Madagascar : Rajoelina destitué, TANA sous contrôle militaire

Antananarivo, 15 octobre 2025 – Coup de tonnerre à Iavoloha. Le président Andry Rajoelina a été destitué par un vote écrasant de l’Assemblée nationale mardi. Après une tentative désespérée de dissoudre le Parlement, il a quitté le pays. Le colonel Michael Randrianirina a été immédiatement désigné chef d’État par intérim, suspendant ainsi la Constitution. La Grande Île s’embrase entre espoir de renouveau et craintes d’une nouvelle ère d’instabilité.

Une destitution fulgurante : 130 voix contre Rajoelina

 

L’acte décisif est survenu hier après-midi à l’Assemblée nationale. Cent trente (130) députés sur 163 – un score historique, dépassant largement les deux tiers requis – ont voté la destitution d’Andry Rajoelina. Les charges : dérives autoritaires, corruption systémique et gestion chaotique de la crise économique et sociale. Par ailleurs, cette motion, portée par une coalition hétéroclite d’opposants et de frondeurs de la majorité présidentielle (le TGV, NdLR), a été accélérée par la manœuvre de la dernière chance du président : une tentative désespérée de dissoudre le Parlement.

Rajoelina, au pouvoir depuis 2019 et réélu en 2023 dans un scrutin largement contesté, n’a pas eu le temps de réagir. Selon des sources proches du palais d’Iavoloha, il a quitté Antananarivo en urgence à bord d’un avion privé. Si sa destination reste inconnue, les rumeurs insistantes évoquent un exil en France ou en Afrique du Sud. « C’est la fin d’une ère marquée par la corruption et l’accaparement des richesses », s’est réjoui un manifestant au niveau d’Analakely, où des milliers de jeunes, notamment du mouvement « Gen Z Madagascar », ont célébré la chute du régime par des chants, danses et pancartes hostiles.

 

Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana
© Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana

L’armée au cœur du pouvoir : Randrianirina, le nouveau visage de la transition

 

C’est l’armée qui a définitivement scellé le sort de la IVᵉ République. Dans une déclaration solennelle diffusée en direct depuis le Camp Militaire d’Andohalo (ou autre QG pertinent), le colonel Michael Randrianirina, officier supérieur reconnu, a annoncé que « les forces armées prennent le pouvoir à partir d’aujourd’hui » et suspendent immédiatement la Constitution. En plus, légitimé par le vote parlementaire – un fait inédit qui évite l’étiquette classique du putsch – il s’est auto-proclamé chef de l’État par intérim. Sa promesse : former un gouvernement de transition et organiser des élections dans un délai maximal de deux ans.

« Nous agissons pour restaurer l’ordre, la démocratie et la dignité malgache », a déclaré Randrianirina, flanqué de ses pairs en uniforme, lors de cette allocution qui a surpris par son ton ferme, mais apaisant. Cette prise de pouvoir survient après des semaines de mobilisation populaire de la jeunesse, exacerbée par l’inflation galopante, les pénuries alimentaires et la crise sociale. D’ailleurs, l’Union africaine et la France, principal partenaire de Madagascar, ont rapidement appelé à la retenue, craignant un nouveau cycle de violence à l’image des crises de 2002 et 2009.

Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana
© Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana

Confusion institutionnelle et craintes internationales

 

La situation reste extrêmement volatile : le Premier ministre et plusieurs ministres ont démissionné en bloc, tandis que des barrages militaires quadrillent Antananarivo pour prévenir les débordements. Un analyste décrypte cette situation comme un « coup d’État institutionnel« , où l’armée prend la main en se basant sur une décision parlementaire. Pourtant, des voix s’élèvent pour alerter sur les risques : « Les militaires, je leur fais confiance pour l’instant, mais la rue doit rester vigilante. C’est la vigilance citoyenne qui garantira la transition« , confie un leader de l’opposition à notre rédaction.

Rajoelina, depuis son exil supposé, n’a pas encore réagi, mais ses partisans dénoncent un « putsch constitutionnel monté de toutes pièces ». À l’international, l’ONU et l’UA monitorent de près, tandis que la communauté économique craint pour les investissements dans les secteurs clés (vanille, litchi, textile).

En somme, Madagascar, nation fragile aux ressources abondantes, mais à la gouvernance instable, entre dans une nouvelle ère incertaine. Le colonel Randrianirina aura-t-il les reins solides pour pacifier le pays et organiser des élections crédibles ? Ou ce « sauvetage » militaire n’est-il qu’un prélude à un chaos plus grand ? La Grande Île retient son souffle.

Kenya : Raila Odinga est mort à 80 ans en Inde

Raila Odinga n’est plus. L’ancien Premier ministre kényan et figure historique de l’opposition est décédé à 80 ans ce mercredi en Inde. Sa mort soudaine met fin à une carrière politique tumultueuse.

 

Nairobi, 15 octobre 2025 – Le Kenya est en deuil.  Raila Odinga, figure emblématique de l’opposition et ancien Premier ministre du pays, est décédé ce mercredi à l’âge de 80 ans. L’icône politique, hospitalisée en Inde, a succombé à une crise cardiaque lors d’une promenade matinale, laissant derrière elle un legs de luttes pour la démocratie et une nation en pleine transition.

 

Une disparition brutale lors d’un séjour médical en Inde

 

Selon des sources proches de son bureau, Raila Odinga s’est effondré alors qu’il effectuait une marche thérapeutique dans un hôpital ayurvédique où il suivait un traitement. La nouvelle a été confirmée par des médias kenyans et internationaux, bien que sa famille et son parti, l’Orange Democratic Movement (ODM), n’aient pas encore publié de communiqué officiel.

Odinga, qui avait récemment annoncé son retrait de la course à la présidence en 2027 pour briguer un poste à l’Union africaine, était en Inde depuis plusieurs semaines pour des examens de routine.

Cette mort soudaine intervient à un moment sensible pour le Kenya, où les tensions post-électorales persistent et où Odinga restait une voix influente. À 80 ans, le « Baba » – comme l’appellent ses partisans – avait survécu à des décennies de combats, incluant aussi des arrestations, des tortures sous le régime de Daniel arap Moi et cinq tentatives infructueuses pour conquérir la présidence.

