Bénin : Incarcération de l’ancien ministre Alassane Tigri

Le vice-président du parti Les Démocrates a été placé sous mandat de dépôt le 29 janvier. La justice le soupçonne d’implication dans le projet de coup d’État déjoué début décembre, dont l’un des cerveaux présumés n’est autre que son demi-frère. Cette arrestation survient à trois mois d’un scrutin présidentiel dont la principale force d’opposition se trouve déjà exclue faute de parrainages.

 

La justice béninoise franchit une étape politique majeure dans l’affaire dite du « 7 décembre ». La Commission d’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a placé Alassane Tigri, ancien ministre et figure de proue du parti Les Démocrates (LD), sous mandat de dépôt ce jeudi.

Interpellé le mercredi 28 janvier à son domicile de Cotonou, la justice a engagé des poursuites contre M. Tigri dans le cadre de l’enquête ouverte après la tentative de coup d’État déjouée début décembre, ont indiqué des sources judiciaires. Selon les autorités, l’opposant est soupçonné de possibles liens avec certains des éléments impliqués dans les faits, lesquels sont accusés d’avoir agi sous la conduite du lieutenant-colonel Pascal Tigri — son demi-frère — et d’avoir tenté de renverser le président Patrice Talon.

 

Un « incident » devenu dossier d’État

Cette incarcération tranche avec la communication initiale du chef de l’État. En effet, le soir des faits, Patrice Talon avait minimisé l’événement, le qualifiant de simple « incident » mené par des « voyous ». Pourtant, l’instruction judiciaire semble aujourd’hui suivre une trajectoire bien plus lourde. L’audition d’Alassane Tigri, qui s’est étirée sur plusieurs heures jeudi après-midi, s’est conclue à la nuit tombée par son transfert vers une maison d’arrêt.

Pour la défense de l’ancien ministre et ses partisans, cette procédure ressemble à une nouvelle manœuvre d’étouffement politique. Depuis plusieurs années, les organisations de défense des droits de l’homme et l’opposition accusent régulièrement la CRIET de servir d’instrument de neutralisation des adversaires du pouvoir.

 

Un climat politique électrique

Cette incarcération survient dans un Bénin où le climat politique reste durablement marqué par des tensions entre la mouvance présidentielle et une opposition qui s’estime harcelée par la justice. La CRIET, devant laquelle Alassane Tigri a comparu, est au centre de ces critiques : elle est l’outil qui a déjà conduit à la condamnation de figures de proue comme Candide Azannaï, Reckya Madougou ou Joël Aïvo.

Pour l’heure, l’instruction sur la tentative de putsch de décembre s’élargit. L’instruction devra désormais établir le degré d’implication réelle de l’ancien ministre dans ce qui apparaît comme la crise sécuritaire la plus grave qu’ait connue le régime de Patrice Talon ces dernières années.

 

L’ombre de la présidentielle d’avril 2026

Par ailleurs, l’agenda électoral ne dissocie pas cette arrestation. En effet, le Bénin se dirige vers la présidentielle d’avril 2026, un scrutin dont Les Démocrates — le parti de l’ancien président Boni Yayi — restent, à ce stade, exclus. En cause : l’impossibilité de réunir les parrainages exigés par le nouveau code électoral, une réforme vivement contestée.

Dans ce contexte déjà verrouillé, l’incarcération d’un cadre de premier plan fragilise davantage une opposition dont plusieurs responsables sont derrière les barreaux. Tandis que le pouvoir met en avant la stabilité et les réformes économiques, cette nouvelle affaire judiciaire souligne la persistance d’une fracture politique profonde dans un pays longtemps présenté comme le « laboratoire de la démocratie » en Afrique de l’Ouest.

Crise Niger-Bénin : Tiani accuse Patrice Talon après l’attaque de Niamey

Les relations entre Niamey et Cotonou franchissent un nouveau cap dans l’escalade verbale. Après l’attaque à l’arme lourde ayant visé la base aérienne 101 de Niamey dans la nuit de mercredi à jeudi, le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a directement mis en cause le président Patrice Talon, l’accusant, aux côtés de Paris et d’Abidjan, d’avoir parrainé l’opération.

 

Le ton est plus que jamais aux accusations de déstabilisation. Alors que le calme est revenu sur le tarmac de l’aéroport Diori Hamani, les ondes de la télévision publique nigérienne (RTN) ont vibré jeudi soir sous les mots très durs du général Abdourahamane Tiani. Pour le président du Niger, il ne fait aucun doute : l’assaut mené par ce qu’il qualifie de « groupe de mercenaires télécommandés » a été orchestré depuis l’extérieur.

