Bénin : tempête dévastatrice à Bembéréké, la ville du Borgou secouée

Bembéréké dévastée par une tempête exceptionnelle : l’heure est à la solidarité et à la reconstruction

Dans la nuit du 29 avril, la commune de Bembéréké, nichée au cœur du département du Borgou, a été frappée par une tempête d’une violence rare. Les vents furieux ont arraché les toits, déraciné les espoirs et laissé des familles démunies face à un ciel désormais trop vaste. Cette bourrasque, aussi soudaine qu’impitoyable, a non seulement ébranlé les foyers, mais aussi mutilé le patrimoine collectif : salles de classe, lieux de culte et infrastructures communautaires gisent, blessés, sous le poids des décombres. Malgré tout, dans cette cité historique où la légende de Bio Guerra murmure encore, l’élan de résilience commence à poindre, porté par une communauté unie et des autorités mobilisées.

Nuit de chaos : quand la fureur du vent frappe sans pitié

En effet, cette furie venue du ciel n’a laissé aucune chance. Bembéréké, ville de savanes boisées et de traditions séculaires, n’était pas préparée à une telle furie. Selon les premiers témoignages, la tempête a frappé en fin de soirée, alors que la commune s’endormait sous un ciel trompeusement paisible. Les vents, hurlant comme des esprits déchaînés, ont balayé les quartiers, arrachant les toitures de tôle des habitations modestes et des bâtiments publics. Des familles, surprises dans leur sommeil, se sont retrouvées sans abri, leurs biens éparpillés par la rage éphémère de la nature. « C’était comme si le ciel s’effondrait sur nous », confie Bodjô, une mère de famille du quartier Bouanri, encore sous le choc.

Conséquence directe, les dégâts matériels sont considérables. Des écoles, piliers de l’avenir des jeunes Bembérékéens, ont vu leurs salles de classe éventrées, les toits emportés, les bancs exposés aux intempéries. L’école primaire publique de Gando, déjà vétuste, compte ainsi parmi les victimes. Les lieux de culte, refuges spirituels des musulmans majoritaires, des chrétiens et des adeptes des religions endogènes, n’ont pas été épargnés. Les centres communautaires, lieux de rassemblement et d’échanges, ont également subi des dommages, privant la population de précieux espaces de solidarité.

Face aux assauts climatiques : la vulnérabilité des bâtiments en question

Cet événement s’inscrit malheureusement dans un contexte de variabilité climatique préoccupant pour le nord du Bénin. Selon des études locales, la région de Bembéréké est de plus en plus exposée à des phénomènes météorologiques extrêmes, exacerbés par le changement climatique. Les vents violents, souvent amplifiés en saison sèche par l’harmattan, cet alizé brûlant venu du Sahara, deviennent plus fréquents entre mars et avril, période de transition vers la saison des pluies. « La tempête de vent s’accentue en période sèche et peut causer des dégâts imprévisibles », note un rapport de l’Agence Nationale de la Météorologie (METEO-BENIN), qui souligne donc l’urgence d’une meilleure anticipation des risques climatiques.

Corrélativement, les infrastructures, souvent construites avec des matériaux modestes, peinent à résister à ces assauts. À Bembéréké, comme dans d’autres communes du Borgou, les bâtiments publics souffrent d’un entretien insuffisant, un problème aggravé par des sols instables et des ressources limitées. À Bembéréké, la tempête a mis en lumière ces vulnérabilités, posant ainsi la question cruciale de l’adaptation des infrastructures aux défis climatiques.

Une violente tempête a dévasté la commune de Bembéréké au Bénin dans la nuit du 29 avril , causant des dégâts majeurs aux habitations .
© Une violente tempête a dévasté la commune de Bembéréké au Bénin dans la nuit du 29 avril , causant des dégâts majeurs aux habitations .
L’Élan de solidarité s’organise : Bembéréké debout dans l’attente de l’aide urgente

Face à cette désolation massive, la solidarité s’organise. Dès l’aube de ce 30 avril, les habitants, soutenus par les autorités locales, ont commencé à déblayer les débris et à offrir un refuge temporaire aux sinistrés. Le maire Garba Yaya a promis une réponse rapide, annonçant notamment la mobilisation de fonds d’urgence pour les familles sans abri et la réparation des bâtiments publics. « Bembéréké est une terre de résilience. » « Nous rebâtirons, plus forts », a-t-il déclaré, fidèle à l’esprit de cette commune dans laquelle l’hospitalité et la ténacité sont des valeurs cardinales.

Le gouvernement béninois, à travers le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), pourrait jouer un rôle clé. Déjà engagé dans la modernisation des infrastructures à Bembéréké, avec des projets comme la route Guessou-Sud-Fô Bouré-Sinendé ou la ligne électrique Parakou-Bembéréké-Kandi-Malanville, il dispose d’outils pour accompagner la reconstruction. Cependant, les sinistrés appellent à une aide immédiate : tentes, vivres et matériaux de construction sont nécessaires pour surmonter les prochaines semaines, alors que la saison des pluies approche, menaçant d’aggraver les conditions de vie.

Reconstruire, mais aussi prévenir : l’appel à bâtir un avenir plus résilient

Au-delà de l’urgence, la tempête de Bembéréké rappelle que la lutte contre les catastrophes naturelles ne peut se limiter à la reconstruction. Elle exige une vision à long terme : des infrastructures résilientes, une meilleure planification urbaine ainsi qu’une sensibilisation des communautés aux risques climatiques, comme le préconise le programme PAVICC, lancé en 2020 pour adapter les villes béninoises au changement climatique.

Dans la cité des Wèwèré, où la forêt sacrée abrite une source intarissable, symbole de vie et de renouveau, Bembéréké refuse de ployer. Cette tempête, aussi cruelle soit-elle, n’aura pas le dernier mot. À Bembéréké, on sait que des cendres naissent les promesses d’un lendemain plus solide, bâti par des mains unies et des cœurs vaillants.

Cotonou : le Bénin sonne le rassemblement contre le paludisme

Journée mondiale contre le paludisme 2025  : une leçon d’engagement collectif à Cotonou

La salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou s’est parée d’une solennité fervente pour accueillir le lancement officiel de la 18ᵉ Journée mondiale de lutte contre le paludisme. L’événement était placé sous l’égide d’un thème incisif et porteur d’espoir : « Réinvestir, réimaginer et raviver nos efforts communs pour mettre fin au paludisme ».

Orchestré le 25 avril, par le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, cet événement crucial a réuni un aréopage impressionnant de personnalités – le préfet du Littoral Alain Orounla, des émissaires de l’UNICEF, des directeurs départementaux de la santé, de nombreux partenaires financiers et une mosaïque diverse de citoyens, des enfants aux aînés.

De fait, ce cénacle n’était pas une simple commémoration annuelle, mais une leçon magistrale sur la résilience, la collaboration et l’urgence absolue d’éradiquer un fléau qui, malgré les progrès indéniables accomplis, continue d’endeuiller profondément le Bénin.

Paludisme au Bénin : L’ennemi N°1 qui saigne les vies et l’économie

Inaugurée par l’Organisation mondiale de la santé en 2007, la Journée mondiale contre le paludisme, célébrée chaque 25 avril, vise à galvaniser la communauté internationale face à une maladie qui, bien que parfaitement préventive et traitable, fauche encore environ 600 000 vies annuelles à travers le monde, dont une part alarmante de 80 % en Afrique. Au Bénin, le paludisme demeure, hélas, un titan des maux : il s’impose comme la première cause de consultation et d’hospitalisation dans les centres de santé, il accable lourdement le système de santé national et constitue, surtout, la principale menace pour la survie des enfants de moins de 5 ans. Comme l’a énoncé Alain Orounla, préfet du Littoral, avec une gravité poignante : « Chaque minute, quelque part dans le monde, un enfant succombe à ce fléau. » Cette statistique, loin d’être une simple abstraction, révèle l’urgence impérieuse d’une mobilisation sans relâche et d’une action accélérée.

