Bénin : la famille de Candide Azannaï dénonce une détention arbitraire

Entre silence judiciaire et appel international, l’affaire Azannaï ravive le débat sur les libertés publiques.

À Cotonou comme dans plusieurs capitales africaines, les communiqués familiaux ne franchissent que rarement la barrière médiatique. Pourtant, celui rendu public par les proches de Candide Azannaï bouscule le silence ambiant.

Dans un texte publié ce matin, la famille affirme que les autorités détiennent l’ancien ministre depuis près de trois mois dans des conditions « contraires aux normes nationales et internationales ». Elle souligne que l’État n’a transmis aucune notification formelle d’accusation ni présenté le détenu devant un juge. Ses proches qualifient cette situation de « violation manifeste des droits fondamentaux ».

 

Une détention entourée de zones d’ombre

Selon les déclarations signées par Aaron Vinawadon Tolidji M. Azannaï, fils du détenu, l’homme de 67 ans serait maintenu en privation de liberté sans accès à une cellule conforme aux normes, ni aux conditions minimales d’hygiène et de repos.

Plus préoccupant encore, indique le communiqué, son état de santé fragile exige un suivi médical régulier, refusé à deux reprises par le procureur spécial compétent.

À ce stade, la famille assure qu’aucune charge précise n’a été officiellement notifiée, qu’aucune preuve n’a été présentée et qu’aucune date d’audience n’a été fixée. En conséquence, elle invoque le principe de présomption d’innocence, garanti par la Constitution béninoise et par plusieurs instruments juridiques internationaux.

 

Une affaire à forte portée politique

Au-delà du cas individuel, cette situation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par des tensions récurrentes autour des libertés publiques au Bénin. Depuis plusieurs années, des organisations de défense des droits humains pointent des restrictions croissantes de l’espace civique, notamment en matière d’expression politique et médiatique.

Dès lors, l’affaire Azannaï prend une dimension symbolique. Pour ses soutiens, elle illustrerait un usage contesté de l’appareil judiciaire. Pour les autorités, en revanche, toute procédure relèverait du strict cadre légal.

En filigrane, une question demeure : comment concilier impératif sécuritaire, stabilité institutionnelle et respect scrupuleux des garanties fondamentales ?

 

Un appel à la communauté internationale

Face à ce qu’elle considère comme une détention arbitraire, la famille en appelle aux organisations internationales de défense des droits humains, aux représentations diplomatiques et aux instances régionales et onusiennes.

Elle demande, soit la libération immédiate de l’intéressé, soit sa comparution rapide devant une juridiction compétente, dans le respect d’un procès public et équitable. Elle insiste également sur l’accès immédiat aux soins médicaux adaptés à son âge.

Cette interpellation vise à internationaliser le débat, dans l’espoir d’accroître la vigilance autour du dossier.

 

L’État de droit à l’épreuve

Le Bénin demeure, dans les textes, un État de droit fondé sur la séparation des pouvoirs et la garantie des libertés fondamentales. Toutefois, chaque affaire sensible met à l’épreuve cet équilibre institutionnel.

En définitive, au-delà des positions partisanes, c’est la crédibilité de la justice et la confiance des citoyens dans les institutions qui se trouvent en jeu. Car dans toute démocratie, la légitimité du pouvoir repose autant sur les urnes que sur le respect des droits individuels. À ce stade, les observateurs nationaux et internationaux scrutent avec attention l’évolution de ce dossier.

Football béninois : le clientélisme menace l’essor des Amazones

C’est un vent mauvais qui souffle sur les pelouses béninoises, menaçant de balayer les acquis fragiles d’une discipline en pleine ascension. Alors que le football féminin commençait à se faire un nom, porté par l’éclosion de talents comme Aude Gbedjissi ou Romaine Gandonou, des manœuvres en coulisses viennent aujourd’hui ternir cette dynamique. En cause : une organisation des compétitions manipulée à des fins électorales, au mépris des règlements sportifs les plus élémentaires.

 

Le constat est amer pour les puristes. Après des années de marasme, le football béninois semblait avoir trouvé, sous l’égide de Mathurin De-Chacus, une voie de stabilité et de professionnalisation. Pourtant, à l’approche des prochaines échéances électorales de la Fédération Béninoise de Football (FBF), les vieux démons de la politique sportive refont surface. Le naturel, chassé par les réformes, revient au galop sous la forme d’une multiplication anarchique de clubs de troisième division féminine.

