Bénin : l’opération des putschistes tourne au « coup de 45 minutes »

Cotonou, 8 décembre 2025 À l’aube du 7 décembre 2025, un silence brutal a figé les rues de Cotonou, capitale économique du Bénin. En effet, le bourdonnement incessant des motos-taxis et le commerce effervescent du marché Dantokpa ont été brutalement remplacés par le grondement sourd des coups de feu. Un groupuscule de militaires dissidents tentait de renverser l’ordre établi, déclenchant une alerte nationale qui a rapidement tourné au fiasco.

Moins de quatre heures après leur irruption à la télévision publique, les putschistes ont été neutralisés, et le président Patrice Talon a réaffirmé son autorité depuis le palais présidentiel. Cependant, ce coup d’État raté, le plus bref de l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest, soulève des questions sur les fissures internes de l’armée béninoise et les tensions politiques persistantes dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine. Retour exhaustif sur une journée qui a failli basculer dans le chaos.

Une aube de tension : les premières détonations et l’assaut raté

 

Tout a commencé vers 4 heures du matin, heure locale, au cœur de Cotonou. Des tirs sporadiques ont retenti dans le quartier stratégique de Camp Guézo, qui abrite une importante base militaire et se trouve à proximité immédiate du Palais de la Marina, siège de la présidence de la République. La ville portuaire, vibrant d’une énergie cosmopolite, a vu ses axes majeurs bloqués. Selon des témoins contactés sur place, une dizaine d’hommes en uniforme, armés de fusils d’assaut AK-47, ont tenté de forcer l’entrée de la résidence présidentielle. À 7 h 15, l’Ambassade de France à Cotonou a relayé sur les réseaux sociaux une alerte sécuritaire :

« Des coups de feu ont éclaté au Camp Guézo, près du domicile du président de la République. Nous invitons les Français à rester chez eux par mesure de sécurité. »

Pendant ce temps, l’autre front de l’assaut se jouait à quelques kilomètres de là. Un commando restreint – estimé à une vingtaine d’hommes – a forcé l’entrée des studios de l’Office de Radiodiffusion et de Télévision du Bénin (ORTB), la chaîne nationale, dans le quartier Akpakpa. À 6 h 30 précises, huit officiers et sous-officiers, menés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri – un vétéran de 48 ans connu pour ses critiques sur la gestion sécuritaire au nord du pays –, ont investi les studios et interrompu la programmation. Ils se sont autoproclamés « Comité Militaire pour la Refondation » (CMR).

Le "coup de 45 minutes" qui a secoué Cotonou. Retour sur l'échec du putsch au Bénin et l'analyse des fractures internes (armée, politique) dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine.
© Le "coup de 45 minutes" qui a secoué Cotonou. Retour sur l'échec du putsch au Bénin et l'analyse des fractures internes (armée, politique) dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine.

Les griefs du CMR : sécurité, injustice et remise en cause des libertés

 

Dans une déclaration lue d’une voix ferme, Tigri a proclamé : « M. Patrice Talon est démis de ses fonctions de président de la République. » Les putschistes invoquaient une litanie de griefs : la « dégradation continue de la situation sécuritaire au nord du Bénin » face aux incursions jihadistes ; la « négligence envers les soldats tombés au front » ; des « promotions injustes » ; et une « remise en cause déguisée des libertés fondamentales ». Le communiqué annonçait également la suspension de la Constitution révisée en novembre 2025, la dissolution de toutes les institutions d’État et la fermeture des frontières, avant que l’écran ne passe au noir.

Le "coup de 45 minutes" qui a secoué Cotonou. Retour sur l'échec du putsch au Bénin et l'analyse des fractures internes (armée, politique) dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine.
© Le "coup de 45 minutes" qui a secoué Cotonou. Retour sur l'échec du putsch au Bénin et l'analyse des fractures internes (armée, politique) dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine.

La riposte fulgurante : loyauté de l’armée et arrestations express

La réponse du pouvoir n’a pas tardé. Dès 8 h, des unités de la Garde républicaine – corps d’élite chargé de la protection du chef de l’État – ont lancé une contre-offensive coordonnée. Les loyalistes, mieux équipés et numériquement supérieurs, ont immédiatement concentré leurs efforts sur la capitale économique. Comme l’a souligné le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Bakari, interrogé par des agences internationales : « Une grande partie de l’armée, la Garde nationale, est toujours loyale au président et contrôle la situation. »

 

Des unités de la Garde républicaine, commandées par le général de division Abou Issa, ont encerclé le bâtiment de l’ORTB dans le quartier Akpakpa. Bien que des échanges de tirs sporadiques aient été rapportés, l’opération a été rapide : en effet, à 8 h 45, la transmission des putschistes était coupée, après une occupation d’à peine plus de deux heures. Immédiatement, treize militaires ont été arrêtés sur place, dont plusieurs officiers subalternes. Par ailleurs, parmi eux, un sous-lieutenant déjà radié des effectifs pour indiscipline, selon une source proche du dossier. Toutefois, le lieutenant-colonel Tigri, figure centrale du complot, reste en fuite, traqué par les autorités qui ont lancé un mandat d’arrêt national et une récompense de 50 millions de FCFA.

Le Ministre de l’Intérieur officialise l’échec du putsch à 9 h 30.

 

À 9 h 30, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, prenait l’antenne pour officialiser l’échec du putsch. Il a déclaré, le ton martial mais rassurant, que le groupuscule n’avait pu prendre ni la résidence présidentielle ni les centres de commandement clés. Le président Talon, dont la sécurité avait été confirmée dès les premières heures, est rentré au palais sous escorte renforcée.

