décroché le précieux sésame, portant ainsi le taux de réussite à un niveau remarquable de 98,84 %.
Derrière cette performance se cache une grande diversité de savoir-faire techniques indispensables à l’économie locale. Ces lauréats d’un genre particulier disposent désormais de compétences certifiées par l’État dans plusieurs corps de métiers de l’artisanat, notamment :
Métiers du bois et du métal : menuiserie bois, menuiserie aluminium et soudure ;
Bâtiment et esthétique : peinture en bâtiment et coiffure ;
Mode et artisanat : couture et autres spécialités manuelles.
Par ailleurs, cette moisson de diplômes couronne les investissements matériels récents de l’APB, qui a doté plusieurs centres pénitentiaires, notamment ceux de Parakou et d’Akpro-Missérété, d’ateliers techniques modernes afin de permettre un apprentissage dans des conditions proches de la réalité professionnelle.
Préparer l’« après-prison »
La cérémonie s’est déroulée en présence de Florentin Gbodou, directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation, ainsi que de François Hounkpè, directeur général de l’APB. Tour à tour, les officiels ont rappelé l’ambition politique qui sous-tend ce programme de formation.
« La prison ne doit plus seulement être le lieu de l’expiation de la peine, mais le point de départ d’une reconstruction personnelle. »
À travers la délivrance de qualifications officielles, reconnues et recherchées sur le marché du travail, l’administration pénitentiaire béninoise entend s’attaquer aux causes profondes de la récidive. L’objectif est clair : transformer le temps de l’incarcération en une véritable période d’apprentissage afin que, le jour de leur libération, ces artisans diplômés disposent immédiatement des compétences et des moyens nécessaires pour se réinsérer dignement dans la société.
Matinée de cauchemar pour les usagers de la route inter-États reliant Abomey-Calavi à Cotonou. Ce mardi 30 juin 2026, la combinaison d’une météo capricieuse et d’un incident mécanique rare a transformé l’un des principaux poumons économiques du pays en un véritable piège à ciel ouvert.
Alors que des milliers de navetteurs tentaient de se frayer un chemin au milieu d’une paralysie routière historique, un véhicule a soudainement pris feu, créant un vent de panique.
Véhicule en feu : le piège de la congestion routière
Tout commence aux premières lueurs du jour. De fortes pluies diluviennes s’abattent sur les régions côtières du Bénin, provoquant des inondations généralisées sur plusieurs axes routiers névralgiques. Très vite, l’eau dicte sa loi : au niveau du pont de Houédonou, du carrefour IITA et sur la route en provenance de Ouidah, la circulation se fige.
C’est au cœur de ce gigantesque embouteillage, alors que les moteurs surchauffent et que les automobilistes avancent au compte-gouttes, que le drame survient sur la chaussée. Pour une raison encore indéterminée, une voiture immobilisée au milieu du bouchon commence à dégager une épaisse fumée noire avant de s’embraser violemment.
Scène de panique et intervention d’urgence
Sur les vidéos amateurs qui ont rapidement inondé les réseaux sociaux, le spectacle est saisissant. Les flammes dévorent la carrosserie sous les yeux impuissants des conducteurs voisins, bloqués pare-chocs contre pare-chocs, incapables de manœuvrer pour s’éloigner du brasier. Heureusement, la réactivité des occupants du véhicule sinistré leur a permis de s’extraire à temps, évitant ainsi un bilan humain dramatique.
Déjà déployés en nombre pour tenter de gérer le chaos causé par la montée des eaux, les éléments de la Police républicaine ont immédiatement convergé vers le foyer de l’incendie. Ainsi, les forces de l’ordre ont établi un périmètre de sécurité rigoureux pour protéger les usagers contre les risques d’explosion, tout en facilitant l’intervention des sapeurs-pompiers.
Le retour progressif à la normale
Par ailleurs, le ministère du Cadre de vie et des Transports a rapidement communiqué pour rassurer l’opinion publique, confirmant que l’incendie avait été maîtrisé par les secours. Même si le sinistre ne constitue plus une menace directe, les stigmates de cette matinée noire pèsent encore lourdement sur le trafic.
Finalement, pour désengorger la zone, les autorités ont invité instamment les automobilistes en provenance de Calavi à contourner le secteur en empruntant l’itinéraire via le carrefour IITA, le pont de Womey et la sortie de la pharmacie Cocotomey. Un appel au civisme et à la patience a été lancé.
Les réseaux sociaux africains sont-ils devenus des zones de non-droit ou le nouveau terrain d’une guérilla judiciaire internationale ?
C’est la question qui brûle les lèvres après la double offensive judiciaire lancée par l’homme politique Bertin Koovi. Ce dernier a décidé de porter ses différends avec l’activiste Habib Ahandessi devant deux juridictions distantes de plusieurs milliers de kilomètres : le parquet français et la redoutable Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), à Porto-Novo.