 

La « fabrique » de clubs : un détournement du mérite sportif

Le scandale repose sur une entorse flagrante au protocole d’accession. Selon les textes en vigueur, toute nouvelle entité doit faire ses preuves en quatrième division amateur départementale avant de prétendre à l’échelon supérieur. Or, des sources concordantes font état de l’intégration directe de plusieurs clubs nouvellement créés en D3, sans aucun passé sportif.

Pourquoi une telle précipitation ? Pour de nombreux observateurs, l’explication n’est pas sportive, mais arithmétique. Chaque club affilié représente une voix, un droit de vote, un soutien précieux lors des scrutins fédéraux. En gonflant artificiellement le nombre de participants, certains acteurs de l’ombre tentent de verrouiller le système électoral, quitte à sacrifier la cohérence du championnat et le niveau technique de la compétition.

 

Le cri d’alarme du « Collectif des 24 »

Face à cette dérive, la résistance s’organise. Le Collectif des 24 clubs légitimes de la troisième division féminine ne décolère pas. Dans une démarche de sauvegarde, ces dirigeants ont officiellement saisi le Président de la FBF. Mais là encore, l’opacité règne : selon nos informations, la correspondance aurait été bloquée par des filtres administratifs au sein même de l’institution, empêchant Mathurin De-Chacus de prendre la pleine mesure de la fronde.

Ce blocus informationnel souligne l’existence d’un système parallèle au sein de la fédération, capable de paralyser la communication entre le sommet et la base pour protéger des intérêts particuliers.

 

L’urgence d’une réponse ferme : De-Chacus et Ahyi au pied du mur

Le silence n’est plus possible. La crédibilité du football féminin béninois repose désormais sur la capacité de réaction du Président De-Chacus et de l’honorable Chantal Ahyi, présidente de la commission féminine. Laisser prospérer ces irrégularités reviendrait à valider une baisse drastique du niveau de jeu et à décourager les véritables centres de formation.

L’enjeu dépasse le simple cadre d’une saison de D3. Il s’agit de savoir si le Bénin veut construire une élite sportive basée sur le mérite ou s’il accepte de voir son football redevenir une monnaie d’échange politique. Si les instances ne mettent pas rapidement un terme à ces pratiques, le risque est grand de voir les partenaires et les supporters se détourner d’un sport qui, au lieu de détecter les pépites de demain, s’enfonce dans les calculs d’hier.

 

 Le football féminin, victime collatérale des ambitions

Cette crise met en lumière la fragilité des réformes au Bénin. Tant que la structure des clubs restera intimement liée au poids électoral des dirigeants, le sport restera l’otage de la politique. Pour que le pays continue de briller sur la scène continentale, il est impératif de sanctuariser le volet technique et de protéger les Amazones du ballon rond contre les appétits de pouvoir. La transparence n’est pas seulement une règle de bonne gouvernance, c’est le carburant indispensable de la performance.

Bénin : Proparco et NSIA Banque renforcent le financement des PME

À Cotonou, un accord financier vient renforcer les perspectives des petites et moyennes entreprises béninoises. NSIA Banque Bénin a signé avec Proparco, filiale du groupe Agence française de développement (AFD), une ligne de garantie destinée à stimuler l’octroi de crédits aux PME. La cérémonie s’est tenue en présence de l’Ambassadrice de France au Bénin, symbole d’un engagement diplomatique et économique assumé.

Au cœur de cet accord : le mécanisme ARIZ, un dispositif de partage de risques conçu pour encourager les banques à financer davantage les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), souvent confrontées à des obstacles d’accès au crédit.

 

Un mécanisme de partage du risque pour débloquer les financements

Concrètement, Proparco met à disposition une garantie de portefeuille d’un montant de 20 millions d’euros, soit environ 13,1 milliards de francs CFA. Ce mécanisme permet de couvrir jusqu’à 50 % du risque de crédit sur un ensemble de prêts accordés par NSIA Banque à des entreprises béninoises.

Ainsi, la banque pourra élargir son offre de financement tout en limitant son exposition aux risques. En d’autres termes, ce dispositif agit comme un filet de sécurité : il rassure l’établissement prêteur et facilite l’accès aux ressources pour les entrepreneurs évoluant dans des secteurs clés de l’économie nationale.

