Bénin : La comédienne Aurélie Guézo relaxée par la CRIET

Après plusieurs mois de procédure judiciaire, la comédienne béninoise Aurélie Guézo a obtenu gain de cause devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). La juridiction spécialisée a prononcé, ce jeudi 11 juin 2026, sa relaxe au bénéfice du doute dans le dossier où elle était poursuivie pour des faits présumés d’escroquerie via internet.

Par la même décision, la Cour a ordonné la restitution de la caution d’un million de francs CFA versée dans le cadre de sa mise en liberté provisoire, faisant ainsi droit à la requête introduite par sa défense.

Une enquête déclenchée par des investigations numériques

L’affaire trouve son origine dans une enquête menée par le Centre national d’investigations numériques (CNIN). En fait, les éléments recueillis au cours des investigations montrent qu’un numéro de téléphone enregistré au nom d’Aurélie Guézo a servi dans des activités frauduleuses sur internet. Ces soupçons avaient conduit à son interpellation et à l’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre.

Toutefois, tout au long de la procédure, la comédienne a fermement rejeté les accusations portées contre elle, plaidant non coupable devant la juridiction.

Une défense axée sur l’absence de preuves directes

Assurée par Me Omer Tchiakpé, sa défense a constamment soutenu qu’aucun élément matériel ne permettait d’établir l’implication directe de sa cliente dans les faits reprochés. Lors de sa plaidoirie, l’avocat a notamment fait valoir que la comédienne ne disposait ni des compétences techniques ni du niveau de formation nécessaires pour mettre en place ou exécuter une opération de fraude en ligne.

À l’issue des débats, la CRIET a finalement estimé que les éléments versés au dossier ne permettaient pas d’établir avec certitude la culpabilité de la prévenue. La juridiction a donc prononcé sa relaxe au bénéfice du doute, mettant ainsi un terme à cette procédure judiciaire.

Cette décision marque une étape importante pour l’artiste béninoise, figure bien connue du monde du théâtre, qui retrouve sa liberté judiciaire après plusieurs mois passés à défendre son innocence devant les tribunaux.

Extradition au Ghana : Sedina Attionu de retour pour purger sa peine

Le Ghana a obtenu gain de cause. Sedina Tamakloe Attionu, ancienne directrice générale du Microfinance and Small Loans Centre (MASLOC), est arrivée à Accra le 9 juin, où elle a été placée en détention pour purger une peine de dix ans de prison avec travaux forcés. Son retour marque l’aboutissement d’une procédure d’extradition longue et médiatisée, engagée après sa fuite du pays en 2024.

Une lourde condamnation par contumace pour malversations

Les autorités ghanéennes ont indiqué que la Cour l’avait condamnée par contumace pour 78 chefs d’accusation, notamment pour vols, détournements et autres infractions financières. Selon elles, ses agissements à la tête de la MASLOC entre 2013 et 2016 auraient causé des pertes estimées à près de 90 millions de cedis (environ 6 millions de dollars). Autorisée en 2021 à se rendre aux États-Unis pour des soins médicaux pendant l’instruction de son dossier, elle n’est jamais retournée au Ghana, poussant le tribunal à poursuivre le procès en son absence.

Arrestation dans le Nevada et feu vert de la justice américaine

Le tournant décisif est intervenu le 6 janvier 2026, lorsque des Marshals fédéraux ont interpellé Mme Attionu dans le Nevada à la suite d’une demande d’extradition formelle émise par le gouvernement ghanéen. Après plusieurs mois de procédures judiciaires aux États-Unis, la justice américaine a validé son extradition, ouvrant la voie à son transfert, exécuté ces dernier  jour.

À son arrivée à bord du vol UA 996 de United Airlines, les forces de sécurité l’ont prise en charge à l’aéroport international d’Accra. Elles ont ensuite procédé aux formalités d’usage — interrogatoire, examens médicaux et démarches administratives — avant de la remettre au Service pénitentiaire ghanéen pour l’exécution de sa peine. À ce stade, aucun élément public ne fait état de poursuites supplémentaires à son encontre.

