Parakou accueille l’acte 2 de « Motards à la Campagne »

La cité des Kobourou accueille, du 30 avril au 3 mai, la deuxième édition de « Motards à la Campagne ». Derrière le vrombissement des moteurs et l’esthétique du cuir, une opération de santé publique d’envergure se dessine dans le septentrion béninois.

Le vrombissement n’est pas seulement un signe de ralliement ; il est cette fois, un appel à la vigilance. Depuis ce jeudi 30 avril, les artères de Parakou résonnent d’un écho singulier. En effet, pour la deuxième année consécutive, l’événement « Motards à la Campagne » prend ses quartiers dans la métropole du Nord, transformant la ville en un laboratoire à ciel ouvert où la culture de la moto tente de se réconcilier avec les impératifs de la sécurité routière.

L’asphalte comme trait d’union

Initié par l’Union des Motards du Bénin (UMB) et soutenu par l’ONG MAPART, ce rassemblement dépasse le simple cadre du loisir mécanique. Certes, le programme promet une immersion culturelle profonde dans les paysages du septentrion — entre balades sur les routes latéritiques et soirées festives —, mais le cœur du projet bat pour une cause plus austère : la préservation de la vie.

En effet, dans un pays où les accidents de la route demeurent une préoccupation majeure de santé publique, et où le deux-roues est le roi incontesté de la mobilité, l’acte 2 de ce festival se veut pédagogique. Ainsi, l’enjeu est de transformer l’image du motard, souvent perçu comme un risque-tout, en une figure de responsabilité et d’exemple.

 

Un rendez-vous stratégique à l’Université

Le point d’orgue de cette mobilisation se tiendra le samedi 2 mai. Pour marquer les esprits, les organisateurs ont choisi un lieu symbolique : le campus de l’Université de Parakou. Dès 14 heures, les étudiants, qui constituent une large part des usagers de la route dans la ville, seront au centre d’une vaste séance de sensibilisation.

L’approche se veut pragmatique. En effet, loin des discours moralisateurs, l’événement marquera les esprits par un geste concret : une distribution de casques aux étudiants. Autrement dit, une manière de rappeler que la protection crânienne n’est pas une option, mais un équipement de survie. « La route est un espace de vie à protéger », martèlent les membres de l’ONG MAPART, rappelant que l’insouciance de la jeunesse ne doit pas se briser sur le bitume.

 

Entre « soft power » local et immersion culturelle

Au-delà des enjeux de sécurité, « Motards à la Campagne » participe d’un certain « soft power » du Nord-Bénin. En attirant des passionnés venus de tout le pays, l’événement braque les projecteurs sur le potentiel touristique de la région de Parakou. De plus, les démonstrations de pilotage et les moments de détente communautaire offrent une vitrine dynamique à une cité qui se veut carrefour d’échanges.

Ainsi, jusqu’au dimanche 3 mai, Parakou vivra au rythme des embrayages et des échanges citoyens. une expérience humaine où, entre deux accélérations, on prend le temps de réfléchir à la fragilité de la trajectoire. Finalement, pour les organisateurs, le pari est déjà réussi si, au terme de ce week-end, le port du casque devient, autant que la moto elle-même, un objet de fierté.

Bénin : Un enfant de 13 ans meurt après une punition corporelle à Lalo

Au Bénin, le décès d’un écolier de 13 ans après une « correction » paternelle suscite l’émoi. Le drame, survenu mardi 28 avril dans la commune de Lalo, relance le débat sur les châtiments corporels et la protection de l’enfance au sein de la cellule familiale.

 

Dans le département du Couffo, au sud-ouest du Bénin, la commune de Lalo s’est réveillée sous le choc d’une nouvelle dont la brutalité interroge les fondements de l’éducation par la force. Un enfant de 13 ans, élève en classe de CM1, a succombé dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 avril à la suite d’une « correction » administrée par son père.