 

Les PME, pilier de la croissance béninoise

Au Bénin, les PME constituent l’ossature du tissu économique. Elles représentent une part importante des emplois formels et informels, mais peinent encore à accéder à des financements adaptés à leurs besoins.

Dès lors, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation du secteur privé, en cohérence avec les réformes engagées par les autorités béninoises pour améliorer le climat des affaires. L’objectif affiché est clair : soutenir des entreprises innovantes, structurantes ou encore insuffisamment financées, afin de favoriser la création d’emplois et la transformation économique du pays.

 

Une initiative inscrite dans “Choose Africa”

Cette opération s’intègre dans l’initiative française Choose Africa, qui vise à appuyer l’entrepreneuriat sur le continent. À travers cette plateforme, le groupe AFD entend mobiliser des financements et des garanties pour accompagner la croissance d’un secteur privé dynamique et inclusif en Afrique.

Pour les responsables de NSIA Banque Bénin, cet accord témoigne d’une reconnaissance internationale. Selon la direction générale de la banque, la garantie permettra de proposer des solutions de financement plus compétitives, mieux adaptées aux réalités locales et orientées vers l’innovation.

De son côté, Proparco réaffirme son ambition d’accompagner la dynamique économique béninoise, notamment à travers des PME à fort potentiel de création de valeur et d’emplois.

 

Vers un impact durable sur l’économie nationale

Au-delà du simple instrument financier, cette garantie pourrait produire un effet multiplicateur sur l’économie. En facilitant l’accès au crédit, elle offre aux entreprises la possibilité d’investir, d’élargir leurs activités et de recruter.

Par ailleurs, l’initiative contribue directement à l’Objectif de Développement Durable n°8 des Nations unies, qui promeut le travail décent et la croissance économique.

Reste désormais à mesurer, dans les mois à venir, la capacité des PME béninoises à saisir cette opportunité. Si l’effet de levier fonctionne comme prévu, ce partenariat pourrait devenir un modèle de coopération financière au service du développement local.

Porto-Novo : Le maire Rachadou Toukourou au palais du Roi Lokpon VIII

À Porto-Novo, la nouvelle équipe municipale joue la carte de la proximité et du respect des traditions. Le mercredi 25 février, le maire Rachadou Toukourou a franchi les portes du palais royal pour rencontrer le souverain Kpodagba Alomawlé Lokpon VIII. Entre bénédictions ancestrales et doléances concrètes, cette visite de courtoisie marque le début d’une offensive diplomatique locale pour la nouvelle administration de la capitale.

 

Dans la ville aux trois noms, le pouvoir administratif sait qu’il doit composer avec le poids de l’histoire. C’est dans cet esprit que Rachadou Toukourou, l’édile de Porto-Novo, a entamé une tournée stratégique auprès des forces vives et des institutions de la cité. Accompagné de ses deux adjoints, le maire a réservé l’une de ses premières sorties officielles à une figure incontournable : le Roi Kpodagba Alomawlé Lokpon VIII.

Ville de Porto-Novo
© Ville de Porto-Novo

Une réception sous le signe de la solennité

L’accueil a été à la mesure du prestige de l’hôte. En effet, le souverain, entouré de ses hauts dignitaires, a reçu la délégation municipale dans son palais privé avec tous les honneurs dus à son rang. Avant l’ouverture de la séance officielle, un entretien en tête-à-tête a permis au maire et au Roi d’échanger en toute discrétion sur les enjeux de la ville.

Par la suite, lors de la cérémonie publique, les dignitaires du royaume ont multiplié les prières et les bénédictions à l’endroit de la nouvelle équipe dirigeante. L’objectif affiché : placer cette mandature sous le signe de la prospérité et de la réussite pour le bien-être des habitants de la capitale.

Ville de Porto-Novo
© Ville de Porto-Novo

Le Palais transmet ses doléances.

Cependant, au-delà des formules de politesse, cette rencontre a été l’occasion d’un dialogue direct sur les réalités de Porto-Novo. De fait, par la voix de son porte-parole, le souverain a soumis plusieurs requêtes spécifiques au Conseil municipal. Si la teneur exacte de ces doléances n’a pas été rendue publique, elles concernent aussi les préoccupations majeures de la couronne et de ses administrées.

