Malanville : la police déjoue le convoyage clandestin de dix mineurs béninois

À Malanville, la police frontalière a mis en échec le convoyage clandestin de dix mineurs béninois vers le Niger. Le recruteur les destinait à des travaux champêtres, mais les forces de l’ordre ont pris en charge les enfants et ont incarcéré le suspect.

 Le jeudi 25 juin 2026, le commissariat frontalier de Police de Malanville a intercepté, juste au niveau du fleuve Niger, un groupe de dix mineurs béninois âgés de seulement 6 à 15 ans. Sans aucune autorisation parentale, ces enfants – dont la plupart sont des élèves – s’apprêtaient à traverser la frontière pour rejoindre Gaya, au Niger.

Du recrutement aux champs : les rouages de l’interception

Selon les premiers éléments de l’enquête policière, le profil du passeur présumé dévoile une filière de recrutement agricole parfaitement huilée. Derrière l’apparence banale d’un cultivateur étranger infiltré à Banikoara, se cache un réseau organisé visant à exploiter une main‑d’œuvre infantile vulnérable. Interrogé à Malanville, le convoyeur a tenté de masquer la réalité en évoquant de simples « vacances scolaires » à Gaya. Mais ce mensonge s’est effondré dès la prise de parole des enfants : unanimes, les jeunes victimes ont révélé qu’elles étaient déplacées pour être enrôlées dans des travaux champêtres.

Justice et protection sociale activées

Face à la gravité des faits, les institutions étatiques ont réagi sans délai. Informé de la situation, le Procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire formelle. Les forces de l’ordre ont immédiatement arrêté le suspect et l’ont placé sous la responsabilité du commissariat d’arrondissement de Malanville pour la suite des investigations.

Dans le même temps, les autorités ont mobilisé l’urgence autour de la protection et du suivi psychologique des jeunes rescapés. Elles ont confié les dix enfants au Guichet unique de protection sociale (Gups) de Malanville, afin de leur garantir une prise en charge adaptée et d’organiser leur retour sécurisé dans leurs familles.

Cette affaire illustre avec force les défis permanents que les pays de la sous‑région affrontent pour verrouiller des frontières poreuses et protéger les mineurs contre l’exploitation économique, particulièrement lors des congés scolaires et des campagnes agricoles.

CEP 2026 au Bénin : un taux record de 90,17 %

Les résultats du Certificat d’études primaires (CEP) ont été proclamés ce vendredi 26 juin 2026 au Bénin. Avec un taux de réussite national exceptionnel de 90,17 %, cette session marque un tournant pour le système éducatif béninois. Le Borgou décroche la palme d’or départementale.

C’est le grand jour pour près de 287 000 écoliers béninois. Ce vendredi, les autorités éducatives ont procédé à la délibération et à la proclamation officielle des résultats du CEP, session unique de juin 2026. L’examen, qui sanctionne la fin du cycle primaire et conditionne l’entrée au collège, affiche une santé de fer : le taux de réussite au plan national atteint le score historique de 90,17 %. Une performance globale remarquable qui vient valider le déroulement d’une session marquée par une hausse notable de la participation.

Une participation en hausse et un examen inclusif

Du 1ᵉʳ au 4 juin derniers, ils étaient précisément 286 995 candidats à plancher dans les 847 centres de composition du pays, soit une progression de 5,56 % du corps des candidats par rapport à la session 2025. Dans le détail, la parité est presque atteinte avec 148 424 garçons pour 138 571 filles.

Le ministère des Enseignements maternel et primaire a également mis l’accent sur l’inclusivité cette année : 97 candidats à besoins spécifiques ont pu composer dans des conditions adaptées au sein de 13 centres spécialement aménagés sur le territoire national.

La géographie du succès : le Nord et le Centre sur le podium

L’analyse des résultats par département révèle de grosses performances, notamment dans la moitié nord et le centre du pays, qui trustent les premières places du classement :

  • Le Borgou au sommet : le département du Nord explose les compteurs et décroche la première place nationale avec un taux de réussite insolent de 97,09 %.

  • Les Collines et la Donga en embuscade : ils suivent de très près avec respectivement 95,99 % et 95,63 % de reçus.