L’élément déclencheur de ce drame tient à une accusation de tabagisme. Selon les premiers éléments de l’enquête, le père, identifié par ses initiales G.J., aurait surpris son fils en compagnie d’un camarade, une cigarette à la main. Pour « redresser » les deux jeunes garçons, l’homme aurait fait usage d’un palmatoire — cet instrument en bois traditionnellement utilisé pour frapper la paume des mains, mais dont l’usage est de plus en plus dénoncé.

 

L’engrenage fatal

le pere a distribué le châtiment avec une précision comptable : il a infligé cinq coups au camarade et six à son propre fils. Si l’incident a semblé clos sur le moment, la tragédie s’est nouée dans la nuit, lorsque l’enfant a été pris de violentes crises. On l’a conduit en urgence au centre de santé le plus proche, mais les soignants n’ont pas pu le sauver malgré les soins prodigués.

Après cet incident, les autorités judiciaires locales ont immédiatement interpellé le père. Ils ont également ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes du décès — traumatisme direct, complications internes ou état de choc — afin d’établir les responsabilités. Au-delà de l’issue judiciaire, ce drame remet en lumière la persistance de violences physiques au nom de l’éducation, alors même que le cadre législatif béninois s’est considérablement durci pour protéger l’intégrité physique des mineurs.

 

 

Le défi de la protection de l’enfance

Si la « correction » paternelle reste, dans certaines zones rurales, perçue comme un attribut de l’autorité parentale, elle se heurte de plus en plus au Code de l’enfant en vigueur au Bénin. Ce texte interdit formellement les traitements cruels et dégradants. « L’enjeu n’est pas seulement juridique, il est culturel », commente un travailleur social de la région. « Il s’agit de redéfinir la limite entre discipline et maltraitance. »

À Lalo, le temps est désormais au deuil et à l’instruction. Ce fait divers sordide vient rappeler, de la plus tragique des manières, que le silence des murs domestiques ne peut justifier l’irréparable.

Bénin : Amadou Diongue (Cedeao) fait ses adieux à la HAAC

Le représentant résident de l’organisation régionale, Amadou Diongue, a fait ses adieux au président de l’organe de régulation des médias, Édouard Loko. Une fin de mission marquée par l’hommage rendu au « génie béninois » en matière de régulation électorale.

Dans la géographie diplomatique de l’Afrique de l’Ouest, les fins de mission sont souvent l’occasion d’un exercice d’équilibre entre amabilités protocolaires et bilans techniques. Mercredi 29 avril, dans les bureaux de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à Cotonou, l’audience accordée par le président Édouard Loko à l’ambassadeur Amadou Diongue n’a pas dérogé à la règle, tout en y ajoutant une pointe d’émotion manifeste.

Le représentant résident de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) quitte le Bénin après un mandat marqué par des turbulences régionales, mais aussi par une consolidation des institutions locales de régulation. « C’est un sentiment mitigé », a confié le diplomate à sa sortie d’audience, rappelant qu’il venait témoigner sa reconnaissance pour la qualité des relations entretenues avec la HAAC. Il a également souligné la densité humaine et fraternelle de ses échanges avec Édouard Loko.

HAAC BENIN
© HAAC BENIN

Le laboratoire électoral de la HAAC

Au-delà du symbole, la rencontre a permis de passer au crible le volet stratégique de la coopération entre la Cedeao et la HAAC. Dans une région où l’information est devenue un terrain de lutte d’influence et de fragilités démocratiques, le rôle des gendarmes de l’audiovisuel est scruté de près par les instances internationales. À cet égard, l’ambassadeur Diongue n’a pas manqué de saluer la gestion du récent cycle électoral béninois.

Selon lui, la couverture réussie des élections communales, législatives et présidentielles illustre le professionnalisme et le savoir-faire de la HAAC, renforçant la confiance des partenaires régionaux dans ses capacités. Cette aptitude à s’adapter face à un paysage médiatique en mutation permanente constitue, selon le diplomate sortant, la preuve d’un professionnalisme solide.

HAAC BENIN
© HAAC BENIN

Les défis de la régulation face à la complexité numérique

Toutefois, le diplomate ne s’y trompe pas : les défis futurs ne feront que se complexifier. La régulation des médias ne se limite plus à l’arbitrage du temps d’antenne radiophonique ou télévisuel ; elle doit désormais composer avec la désinformation numérique et l’immédiateté des réseaux sociaux.