DRPIS/MDN
© DRPIS/MDN

Cotonou dans le viseur de Niamey

Dans sa déclaration, le général Tiani a nommé le président Patrice Talon comme l’un des « sponsors » de ces assaillants. Entre le Niger et son voisin béninois, le contentieux n’a cessé de s’alourdir depuis le coup d’État de juillet 2023. Niamey accuse régulièrement Cotonou d’héberger des bases françaises destinées à entraîner des éléments pour déstabiliser le pays — des allégations que les autorités béninoises ont toujours fermement démenties.

Par ailleurs, le décompte officiel de la riposte fait état de 20 assaillants tués et 11 capturés. L’annonce par les autorités nigériennes de la présence d’un ressortissant français parmi les corps alimente la thèse d’un complot régional, dans lequel le Bénin jouerait, selon Niamey, un rôle de base arrière.

 

Un climat d’espionnage et de suspicion

Cette accusation s’inscrit dans un climat de suspicion croissante entre les deux pays. En effet, le 21 janvier dernier, les autorités béninoises avaient annoncé l’arrestation à Cotonou de plusieurs agents des services de renseignement nigériens. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir surveillé les déplacements du président Patrice Talon. Cette affaire d’espionnage présumé avait déjà jeté un froid polaire sur les canaux diplomatiques, renforçant ainsi l’idée d’une véritable « guerre de l’ombre » entre les deux États.

 

« Qu’ils s’apprêtent à nous écouter rugir. »

Utilisant une rhétorique guerrière, le général Tiani a lancé un avertissement sans frais à ses voisins et à la France : « Nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir ». Un message qui semble clore, pour l’heure, toute perspective de normalisation diplomatique avec Cotonou, malgré les tentatives de médiation passées pour la réouverture des frontières et l’exportation du pétrole nigérien via le terminal béninois de Sèmè-Kpodji.

En parallèle, le chef de l’État nigérien a chaleureusement félicité les « russes » pour leur « professionnalisme » lors de la défense de leur secteur de sécurité durant l’attaque. Ce soutien affiché à Moscou, opposé aux critiques virulentes contre l’axe Paris-Cotonou-Abidjan, scelle davantage l’ancrage sécuritaire du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), loin de ses partenaires traditionnels d’Afrique de l’Ouest.

Bénin : Colère et désillusions au nouveau marché de friperie de PK3

Inauguré en grande pompe le 23 janvier, le nouveau site de relocalisation des commerçants de Missèbo fait déjà face à une fronde. Entre horaires jugés « absurdes » et éloignements géographiques, les « dames de la fripe » ne cachent plus leur amertume face à la délocalisation imposée par Cotonou.

C’était un déménagement redouté, c’est désormais une réalité au goût de cendre. Depuis le vendredi 23 janvier 2026, le cœur battant de la friperie béninoise a probablement migré vers le site de PK3. Mais loin de l’enthousiasme des coupures de rubans officiels, l’ambiance est à la désillusion. Pour les anciens occupants du marché de Missèbo, rasé pour laisser place aux projets de modernisation de la capitale économique, l’adaptation ressemble à un chemin de croix.

Source anonyme
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« On nous asphyxie. »

Le premier point de friction, et non des moindres, tient en deux chiffres : 9 h-17 h. Ce sont les horaires imposés par l’administration du nouveau marché. Une hérésie pour ces commerçantes, habituées à l’effervescence de l’aube, lorsque « grossistes » et clients fidèles se disputent les meilleures pièces.

« Ces horaires ne respectent pas la réalité de notre métier », s’insurge une vendeuse de balles de vêtements. Pour beaucoup, limiter l’accès au site en fin de journée revient à couper court aux transactions les plus fructueuses. Résultat : les recettes sont en chute libre et le moral des commerçants suit la même courbe.

 

Le fantôme de Dantokpa

Au-delà de l’horloge, c’est la géographie du projet qui pose question. Missèbo, par sa proximité immédiate avec le mythique marché de Dantokpa, bénéficiait d’un flux naturel et ininterrompu de chalands. En déplaçant la friperie à PK3, les autorités ont éloigné l’offre de la demande.

Situé loin des quartiers populaires où réside le gros de la clientèle, le nouveau marché peine à attirer. « Les clients calculent le prix du transport avant de venir. À Missèbo, ils passaient nous voir en faisant leurs courses à Dantokpa. Ici, c’est un voyage», confie une autre commerçante, les yeux rivés sur les allées encore trop calmes de PK3.

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Trop petit, trop loin ?

Le malaise est tel que les limites physiques du site sont déjà franchies. À peine lancé, le marché sature. Signe d’un manque de planification ou d’une demande sous-estimée ? Des dizaines de vendeuses, n’ayant pas obtenu de place à l’intérieur des hangars officiels, ont déjà investi les abords du terrain, créant un marché informel sauvage aux portes du projet formel.

