Élections 2026 : la HAAC tire au sort l’ordre de passage des partis dans les médias

Cotonou, 10 décembre 2025 – À deux semaines du lancement officiel de la campagne médiatique (26 décembre), la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a clos ce mercredi la séquence de préparation en organisant, sous l’œil attentif de son président Édouard Loko et de l’ensemble des conseillers, le tirage au sort tant attendu par les cinq partis autorisés à concourir.

HAAC : un exercice de transparence salué

 

Devant les représentants des formations politiques, les boules ont été tirées en direct et en public, garantissant une impartialité totale dans l’attribution des temps de parole. Voici l’ordre de passage déterminé pour le scrutin couplé :

Pour les législatives du 11 janvier 2026 :

  • Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE).
  • Union Progressiste le Renouveau (UP-R).
  • MOELE-Bénin
  • Les Démocrates (LD)
  • Bloc Républicain (BR)

Pour les communales (même jour) :

  • Bloc Républicain (BR)
  • Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE).
  • Union Progressiste le Renouveau (UP-R).
  • MOELE-Bénin
  • Les Démocrates (LD)

Fait notable : la composition des listes autorisées est identique pour les deux scrutins, seule la séquence de passage sur les ondes et les plateformes publiques change.

Tirage au sort à la HAAC : FCBE ouvre pour les législatives, BR pour les communales. Ordre de passage officiel fixé pour la campagne du 26 décembre au 9 janvier.
© Tirage au sort à la HAAC : FCBE ouvre pour les législatives, BR pour les communales. Ordre de passage officiel fixé pour la campagne du 26 décembre au 9 janvier.

L’ordre est gravé, la stratégie s’affine

 

À l’issue du tirage, les délégués des partis, même ceux moins bien lotis, ont unanimement salué la transparence du processus. « C’est un gage de fair-play qui rassure tout le monde », a confié un cadre de l’opposition.

Désormais, avec cet ordre gravé dans le marbre, les états-majors peuvent finaliser leurs stratégies médiatiques et réserver leurs créneaux de grande écoute sur les radios, télévisions et plateformes publiques.  Bien que la campagne officielle s’annonce intense, la décision de la HAAC, qui constitue l’autre pilier du processus, viendra strictement l’encadrer. Cette régulation est cruciale pour que l’ardeur des débats ne dépasse pas le cadre républicain. Ainsi, dans quinze jours, les médias béninois diffuseront des programmes 100 % électoraux.

 

HAAC :  un test pour la démocratie médiatique

 

Le tirage au sort a levé la dernière incertitude procédurale. L’enjeu de ce scrutin couplé — législatif et communal — est triple : consolider la démocratie locale, renouveler le parlement, et surtout, réussir l’examen de la sérénité médiatique imposé par la HAAC. L’autorité a fourni le cadre ; désormais, c’est aux cinq partis de démontrer, du 26 décembre au 9 janvier, que le Bénin est prêt pour une nouvelle ère électorale, apaisée et transparente.

 

Élections 2026 : la HAAC fixe les règles strictes de campagne

Cotonou, 10 décembre 2025 – À un mois du scrutin couplé législatif-communal du 11 janvier 2026, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) passe à l’action. Ce mercredi, son siège a accueilli les cinq partis autorisés à concourir (UP-R, BR, MOELE-Bénin, LD et FCBE) ainsi que les directeurs des médias publics pour une séance à haut enjeu : cadrer strictement la campagne médiatique à venir.

 

Trois moments forts pour la transparence

 

Sous la présidence d’Édouard Loko, la rencontre a été marquée par trois actes symboliques qui posent les bases de la transparence du processus :

  • la présentation officielle des règles électorales (Décision n°25-083/HAAC du 9 décembre), un texte de 40 articles qui fixe le cadre pour l’ensemble des médias ;
  • le tirage au sort de l’ordre de passage des partis sur les antennes publiques, un mécanisme essentiel pour garantir la neutralité des temps de parole ;
  • Enfin, la signature solennelle d’une charte de bonne conduite par les représentants des formations politiques.

À un mois du scrutin couplé du 11 janvier 2026, la HAAC impose égalité et équité médiatique, tire au sort l’ordre de passage et fait signer une charte aux 5 partis.
© À un mois du scrutin couplé du 11 janvier 2026, la HAAC impose égalité et équité médiatique, tire au sort l’ordre de passage et fait signer une charte aux 5 partis.

Égalité sur le service public, équité sur le privé

 

Devant les responsables politiques et les patrons de presse, le président Loko a affirmé clairement : « Toutes les dispositions garantissent l’égalité de traitement sur les médias publics et l’équité sur les privés. »

La campagne officielle débutera le vendredi 26 décembre à 00 h 01 et s’achèvera le vendredi 9 janvier à minuit. Pendant ces deux semaines, la HAAC ne tolérera aucun débordement : elle sanctionnera les discours de haine, l’incitation à la violence, la désinformation ou l’atteinte à l’honneur.