Un signal fort pour la coopération judiciaire internationale

De nombreux observateurs saluent le retour de Mme Attionu comme une victoire dans la lutte contre les détournements de fonds publics et comme une illustration de la coopération judiciaire entre Accra et Washington. Pour les autorités ghanéennes, toutefois, cette affaire ne marque pas la fin des poursuites. D’autres personnalités visées par des accusations financières demeurent dans leur viseur, et la perspective de nouvelles demandes d’extradition, notamment concernant l’ancien ministre des Finances du Ghana Ken Ofori-Atta, alimente déjà les débats publics.

Cette affaire, qui a tenu en haleine la scène judiciaire ghanéenne pendant plusieurs années, illustre la complexité des enquêtes sur les malversations au sein des institutions publiques ainsi que les défis inhérents aux procédures transfrontalières lorsque des suspects quittent leur pays en cours d’instruction.

Bénin : Awaou Baco prend le pouls du ministère des PME et de l’Emploi

À peine installée à la tête du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de la Promotion de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Awaou Baco a choisi de commencer son mandat par une immersion au sein des différentes structures placées sous sa tutelle. Pendant une semaine, la nouvelle ministre a multiplié les séances de travail afin d’évaluer l’état d’avancement des programmes, d’identifier les principaux défis et de préparer les prochaines orientations de son département.

Conduites du 2 au 9 juin, ces rencontres s’inscrivent dans la dynamique des priorités définies par le président de la République, Romuald Wadagni. Elles ont notamment permis à la ministre de faire le point sur le niveau d’exécution des activités et d’examiner les stratégies susceptibles d’améliorer les performances des structures concernées.

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Une tournée au sein des structures sous tutelle

Au cours de ces échanges, Awaou Baco a rencontré successivement les responsables du Programme Emploi, du Secrétariat général du ministère, de la Direction de la Planification, de l’Administration et des Finances, de la Direction des Systèmes d’Information, ainsi que les structures en charge du contrôle et de la gestion des marchés publics. Les membres de son cabinet ministériel ont également pris part à cette phase de concertation.

Elle a également échangé avec les acteurs chargés de la promotion de l’emploi, des petites et moyennes entreprises et du secteur de l’artisanat. À cette occasion, les responsables de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi, du Programme Petites et Moyennes Entreprises, de la Direction de l’Artisanat, du Fonds de Développement de l’Artisanat et de la Chambre des Métiers de l’Artisanat ont présenté leurs réalisations ainsi que les contraintes auxquelles ils sont confrontés.

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Une méthode axée sur l’écoute et l’efficacité

À chacune de ces rencontres, la ministre a salué les efforts déployés par les différents acteurs tout en les exhortant à renforcer leur engagement en faveur de la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement. Face aux attentes croissantes des jeunes et des femmes entrepreneures, elle a insisté sur la nécessité de rendre les interventions publiques plus réactives, plus visibles et davantage porteuses d’impacts concrets.

Cette première série de concertations révèle déjà la méthode de travail qu’entend privilégier Awaou Baco : écouter, diagnostiquer et coordonner avant d’engager les réformes destinées à renforcer l’emploi, l’entrepreneuriat et la formation professionnelle au Bénin.

Filière coton : Le plan du gouvernement pour relancer la production

Pour redresser une filière cotonnière en perte de vitesse, l’exécutif choisit la carte de l’incitation collective. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 3 juin 2026, le gouvernement dirigé par le président de la République, Romuald Wadagni, a dévoilé un nouveau mécanisme de subventions ciblant les secteurs stratégiques de l’agriculture nationale (coton, soja, riz et anacarde) dès la campagne 2026-2027. La mesure phare concerne « l’or blanc », mais elle s’accompagne d’une condition de taille : le versement d’un bonus financier est désormais indexé sur les résultats globaux du pays.

