Bénin : décès du Dr Jean-Charles Ahomadégbé, éminent chercheur

La communauté scientifique et la diaspora béninoise perdent une figure intellectuelle de premier plan. En effet, le Dr Jean‑Charles Ahomadégbé s’est éteint ce vendredi 4 septembre à Paris, laissant derrière lui une œuvre académique majeure dans la lutte contre le cancer et un bilan associatif marquant à la tête de la communauté expatriée.

Un pionnier de la recherche oncologique

Le Dr Ahomadégbé a consacré sa vie à l’avancement des sciences médicales. Après la soutenance de sa thèse de doctorat en 1990 à l’Université de Paris, ce spécialiste de la biochimie et de la biologie moléculaire a accédé au grade de maître de conférences. Ses travaux de recherche, menés principalement au sein du célèbre Institut Gustave‑Roussy à Villejuif, ont apporté des éclairages cruciaux sur la génétique des tumeurs. Par ailleurs, ses multiples publications dans des revues spécialisées ont assis sa réputation auprès de ses pairs à l’échelle internationale.

Justin Ahomadégbé : repère historique pour la jeunesse

Pour rappel, le nom Ahomadégbé renvoie directement aux fondations politiques du Bénin moderne. Son père, Justin Tomètin Ahomadégbé (1917‑2002), fut l’une des figures centrales de la vie publique nationale post‑indépendance, à l’époque où le pays portait le nom de République du Dahomey. Chirurgien‑dentiste de formation, leader politique au tempérament affirmé, il a formé avec Hubert Maga et Sourou‑Migan Apithy le fameux « triumvirat » qui a en effet marqué l’histoire institutionnelle des années 1960 et 1970. Chef du gouvernement entre 1964 et 1965, il accède à la tête de l’État en mai 1972 comme président du Conseil présidentiel, quelques mois avant le coup d’État de Mathieu Kérékou.

Un engagement communautaire en héritage

Élevé dans ce cadre d’exigence républicaine, le Dr Jean‑Charles Ahomadégbé a tracé sa propre voie, transposant la quête d’impact de son père du terrain politique vers le domaine scientifique et associatif. Ainsi, le chercheur a exercé un leadership déterminant au sein de la société civile en présidant le Conseil des Béninois de France (CBF), où il a œuvré pour la structuration et la défense des intérêts de ses compatriotes à l’étranger. Fils de Justin Tomètin Ahomadégbé, Jean‑Charles Ahomadégbé a su pérenniser ce nom illustre de l’histoire béninoise par l’excellence académique et le service rendu à la collectivité.

Avec la disparition du Dr Jean‑Charles Ahomadégbé, le Bénin perd bien plus qu’un scientifique : il perd également  un héritier d’une lignée d’engagement, qui a su transformer l’héritage politique paternel en une œuvre académique et communautaire. Son nom restera désormais inscrit à la fois dans les annales de la recherche médicale et dans la mémoire collective de la diaspora béninoise.

IndabaX Bénin 2026 : l’IA face au défi des langues africaines

L’architecture mondiale de l’intelligence artificielle présente une faille structurelle majeure : elle s’avère incapable de traiter efficacement les langues africaines. Alors que les modèles génératifs dictent de plus en plus les interactions numériques mondiales, les développeurs et chercheurs se mobilisent au Bénin cette semaine pour empêcher l’effacement algorithmique des dialectes locaux.

Combattre la marginalisation technologique

Les systèmes d’IA actuels prospèrent presque exclusivement sur des langues dites à « fortes ressources », soutenues par d’immenses archives numériques occidentales. Par conséquent, les vocabulaires africains natifs souffrent d’une sous-représentation critique dans les bases de données mondiales. Cette disparité force les grands modèles de langage (LLM) à générer des approximations grossières ou à halluciner lorsqu’ils tentent d’interpréter des dialectes non occidentaux. Sans une intervention immédiate sur la structuration des données, la prochaine infrastructure numérique mondiale risque d’exclure irrévocablement le patrimoine linguistique de tout un continent.