La réponse régionale et les frappes nigérianes

 

L’événement n’est pas resté confiné aux frontières béninoises, provoquant une riposte régionale musclée. Dès 11 h, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi avec une célérité inhabituelle, ordonnant le « déploiement immédiat » de troupes en provenance du Nigeria, de Sierra Leone, de Côte d’Ivoire et du Ghana pour soutenir l’ordre constitutionnel. D’ailleurs, la présidence nigériane est allée plus loin : à 14 h, elle confirmait avoir lancé des frappes aériennes ciblées sur Cotonou, à la demande expresse de Talon.

Des jets nigérians ont décollé de la base de Lagos, larguant des munitions sur des caches présumées dans la banlieue ouest de la ville. Ces explosions, qualifiées de « sauvegarde de l’ordre constitutionnel », ont été entendues en fin d’après-midi, près des casernes de la Garde nationale, semant une brève panique parmi les riverains.

Remy Agblo, un commerçant de 62 ans, y voyait un écho du passé : « Aujourd’hui, c’est comme si je revivais ce que nos parents ont vécu en 1972, avec le dernier vrai coup d’État. Heureusement que ça a été déjoué vite. »

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf, a pour sa part condamné « fermement et sans équivoque » la tentative, soulignant l’inquiétude régionale face à la vague de coups d’État qui a secoué le Sahel.

Bénin : l’aide discrète et la coordination diplomatique

 

Sur le plan diplomatique, le rôle de coordinateur de Paris dans la sous-région n’a pas tardé à se manifester. Un appel téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et  son homologues nigérian Bola Tinubu, survenu en matinée, a permis aux observateurs d’interpréter l’événement comme un feu vert implicite à l’intervention.

Des sources évoquent par ailleurs une aide cruciale de la France via ses services de renseignement. Pendant toute l’après-midi, un avion de surveillance de l’armée française, un Beechcraft Air King 350 (capable de brouiller les lignes et de transmettre les positions stratégiques en temps réel), a décollé de l’aéroport de Cotonou. Il a ensuite effectué des cercles au-dessus de la capitale. Un autre avion militaire, très utilisé par l’armée française, a aussi décollé d’Abidjan pour le Bénin et a coupé son radar avant de se poser à Cotonou.

Enfin, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « profondément préoccupé » tandis que les États-Unis, via leur ambassade à Abidjan, saluaient la « réponse rapide des institutions béninoises » et promettaient un soutien logistique via l’AFRICOM.

Le "coup de 45 minutes" qui a secoué Cotonou. Retour sur l'échec du putsch au Bénin et l'analyse des fractures internes (armée, politique) dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine.
© Le "coup de 45 minutes" qui a secoué Cotonou. Retour sur l'échec du putsch au Bénin et l'analyse des fractures internes (armée, politique) dans ce bastion de la démocratie ouest-africaine.

Le discours de Talon : une mise au point ferme et des promesses d’enquête

C’est en soirée, vers 20 h, que Patrice Talon a brisé son silence. Apparu en direct sur Benin TV depuis le Palais de la Marina à Cotonou, le chef de l’État a multiplié les gestes rassurants.

« La situation est totalement sous contrôle. La sécurité et l’ordre public seront maintenus partout sur le territoire national », a-t-il déclaré d’une voix posée, saluant les « forces armées restées fidèles à leur serment républicain ».

Il a qualifié l’épisode de « forfaiture d’une gravité extrême de certains aventuriers », promettant que « cette aventure ne restera pas impunie » et évoquant des « acteurs politiques » tapis dans l’ombre, sans les nommer.

Talon a ensuite évoqué l’étendue de l’enquête en cours : interrogatoires des 13 détenus, perquisitions dans les casernes, et collaboration avec la CEDEAO pour traquer les fuyards.

« Le Bénin reste une démocratie stable. Ceux qui rêvent de plonger notre pays dans le chaos rencontreront toujours la ferme résistance de nos institutions et de notre peuple », a-t-il martelé, avant de conclure par un vibrant « Vive la République, vive le Bénin ! »

 

Contexte : un Bénin sous tension depuis des mois

 

Pour comprendre ce putsch avorté, il faut remonter aux racines des frustrations. Le Bénin, longtemps considéré comme un modèle de stabilité démocratique post-coloniale en Afrique de l’Ouest, traverse une période de frictions internes profondes. Depuis son accession au pouvoir en 2016, Patrice Talon – l’ancien magnat du coton surnommé le « Résilient » – a certes imposé un train de réformes musclées (numérisation, lutte contre la corruption), mais à un coût démocratique élevé.

Sa réélection en 2021, lors d’un scrutin largement boycotté par l’opposition, a entraîné une série de mesures perçues comme autoritaires. Il a notamment validé, en novembre 2025, une révision constitutionnelle qui allonge le mandat présidentiel et suspend les activités des partis politiques pendant six mois. À cela s’ajoutent la disqualification du principal parti d’opposition des joutes électorales de 2026 et l’emprisonnement de plusieurs leaders politiques.

 

L’armée, pilier traditionnel du régime, n’est pas en reste. Les griefs sont clairs : promotions opaques, et retards de paiement des indemnités aux veuves de soldats tués au front. Pascal Tigri, le cerveau présumé, est un officier aguerri des opérations au Pendjari, où il a perdu des camarades face aux djihadistes. Son appel à la « refondation » résonne directement avec les coups d’État récents au Sahel (Mali, Burkina, Niger), même si le Bénin a toujours résisté à cette vague. Ces fissures, tant civiles que militaires, suggèrent aussi que sans un dialogue inclusif et une résolution des problèmes de gouvernance au sein de l’armée, le risque de récidive demeure plus que probable.