  • Le Littoral et l’Atlantique stables : les poumons économiques et scolaires du Sud affichent des scores solides (90,82 % pour le Littoral, 89,10 % pour l’Atlantique).

  • L’Atacora ferme la marche : malgré une belle dynamique, le département de l’Atacora ferme le classement national avec 83,64 % de réussite, un score qui reste néanmoins très honorable.

Le tableau complet des performances par département

Rang Département Taux de réussite
1 Borgou 97,09 %
2 Collines 95,99 %
3 Donga 95,63 %
4 Plateau 95,17 %
5 Zou 91,21 %
6 Couffo 90,98 %
7 Littoral 90,82 %
8 Atlantique 89,10 %
9 Alibori 88,02 %
10 Ouémé 85,48 %
11 Mono 83,78 %
12 Atacora 83,64 %

Digitalisation : les résultats consultables en quelques clics

Fini le temps des attroupements interminables et de l’angoisse devant les grands tableaux d’affichage des centres de composition. Fidèle à sa stratégie de dématérialisation des services publics, le gouvernement béninois invite les parents et les candidats à consulter les verdicts directement en ligne.

La procédure est instantanée via le portail officiel eRÉSULTATS :

  1. Accéder au portail : connectez-vous sur le site officiel : https://www.eresultats.bj/.

  2. Sélectionner l’examen : Recherchez et cliquez sur l’examen « CEP 2026 » dans la liste des examens disponibles sur la page d’accueil.

  3. Entrer les identifiants : Saisissez le numéro de table du candidat ou les informations personnelles requises dans le champ de recherche.

  4. Valider et consulter : Cliquez sur le bouton de validation. Le verdict (Admis ou Refusé) s’affiche immédiatement à l’écran.

Une méthode moderne qui permet d’alléger le stress des familles et de tourner définitivement la page du primaire pour plus de 250 000 nouveaux collégiens.

Au‑delà des chiffres flatteurs, il reste une réalité plus silencieuse : celle des enfants qui n’ont pas franchi la barre de l’admission. Pour eux, l’échec ne doit jamais rimer avec désespoir. Les autorités éducatives, les enseignants et surtout les familles ont un rôle vital : accompagner, rassurer, orienter. Car un résultat manqué n’est pas une fin de parcours, mais une étape vers d’autres réussites possibles. Préserver la vie et l’avenir de chaque élève, c’est le véritable enjeu derrière les statistiques.

Affaire Dangnivo : Coup de théâtre, l’ex-DG de la police appelé à la barre

Le procès de l’affaire Dangnivo a repris ce vendredi dans une atmosphère électrique. Entre témoins fugitifs et demande de comparution d’un ancien haut responsable sécuritaire, l’audience balance entre blocages techniques et révélations potentielles.

L’ombre de Pierre Urbain Dangnivo plane toujours sur le tribunal, seize ans après sa disparition mystérieuse. Ce vendredi 26 juin 2026 matin, l’enceinte judiciaire s’est replongée dans les méandres d’un dossier qui continue de tenir le Bénin en haleine. Mais alors que la cour espérait avancer sur le fond, ce sont les questions de procédure et la traque des témoins clés qui ont d’emblée crispé les débats.

Témoins introuvables et géolocalisés à l’étranger

Il est un peu moins de 10 heures lorsque le président du tribunal ouvre la session. Le magistrat rappelle immédiatement le motif de la précédente suspension : la cour attendait la comparution de deux témoins cruciaux. Le premier est Micheline Houndégla, une femme identifiée comme ayant été en contact téléphonique régulier avec « Alofa » — le principal suspect — à l’époque des faits. Le second est M’po Kouagou, inspecteur de police de deuxième classe, en poste au commissariat de Godomey au moment du drame.

La réponse du ministère public ne tarde pas, mais elle sonne comme un aveu d’impuissance logistique. À 10 h 01, le procureur de la République prend la parole : les deux témoins ont quitté le territoire national. Le parquet tente néanmoins de rassurer l’assistance en affirmant qu’ils ont été « géolocalisés » à l’étranger.