Un bonus de 10 FCFA suspendu à un objectif ambitieux

Après une campagne 2025-2026 morose, lourdement pénalisée par une nette baisse des rendements, l’État tente d’imposer une culture du résultat dans le monde rural. Les chiffres officiels confirment d’ailleurs l’urgence d’une relance :

  • Bilan 2025-2026 : la production nationale a chuté à 533 111,61 tonnes, passant sous la barre symbolique des 600 000 tonnes.
  • La mesure : le gouvernement versera directement aux producteurs une prime d’incitation de 10 francs CFA par kilogramme de coton graine.
  • La condition : l’exécutif n’activera ce bonus que si la récolte nationale franchit le seuil des 700 000 tonnes.

Si l’objectif affiché est de stimuler durablement la compétitivité du secteur, l’accueil réservé à cette mesure dans les bassins de production reste, pour l’instant, teinté de prudence. L’enthousiasme des principaux concernés se fait encore attendre.

Entre levier psychologique et scepticisme paysan

Pour plusieurs analystes du secteur agricole, cette stratégie fondée sur le mérite n’est pas dénuée d’intérêt. Elle introduit un mécanisme de solidarité interprofessionnelle : chaque producteur sait que sa performance individuelle contribue à l’atteinte d’un objectif commun, synonyme de gain financier. Il s’agit d’un pari sur l’effet psychologique de la performance collective.

Cependant, cette approche conditionnelle suscite un débat de fond. De nombreux acteurs du monde paysan et experts économiques estiment qu’un signal plus direct aurait été plus percutant. Une revalorisation immédiate et garantie du prix d’achat au kilogramme — de l’ordre de 10 francs CFA ou plus, sans condition liée au volume national — aurait offert une visibilité financière immédiate aux exploitants.

Dans une activité soumise aux aléas climatiques et aux coûts des intrants, la certitude du prix reste souvent le levier le plus puissant pour encourager les semis et restaurer la confiance. Le gouvernement Wadagni choisit donc une voie intermédiaire. Reste à savoir si cette prime, suspendue à la performance collective, suffira à mobiliser les réseaux de cotonculteurs pour permettre un rebond de près de 170 000 tonnes, ou si le manque de garanties initiales freinera les ambitions de cette nouvelle campagne.

Abomey-Calavi : Double relaxe pour un patron et son employée

ABOMEY-CALAVI, 10 juin 2026 — Le tribunal d’Abomey-Calavi a examiné ce mercredi 10 juin 2026 deux procédures distinctes mettant en cause un chef d’entreprise et son ancienne collaboratrice. Poursuivis respectivement pour abus de confiance et harcèlement sexuel dans le cadre de leurs relations professionnelles, les deux prévenus ont été relaxés par les magistrats en raison d’un manque flagrant de preuves matérielles. Ce dossier croisé met en lumière la complexité des litiges mêlant litiges financiers et dérives personnelles au sein des structures privées.

Une querelle financière autour de transactions par téléphonie mobile

Le premier volet de l’audience portait sur l’accusation d’abus de confiance portée par l’employeur. Ce dernier reprochait à sa subordonnée d’avoir prélevé des fonds sur son compte bancaire à son insu, juste avant de quitter brusquement ses fonctions au sein de la société.

À la barre, la prévenue a fermement réfuté cette version des faits. Elle a expliqué que ses fonctions l’amenaient régulièrement à préfinancer des achats professionnels sur ses deniers personnels, avant d’être remboursée par son supérieur. C’est dans ce cadre, selon ses déclarations, que le chef d’entreprise lui avait volontairement communiqué les codes d’accès de son compte Mobile Money. L’employée a également  soutenu n’avoir retiré que la somme due, attribuant la confusion comptable aux multiples opérations financières effectuées ultérieurement par le plaignant lui-même. Face aux déclarations contradictoires des deux parties et en l’absence de pièces comptables décisives, le tribunal a prononcé la relaxe de l’employée au bénéfice du doute.