Alain Orounla a, par ailleurs, rappelé que cette journée symbolique, née d’une résolution forte de l’Assemblée mondiale de la santé, est un miroir tendu aux nations pour évaluer leurs avancées, identifier leurs lacunes et redessiner leurs stratégies de lutte. Au Bénin, où près de 40 % des consultations médicales sont directement liées au paludisme, l’enjeu transcende la seule dimension sanitaire : il est profondément économique, avec des pertes de productivité estimées à un coût exorbitant de 2 % du PIB national, et social, en causant un retard scolaire notable et un absentéisme chronique qui hypothèquent l’avenir de la jeunesse.

Ce constat initial est, donc, clair : combattre le paludisme avec détermination, c’est investir massivement dans la vitalité, la productivité et l’avenir d’une nation entière.

Cotonou 2025 : Le Bénin a commémoré la 18e Journée Mondiale Paludisme en dressant le bilan des progrès et défis,
© Cotonou 2025 : Le Bénin a commémoré la 18e Journée Mondiale Paludisme en dressant le bilan des progrès et défis,
Paludisme au Bénin : avancées majeures ébranlées par les défis de terrain

Lazare Noulekou, président du comité « Zéro Palu », a dressé un tableau nuancé, mais réaliste des efforts béninois dans cette guerre sanitaire. Depuis 2016, sous l’impulsion décisive du président Patrice Talon, le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a intensifié massivement la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée, couvrant désormais près de 90 % des ménages en 2024, et a élargi significativement l’accès aux traitements efficaces à base d’artémisinine sur tout le territoire.

De plus, la campagne de pulvérisation intra-domiciliaire dans les zones à haut risque épidémiologique, comme les départements du Zou et de l’Alibori, a permis de réduire l’incidence du paludisme de 25 % depuis 2020, un progrès notable. Pourtant, des écueils majeurs persistent et menacent ces acquis : l’accès encore limité aux services de santé de qualité dans les zones rurales reculées, où réside près de 60 % de la population béninoise, et la résistance croissante et préoccupante des moustiques aux insecticides utilisés menacent de réduire l’efficacité des interventions.

Lazare Noulekou a, en outre, souligné un point nodal et souvent sous-estimé : le paludisme n’est pas qu’un simple fardeau médical, mais un frein structurel au développement économique et social du pays. Les coûts directs et indirects des soins, souvent assumés lourdement par les ménages, plongent des familles entières dans la précarité et la pauvreté, tandis que les décès d’enfants – qui représentent encore un chiffre tragique de 12 % des morts infantiles en 2024 – hypothèquent gravement le potentiel humain et l’avenir du Bénin.

Cette réflexion met en lumière une réalité incontournable : combattre le paludisme efficacement nécessite impérativement une approche globale et multisectorielle, intégrant étroitement la santé publique, l’éducation, l’amélioration de l’habitat et l’équité sociale.

Face au Palu, le Bénin réinvestit massivement et réimagine la lutte via l’innovation et la solidarité

C’est dans cette perspective renouvelée qu’Ousmane Niang, représentant de l’UNICEF au Bénin, a décrypté le thème de cette année comme une injonction claire à repenser et accélérer les stratégies de lutte. « Réinvestir », a-t-il expliqué, signifie mobiliser les fonds nécessaires.  Le Bénin a, à ce titre, alloué un budget conséquent de 15 milliards de FCFA au PNLP en 2025, complété par le soutien essentiel de partenaires majeurs comme le Fonds mondial.

« Réimaginer », c’est innover sans cesse, à l’image des tests prometteurs de drones menés dans le département de l’Atacora pour livrer rapidement des médicaments essentiels dans les zones difficiles d’accès, ou des campagnes SMS innovantes pour sensibiliser efficacement les communautés aux bonnes pratiques.

« Raviver », enfin, c’est fédérer toutes les énergies, comme le montre brillamment l’initiative citoyenne « Zéro Palu ! » « Je m’engage », qui a mobilisé activement 500 écoles en 2024 pour promouvoir l’hygiène et la prévention auprès des plus jeunes.

Cotonou 2025 : Le Bénin a commémoré la 18e Journée Mondiale Paludisme en dressant le bilan des progrès et défis,
© Cotonou 2025 : Le Bénin a commémoré la 18e Journée Mondiale Paludisme en dressant le bilan des progrès et défis,
Unis contre le paludisme : le ministre Hounkpatin célèbre les avancées et appelle à la mobilisation

Le ministre Hounkpatin, dans une allocution empreinte de gravité et de détermination, a salué cet élan collectif prometteur tout en rappelant la gravité persistante du défi à relever. « Le paludisme est une hydre qui entrave et affaiblit nos communautés, il pèse lourdement sur le développement et le bien-être de nos populations », a-t-il déclaré avec force, citant les hospitalisations nombreuses (représentant 35 % des cas graves en 2024) et les décès infantiles encore trop fréquents comme preuves de l’urgence.

Il a, par la même occasion, rendu un hommage appuyé au Président Talon pour avoir fait de la santé une priorité absolue de son mandat, avec des réformes structurelles ambitieuses comme l’Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), qui couvre désormais les soins liés au paludisme pour plus de 2 millions de Béninois vulnérables.

Cette approche globale et volontariste met en évidence un principe fondamental : un leadership visionnaire et engagé, porté par une communauté nationale et des partenaires mobilisés, peut accomplir des exploits extraordinaires et renverser des situations qui semblaient désespérées.

Cotonou 2025 : Le Bénin a commémoré la 18e Journée Mondiale Paludisme en dressant le bilan des progrès et défis,
© Cotonou 2025 : Le Bénin a commémoré la 18e Journée Mondiale Paludisme en dressant le bilan des progrès et défis,
Vaincre le Palu : Cotonou lance un appel à l’action collective pour un Bénin sans maladie

La cérémonie à Cotonou, ponctuée de témoignages émouvants de femmes et d’enfants directement touchés par la maladie, mais aussi acteurs de la lutte, a incarné la diversité et la richesse des acteurs engagés dans ce combat : des agents de santé communautaires dévoués aux partenaires internationaux comme l’UNICEF, en passant par les enseignants qui intègrent activement la prévention dans leurs cours et les chercheurs qui innovent sans relâche.

En quittant la salle bleue, le ministre Hounkpatin a lancé un défi ambitieux, mais réalisable à l’ensemble de la nation : « Faisons ensemble du paludisme un simple souvenir lointain. » Cette ambition audacieuse, portée par le Bénin avec le soutien indéfectible de ses partenaires, enseigne que la victoire définitive contre une maladie séculaire et dévastatrice repose fondamentalement sur l’unité nationale, l’innovation constante et la persévérance sans faille.

Cajou Africain : Conakry 2025, sommet de tous les enjeux

Le 7ᵉ Conseil du CICC à Conakry  : une masterclass de stratégie pour l’anacarde africaine

Du 24 au 26 avril 2025, Conakry, capitale vibrante de la Guinée, s’est métamorphosée en agora continentale pour accueillir le 7ᵉ Conseil des Ministres du Conseil International Consultatif du cajou (CICC). Sous la houlette de l’Honorable Elizabeth Ofosu-Adjare, ministre ghanéenne du Commerce, et avec la présence remarquée de la ministre béninoise de l’Industrie et du Commerce Shadiya Alimatou Assouman, ce cénacle a réuni onze nations – Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Nigeria, Sénégal, Togo – ainsi que le Mozambique, observateur en lice pour une adhésion.

De fait, ce conclave, véritable creuset d’idées, a disséqué les enjeux cruciaux de la filière anacarde, esquissant des perspectives audacieuses pour en faire un levier puissant de prospérité africaine.