 

Conséquences : une ville qui reprend son souffle

 

À la tombée de la nuit, Cotonou exhalait un mélange de soulagement et d’appréhension. Mais, ce lundi matin, Cotonou respirait un calme relatif. Les autorités ont levé certains barrages, les hélicoptères ont regagné leurs bases et le port – poumon économique – a repris ses activités. Pourtant, la capitale s’est vidée plus tôt que d’habitude, les familles optant pour la prudence. Sur le plan judiciaire, les enquêtes s’annoncent musclées. Talon a promis que « cette aventure ne restera pas impunie », évoquant des peines exemplaires pour dissuader d’éventuels imitateurs. Internationalement, l’épisode renforce l’image d’un Bénin résilient, cependant expose les failles d’une CEDEAO en perte d’autorité face aux juntes.

 

Bénin : l’avertissement du « coup de 45 minutes »

 

Finalement, le 7 décembre 2025 restera comme un avertissement : dans un Bénin où la démocratie est un acquis fragile, forgé dans le sang des transitions pacifiques des années 1990, les armes peuvent encore parler. Patrice Talon, affaibli mais debout, a gagné une bataille, mais la guerre pour la cohésion nationale ne fait que commencer. Le pays, porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest, ne peut se permettre une autre secousse. Pour l’heure, les Béninois, pragmatiques, reprennent le fil de leur quotidien, espérant que ce « coup de 45 minutes » – comme l’ont surnommé les réseaux sociaux – soit le dernier. En Afrique de l’Ouest, la démocratie est un équilibre précaire, maintenu par la vigilance des institutions et la solidarité des voisins. Pour l’heure, le Bénin respire. Mais les ombres du lendemain planent déjà.

Vol de denrées à l’UAC : un faux étudiant arrêté en pleine nuit

Abomey-Calavi, 5 décembre 2025 – Les nuits sur le campus de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) ne sont pas toujours studieuses. Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre, vers 2 heures du matin, les agents de sécurité de l’UAC ont appréhendé un jeune homme d’environ 19 ans qui déambulait avec un lourd sac de voyage.

 

La marchandise volée et une identité falsifiée

 

À l’intérieur du sac : une impressionnante quantité de produits alimentaires – paquets de spaghettis, sacs de riz et de gari, boîtes de lait en poudre, paquets de sucre, biscuits et autres denrées de première nécessité. Interrogé sur place, le suspect s’est présenté comme étudiant en deuxième année d’espagnol à la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC) et a même donné le nom de sa supposée promotrice.

Mais, rapidement, les premiers éléments recueillis ont contredit sa version. En fait, les vivres correspondaient exactement à ceux qui avaient disparu quelques heures plus tôt des rayons et de l’arrière-boutique d’une commerçante bien connue du centre commercial de l’EPAC (École Polytechnique d’Abomey-Calavi), situé en plein cœur du campus. En plus, la victime a reconnu formellement ses marchandises.

Présenté comme un habitué des lieux mais inconnu des fichiers étudiants de la FLLAC, le jeune homme n’a pas été en mesure de justifier sa présence ni de prouver son inscription à l’université.

 

Vol de denrées à l’UAC : inquiétudes ravivées sur la sécurité nocturne du campus

 

En conséquence, le suspect a été remis aux éléments de la police républicaine d’Abomey-Calavi qui ont ouvert une enquête pour vol avec effraction.

Ce nouvel incident ravive les inquiétudes sur la sécurité nocturne du campus, régulièrement pointé du doigt pour ses intrusions et ses petits délits. Les étudiants et commerçants espèrent désormais un renforcement des patrouilles et des contrôles d’identité aux abords des résidences universitaires. L’enquête se poursuit.

Bénin : un milliard FCFA d’aide militaire américaine contre le terrorisme

Dassa, 5 décembre 2025 – Ce n’est pas une simple remise de matériel. C’est un message fort. le jeudi matin, dans la cour de la caserne de Dassa-Zoumé, l’ambassadeur des États-Unis au Bénin, Brian Shukan, a tendu symboliquement les clés d’un impressionnant convoi à l’armée béninoise. Valeur du cadeau : plus d’un milliard de francs CFA (environ 1,85 million de dollars) de matériel flambant neuf destiné à l’opération Mirador, le fer de lance de Cotonou contre l’expansion djihadiste dans le Nord.

Un soutien tactique vital contre l’expansion djihadiste

 

Devant les rangs impeccables des militaires du 1ᵉʳ bataillon d’intervention rapide, le diplomate américain n’a pas tourné autour du pot : « Le Bénin est en première ligne. Par conséquent, ce que vous faites ici empêche le feu de se propager plus au sud. Et nous serons toujours à vos côtés tant que vous tiendrez cette ligne. »

Dans les caisses :

  • des pick-up 4×4 blindés légers ;
  • des trousses médicales de combat dernier cri ;
  • des sacs d’assaut tactiques ;
  • des centaines de paires de bottes de jungle ;
  • des gilets pare-balles nouvelle génération ;
  • des lunettes de vision nocturne et des kits de décontamination chimique.

De quoi équiper plusieurs compagnies entières déployées dans les parcs Pendjari et W, là où les incursions de groupes armés se font de plus en plus fréquentes.