IndabaX Bénin 2026 : l’offensive locale

Pour démanteler cette barrière technologique, la communauté tech panafricaine converge vers Cotonou du 10 au 12 septembre à l’occasion du sommet IndabaX Bénin 2026. Co-organisé avec l’entreprise iSHEERO, cet événement cible directement la pénurie de données. La journée du 11 septembre, prévue au Sèmè City Open Park, servira de laboratoire opérationnel. En effet, les ingénieurs y déploieront des ateliers intensifs dédiés aux LLM, à l’IA vocale et aux architectures multilingues. L’objectif consiste à forger des outils de traitement automatique du langage naturel (NLP) spécifiquement calibrés pour les environnements à faibles ressources.

Bâtir la souveraineté numérique par la donnée

Le défi fondamental réside désormais dans la production de la matière première. Au Bénin, les chercheurs doivent numériser, documenter et structurer des corpus massifs à partir de zéro. Si les développeurs locaux ne construisent pas ces bases de données natives, les conglomérats technologiques étrangers continueront d’imposer des filtres linguistiques inadéquats aux utilisateurs africains. Ainsi, le succès de l’IA sur le continent exige des pipelines de données entièrement localisés, garantissant que les futures machines comprendront l’Afrique à travers ses propres mots, et non par le biais de traductions importées.

Accident à Tanguiéta : un camion du PAM finit sa course dans le décor

Un violent accident de circulation survenu le samedi 5 septembre sur l’axe stratégique Natitingou-Porga menace de perturber la distribution de vivres dans la région de Tanguiéta. En effet, la sortie de route spectaculaire d’un poids lourd opérant pour le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ravive les craintes d’une rupture de l’assistance nutritionnelle destinée aux élèves de la zone, en dépit d’un bilan humain épargné de toute perte en vie.

Une défaillance tragique sur la route inter-États nᵒ 3

Le sinistre s’est produit dans la descente escarpée du village de Cosso, situé dans l’arrondissement de Cotiakou, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Tanguiéta. En pleine traversée de cette artère vitale reliant le Bénin aux zones frontalières, le conducteur du véhicule d’approvisionnement a soudainement perdu la maîtrise du semi-remorque, finissant sa course au fond d’un fossé. L’impact a causé des dommages matériels considérables au camion ainsi qu’à son chargement. Souffrant de graves traumatismes, le chauffeur a été rapidement pris en charge par les équipes de secours avant d’être évacué vers l’unité des soins intensifs de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Tanguiéta.

Mobilisation sécuritaire et logistique d’urgence

Alertée immédiatement après le crash, la Police républicaine a déployé un cordon de sécurité autour de l’épave afin d’endiguer toute tentative de pillage des ressources alimentaires dispersées. L’enjeu réside désormais dans la préservation de la chaîne logistique : les autorités administratives et les responsables humanitaires orchestrent le transfert d’urgence des denrées intactes vers un véhicule de substitution. Cette opération de sauvetage vise à éviter toute interruption du service de cantine scolaire pour les écoliers de la commune.

Bénin : la DGI applique un prélèvement de 5 % d’AIB dès ce 7 septembre

Dès ce lundi 7 septembre 2026, la Direction Générale des Impôts (DGI) du Bénin instaure un prélèvement automatique de 5 % sur toutes les factures normalisées émises par des entités commerciales non conformes ou non enregistrées. Cette mesure coercitive vise à recouvrer l’Acompte sur Impôts assis sur les Bénéfices (AIB) en ciblant directement les flux de transactions des acteurs économiques opérant hors du cadre légal.

Ciblage strict des infractions

L’administration fiscale béninoise durcit sa politique de recouvrement en supprimant le délai de collecte de l’AIB par les entreprises en situation d’irrégularité. Le dispositif frappe simultanément deux catégories de contribuables. Il s’applique d’abord aux opérateurs totalement absents du fichier national. Ensuite, il pénalise les structures dont l’Identifiant Fiscal Unique (IFU) a été gelé dans le système CFISC en raison de déclarations manquantes, de taxes impayées ou d’autres manquements. L’émission d’une facture normalisée déclenche désormais une retenue immédiate de 5 %, un mécanisme punitif maintenu jusqu’à l’assainissement complet du dossier fiscal.

Mécanisme de compensation et exemptions

En s’appuyant sur le Code Général des Impôts, le fisc garantit toutefois un droit à compensation. Les sociétés reconnues par l’État, mais sanctionnées pour une non-conformité passagère, pourront récupérer les montants prélevés occasionnellement après avoir rétabli leur situation. De plus, les micro-entreprises comptant moins de douze mois d’existence conservent leurs avantages fiscaux actuels, sous réserve de finaliser leur processus d’immatriculation officielle.