Cette annonce suscite immédiatement l’irritation de la partie civile. L’un des avocats de la famille Dangnivo se lève et exige des preuves tangibles de ces recherches infructueuses. « Ces éléments seront intégrés au dossier au fil de l’audience », rétorque le ministère public, tentant de couper court à l’incident de séance avant de réclamer, pour avancer, la comparution des membres de la famille de la victime. Problème : la salle est à moitié vide, les proches ne sont pas encore arrivés. Face à ce flottement, le président suspend l’audience pour trente minutes.

Le spectre des « secrets » de l’ex-DG de la police

Il faudra finalement attendre 11 h 23 pour que les suspensions de séance prennent fin. À la reprise, Me Olga Anassidé, conseil de la partie civile, confirme que deux membres de la famille Dangnivo ont enfin pris place dans la salle.

Toutefois, le véritable coup de tonnerre de la matinée survient trois minutes plus tard. À 11 h 26, Me Anassidé jette un pavé dans la mare judiciaire en demandant formellement la comparution à la barre de l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon. L’argumentaire de l’avocate est percutant : ce haut gradé a publiquement affirmé, par le passé, détenir des informations capitales sur les dessous de cette affaire d’État.

Alors que le procès se poursuit et que le tribunal doit encore examiner le bien-fondé de cette demande de comparution, une question brûle toutes les lèvres dans les travées du tribunal : la justice osera-t-elle faire témoigner l’ancien patron de la police pour lever le voile sur l’une des plus grandes énigmes criminelles et politiques du pays ? Les prochaines heures s’annoncent décisives.

À suivre …

Bénin : Le Centre de football féminin de Lokossa bientôt prêt

Le président de la Fédération béninoise de football (FBF), Mathurin de Chacus, a inspecté le chantier du Centre d’excellence dédié aux jeunes filles. Alors que la majorité des lots principaux frôle le taux d’achèvement, Cotonou accélère le pas pour faire du football féminin un levier de rayonnement régional.

Ce projet, longtemps évoqué, se concrétise enfin dans le paysage sportif béninois. Le week-end dernier, une délégation de la Fédération béninoise de football (FBF), menée par son président, Mathurin de Chacus, et plusieurs membres du comité exécutif, s’est rendue à Lokossa, dans le département du Mono. Avec pour objectif de mesurer l’état d’avancement d’un projet érigé au rang de priorité nationale, le futur Centre d’excellence de football pour jeunes filles.

Sur place, le constat visuel s’est doublé d’une réelle satisfaction au regard des chiffres pour les dirigeants du football béninois. L’immense majorité des infrastructures est désormais entrée dans sa phase terminale.

Fédération Béninoise de Football
© Fédération Béninoise de Football

Un état des lieux rassurant

Le point sur l’évolution des différents chantiers met en lumière la rapidité d’exécution des entreprises locales et internationales sélectionnées :

  • Le cœur sportif quasi prêt : les deux terrains synthétiques, confiés à l’entreprise Riamco, affichent un taux d’exécution de 99,80 %. Le tapis vert n’attend plus que ses premières passes.

  • L’hébergement et la gestion au rendez-vous : le bloc administratif (Sogec Plus) est achevé à 95,07 %, tandis que les dortoirs (GML), qui accueilleront les futures pensionnaires, pointent à 90,62 %.

  • VRD et assainissement en cours : le lot crucial de l’assainissement, piloté par Fadil S.A., avance à un rythme soutenu avec 67,08 % de réalisation.

Seuls les travaux dits « additionnels », intégrés plus tardivement au cahier des charges pour enrichir le complexe, demandent encore un coup de collier. Le collège, destiné à garantir le double projet « sport-études » des athlètes, est exécuté à 53,92 %, tandis que les gradins affichent 29,24 % d’avancement.

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Le coup de pression constructif de la FBF

Les chiffres sont rassurants, mais Mathurin de Chacus n’a pas limité sa visite à des félicitations d’usage. Conscient que le calendrier continental n’attend pas, le patron de la FBF a fermement exhorté les différents prestataires à « redoubler d’efforts » afin de livrer les édifices  finis dans les plus brefs délais.