 

Raila Odinga : un parcours forgé dans la lutte pour la démocratie

 

Né en 1945 à Kisumu, Raila Odinga était le fils de Jaramogi Oginga Odinga, vice-président historique du Kenya indépendant. Ingénieur de formation, il s’est rapidement engagé en politique, fondant le Forum for the Restoration of Democracy (FORD) dans les années 1990 pour pousser vers le multipartisme.

Il a été Premier ministre de 2008 à 2013 sous une coalition forcée après les violences post-électorales de 2007, jouant ainsi un rôle clé dans la stabilisation du pays. Ses rivaux comme Uhuru Kenyatta et William Ruto l’ont successivement battu aux urnes en 2013, 2017 et 2022, des scrutins souvent contestés. Malgré cela, Odinga incarnait l’opposition farouche, menant des manifestations contre la corruption et les inégalités.  « Raila était un lion de la politique africaine, un homme qui n’a jamais baissé les bras », témoigne un ancien collaborateur, soulignant ainsi son charisme et sa résilience.

Réactions : un vide immense pour le Kenya et l’Afrique

 

La nouvelle a provoqué une onde de choc immédiate. L’ancien chef de la Cour suprême, David Maraga, a salué Odinga comme « un pilier de la démocratie kenyane » sur les réseaux sociaux. Des hommages affluent déjà des leaders africains : le président nigérian Bola Tinubu évoque un « frère et un combattant pour la justice », tandis que l’Union africaine, dont Odinga était candidat à la présidence de la commission, parle d’une « perte irréparable pour le continent ».

À Nairobi, des supporters de l’ODM se massent spontanément devant le siège du parti, allumant des bougies et chantant des hymnes de résistance. Le président William Ruto, autrefois allié puis rival d’Odinga, devrait s’exprimer sous peu.

 

Raila Odinga : quel héritage pour la démocratie kenyane ?

 

Les autorités organiseront sûrement des funérailles d’État dans les prochains jours pour permettre à des milliers de Kényans de rendre hommage à cet homme qui a façonné l’histoire récente du paysCependant, au-delà du rituel, la mort d’Odinga pose des questions : qui héritera de son mouvement ? Et dans un Kenya divisé par l’économie et les réformes fiscales, son absence pèsera-t-elle sur la cohésion nationale ?

En somme, Raila Odinga s’en va, emportant avec lui une partie de l’âme rebelle du Kenya. Son combat pour une « Afrique unie et juste » résonnera longtemps.

Présidentielle : L’obstacle du colistier bloque Françoise Gbayido

Sans colistier, point de salut. L’histoire de Françoise Gbayido, commerçante et candidate indépendante à la présidentielle de 2026, est celle d’un combat contre les rouages de la loi. Éconduite par la CENA, elle incarne le paradoxe d’une démocratie béninoise où les outsiders peinent à s’imposer face aux exigences de l’élite partisane.

 

Cotonou, 16 octobre 2025 – Devant les grilles impeccablement gardées de la Commission électorale nationale autonome (CENA), une scène presque théâtrale a eu lieu mardi, jour de clôture du dépôt des candidatures. Une femme d’une soixantaine d’années, Françoise Gbayido, candidate indépendante à la présidentielle d’avril 2026, brandissait un dossier cartonné comme un bouclier. Pas de cortège bruyant, pas de partisans en chemises assorties : juste son rêve d’un Bénin « équilibré financièrement ».

Les agents de sécurité, inflexibles, l’ont renvoyée chez elle : sans colistier, point de salut. Cette anecdote révèle les rouages d’un système électoral béninois qui, malgré ses avancées, verrouille encore la porte aux voix solitaires – surtout quand elles sont féminines et hors des clous partisans. Dans un pays où la politique reste un club d’hommes chevronnés, Gbayido incarne une brèche inattendue.

 

Françoise Gbayido : cinq ans de combat et un rêve « talonnien »

 

Cette sexagénaire, commerçante de son état et militante de la première heure, n’en est pas à son coup d’essai. Cinq ans plus tôt, en 2021, elle avait déjà tenté l’indépendance totale, avant que son dossier ne soit éconduit pour « défaut de pièces justificatives ».

Aujourd’hui, elle revient plus déterminée, inspirée par les « belles réalisations » du président sortant Patrice Talon. « Je veux marcher dans ses pas, mais ajouter l’équilibre budgétaire que notre pays mérite », confie-t-elle dans une déclaration recueillie sur place. Sa voix porte l’écho d’une conviction forgée dans les marchés animés de Cotonou.

Son discours modeste, presque humble, contraste fortement avec les duos ronflants – comme celui fraîchement annoncé par Les Démocrates, avec Renaud Vignilé Agbodjo en tête d’affiche – qui paradent déjà aux portails de la CENA.

 

L’obstacle du binôme et le paradoxe de la loi

 

L’obstacle majeur réside dans la loi électorale béninoise, impitoyable sur ce point : tout candidat à la magistrature suprême doit s’allier à un colistier pour le poste de vice-président. Cette mesure, censée promouvoir la stabilité et l’équilibre des genres, devient ainsi  pour une indépendante comme Gbayido un parcours du combattant.

« Elle cherchait désespérément son binôme, là, devant le portail », témoigne un observateur présent ce soir-là, soulignant comment cette exigence transforme l’entrée en lice en un casting forcé.

À l’heure où plusieurs prétendants se bousculent pour les places qualificatives – un processus qui s’achève fin novembre –, son cas met en lumière un paradoxe : le Bénin, pionnier africain de l’alternance pacifique depuis 1990, peine encore à ouvrir grand ses arènes aux outsiders. Les femmes, qui ne représentent que 11 % des parlementaires, y voient aussi un symbole supplémentaire des plafonds de verre.

Vers un mouvement pour plus de fluidité ?