La décision, lue par la 1ʳᵉ rapporteure Roukiatou Bio Faï, détaille les temps d’antenne, les formats autorisés, les sanctions en cas de manquement et les modalités de contrôle. « Nous voulons une campagne qui respecte les valeurs républicaines et consolide la paix sociale », a martelé Édouard Loko.

 

 La HAAC appelle à la responsabilité collective

 

Le président de la HAAC n’a pas seulement brandi le bâton : il a également tendu la main aux partis. « Vous avez votre part de responsabilité. Jouez le jeu pour que cette campagne soit une belle fête démocratique. »

À l’issue de la cérémonie, plusieurs responsables politiques se sont dits satisfaits du cadre posé, même si certains, sous couvert d’anonymat, regrettent déjà la brièveté de la période officielle (14 jours seulement).

Avec cette décision et ce tirage au sort public, la HAAC de la 7ᵉ mandature pose un jalon décisif : elle entend faire de la campagne 2026 un modèle de transparence et de sérénité médiatique, dans un pays où les tensions électorales passées ont parfois laissé des traces. Le compte à rebours est lancé.

En somme, cette feuille de route stricte est, pour la HAAC, un engagement clair. Après des scrutins passés parfois marqués par la crispation et la désinformation, l’autorité de régulation entend placer la barre haut. Les 14 jours de campagne médiatique ne testeront pas seulement les partis ; ils mesureront aussi l’efficacité d’un régulateur déterminé à faire respecter la paix sociale. L’enjeu est simple : faire du scrutin de 2026 le contrepoint réussi aux périodes de forte tension médiatique vécues par le pays.

Églises du Bénin : grande prière pour des élections pacifiques 2026

Porto-Novo, 10 décembre 2025 – À dix mois des élections générales de 2026 (qui incluront notamment la présidentielle), le Conseil œcuménique chrétien des Églises du Bénin (COCEB) et l’Église protestante méthodiste du Bénin prennent les devants. Le dimanche 21 décembre prochain, Ils célèbreront  un grand culte d’intercession pour la paix à Porto-Novo, avec pour objectif clair : placer le pays sous la protection divine et appeler tous les acteurs politiques à la retenue et au sens des responsabilités.

À 10 mois du scrutin, le COCEB organise le 21 décembre à Porto-Novo un culte œcuménique géant pour la paix. Louis Vlavonou invité d’honneur.
© À 10 mois du scrutin, le COCEB organise le 21 décembre à Porto-Novo un culte œcuménique géant pour la paix. Louis Vlavonou invité d’honneur.

Louis Vlavonou, invité d’honneur de la prière nationale

 

À cette occasion, ce mercredi matin, le président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, a reçu à son cabinet une importante délégation conduite par le Révérend Professeur Kpondjésugo Amos Hounsa, président du COCEB – une institution reconnue pour son rôle d’influence et de médiation dans les crises nationales.

Étaient également présents les responsables de sept grandes dénominations, attestant de l’unité de la démarche : Église protestante méthodiste du Bénin, Église Première Mission Africaine, Église des Chérubins et Séraphins, Église Méthodiste Africaine, Église du Christianisme Céleste, Église Biblique du Saint-Esprit et Église Méthodiste Africaine Restaurée.

« Nous sommes venus inviter personnellement le président Vlavonou à cette célébration et lui demander de porter dans la prière le processus électoral à venir », a expliqué le Révérend Hounsa à la sortie de l’audience.

L’accueil réservé par le deuxième personnage de l’État a été qualifié de « chaleureux, fraternel et profondément républicain ». Louis Vlavonou aurait prodigué de « sages conseils » pour la réussite de l’événement et insisté sur le rôle historique des Églises comme « sentinelles de la paix » et garantes du vivre-ensemble.

 COCEB : une mobilisation spirituelle avant la bataille électorale

 

Au-delà de l’aspect cultuel, les organisateurs veulent transformer cette journée du 21 décembre en vaste campagne de sensibilisation. À cette fin, dans les paroisses, les quartiers et les villages, les pasteurs et responsables religieux diffuseront le même message : « Le Bénin est un et indivisible. Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais un Dieu de paix. »

Des spots radio, des affiches et des prêches dominicaux sont déjà en préparation pour rappeler aux fidèles, mais aussi aux responsables politiques, candidats et militants, les « bons réflexes citoyens » à adopter pendant la campagne et le scrutin.