Cette double saisine illustre un phénomène grandissant : la fin de l’impunité pour les influenceurs et activistes de la diaspora qui pensent que la distance géographique les protège des lois de leur pays d’origine.
Une affiche arrachée, un « direct » TikTok qui dérape
L’étincelle à l’origine de cet imbroglio politico-numérique semble presque dérisoire, avant de prendre des proportions étatiques. Tout commence lorsque Bertin Koovi décide de retirer de l’espace public une affiche qu’il juge injurieuse et portant gravement atteinte à l’image de la République du Bénin. Un acte de salubrité républicaine pour les uns, une provocation pour les autres, qui enflamme immédiatement la toile béninoise.
Très vite, la réplique ne se fait pas attendre. Lors d’un « direct » sur la plateforme TikTok, le 28 juin 2026, Habib Ahandessi, un citoyen béninois résidant en France, s’en prend violemment à Bertin Koovi. Toutefois, selon les conseils de ce dernier, les limites de la simple liberté d’expression auraient été largement franchies. La plainte évoque des « appels à la violence » directs et caractérisés, proférés devant des milliers de spectateurs connectés.
L’axe judiciaire Paris – Porto-Novo
La singularité de la riposte de Bertin Koovi réside dans sa stratégie de « tenaille » juridique :
Le volet français : visant directement Habib Ahandessi sur son lieu de résidence, cette plainte active les dispositions du Code pénal français relatives aux menaces de violences commises par voie numérique.
Le volet béninois : en saisissant le procureur spécial de la CRIET, juridiction ultra-spécialisée et réputée pour sa fermeté face aux infractions cybernétiques, Bertin Koovi s’assure que l’affaire reste inscrite à l’agenda judiciaire national.
Par ailleurs, la CRIET a officiellement reçu une copie certifiée des démarches engagées en France, preuve de la technicité de la procédure. L’objectif affiché est de faciliter l’entraide judiciaire entre Paris et Cotonou, notamment en vue d’un éventuel échange de preuves ou de l’exécution de commissions rogatoires internationales.
Alors que les parquets analysent le dossier, cette affaire s’annonce déjà comme un cas d’école. Elle rappelle également aux créateurs de contenu que l’espace virtuel n’échappe pas au droit et qu’un smartphone utilisé depuis l’Europe ne constitue plus un bouclier suffisant contre d’éventuelles poursuites engagées par la justice béninoise.
L’engouement pour les métiers du numérique pousse l’ADPME et ses partenaires à renforcer leur dispositif.
Cotonou, 30 juin 2026 – Plus de 5 700 candidatures en quelques jours. Le chiffre illustre l’intérêt grandissant des jeunes Béninois pour les métiers du numérique et conforte les ambitions de l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME Bénin), du programme FORCE-N Bénin et de la Mastercard Foundation, engagés dans la formation d’une nouvelle génération de professionnels de l’e-business.
Face à cette forte mobilisation, les responsables des différentes parties prenantes ont tenu, le 24 juin dernier à Cotonou, une séance de travail destinée à évaluer les premières étapes de mise en œuvre du programme de formation certifiante en e-business. Conduite depuis le Sénégal, la délégation de FORCE-N Bénin a rencontré le Directeur général de l’ADPME Bénin, Laurent Gangbes, afin d’ajuster le dispositif avant le démarrage effectif des parcours de formation.
L’initiative, officiellement lancée le 12 juin lors d’une rencontre virtuelle réunissant les dirigeants du programme, a rapidement suscité un intérêt dépassant les attentes des organisateurs. Au total, ils ont enregistré 5 761 candidatures, provenant de l’ensemble des douze départements du Bénin, mais également de jeunes Béninois établis à l’étranger.
Au-delà de ce succès quantitatif, les partenaires y voient un signal fort de l’évolution des aspirations professionnelles de la jeunesse, de plus en plus tournée vers les compétences numériques, devenues essentielles dans un marché du travail en pleine mutation.
Pour répondre à cette demande, plusieurs ajustements opérationnels ont été arrêtés. Les bénéficiaires disposeront prochainement d’un numéro d’assistance dédié, d’un tutoriel facilitant l’utilisation de la plateforme de formation ainsi que d’un accompagnement pédagogique et technique renforcé tout au long de leur apprentissage.
Mais les ambitions du programme ne se limitent pas à la délivrance de certifications. Les discussions engagées entre les partenaires portent également sur les perspectives d’insertion professionnelle des futurs diplômés. Plusieurs pistes sont actuellement à l’étude afin de favoriser leur recrutement par les entreprises, de faciliter leur accès au marché de l’emploi et d’accompagner les jeunes qui souhaiteront développer leurs propres projets entrepreneuriaux.