En réponse, Rachadou Toukourou a tenu à rassurer son hôte. Après avoir exprimé sa reconnaissance pour la chaleur de l’accueil, la première autorité de la ville s’est engagée à ce que le Conseil municipal examine chaque dossier avec la plus grande attention.

 

Un levier de gouvernance locale

En définitive, cette visite royale n’est que la première étape d’un périple qui mènera l’équipe municipale dans les différentes institutions siégeant sur le territoire de la ville. Pour Rachadou Toukourou, s’assurer le soutien des autorités traditionnelles est un levier indispensable pour asseoir sa légitimité et garantir une paix sociale durable pendant son mandat.

Bénin : Adidjatou Mathys et les retraités du MTFP célèbrent la solidarité

Scène de fraternité ce jeudi 26 février 2026 dans les bureaux du Ministère du Travail et de la Fonction Publique (MTFP). Les anciens cadres de la maison, réunis au sein de leur amicale, sont venus présenter leurs civilités à la ministre Adidjatou Mathys. Au-delà du protocole, cette rencontre souligne l’importance de l’expérience des aînés dans la modernisation de l’administration béninoise.

 

C’est une tradition qui refuse de s’éteindre. Sous le ciel de Cotonou, les couloirs du ministère ont retrouvé, le temps d’une matinée, leurs anciens visages. L’Amicale des Retraités du MTFP a sacrifié à la coutume des vœux de nouvel an, marquant ainsi un attachement indéfectible à l’institution qu’ils ont servie pendant des décennies.

La cérémonie, orchestrée par le Directeur de cabinet Victorin Honvoh, a mis en lumière la solidité des liens qui unissent les serviteurs de l’État, qu’ils soient en activité ou admis à faire valoir leurs droits à la retraite.

Ministère du Travail et de la Fonction Publique
© Ministère du Travail et de la Fonction Publique

Un héritage au service de la relève

En effet, le message porté par David Vidéhouénou, représentant la présidente de l’amicale, a dépassé les simples souhaits de santé et de prospérité. En saluant la qualité du dialogue entretenu avec l’autorité ministérielle, les retraités ont aussi réaffirmé leur disponibilité à accompagner les réformes en cours.

De fait, cette collaboration ne se limite pas à des courtoisies épisodiques. Elle témoigne d’une volonté partagée de ne pas briser la chaîne de transmission du savoir-faire administratif.

Ministère du Travail et de la Fonction Publique
© Ministère du Travail et de la Fonction Publique

La reconnaissance de l’autorité

Face à ses précédents et anciens collaborateurs, la ministre Adidjatou Mathys s’est montrée particulièrement sensible à cette démarche. Dans son allocution, elle a rendu un vibrant hommage à ceux qu’elle considère comme des piliers de l’administration publique :

  • La valorisation de l’expertise : la ministre a souligné que le départ à la retraite n’est pas une fin, mais une nouvelle étape où l’expérience accumulée devient un atout précieux pour les plus jeunes.
  • Le maintien de la solidarité : la rencontre a permis de sceller une fois de plus le principe de « famille administrative ».
  • La gratitude institutionnelle : un hommage a été rendu à l’engagement de ces cadres qui ont bâti les fondements de la fonction publique actuelle.

Ministère du Travail et de la Fonction Publique
© Ministère du Travail et de la Fonction Publique

Un trait d’union entre hier et aujourd’hui

En définitive, la photo de famille qui a clôturé l’événement ne doit rien au hasard. Elle symbolise la continuité du service public béninois. Alors que le pays s’engage dans des réformes numériques et structurelles profondes, le regard bienveillant et l’expertise des anciens du MTFP apparaissent comme une boussole indispensable pour ne pas perdre de vue l’intérêt supérieur du citoyen.

Bénin : L’UP-R suspend les nominations dans les mairies

À peine installés, les nouveaux maires membres de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) doivent déjà freiner leurs ardeurs en matière de nominations. Par une note circulaire datée du 25 février 2026, l’état-major du parti a ordonné le gel immédiat de la formation des cabinets municipaux. Un rappel à l’ordre qui souligne la volonté de la formation politique de garder la haute main sur la gestion territoriale.

C’est une injonction qui vient bousculer le calendrier des nouveaux locataires des hôtels de ville. Alors que la constitution des équipes de cabinet est traditionnellement l’une des premières priorités après l’installation, le Secrétariat général de l’Union Progressiste le Renouveau a décidé de geler ce processus.