L’action pour harcèlement sexuel classée sans suite

Le second volet de cette journée judiciaire concernait la plainte pour harcèlement sexuel déposée par cette même employée contre son supérieur. Le chef d’entreprise a rejeté l’ensemble des accusations, niant tout comportement répréhensible ou pressions exercées sur sa salariée.

Invitée à s’expliquer, la plaignante a reconnu avoir, dans un premier temps, accepté les avances de son employeur. Elle a toutefois précisé avoir mis un terme définitif à cette liaison intime après avoir découvert que ce dernier entretenait parallèlement une relation avec sa propre sœur. C’est à la suite de cette rupture personnelle que le climat professionnel se serait dégradé, menant aux accusations financières.

En matière pénale, la qualification de harcèlement sexuel exige des éléments probants, des témoignages ou des écrits démontrant la répétition ou l’abus d’autorité.

Les juges ont constaté le manque d’éléments matériels versés au dossier pour caractériser l’infraction et ont appliqué la même ligne juridique que dans le premier cas. Ils ont renvoyé le chef d’entreprise des fins de la poursuite, également au bénéfice du doute. Par cette double décision, les magistrats ont mis un terme à un feuilleton judiciaire hautement conflictuel, tandis que les deux ex‑collaborateurs quittent le tribunal libres.

Coopération militaire : des officiers du Bénin en mission en Allemagne

Une délégation d’officiers des Forces armées béninoises a effectué une visite de travail en Allemagne, dans le cadre du renforcement de la coopération militaire entre les deux pays. Aux côtés de leurs homologues allemands, les militaires béninois ont participé à plusieurs échanges d’expériences et découvert les méthodes de formation mises en œuvre au sein de l’armée allemande.

Au cours de cette mission, marquée par un esprit de confiance et de respect mutuel, les participants ont eu l’occasion d’aborder différents sujets liés à la formation, au partage de savoir-faire et au renforcement des capacités. Un membre de la délégation a salué la qualité des échanges, soulignant qu’il s’agissait d’« une visite vraiment formidable, menée d’égal à égal », au cours de laquelle « de nombreuses conversations intéressantes ont eu lieu » et les officiers béninois ont pu mieux appréhender les dispositifs de formation allemands. Il a également évoqué le succès de la journée organisée à Leipzig sous le thème « Pays et habitants ».

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Cette rencontre a permis de consolider les liens entre les forces armées des deux pays et de poser les bases d’une coopération durable. L’Ambassade d’Allemagne a d’ailleurs exprimé le souhait d’accueillir, à son tour, des officiers allemands au Bénin l’année prochaine, dans le cadre de la poursuite de ces échanges.

Ce déplacement revêt une importance stratégique pour les deux partenaires. Dans un contexte marqué par la montée des défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest, le partage d’expériences, le renforcement des capacités opérationnelles et la consolidation des relations entre armées amies constituent des leviers essentiels pour promouvoir la stabilité régionale et œuvrer en faveur d’une paix durable. Cette dynamique de coopération illustre également la volonté du Bénin et de l’Allemagne de bâtir un partenariat fondé sur la confiance, la solidarité et la sécurité partagée.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Romuald Wadagni à Dakar : le Bénin mise sur la diplomatie régionale

DAKAR, 9 juin 2026 – Après avoir lancé sa nouvelle tournée ouest-africaine, le président béninois Romuald Wadagni a effectué sa première escale à Dakar, où il a été reçu par son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants ont entamé leur rencontre par un entretien en tête-à-tête au salon d’honneur de l’aéroport. Cette rencontre ouvre une séquence diplomatique qui conduira ensuite le chef de l’État à Bamako puis à Bissau, avec en toile de fond les enjeux économiques, sécuritaires et l’avenir de l’intégration régionale.

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De Dakar à Bamako : une diplomatie économique et souveraine

Au Palais de la République à Dakar, où les délégations des deux pays ont approfondi les discussions, Romuald Wadagni et Bassirou Diomaye Faye ont posé les jalons d’un renforcement de l’axe Cotonou-Dakar. Portés par une volonté commune de moderniser la gouvernance, les deux dirigeants de la nouvelle génération ont notamment mis l’accent sur la coopération économique et commerciale.