Si la volonté du gouvernement de Patrice Talon est de structurer le commerce urbain et d’assainir Cotonou, la transition vers PK3 illustre une nouvelle fois le fossé entre les ambitions architecturales et la survie quotidienne des petites économies. Reste à savoir si les autorités sauront assouplir le règlement pour éviter que le nouveau fleuron de la friperie ne devienne une coquille vide.

Bénin-Allemagne : un accord inédit pour l’emploi des conjoints de diplomates

Le Bénin vient de franchir une étape symbolique, mais hautement stratégique, dans le renforcement de ses relations avec Berlin. En signant un accord inédit sur l’emploi des conjoints de diplomates, le gouvernement de Patrice Talon fait un pas de géant vers une hospitalité administrative moderne, encore rare sur le continent.

C’est une poignée de main qui en dit long sur la volonté de « séduction » du Bénin. Ce mercredi 28 janvier, dans les salons feutrés du ministère des Affaires étrangères à Cotonou, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne et le secrétaire général du ministère ont scellé un pacte qui pourrait bien faire école dans la sous-région.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Un obstacle de taille levé

Jusqu’à présent, le statut de conjoint de diplomate ressemblait souvent à une « cage dorée » : une vie d’expatrié confortable, mais l’interdiction formelle d’exercer une activité professionnelle rémunérée dans le pays d’accueil. Un frein majeur pour les couples modernes où les carrières sont souvent doubles. En offrant aux épouses et époux des diplomates allemands la possibilité de travailler sur le sol béninois, Cotonou lève un verrou psychologique et administratif de taille.

La diplomatie par le « Soft Power »

Pourquoi un tel geste ? Pour le Bénin, il s’agit d’un « grand geste de solidarité et de confiance », selon les termes officiels. Mais c’est aussi un calcul pragmatique : en rendant le poste de Cotonou plus attractif pour les familles des diplomates allemands, le pays s’assure de recevoir des cadres de haut niveau et de stabiliser les équipes de son partenaire européen.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Berlin, partenaire de premier plan

Cet accord s’inscrit dans une dynamique de coopération bilatérale de plus en plus étroite. L’Allemagne, très impliquée au Bénin dans les domaines de la formation professionnelle, de la décentralisation et de l’énergie, voit ici une preuve de la « relation spéciale » qui lie les deux nations.

Dans un contexte où la compétition pour l’influence diplomatique en Afrique de l’Ouest fait rage, le Bénin mise sur l’agilité juridique pour se démarquer. Reste à savoir si cette offre généreuse sera bientôt réciproque pour les diplomates béninois en poste à Berlin, ce qui achèverait de transformer cet acte de courtoisie en un véritable accord de réciprocité internationale.

Bénin : La BID investit 201 milliards dans le corridor Abidjan-Lagos

Avec un financement record de 201 milliards de F CFA, la Banque islamique de développement propulse la modernisation du corridor Godomey–Ouidah–Hillacondji. Un coup d’accélérateur décisif pour le maillon béninois de l’axe Abidjan-Lagos.

En effet, le Bénin de Patrice Talon vient de confirmer son statut de « bon élève » auprès des bailleurs de fonds internationaux. En décembre dernier, le Conseil d’administration de la Banque islamique de développement (BID) a placé le dossier béninois en tête de ses priorités, actant un financement massif de 1,365 milliard de dollars (soit environ 201 milliards de F CFA).

Un axe vital pour la sous-région

L’enjeu est de taille : il s’agit de la reconstruction et de la modernisation du tronçon Godomey–Ouidah–Hillacondji. Long de 58 kilomètres, ce segment n’est pas qu’une simple route nationale ; il est l’un des poumons du corridor Abidjan–Lagos, ce cordon ombilical qui relie les cinq principales économies de l’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria).

Par ailleurs, le projet ne se limite pas aux seuls fonds de la BID. Dans une logique de co-financement désormais bien rodée par Cotonou, l’institution basée à Djeddah s’aligne aux côtés de la Banque africaine de développement (BAD), du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et de l’UEMOA. Objectif affiché : fluidifier les échanges commerciaux et réduire une sinistralité routière encore trop élevée sur cet axe saturé.

L’art de la diplomatie financière

Cette annonce est le fruit d’un lobbying intense mené en coulisses. En marge des Assemblées annuelles de la BID à Alger, le ministre d’État béninois chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, a multiplié les tête-à-tête avec le Dr Mohammed Al Jasser, président de l’institution. Accompagné du Dr Zul-Kifl Salami, chargé de mission du chef de l’État, le « Monsieur Économie » de Patrice Talon a su faire valoir la résilience de la croissance béninoise.

« En diversifiant nos leviers de croissance, nous bâtissons une économie au service du bien-être collectif », a martelé Romuald Wadagni devant les gouverneurs de la banque. Un discours qui mise sur la « transformation structurelle » pour séduire des partenaires arabes de plus en plus présents dans le paysage infrastructurel du pays.