Démarches de régularisation obligatoires

Pour lever cette sanction financière et réactiver leur numéro IFU, les contrevenants doivent impérativement apurer leurs dettes et soumettre leurs documents fiscaux en attente auprès de leur centre de rattachement. Les entités nouvellement créées, mais hors radar fiscal, doivent se présenter physiquement avec un dossier d’enregistrement formel. Les pièces exigées incluent :

  • Les statuts officiels de la société ou le Registre de Commerce.

  • Le journal d’annonces légales confirmant la création.

  • L’attestation IFU initiale.

  • L’agrément d’exercice de l’autorité de tutelle (pour les professions libérales).

  • La localisation géographique exacte des opérations.

La DGI exige une mise en conformité immédiate pour éviter ces ponctions systématiques et oriente les professionnels vers ses guichets locaux ou sa ligne d’assistance téléphonique gratuite, le 133, pour toute démarche de régularisation.

Rentrée 2026 : Le ministre Kouchadé en tournée dans le Couffo et le Mono

À quelques jours de la reprise des classes, le ministère de l’Enseignement secondaire général entend agir sur les principaux facteurs qui conditionnent la réussite scolaire. Le ministre Adéyèmi Clément Kouchadé a engagé, jeudi 3 septembre 2026, une tournée de terrain dans le Couffo et le Mono afin d’échanger directement avec les enseignants et les responsables du système éducatif. Cette première étape de sa visite de prise de contact intervient dans le cadre des Journées pédagogiques nationales prévues les 3 et 4 septembre.

À travers ces rencontres, le gouvernement cherche surtout à rapprocher les décisions prises au niveau central des réalités vécues dans les établissements. L’objectif affiché consiste à préparer une rentrée plus apaisée et à améliorer durablement les performances de l’enseignement secondaire.

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Les résultats scolaires au cœur des discussions

Au CEG d’Aplahoué, le ministre a placé la performance des élèves parmi les premières priorités de son action. Pour lui, l’amélioration des résultats ne peut pas reposer sur les seuls enseignants. Elle exige une mobilisation coordonnée des chefs d’établissement, des personnels administratifs, des élèves, des parents et des autorités publiques.

Le ministre mise ainsi sur une concertation plus étroite entre les différents maillons de la chaîne éducative. Il compte également sur des mesures adaptées que le gouvernement devra mettre en œuvre pour créer les conditions nécessaires à de meilleurs résultats dès la prochaine année scolaire.

Cette orientation intervient dans un contexte où la qualité des apprentissages constitue un enjeu majeur pour le système éducatif béninois. Au-delà des taux de réussite aux examens, l’enjeu consiste à renforcer les acquis des élèves et à leur permettre de poursuivre leur formation dans de meilleures conditions.

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Les sciences comme levier pour l’avenir

La promotion des disciplines scientifiques constitue le deuxième axe majeur défendu par Adéyèmi Clément Kouchadé. Dans les établissements visités, il a appelé les acteurs éducatifs à renforcer l’enseignement des matières scientifiques et à susciter davantage l’intérêt des élèves pour ces filières.

Le ministre a particulièrement insisté sur l’orientation des filles vers les sciences. Il encourage les établissements à créer un environnement susceptible de favoriser leur maintien dans ces parcours et de combattre les disparités qui peuvent encore limiter leur présence dans certaines filières scientifiques.

Cette priorité répond à un enjeu de long terme. Renforcer l’accès des jeunes aux sciences permet à la fois d’améliorer leur formation et d’élargir leurs perspectives professionnelles dans des secteurs où les compétences scientifiques et techniques occupent une place croissante.

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Les enseignants attendent aussi des améliorations.

La réussite de cette stratégie dépend également des conditions dans lesquelles travaillent les personnels de l’éducation. Le ministre a donc réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre les efforts destinés à améliorer le cadre professionnel des enseignants et des personnels administratifs.

Cette question constitue un facteur déterminant pour la qualité des apprentissages. Des conditions de travail plus favorables peuvent contribuer à renforcer la motivation des personnels, à stabiliser les équipes et, par conséquent, à améliorer l’encadrement des élèves.