Le Bénin reçoit un don militaire américain de plus d'un milliard FCFA pour l'Opération Mirador. Ce matériel stratégique renforce la lutte contre le terrorisme dans le Nord.
© Le Bénin reçoit un don militaire américain de plus d'un milliard FCFA pour l'Opération Mirador. Ce matériel stratégique renforce la lutte contre le terrorisme dans le Nord.

La promesse de reprendre l’initiative

 

Le Colonel Faizou Gomina, chef d’état-major adjoint, a répondu sans détour : « Ces outils vont sauver des vies. Les nôtres, et celles des populations que nous protégeons. Avec ça, on ne va plus seulement contenir. On va reprendre l’initiative. »

Car le contexte est brûlant. En trois ans, les attaques terroristes ont fait plus de 150 morts au Bénin, des villages entiers vidés, des milliers de déplacés. L’opération Mirador, lancée en 2022, commence à porter ses fruits (plusieurs camps neutralisés, des dizaines de combattants arrêtés), mais le prix est lourd : embuscades, mines artisanales, soldats tombés au combat.

Bénin : la diversification des partenariats stratégiques

 

Ce don américain tombe à pic. Il arrive quelques semaines après l’annonce d’un renforcement de la présence française dans la zone et alors que le Bénin finalise l’achat de drones armés turcs. Une diversification claire des partenariats militaires, loin des anciennes exclusivités.

À la fin de la cérémonie, un jeune lieutenant du BIR, tout juste rentré d’une patrouille de 12 jours dans le parc W, a murmuré à son voisin en regardant les nouveaux véhicules : « Avec ça, on va enfin pouvoir dormir une nuit sur deux. »

Un milliard de FCFA, ce n’est pas que du matériel. C’est la preuve que le Bénin n’est plus seul face au feu qui descend du Sahel. Et par conséquent, quand les soldats auront fini de charger les camions, c’est le terrorisme qui va commencer à avoir peur.

Hadj 2026 : Le Bénin bloque le prix et simplifie les inscriptions

Cotonou, 5 décembre 2025 –  Le Bénin affiche ses ambitions : le pays entend prendre toute sa place dans le pèlerinage. Lancés le 31 octobre dernier par le ministre des Affaires étrangères Olushegun Adjadi Bakari, les préparatifs du Hadj 2026 viennent de franchir un cap avec cinq grandes annonces qui changent tout pour les 2 300 futurs hadjis béninois.

 

Simplification : L’ère du Hadj numérique

 

D’abord, fini les files interminables devant les bureaux. Dès cette année, l’inscription se fait en quelques clics sur la plateforme e-Hadj. Il suffit d’avoir son Numéro Personnel d’Identification (NPI), de payer via une société agréée (adieu les enveloppes sous la table), et c’est plié.

« On veut que nos parents puissent s’inscrire depuis leur village sans même prendre la moto », résume un responsable du Comité d’organisation.

 

Logistique : Le confort des inscriptions groupées

 

Ensuite, la grande nouveauté qui fait déjà parler dans les mosquées : les inscriptions groupées. Désormais, une famille ou un groupe d’amis peut cocher la case « rester ensemble » et se retrouver dans le même hôtel, le même bus, le même quartier de Mina.

« À 60 ans, ma mère ne voulait plus partir seule. Grâce à ce changement, elle pourra voyager avec ses sœurs et ses petites-filles. C’est une bénédiction », confie Ibrahim, 38 ans, qui a déjà inscrit tout son clan.

 

 Coût et Hébergement : Subvention et Zone 4 Catégorie B

 

Côté porte-monnaie, le gouvernement continue de taper fort : le prix reste bloqué à 3,6 millions FCFA grâce à une subvention directe. Mais surtout, cette fois, les pèlerins ne seront plus logés dans les zones les plus éloignées. Direction la zone 4, catégorie B : hôtels corrects, climatisation qui marche, navettes fréquentes et surtout… cuisine 100 % béninoise.

« Plus de riz saoudien fade. On aura du gnonmli , de l’atassi , de l’akassa avec de monyo. Même à La Mecque, on mangera comme à Parakou », plaisante El Hadj Mama Sambo, patron d’une agence agréée.

 

Durée et Sensibilisation

 

Le séjour passe aussi à 20 jours pile, histoire d’éviter les semaines interminables d’attente sous 45 °C. De plus, dès le 16 décembre, des équipes descendront dans tous les départements du Nord pour faire le point, vérifier les dossiers et surtout sensibiliser : vaccins à jour, forme physique minimum, respect des rites.

« Le Hadj, ce n’est pas des vacances. Mais ça ne doit pas être une punition non plus », martèle le ministre Bakari. « On veut que nos pèlerins reviennent en disant : “Le Bénin nous a traités avec dignité.” »

 

 Hadj 2026 : une dignité retrouvée pour les plus humbles

 

Dans les quartiers de Cotonou, Porto-Novo ou Natitingou, les langues se délient déjà : « Cette année, même les plus pauvres osent rêver du Hadj. » Car quand l’État met la main à la poche, simplifie les démarches et promet du confort, le cinquième pilier de l’islam n’est plus réservé à une élite.

En 2026, les pèlerins béninois ne partiront plus la peur au ventre. Ils partiront la tête haute. Et ça, ça change tout.