L’agenda de Conakry : transformer, réguler et s’unir

Le CICC s’érige en sentinelle de l’anacarde, orchestrant une harmonie politique et économique parmi ses membres. À Conakry, les délégations ont scruté, avec une attention particulière, des dossiers cruciaux, tels que le rapport d’activités 2024 du secrétariat exécutif, dirigé par le Béninois André Tandjiékpon, et les recommandations pressantes des commissions techniques.

Les débats, d’une densité rare, ont embrassé des thématiques aussi vitales que la régulation des flux transfrontaliers – un défi majeur pour juguler les exportations brutes illicites qui privent le continent de valeur ajoutée – et l’ébauche ambitieuse d’une bourse régionale du cajou, un projet essentiel porté par la Côte d’Ivoire pour dynamiser et structurer les échanges. Par ailleurs, l’adhésion imminente du Mozambique, douzième membre potentiel, a scellé l’ambition manifeste d’élargir cette alliance panafricaine et de renforcer son poids économique.

Le Bénin, fer de lance de la transformation locale : un modèle pour le continent ?

Illustrant cette dynamique et l’engagement des États membres, la ministre Shadiya Alimatou Assouman, incarnation de l’engagement béninois, a brillé par ses interventions percutantes. Elle a vanté les avancées notables de son pays dans la transformation locale : un prix planché de 375 FCFA/kg ferme pour la campagne 2024-2025, une interdiction stricte d’exportation des noix brutes pour privilégier la transformation locale, et la construction accélérée de dix usines de traitement, dont cinq sont déjà opérationnelles. Ces mesures, a-t-elle argué avec force, incarnent une véritable « refondation économique » où l’anacarde, avec ses 150 000 tonnes annuelles, devient un pilier stratégique de la diversification et de la création de richesse.

Conakry trace la voie : doubler la transformation et viser les marchés mondiaux

Les travaux intenses du Conseil ont accouché de décisions d’une portée inouïe pour l’avenir de la filière. Tout d’abord, un Comité de relance de la filière, résolument axé sur la transformation locale, a été institué avec pour mission claire de doubler les capacités de traitement d’ici à 2030, alors que, actuellement, seulement 7 % des noix africaines sont transformées sur place. Ensuite, un plan d’harmonisation des normes de qualité, inspiré des standards internationaux les plus exigeants, facilitera l’accès aux marchés mondiaux lucratifs, où la demande pour les amandes de cajou croît de 5 % par an.

De plus, la Côte d’Ivoire, premier producteur avec un volume impressionnant de 1,2 million de tonnes en 2024, a été mandatée pour explorer activement une cotation boursière, un dessein novateur destiné à stabiliser les prix et à attirer massivement les investisseurs. Enfin, des mécanismes de financement ciblés, soutenus par des partenaires stratégiques comme GIZ/MOVE-ComCashew, renforceront les unités de transformation existantes ou en projet, avec une attention particulière pour les initiatives portées par les femmes et les jeunes, acteurs clés de cette chaîne de valeur en mutation.

Ces résolutions affirment une vérité cardinale et urgente : l’anacarde ne représente plus une culture subalterne réservée à l’exportation brute, mais devient un levier stratégique de souveraineté économique pour les nations africaines. Ibrahima Sanfo de l’Alliance Africaine du Cajou l’a justement souligné : « Le cajou, jadis cantonné à la subsistance, propulse désormais l’exportation de produits à valeur ajoutée avec une force nouvelle. »Pourtant, des écueils majeurs persistent et freinent ce potentiel : la faiblesse persistante de la transformation locale, les disparités importantes de prix (425 FCFA/kg en Côte d’Ivoire contre 390 FCFA/kg au Mali, par exemple) et les flux transfrontaliers non maîtrisés qui continuent de saigner l’économie légale.

Le CICC : L’Union panafricaine au service de l’or gris africain

Malgré ces défis, le CICC, en fédérant des nations aux contextes hétérogènes, illustre la puissance inégalée de la concertation et de l’action commune. La présidence guinéenne de l’institution, confiée à Félix Lamah, ministre de l’Agriculture, s’engage avec ambition à promouvoir « l’innovation, la transformation et la collecte rigoureuse de données » pour accroître significativement la contribution du cajou au PIB national et régional. Cette vision, portée par des initiatives d’envergure comme le programme « Simandou 2040 » en Guinée (orienté vers le développement économique intégré), résonne fortement avec les efforts structurants du Bénin, où Shadiya Assouman a défendu et mis en œuvre une industrialisation locale audacieuse via des zones économiques spéciales comme Glo-Djigbé.

Leçon de gouvernance : l’audace politique béninoise, clé de la valeur ajoutée

Dans cette optique, le rôle du Bénin, sous la férule éclairée de la ministre Assouman, est emblématique et inspirant. En interdisant l’exportation des noix brutes et en investissant massivement dans des usines modernes, le pays enseigne que la valeur ajoutée naît d’abord de l’audace politique et d’une vision à long terme. D’ailleurs, lors de la 18ᵉ Conférence de l’Alliance Africaine du Cajou à Cotonou en septembre 2024, Shadiya Assouman avait déjà prôné, avec conviction, l’établissement de « chaînes de valeur transparentes » et équitables. À Conakry, elle a réitéré cet appel essentiel, plaidant avec force pour l’adoption de normes éthiques et environnementales strictes, conformes notamment à la directive européenne sur la durabilité, afin de positionner le cajou africain sur les marchés les plus exigeants.

Conakry 2025 : Le 7e Sommet du CICC, véritable agora continentale, a tracé la feuille de route pour transformer la filière cajou africaine,
© Conakry 2025 : Le 7e Sommet du CICC, véritable agora continentale, a tracé la feuille de route pour transformer la filière cajou africaine,
Cajou : un appel urgent à l’action pour une prospérité partagée

En fin de compte, Ce 7ᵉ Conseil dépasse le cadre d’une simple formalité administrative : il incarne un appel puissant à reconsidérer l’anacarde comme un pilier essentiel du développement durable et inclusif en Afrique. Pour les agriculteurs, il ouvre la voie à une stabilité accrue des revenus grâce à l’instauration de prix planchers harmonisés et à l’élimination des intermédiaires abusifs. Pour les décideurs, il exige une vigilance renforcée ainsi qu’une coopération efficace pour lutter contre les flux transfrontaliers illégaux, qui compromettent directement les initiatives de transformation locale. Quant à la jeunesse africaine, ce Conseil offre un horizon prometteur, avec de nombreuses opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat dans un secteur en pleine expansion qui mobilise déjà 2,5 millions de travailleurs sur le continent.

En somme, Conakry 2025 a été une chaire d’apprentissage et d’engagement, où l’anacarde, humble noix aux origines modestes, s’est muée en emblème d’unité, de résilience et d’ambition économique africaine. À l’image de Shadiya Alimatou Assouman, dont l’éloquence et la vision ont porté haut la voix du Bénin, chaque nation membre a réaffirmé une vérité pérenne : l’avenir économique de l’Afrique se forge résolument par la coopération renforcée, l’innovation audacieuse et la valorisation intelligente de ses propres richesses naturelles. Que cette leçon inspire durablement les générations actuelles et futures à faire du cajou un étendard vibrant de prospérité continentale partagée.

Le CQM 2025  : une porte ouverte vers la maîtrise artisanale au Bénin

Le Bénin certifie ses Métiers : lancement du CQM 2025, un pilier de la professionnalisation et du développement

Cotonou, 28 avril 2025 – Ce lundi, la Maison de l’Espérance à Cotonou s’est muée en un sanctuaire d’ambition et de savoir-faire, accueillant le lancement officiel de la session d’avril de l’examen du Certificat de Qualification aux Métiers (CQM).  En effet, sous l’égide du ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, Modeste Tihounté Kérékou, et avec l’appui technique de la Direction des Examens et Concours, cet événement a marqué un jalon décisif dans la valorisation de l’artisanat béninois. Avec 35 496 candidats répartis dans 140 métiers à travers 109 centres d’examen et 1 509 sites de composition, le CQM rénové s’affirme comme un pilier de la professionnalisation et du développement socio-économique du Bénin.