Amadou Diongue a mis en avant les défis croissants qui attendent les sociétés contemporaines et a affirmé que les organes de régulation joueront un rôle crucial dans les années à venir. Confiant, il a parié sur ce qu’il appelle le « génie béninois » pour anticiper les chocs à venir.

En quittant le siège de l’institution, le représentant de la Cedeao a laissé derrière lui un chantier de coopération institutionnelle dont la solidité devra affronter les prochaines mutations technologiques de l’espace médiatique ouest-africain.

Bénin : Dandi Gnamou reçoit la CBDH pour la protection des droits de l’Homme

La présidente de la Haute Cour de Justice, Dandi Gnamou, a reçu mardi 28 avril une délégation de la Commission Béninoise des Droits de l’Homme (CBDH). Une rencontre au sommet qui intervient dans un contexte de renforcement des mécanismes de protection des citoyens.

Dans les salons feutrés de la Haute Cour de Justice, à Porto-Novo, l’heure est au dialogue républicain. Mardi 28 avril, la présidente de l’institution, le professeur Dandi Gnamou, a accordé une audience à la nouvelle mandature de la Commission Béninoise des Droits de l’Homme (CBDH), conduite par son président, le professeur Abou-Bakari Imorou. Si la visite s’inscrit officiellement dans la tradition de courtoisie suivant l’installation de la Commission, les échanges ont rapidement glissé vers les enjeux structurels qui animent la justice béninoise.

Au cœur des discussions : la capacité des institutions à maintenir le cap des droits fondamentaux malgré les défis sécuritaires pressants qui touchent la sous-région. Pour Dandi Gnamou, dont le parcours de juge constitutionnelle s’est toujours inscrit dans la défense des libertés, refuse de faire de la protection de l’individu une variable d’ajustement.

« La protection des droits fondamentaux ne saurait être mise entre parenthèses, y compris dans les contextes les plus sensibles », a-t-elle martelé.

Dandi Gnamou
© Dandi Gnamou

La prévention de la torture comme nouveau pilier

L’un des points saillants de cet entretien a été la mise en exergue des évolutions récentes de la CBDH. La présidente a notamment salué l’intégration du Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) dans la nouvelle configuration de la Commission. Cette avancée, conforme aux engagements internationaux du Bénin, marque une volonté de passer d’une simple observation des droits de l’homme à une action préventive concrète au sein des lieux de privation de liberté.

Cette rencontre traduit une volonté de « solidarité institutionnelle » entre une Haute Cour, gardienne de la responsabilité des hauts dignitaires de l’État, et une Commission désormais plus outillée pour la veille citoyenne. En réaffirmant sa disponibilité à accompagner ces initiatives, Dandi Gnamou pose un acte fort de coopération juridique.

Au-delà des amabilités, ce rapprochement entre Porto-Novo et Cotonou dessine les contours d’une diplomatie judiciaire interne renforcée. Dans un État de droit en constante mutation, l’alignement de ces institutions est aussi comme un rempart nécessaire pour garantir que le progrès économique et la sécurité ne se fassent jamais au détriment de la dignité humaine.

Affaire Maryline Ajavon : Perpétuité pour Rémi Bento au Bénin

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné Rémi Bento à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre atroce de Maryline Ajavon.

L’épilogue judiciaire est à la mesure de l’effroi qu’avait suscité le crime. Mardi 28 avril, la salle d’audience de la CRIET s’est figée au moment où est tombée la sentence la plus lourde de l’arsenal pénal béninois : la réclusion criminelle à perpétuité. La juridiction a reconnu coupable Rémi Bento, garagiste dont le nom restera associé à l’un des drames les plus sordides de l’année 2026, pour l’assassinat de Maryline Ajavon.