Ciné229 Awards 2025 : l’État béninois accélère la professionnalisation du cinéma national

Cotonou, 4 décembre 2025 – Le cinéma béninois n’est plus seulement une passion : il est en train de devenir un vrai métier. En effet, ce jeudi, la promotrice des Ciné229 Awards (la cérémonie de récompenses cinématographiques béninoises), Kismath Baguiri, a franchi les portes des ministères de la Culture et du Numérique. Elle était accompagnée d’une délégation de poids : des réalisateurs et producteurs venus du Bénin, de Côte d’Ivoire et du Sénégal. Objectif : présenter l’édition 2025 de la cérémonie et, surtout, obtenir le feu vert et le soutien concret du gouvernement. Et le message est passé cinq sur cinq.

Une structuration gouvernementale à double détente

 

Autour de la table : le ministre de la Culture, Jean-Michel Hervé Abimbola, et sa collègue du Numérique, Aurélie Adam Soulé Zoumarou. En effet, les deux poids lourds du gouvernement Talon n’ont pas fait dans la demi-mesure.

« Le Bénin doit devenir une seconde patrie professionnelle pour tous les talents du cinéma africain », a lancé le ministre Abimbola, tout en rappelant aussi deux chantiers déjà lancés : le futur Code du cinéma et de l’image animée, et la création de la Société de production audiovisuelle (SOPA), une structure publique destinée à financer et accompagner les projets locaux.

De son côté, la ministre du Numérique a insisté sur l’urgence d’adapter les films aux nouvelles consommations :

« Aujourd’hui, un film qui ne passe pas sur les téléphones et les plateformes ne touche plus grand monde. Nous investissons dans la fibre optique, dans les studios numériques et dans la formation pour que vos œuvres voyagent partout, tout de suite. »

Le Bénin accélère la professionnalisation du cinéma : le gouvernement soutient les Ciné229 Awards,  il s'engage à financer et professionnaliser le secteur en préparant le Code du cinéma et en créant la SOPA.
© Le Bénin accélère la professionnalisation du cinéma : le gouvernement soutient les Ciné229 Awards, il s'engage à financer et professionnaliser le secteur en préparant le Code du cinéma et en créant la SOPA.

La professionnalisation au cœur des Ciné229 Awards

 

Au cœur de la discussion : l’édition 2025 des Ciné229 Awards, qui mettra en lumière une adaptation très attendue du roman de Mariama Bâ, « Une si longue lettre ». Mais au-delà du tapis rouge, c’est tout un programme de professionnalisation qui a été validé : masterclasses animées par des pointures ouest-africaines, ateliers d’écriture de scénario, modules sur le financement et la distribution digitale. De quoi transformer les talents bruts en vrais professionnels capables de vivre de leur art.

« On ne veut plus seulement applaudir nos films dans les festivals. Nous voulons qu’ils rapportent, qu’ils créent des emplois et qu’ils fassent rayonner le Bénin », résume Kismath Baguiri à la sortie de la rencontre, visiblement galvanisée.

Le Bénin accélère la professionnalisation du cinéma : le gouvernement soutient les Ciné229 Awards,  il s'engage à financer et professionnaliser le secteur en préparant le Code du cinéma et en créant la SOPA.
© Le Bénin accélère la professionnalisation du cinéma : le gouvernement soutient les Ciné229 Awards, il s'engage à financer et professionnaliser le secteur en préparant le Code du cinéma et en créant la SOPA.

Clap de début pour l’industrie béninoise

 

Le message du gouvernement est clair : l’État ne se contentera plus de subventions symboliques. Désormais, il veut structurer toute une industrie. Et pour les centaines de jeunes qui rêvent devant leurs caméras ou leurs logiciels de montage, cette rencontre d’aujourd’hui sonne également comme le vrai clap de début d’une nouvelle ère.

Le cinéma béninois n’est plus un hobby. Il a dorénavant  un ministère derrière lui, un code en préparation, une société de production en gestation et une génération qui n’attend plus que le signal pour tourner, diffuser et conquérir. Le générique de fin de l’amateurisme est en train de défiler. Le grand écran prend ses droits.

Comedy Festival : Cotonou capitale africaine du rire

Cotonou, 1ᵉʳ décembre 2025 – Le Bénin a décidé de faire rire l’Afrique entière. Ce lundi matin, sous un soleil déjà brûlant, l’Institut Français de Cotonou a ouvert ses portes à la première édition du Cotonou Comedy Festival, un événement 100 % made in Bénin qui entend bien devenir le grand rendez-vous annuel de l’humour sur le continent.
Dès 9 heures, la salle était pleine à craquer. Des centaines de jeunes comédiens, étudiants en arts du spectacle et simples fans ont assisté à la toute première Masterclass du festival : deux heures de transmission intensive avec certains des plus grands noms de l’humour francophone, venus partager leurs secrets de scène, de timing et d’écriture.
« On n’est pas là pour rigoler… enfin si, mais sérieusement », a lancé d’entrée un maître de cérémonie déchaîné, déclenchant le premier fou rire de la semaine.

Le Cotonou Comedy Festival lance son défi : devenir la capitale de l'humour africain. Découvrez comment le Bénin mise sur le stand-up et le rire pour booster son image et son économie culturelle.
© Le Cotonou Comedy Festival lance son défi : devenir la capitale de l'humour africain. Découvrez comment le Bénin mise sur le stand-up et le rire pour booster son image et son économie culturelle.