À travers cette initiative, l’ADPME Bénin, FORCE-N Bénin et la Mastercard Foundation entendent contribuer à l’émergence d’un vivier de compétences capable d’accompagner la transformation numérique des petites et moyennes entreprises béninoises. Un enjeu stratégique pour un pays qui mise de plus en plus sur l’économie numérique comme levier de création d’emplois, de compétitivité et de croissance durable.
Dans le nord du Bénin, la lutte contre les réseaux de stupéfiants se joue désormais au cœur des zones rurales les plus isolées. Dimanche 28 juin 2026, aux environs de 21 heures, les hommes du commissariat de l’arrondissement de Bembèrèkè ont porté un coup d’arrêt à une importante filière de redistribution de chanvre indien. L’opération s’est déroulée à hauteur du village de Pédarou, révélant une méthode logistique bien rodée : l’utilisation de zones broussailleuses comme entrepôts temporaires à ciel ouvert.
Cette saisie met en lumière la mutation des méthodes des trafiquants, qui délaissent de plus en plus les entrepôts urbains, trop exposés, au profit de caches naturelles dissimulées le long des axes de transit.
Une guerre de renseignement et de patience
L’intervention policière n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement de plusieurs jours de surveillance discrète et minutieuse. Alertées par des renseignements concordants faisant état d’un trafic de grande ampleur dans la commune de Bembèrèkè et ses environs, les forces de l’ordre ont patiemment cartographié les déplacements des suspects.
Ce travail d’infiltration et d’analyse a permis d’identifier un itinéraire régulier emprunté par les convoyeurs. En tendant leur dispositif de surveillance le long de ce corridor invisible, les agents de la Police républicaine ont fini par localiser le point névralgique du réseau : une cache aménagée en pleine brousse. Sur place, la fouille a permis de mettre la main sur six sacs de jute d’une capacité théorique de 100 kilogrammes chacun, tous gorgés de plaquettes de chanvre indien.
Le défi du démantèlement des réseaux « fantômes »
Si la marchandise a été transportée en toute sécurité et placée sous scellés dans les locaux du commissariat de Bembèrèkè pour les besoins de la procédure judiciaire, les propriétaires de la cargaison manquent encore à l’appel. À ce stade, aucune interpellation n’a eu lieu.
C’est là toute la complexité de la stratégie des trafiquants : en stockant la drogue à distance des habitations et en ne venant la récupérer qu’au moment propice, ils limitent les risques d’arrestation en flagrant délit.
La Police républicaine maintient toutefois la pression. Alors que l’évaluation précise du poids de la drogue saisie est toujours en cours, les investigations se poursuivent activement. Pour les autorités béninoises, l’objectif dépasse désormais la simple saisie matérielle ; il s’agit de remonter la chaîne de commandement afin d’identifier les cerveaux et de démanteler définitivement ce réseau transfrontalier qui alimente la sous-région.
Au cours d’une cérémonie solennelle empreinte de prestige, la Vice‑Présidente de la République, Madame Mariam Chabi Talata, a décoré le Médiateur de la République, Pascal Essou. Une haute distinction vient ainsi couronner un parcours d’exception au sommet de l’État.
Les salons feutrés de la Grande Chancellerie de l’Ordre national du Bénin ont servi de cadre, à la veille de ce vendredi 26 juin 2026, à un grand moment de reconnaissance républicaine. En effet, M. Pascal Essou, Médiateur de la République, a reçu officiellement le grade de Grand Officier de l’Ordre national du Bénin.
La Vice‑Présidente de la République, Grande Chancelière de l’Ordre, Madame Mariam Chabi Talata, a présidé cette prestigieuse cérémonie, symbole de la gratitude de la Nation envers ses grands serviteurs. Dès lors, elle consacre une trajectoire remarquable, entièrement dédiée au développement, à l’équilibre institutionnel et à la paix sociale au Bénin.
Preuve de la portée hautement politique et républicaine de l’événement, les chefs des grandes institutions de la République ont tenu à faire le déplacement pour entourer le récipiendaire. Parmi les personnalités de premier plan figurait la Présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, la Professeure Dandi Gnamou.
Présente aux côtés de ses pairs, la présidente de la juridiction constitutionnelle n’a pas caché son admiration, exprimant publiquement ses « chaleureuses félicitations à Monsieur Pascal Essou pour cette reconnaissance méritée ».
Pascal Essou : le garant du dialogue social et administratif
Cette distinction récompense un homme dont le nom reste intimement lié à la stabilité des services publics béninois ces dernières années. Homme d’affaires émérite puis homme politique respecté, ancien député à l’Assemblée nationale, Pascal Essou avait prêté serment en mai 2021 devant le Chef de l’État, Patrice Talon, pour devenir le troisième Médiateur de la République de l’histoire du pays, succédant à Joseph Gnonlonfoun.