Au cœur de l’artisanat : le CQM, diplôme clé pour les 140 métiers du second pilier social du Bénin

Par ailleurs, ce lancement officiel à la Maison de l’Espérance s’inscrit dans le cadre de l’examen du Certificat de Qualification aux Métiers, instauré pour certifier les compétences des apprenants ayant achevé leur formation auprès de maîtres artisans. Ce diplôme est bien plus qu’un diplôme : c’est une reconnaissance étatique de l’excellence artisanale. Depuis sa réforme en 2023, sous l’impulsion du président Patrice Talon, le CQM a gagné en rigueur et en prestige, étant aligné sur les standards des autres examens nationaux.

Organisé par la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin (CMA-Bénin) avec le concours de la Direction des Examens et Concours, il couvre un spectre impressionnant de 140 métiers, regroupés en huit branches d’activités et 40 corps de métiers, selon la nomenclature de l’UEMOA. De la menuiserie à la pâtisserie, de l’électricité à la couture, en passant par la ferronnerie et la coiffure, le CQM célèbre la diversité et la vitalité de l’artisanat, deuxième pilier social du Bénin après l’agriculture.

La Langue du Savoir-Faire : une flexibilité unique pour le CQM, un modèle d’accessibilité en Afrique francophone

Au-delà de sa définition, de sa réforme et de sa portée nationale, Modeste Tihounté Kérékou a souligné une particularité remarquable lors de la cérémonie de lancement : «  Le CQM est le seul examen dans notre pays qui ne se passe pas exclusivement en langue française.  » en outre , cette flexibilité linguistique, permettant aux candidats de composer dans des langues locales comme le fon, le yoruba ou le dendi, reflète une volonté d’inclusion, reconnaissant que le savoir-faire artisanal transcende les barrières linguistiques. Cette approche, rare en Afrique francophone, garantit l’accessibilité à des milliers d’apprenants, souvent issus de milieux ruraux ou peu scolarisés, renforçant ainsi l’équité dans l’accès à la certification.

35 496 rêves à certifier : L’organisation pointilleuse du CQM, des épreuves théoriques aux démonstrations pratiques

Cette volonté d’inclusion, symbolisée par la flexibilité linguistique, et cette large portée nationale nécessitent une organisation méticuleuse et de grande envergure. Ainsi, la session d’avril 2025, qui se déroule du 28 avril au 5 mai, mobilise une logistique impressionnante : 35 496 candidats, dont environ 30 % de femmes, sont répartis dans 109 centres d’examen à travers les 12 départements du Bénin. Par ailleurs, les 1 509 sites de composition, allant des lycées techniques aux centres de formation professionnelle comme ceux d’Akassato et de Porto-Novo, accueillent des épreuves théoriques et pratiques, conçues pour évaluer à la fois les connaissances techniques et les compétences manuelles. Chaque candidat, qu’il soit maçon, plombier ou tisserand, doit démontrer une maîtrise acquise au fil d’années d’apprentissage, souvent sous la tutelle de maîtres artisans.

Innovation et rigueur : la préparation du CQM 2025, entre formation des concepteurs et digitalisation des inscriptions

Cette organisation impressionnante et la gestion d’un tel volume de candidats sont le fruit d’une préparation rigoureuse et de l’intégration de méthodes modernes. La préparation de l’examen illustre l’engagement du gouvernement pour la rigueur. Notamment, dès septembre 2024, la CMA-Bénin a organisé des ateliers, comme celui de Bohicon, pour former 170 concepteurs d’épreuves issus de 152 métiers, garantissant des sujets conformes aux normes professionnelles. En plus, les candidats, âgés d’au moins 17 ans au 31 décembre 2025 et munis d’un contrat d’apprentissage ou d’une attestation de formation, ont été inscrits entre le 13 février et le 11 mars 2025, pour des frais de 12 500 FCFA, payables via MTN Mobile Money. Cette digitalisation des inscriptions, une innovation récente, a simplifié l’accès tout en réduisant les risques de fraude.

Professionnaliser pour rayonner : comment le CQM rénové ouvre les portes de l’emploi et de l’étranger aux artisans béninois ?

Ces efforts de rigueur dans la préparation et de modernisation dans l’organisation s’inscrivent dans le cadre d’une réforme majeure visant à repositionner l’artisanat béninois au premier plan. De fait, le CQM rénové, relancé en 2023 après deux ans de pause pour remédier aux dysfonctionnements des Organisations Professionnelles d’Artisans, incarne la vision de Patrice Talon pour un artisanat moderne et compétitif. « Nous mettons en place un diplôme digne d’une évaluation conduite par l’État, qui assure la mobilité et la reconnaissance des compétences », a déclaré le ministre Kérékou lors du lancement. Fort de cette certification, reconnue au sein de l’UEMOA, elle permet aux artisans béninois de travailler à l’étranger ou d’accéder à des marchés formels, renforçant leur employabilité et leur crédibilité.

La dignité du geste : le CQM, un examen qui célèbre la valeur du travail manuel et ouvre de nouvelles voies.

Au-delà de ses bénéfices directs pour les artisans, de leur professionnalisation et de leur rayonnement international, le CQM n’est pas seulement un examen ; il est une leçon sur la valeur du travail manuel dans une économie mondiale de plus en plus technologique. Au Bénin, où l’artisanat emploie des millions de personnes, il représente un moteur de croissance et d’inclusion. Les femmes, qui constituent une part croissante des candidats, redéfinissent des métiers traditionnellement masculins, comme la soudure ou la maçonnerie, brisant les stéréotypes de genre. Les jeunes, grâce à des initiatives comme ProDIJ, trouvent dans l’artisanat une alternative à l’exode rural ou au chômage urbain.

L’artisanat, épine dorsale du Bénin : le message fort du Ministre Kérékou lors du lancement du CQM 2025

Cette vision de l’artisanat comme moteur de développement, d’inclusion et de valorisation du travail manuel a été réaffirmée avec force lors du lancement officiel. Pour les spectateurs de cette cérémonie, marquée par la présence de figures comme le président de la CMA-Bénin, Soufiyanou Imorou, et le maire de Cotonou, Luc Sètondji Atrokpo, le message était clair : l’artisanat est l’épine dorsale du Bénin. « Le CQM rénové témoigne de la place de choix accordée à la professionnalisation ». Cette ambition s’étend au-delà des frontières, avec des partenariats régionaux visant à harmoniser les certifications artisanales dans l’UEMOA.

Le savoir-faire illumina le Bénin : le message final du CQM, une ode à la valeur du travail manuel et un guide pour les générations futures.

En guise de conclusion à cette cérémonie marquante, qui a souligné l’importance stratégique de l’artisanat et du CQM, Modeste Tihounté Kérékou a lancé un vœu vibrant : «  Bonne chance à tous les candidats, que votre savoir-faire illumine le Bénin !  » Ce souhait résonne comme une invitation à l’excellence, non seulement pour les 35 496 artisans en lice, mais pour une nation entière qui, à travers le CQM, réaffirme sa foi en la dignité du travail. Pour les étudiants, les décideurs et les citoyens, le CQM 2025 offre une leçon intemporelle : dans un monde en quête de sens, l’artisanat, avec ses gestes précis et son héritage vivant, reste une boussole pour bâtir un avenir durable.

Affaire Houndégnon à la CRIET  : entre droit et devoir

Procès choc à la CRIET : L’ex-Général Houndégnon face à de graves accusations, le verdict très attendu

Ce 28 avril, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Porto-Novo s’est érigée en théâtre d’un procès retentissant, celui de Louis Philippe Houndégnon, ancien directeur général de la police nationale du Bénin. Accusé d’incitation à la rébellion et de harcèlement par voie électronique, l’ex-général, figure influente sous l’ère Boni Yayi, a vu le ministère public requérir contre lui une peine de 2 ans de prison ferme et une amende de 2 millions de FCFA. Ce verdict, encore en suspens alors que les plaidoiries se poursuivent, soulève des questions cruciales sur la liberté d’expression, le devoir de réserve et les limites de la critique politique dans un Bénin en pleine mutation.