« Nous ne voulons pas attendre que la tension monte pour réagir », confie un membre de la délégation. « L’Église a une voix qui porte. Nous allons l’utiliser pour prévenir plutôt que guérir. »

De plus, par cet accueil respectueux des leaders religieux, Louis Vlavonou – une figure éminente du parlement et proche du pouvoir – délivre un message politique clair : le camp présidentiel cherche l’appui moral des Églises pour assurer un climat serein durant les prochaines élections.

Rendez-vous donc le 21 décembre à Porto-Novo : les organisateurs attendent des milliers de fidèles pour cette « grande croisade pour la paix » qui pourrait bien devenir l’un des premiers grands marqueurs de la campagne 2026.

Pascal Tigri en fuite au Togo : Cotonou veut activer Interpol

Cotonou, 10 décembre 2025 – Trois jours après les troubles qui ont brièvement secoué le Bénin, l’attention se porte désormais sur le sort de Pascal Tigri, lieutenant-colonel de la Garde nationale et figure centrale des événements du 7 décembre. Selon des sources gouvernementales, l’officier aurait franchi la frontière et se terrerait actuellement à Lomé, au Togo, dans le quartier animé de Lomé 2. Si elle se confirme, cette information pourrait précipiter un bras de fer diplomatique entre les deux pays voisins.

 

Une fuite qui complique l’enquête béninoise

 

Ancien commandant des forces spéciales de la Garde nationale, Pascal Tigri s’est illustré ces dernières années dans des opérations antiterroristes au nord du pays, aux côtés de troupes entraînées à naviguer dans les zones frontalières hostiles. Discret et peu connu du grand public avant son intervention télévisée du dimanche matin, il avait alors justifié son action par des griefs internes à l’armée : retards de promotions, négligence envers les familles de soldats et précarité accrue dans les régions exposées à l’insécurité.

Mais l’opération a tourné court. Une brève déclaration à la télévision nationale, où il évoquait la création d’un « Comité militaire de refondation » et la suspension de la Constitution, n’a pas suffi à rallier les soutiens espérés. En effet, les forces loyales ont rapidement repris le contrôle des institutions clés. Elles ont reçu un renfort rapide de troupes extérieures, notamment du Nigeria, de la Côte d’Ivoire et de la France. Cette intervention a permis de libérer des officiers otages et de neutraliser une partie des mutins – estimés à une centaine d’hommes, dont certains ont été pris au dépourvu par la nature réelle de leur mission.

Du côté loyalistes, l’enquête révèle un bilan humain partiel : un garde présidentiel tué, un autre grièvement blessé, et des pertes parmi les insurgés dont leurs pairs ont évacué les corps, rendant le décompte précis impossible. Les autorités ont interpellé au moins une douzaine de militaires, mais Tigri reste le plus recherché.

 

Interpol en ligne de mire, Lomé dans l’embarras

 

Face à cette évasion présumée, le gouvernement de Patrice Talon ne compte pas lâcher prise. Une source proche du ministère de la Justice a indiqué que Cotonou envisageait sérieusement d’émettre une notice rouge auprès d’Interpol dès ce mercredi, visant l’arrestation immédiate et l’extradition du fugitif. « Nous saurons exactement où il se trouve », a assuré le colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè, chef de la Garde républicaine, lors d’une déclaration à l’AFP, soulignant que l’enquête se poursuit avec l’appui de partenaires régionaux et internationaux.

À Lomé, l’atmosphère est plus réservée. Des proches du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, ont fait savoir ne disposer d’aucune information sur la présence de Tigri sur le sol togolais. Cependant, si les rumeurs se confirment, le Togo – allié historique du Bénin au sein de la CEDEAO – pourrait se retrouver dans une position délicate. Accepterait-il une extradition rapide, au risque de froisser des sensibilités militaires internes ? Ou opterait-il pour une discrétion qui exposerait les relations bilatérales à des tensions inédites ? Les analystes régionaux évoquent déjà un test pour la coopération sécuritaire ouest-africaine, dans un contexte où les frontières poreuses facilitent les passages clandestins.

 

Un profil atypique pour un fugitif en vue

 

Âgé d’une quarantaine d’années, Pascal Tigri n’était pas perçu comme un agitateur au sein de l’armée béninoise. Formé à l’artillerie et passé par le commandement du 3ᵉ Groupement inter-armes, il avait contribué à des missions sensibles contre les groupes jihadistes aux confins nigériens et burkinabés. Son apparition soudaine à l’écran, en uniforme et flanqué de soldats armés, a choqué par son contraste avec sa réputation de « calme et poli ».

Aujourd’hui, sa cavale soulève des questions sur les réseaux internes qui pourraient l’avoir aidé à filer : complicités logistiques ? Soutiens logistiques transfrontaliers ? Les autorités béninoises promettent des révélations au fil des auditions, mais pour l’instant, l’homme traqué reste une ombre insaisissable entre Cotonou et Lomé.