En réponse, les chefs de chantier ont tenu à rassurer l’instance faîtière, réitérant leur engagement à livrer les sites rapidement.

« Ce centre est appelé à devenir le berceau des futures générations de joueuses béninoises. Il ouvre une nouvelle page dans le développement du football féminin et prépare l’avenir des Amazones. » — Un proche de la FBF, sous couvert d’anonymat.

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Un enjeu géopolitique et sportif

Pour le Bénin, l’enjeu de Lokossa dépasse le cadre de la modeste infrastructure de province. Alors que la CAF appelle les fédérations à renforcer le football féminin, Cotonou fait le choix de l’exigence en dotant ses jeunes joueuses d’infrastructures modernes et d’un encadrement adapté, avec l’ambition de devenir un modèle dans la sous-région ouest-africaine.

En combinant des infrastructures sportives de pointe et un encadrement scolaire intégré (grâce au collège en construction), la FBF calque son modèle sur les standards européens et maghrébins. Reste désormais à transformer l’essai de la livraison en réussite académique et sportive. À Lokossa, les fondations sont là ; le destin des futures pépites du football béninois est déjà en train de s’y écrire.

Affaire Dangnivo : reprise du procès ce vendredi à Cotonou

Disparu un soir d’août 2010, le cadre du ministère des Finances Pierre Urbain Dangnivo continue de hanter l’appareil judiciaire béninois. Or, après plus d’un an de silence pesant, le procès de cette affaire d’État reprend ce vendredi 26 juin 2026 au tribunal de première instance de Cotonou.

C’est une ombre qui plane sur la République du Bénin depuis seize ans, et surtout un nom qui, à lui seul, ravive les passions politiques et les traumatismes judiciaires. Ce vendredi 26 juin 2026, les portes du tribunal de première instance de Cotonou s’ouvriront à nouveau sur le dossier Pierre Urbain Dangnivo. Selon des sources proches du dossier, le procès reprend enfin, après une suspension prolongée qui s’apparentait, pour les proches de la victime, à un énième déni de vérité.

La dernière fois que la justice s’était penchée sur cette affaire, c’était le 25 avril 2025. À ce moment-là, le tribunal a renvoyé l’audience au 13 mai de la même année… avant de sombrer dans un interminable statu quo. Ainsi, un contretemps de quatorze mois s’ajoute à une longue liste de rendez-vous manqués avec l’Histoire.

Les visages du doute

Pour comprendre le vertige que provoque ce procès, il faut remonter à mars 2025, lors de l’ouverture de la session criminelle. Dans le box des accusés, deux hommes concentrent tous les regards : Codjo Alofa et Donatien Amoussou. Présentés comme les présumés assassins de ce cadre respecté du ministère des Finances, ils ont choisi une ligne de défense qui a fait vaciller l’accusation : la négation pure et simple des faits.

Mais surtout, Codjo Alofa a jeté un pavé dans la mare judiciaire en affirmant avoir endossé le rôle du tueur contre une promesse d’argent. En conséquence, cet aveu de corruption, s’il est avéré, déplace le curseur du simple fait divers vers le complot politique orchestré au plus haut sommet.

« J’ai accepté de porter le chapeau pour de l’argent », a lâché Alofa à la barre en mars 2025.

Pendant huit jours d’audiences électriques, le tribunal a vu défiler une radiographie de l’État béninois : médecins légistes, experts de la téléphonie mobile (MTN), mais aussi de hauts responsables de la sécurité de l’ère Boni Yayi. Les enquêteurs ont sommé le colonel Séverin Koumassegbo, ancien patron de la sécurité rapprochée de l’ex-président, et Enock Laourou, ancien chef des services de renseignements, de s’expliquer. Cependant, le mystère reste entier.

17 août 2010 : le jour où tout a basculé

Pour les Béninois, la date est gravée dans le marbre. Le 17 août 2010, Pierre Urbain Dangnivo, haut fonctionnaire aux positions parfois perçues comme dérangeantes, s’évapore dans la nature. Depuis lors, seize ans de fouilles, de rumeurs, d’expertises ADN contestées et de mobilisations syndicales n’ont jamais permis de retrouver son corps de manière incontestable, ni d’apaiser la douleur de sa famille.