 

Une enquête rapide et accablante

Tout commence le 8 janvier dernier. Maryline Ajavon, sage-femme dévouée de l’hôpital de zone de Suru-Léré, quitte son domicile pour ce qu’elle pense être un simple déjeuner. Elle ne franchira plus jamais son seuil. Quelques heures plus tard, les habitants d’Avlékété découvrent son corps, macabrement ligoté et calciné dans son propre véhicule. Une scène atroce qui choque l’opinion publique et soulève une vague d’indignation nationale.

« Au-delà de la sanction pénale, c’est le message de la tolérance zéro face à la barbarie que la justice a voulu envoyer aujourd’hui », commente un observateur du milieu judiciaire à Cotonou.

L’enquête, menée tambour battant, a rapidement confondu Rémi Bento. Les preuves matérielles étaient, selon l’accusation, « accablantes ». Des brûlures suspectes relevées sur son corps, incompatibles avec son activité professionnelle habituelle, ainsi que des témoignages concordants, ont orienté les soupçons vers lui et scellé son destin devant la juridiction spéciale. Durant le procès, la cruauté des faits et la préméditation ont écarté toute circonstance atténuante.

 

Le souvenir d’une femme engagée

Mais derrière le verdict se dessine le portrait d’une femme dont la disparition laisse un vide immense. Maryline Ajavon incarnait bien plus qu’une professionnelle de santé respectée ; elle s’affirmait aussi comme une figure de l’entrepreneuriat local avec son restaurant « LyLy Grill » à Fidjrossè. Cette double identité — soignante et entrepreneure — avait fait d’elle une personnalité appréciée, rendant le crime encore plus insupportable pour l’opinion publique.

Pour la famille de la victime, ce verdict représente une forme de soulagement, même si la douleur demeure intacte. S’il apporte un semblant de clôture, il relance au Bénin le débat sur la protection des femmes et la sécurité face aux violences extrêmes. Pour la CRIET, habituée aux dossiers financiers et terroristes, cette affaire rappelle que sa compétence s’étend aussi aux crimes qui heurtent le cœur même du pacte social béninois.

Bénin : Malanville mise sur le bien-être et la sécurité

 

Entre enjeux sécuritaires et désir de normalité, la ville frontalière mise sur l’aménagement urbain pour souder sa communauté. Une stratégie saluée par la diplomatie allemande.

C’est une ville qui refuse de se laisser définir uniquement par sa position géographique sensible. Malanville, sentinelle du Bénin sur les rives du majestueux fleuve Niger, tente de dessiner un nouveau visage. Loin des rapports alarmistes, la commune a récemment accueilli une délégation de l’ambassade d’Allemagne, composée de l’attaché militaire et de la première secrétaire, pour une visite placée sous le signe de la coopération et de la vitalité locale.

Malanville
© Malanville

Accueillis par le maire Gid Kassimou Goumbi, les diplomates ont pu constater que la sécurité d’une région passe aussi par le bien-être de ses administrés. Le point d’orgue de cette rencontre a été la présentation d’un nouvel espace de détente aménagé en plein cœur de la cité. Cet écrin de verdure et de convivialité, conçu comme un poumon social, invite désormais les habitants à se réapproprier leur centre-ville, loin du tumulte des échanges frontaliers.

« Investir dans la qualité de vie, c’est aussi investir dans la stabilité », a souligné l’équipe municipale lors de cette visite, qui visait à montrer un Malanville proactif.

Si les défis demeurent réels — notamment la gestion des flux de marchandises et la surveillance d’un territoire exposé aux turbulences sahéliennes —, l’engagement de l’édile et de ses équipes semble porter ses fruits. L’équipe de l’ambassade allemande n’a pas caché son impression positive face à cette volonté de transformer le cadre de vie.

En investissant dans des équipements de proximité et un cadre urbain soigné, Malanville affiche clairement son ambition : rester une ville en mouvement, fidèle au cap de la modernité et de l’équilibre social, en dépit des obstacles.

Bénin : Julien Kandé Kansou condamné à 2 ans de prison par la CRIET

La CRIET a condamné l’écrivain Julien Kandé Kansou, militant du parti d’opposition « Les Démocrates », à deux ans de prison ferme pour harcèlement électronique et incitation à la rébellion.