Le Passage de l’Ombre : Comment l’ancien DG Police est devenu un critique virulent du pouvoir en place

Pour comprendre ce procès retentissant qui soulève tant de questions, il faut revenir sur la trajectoire de Louis Philippe Houndégnon, général à la retraite, qui n’est pas un inconnu au Bénin. Directeur général de la police nationale sous la présidence de Thomas Boni Yayi (2006-2016), il a marqué les esprits par son charisme et son autorité, avant d’être écarté en 2016 à l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon. Depuis, Houndégnon s’est mué en critique virulent du régime, multipliant les interventions sur les réseaux sociaux pour dénoncer la gouvernance de Talon, la fusion police-gendarmerie et les retraites forcées dans les forces de sécurité. Ses prises de parole, souvent relayées par son neveu et co-accusé Camille Coffi Amoussou, ont oscillé entre analyse politique et appels à la mobilisation, suscitant l’ire des autorités.

Du projet « 11 & 12 » aux accusations de rébellion : L’affaire Houndégnon, une plongée dans la sphère numérique et politique

Ces prises de position critiques et son activisme numérique ont eu des conséquences judiciaires majeures. Le 13 novembre 2024, Houndégnon est arrêté à son domicile à Abomey-Calavi après une perquisition musclée. Les chefs d’accusation – incitation à la rébellion et harcèlement électronique – s’appuient sur des publications numériques et des échanges privés, notamment avec un ancien ministre de Boni Yayi, où il évoquait la succession de Talon et son projet politique, le mouvement «  11 & 12  ». Ce dernier, selon Houndégnon, visait à fédérer des personnalités pour une alternance démocratique, bien qu’aucun contact formel n’ait été établi. Lors de l’audience de ce lundi, le substitut du procureur a fustigé l’attitude de l’ex-général  : «  Si vous n’êtes plus sous le drapeau, vous avez le drapeau au corps  », une admonestation soulignant que, même retraité, un officier se doit de respecter un devoir de réserve.

Au-delà du Procès : la CRIET, les libertés et la stabilité économique… les enjeux de l’affaire Houndégnon

Ce procès, avec ses accusations basées notamment sur des communications numériques, se déroule devant une juridiction souvent critiquée pour son rôle dans le paysage politique béninois. La CRIET, souvent accusée par l’opposition de servir d’instrument politique, a prononcé des condamnations lourdes contre des figures comme Reckya Madougou (20 ans pour complicité d’acte terroriste) et Joël Aïvo (10 ans pour complot). Dans le cas de Houndégnon, le procureur a reproché à l’accusé d’avoir «  incité le peuple à se soulever contre les dirigeants  », une accusation grave dans un contexte dans lequel le Bénin, sous Talon, affiche une stabilité économique (croissance de 7,5  % en 2024) mais fait face à des critiques sur la restriction des libertés.

Face aux juges : Houndégnon nie le coup d’État et revendique sa liberté d’expression

Au-delà du contexte général de la CRIET et des critiques qu’elle suscite, le procès de Louis Philippe Houndégnon a suivi un déroulement marqué par des rebondissements et la présentation d’éléments clés. Le procès, reporté à plusieurs reprises (17 mars, 24 mars) en raison de l’absence des prévenus ou de débats procéduraux, a atteint un tournant aujourd’hui. Les éléments à charge incluent des conversations extraites du téléphone de Houndégnon, où il affirmait  : «  Qu’on me tue ou m’arrête, cela ne me dirait rien  », et une liste de personnalités pressenties pour son mouvement. Houndégnon, défendu par un collège d’avocats dont Me François Kèkè Adjignon, a nié toute intention de coup d’État, insistant sur son droit à s’exprimer et son engagement pour un Bénin démocratique.

Une leçon sur le devoir de réserve : les enjeux juridiques et éthiques soulevés par l’affaire de l’ex-DG Police

L’affaire Houndégnon, avec ses accusations (incitation à la rébellion) et les lignes de défense adoptées par l’ex-Général, soulève une question juridique et éthique fondamentale : celle du devoir de réserve, particulièrement pour les anciens hauts fonctionnaires. En droit béninois, ce principe, bien que non codifié précisément, impose aux officiers, même retraités, une retenue dans leurs propos publics, surtout lorsqu’ils touchent à la sécurité nationale. Le procureur a argué que Houndégnon, par ses critiques acerbes et son mouvement « 11 & 12 », a franchi une ligne rouge, incitant à la désobéissance civile. Cette position soulève un débat  : où s’arrête le devoir de réserve et où commence la liberté d’expression garantie par la Constitution béninoise  ?

Citoyenneté et devoir de réserve : un équilibre délicat posé à l’échelle universelle

Au-delà de l’aspect purement juridique de cette affaire, l’affaire Houndégnon offre une leçon essentielle sur un concept qui dépasse les frontières : comment concilier loyauté envers l’État et critique des gouvernants ? Houndégnon, lors des audiences, a revendiqué son rôle de citoyen engagé, arguant que sa mise à la retraite forcée l’a libéré de certaines contraintes. Il a également rappelé son passé de protecteur, notamment lorsqu’il sécurisait un ministre menacé sous Boni Yayi. Ce discours, mêlant patriotisme et défi, illustre une tension universelle.

Les enjeux politiques pour le Bénin : le procès Houndégnon et la CRIET au cœur des dynamiques de pouvoir

Cette tension universelle, entre devoir et liberté, s’observe avec une acuité particulière dans le contexte politique actuel du Bénin. Au-delà du sort de Houndégnon, ce procès reflète les dynamiques politiques du Bénin à l’approche de la fin du second mandat de Talon en 2026. La CRIET, perçue par certains comme un outil de répression des opposants, est sous le feu des critiques. Des rapports d’Amnesty International dénoncent la restriction des libertés au Bénin, tandis que des observateurs notent que les condamnations visent souvent des figures liées à l’opposition, comme dans les affaires Madougou et Aïvo.

Vigilance citoyenne à l’ère numérique : liberté d’expression et ses limites sur les réseaux sociaux, les leçons du procès

Ce procès n’a pas seulement des implications politiques pour les élites ; il est aussi une source d’apprentissage direct pour les citoyens béninois, notamment dans leur usage du numérique. Pour le public béninois, ce procès est une leçon sur la vigilance citoyenne. Les réseaux sociaux, où Houndégnon s’exprimait, sont devenus un espace de débat, mais aussi de surveillance. Les citoyens, en observant ce procès, apprennent que la liberté d’expression, bien que sacrée, peut heurter des limites lorsqu’elle est perçue comme une menace à l’ordre public.

Justice, libertés, histoire : L’affaire Houndégnon, un procès qui marquera et interrogera les fondements de la nation

Alors que l’issue judiciaire de cette affaire se profile, l’affaire Houndégnon invite d’ores et déjà à une réflexion profonde qui dépasse le cadre légal. Alors que les plaidoiries se poursuivent à la CRIET, l’affaire Houndégnon invite à une réflexion profonde. Pour les juristes, elle interroge l’équilibre entre justice et politique ; pour les citoyens, elle rappelle la fragilité des libertés dans un contexte de consolidation du pouvoir ; pour les historiens, elle s’inscrit dans une lignée de procès marquants, de l’affaire ICC Services à celle de Dangnivo. Houndégnon, qu’il soit condamné ou acquitté, restera une figure emblématique, un homme qui, selon ses mots, «  n’a rien à se reprocher  ».

Vers une citoyenneté responsable : le procès Houndégnon, un rappel que la liberté s’accompagne d’un devoir envers l’unité et la stabilité.