Ancien grand argentier du Bénin et fin connaisseur des rouages économiques internationaux, le président Wadagni partage avec son homologue sénégalais une vision à la fois technique et souveraine des finances publiques, de l’optimisation des recettes et de la coordination budgétaire au sein de l’espace UEMOA face aux défis mondiaux.

Par ailleurs, ce volet économique devrait se prolonger lors des étapes prévues à Bamako et à Bissau, deux partenaires importants dans la dynamique d’intégration régionale.

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Sécurité et intégration : Wadagni face au défi sahélien

Au-delà des questions économiques, cette tournée revêt également une dimension sécuritaire et politique majeure. Face aux défis auxquels fait face la région, les présidents Romuald Wadagni et Bassirou Diomaye Faye ont réaffirmé leur attachement à la coopération, au dialogue et à la solidarité entre les États de la sous-région afin de préserver la stabilité et de promouvoir le développement. En se rendant au Mali pour s’entretenir avec le général Assimi Goïta, le président béninois poursuit sa démarche de dialogue direct avec les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), amorcée lors de ses précédentes visites à Niamey et à Ouagadougou.

À travers cette démarche, Romuald Wadagni cherche à rassurer les pays voisins et à favoriser une coopération régionale plus étroite. En associant la diplomatie d’ouverture incarnée par Bassirou Diomaye Faye à Dakar aux échanges prévus avec le général Assimi Goïta à Bamako, puis avec le président Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau, le chef de l’État béninois entend consolider les passerelles entre les différentes capitales ouest-africaines.

En effet, l’objectif de ce ballet diplomatique est clair : harmoniser les positions face aux défis sécuritaires, coordonner la lutte contre le terrorisme transfrontalier et préserver, autant que possible, la stabilité et l’unité de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, Cotonou entend faire de la concertation et de la diplomatie de proximité des instruments au service de la cohésion régionale.

En somme, cette étape sénégalaise confirme la place centrale de la diplomatie dans la mise en œuvre de sa vision pour le Bénin et l’Afrique de l’Ouest. Elle traduit également la détermination des autorités béninoises et sénégalaises à renforcer leurs liens historiques et à construire de nouvelles opportunités de coopération au bénéfice de leurs populations respectives.

Modernisation de la justice : La Haute Cour du Bénin s’immerge à la CPI

Dans les couloirs solennels de La Haye, une délégation béninoise a entamé, lundi, une immersion destinée à nourrir une réflexion institutionnelle profonde. À sa tête, Pre Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, a ouvert une visite de travail à la Cour pénale internationale (CPI) qui vise à tirer les leçons d’expériences étrangères pour enrichir la gouvernance judiciaire au plan national.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

À l’école de la rigueur et des garanties internationales

Objectif affiché : observer, comparer et adapter. La présidente Gnamou, entourée de ses collaborateurs, a été reçue par la plus haute magistrature de la CPI. Les échanges avec la juge Tomoko Akane, présidente de la Cour, et la juge Reine Alapini-Gansou, deuxième vice-présidente, ont porté sur les mécanismes de fonctionnement, les garanties procédurales et les défis opérationnels auxquels se confrontent les juridictions internationales. Au-delà du cérémonial, ces rencontres ont offert un cadre d’analyse critique sur les pratiques judiciaires susceptibles d’être reprises ou adaptées au contexte béninois.

La délégation s’est penchée sur des thèmes importants : l’organisation des procès, la protection des témoins, l’articulation entre droit national et droit international, ainsi que les procédures assurant l’effectivité et la publicité des décisions. Les discussions ont mis en lumière des convergences profondes entre juridictions : partout, la quête d’une justice crédible passe par la rigueur procédurale, la transparence et la capacité à préserver la confiance des citoyens. Mais elles ont aussi révélé des divergences pragmatiques liées aux ressources, au cadre constitutionnel et aux spécificités politiques de chaque État.