Désormais, aucune désignation de collaborateur ne peut être effectuée sans le feu vert préalable de la direction nationale du parti, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

La quête d’une « cohérence » nationale

En effet, l’argumentaire déployé par le parti repose sur la nécessité d’harmoniser les pratiques administratives à travers tout le pays. Pour le Secrétariat général, il ne s’agit pas seulement de remplir des bureaux, mais de s’assurer que les futurs cadres municipaux répondent à une stratégie politique globale.

Par conséquent, l’état-major annonce l’envoi imminent de nouvelles instructions. Celles-ci devront concilier plusieurs impératifs majeurs :

  • Le respect du cadre légal en vigueur ;
  • L’équilibre politique interne au parti ;
  • La représentativité territoriale pour garantir une gestion inclusive.

 

Discipline et loyauté : le mot d’ordre d’Abomey-Calavi

Tout en félicitant les maires pour leur prise de fonction, le parti n’a pas manqué de souligner la ligne de conduite attendue. À travers cette note circulaire, l’instance dirigeante rappelle que les orientations stratégiques du parti priment sur les initiatives individuelles de gouvernance locale.

« Nous savons pouvoir compter sur votre sens de la discipline, votre loyauté aux orientations du parti et votre attachement à l’intérêt supérieur de notre formation politique », martèle la note circulaire.

 

Un blocage technique temporaire ?

De fait, cette mesure paralyse momentanément la structuration des mairies contrôlées par l’UP le Renouveau. Cependant, la direction du parti se veut rassurante : des directives « précises et harmonisées » doivent être transmises aux élus dans les plus brefs délais.

En définitive, cette reprise en main illustre le poids des appareils politiques dans la décentralisation béninoise. Pour les observateurs, c’est un signal clair : à l’UP le Renouveau, le pouvoir local reste sous surveillance étroite du sommet.

Bénin : Attaque terroriste à Kouandé, un commissariat incendié

KOUANDÉ (Bénin), 24 février 2026 — La menace sécuritaire qui pèse sur le nord du Bénin vient de franchir un nouveau palier. Ce mardi matin, des assaillants non identifiés ont pris d’assaut le commissariat de Kouandé, incendiant des infrastructures de la Police républicaine et plongeant la ville dans la stupeur.

Le calme habituel de Kouandé a volé en éclats entre 06 h 50 et 07 h 25. Selon des sources locales confirmées par nos envoyés spéciaux, un commando lourdement armé a lancé une offensive éclair contre le poste de police de la ville. Dans leur sillage, les assaillants ont réduit en cendres un ancien bâtiment administratif, laissant derrière eux d’importants dégâts matériels.

 

Une retraite tactique vers le nord

Le mode opératoire dépeint une action coordonnée. Les témoins sur place ont identifié des individus arrivés par l’axe de Guilmaro, opérant avec une rapidité déconcertante avant de disparaître vers Sékogourou. Si l’on ignore encore le bilan humain précis, la violence de l’incendie témoigne de la détermination des auteurs de ce forfait.

Actuellement, les forces de défense et de sécurité quadrillent la région. En plus, des unités d’élite mènent une opération de ratissage de grande envergure pour traquer les fugitifs et sécuriser les zones frontales, devenues de véritables points chauds.

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La sécurité frontale : un défi pour la sous-région

Cette nouvelle incursion armée a mis à rude épreuve la stratégie de sécurisation du nord du Bénin, une zone de plus en plus exposée à la contagion terroriste venant du Sahel. Ainsi, pour les autorités de Porto-Novo, l’enjeu est désormais de rassurer une population qui vit dans l’angoisse d’un débordement du conflit régional.

Face à cette agression, le gouvernement béninois prépare une communication officielle imminente. De plus, sur le terrain, les soldats sécurisent les points de passage stratégiques et les services de renseignement analysent les trajectoires de fuite afin d’identifier le groupe derrière cet attentat.

En somme, l’attaque de ce mardi sonne comme un avertissement : la lutte pour la stabilité dans le golfe de Guinée se joue désormais village après village.

Bénin : Le CES lance le Forum national sur le panier citoyen

COTONOU (Bénin), 24 février 2026 — Dans un contexte de renouveau politique, le Conseil Économique et Social (CES) a ouvert sa première session de l’année 2026 ce mardi. Entre l’installation d’un nouveau leader au Parlement et l’urgence sociale, l’institution joue désormais sa survie sur sa capacité à répondre aux besoins concrets des populations.