 

Françoise Gbayido n’est pourtant pas du genre à baisser les bras. Issue d’un milieu modeste, elle a bâti sa notoriété sur des engagements citoyens discrets. Son programme est un cocktail pragmatique : consolider les infrastructures tout en assainissant les comptes publics, pour un Bénin « où personne n’est laissé pour compte ».

« Les duos dominants étouffent les idées neuves ; il faut des voix comme la mienne pour rafraîchir le débat », argumente-t-elle, déjà en chasse pour un allié compatible – un économiste ? Un jeune activiste ? – avant la clôture des dépôts.

En somme, ce couac à la CENA n’est pas qu’un revers personnel ; il interroge l’avenir d’une élection promise à l’incertitude. Si elle trouve son colistier – et les rumeurs parlent d’un rapprochement avec des indépendants de la société civile –, son entrée pourrait aussi  bien catalyser un mouvement pour plus de fluidité dans les règles. Sinon, elle restera ce symbole poignant : une femme devant une porte close, rappelant que la démocratie béninoise, si vivace, a encore des verrous à crocheter.

Football : Victor Osimhen, le sauveur des Super Eagles !

Osimhen, l’homme du match. Le Nigeria en barrage. L’attaquant de Naples a porté les Super Eagles sur ses épaules en marquant un triplé décisif. Le 4-0 infligé au Bénin à Uyo permet ainsi au Nigeria de rester dans la course pour la qualification au Mondial 2026.

 

Abuja, 15 octobre 2025 – Dans un scénario digne d’un film hollywoodien, le Nigeria a évité le naufrage en qualifications pour la Coupe du monde 2026. Troisièmes du groupe C à l’aube de la dernière journée, les Super Eagles flirtaient avec l’élimination. Mais Victor Osimhen, l’attaquant star de Naples, a tout renversé : un triplé magistral a conduit son équipe à une victoire éclatante 4-0 contre le Bénin, mardi soir à Uyo, assurant une place en barrages continentaux et ravivant le rêve nigérian.

 

Du cauchemar à l’euphorie : le triomphe à Uyo

 

Les enjeux étaient colossaux au Godswill Akpabio International Stadium. Avec seulement trois points d’avance sur le Rwanda et le Bénin, le Nigeria devait impérativement l’emporter pour arracher la deuxième place qualificative, derrière l’Afrique du Sud, qui était déjà bien placée pour la première.

Les Super Eagles, sous la houlette de Bruno Genesio, ont répondu présent dès les premières minutes. Osimhen, de retour de blessure, a ouvert le score à la 3ᵉ minute d’une frappe clinique, semant la panique dans la défense béninoise. Il a aussi doublé la mise à la 37ᵉ d’un tir croisé imparable, avant de parachever son œuvre à la 51ᵉ minute sur un service impeccable de son coéquipier. Enfin, le substitut Frank Onyeka a scellé le sort du match d’une volée magistrale à la 91ᵉ, transformant l’angoisse en liesse générale.

Ce 4-0 a propulsé le Nigeria à la deuxième place du groupe avec 13 points, devançant ainsi le Rwanda (10 points) et reléguant le Bénin à 7 unités. Sans ce triplé, les Nigérians auraient pu dire adieu au Mondial américain de 2026.

 

Osimhen, l’homme providentiel et le rêve ravivé

 

À 26 ans, Victor Osimhen s’est mué en héros national. Son triplé – un exploit rare en sélection – a non seulement sauvé la mise, mais a aussi rappelé pourquoi il est considéré comme l’un des meilleurs attaquants africains.  « C’est pour le pays, pour les fans qui nous soutiennent toujours », a-t-il déclaré après le match. Son coach, émerveillé, n’a pas tari d’éloges : « Victor est un monstre. Il a porté l’équipe sur ses épaules ce soir. »

Du côté béninois, la déception est amère. Les Guépards n’ont pas su contrer l’assaut nigérian, malgré une défense vaillante en première mi-temps.

 

Objectif barrages : le Nigeria dans la course au Mondial

 

Grâce à cette victoire, le Nigeria termine deuxième de son groupe. Il se qualifie pour les barrages continentaux (affrontant l’un des meilleurs deuxièmes de la CAF) pour tenter de décrocher l’une des places additionnelles pour la Coupe du Monde 2026.

Pendant ce temps, l’Afrique du Sud s’est qualifiée directement pour sa sixième participation en remportant le groupe. Pour les Super Eagles, c’est une bouffée d’oxygène après une campagne chaotique, marquée par des forfaits ainsi que des contre-performances.

Les supporters, en liesse dans les rues d’Abuja et de Lagos, rêvent déjà d’une épopée en barrages. Mais Genesio tempère : « On a évité le pire, maintenant, il faut se préparer pour la suite. » Avec Osimhen en feu, le Nigeria n’est plus une équipe en perdition, mais un contender sérieux.

La CENA accorde 72 heures à l’opposition pour compléter ses dossiers

Le parrainage, piège de l’opposition ? Malgré la soumission de Cinq duos pour la présidentielle 2026, la CENA a déclenché un délai de 72 heures pour que l’opposition complète ses dossiers. L’enjeu est critique : réussir à finaliser les 28 signatures requises pour éviter l’exclusion du scrutin.

 

Cotonou, 15 octobre 2025 – À peine la phase de dépôt des candidatures close pour l’élection présidentielle d’avril 2026, voilà que des nuages s’amoncellent sur le processus électoral béninois. La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a révélé hier que plusieurs partis d’opposition ont soumis des dossiers de candidature incomplets. Par ailleurs, conformément au Code électoral, l’institution leur octroie un délai de grâce de 72 heures pour combler les lacunes, sous peine de voir leurs ambitions présidentielles compromises dès le départ.

 

Le parrainage au cœur des irrégularités

 

Dans un contexte déjà marqué par des disparités flagrantes – comme en attestent les cinq duos enregistrés mardi, dont certains de l’opposition avec des parrainages quasi nuls – cette annonce de la CENA met en lumière les défis techniques et logistiques qui plombent les formations de l’opposition.