Pre Dandi Gnamou
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Adapter les standards mondiaux aux réalités béninoises

Pour la Haute Cour de Justice du Bénin, instituée pour juger les hauts responsables de l’État, cette visite revêt une portée particulière. Elle s’inscrit dans un plan plus large de modernisation des institutions judiciaires lancé par la présidence de la Cour. Selon Pre Dandi Gnamou, l’objectif n’est pas d’importer mécaniquement des modèles étrangers, mais de s’inspirer de bonnes pratiques, d’identifier des pistes d’amélioration et d’élaborer des solutions adaptées à la réalité béninoise. La visite s’inscrit ainsi dans une démarche pédagogique et comparative : apprendre pour mieux protéger l’État de droit.

Les échanges à la CPI ont également abordé les défis communs à la justice contemporaine : la gestion des affaires médiatisées, la formation continue des magistrats, l’indépendance institutionnelle face aux pressions politiques, et la nécessité d’assurer des ressources financières et humaines suffisantes. Les magistrates ont partagé des retours d’expérience sur la manière de concilier célérité et respect des droits de la défense, ainsi que sur les dispositifs destinés à renforcer la sécurité des acteurs judiciaires dans les dossiers sensibles.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

Cap sur la modernisation et les réformes institutionnelles

Cette première journée, qualifiée d’enrichissante par la délégation béninoise, a consolidé la détermination de la Haute Cour à poursuivre ses efforts de renforcement institutionnel. Les échanges avec des pairs internationaux offrent non seulement des références techniques, mais renforcent aussi la légitimité et la crédibilité des réformes envisagées. Pour Pre Dandi Gnamou, il s’agit d’un pas concret vers une justice plus efficace et plus respectueuse des exigences constitutionnelles.

Les travaux de la délégation se poursuivent à La Haye. La présidence de la Cour annonce déjà d’autres rencontres visant à approfondir l’étude des rouages de la justice internationale. À terme, la Haute Cour de Justice devra faire le tri entre ce qui est transposable, ce qui requiert une adaptation et ce qui demeure hors de portée en raison des cadres juridiques nationaux. Mais le message est clair : la modernisation de l’institution se nourrit désormais d’une ambition affichée — celle d’aligner son action sur les standards qui garantissent, partout, l’effectivité et la dignité de la justice.

Bénin : Wadagni attendu au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau

Le président béninois Romuald Wadagni a entamé, ce mardi 9 juin 2026, une série de visites officielles en Afrique de l’Ouest. Après plusieurs déplacements effectués en début de mois au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire, le chef de l’État enchaîne avec le Sénégal, le Mali et la Guinée-Bissau dans le cadre d’une mission présentée comme une visite d’amitié et de travail.

Selon la Présidence, cette tournée s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations avec les États membres de l’UEMOA, avec lesquels le Bénin partage une monnaie commune et un même institut d’émission, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, l’objectif affiché est de consolider les bases de la coopération sous-régionale à un moment où les équilibres diplomatiques et sécuritaires demeurent fragiles.

Des échanges attendus sur plusieurs priorités

Au cours de son séjour, Romuald Wadagni doit s’entretenir avec les plus hautes autorités des pays visités. Les discussions devraient notamment porter sur la coopération économique et commerciale, la solidarité entre les peuples de la sous-région ainsi que sur la situation sécuritaire, devenue une préoccupation majeure pour plusieurs États ouest-africains.

Par ailleurs, dans un contexte marqué par la pression sécuritaire, les tensions politiques régionales et les défis liés à la relance économique, cette séquence diplomatique vise également à réaffirmer le choix du dialogue. Cotonou entend ainsi miser sur la concertation avec ses partenaires afin de préserver les canaux de coopération et d’éviter l’enlisement des relations bilatérales.