Le message du gouvernement se veut ainsi double : demander davantage d’engagement aux acteurs du système tout en poursuivant les mesures destinées à leur donner les moyens de remplir leurs missions.

Le Collège d’excellence de Grand-Popo sous surveillance

La délégation ministérielle a également inspecté le chantier du Collège d’excellence de Grand-Popo. Cette infrastructure suscite de fortes attentes dans la région, notamment en matière d’offre éducative et d’encadrement des élèves.

La visite a permis au ministre de mesurer l’état d’avancement du projet et de constater les difficultés qui restent à résoudre. Pour le gouvernement, la concrétisation de telles infrastructures doit accompagner les réformes pédagogiques et contribuer à renforcer les capacités d’accueil du système secondaire.

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Une tournée qui va s’étendre à tout le pays

Le déplacement dans le Couffo et le Mono marque le début d’une tournée nationale. Le ministre de l’Enseignement secondaire prévoit de poursuivre ses échanges avec les acteurs éducatifs dans les autres départements au cours des prochains jours.

Cette démarche doit permettre au ministère de recueillir les préoccupations du terrain et d’identifier les priorités propres aux différents établissements. Elle s’inscrit également dans le thème des Journées pédagogiques nationales de 2026, consacrées à l’éducation à l’engagement citoyen et au respect des valeurs républicaines.

À travers cette tournée, le gouvernement cherche donc à préparer la rentrée sur plusieurs fronts : relever le niveau des apprentissages, renforcer la place des sciences, améliorer les conditions de travail et promouvoir davantage de cohésion autour des valeurs républicaines. L’efficacité de cette stratégie se mesurera désormais à sa traduction concrète dans les établissements et aux résultats obtenus par les élèves lors de la nouvelle année scolaire.

Bénin : un cadavre découvert dans un puits à Natitingou

La découverte d’un cadavre non identifié au fond d’un puits ouvert à Natitingou relance le débat sur la négligence immobilière. En effet, ce drame souligne les dangers liés aux terrains vagues non entretenus et pousse les services de secours à exiger des mesures coercitives immédiates contre les propriétaires de chantiers à l’abandon.

Une opération de récupération complexe

Les secouristes de la Protection Civile de la Donga ont affronté des conditions extrêmes pour remonter la victime, retrouvée dans un état de décomposition avancée sur une propriété privée non bâtie. L’équipe, sous la supervision de l’adjudant Yoro Gado, a dû déployer un système de levage technique pour descendre à dix mètres sous terre dans un conduit ne dépassant pas un mètre de large.

Ainsi, cette extraction en milieu confiné a requis une précision absolue pour ramener la dépouille à la surface en toute sécurité. Les autorités locales et un médecin légiste ont immédiatement pris en charge le corps afin d’initier les procédures d’identification et de déterminer les causes du décès, qui demeurent inexpliquées.

Agence béninoise de Protection civile
© Agence béninoise de Protection civile
Les pièges mortels de l’urbanisation inachevée

Au‑delà de l’intervention technique, cet incident pointe du doigt un risque structurel récurrent dans la région. Les excavations laissées béantes, les puits désaffectés et les fosses septiques à ciel ouvert prolifèrent sur les parcelles en attente de construction. De ce fait, ces infrastructures se fondent dans le paysage et se transforment en trappes invisibles, particulièrement redoutables la nuit ou dans les zones broussailleuses. Les piétons, les enfants et les personnes âgées en sont les premières victimes potentielles au quotidien.

L’urgence d’une politique de prévention stricte

Face à l’omniprésence de ces menaces, les autorités de secours durcissent leur discours et dénoncent une inaction coupable. Elles somment donc les propriétaires terriens, les entrepreneurs et les élus locaux d’assumer leurs responsabilités civiles. Condamner un accès ou sceller une ouverture par une dalle de béton constitue un investissement mineur au regard des vies humaines en jeu. La Protection Civile affirme que la complaisance face aux ouvrages non barricadés doit cesser, rappelant qu’attendre le prochain accident fatal pour sécuriser un site relève de la pure négligence.