Ce procès, qui avait déjà connu de premiers balbutiements bien avant sa reprise avortée de 2025, est bien plus qu’une affaire de meurtre. En réalité, c’est le thermomètre de la justice béninoise, un test de transparence pour les institutions.

Ce vendredi, à Cotonou, il ne s’agira pas seulement de juger deux hommes dans un box, mais bien de tenter, enfin, de lever le voile sur seize années de secrets d’État. Tout un peuple attend l’audience, suspendu à une question : la vérité a‑t‑elle un prix au Bénin ?

Donkonrou 2026 : le peuple Baatonu célèbre son Nouvel An traditionnel entre N’Dali et Parakou

Ce mercredi 26 juin 2026, de N’Dali à Parakou, le peuple Baatonu célèbre son Nouvel An traditionnel. Dans la ferveur des palais royaux, le rituel ancestral du jet de feu s’apprête à illuminer la nuit pour chasser les mauvais sorts.

L’obscurité s’installe à peine sur le septentrion béninois, mais l’air est déjà électrique. Ce soir, le temps semble s’être arrêté à N’Dali et dans les faubourgs de Parakou. Une odeur de bois sec et de latérite flotte dans l’atmosphère. En effet, pour la communauté Baatonu, les prochaines heures ne sont pas de simples instants qui s’écoulent : elles marquent le passage vers un nouveau cycle, le passage vers le Nouvel An.

Au cœur de cette effervescence, une cérémonie séculaire s’apprête à prendre vie : le Donkonrou, le rituel sacré du jet de feu.

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La ferveur monte à Thian

À Thian, quartier historique du 1er arrondissement de Parakou, les battements lourds des tambours traditionnels résonnent déjà et font vibrer le sol. Au palais royal, le feu sacré vient d’être allumé. Déjà, autour du foyer, les griots ont pris position. Leurs voix, haut perchées, entonnent des louanges et des chants anciens qui racontent l’épopée des dynasties guerrières et la mémoire du peuple.

Peu à peu, la foule, compacte, afflue minute après minute. Des anciens drapés dans de lourds boubous d’apparat aux enfants assis à même le sol, le regard brillant, toute la communauté se masse dans la cour du palais. Chacun veut être le témoin de ce moment de pure communion spirituelle.

Sous le grand hangar royal, Sa Majesté SINA THIANGUI Sounon Bouanra Wonkoueou, garant imperturbable des traditions, observe la scène. C’est sous son égide que le miracle va s’opérer. Ainsi, dans quelques instants, les torches enflammées seront pointées et lancées vers l’Est.

« Regarder vers l’Est, c’est chercher la lumière du soleil levant », murmure un notable de la cour. « Le feu emporte avec lui les maladies, les récoltes manquées et les querelles de l’année qui s’achève. Il nettoie le chemin. »

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À Gbegourou, l’esprit de cohésion

Pendant ce temps, quelques kilomètres plus loin, la commune de N’Dali retient elle aussi son souffle. À Gbegourou, les préparatifs ont laissé place à une attente quasi religieuse. Ici, c’est Sa Majesté Sina Boun Wonkourou Bwingnindou qui s’apprête à accomplir le geste fatidique.

Pour le souverain, le Donkonrou dépasse le cadre du simple mysticisme. Bien plus, c’est un ciment social indispensable à l’heure où les communautés ont plus que jamais besoin d’unité. Dans une atmosphère de ferveur populaire, le rituel devient ainsi le miroir des valeurs identitaires de l’aire culturelle Bariba et Boo : la paix, la fraternité et le vivre-ensemble.

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Enfin, à l’heure où les dernières préparations touchent à leur fin, le Donkonrou s’apprête à écrire un nouveau chapitre de l’histoire du peuple Baatonu. Une tradition vivante qui demeure, année après année, l’un des plus puissants marqueurs de son identité culturelle.

La nuit ne fait que commencer, et le feu Baatonu est loin de s’éteindre.