Le verdict est tombé comme un couperet dans la salle d’audience de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Ce mardi 28 avril 2026, la juridiction spéciale a condamné Julien Kandé Kansou, membre de la cellule de communication du parti « Les Démocrates », à une peine de 24 mois de prison ferme, assortie d’une amende de 10 millions de francs CFA.

Cette décision entérine scrupuleusement les réquisitions du ministère public formulées lors de l’audience du 17 mars dernier. En détention provisoire depuis le 12 juin 2025, l’écrivain voit ainsi son horizon s’assombrir, malgré une ligne de défense constante : tout au long d’un procès ouvert le 1ᵉʳ juillet 2025, Julien Kandé Kansou a plaidé non coupable, se présentant comme un militant d’opinion plutôt que comme un agitateur public.

« Harcèlement par le biais d’un système électronique et incitation à la rébellion » : les chefs d’accusation retenus illustrent une fois de plus la surveillance accrue de l’expression numérique sous la présidence de Patrice Talon.

Une condamnation aux résonances politiques

Pour le parti de l’ancien président Thomas Boni Yayi, cette condamnation est une nouvelle illustration d’un climat politique délétère. Les partisans de Kandé Kansou dénoncent une instrumentalisation de la CRIET, initialement créée pour traquer les délits financiers, mais devenue, selon les organisations de défense des droits de l’homme, un instrument de pression contre les voix discordantes.

Au-delà du cas individuel, cette affaire ravive le débat sur la loi sur le numérique au Bénin, souvent qualifiée de liberticide par l’opposition. Le pouvoir central envoie un message précis en punissant l’incitation à la rébellion par le biais numérique : il fait désormais de l’activisme sur les réseaux sociaux un terrain miné. Pour Julien Kandé Kansou, l’heure est au bilan d’une incarcération qui aura déjà duré près d’un an avant ce verdict définitif.

Connaissant la trempe de l’accusé, nous sommes en droit de nous demander s’il n’a pas été condamné à tort. Cet intellectuel chevronné, rompu aux arcanes de la loi, ne saurait en principe se permettre un tel délit.

Aérien : À Cotonou, le chantier de la modernité prend son envol

Le Ministre du Cadre de vie et des Transports, José Tonato, a inspecté les travaux de rénovation de l’aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou. Entre finitions architecturales et impératifs de sécurité, le Bénin muscle sa porte d’entrée internationale.

Le vrombissement des réacteurs sur le tarmac de l’aéroport se double désormais du fracas des chantiers. Lundi 27 avril, José Tonato a troqué le costume de bureau pour le casque de chantier. Objectif : constater de visu l’avancement des travaux et s’assurer que la vitrine aéroportuaire du pays sera prête à tenir ses promesses de standing international d’ici l’été.

Présidence du Bénin
© Présidence du Bénin

Inspection des travaux à l’aéroport

Avant de parcourir compartiment par compartiment de l’aérogare en pleine mutation, le Ministre a tenu une séance de travail avec les responsables de la Société des Aéroports du Bénin (SAB) ainsi que l’ensemble des parties prenantes. À l’issue des échanges, la livraison est officiellement maintenue au 30 juin 2026.

« Nous avons quelques retards, mais globalement le calendrier est tenu », a tempéré M. Tonato, rappelant que la vigilance reste de mise.

En fait, derrière ce pragmatisme se dessine une ambition claire : faire de Cotonou un hub compétitif, capable d’absorber un flux croissant de passagers dans un confort répondant aux standards actuels du transport aérien.

« Il ne s’agit pas seulement de bâtir du neuf, mais de garantir une expérience voyageur fluide et sécurisée », souligne un conseiller technique présent lors de la visite.

Présidence du Bénin
© Présidence du Bénin

Un joyau pour la sécurité aérienne

Par ailleurs, le périple ministériel s’est poursuivi quelques hectomètres plus loin, au siège de la représentation nationale de l’ASECNA. Accueilli par Wilfrid Adjovi, représentant résident de l’institution, et Karl Legba, directeur général de l’ANAC, le ministre a pu apprécier l’achèvement d’un nouveau bâtiment administratif.