En ce jour où le sort de l’ex-Général est en jeu, le Bénin se trouve à un carrefour. Pour les générations futures, l’affaire Houndégnon enseignera une vérité universelle : dans une nation, le courage de s’exprimer doit s’accompagner d’une responsabilité envers l’unité et la stabilité. En conclusion, ainsi, sous les ors de la CRIET, se joue bien plus qu’un verdict ; se joue une leçon sur ce que signifie être citoyen dans un monde complexe.

Départ : 20ᵉ Tour du Bénin, une aventure internationale de 737 km

Tour du Bénin 2025  : une odyssée cycliste au cœur d’un Bénin éblouissant

 Du 28 avril au 3 mai 2025, le Bénin s’apprête à vibrer au rythme effréné des pédales et des passions lors de la 20ᵉ édition du Tour Cycliste International du Bénin. En effet, de Nikki, berceau culturel du Borgou, à l’effervescente Cotonou, quinze équipes venues des quatre coins du globe s’élanceront pour conquérir le Grand Prix, transformant les routes béninoises en un théâtre d’exploits et de ferveur. Bien plus qu’une compétition, ce tour est une célébration éclatante de l’unité, de la diversité et de la splendeur des paysages béninois, un voyage dans lequel chaque coup de pédale raconte une histoire de courage et d’ambition. Préparez-vous à être ébloui par une épopée sportive qui promet de faire chanter les cœurs et danser les âmes !

Lancement Royal à Nikki : L’étincelle du 20ᵉ Tour du Bénin, 75 coureurs sur la route de Parakou

Par ailleurs, cette épopée sportive, qui promet de faire vibrer le pays tout entier, a débuté en grande pompe dans le Nord. Ce 28 avril, à 9 heures précises, le Palais royal de Nikki, joyau historique niché à 529 km de Cotonou, a donné le coup d’envoi de cette aventure.

De l’Afrique aux Philippines : un peloton diversifié prend la route du 20ᵉ Tour du Bénin

Depuis ce lieu emblématique, l’aventure se précise avec l’entrée en scène d’un peloton diversifié. En plus, cette première étape de 119,2 km jusqu’à Parakou marque l’entrée en scène de 15 équipes prêtes à en découdre. Parmi elles, des sélections nationales d’Afrique du Sud et du Maroc, fiertés du classement UCI-Afrique, côtoyant huit équipes nationales africaines, quatre clubs, dont l’inédite Team Philippines, et également une délégation togolaise galvanisée par son dynamisme. Ce peloton cosmopolite, fort de 75 coureurs, s’est élancé sur 737 km à travers 28 communes, défiant le macadam brûlant pour écrire une nouvelle page de l’histoire cycliste béninoise.

Tour du Bénin 2025 : 6 jours de course internationale (28 avril - 3 mai) à travers le pays, célébrant le sport, l'unité et la découverte
© Tour du Bénin 2025 : 6 jours de course internationale (28 avril - 3 mai) à travers le pays, célébrant le sport, l'unité et la découverte
Un départ haut en couleurs : le Palais royal de Nikki, écrin culturel d’une première étape mémorable

Au-delà de l’aspect purement sportif et de la composition du peloton, le départ s’annonce comme un moment de ferveur populaire et culturelle intense. La ville de Nikki, riche de sa fête traditionnelle de la Gaani et de son patrimoine ancestral, offre un décor majestueux à ce départ. En outre, les spectateurs, massés le long des routes, assistent à un ballet de vélos filant à travers les collines verdoyantes du Borgou, sous les vivats d’une foule en liesse. «  Quel lancement pour le Tour du Bénin 2025  ! » s’est exclamé un spectateur , capturant l’énergie débordante de cette première journée.

Six jours de défi et d’exploits : un parcours épique de 737 km à travers 28 communes béninoises

Après ce lancement spectaculaire et chargé de symboles, l’aventure se poursuivra sur six jours haletants à travers le pays. Le Tour du Bénin 2025, classé 2.2 UCI depuis 2022, s’étend sur six étapes haletantes, chacune révélant une facette unique du pays. Après l’ouverture Nikki-Parakou, les coureurs affronteront le 29 avril une étape de 156,4 km de Parakou à Savè, traversant des plaines dorées et des villages vibrants. Les jours suivants, de Savè à Porto-Novo, puis d’Abomey à Lokossa, chaque étape mettra à l’épreuve l’endurance et la stratégie des compétiteurs, avec des sprints intermédiaires enflammant la course, comme celui remporté à Banhoun-Kro par Sabahi El Houcaine du Maroc. Le 3 mai, l’étape finale masculine, un critérium de 107,2 km en circuit fermé à Cotonou, s’achèvera en apothéose devant la Place de l’Amazone, sous les acclamations d’un public électrisé.

Place aux « Amazones » : un Grand Prix Féminin inédit pour mettre en lumière le cyclisme féminin africain

Au-delà du parcours classique et des étapes masculines qui rythment la semaine, cette édition marque un tournant historique avec une nouveauté majeure. Mais l’innovation majeure de cette édition réside en réalité dans le premier Grand Prix Féminin, un critérium de 53,6 km (quatre tours) prévu le 3 mai après-midi à Cotonou. Cette course inédite, disputée sur la pittoresque Route des Pêches, offrira aux cyclistes féminines africaines une tribune pour briller face aux meilleures d’Afrique de l’Ouest. « Une belle opportunité pour nos Amazones cyclistes », proclame la FBC, invitant le public à soutenir ces héroïnes des pédales dans un spectacle promis à l’émerveillement.

Le Bénin sous les projecteurs : paysages, patrimoine et ferveur populaire captivent le regard international

Si les performances sportives, masculines et féminines, seront au cœur de l’attention, le Tour du Bénin n’est pas qu’une course ; c’est une invitation à découvrir un pays aux mille visages. D’ailleurs,  des terres ocre du Borgou aux plages scintillantes de Cotonou, en passant par les palais royaux d’Abomey et les marchés bouillonnants de Porto-Novo, les coureurs sillonneront un Bénin où chaque kilomètre exhale une histoire. Les spectateurs, qu’ils soient locaux ou visiteurs, seront captivés par la richesse culturelle du pays, des danses vaudoues aux rythmes du zinli, tandis que les caméras du monde entier immortaliseront des paysages d’une beauté saisissante. Comme l’a tweeté l’aéroport International de Cotonou : «  Une occasion de parcourir les paysages du Bénin  ! »

Duel au sommet : un plateau international relevé promet un spectacle sportif de haut vol

Cette dimension culturelle et touristique s’aligne d’ailleurs avec une ambition sportive internationale croissante et un niveau de compétition élevé. Cette édition marque également une ambition d’internationalisation. Avec la participation de la Team Philippines et des équipes européennes comme Universe Cycling Team, le Tour du Bénin s’affirme comme un rendez-vous incontournable du calendrier UCI Africa Tour, rivalisant avec des courses comme le Tour du Rwanda. La présence de coureurs tels que Ricardo Sodjede, espoir béninois formé au World Cycling Centre, et de figures comme Achraf Ed Doghmy, vainqueur en 2024, promet aussi une compétition d’un niveau exceptionnel.

Tour du Bénin 2025 : 6 jours de course internationale (28 avril - 3 mai) à travers le pays, célébrant le sport, l'unité et la découverte
© Tour du Bénin 2025 : 6 jours de course internationale (28 avril - 3 mai) à travers le pays, célébrant le sport, l'unité et la découverte
Un sport qui rassemble : le cyclisme, moteur d’unité et de fierté nationale sous une nouvelle impulsion

Plus qu’une simple compétition internationale, le Tour est devenu un véritable symbole national de renouveau. Sous la houlette de Romuald Hazoumè, la FBC a insufflé une nouvelle énergie au cyclisme béninois, transformant le Tour en un symbole d’unité nationale. La création du Grand Prix Féminin, l’amélioration des entraînements grâce à des coaches comme Adrien Niyonshuti et l’engagement de sponsors internationaux témoignent d’une vision audacieuse. «  Le Bénin, terre promise du cyclisme féminin  », proclame la FBC, un slogan qui résonne comme un appel à la jeunesse et aux femmes du pays à embrasser ce sport.