 

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Bénin : Razacki Amouda Issifou, l’inoxydable serviteur de l’État nommé Médiateur de la République

Ce 24 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la réforme institutionnelle permettant au premier vice-président du Conseil économique et social (CES) de cumuler ses fonctions avec celles de Médiateur de la République. Un plébiscite politique pour un homme de réseaux et de consensus.

À Porto-Novo, l’unanimité est une denrée rare, presque de la politique-fiction. Pourtant, ce mercredi 24 juin 2026, les 109 députés de la IXᵉ législature ont affiché une remarquable cohésion. Pas une seule voix discordante, aucun débat houleux : l’ensemble de la représentation nationale a voté en faveur de la modification de la loi nᵒ 2009-22 du 3 janvier 2014 portant institution du Médiateur de la République.

Au cœur de cette réforme législative se trouve un homme : Razacki Amouda Issifou. Déjà solidement installé dans le paysage institutionnel en tant que premier vice-président du Conseil économique et social (CES), ce haut fonctionnaire chevronné endosse désormais une seconde responsabilité stratégique en devenant officiellement le nouveau Médiateur de la République.

Le choix du cumul et de l’efficacité

Cette réforme, adoptée à une très large adhésion, bouscule l’architecture administrative traditionnelle en autorisant le cumul de ces deux fonctions de premier plan. Pour les partisans du texte au Palais des Gouverneurs, ce rapprochement entre le CES et le Médiateur de la République répond à un impératif d’efficacité et de rationalisation de l’action publique.

En effet, en associant la dimension économique et sociale du CES à la mission de médiation et de règlement des différends administratifs dévolue au Médiateur de la République, l’exécutif béninois mise sur une gouvernance plus fluide et davantage connectée aux réalités des citoyens. Razacki Amouda Issifou n’aura donc pas à choisir entre l’analyse des grandes orientations économiques et le traitement des doléances des administrés : il exercera ces deux responsabilités de manière concomitante.

L’art du consensus à la béninoise

Si le vote des 109 députés n’a guère surpris dans les couloirs du Parlement, c’est que le profil de Razacki Amouda Issifou dépasse les clivages politiques habituels. Homme de dossiers, réputé pour sa pondération et sa fine connaissance des rouages de l’État, il incarne cette figure de grand commis de l’administration capable de dialoguer avec l’ensemble des sensibilités de l’échiquier politique béninois.

Par ailleurs, sa nomination intervient dans un contexte où la République a plus que jamais besoin de figures de conciliation pour renforcer les relations entre l’administration publique et les citoyens. En prenant les fonctions de Médiateur de la République tout en conservant celles de premier vice-président du CES, Razacki Amouda Issifou s’affirme davantage comme l’un des pivots institutionnels de la gouvernance béninoise. Le chantier qui l’attend demeure considérable. Toutefois, le soutien unanime du Parlement lui confère, dès son entrée en fonction, une légitimité politique particulièrement forte.

Budget au Bénin : Le député Louis Koukpemedji interpelle le gouvernement sur le sort des AME et des dialysés

Lors du débat d’orientation budgétaire pour la période 2027-2029 à Porto-Novo, l’élu de la 20ᵉ circonscription, Dèhoumon Louis Koukpemedji, a salué la solidité financière du pays tout en pressant le gouvernement de traduire la croissance macroéconomique en progrès sociaux tangibles.

À Porto-Novo, le débat sur les orientations budgétaires 2027-2029 dépasse largement les équilibres comptables. Ce mercredi 24 juin 2026, l’hémicycle béninois a été le théâtre d’un arbitrage crucial entre performance économique et urgence sociale. Intervenant lors du débat d’orientation budgétaire (DOB), le Député Dèhoumon Louis Koukpemedji a porté la voix des territoires face aux ministres de la Justice et des Finances. Tout en saluant la trajectoire vertueuse de l’économie nationale, l’élu a articulé son plaidoyer autour d’une interrogation centrale : comment faire en sorte que la richesse nationale profite davantage aux populations ?

Le cadre général, porté par la mise en œuvre progressive de la « Vision Bénin 2060 ALAFIA », affiche des indicateurs orientés au vert. Le Bénin enregistre une croissance économique soutenue, une inflation maîtrisée et un déficit budgétaire conforme aux critères de convergence de l’UEMOA. Pour autant, selon Louis Koukpemedji, ces performances macroéconomiques ne prennent tout leur sens qu’à l’aune des réalités vécues par les Béninois.