Les pièces manquantes portent notamment sur les fiches de parrainage, ces précieux sésames que les candidats collectent auprès d’élus locaux et que le code électoral requiert à 28 signatures pour valider une candidature.

« Les partis de l’opposition ont déposé des dossiers incomplets de candidature à la CENA », confirme l’institution. Cette irrégularité, loin d’être anodine, pourrait disqualifier purement et simplement certains binômes si les compléments ne sont pas fournis dans les temps. Rappelons que, parmi les duos oppositionnels enregistrés provisoirement, le tandem de Prince Anatole Ouinsavi et Agathe Bello affiche zéro parrainage, tandis que celui de Renaud Agbodjo et Bonaventure Lodjou frôle le minimum avec 27 signatures validées (un annulé) pour ne citer que ceux-là.

 

CENA : un délai « conformément à la loi » qui soulève des interrogations

 

C’est le président de la CENA lui-même, Sacca Lafia, qui a levé le voile sur ces dysfonctionnements lors des différents dépôt de dossier le 14 octobre.

« Conformément aux dispositions du Code électoral, nous avons reçu votre dossier de candidature. Conformément à l’article 41 du Code, nous devons vous délivrer un récépissé de dépôt suivi des remarques que nous avons constatées. La principale remarque, c’est la complétude du dossier… et vous avez 72 h pour les apporter, pour que le dossier soit complet pour permettre son examen », a-t-il expliqué, insistant sur le caractère légal et impartial de cette mesure.

Ce délai de 72 heures, qui expire vendredi 17 octobre, s’apparente à une bouée de sauvetage pour les candidats concernés. Mais il soulève aussi des interrogations : ces manques sont-ils dus à une négligence, à des contraintes logistiques ou à une stratégie délibérée pour tester les limites du système ? L’opposition, déjà fragilisée par des accusations récurrentes de verrouillage institutionnel, y verra-t-elle un nouveau coup bas ou une opportunité de se ressaisir ?

 

Le décompte final avant la liste provisoire du 26 octobre

 

Cette péripétie intervient à un moment critique, alors que la CENA s’apprête à entamer l’examen approfondi des dossiers pour publier la liste provisoire des candidatures le 26 octobre.

Avec la mouvance présidentielle en position de force – illustrée par les 120 parrainages du duo Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata – l’opposition ne peut se permettre la moindre erreur. Des observateurs craignent que ces irrégularités ne creusent encore le fossé, alimentant ainsi les soupçons d’un processus biaisé au profit du pouvoir en place.

Pour les Béninois, l’enjeu transcende les coulisses administratives : il s’agit de la vitalité démocratique d’un pays qui a connu des élections controversées ces dernières années. Les 72 heures à venir seront décisives. Régularisation réussie ou exclusions en cascade ? La tension électorale, déjà palpable, s’intensifie à l’approche du verdict.

FIC 2025 : L’innovation « made in Africa » au cœur de l’urbanisme

Plus qu’un forum, une forge : Clôturé à Cotonou, le FIC 2025 a récompensé la jeunesse innovante. Avec un chèque de 5 000 euros et un partenariat avec la DGCH, l’équipe d’Epitech Bénin a prouvé que l’avenir urbain du continent – inclusif, vert et connecté – passe par le codage et la construction concrète.

 

Cotonou, 15 octobre 2025 – Au milieu des tours en construction et des marchés grouillants de la capitale économique béninoise, un vent de fraîcheur souffle sur l’urbanisme africain. La troisième édition du Forum International du Cadre de Vie (FIC), qui s’est achevée le 11 octobre au Sofitel Hôtel, n’a pas été qu’un énième rassemblement d’experts.

Non, cette année, le FIC 2025 a vibré au rythme des concepts révolutionnaires et des prototypes audacieux portés par une génération de trentenaires et d’étudiants déterminés à transformer les bidonvilles en écosystèmes intelligents. Oubliez les discours ronflants : c’est l’innovation « made in Africa » qui a volé la vedette, prouvant ainsi que les solutions aux maux des mégapoles du continent naissent souvent dans les ateliers de hackers et les cerveaux bouillonnants des universités locales.

Le Forum International du Cadre de Vie (FIC 2025) à Cotonou a célébré l'innovation "made in Africa", récompensant des prototypes (briques écologiques, applications inondations) portés par la jeunesse, et appelant à une urbanisation responsable et intelligente.
© Le Forum International du Cadre de Vie (FIC 2025) à Cotonou a célébré l'innovation "made in Africa", récompensant des prototypes (briques écologiques, applications inondations) portés par la jeunesse, et appelant à une urbanisation responsable et intelligente.

EXPO’FIC : du déchet à la brique écologique

 

Imaginez la scène : sous les néons tamisés de l’EXPO’FIC, une exposition qui ressemblait plus à un marché aux puces high-tech qu’à un salon d’affaires. Des startups comme Porteo BTP présentaient des briques écologiques fabriquées à partir de déchets plastiques, tandis que l’association ABéTec-BTP dévoilait des modèles de logements modulaires, assemblables en un clin d’œil pour les familles déplacées par les inondations récurrentes.

« On ne parle plus de théorie ici, on fabrique du concret », lance Aïcha Mensah, une architecte ghanéenne de 28 ans, les mains encore tachées de terre argileuse après un atelier pratique sur la construction durable. Son stand, bondé de maires curieux et d’investisseurs français, illustrait parfaitement l’esprit du forum : co-construire, tester, itérer.

L’hackathon : Epitech Bénin remporte un projet concret pour Akpakpa

 

Mais le vrai coup de maitre s’est joué lors de l’hackathon, ce marathon de 48 heures où une quarantaine d’étudiants – dont une équipe triomphante d’Epitech Bénin – ont planché sur des défis concrets : comment rendre les transports publics résilients au climat, ou comment verdir les ruelles étroites de Cotonou sans y laisser une fortune ?