Bénin : Kits scolaires pour 1 000 enfants de militaires disparus

À l’approche de la rentrée 2026-2027, l’État béninois et ses partenaires renforcent leur soutien aux enfants de militaires morts en service. Plus d’un millier d’élèves ont reçu, jeudi 3 septembre, des kits scolaires lors d’une cérémonie tenue à la Base aérienne de Cotonou. Le dispositif, désormais à sa septième édition, vise à réduire les difficultés financières qui peuvent fragiliser la scolarité de ces enfants et à maintenir leur parcours éducatif malgré la disparition de leur parent.

Par ailleurs, cette opération répond à une préoccupation sociale majeure : éviter que le décès d’un militaire ne se transforme, pour ses enfants, en rupture scolaire. Cahiers, sacs, manuels et autres matériels nécessaires à l’apprentissage permettent ainsi aux familles bénéficiaires d’aborder la rentrée avec une charge financière allégée.

Un soutien qui protège le parcours scolaire

Pour les veuves et les familles qui assument seules les dépenses quotidiennes, la rentrée représente souvent une période particulièrement exigeante. Les coûts liés aux fournitures, à la scolarité et aux besoins des enfants s’ajoutent aux autres dépenses du ménage. Dans ce contexte, le don apporte un soutien immédiat aux bénéficiaires et contribue à créer de meilleures conditions pour la poursuite des études.

Le programme concerne les enfants de la maternelle jusqu’à la terminale, sur l’ensemble du territoire national. En intervenant dès les premières années de scolarité et jusqu’au secondaire, il accompagne les élèves sur une longue période et cherche à limiter les risques d’abandon ou de décrochage.

Le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Bignon Agonkan, a présenté cette initiative comme une responsabilité collective envers les familles des militaires disparus. Il a notamment insisté sur la nécessité de ne pas laisser les enfants supporter, en plus du deuil, les conséquences sociales et scolaires de la disparition de leur parent.

Pour les familles, un allègement concret des dépenses

L’intérêt du dispositif se mesure d’abord à son impact sur le quotidien des ménages. En prenant en charge une partie des dépenses de rentrée, le programme libère des ressources que les familles peuvent consacrer à d’autres besoins essentiels, notamment l’alimentation, les soins, le logement ou le transport.

La ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, a également appelé les veuves à préserver l’espoir et à soutenir leurs enfants malgré les épreuves liées au deuil. Son message souligne une réalité : accompagner ces familles ne consiste pas uniquement à honorer la mémoire des militaires disparus, mais également à protéger l’avenir de leurs enfants.

L’enjeu éducatif est donc central. Maintenir un enfant à l’école, lui fournir les outils nécessaires à son apprentissage et lui permettre d’étudier dans des conditions convenables représentent autant de leviers pour préserver ses chances de réussite.

Quatre millions de francs CFA pour accompagner l’initiative

La Jamaat islamique Ahmadiyya a apporté un soutien financier de quatre millions de francs CFA à l’opération. Installée à Cotonou et basée à Londres, l’organisation participe à ce programme depuis ses premières années.

Cette contribution illustre le rôle que peuvent jouer les partenaires associatifs et religieux dans la prise en charge des familles touchées par la disparition de membres des forces armées. Pour le lieutenant-colonel Luc Biobou, commandant de la base aérienne de Cotonou, cette solidarité doit se traduire par des actions concrètes et régulières en faveur des familles concernées.

De quelques centaines d’enfants à plus d’un millier de bénéficiaires

Lancé en 2020 par le ministère de la Défense nationale, le programme a progressivement changé d’échelle. Sa première édition avait réuni environ une centaine d’enfants à l’État-Major Général des Forces armées béninoises. Six ans plus tard, l’opération concerne désormais plus d’un millier de bénéficiaires à l’occasion de la rentrée 2026-2027.

Cette progression témoigne de l’élargissement du dispositif et de la volonté des autorités de maintenir un accompagnement régulier des familles des militaires décédés en activité.

Pour les bénéficiaires, l’enjeu dépasse donc largement la remise symbolique d’un cartable. Cette aide représente un investissement dans l’éducation, un soutien financier aux ménages et surtout une manière de préserver les perspectives d’avenir d’enfants confrontés très tôt à la disparition de leur père ou de leur mère. Dans cette logique, la solidarité nationale devient un outil concret de protection sociale et de continuité scolaire.