Alors que le Bénin affiche un retour à la normale – avec des patrouilles renforcées et des rassemblements de soutien au président Talon –, l’affaire Tigri pourrait bien s’étendre au-delà des frontières. Une extradition forcée via Interpol mettrait à l’épreuve les traités bilatéraux, tandis qu’un silence togolais prolongé alimenterait les spéculations sur une possible protection discrète. Dans tous les cas, cette fuite met en lumière les fragilités sécuritaires d’une région où les militaires, héros du quotidien contre le terrorisme, deviennent parfois les acteurs d’un drame politique.

 

Bénin : Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale exigent le retrait immédiat des troupes étrangères

 

Cotonou, 10 décembre 2025 – Deux jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, le parti Restaurer l’Espoir (RE) et la Coordination Nationale de la Résistance Nationale (CNRN), réunis en session extraordinaire conjointe mardi 9 décembre sous la présidence de Candide A. M. Azannaï, ancien ministre et coordonnateur national de la Résistance, ont publié une déclaration d’une rare fermeté.

Qualifiant les faits de « tentative de coup d’État militaire » et de « profanation inacceptable de la mémoire du colonel Vincent Guezodjè – dont le serment de 1990 avait scellé le retour des militaires dans les casernes – », les deux mouvements rendent un hommage ému aux victimes innocentes et présentent leurs condoléances à la Nation.

 

Hommage aux victimes et condoléances nationales

 

La déclaration commence par un hommage solennel aux « victimes innocentes de cette crapuleuse barbarie ». Les deux structures présentent leurs « vives et profondes condoléances » aux familles endeuillées et à l’ensemble de la Nation béninoise. De plus, elles saluent la « sérénité, la maturité et la lucidité » du peuple face à l’épreuve. En suite, elles ont apporté leur solidarité et leurs compassions aux Forces armées nationales régulières, prenant soin de distinguer les militaires béninois des putschistes présumés.

 

Une « transgression » de l’engagement historique des forces armées

 

Pour le RE et la CNRN, les événements du 7 décembre 2025 constituent une « transgression » flagrante de l’engagement solennel pris en 1990 par les Forces armées, sous le commandement du colonel Vincent Guezodjè, de ne plus jamais intervenir dans la vie politique et de regagner irrévocablement les casernes.

« Le 7 décembre 2025 est une profanation inacceptable et intolérable de la mémoire du colonel Guezodjè », affirment-t-ils, rappelant  ainsi que ce serment historique avait permis la réconciliation nationale et l’avènement pacifique du Renouveau démocratique.

 

Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale exigent le retrait immédiat des troupes étrangères

 

L’un des points les plus saillants de la déclaration concerne la présence de forces armées étrangères sur le sol béninois. En conséquence, les parties exigent le retrait immédiat et sans condition de toutes les forces armées étrangères présentes sur le sol béninois (Nigeria, Côte d’Ivoire, France et autres), estimant que leur présence est une atteinte à la dignité nationale.

« Cette exigence n’est pas négociable : elle découle de la dignité, de la fierté nationale et de l’honneur de nos braves Forces armées nationales », soulignent les signataires.

 

Condamnation de la CEDEAO et appel au Dialogue National Inclusif

 

Les deux mouvements fustigent également la CEDEAO, accusée de « s’immiscer dans les affaires intérieures des États par la force armée » sous prétexte de défense de la démocratie, tout en fermant les yeux sur les « tripatouillages » constitutionnels et les « coups de force institutionnels ».

C’est pourquoi ils exigent la tenue « sans délai » d’un Dialogue National Inclusif (DNI), présenté comme la « seule issue » pour une réconciliation nationale.

Parmi les résolutions adoptées figurent aussi :

  • la condamnation de la « courtisanerie politique » et des « pirouettes hypocrites » observées depuis le 7 décembre ;
  • un appel solennel à la résistance pacifique et non violente, avec mandat donné à tous les points focaux de l’intensifier dans les villes et campagnes.

Le parti Restaurer l’Espoir (RE) et la Coordination Nationale de la Résistance Nationale mettent en garde avec la même fermeté les dictatures et ceux qui, dans l’opposition, seraient tentés de répondre par la violence.

 

Critique virulente du « pouvoir déviant dit de la rupture »

 

Sans jamais nommer directement le président Patrice Talon, la déclaration dénonce « le pouvoir déviant dit de la rupture », accusé de « courtisanerie politique », de « confiscation du pouvoir » par la manipulation et l’intimidation des voix dissidentes.