« C’était comme un jeu vidéo, mais avec des enjeux réels : la survie de nos villes », confie Koffi Adébayo, 22 ans, lauréat avec son prototype d’application mobile qui cartographie en temps réel les zones inondables et propose des itinéraires alternatifs via des vélos partagés solaires. Leur prix ? Un chèque de 5 000 euros et un partenariat avec la Direction Générale de la Construction et de l’Habitat (DGCH) pour piloter le projet dans les quartiers populaires d’Akpakpa. Face à eux, des géants comme des experts de l’ONU ou des urbanistes sud-africains semblaient presque nostalgiques, avouant que ces « jeunes » avaient ravivé leur flamme.

FIC 2025 : un appel à l’urbanisation responsable

 

Organisé sous le patronage du ministre José Tonato, chargé du Cadre de Vie et des Transports, ce FIC n’était pas qu’une vitrine pour les élites. Avec ses panels sur la résilience urbaine et ses B2B effrénés, il a aussi mis en lumière un continent qui refuse la fatalité.

Victor Kouassi Ananouh, le DG de la DGCH, l’a souligné lors de la clôture : « Ce forum n’est plus un simple laboratoire d’idées ; c’est une forge dans laquelle naissent les décisions qui changeront nos territoires. » Il pointait également du doigt les recommandations phares : intégrer l’IA dans la planification des déchets ou subventionner les toits verts pour contrer la chaleur asphyxiante des bidonvilles. Et pour sceller cet élan, une plantation symbolique de 50 arbres au Complexe scolaire d’Akogbato.

Bien sûr, les ombres planent : la croissance galopante des villes béninoises, avec ses 4 % d’urbanisation annuelle, menace toujours d’engloutir les avancées sous des vagues de béton anarchique. Le ministre Tonato l’a martelé : « Sans urbanisation responsable, nos progrès… risquent de s’évaporer. » Pourtant, en écoutant les lauréats de l’hackathon, on sent que l’espoir n’est pas vain. Ces jeunes, nourris aux objectifs du Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2021-2026), ne se contentent pas de rêver : ils codent, ils construisent, ils challengent.

En somme, le FIC 2025 s’est refermé sur ces notes optimistes. L’étincelle est allumée. Et si les villes africaines de demain ressemblent aux prototypes vus cette semaine — inclusives, vertes, connectées — ce sera grâce à ces innovateurs qui redessinent déjà nos horizons urbains.

Présidentielle 2026 : la CENA boucle le dépôt des candidatures

La course est lancée à Cotonou ! La CENA pour l’élection de 2026 a officiellement enregistré cinq duos présidentiels. Ces chiffres illustrent les défis de l’opposition et confirment, à ce stade, la domination politique de la mouvance au pouvoir.

 

Cotonou, 15 octobre 2025 –  La course à la présidence du Bénin pour l’élection d’avril 2026 prend forme. La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a mis un point final, hier mardi, à la phase de dépôt des candidatures, marquant ainsi une étape cruciale du processus électoral.

Au total, la CENA a officiellement enregistré Cinq duos présidentiels qui se répartissent entre la mouvance au pouvoir et l’opposition. Ces binômes, aux profils variés, ont déposé des dossiers et des parrainages dont les chiffres révèlent déjà de fortes disparités quant à leur poids politique. Le seuil minimal de parrainage requis par la loi est fixé à 28 élus.

 

Voici les chiffres provisoires de parrainages collectés :

 

  • Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata (Mouvance présidentielle) : ce duo, porté par les soutiens du pouvoir en place, a largement dépassé les exigences avec 120 parrainages collectés. Un signal fort de la mobilisation des forces au pouvoir.
  • Prince Anatole Ouinsavi et Agathe Bello (Opposition) : Représentant l’opposition, ce tandem n’a pour l’heure enregistré aucun parrainage sur les 28 nécessaires. Une situation qui interroge fortement sur leur capacité à franchir l’étape de validation.
  • Paul Hounkpe et Judicaël Hounwanou (Opposition) : avec 38 parrainages, ce duo oppositionnel dépasse aisément le seuil minimal, démontrant une base solide au sein des élus locaux.
  • Renaud Agbodjo et Bonaventure Lodjou (Opposition) : tout juste à la limite avec 27 parrainages validés (plus un annulé), ce binôme frôle le minimum requis et pourrait voir son sort scellé lors de l’examen final des dossiers.
  • Elisabeth AGBOSSAGA et Boni Neto GANSARÉ (Opposition ) :  Ce duo, qui représente l’opposition, n’a toujours pas reçu de soutien parmi les 28 requis. Une situation qui suscite de sérieuses interrogations sur leur aptitude à passer l’étape de validation.

Ces chiffres, bien que provisoires, illustrent les disparités : la mouvance semble en position de force, tandis que l’opposition peine à consolider ses troupes dans un contexte de restrictions sur les parrainages, souvent dénoncées comme un frein à la pluralité.

 

Prochaines étapes : la CENA publie la liste provisoire le 26 octobre

 

La CENA n’en a pas fini avec le processus. L’institution électorale annonce désormais l’entrée en phase d’étude approfondie des dossiers soumis.  L’objectif est double : vérifier la conformité des candidatures aux critères légaux, des signatures aux pièces administratives.

Par ailleurs, la CENA publiera la liste provisoire des candidatures retenues le 26 octobre 2025, ouvrant la porte à d’éventuels recours et à une clarification définitive du paysage électoral.

Ce scrutin, prévu pour avril 2026, s’annonce comme un test majeur pour la démocratie béninoise. Après les controverses des élections passées, marquées par des exclusions d’opposants et des accusations de dérive autoritaire, la présence de ces quatre duos pourrait-elle incarner un renouveau ou, au contraire, accentuer les fractures ?

 

L’opposition fragmentée face à un pouvoir bien rodé

 

L’absence de candidatures plus nombreuses souligne les défis de l’opposition, minée par des divisions internes et des contraintes réglementaires. Du côté de la mouvance, le tandem Wadagni-Chabi Talata apparaît comme le favori incontesté, bénéficiant d’une machine partisane bien huilée.

Néanmoins, rien n’est joué : l’examen de la CENA pourrait réserver des surprises, et la campagne, une fois lancée, promet des débats enflammés sur l’économie, la sécurité et la gouvernance.