Ouémé : le Bénin fait de l’adaptation climatique une arme de santé publique dans la vallée

Les crises climatiques engendrent aujourd’hui des urgences médicales directes. Pour briser ce cycle, le gouvernement béninois déploie une riposte inédite dans la basse vallée de l’Ouémé, transformant la protection de l’environnement en un bouclier sanitaire concret pour plus de 300 000 habitants.

Adossée au Fonds Vert pour le Climat (GCF) et baptisée SAP055, cette initiative a pris officiellement vie le jeudi 3 septembre à Cotonou. Plutôt que de formuler des promesses écologiques abstraites, l’État béninois cible désormais les menaces pathologiques précises qui s’aggravent avec la hausse des températures et la multiplication des aléas météorologiques.

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Adjohoun, Bonou, Dangbo : santé publique et dividende climatique

Les communautés d’Adjohoun, Bonou et Dangbo affrontent une recrudescence de pathologies directement liées à leur environnement. Ainsi, l’approche gouvernementale, détaillée par Appolinaire D. Gnanvi, directeur du Fonds National pour l’Environnement et le Climat, identifie trois cibles prioritaires : le paludisme endémique, les affections respiratoires aiguës et les maladies cardiovasculaires. Pour contrer ces périls, le programme délaisse l’attentisme au profit d’actions tangibles : modernisation des infrastructures médicales, déploiement de systèmes d’alerte précoce et contrôle rigoureux des vecteurs de transmission.

L’argument central de cette stratégie repose sur une double efficacité : soigner les populations tout en régénérant l’écosystème. En ce sens, la création de jardins botaniques médicinaux illustre parfaitement cette méthode hybride. Sur le plan purement environnemental, les autorités projettent d’éliminer près de 12 500 tonnes de dioxyde de carbone de l’atmosphère, prouvant qu’une action sanitaire hyper‑localisée peut générer un dividende climatique direct.

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Résultats ou rien : le Bénin conditionne l’aide climatique

Cependant, l’injection de capitaux internationaux impose une reddition de comptes irréprochable. À cet égard, Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, exige des résultats mesurables et une supervision stricte des ressources allouées par les cadres techniques. La viabilité de ce modèle de prévention dépendra de son exécution sur le terrain.

Une ligne de fermeté partagée par Georges Alé, ministre du Cadre de Vie, et Luc Marie‑Constant Gnacadja, président de l’Association Nationale des Communes du Bénin : les mairies doivent s’approprier ces outils d’adaptation pour garantir leur pérennité.

En liant intimement l’accès à l’information météorologique à l’intervention médicale, le Bénin positionne ces trois communes comme un laboratoire national de résilience. L’enjeu dépasse la simple réduction des gaz à effet de serre ; il s’agit d’assurer la survie et le développement de populations vulnérables sur une ligne de front où le climat dicte désormais l’urgence sanitaire.

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Porto-Novo : 3 Urgences Scolaires pour la Nouvelle Direction

PORTO-NOVO, 3 septembre 2026 — Le renouvellement de la direction de la Circonscription scolaire de Porto-Novo intervient sur fond de fortes difficultés dans les établissements maternels et primaires de la capitale. Lors de la cérémonie de passation de charges organisée ce jeudi au Complexe scolaire de Djègan Kpèvi, le responsable sortant, Alabi Adéchina Adebiya, a présenté un diagnostic préoccupant de la situation des écoles.

Son bilan met notamment en évidence trois urgences : le renouvellement du mobilier, la remise en état des salles de classe et le renforcement de la sécurité des établissements.

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Un déficit massif de mobilier scolaire

Le premier problème concerne les équipements destinés aux élèves. Selon les données communiquées par le chef de la Circonscription scolaire sortant, 60 % du mobilier scolaire ne seraient plus en état de servir normalement.

Tables-bancs endommagés et chaises hors d’usage compliquent ainsi les conditions d’apprentissage. Au-delà du confort des élèves, cette situation pose une question plus large sur la capacité des établissements à garantir un environnement scolaire adapté. La remise à niveau du mobilier apparaît donc comme l’un des premiers chantiers à engager par les nouvelles équipes.

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Des salles de classe à réhabiliter

L’état des bâtiments constitue le deuxième point d’alerte. Deux salles de classe sur trois seraient actuellement inutilisables, d’après le bilan présenté lors de la cérémonie.