Comedy Festival : une semaine pour tout changer

Pendant sept jours, Cotonou va vivre au rythme des blagues, des punchlines et des éclats de voix. Au menu :
  • ateliers d’écriture et de stand-up
  • panels sur l’humour comme business et comme thérapie
  • showcases dans les quartiers populaires
  • un grand gala de clôture au Stade de l’Amitié avec les têtes d’affiche du continent

L’objectif est clair : transformer le Bénin, déjà connu pour sa musique et son patrimoine, en capitale incontestée de l’humour africain.

Le Cotonou Comedy Festival lance son défi : devenir la capitale de l'humour africain. Découvrez comment le Bénin mise sur le stand-up et le rire pour booster son image et son économie culturelle.
© Le Cotonou Comedy Festival lance son défi : devenir la capitale de l'humour africain. Découvrez comment le Bénin mise sur le stand-up et le rire pour booster son image et son économie culturelle.

Le rire comme politique culturelle

Derrière les rires, il y a une ambition forte du gouvernement : faire de la culture un vrai levier économique et d’image. En s’associant au Groupe Jokenation, le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts mise sur un secteur qui explose partout sur le continent : le stand-up, les séries comiques, les réseaux sociaux.
« Un pays qui fait rire est un pays qui attire », résume un conseiller du ministre. « Regardez Abidjan, Dakar, Lagos… L’humour rapporte gros. On veut notre part. »

Le Cotonou Comedy Festival lance son défi : devenir la capitale de l'humour africain. Découvrez comment le Bénin mise sur le stand-up et le rire pour booster son image et son économie culturelle.
© Le Cotonou Comedy Festival lance son défi : devenir la capitale de l'humour africain. Découvrez comment le Bénin mise sur le stand-up et le rire pour booster son image et son économie culturelle.

Le public déjà conquis

À la sortie de la Masterclass, les visages sont lumineux. « J’ai appris en deux heures ce que je cherchais depuis cinq ans sur YouTube », confie une jeune comédienne de Porto-Novo. Un autre, téléphone à la main, filme déjà son premier sketch improvisé dans la cour : « Cotonou Comedy Festival, c’est maintenant ou jamais ! » Jusqu’à dimanche, la ville va vibrer au son des éclats de rire. Et quelque chose nous dit que cette première édition ne sera pas la dernière. Le Bénin vient de déclarer ouvert le temps du rire africain. Et il compte bien garder le micro longtemps.

Ouémé-Plateau : réussite du pari agricole

Ouémé-Plateau, 1ᵉʳ décembre 2025 – Le Bénin agricole vient de vivre un week-end historique. Deux grands rassemblements successifs, à Kétou puis à Azowlissè, ont réuni des milliers de producteurs, coopératives, maires et techniciens autour d’un seul message : les réformes lancées depuis 2017 transforment durablement le visage de l’agriculture dans les deux départements les plus fertiles du pays.

Sous la supervision du ministre Gaston Dossouhoui, la Plateforme nationale des acteurs agricoles a choisi la route pour aller à la rencontre des premiers concernés. Et c’est un fait : les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Ouémé-Plateau : une révolution silencieuse dans les champs

 

Dans l’Ouémé, la vallée rizicole est devenue un grenier national : la production de riz a été multipliée par près de huit en huit ans. Le maïs, le piment, l’arachide et l’élevage ovin affichent, par ailleurs, des bonds de 35 à 76 %. Dans le Plateau, l’anacardier et le palmier à huile tirent la croissance, avec des hausses respectives de 61 % et des millions de plants distribués.

Derrière ces pourcentages, il y a aussi des investissements massifs : plus de 5,7 milliards FCFA injectés via le FNDA (Fonds National de Développement Agricole), des centaines d’hectares aménagés, des kilomètres de pistes rurales, des dizaines d’unités de transformation modernes et des milliers de tonnes d’intrants subventionnés.

« On n’avait jamais vu ça », lâche un vieux producteur d’Azowlissè. « Avant, on labourait avec la houe et on priait pour la pluie. Aujourd’hui, on a des pompes, des semences certifiées et des marchés garantis. »

 

La « méthode Talon » célébrée sur le terrain

 

Les intervenants, du maire d’Adjohoun François Zannougbo au coordonnateur national Dr Dossa Aguèmon, n’ont pas caché leur reconnaissance envers la vision portée par le président Patrice Talon depuis 2016 : territorialisation des politiques, ciblage des filières à forte valeur ajoutée, partenariats public-privé sans clientélisme.

Par ailleurs, les participants ont cité à plusieurs reprises le ministre d’État Romuald Wadagni pour son rôle décisif dans le déblocage des financements, qu’ils ont qualifiés d’« historiques ».

Bénin : Les réformes agricoles transforment l'Ouémé-Plateau. Production de riz multipliée par huit, milliards injectés : le Bénin célèbre le succès de la "méthode Talon" et les nouveaux chantiers agro-industriels.
© Bénin : Les réformes agricoles transforment l'Ouémé-Plateau. Production de riz multipliée par huit, milliards injectés : le Bénin célèbre le succès de la "méthode Talon" et les nouveaux chantiers agro-industriels.

Cap sur la deuxième vague

 

Loin de se reposer sur les acquis, les annonces faites lors de ces deux journées donnent le vertige : en perspective, 2 155 hectares supplémentaires en maîtrise totale de l’eau, nouveaux villages aquacoles, marchés modernes, unités de transformation du soja et de la volaille, pont Azowlissè-Calavi… Autant de chantiers qui vont également consacrer l’Ouémé et le Plateau comme le futur moteur agro-industriel du Bénin.