Pour les Béninois, l’enjeu est manifeste : un vote pour l’alternance ou la continuité ? Alors que la date butoir approche, la tension monte à Cotonou et au-delà. La CENA, gardienne de la transparence, aura fort à faire pour apaiser les craintes d’un processus biaisé.

Bénin : Vitali Boton alerte sur les pièges des réseaux sociaux au Parlement

Au Palais des Gouverneurs, siège de l’Assemblée nationale, le « like » est désormais considéré comme un risque professionnel. Le porte-parole Vitali Boton a tiré la sonnette d’alarme sur l’usage des réseaux sociaux, soulignant que chaque agent est un « ambassadeur involontaire » dont la vigilance détermine l’image et l’intégrité de l’institution.

 

Porto-Novo, 14 octobre 2025 – À l’heure où les réseaux sociaux imprègnent chaque instant de notre quotidien, leur usage responsable devient une urgence, surtout dans une institution aussi exposée que l’Assemblée nationale. C’est le message fort porté lundi par Vitali Boton, chef de la cellule de communication et porte-parole du président de l’Assemblée, lors de la traditionnelle « cérémonie des couleurs » au Palais des Gouverneurs. Le thème de cette édition était clair : « L’impact des réseaux sociaux sur nos vies privées, nos pratiques professionnelles et nos carrières dans la fonction publique parlementaire ». Cette sensibilisation est une initiative du président Louis Gbèhounou Vlavonou depuis la 8ᵉ législature, visant à ancrer des valeurs civiques et morales chez le personnel parlementaire, civil et militaire.

Devant un auditoire attentif, Vitali Boton a planté le décor : « Les réseaux sociaux, que nous utilisons presque quotidiennement, façonnent nos comportements, influencent notre image et orientent, souvent à notre insu, le cours de nos carrières et de nos responsabilités. » L’objectif, clair et ambitieux, est de guider la communauté parlementaire vers une maîtrise des opportunités offertes par ces outils – de Facebook à TikTok en passant par X (ex-Twitter) et LinkedIn – tout en évitant les pièges qui menacent vie privée, réputation et image institutionnelle.

L'Assemblée nationale du Bénin, par la voix de son porte-parole Vitali Boton, sensibilise son personnel aux risques des réseaux sociaux, soulignant l'urgence d'un usage responsable pour protéger vie privée, carrières et image institutionnelle face à la porosité entre sphères publique et professionnelle.
© L'Assemblée nationale du Bénin, par la voix de son porte-parole Vitali Boton, sensibilise son personnel aux risques des réseaux sociaux, soulignant l'urgence d'un usage responsable pour protéger vie privée, carrières et image institutionnelle face à la porosité entre sphères publique et professionnelle.

L’omniprésence numérique : ambassadeurs involontaires du Parlement

 

Remontant aux débuts des années 2000, époque où l’accès à Internet au Bénin relevait d’un « véritable luxe », Boton a tracé l’évolution fulgurante des technologies. « En l’espace d’une décennie, le regard porté sur ces outils a radicalement changé. L’explosion des nouvelles technologies de l’information et de la communication a imposé les réseaux sociaux dans nos vies. » Aujourd’hui, de fait, ils structurent relations privées, pratiques professionnelles et carrières publiques. Dans le sanctuaire du Parlement, chaque agent en devient un « ambassadeur involontaire » de l’institution, rendant la vigilance impérative.

Vie privée : une frontière poreuse et risquée

 

Entrant dans le vif du sujet, le communicateur a disséqué l’hyperconnexion qui lie utilisateurs et plateformes. « Les réseaux sociaux ont profondément transformé notre manière de communiquer, de partager et même d’exister publiquement. Toutefois, cette hyperconnexion soulève des interrogations majeures sur la notion même de vie privée. » Celle-ci, espace d’intimité préservée, s’effrite face à des publications qui échappent vite au contrôle, interprétées ou exploitées par autrui.

Les atouts sont indéniables : maintien des liens, accès à des groupes solidaires, outil de mémoire ou encore espace d’expression des passions. Cependant, les ombres planent : exposition de données personnelles, perte de contrôle sur les contenus, traçabilité numérique, atteinte à la réputation, pression psychologique, cyberharcèlement et usurpation d’identité.« La confusion entre sphère publique et sphère privée devient de plus en plus floue », a-t-il averti.

L'Assemblée nationale du Bénin, par la voix de son porte-parole Vitali Boton, sensibilise son personnel aux risques des réseaux sociaux, soulignant l'urgence d'un usage responsable pour protéger vie privée, carrières et image institutionnelle face à la porosité entre sphères publique et professionnelle.
© L'Assemblée nationale du Bénin, par la voix de son porte-parole Vitali Boton, sensibilise son personnel aux risques des réseaux sociaux, soulignant l'urgence d'un usage responsable pour protéger vie privée, carrières et image institutionnelle face à la porosité entre sphères publique et professionnelle.

Les pratiques professionnelles : leviers puissants, pièges subtils

 

Au Parlement, les réseaux ne sont plus de simples loisirs ; ils sont des instruments de travail. Pour les journalistes et communicateurs, un tweet sur X peut « toucher des milliers de citoyens en quelques minutes », diffusant communiqués et informations officielles. Les archivistes y voient une bibliothèque numérique accessible, tandis que juristes et légistes en tirent un outil de veille, d’échange et de vulgarisation du droit, boostant transparence et rayonnement législatif.

Néanmoins, les risques guettent : fuites d’informations sensibles, conflits d’intérêts, perte de crédibilité et prolifération de fake news. « Dans la fonction publique parlementaire, l’impact des réseaux sociaux est particulièrement visible et double : ils offrent des opportunités uniques, mais comportent aussi des risques qu’il convient de connaître », a souligné Boton.

L'Assemblée nationale du Bénin, par la voix de son porte-parole Vitali Boton, sensibilise son personnel aux risques des réseaux sociaux, soulignant l'urgence d'un usage responsable pour protéger vie privée, carrières et image institutionnelle face à la porosité entre sphères publique et professionnelle.
© L'Assemblée nationale du Bénin, par la voix de son porte-parole Vitali Boton, sensibilise son personnel aux risques des réseaux sociaux, soulignant l'urgence d'un usage responsable pour protéger vie privée, carrières et image institutionnelle face à la porosité entre sphères publique et professionnelle.