D’ailleurs, elle cite une phrase attribuée à l’homme politique britannique George Galloway qui a « profondément inspiré » la session : « Si tu es réduit à faire appel à une force étrangère pour bombarder ton propre pays dans le but de garder le pouvoir, c’est que ce pouvoir tu l’as déjà perdu. »

Elle dénonce également avec dégoût l’« aisance hypocrite » avec laquelle, depuis le 7 décembre, « politiques et apolitiques de tout bord » ont « pirouetté » selon l’évolution de la situation, révélant le « dégoût psychopolitique » que suscite ce pouvoir auprès de la majorité des Béninois.

 

Restaurer l’Espoir et la Résistance Nationale prônent une résistance pacifique et non violente.

 

En conclusion, la Résistance Nationale et Restaurer l’Espoir appellent à « resserrer les rangs » face à un pouvoir qu’ils jugent « aux abois », tout en réaffirmant leur attachement à une lutte strictement pacifique et non violente. Ils mettent en garde ceux qui, au sein même de l’opposition, seraient tentés par la violence : ils représentent, selon eux, « un danger aussi grand que les dictatures qu’ils prétendent combattre ». Le bloc mandate enfin l’ensemble des points focaux de la Résistance Nationale d’intensifier, dans toutes les villes, agglomérations et campagnes, la sensibilisation aux « vertus de la résistance nationale pacifique et non violente ».

La déclaration se termine par une série de slogans :

« Non à la violence, non à toute dérive dictatoriale, honte à l’arrogance, succès aux armes nationales régulières de la République, triomphe à la Résistance Nationale, victoire au peuple résistant debout. Vive la République. »

Signée par Candide A. M. Azannaï, cette prise de position marque une nouvelle escalade dans la crise politique béninoise, deux jours seulement après des événements dont les contours précis restent encore opaques pour une large partie de l’opinion.

 

Bénin : la lettre ouverte de Aurore Chahounka-Barrigah à Talon

Cotonou, 9 décembre 2025 – « Monsieur le Président, vous avez semé l’orage » : et vous récolterez la tempête. Deux jours après l’opération militaire avortée du 7 décembre contre le palais de la Marina, une voix citoyenne franco-béninoise, Aurore Chahounka-Barrigah, publie une longue lettre ouverte au président Patrice Talon.

 

L’accusation : coups d’État institutionnels

 

Sans détour ni langue de bois, l’auteure accuse directement le chef de l’État d’avoir, par ses choix politiques depuis 2019, « détruit méthodiquement l’unité nationale » et créé les conditions mêmes de la révolte armée de dimanche.

« Vous avez poussé le bouchon trop loin », écrit-elle, rappelant notamment les réformes électorales exclusives, l’emprisonnement d’opposants, l’exil forcé de figures politiques, la tentative perçue d’imposer un dauphin et successeur, ou encore les projets de Sénat et de révision constitutionnelle en pleine période pré-électorale.

Dès lors, pour Aurore Chahounka-Barrigah, la tentative de putsch n’est pas un accident mais « la résultante logique » d’une gouvernance qu’elle qualifie de « coups d’État institutionnels répétés ». Elle met en garde Patrice Talon : tant que rien ne changera dans sa façon de gouverner, « la probabilité d’un nouvel orage, plus violent encore, reste élevée ».

 

La feuille de route pour la décrispation

 

La lettre se transforme ensuite en véritable feuille de route pour éviter le pire. À cet égard, l’auteure exhorte le président à :

  • renoncer à imposer son ministre des Finances Romuald Wadagni comme candidat en 2026 ;
  • ouvrir totalement les élections générales de 2026 à tous les partis ;
  • abandonner tout projet de révision constitutionnelle et de création d’un Sénat avant le scrutin ;
  • libérer immédiatement l’ensemble des prisonniers politiques ;
  • garantir le retour sécurisé des exilés ;
  • abroger les dispositions restrictives du Code électoral et de la Charte des partis ;
  • engager une relecture concertée et inclusive de ces textes.

Dans un appel final, elle s’adresse à l’ensemble des forces vives – armée, clergé catholique, protestant et musulman, syndicats, société civile, corps diplomatique – pour qu’elles fassent pression en faveur d’une décrispation immédiate, rappelant que « la paix est d’abord une attitude ».

 

 Lettre ouverte : un cri citoyen face à l’ingérence régionale

 

Si le texte est signé « votre presque enfant » – signe d’une génération qui se sent trahie –, il est surtout porteur d’une mise en garde sans appel : continuer sur la même voie, c’est transformer le Bénin en « roi retranché dans son château fort », avec tous les risques que cela comporte quand la menace vient souvent… de l’intérieur.

À l’heure où le Nigeria déploie déjà des troupes pour sécuriser Cotonou et où la CEDEAO décrète l’état d’urgence régional, cette lettre ouverte résonne comme le cri d’une partie de l’opinion qui refuse de voir le pays replonger dans le cycle des coups de force.