AME et dialysés : les urgences du capital humain

Pour donner plus de substance à sa critique, le parlementaire de la 20ᵉ circonscription a ciblé trois priorités majeures, à commencer par l’emploi des jeunes. Tout en reconnaissant la dynamique réformatrice engagée depuis 2016, il plaide pour des objectifs chiffrés et des mécanismes de suivi plus rigoureux. L’élu a notamment remis sur la table le dossier sensible du reversement des Aspirants aux Métiers d’Enseignant (AME), ces milliers de contractuels de l’Éducation dont le statut demeure une préoccupation sociale majeure.

Le député a ensuite déplacé le curseur vers la santé publique et la protection sociale, exhortant l’exécutif à accentuer son soutien aux plus vulnérables. Il a ainsi formulé une demande très concrète :

« Le gouvernement doit poursuivre et renforcer les efforts de subvention de la prise en charge des dialysés afin de réduire le lourd fardeau économique que l’insuffisance rénale chronique impose aux patients et à leurs familles. »

Le grand enjeu de la Vallée de l’Ouémé

Enfin, abordant la politique de territorialisation du développement portée par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, Louis Koukpemedji a plaidé pour un rééquilibrage géographique de l’investissement public. Son regard s’est naturellement tourné vers sa région d’attache : la Vallée de l’Ouémé.

Considérée comme l’une des vallées les plus fertiles d’Afrique après celle du Nil, cette zone attend encore la concrétisation des aménagements hydroagricoles annoncés par l’exécutif. Pour le député, investir massivement dans ce bassin ne relève pas d’un simple aménagement du territoire. Il s’agit également d’une stratégie de sécurité alimentaire, de création d’emplois et d’amélioration des revenus ruraux.

En conclusion, tout en invitant ses collègues à prendre acte du document de programmation budgétaire, Louis Koukpemedji a rappelé au gouvernement que la durabilité d’un modèle économique dépend avant tout de sa capacité à bâtir une croissance inclusive et équitable.

Parakou : Le maire Zakarie siffle la fin de la récréation sur le domaine public

Par un communiqué officiel publié ce mercredi 24 juin 2026, l’édile de Parakou soumet désormais l’organisation de toute manifestation publique à une autorisation préalable. Une décision qui traduit la volonté de la municipalité de reprendre en main la sécurité et la salubrité urbaines.

À Parakou, les tournois de football de quartier, les concerts improvisés et les grands rassemblements associatifs sur les places publiques devront désormais se conformer à une nouvelle discipline administrative. Le maire de la commune, Zul-Kifly Sanni Zakarie, a décidé de renforcer l’encadrement des manifestations publiques. Dans une note officielle datée du 24 juin, l’autorité communale a annoncé qu’elle soumet désormais toute manifestation sportive, culturelle ou récréative organisée sur le domaine public à l’obtention préalable d’une autorisation.

ONG, associations sportives, établissements scolaires et promoteurs culturels sont désormais avertis : ils ne pourront plus occuper la voie publique ou les espaces communautaires sans avoir obtenu au préalable l’autorisation écrite de l’hôtel de ville.

Sécurité, fluidité et salubrité : le triple défi de la municipalité

Derrière cette mesure administrative se dessine une ambition de gouvernance plus large. Parakou, carrefour commercial et universitaire stratégique du Bénin, fait face aux défis d’une urbanisation rapide et parfois désordonnée. Pour Zul-Kifly Sanni Zakarie, il s’agit avant tout de garantir un triptyque essentiel : la sécurité des biens et des personnes, la tranquillité publique et l’hygiène.

En effet, l’organisation anarchique d’événements populaires perturbe régulièrement la circulation routière, engendre des nuisances sonores et laisse souvent derrière elle des infrastructures dégradées ou des espaces insalubres. En se positionnant comme régulateur en amont, la mairie entend non seulement prévenir les débordements sécuritaires, mais aussi préserver le cadre de vie des populations de Parakou.

Parakou: vers une bureaucratisation de la vie associative ?