Le défi : le devoir de réserve imposé par les hautes responsabilités

 

Le cœur du débat repose sur la porosité entre vie privée et professionnelle, exacerbée par les hautes responsabilités. « Plus les responsabilités sont élevées, plus cette frontière devient difficile à tracer », a expliqué le porte-parole, citant des exemples concrets : un commentaire du secrétaire général administratif lu comme une position officielle, ou une réflexion d’un directeur des services législatifs rattachée à un projet de loi. « Servir une institution d’une telle envergure impose de considérer que, sur les réseaux sociaux, nous ne nous exprimons jamais totalement en notre nom propre. » Boton a aussi évoqué l’influence sur les carrières – positives pour le networking, néfastes via la désinformation – et les enjeux spécifiques pour le groupe de sécurité de l’Assemblée, où discrétion rime avec survie.

Vitali Boton : Dix recommandations pour un usage éclairé et responsable

 

Face à ces écueils, Boton n’a pas lésiné sur les solutions, listant dix bonnes pratiques taillées pour la fonction publique parlementaire : Premièrement, préserver confidentialité et sécurité des données ; deuxièmement, respecter devoir de réserve et neutralité politique ; séparer vie pro et privée ; faire preuve de discrétion et modestie ; éviter confusion entre opinion personnelle et institutionnelle ; vérifier fiabilité des informations ; protéger image personnelle et institutionnelle ; s’abstenir de publications polémiques ou émotionnelles ; et participer aux formations tout en respectant la charte interne.

« La fonction publique parlementaire n’est pas une administration comme les autres : elle implique des devoirs de réserve, de neutralité et de loyauté renforcés. Entre vie professionnelle et vie privée, la frontière est souvent ténue », a-t-il martelé, appelant à une vigilance accrue.

 

Vitali Boton appelle à la responsabilité collective

 

En bouclant son intervention, Vitali Boton a réaffirmé le potentiel des réseaux : « Des alliés puissants, à condition de les utiliser avec discernement, responsabilité et rigueur. » Cette communication, saluée par les participants, s’inscrit dans une dynamique plus large de formation éthique au Parlement, d’autant plus que le Bénin navigue dans un écosystème numérique en pleine expansion.

Reste à voir si ces conseils percoleront au-delà des couloirs du Palais des Gouverneurs, dans un pays où 70 % de la population est connectée. Une chose est sûre : dans l’arène parlementaire, un like de trop pourrait bien peser sur l’équilibre des pouvoirs.

Présidentielle : Le retrait de Sodjinou met Les Démocrates en danger

Le compte à rebours est lancé. À peine officialisée, la candidature du duo Agbodjo-Lodjou pour l’élection présidentielle de 2026 au Bénin est déjà menacée. Le retrait in extremis d’un seul parrainage plonge le parti Les Démocrates sous le seuil légal et met en péril l’espoir de l’opposition de se présenter face à la majorité présidentielle.

 

Cotonou, 14 octobre 2025 – Dans un climat de confusion et de divisions larvées, le parti d’opposition Les Démocrates (LD) a officialisé in extremis, dans la nuit du 13 au 14 octobre, son duo de candidats pour l’élection présidentielle d’avril 2026. Le parti a choisi Me Renaud Agbodjo, figure montante du parti, comme candidat à la présidence, aux côtés de Jude Lodjou pour le poste de vice-président. Toutefois, cette décision, prise après des heures de tractations houleuses, risque d’être compromise par un retrait de parrainage qui fragilise l’ensemble du processus.

 

Les Démocrates : un processus de désignation marqué par le chaos

 

Le climat au quartier général du parti, qui se trouve à Cotonou, s’est brusquement alourdi hier lundi, jour fatidique annoncé pour la validation du ticket présidentiel. En effet, ce qui était censé être une réunion paisible, marquée dès le matin par la confiance calme des partisans, a viré au chaos à cause des dissensions internes, des contestations virulentes et des échanges enflammés. D’après des sources locales, le processus de désignation, supervisé par un comité de sélection mis en place fin septembre conformément aux statuts du parti, a subi des perturbations dues à des rivalités de leadership persistantes.

 

Le retrait de parrainage qui fragilise la candidature du LD

 

Au cœur de cette tourmente : le député Michel François Sodjinou, qui a saisi le président du parti, l’ancien chef de l’État Thomas Boni Yayi, par voie d’huissier pour retirer son parrainage. Cet acte, survenu en pleine journée du 13 octobre, a visiblement ébranlé l’ex-président, contraint de se retirer momentanément des travaux. La justice a rapidement réagi : un juge de première instance de Cotonou a ordonné la restitution immédiate du formulaire de parrainage à Sodjinou, soulignant la fragilité du consensus interne au LD.

Or, ce retrait n’est pas anodin : le parti ne disposait que de 28 parrains – le seuil minimum requis par le Code électoral réformé (28 élus de 15 circonscriptions au moins) – et par conséquent, en perdant un, il tombe à 27, rendant la candidature irrecevable auprès de la Commission électorale nationale autonome (CENA).

 

Les Démocrates : le choix du duo Agbodjo-Lodjou malgré les fractures internes

 

Néanmoins, malgré ces remous, le Conseil national du LD, réuni en huis clos de 2 h à 6 h du matin, a tranché pour le duo Agbodjo-Lodjou. Ce choix, issu d’un processus de consensus parmi une trentaine d’aspirants – un engouement inédit pour le parti d’opposition –, vise à capitaliser sur des profils « capables d’obtenir l’adhésion populaire », comme le prévoit l’article 71 des statuts. Parmi les autres prétendants figuraient des poids lourds comme Éric Houndété, premier vice-président du parti. De plus, Boni Yayi, dont l’influence plane toujours sur Les Démocrates, a tenté de recoller les morceaux, mais les fractures, exacerbées par des dissidences comme celle de Nourou-Dine Saka Saley, opposant farouche au leadership actuel, persistent.