Reste à savoir si, cette fois, le message sera entendu au sommet de l’État. Car, malgré la récente déclaration du président Talon : « Vous allez subir mais vous ne pourrez rien faire », cette tentative de putsch prouve que l’opinion ne compte pas rester silencieuse face à ces actions.

Abuja : Le Sénat valide l’envoi de troupes au Bénin

Abuja, 9 décembre 2025 – Le Sénat nigérian a franchi un cap symbolique et militaire en validant en quelques minutes l’envoi de troupes au Bénin. En séance plénière éclair ce mardi, les sénateurs nigérians ont approuvé à l’unanimité la requête du président Bola Ahmed Tinubu. Il sollicitait l’autorisation constitutionnelle de déployer des militaires nigérians sur le sol béninois dans le cadre d’une « mission de paix et de stabilisation ».

Le président du Sénat, Godswill Akpabio, a justifié cette décision express par la nécessité impérieuse d’« empêcher une crise sécuritaire et humanitaire majeure dans la sous-région ». Ainsi, selon lui, l’intervention nigériane vise avant tout à protéger la stabilité du golfe de Guinée et à éviter une contagion de l’instabilité après la tentative de coup d’État déjouée la semaine dernière à Cotonou.

 

Frappes aériennes et déploiement troupes terrestre

au Bénin

 

Ce vote intervient deux jours seulement après que l’aviation militaire nigériane a déjà procédé, à la demande expresse des autorités béninoises, à des frappes ciblées contre les positions des putschistes présumés. Ces raids aériens, menés dimanche, auraient permis de neutraliser plusieurs poches de résistance et de sécuriser les abords de Porto-Novo et de Cotonou.

L’opération terrestre qui se prépare désormais sous mandat parlementaire devrait mobiliser plusieurs centaines de soldats nigérians, probablement issus des unités d’élite de la 81ᵉ division basée à Lagos, très rompue aux interventions rapides dans l’espace CEDEAO.

Si aucune durée précise n’a été communiquée, des sources au sein de l’état-major nigérian évoquent une mission « de courte durée mais à forte intensité » visant à appuyer les forces loyalistes béninoises le temps que la situation politique se normalise.

 

Le retour de la puissance nigériane

 

Ce déploiement marque le retour en force du Nigeria comme puissance militaire stabilisatrice en Afrique de l’Ouest, quelques mois seulement après le retrait de ses contingents du Mali et du Burkina Faso dans le cadre de la crise avec les juntes de l’AES. Par conséquent, il illustre également la solidarité immédiate d’Abuja envers le président Patrice Talon, considéré comme l’un des derniers alliés fidèles de la CEDEAO dans une région où l’organisation perd du terrain.

CEDEAO : état d’urgence déclaré pour contrer les coups d’État

Abuja, 9 décembre 2025 – Face à l’accumulation sans précédent de coups d’État et de tentatives de déstabilisation en Afrique de l’Ouest, la CEDEAO a franchi un cap historique : l’organisation régionale a officiellement déclaré l’état d’urgence sur l’ensemble de son espace.

L’annonce a été faite ce mardi  par le président de la Commission, Omar Alieu Touray, à l’issue de la 55ᵉ session ministérielle du Conseil de médiation et de sécurité, réunie à Abuja. « La récurrence des ruptures anticonstitutionnelles constitue une menace existentielle pour la paix, la sécurité et le développement de notre région », a-t-il déclaré, justifiant ainsi cette mesure exceptionnelle.

 

Le contexte : une contagion organisée

 

Le timing n’est pas anodin. En effet, il intervient moins d’une semaine après le démantèlement, par les services béninois, d’un complot visant à renverser le président Patrice Talon – le dernier épisode en date d’une série noire qui, depuis 2020, a vu tomber les régimes civils au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger, tandis que plusieurs autres pays ont frôlé le chaos.

De ce fait, pour la première fois depuis sa création en 1975, l’organisation ouest-africaine place l’ensemble de ses quinze États membres sous un régime d’urgence sécuritaire et politique permanent, signe que les dirigeants régionaux considèrent la vague putschiste non plus comme une succession d’incidents isolés, mais bien comme une contagion organisée qui menace l’existence même du bloc.

 

L’arsenal de la CEDEAO : force en attente et sanctions durcies

 

Avec cette déclaration d’urgence régionale, la CEDEAO se donne les moyens d’agir plus rapidement et plus fermement. Les chefs d’État convoqueront un sommet extraordinaire dans les prochaines semaines afin de convertir cette alerte en mesures concrètes : ils durciront les sanctions de façon ciblée, activeront éventuellement la Force en attente, accéléreront la révision du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance, et renforceront les mécanismes de prévention et de réaction rapide aux crises.