 

Ouémé-Plateau : un appel à l’unité

 

Au-delà des chiffres, c’est un message de cohésion qui a dominé. « Nous ne faisons pas de politique, nous faisons du patriotisme », a martelé le DG de l’ATDA-7. Producteurs, élus, techniciens et ministres ont tous insisté : l’agriculture béninoise ne progressera durablement que si le monde rural reste uni, loin des divisions partisanes.

En somme, à la sortie des artères bondées d’Azowlissè et de Kétou, une certitude flotte dans l’air : le Bénin est en train de réussir, sous les yeux du monde, l’une des plus ambitieuses modernisations agricoles du continent. Ce succès, qui replace l’agriculteur au cœur de l’économie nationale, est aussi la véritable preuve que le pari de la transformation structurelle est en passe d’être gagné. Et cette fois, ce sont les paysans eux-mêmes qui l’affichent fièrement.

 

Dakar : l’Afrique déclare la guerre des règles aux géants du Web

Dakar, 1ᵉʳ décembre 2025 – Les régulateurs francophones passent à l’offensive. Ce lundi s’ouvre à Dakar le tout premier Forum de dialogue entre le REFRAM (Réseau des Instances Francophones de Régulation des Communications), le RIARC (Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication) et les géants du numérique (Meta, TikTok, Google, YouTube…), un rendez-vous stratégique qui entend transformer les belles promesses d’Abidjan 2024 en actes concrets.

Dakar : le Bénin est en première ligne

 

Une délégation de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), conduite par son vice-président Me Mohamed Baré et la coordonnatrice du secrétariat exécutif du RIARC, Rosette Mireille Bessou-Houngnibo, a pris place parmi les têtes pensantes de la régulation africaine francophone. Leur objectif : ne plus subir la loi des plateformes, mais co-écrire les règles du jeu.

Dakar : Les régulateurs africains francophones confrontent Meta, TikTok et Google. Le temps des promesses est fini : l'Afrique impose ses règles de modération et sa souveraineté numérique.
© Dakar : Les régulateurs africains francophones confrontent Meta, TikTok et Google. Le temps des promesses est fini : l'Afrique impose ses règles de modération et sa souveraineté numérique.

Abidjan 2024 → Dakar 2025 : le temps de l’exécution

 

Il y a dix-neuf mois, à Abidjan, les mêmes acteurs avaient signé un « protocole d’engagement volontaire » historique : modération accélérée des discours de haine, protection renforcée des mineurs, transparence des algorithmes, lutte contre la désinformation électorale. Cependant, malgré beaucoup de signatures, peu de résultats concrets ont suivi. Dakar est venu rappeler que la patience a des limites.

« On ne veut plus de déclarations d’intention. Désormais, on veut des chiffres, des délais et sanctions en cas de manquement », a lancé en ouverture Mamadou Oumar Ndiaye, président du CNRA sénégalais et actuel patron du REFRAM.

 

Le Bénin pousse, l’Afrique francophone suit

 

La présence béninoise n’est pas symbolique. En effet, avec la Côte d’Ivoire, le Bénin est l’un des pays les plus avancés en matière de régulation des réseaux sociaux : suspension ciblée de plateformes en période électorale, accords de coopération directe avec Meta et TikTok, création d’un observatoire national des contenus en ligne. Autant d’expériences que Cotonou est venu partager… et défendre.

« Nous avons prouvé qu’on pouvait obliger les géants du numérique à s’asseoir à la table africaine sans attendre Bruxelles ou Washington », a glissé un membre de la délégation béninoise en marge des travaux.

Dakar :  au menu des deux jours

 

Le programme est chargé et orienté vers l’action concrète :

  • Évaluation sans concession des engagements pris à Abidjan
  • Présentation par Meta, TikTok et Google de leurs outils de modération en langues africaines (haoussa, wolof, swahili, lingala…)
  • Masterclass OIF sur la supervision des plateformes en temps de crise (élections, crises sanitaires).
  • Adoption d’un Plan d’action 2026-2027 avec calendrier précis et mécanismes de suivi

Pour la première fois, les régulateurs africains parlent d’une seule voix : il n’est plus question de laisser les plateformes décider seules du sort de l’information sur le continent. Et le Bénin, discret mais déterminé, est en train de devenir l’un des porte-étendards de cette nouvelle souveraineté numérique francophone.

À la sortie de la première journée, un haut responsable du RIARC résumait l’état d’esprit : « On n’est plus là pour négocier notre place. On est là pour l’imposer. »

Ainsi, le message est passé. Reste à voir si les géants du web l’ont bien entendu. Désormais, le temps des discussions polies est révolu : les régulateurs exigent des preuves, des dates et des sanctions. Les plateformes, acculées par cette nouvelle unité africaine, devront choisir entre la coopération active ou la confrontation réglementaire. Le bras de fer pour la souveraineté numérique ne fait que commencer.

Bénin : le tourisme de croisière accélère avec l’expert français See at Sea

Cotonou, 27 novembre 2025 – Le Bénin accélère sur le créneau très lucratif du tourisme de croisière. Hier mercredi, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, a reçu une délégation de la société française See at Sea Consulting & Développement, venue proposer un partenariat stratégique pour faire du pays une escale incontournable sur les itinéraires ouest-africains.

Menée par son président-fondateur Olivier-Bernard Michel, la délégation a présenté un projet global : connecter le Bénin aux grandes compagnies internationales, optimiser également l’expérience des passagers à terre, et accompagner l’État dans la montée en gamme de l’offre portuaire et touristique.