Le parti d'opposition béninois Les Démocrates officialise in extremis son duo Agbodjo-Lodjou pour la présidentielle de 2026, mais la candidature est immédiatement menacée par le retrait d'un parrainage vital, laissant la voie libre à la majorité Wadagni-Talata Zimé.
© Le parti d'opposition béninois Les Démocrates officialise in extremis son duo Agbodjo-Lodjou pour la présidentielle de 2026, mais la candidature est immédiatement menacée par le retrait d'un parrainage vital, laissant la voie libre à la majorité Wadagni-Talata Zimé.

La majorité présidentielle sans accroc protocolaire

 

Pendant ce temps, de l’autre côté du spectre politique, la majorité au pouvoir savoure un sans-faute protocolaire. Le duo Romuald Wadagni – ministre de l’Économie et des Finances – et Mariam Chabi Talata Zimé, présidente de l’Assemblée nationale, a déposé son dossier à la CENA le même 13 octobre, devenant ainsi le premier ticket à franchir cette étape cruciale. Accompagnés d’un cortège festif, ils ont reçu un récépissé provisoire des mains du président de la Commission, Roberto Carlos Gnandjihounde, dans une ambiance euphorique. Cet acte marque la primauté de la mouvance présidentielle dans la course à la magistrature suprême, profitant potentiellement des déboires de l’opposition.

 

L’incertitude plane sur la démocratie béninoise

 

Cette confusion chez Les Démocrates illustre une fois de plus les défis de la démocratie béninoise, où les institutions peinent à refléter leur sens étymologique et génèrent des crises récurrentes sur leur chemin. Avec la clôture des dépôts à la CENA ce 14 octobre, l’incertitude plane : le LD parviendra-t-il à combler le vide de parrainage in extremis ? Ou bien cette division profitera-t-elle au camp au pouvoir, favori dans les sondages ? Les prochaines heures seront décisives pour l’avenir de l’opposition, alors que la présidentielle 2026 entre dans sa phase la plus chaude.

Le Bénin et le Maroc scellent une alliance stratégique pour un développement commun

À Rabat, la coopération décentralisée entre le Bénin et le Maroc franchit un cap décisif. Luc Sètondji Atrokpo, Maire de Cotonou et Président de l’ANCB, a signé une convention stratégique avec l’AMPCC pour renforcer les liens entre collectivités locales

 

Rabat, 9 octobre 2025 – Dans un élan de fraternité continentale qui transcende les frontières, la coopération décentralisée entre le Bénin et le Maroc s’ancre désormais dans le concret. Elle illustre avec force comment les échanges entre collectivités territoriales peuvent devenir des moteurs de progrès mutuel et de transformation locale.

À ce titre , Luc Sètondji Atrokpo, Maire de Cotonou, Président de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) et Vice-président de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), a paraphé, le mardi 7 octobre 2025, une convention de partenariat avec l’Association Marocaine des Présidents des Conseils Communaux (AMPCC).  Cette alliance stratégique, fruit d’une initiative conjointe entre la Direction Générale des Relations Extérieures (DGRE) et l’ANCB, vise à tisser un réseau solide de collaborations au service des citoyens des deux nations.

Le Bénin et le Maroc signent une convention de coopération décentralisée. Objectif : mutualiser les expertises locales pour un développement territorial inclusif.
© Le Bénin et le Maroc signent une convention de coopération décentralisée. Objectif : mutualiser les expertises locales pour un développement territorial inclusif.

Un cadre prometteur pour une coopération Sud-Sud exemplaire

 

Ainsi, cette entente formelle, signée au nom de l’ANCB, ouvre des perspectives prometteuses pour une coopération Sud-Sud exemplaire. Elle met l’accent sur le partage d’expertises et de bonnes pratiques, favorisant l’émergence de projets financés conjointement entre villes béninoises et marocaines. Parmi les axes prioritaires, figurent l’éducation, la santé, la protection de l’environnement, la préservation culturelle et l’intégration du numérique — autant de domaines essentiels pour répondre aux aspirations quotidiennes des populations et stimuler un développement inclusif et résilient.

Le Bénin et le Maroc signent une convention de coopération décentralisée. Objectif : mutualiser les expertises locales pour un développement territorial inclusif.
© Le Bénin et le Maroc signent une convention de coopération décentralisée. Objectif : mutualiser les expertises locales pour un développement territorial inclusif.

Des retombées tangibles pour les collectivités locales

 

« Cette signature marque un jalon décisif dans nos efforts pour unir nos forces locales au-delà des océans, en transformant les défis communs en opportunités collectives », a déclaré M. Atrokpo, soulignant l’importance de cette plateforme pour l’échange d’innovations adaptées aux réalités territoriales. De son côté, l’AMPCC, représentée par ses instances dirigeantes, a salué cette avancée comme un témoignage de la vitalité des relations bilatérales, appelant à une mise en œuvre rapide des initiatives pour un impact tangible sur le terrain.

Le Bénin et le Maroc : vision et perspectives

 

Par ailleurs, cette convention s’inscrit dans une vision plus large de renforcement des capacités locales, en cohérence avec les engagements du Bénin en matière de gouvernance décentralisée et de solidarité panafricaine. Elle permettra non seulement de mutualiser les ressources pour des programmes pilotes, mais aussi de former les cadres communaux aux meilleures pratiques, favorisant ainsi une croissance harmonieuse au bénéfice des communautés urbaines et rurales.

Enfin, les autorités béninoises, par le biais de l’ANCB et de la DGRE, réaffirment leur détermination à cultiver ces partenariats dynamiques, qui contribuent à une Afrique plus unie, plus résiliente et plus prospère.

Alors que cette coopération prend forme, de nouvelles opportunités émergent pour renforcer les liens entre les territoires africains. Il appartient désormais aux collectivités, aux acteurs locaux et aux partenaires techniques de transformer cette dynamique en projets concrets, porteurs de changement durable. Le chemin est tracé — reste à l’emprunter ensemble.