La salle de conférence du Novotel Orisha de Cotonou s’est transformée, ce 24 février 2026, en un épicentre de la stratégie nationale. Alors que le CES célèbre le premier anniversaire de sa septième mandature, son président, Conrad Gbaguidi, a clairement défini la nouvelle mission de l’institution : devenir le porte-voix des doléances populaires.

Assemblée nationale
© Assemblée nationale

Une alliance au sommet de l’État

L’événement a pris une dimension politique majeure avec la présence du Professeur Joseph Fifamin Djogbénou. Fraîchement élu à la présidence de l’Assemblée nationale suite aux élections générales du 11 janvier, l’homme fort du Parlement a reçu les hommages publics de Conrad Gbaguidi.

« L’ensemble des députés de la Nation lui a accordé une confiance unanime », a souligné le patron du CES, liant ainsi le destin de la consultation économique à celui de la nouvelle représentation nationale. Par ailleurs, cette synergie entre les deux institutions apparaît comme une réponse directe aux exigences du Chef de l’État, Patrice Talon, qui avait rappelé l’an dernier que l’efficacité resterait le seul gage de pérennité pour une institution autrefois menacée de disparition.

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© Assemblée nationale

Le « FoNaCES » : un nouveau pont vers le peuple

Dès demain, le 25 février, le CES innove avec le lancement du Forum National du CES (FoNaCES). Sous le thème « Panier citoyen et bien-être », cette rencontre de deux jours vise aussi à transformer les préoccupations quotidiennes des Béninois en politiques publiques.

Conrad Gbaguidi a placé cette initiative sous le signe de la responsabilité morale :

« Alors que la nature pourvoit généreusement aux besoins vitaux, l’homme a l’obligation politique de structurer la solidarité, l’éducation et la justice sociale. »

 

 Le CES passe à l’action.

À travers cette séance, les conseillers entendent rompre avec l’immobilisme. Ils analyseront les mécanismes de protection sociale et transmettront des propositions concrètes au gouvernement. Pour Conrad Gbaguidi, l’objectif est limpide : le Conseil Économique et Social doit prouver son utilité en agissant comme un levier de cohésion nationale et de développement équilibré du territoire.

En somme, l’enjeu est de taille. Dans un pays en pleine transformation, la capacité du CES à influencer le « panier de la ménagère » déterminera si l’institution reste un pilier de la République ou un simple vestige du passé.

Bénin : L’ex-député Sounon Boké maintenu en prison par la CRIET

PORTO-NOVO (Bénin), 24 février 2026 — Pour Soumaïla Sounon Boké, le cauchemar judiciaire se prolonge. Ce mardi 24 février 2026, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a douché les espoirs de l’ancien parlementaire de l’opposition, confirmant son maintien en détention pour un message posté sur les réseaux sociaux.

L’image est forte et symbolise la chute brutale d’un homme de pouvoir. Devant la barre, dépouillé de son écharpe tricolore et revêtu de l’uniforme réglementaire des prisonniers, l’ex-député du parti Les Démocrates est resté impassible. En quelques minutes, la juge a tranché : pas de liberté provisoire. Par ailleurs, le dossier est renvoyé au 24 mars prochain, prolongeant une incarcération qui dure depuis le 23 décembre 2025.

« C’est la fête » : les trois mots qui ont tout fait basculer

Tout commence le 7 décembre 2025. Alors qu’une rumeur de coup d’État s’empare de Cotonou et plonge le pays dans l’incertitude, Sounon Boké publie un court message dans un groupe WhatsApp privé : « C’est la fête ».

Pour les autorités béninoises, ces propositions ne sont pas anodines. Ainsi, le ministère public y voit une célébration de la déstabilisation des institutions. L’ancien élu est aujourd’hui poursuivi pour deux chefs d’accusation graves :

  • Apologie de crime contre la sûreté de l’État ;
  • Incitation à la rébellion.

 

La défense plaide le malentendu, l’accusation reste de marbre.

Pourtant, Soumaïla Sounon Boké maintient une version radicalement différente. Lors de ses auditions précédentes, il a également rejeté toute connotation politique, affirmant que ses propositions faisaient référence à de simples rétrouvailles amicales prévues ce jour-là. « Je me vois mal louer un coup de force », s’était-il défendu en janvier dernier.