Le Bénin brille : quand le Tour cycliste devient un symbole national projeté sur la scène mondiale 

En somme, cette dynamique nationale culminera à Cotonou, point d’arrivée de cette grande fête du courage et de l’unité. Le 3 mai, lorsque les coureurs franchiront la ligne d’arrivée à Cotonou, ce ne sera pas seulement un vainqueur qui sera couronné, mais tout un peuple qui célébrera sa vitalité. Le Tour du Bénin 2025, avec ses héros à deux roues et ses foules en délire, est une fête qui transcende le sport, unissant les Béninois dans une même aspiration  : faire rayonner leur nation. Alors, que les pédales tournent, que les drapeaux flottent et que le Bénin brille sous les projecteurs du monde entier  !

Épreuves décisives pour les ‘Yeux du Ciel’ des FAB

L’armée béninoise à l’avant-garde technologique  : sélection drastique pour ses futurs pilotes de drones

Cotonou, le 25 avril 2025 – Une étape cruciale dans la modernisation des capacités opérationnelles des Forces Armées Béninoises (FAB) s’est matérialisée le jeudi 24 avril. Cette journée a vu la tenue de la phase écrite du concours de recrutement destiné à pourvoir 100 postes d’opérateurs de drones militaires, des spécialistes appelés à devenir le fer de lance des missions de surveillance, de reconnaissance et de renseignement.

Modernisation accélérée  : les drones, réponse stratégique pour les FAB

Initié quelques jours auparavant par l’examen minutieux des dossiers, ce processus de sélection rigoureux a pour dessein d’identifier parmi la jeunesse béninoise les profils les plus idoines. Il doit ainsi conjuguer compétences techniques avérées dans le pilotage de drones, motivation sans faille et aptitude à intégrer les exigences des opérations militaires contemporaines. Dans un contexte marqué par la persistance de menaces asymétriques, notamment terroristes, l’intégration de ces technologies de pointe constitue une réponse stratégique et adaptative de l’institution militaire.

Sous l’œil du Haut Commandement au CEG Sainte Rita

Pour les candidats relevant des zones de Cotonou et Porto-Novo, c’est l’enceinte du Collège d’Enseignement Général (CEG) Sainte Rita qui a servi de cadre à ces épreuves intellectuelles et techniques. La supervision directe du Chef d’État-Major de l’Armée de terre, le Général de division Abou ISSA, a rehaussé le sérieux de l’enjeu. Entouré de ses proches collaborateurs, il comptait parmi eux l’Intendant de première classe Mohammed IDRISSOU, Directeur de l’Organisation et du Personnel des Armées (DOPA).

Les FAB : 396 Prétendants face à des tests éclectiques

Au cours de cette journée d’évaluation, les 396 candidats retenus après l’étude de près de 500 candidatures initiales ont été soumis à un éventail d’épreuves éclectiques. Celles-ci comprenaient des compositions en français, en mathématiques et en physique, complétées par des tests technologiques spécifiques et des évaluations psychotechniques visant à jauger leur potentiel et leur résilience.

En plus, le Général Abou ISSA a souligné l’importance capitale de disposer de drones dans l’arsenal moderne, affirmant que cet équipement innovant renforce significativement la capacité de détection et la célérité d’intervention face aux menaces. La démarche s’inscrit pleinement dans une volonté de modernisation et d’adaptation constante des FAB.

L'armée béninoise (  FAB) a lancé un concours national décisif pour recruter 100 opérateurs de drones et moderniser ses capacités de lutte
© L'armée béninoise ( FAB) a lancé un concours national décisif pour recruter 100 opérateurs de drones et moderniser ses capacités de lutte
Mobilisation nationale  : Abomey et Parakou également en lice

Ce concours ne se limitait pas à la capitale économique. Simultanément, le lycée Houffon d’Abomey accueillait les postulants inscrits à Bohicon et Lokossa, tandis que le lycée Mathieu Bouké de Parakou recevait ceux de Parakou et Natitingou, garantissant ainsi une dimension nationale à ce recrutement stratégique.

Selon les déclarations du Chef d’État-Major de l’Armée de terre, le processus devrait connaître une accélération notable, les étapes subséquentes – phases pratique, sportive et visite médicale – devant s’enchaîner rapidement, potentiellement sous 72 heures. Les lauréats finaux bénéficieront ensuite d’une formation intensive et d’un encadrement professionnel rigoureux, les préparant à maîtriser les compétences techniques et opérationnelles indispensables à leurs futures missions.

L’issue de cette sélection déterminera quels jeunes talents auront le privilège d’opérer ces yeux volants au service de la défense nationale. Reste à observer comment l’intégration effective de ce nouveau contingent de spécialistes et de leur matériel de pointe influera, à terme, sur la physionomie des opérations militaires béninoises.

La FAO habilite 14 experts ouest-africains à juguler les crises sanitaires animales

Ce 24 avril, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a orchestré un événement d’une envergure décisive. En effet,  la FAO a doté quatorze professionnels émérites du Bénin, du Ghana, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire de compétences approfondies pour gérer les urgences sanitaires animales. De ce fait, cette démarche, empreinte de gravité, s’érige en rempart pour la préservation des ressources animales et la consolidation de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, une région où les défis épidémiologiques exigent une vigilance sans faille.

La FAO : une formation d’élite pour une mission cruciale

Dans un cadre empreint de solennité, ces experts ont été initiés aux arcanes de la détection précoce, de la surveillance rigoureuse et de la riposte éclairée face aux maladies animales transfrontalières. L’ambition sous-jacente est de munir ces gardiens de la santé animale d’un savoir-faire pointu pour anticiper et endiguer les épizooties qui guettent les cheptels ouest-africains. À cet égard,  Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par la FAO, notamment via son centre d’urgence pour les maladies animales transfrontalières (ECTAD), qui, depuis une décennie, fortifie les capacités des nations africaines confrontées à ces périls sanitaires.

Un enjeu vital pour la région

Par ailleurs,  l’importance de cette entreprise transcende le simple cadre technique. En Afrique de l’Ouest, l’élevage soutient l’existence de millions d’âmes, et les fléaux tels que la fièvre aphteuse ou la grippe aviaire hautement pathogène menacent d’ébranler cet équilibre fragile. Ces pathologies, par leur caractère transfrontalier, sèment le chaos au-delà des frontières, mettant en péril la santé animale, la sécurité alimentaire et, par extension, la santé humaine à travers les zoonoses. Ainsi,  en dotant ces 14 professionnels d’outils et de connaissances avancés, la FAO érige un bouclier contre ces menaces, tout en renforçant les réseaux de surveillance et les laboratoires vétérinaires régionaux.

Vers un horizon de résilience

Ce rendez-vous de cette journée marque une avancée significative dans la lutte contre les crises sanitaires animales. Les experts, désormais mieux armés, incarneront des sentinelles aguerries, prêtes à coordonner des réponses rapides et efficaces. Leur rôle sera déterminant pour sauvegarder les troupeaux, soutenir les éleveurs et garantir l’approvisionnement alimentaire des populations.

Face à l’accélération des défis sanitaires mondiaux, cet engagement de la FAO invite à méditer sur l’avenir. La résilience ouest-africaine face aux urgences animales repose-t-elle sur ces initiatives pionnières  ? Une certitude s’impose : la voie ouverte aujourd’hui dévoile des perspectives que nous devons examiner avec soin.