Toitures dégradées, fissures sur certains bâtiments et insuffisance d’équipements figurent parmi les difficultés signalées. Cette situation réduit mécaniquement les capacités d’accueil des écoles et peut contraindre certains établissements à fonctionner dans des conditions qui fragilisent l’organisation des enseignements.

Pour Porto-Novo, la réhabilitation des infrastructures ne relève donc plus d’une simple amélioration du cadre scolaire. Elle devient une condition nécessaire au fonctionnement normal de plusieurs établissements.

Le vandalisme complique davantage la situation.

À ces problèmes matériels s’ajoute une autre menace : la sécurité des infrastructures scolaires. La moitié des écoles de Porto-Novo auraient subi des actes de vandalisme, selon les chiffres avancés par Alabi Adebiya. Ces dégradations affectent directement les équipements et les bâtiments et peuvent annuler une partie des investissements réalisés pour améliorer les établissements.

« Le défi de sécurité se pose avec acuité dans nos écoles », a déclaré le responsable sortant, en invitant ses successeurs à traiter simultanément les questions de réhabilitation et de sécurisation.

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Un dossier prioritaire pour la nouvelle direction

La passation de charges ne s’est donc pas limitée à un changement administratif. Elle a également permis de mettre sur la table un ensemble de contraintes qui touchent directement les conditions d’apprentissage dans les écoles maternelles et primaires de Porto-Novo.

Le nouveau responsable de la Circonscription scolaire devra désormais transformer ce diagnostic en programme d’intervention. Le renouvellement du mobilier, la remise en service des salles dégradées et la protection des établissements constituent, à ce stade, les principaux enjeux identifiés.

Au-delà de la gestion scolaire, ces difficultés posent une question essentielle : comment garantir aux élèves de Porto-Novo des conditions d’apprentissage compatibles avec les objectifs de qualité de l’éducation lorsque les infrastructures elles-mêmes restent aussi fragiles ?

Bénin : Le CES déploie son antenne départementale à Abomey

L’ancrage territorial s’impose comme le nouveau bras armé du Conseil économique et social (CES). Après avoir lancé les activités à Dassa, c’était au tour d’Abomey d’accueillir, le mercredi 2 septembre 2026, le président Abdoulaye Bio Tchané pour l’installation officielle du Conseil départemental du Zou. Ainsi, cette étape achève une séquence stratégique entamée dans le septentrion et les Collines. L’institution entend désormais solder l’ère des avis technocratiques hors‑sol en transformant ses relais régionaux en capteurs directs des revendications populaires.

Un réseau d’alerte et de transmission locale

Abdoulaye Bio Tchané assigne une mission à double sens aux conseillers du Zou. Ces derniers doivent expliquer les réformes étatiques complexes tout en traduisant les réalités du terrain en exigences politiques concrètes. De ce fait, le gouvernement ne cherche plus seulement à diffuser ses orientations : il exige un retour d’information systématique sur l’impact de ses choix publics. Les conseillers locaux deviennent ainsi les garants de l’efficacité démocratique en portant la voix des communautés face à la machine administrative centrale.

Le développement régional intégré dans la prospective nationale

L’installation de cette antenne à Abomey cible directement les urgences économiques de la région. Les débats de cette session de lancement ont fixé les priorités : exploitation du patrimoine historique, relance du tourisme culturel, soutien à l’artisanat, régulation du foncier et création d’emplois pour la jeunesse. En conséquence, loin des débats théoriques, le CES exige de ses membres du Zou des propositions immédiatement exploitables sur ces chantiers prioritaires.

Une feuille de route dictée par les territoires

Cette tournée nationale prépare la construction du Plan stratégique 2027‑2031 du CES. En intégrant les données du Zou dès la phase de conception, l’institution garantit la représentativité de ses futures recommandations. La huitième mandature démontre que la légitimité d’un organe consultatif dépend de sa capacité à mesurer les chocs économiques à l’échelle locale avant de formuler ses orientations nationales.

En somme, à travers cette étape d’Abomey, le Conseil économique et social valide définitivement sa stratégie territoriale. La gouvernance consultative s’ancre désormais dans les réalités locales, érigeant ces antennes départementales en leviers de cohésion sociale. L’exigence est claire : transformer les revendications populaires en décisions politiques durables.