Ses avocats ont vainement tenté de convaincre la cour ce mardi. Ils ont mis en avant son statut d’élu et son engagement formel à se présenter à chaque convocation. Mais face à l’opposition ferme du ministère public, le juge a balayé les arguments de la défense sans délibération apparente, laissant planer l’ombre d’une justice inflexible sur les dossiers de sûreté de l’État.

Un procès test pour la liberté numérique

L’affaire Boké dépasse le cadre d’un simple fait divers judiciaire. Elle pose aussi la question brûlante de la surveillance des réseaux sociaux et de l’interprétation des échanges privés par la justice béninoise. À l’approche du 24 mars, les observateurs des droits de l’homme scruteront de près l’issue de ce procès, alors que la frontière entre opinion privée et menace publique semble de plus en plus poreuse au Bénin.

Soumaïla Sounon Boké a désormais regagné sa cellule de la prison de Missérété, où il attendra, pendant encore un mois, de savoir si ses trois mots sur WhatsApp scelleront définitivement son destin politique.

Trafic de drogue à Sèmè-Kraké : une fausse femme enceinte arrêtée à la frontière Bénin–Nigeria

Sèmè-Kraké, 24 février 2026 – Au principal poste de passage entre le Bénin et le Nigeria, une scène inhabituelle a conduit à une arrestation qui en dit long sur l’ingéniosité des réseaux criminels. Une femme, qui simulait une grossesse à l’aide d’un faux ventre, a été interpellée alors qu’elle transportait des stupéfiants dissimulés sous ses vêtements, selon des sources sécuritaires locales.

L’interception a eu lieu au corridor de Sèmè-Kraké Border, axe stratégique des échanges commerciaux entre les deux pays. C’est le comportement jugé suspect de la voyageuse lors d’un contrôle de routine qui aurait alerté les agents.

Une mise en scène pour contourner les contrôles

D’après les premiers éléments, la suspecte portait un faux ventre confectionné pour imiter une grossesse avancée. À l’intérieur, elle dissimulait soigneusement plusieurs paquets de produits interdits. La cargaison aurait eu pour destination Cotonou, capitale économique du Bénin.

Les autorités n’ont pas encore précisé la nature exacte ni la quantité des substances saisies. La police a placé le suspect en garde à vue pour les besoins de l’enquête, tandis que les enquêteurs poursuivent les investigations pour identifier d’éventuels complices et remonter la filière.

 

Sèmè-Kraké, un carrefour sous surveillance accrue

Situé à la frontière avec le Nigeria, premier partenaire commercial du Bénin, le poste de Sèmè-Kraké concentre chaque jour un flux important de voyageurs et de marchandises. Ce dynamisme en fait aussi un point sensible en matière de trafics illicites : drogues, médicaments contrefaits, produits prohibés ou marchandises non déclarées.

Ces derniers mois, les services douaniers et policiers ont renforcé les contrôles dans la zone. Les autorités rappellent que les réseaux criminels rivalisent d’ingéniosité pour échapper aux inspections : faux compartiments dans les véhicules, dissimulation dans les bagages, voire, comme dans ce cas, recours à des artifices corporels.

Un défi régional

La lutte contre le trafic de stupéfiants dépasse le cadre national. L’Afrique de l’Ouest est régulièrement citée comme zone de transit dans les circuits internationaux de drogue. Le Bénin, du fait de sa position géographique et de son ouverture maritime, se retrouve exposé à ces flux.

Pour les autorités béninoises, l’enjeu est double : protéger la sécurité publique tout en préservant la fluidité des échanges commerciaux essentiels à l’économie nationale.

Vigilance et fermeté affichées

Les services de sécurité affirment maintenir une vigilance renforcée aux frontières. Ils invitent également les usagers à coopérer lors des contrôles et rappellent que toute tentative de trafic expose à des poursuites judiciaires sévères.

Dans l’attente de précisions officielles sur cette affaire, l’arrestation de Sèmè-Kraké illustre une réalité persistante : à mesure que les dispositifs de contrôle se modernisent, les trafiquants adaptent leurs méthodes. Un jeu du chat et de la souris où la frontière devient un théâtre discret mais crucial de la sécurité nationale.