Reste à savoir si cette réponse tardive et musclée parviendra à inverser la tendance ou si, au contraire, elle accentuera le fossé entre une CEDEAO perçue comme distante et des opinions publiques parfois acquises aux discours souverainistes portés par les juntes. Les prochaines semaines seront décisives.

La HAAC salue le « patriotisme » de la SRTB

Cotonou, 8 décembre 2025 – Vingt-quatre heures après l’assaut armé qui a visé ses locaux dans la nuit du 6 au 7 décembre, la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) a reçu ce lundi matin la visite surprise et très symbolique du président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Édouard Loko, accompagné d’une délégation.

Sous une pluie torrentielle, le régulateur des médias s’est rendu en personne à la direction générale de la SRTB, théâtre du coup de force avorté par les Forces armées béninoises. Les assaillants, dont l’identité et les motivations font encore l’objet d’une enquête judiciaire, avaient tenté de prendre le contrôle des installations stratégiques de la télévision et de la radio publiques.

Devant un personnel encore sous le choc mais resté à son poste toute la nuit pour assurer la continuité des programmes, Édouard Loko a tenu à exprimer « toute la solidarité et le soutien indéfectible » de la HAAC. Il a chaleureusement félicité les agents pour leur sang-froid et leur sens du devoir, qui ont permis au service public de l’information de ne jamais être interrompu, même au plus fort de l’attaque.

Un tournant : l’exigence de « patriotisme »

 

Puis, dans une déclaration solennelle qui restera dans les annales, le président de la HAAC a franchi un cap : le ton est passé du réconfort à l’exigence.

« Ce qui s’est passé était bel et bien une tentative de coup d’État, heureusement mise en échec. Au-delà des règles classiques de déontologie journalistique, nous allons désormais exiger de tous les médias – publics comme privés – un sursaut de patriotisme. »

Une formule forte, prononcée devant les caméras, qui marque ainsi  un tournant dans le discours du régulateur à l’égard de la presse béninoise.

Après l'assaut contre la SRTB, le président de la HAAC, Édouard Loko, exige un "sursaut de patriotisme" des médias béninois. Une déclaration qui marque un tournant dans la régulation de la presse.
© Après l'assaut contre la SRTB, le président de la HAAC, Édouard Loko, exige un "sursaut de patriotisme" des médias béninois. Une déclaration qui marque un tournant dans la régulation de la presse.

Un message de cohésion nationale à la SRTB

 

La directrice générale de la SRTB et les représentants syndicaux présents ont accueilli avec émotion cette visite de la 7e mandature de la HAAC, et l’ont perçue comme un geste de reconnaissance envers ceux qui, en première ligne, ont défendu la continuité de l’État par l’information.

Finalement, alors que le pays retient encore son souffle après cet épisode inédit depuis des décennies, ce message de fermeté et d’unité lancé depuis les studios de la SRTB résonne comme un appel à la cohésion nationale autour des institutions, à commencer par les médias.

Bénin : l’appel à l’aide étrangère, l’aveu d’échec de Talon

Cotonou, 8 décembre 2025 – Ah, le Bénin ! Ce joyau ouest-africain présenté jadis comme un modèle de démocratie stable, un phare au milieu des coups d’État voisins. Et voilà que ce dimanche 7 décembre, tout vacille en un instant : un « groupuscule » de rebelles ébranle les fondations d’un régime de plus en plus autoritaire. La tentative a échoué, certes, mais elle a laissé un trouble durable, révélant les fissures d’un État en déliquescence.

Cette crise n’est pas un accident : elle incarne le symptôme d’une gouvernance contestée sous Patrice Talon, président multimillionnaire qui préfère solliciter l’aide étrangère plutôt que de réformer son armée et son pays. Pourquoi un simple « groupuscule » a-t-il nécessité des frappes aériennes nigérianes et des avions de renseignement français ? Que cache Talon ? Et si, au fond, ce n’étaient pas des « aventuriers », mais une armée elle-même en ébullition contre une gestion qui fragilise le Bénin ?

 

Bénin : l’incohérence du « groupuscule » face à la riposte étrangère

Commençons par le cœur du scandale ? Ce « groupuscule » que le pouvoir nous a servi sur un plateau, comme une série pour Bollywood.   Rétranchés à la maison de la SRTB ? Ridicule. En quelques heures, les faits ont révélé une organisation bien plus structurée, aux ramifications étendues comme une toile d’araignée.