Ce « joyau architectural » n’est pas qu’une affaire d’esthétique : pour l’organisation interétatique, qui gère 16,1 millions de kilomètres carrés d’espace aérien en Afrique et à Madagascar, cette infrastructure modernisée est un outil indispensable à la sécurité des vols, au contrôle aérien et au guidage météorologique de haute précision.

Présidence du Bénin
© Présidence du Bénin

 

Tout en saluant la qualité des infrastructures réalisées, José Tonato a également félicité les équipes de l’ASECNA pour le travail accompli. Mais il a aussi insisté sur le « service après‑vente » de l’État : la maintenance. Sans un mécanisme d’entretien rigoureux, ces installations de pointe risquent l’obsolescence précoce. Un avertissement qui sonne comme une priorité pour le développement durable du secteur aérien béninois.

À Cotonou, le Bénin invente la pharmacie de demain avec « Pharm Expérience »

L’inauguration d’un centre de simulation de pointe à la Faculté des Sciences de la Santé marque un tournant dans la formation des pharmaciens en Afrique de l’Ouest francophone.

 

Le dogme est immuable chez les professionnels de santé : « Jamais la première fois sur le patient ». Lundi 27 avril, ce principe éthique a trouvé un écrin technologique à Cotonou. Dans l’enceinte de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS), le Professeur Benjamin Hounkpatin, Ministre de la Santé et Ministre par intérim de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a officiellement mis en service « Pharm Expérience », un centre de simulation pharmaceutique pionnier dans l’espace universitaire ouest-africain francophone.

’Université d’Abomey-Calavi,
© ’Université d’Abomey-Calavi,

Un centre pionnier à Cotonou

Loin des salles de cours magistraux poussiéreuses, ce nouveau joyau architectural et pédagogique projette l’étudiant au cœur de sa future réalité. Le dispositif est impressionnant : une officine moderne reconstituée, truffée de caméras, permet de jouer des scénarios de dispensation en temps réel. En plus, dans une salle attenante, équipée de systèmes de visioconférence et d’outils numériques interactifs, pairs et enseignants observent, analysent et débriefent les gestes, les conseils et les erreurs des apprentis apothicaires.

« Rapprocher l’apprentissage de la réalité du terrain et des exigences professionnelles », martèle le Professeur Habib Ganfon, Vice-doyen de la pharmacie, qui voit dans ce projet l’aboutissement d’une ambition de hisser les standards béninois au niveau international, en mettant l’apprenant au cœur de la dynamique de changement.

Université d’Abomey-Calavi,
© Université d’Abomey-Calavi,

Une mobilisation institutionnelle et partenariale

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités : le Dr Nathalie Migan Diogo, présidente du Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique de l’ARS, le Doyen de la Faculté, Professeur Josué Avakoudjo, ainsi que le Dr Ibnou Khadim Diaw, CEO de l’African Resource Center. Leur présence souligne la portée institutionnelle et partenariale de cette innovation.

Par ailleurs, cette inauguration s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du secteur pharmaceutique national, portée par l’ARS et son Conseil de surveillance. L’enjeu est de taille : transformer la pharmacie d’une humble activité de vente en un véritable acte de soin de proximité.

Université d’Abomey-Calavi,
© Université d’Abomey-Calavi,

Vers la e‑pharmacie et l’hôpital de simulation

Mais le Ministre Hounkpatin voit déjà plus loin. En évoquant la « e‑pharmacie », solution digitale en cours de déploiement, il dessine un avenir où le numérique et la simulation se rejoignent. « J’envisage le maillage pour que nos étudiants vivent cette révolution digitale dès ce centre », a-t-il affirmé, avant de lever le voile sur une ambition présidentielle encore plus vaste : la construction prochaine d’un vaste hôpital de simulation.

Pour l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), représentée par le Professeur Aliou Saidou, cette innovation n’est pas seulement technologique, elle est sociale. En formant des praticiens immédiatement opérationnels et rompus aux dernières réformes, le Bénin entend aussi répondre avec précision aux besoins réels de ses populations, tout en s’affirmant comme le hub éducatif médical de la sous-région.

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