Dans les faits, la procédure se veut stricte et codifiée. Les organisateurs doivent désormais formaliser leur demande auprès du secrétariat administratif de la mairie, au bureau 107. Le dossier à déposer ne laisse place à aucune approximation : le maire exige la nature de l’événement, son objet, sa localisation précise, les horaires prévus ainsi qu’une identification complète des responsables du projet.

Pour autant, si les riverains, soucieux de retrouver davantage de sérénité et de propreté dans leur environnement quotidien, saluent cette décision, celle-ci pose également un défi au tissu associatif et culturel local, longtemps habitué à des pratiques plus informelles. Tout l’enjeu pour l’administration de Zul-Kifly Sanni Zakarie sera, dès lors, de faire appliquer cette réglementation avec fermeté afin de maintenir l’ordre, sans pour autant étouffer la vitalité sociale et culturelle qui fait l’identité de Parakou.

Bénin : Une seconde chance pour les enfants déscolarisés

Le gouvernement béninois a lancé à Parakou la vulgarisation de sa nouvelle feuille de route 2026-2030 pour les alternatives éducatives. Soutenue par la Coopération suisse, cette initiative cible des milliers d’enfants déscolarisés dans le nord du pays.

Cotonou, 24 juin 2026 – Dans le septentrion béninois, l’école cherche à reconquérir ses enfants perdus. Mardi 23 juin 2026, à Parakou, le ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Natta, a officiellement ouvert les ateliers départementaux de vulgarisation de la Stratégie de renforcement des alternatives éducatives (SRAE). Ce document de référence guidera, pour la période 2026-2030, la politique nationale d’insertion des enfants non scolarisés ou déscolarisés précocement.

L’événement s’est déroulé en présence de Gabriella Spirli, directrice de la Coopération suisse au Bénin, et du préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Naro Assouma, marquant ainsi une nouvelle étape dans un combat de longue haleine contre l’exclusion scolaire.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Le succès des centres « BARKA »

Depuis 2017, Porto-Novo tente de corriger les failles du système éducatif formel à travers le Programme d’appui à l’éducation et à la formation des enfants exclus (PAEFE). Concrètement, ce programme s’est traduit par le déploiement des centres dits « BARKA » dans quatre départements clés : le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga. Ces structures adaptées offrent aussi un parcours de rattrapage accéléré à des milliers de jeunes issus de milieux ruraux ou défavorisés, qui avaient définitivement quitté le chemin des classes.

Pour autant, afin que ces initiatives ne demeurent pas de simples projets pilotes, le gouvernement a jugé nécessaire de formaliser et d’harmoniser ses pratiques au sein d’une stratégie nationale unique. À cet égard, le ministre Armand Natta a indiqué que ces ateliers visent précisément à mobiliser les acteurs déconcentrés et municipaux afin que la problématique de la déscolarisation soit systématiquement intégrée dans les plans opérationnels locaux :

« C’est une occasion unique de découverte et d’appropriation des contenus d’un document stratégique de référence qui va définir désormais l’approche d’intervention du ministère dans le domaine des alternatives éducatives au Bénin », a souligné le ministre.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Un impératif de justice sociale

L’accès à l’éducation dans ces régions septentrionales reste tributaire de barrières économiques, culturelles et géographiques. Dans ce contexte, l’appui technique et financier de la Coopération suisse s’avère stratégique. Forte des premiers résultats enregistrés par le PAEFE sur le terrain, Gabriella Spirli s’est réjouie des avancées observées et a insisté sur la portée éthique de la nouvelle SRAE.

Au-delà d’un simple document administratif, la représentante helvétique y voit un « instrument de justice sociale » indispensable pour garantir le droit fondamental de chaque enfant à l’instruction. Cette approche s’inscrit, de surcroît, dans le prolongement de l’Objectif de développement durable des Nations unies (ODD 4), consacré à une éducation inclusive, équitable et de qualité.

En définitive, en ancrant ces alternatives éducatives dans les réalités locales, le Bénin fait le pari qu’un enfant sorti du système scolaire n’est pas une fatalité, mais une opportunité de développement manquée qu’il convient de réparer.

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