Sécurité frontalière : Le Bénin s’équipe avec l’aide des USA et de l’OIM

Une alliance stratégique pour la sécurité des frontières : l’OIM Bénin et les États-Unis dotent la Police républicaine

Ce 24 avril, à 10 h 00 heure locale, une cérémonie empreinte de solennité s’est déroulée au siège du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique à Cotonou. En effet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Bénin, en partenariat avec le gouvernement des États-Unis, a procédé à la remise officielle d’un arsenal d’équipements techniques, informatiques et de communication. Principalement  destinée à la Police républicaine du Bénin, à l’École de Police ainsi qu’aux postes frontaliers stratégiques de Hillacondji et Illara, cette dotation ambitionne de rehausser les aptitudes techniques et opérationnelles des forces de sécurité béninoises, dans une optique de gouvernance frontalière optimisée.

L’OIM Bénin et le gouvernement américain ont doté la Police républicaine et les postes frontaliers de Hillacondji et Illara d’équipements
© L’OIM Bénin et le gouvernement américain ont doté la Police républicaine et les postes frontaliers de Hillacondji et Illara d’équipements
Un élan capacitaire d’envergure

Cette initiative s’inscrit dans le sillage de deux projets d’envergure portés par le gouvernement américain et orchestrés par l’OIM Bénin : «  Renforcement des capacités des autorités de gestion des frontières pour la sécurité au Bénin  » et «  Renforcement de la gestion des frontières par une coordination et un partage d’informations renforcés au Bénin et au Togo  ». Par conséquent, ces programmes visent à doter les institutions béninoises d’outils modernes pour une surveillance accrue et une coordination sans faille, face aux enjeux sécuritaires qui traversent la sous-région.

Ainsi,  les équipements remis – allant des dispositifs technologiques de pointe aux systèmes de communication avancés – promettent de galvaniser la formation des futurs agents à l’École de Police tout en dynamisant les opérations aux postes de Hillacondji et Illara, véritables sentinelles aux confins du Togo et du Nigeria.

La présence remarquée de Son Excellence Brian Shukan, ambassadeur des États-Unis au Bénin, a conféré à l’événement une résonance particulière. Ce geste illustre l’engagement indéfectible de Washington à soutenir le Bénin dans la consolidation de son appareil sécuritaire, une priorité inscrite dans la stratégie américaine de prévention des conflits et de promotion de la stabilité.

Sécurité et prospérité  : un double dessein

Loin de se limiter à une finalité sécuritaire, cette remise d’équipements porte en germe des retombées économiques substantielles. En fluidifiant la gestion des frontières, elle aspire à faciliter les échanges commerciaux, nerf vital de l’économie béninoise, tout en préservant l’intégrité des flux migratoires et marchands. De ce fait, les postes de Hillacondji et Illara, carrefours névralgiques du commerce régional, se voient ainsi érigés en remparts plus robustes et efficients. Parallèlement, l’accent mis sur l’École de Police traduit une ambition pérenne  : forger une nouvelle génération d’agents aguerris, prêts à affronter les défis d’un monde en perpétuelle mutation.

L’OIM Bénin et le gouvernement américain ont doté la Police républicaine et les postes frontaliers de Hillacondji et Illara d’équipements
© L’OIM Bénin et le gouvernement américain ont doté la Police républicaine et les postes frontaliers de Hillacondji et Illara d’équipements
Une étape fondatrice, un horizon se dessine grâce à
l’OIM Bénin et les États-Unis

En somme,  si cette journée marque un jalon décisif dans la quête d’une sécurité frontalière renforcée, il s’agit là d’un chapitre inaugural plus que d’un aboutissement. La réussite de cette entreprise reposera sur la mise en œuvre rigoureuse des projets et sur la synergie durable entre le gouvernement béninois, l’OIM et leurs partenaires internationaux. Déjà, la participation de l’ambassadeur Shukan, largement relayée, témoigne d’une volonté partagée de pérenniser cet élan.

Reste cependant une interrogation en suspens  : jusqu’où cette coopération pourra-t-elle porter les aspirations du Bénin, entre impératifs de sécurité et élan vers un développement harmonieux  ? L’avenir dira si ce partenariat saura répondre à l’ampleur des défis qui se profilent à l’horizon ouest-africain.

Bénin : la CSTB se mobilise pour le 1er mai

Le 1er mai 2025, dès 07 h 00 (heure locale, 07 h 00 GMT), les artères de Cotonou et des principales villes du Bénin vibreront au rythme d’une marche pacifique orchestrée par la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB). En effet, dans un communiqué daté du 22 avril 2025, signé par son secrétaire général, Nagnini Kassa Mampo, cette organisation syndicale a lancé un appel vibrant à une mobilisation massive des travailleurs, jeunes, femmes des marchés et transporteurs pour commémorer la Journée internationale du travail. Ce cortège, qui partira de la place de l’Étoile rouge à Cotonou pour s’achever à la Bourse du travail, ambitionne de porter haut les doléances d’un peuple confronté à des défis socio-économiques pressants.

La CSTB : un réquisitoire contre les entraves sociales et économiques

La CSTB, fer de lance du syndicalisme béninois, entend faire de cette marche un écho retentissant des injustices qui gangrènent le monde du travail. Au cœur des griefs brandis, le «  blocage des agents de la fonction publique à l’échelon 11  » et l’absence d’avancement pour les cadres organiques dans les ministères suscitent une indignation particulière. La loi sur l’embauche, jugée préjudiciable à la stabilité de l’emploi, figure également parmi les cibles de cette mobilisation. Les producteurs de soja, d’acajou et de coton, asphyxiés par des politiques défavorables, rejoignent le chœur des mécontents, aux côtés des femmes des marchés et des transporteurs, confrontés à des conditions de travail délétères.

La jeunesse subit de plein fouet le chômage endémique, l’engorgement des amphithéâtres universitaires privés de ressources, ainsi que la pénurie d’enseignants et de matériels didactiques, ce qui alimente un profond sentiment d’abandon. «  Cette marche est un cri de ralliement pour exiger des réformes immédiates  », a martelé Nagnini Kassa Mampo sur les réseaux sociaux, invitant chaque catégorie socio-professionnelle à se joindre au mouvement. À Cotonou, le trajet prévu empruntera le carrefour Vodjè et le marché des arts, symboles d’une ville où convergent les luttes populaires.

Une mobilisation sous haute tension

La CSTB, fidèle à sa tradition de résistance, a minutieusement préparé cet événement. Les formalités administratives ont été déposées auprès de la mairie de Cotonou, mais l’autorisation des autorités, notamment du préfet Alain Orounla et du maire Luc Atrokpo, reste en suspens. Cette incertitude, loin de freiner l’élan syndical, galvanise les militants. Les appels à la participation, relayés sur les plateformes numériques, témoignent d’une ferveur croissante, notamment parmi les agents mis à pied des entreprises publiques, les enseignants contractuels (AME) et les artisans. Des initiatives similaires sont prévues dans les départements de l’Atlantique, du Zou et de l’Ouémé, signe d’une mobilisation d’envergure nationale.

Le contexte politique, marqué par des tensions autour des lois jugées liberticides et une gouvernance critiquée pour sa gestion des secteurs stratégiques, confère à cette marche une portée symbolique. En plus, la CSTB, forte de son histoire de lutte contre les privatisations et les atteintes aux droits syndicaux, s’appuie sur un réseau de fédérations et d’organisations alliées pour amplifier son message.

Un défi pour l’avenir du dialogue social

Cette mobilisation intervient dans un climat de défiance envers le gouvernement du président Patrice Talon, accusé par la CSTB de privilégier les intérêts privés au détriment des travailleurs. Les revendications, qui vont de la revalorisation salariale à la réintégration des agents licenciés, exigent une réponse concrète des autorités. La marche du 1er mai pourrait ainsi marquer un tournant, soit en renouvelant le dialogue, soit en intensifiant les tensions sociales.

Alors que les travailleurs du Bénin se préparent à faire entendre leur voix, une question demeure  : la ferveur populaire suffira-t-elle à infléchir les politiques publiques  ? Ce 1er mai, au-delà de la commémoration, pourrait bien tracer les contours d’un nouveau chapitre dans la quête d’équité et de justice sociale au Bénin, un horizon où chaque pas dans les rues résonne comme une promesse d’avenir.