Le Pari gagnant du Port de Cotonou

 

Depuis deux ans, les signaux sont au vert. Des paquebots de luxe font désormais escale régulière à Cotonou, attirés notamment par le circuit « Route de l’esclave » et le nouveau musée international du Vodou. En conséquence, en 2024-2025, le nombre de passagers débarqués a déjà dépassé les 25 000, contre moins de 5 000 avant la pandémie.

« Le Bénin a tout pour devenir la porte d’entrée culturelle de l’Afrique de l’Ouest pour les croisiéristes », explique Olivier-Bernard Michel. « Cependant, ce qu’il manque encore, c’est une coordination fine pour transformer chaque escale en expérience mémorable et rentable. »

Bénin : Partenariat entre le Ministère du Tourisme et See at Sea pour développer les croisières. Objectif : faire de Cotonou une escale majeure et atteindre 100 000 croisiéristes d'ici 2030
© Bénin : Partenariat entre le Ministère du Tourisme et See at Sea pour développer les croisières. Objectif : faire de Cotonou une escale majeure et atteindre 100 000 croisiéristes d'ici 2030

Le feu vert pour un plan d’action concret

 

À l’issue de la rencontre, le ministre Abimbola a donné son feu vert pour avancer rapidement. Il a immédiatement mandaté l’Agence Bénin Tourisme et la société BéninTours pour travailler main dans la main avec See at Sea sur un plan d’action concret : création d’excursions premium, formation des guides, aménagement de zones d’accueil dédiées au port, et surtout démarchage actif auprès des armateurs pour intégrer Cotonou dans les catalogues 2026-2027.

« Le tourisme de croisière est un levier économique puissant : chaque passager dépense en moyenne 120 à 200 euros à terre. Par conséquent, si nous parvenons à doubler le nombre d’escales d’ici trois ans, c’est plusieurs dizaines de millions d’euros injectés directement dans l’économie locale », a rappelé le ministre.

 

Tourisme : 100 000 croisiéristes par an d’ici 2030

 

Avec l’extension en cours du terminal passagers du Port autonome de Cotonou et la labellisation progressive des sites historiques, le Bénin se donne les moyens de ses ambitions. D’ailleurs, le partenariat annoncé hier pourrait bien être le déclic qui propulsera le pays parmi les destinations phares du continent.

Pour See at Sea, le Bénin représente « le prochain hotspot ouest-africain ». Les premières propositions concrètes sont attendues dès janvier 2026. D’ici là, les paquebots continuent d’accoster, et Cotonou rêve déjà de rivaliser avec Dakar ou Tema.

Bénin : les cheffes célèbrent la gastronomie avec trois records inédits

Cotonou, 27 novembre 2025 – Le Bénin s’apprête à vivre une semaine historique sur le front de la gastronomie. Trois cheffes béninoises viennent de déclencher un véritable compte à rebours médiatique en annonçant, presque simultanément, des performances aussi folles qu’inédites. L’objectif est double : mettre le patrimoine culinaire national sous les projecteurs du monde entier, et surtout, battre des records.

 

Trois cheffes, trois défis monumentaux

 

 

Keith Sonon Vise le Guinness. À tout juste 34 ans, Keith Sonon, déjà connue pour ses plats fusion afro-contemporains, a décidé de frapper fort. Dans quelques jours, elle tentera de décrocher une place dans le prestigieux Guinness World Records avec un marathon culinaire dont les détails restent encore confidentiels. La seule certitude, cependant, est qu’il s’agira d’une préparation monumentale à base de produits 100 % béninois. « Je veux montrer que notre cuisine peut rivaliser avec les plus grandes tables du monde », a-t-elle déclaré.

 

Dame Eden Food : 5 tonnes de solidarité

 

Dans un registre plus solidaire, la cheffe et entrepreneuse connue sous le nom de Dame Eden Food prépare une opération titanesque : cuire 100 marmites géantes de 50 kg chacune, soit 5 tonnes de nourriture, pour nourrir gratuitement 25 000 personnes défavorisées. L’événement, prévu sur deux jours au stade de l’Amitié, sera accompagné de concerts et d’animations pour que la fête soit totale. À cet effet, des entreprises locales ont déjà promis de fournir riz, huile, tomates et épices.

 

Laura Gladychou Pom : un serpent de 10 mètres débraisé.

 

Enfin, Laura Gladychou Pom, la reine incontestée du braisé à Porto-Novo, relève un défi qui fait déjà saliver les réseaux sociaux : servir, en seulement 72 heures, 1 000 brochettes géantes et surtout faire griller une pièce de viande longue de 10 mètres. « Je veux que le monde voie qu’au Bénin, on sait recevoir et on sait régaler », a-t-elle lancé en montrant déjà les structures métalliques sur mesure fabriquées pour l’occasion.

 

Le Bénin en mode « Food Nation »

 

Ces trois défis, qui se dérouleront presque en même temps début décembre, ont reçu le soutien officiel du ministère du Tourisme et de plusieurs sponsors privés. Des chaînes de télévision et des influenceurs culinaires du Nigeria, du Ghana, voire de France, ont déjà confirmé leur venue.

Pour beaucoup d’observateurs, c’est plus qu’une série de records : c’est en réalité une véritable offensive de charme pour positionner la cuisine béninoise (pâte, akassa, poisson braisé…) comme un produit d’appel touristique majeur.

Alors que les cheffes affûtent leurs couteaux et testent leurs broches géantes, un seul mot circule dans les cuisines du pays : fierté. De toute évidence, le Bénin a faim… de gloire. Et il compte bien se faire remarquer à table.