Et pour en venir à bout ? Pas de riposte nationale décisive, non ! Talon et ses sbires ont lancé un SOS pathétique à la France et au Nigéria : forces spéciales étrangères, avions de surveillance français rugissant dans nos cieux, frappes aériennes dignes d’une zone de guerre. Pourquoi mobiliser une telle puissance pour un prétendu ramassis de marginaux ?  Allons ! Si c’était vraiment un « groupuscule » inoffensif, pourquoi notre armée régulière s’est-elle retrouvée en infériorité flagrante dès les premières heures ?

La réponse est aussi amère que cruelle : depuis 2016, sous Talon, les forces armées ont été méthodiquement privées de moyens. Budgets rognés, équipements obsolètes, moral au plus bas. Résultat : parmi les « otages » libérés par les alliés extérieurs figuraient le chef d’état-major de l’Armée de Terre et celui de la Garde Républicaine. Des généraux de haut rang, otages dans leur propre pays. Une humiliation nationale qui devrait faire rougir de honte tout Béninois digne de ce nom.

Gestion clanique : le mécontentement de l’armée

 

Mais creusons plus profond : pourquoi un tel fiasco ? Patrice Talon, ce « sauveur » autoproclamé, cache-t-il l’ampleur du mécontentement interne ? Et si ce « groupuscule » n’était que la pointe de l’iceberg d’une armée – oui, l’armée tout entière – lassée de sa gestion clanique ? Enrichi par des décennies de négoce du coton et de combines, Talon a transformé le Bénin en fief personnel : élections verrouillées, opposition muselée, médias sous contrôle, économie capturée par ses proches.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : inflation galopante, chômage des jeunes explosif, dette publique étouffante. L’armée, pilier de la souveraineté, n’a pas été épargnée : promotions au mérite oubliées, loyauté imposée par la carotte et le bâton. N’est-il pas plausible que ces « rebelles » aient trouvé écho chez des officiers las de voir leur institution servir de garde prétorienne à un président qui préfère les jets privés aux besoins du peuple ?

Talon nous a trompés. Son appel à l’aide étrangère n’est pas un signe de sagesse, mais une confession d’échec. Talon a perdu le contrôle, et plutôt que d’affronter les démons qu’il a lui-même créés, il livre l’âme du Bénin aux ex-puissances coloniales et aux voisins opportunistes.

Bénin : le prix de la honte et la trahison des élites

 

Le prix de ce « sauvetage » ? Une honte ineffaçable. Pour un « bon moment » – comme le répètent les communiqués lénifiants –, des troupes étrangères patrouilleront nos rues, occuperont notre ciel et surveilleront nos côtes. Officiellement, sous couvert de protocoles diplomatiques. En réalité, le Bénin abdique sa souveraineté et montre au monde qu’il n’a plus ni les moyens ni la volonté d’assurer sa propre défense.

La « démocratie » de Talon ? Un mirage dissipé, remplacé par une tutelle humiliante. Des milliards engloutis dans des projets d’embellissement, tandis que nos armées manquent d’armes, nos hôpitaux manquent de pansements et nos écoles de craies. C’est une trahison pure et simple : le sens de l’État, la fierté nationale, la dignité du citoyen – tout s’évapore dans les traînées des Mirage talonnière.

Et pendant que les faits hurlent la vérité, nos élites – ces « faiseurs d’opinion » serviles – se drapent dans leur hypocrisie coutumière, langue de bois et opportunisme en bandoulière. Ils rivalisent d’ardeur dans la couardise, le gouvernement sachant qu’une prébende ici, une corruption là, suffisent à faire taire toute critique. Lamentable troupe de chantres de la médiocrité, qui préfèrent le baume des élites au sel de la vérité.

 

Bénin : le risque d’incendie final

 

Pourtant, au milieu de ce naufrage, un espoir timide : que ce sursaut forcé – cette crise qui a failli tout emporter – réveille enfin les consciences. Le gouvernement ne sort pas grandi de cette passe ; il en sort diminué, nu, exposé dans sa faiblesse, trop de propagande pour rien. Tant que l’intérêt général et la vie des populations ne primeront pas sur les intérêts claniques, tant que régnera l’esprit de profiteurs, aucune prise de conscience ne viendra. Le statu quo ante ? Une illusion mortelle. Écoutez ce cri, celui des « aventuriers » que le ministre de l’Intérieur dénonce avec mépris : il n’est pas celui de marginaux, mais d’un peuple las d’être piétiné.

Talon, à vous de changer de paradigme, ou l’histoire vous jugera non comme un réformateur, mais comme le fossoyeur d’une nation. Le Bénin mérite mieux que des bombes étrangères pour masquer ses plaies. Il mérite un leader qui restaure l’armée, libère la parole et redonne à ses citoyens leur fierté volée. Sinon, le prochain « groupuscule » ne sera plus un feu de paille : ce sera l’incendie final. Quel sort, en effet. Hélas.