À la tête de cette institution stratégique, Pascal Essou s’est d’abord illustré par son rôle d’intercesseur gracieux, en reliant les administrés à l’administration publique pour résoudre les litiges à l’amiable. Ensuite, il a consolidé l’État de droit en menant des médiations d’envergure pour apaiser les tensions professionnelles et sociopolitiques. Enfin, il a porté la voix du Bénin à l’échelle internationale, notamment en sa qualité de trésorier de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF).
En arborant désormais la cravate de Grand Officier, Pascal Essou rejoint le cercle très restreint des citoyens dont les mérites exceptionnels et la loyauté envers la patrie sont gravés dans l’histoire de la République. Une médaille en or pour un homme de dialogue.
Cotonou, 26 juin 2026 — Le Bénin a franchi une nouvelle étape dans sa quête d’un développement durable inclusif en décernant, pour la première fois, les Labels Écocitoyens 2026 à six organisations de la société civile. Cette initiative, pilotée par la Direction Générale de l’Environnement et du Climat (DGEC), met en lumière des acteurs engagés dans la protection de l’environnement, la sensibilisation communautaire et l’innovation écologique.
Les lauréats, sélectionnés après un processus rigoureux, sont :
Réseau Béninois du Parlement Mondial de la Jeunesse pour l’Eau (RB/PMJE)
SEKO GREEN
ONG PAULY AFRIQUE BIO
Fondation GNIDEHOUE
ONG JEVEV
ONG TAMAEE
Ces structures se sont distinguées dans des domaines aussi variés que l’éducation environnementale, le reboisement, la gestion durable des ressources naturelles, la promotion de l’économie verte et l’innovation écologique. Par ailleurs, leurs actions contribuent à renforcer les valeurs écocitoyennes et à améliorer durablement le cadre de vie des communautés béninoises.
La remise officielle des distinctions s’est tenue jeudi 25 juin 2026 à l’Hôtel Novotel Orisha de Cotonou, sous la présidence de Monsieur Georges ALE, Ministre du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement Durable. Cet événement, qui a réuni personnalités politiques, administratives et partenaires au développement, a été l’occasion de célébrer l’engagement citoyen en faveur de l’environnement.
Dans son discours d’ouverture, le Ministre Georges ALE a salué « l’exemplarité et la persévérance » des lauréats, rappelant que « l’écocitoyenneté n’est pas une option, mais une nécessité pour notre avenir commun ». De plus, il a insisté sur le fait que les investissements publics en assainissement, infrastructures et aménagement urbain ne porteront leurs fruits que si les citoyens adoptent des comportements responsables :
« L’écocitoyenneté, ce n’est pas seulement ramasser ses déchets. C’est un engagement quotidien pour la santé de tous, la préservation de notre biodiversité et la qualité de vie de nos enfants. »
« 229 Cadre de Vie » : une plateforme pour une écocitoyenneté participative
Par ailleurs, l’un des temps forts de la cérémonie a été la présentation de la plateforme numérique « 229 Cadre de Vie », un outil innovant permettant aux citoyens de signaler les atteintes à l’environnement (dépôts sauvages, pollution, dégradation des espaces publics, etc.) et de participer activement à l’amélioration du cadre de vie.
Mme Arielle AKOUÉTÉ ACCROMBESSI, Cheffe du Département de la Promotion de l’Écocitoyenneté, a souligné le rôle clé des organisations lauréates dans la diffusion des bonnes pratiques environnementales. Elle a déclaré : « Ces acteurs sont les ambassadeurs d’un Bénin plus vert et plus résilient », avant d’ajouter que la plateforme « donne à chaque citoyen les moyens d’agir ».
Labels Écocitoyens : un engagement gouvernemental renforcé
Enfin, en clôturant les travaux, le Ministre Georges ALE a réaffirmé la volonté du Gouvernement de :
Poursuivre les campagnes de sensibilisation à l’écocitoyenneté.
Accompagner les initiatives citoyennes par des financements et un cadre légal favorable.
Construire un Bénin plus propre, plus sain et respectueux de son environnement.
Cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique nationale visant à faire du Bénin un modèle en Afrique de l’Ouest en matière de gestion durable de l’environnement et de participation citoyenne.
Au final, les Labels Écocitoyens 2026 traduisent une reconnaissance symbolique mais surtout l’ouverture d’une nouvelle bataille pour l’avenir du pays. En effet, pollution plastique, écosystèmes fragiles et mobilisation de la jeunesse restent des défis majeurs que le Bénin devra affronter avec détermination. D’ailleurs, en érigeant les lauréats en ambassadeurs officiels de l’écocitoyenneté, le gouvernement place la société civile au cœur de la transition écologique et rappelle que la réussite de cette ambition dépendra de la capacité collective à transformer l’engagement citoyen en un véritable moteur de développement durable.