Le Bénin remet le dialogue au centre

La Présidence béninoise estime que ces déplacements traduisent la priorité accordée par le chef de l’État à l’intégration régionale. En effet, après plusieurs années de crispations dans l’espace ouest-africain, le Bénin semble vouloir reprendre l’initiative diplomatique en s’adressant directement à ses voisins.

Cette stratégie repose sur une idée simple : les défis économiques, commerciaux et sécuritaires ne se traitent plus de manière isolée. Dès lors, pour Cotonou, l’avenir passe par des partenariats plus solides, une meilleure coordination entre les États et une relance du dialogue politique à l’échelle régionale.

Bamako dans le viseur

La visite annoncée à Bamako retient particulièrement l’attention, dans la mesure où elle pourrait contribuer à approfondir les relations entre le Bénin et le Mali. Ce rendez-vous s’annonce important pour les deux capitales, qui cherchent à maintenir des liens bilatéraux dans un environnement régional en pleine recomposition.

En multipliant les contacts avec les capitales voisines, Romuald Wadagni affiche une ligne claire : faire de la diplomatie de proximité un levier de stabilité et de coopération. Une approche qui pourrait, à terme, peser sur le climat politique et économique de l’ensemble de la sous-région.

Sorbonne : le fils de la vice-présidente Mariam Talata décroche son doctorat

Paris, 8 juin 2026 – La prestigieuse Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a été le théâtre, ce lundi, d’un événement académique et institutionnel de haut niveau. Devant un jury prestigieux, le chercheur béninois Samir Séro Zimé Yerima a brillamment obtenu le grade de docteur en droit public. Une soutenance d’autant plus suivie qu’elle s’est déroulée en présence de sa mère, la vice-présidente du Bénin, Mariam Chabi Talata, ainsi que du professeur Cossi Dorothé Sossa, président de la Cour constitutionnelle du Bénin.

Réunie dans la salle Duroselle de l’École doctorale de droit, l’assistance a suivi un grand oral placé sous la présidence du professeur Xavier Philippe. Par ailleurs, la participation du professeur Dorothé Sossa, invité à siéger au sein du jury, a conféré une solennité particulière à cet exercice, matérialisant ainsi le dialogue entre les doctrines juridiques africaines et européennes.

Cour Constitutionnelle du Bénin
© Cour Constitutionnelle du Bénin

Une réflexion sur le rôle du juge constitutionnel

Le désormais docteur en droit public a défendu une thèse ambitieuse intitulée : « La subjectivisation du contentieux constitutionnel au prisme des droits fondamentaux. Éléments pour une théorie de l’agir constitutionnel à partir des expériences de l’Afrique du Sud, du Bénin et de la France ».

À travers une approche comparative rigoureuse, le chercheur a analysé la manière dont les juridictions constitutionnelles intègrent les droits fondamentaux dans leur jurisprudence, redéfinissant ainsi le rôle du juge constitutionnel face aux réalités sociopolitiques propres à chaque pays.

En outre, la rigueur scientifique de ces travaux a pleinement convaincu les examinateurs, qui ont salué la pertinence de la recherche avant de lui décerner le titre de docteur avec les félicitations du jury. La remise de la toge doctorale et la traditionnelle séance photo ont ensuite clôturé une cérémonie empreinte d’une vive émotion.

Cour Constitutionnelle du Bénin
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Le symbole d’un rayonnement intellectuel

Par ailleurs, cette soutenance revêt une forte portée symbolique pour Cotonou. En effet, la présence conjointe de la vice-présidente Mariam Chabi Talata et du professeur Dorothé Sossa, figure de proue du constitutionnalisme béninois, a conféré un éclat politique et intellectuel particulier à ce rendez-vous parisien.

Plus largement, cette consécration à la Sorbonne témoigne de la vitalité de la recherche africaine en droit public. Elle rappelle également la place désormais incontournable des perspectives croisées et du droit comparé dans la réflexion contemporaine sur la protection des droits de la personne humaine. Ainsi, cette réussite illustre le rayonnement croissant des juristes africains sur la scène académique internationale.