La confiance, monnaie d’échange

Si le Bénin parvient à mobiliser de telles sommes, c’est aussi grâce à un historique de coopération solide. Du barrage de Nangbéto aux récents projets de protection côtière, les fonds arabes jalonnent aussi le développement du pays depuis des décennies.

Toutefois, dans un contexte régional marqué par l’instabilité, les autorités béninoises savent qu’elles jouent leur crédibilité sur la gestion de ce segment. La rigueur et la bonne gouvernance sont érigées en impératifs pour maintenir le flux des investissements. Car, au-delà du bitume, c’est l’ambition de faire du Bénin une plateforme logistique incontournable qui se joue sur ces 58 kilomètres.

Bénin : Faridatou Zachari Traoré au bureau d’âge de l’Assemblée

Le 8 février prochain, Porto-Novo vibrera au rythme de l’installation de la 10ᵉ législature. Au Perchoir, un bureau d’âge inédit, porté par la jeunesse. Ainsi Faridatou Zachari Traoré Yacoubou et ISSA Youssouf s’apprêtent à diriger les premiers pas des nouveaux élus.

 

Le Palais des Gouverneurs s’apprête à tourner une page. Le 8 février 2026, les 109 députés béninois fraîchement élus prendront officiellement leurs fonctions. Mais avant que l’hémicycle ne se choisisse un président définitif, la tradition parlementaire confie les clés de la maison à un trio symbolique : le doyen et les deux plus jeunes députés.

 

Le sacre de la jeunesse

C’est sous les projecteurs de cette transition que l’on retrouve Faridatou Zachari Traoré Yacoubou. À 36 ans, l’élue du Bloc Républicain (BR) dans la 8ᵉ circonscription électorale fait son entrée dans le cercle très fermé du bureau d’âge. Par ailleurs, elle y siégera aux côtés du doyen, N’DA Antoine N’da (79 ans), et du benjamin de l’assemblée, ISSA Youssouf, âgé de seulement 31 ans.

Pour cette jeune figure du parti d’Abdoulaye Bio Tchané, cette position n’est pas qu’honorifique. Elle incarne aussi la volonté de renouvellement d’une classe politique béninoise souvent jugée trop statique, tout en assurant une représentation féminine au sommet de l’institution dès les premières heures de la mandature.

 

Quinze jours pour convaincre

Le rôle de ce « bureau de transition » est crucial. Selon l’article 6 du Règlement intérieur, ce trio dirigera les débats jusqu’à l’élection du Bureau définitif, qui doit en effet intervenir dans un délai de quinze jours. Sa mission est de valider les mandats, gérer les éventuelles vacances de sièges et, surtout, orchestrer le vote qui désignera le futur patron du Parlement.

 

Un test pour la majorité

Au-delà du protocole, l’installation de cette 10ᵉ législature est un test de cohésion pour la mouvance présidentielle et l’opposition. Dans un contexte de réformes électorales persistantes, chaque siège compte. Les observateurs scrutent déjà les tractations de couloir qui débuteront sous la direction de ce bureau d’âge intergénérationnel.

Faridatou Zachari Traoré Yacoubou et ses collègues réussiront-ils à assurer une transition fluide vers le bureau définitif ? À Porto-Novo, le compte à rebours a déjà commencé.

Libye : le retour du géant énergétique salué par l’Afrique

En Libye, le pétrole et le gaz ne sont plus seulement des ressources de survie, mais redeviendraient le moteur d’une ambition retrouvée. À Tripoli, le Sommet sur l’énergie et l’économie (LEES 2026) s’est achevé sur un constat partagé par les experts : le pays est de retour sur le devant de la scène énergétique mondiale. Un renouveau salué avec enthousiasme par la Chambre africaine de l’énergie (CAE).

C’est un chiffre qui parle de lui-même : 1,375 million de barils par jour. La Libye affiche ses meilleures performances depuis des années. Mais au-delà des barils, c’est une enveloppe de 20 milliards de dollars d’investissements qui est désormais sur la table pour stabiliser la production et moderniser des infrastructures souvent vieillissantes.

Le gaz, pilier de la souveraineté

Pour NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, ce redressement est une victoire pour tout le continent. Tripoli ne mise plus uniquement sur l’exportation brute, mais sur la valorisation de son gaz. L’objectif  est d’atteindre 750 millions de pieds cubes par jour pour alimenter ses propres centrales électriques, mettre fin aux coupures chroniques qui pèsent sur le quotidien des Libyens et soutenir l’industrialisation locale.

Une ambition panafricaine

Mais le message envoyé depuis Tripoli est aussi diplomatique. En se positionnant comme un fournisseur fiable pour la Méditerranée, la Libye veut servir de modèle de coopération transfrontalière en Afrique du Nord. « L’avenir énergétique de l’Afrique se construira grâce au pragmatisme et aux partenariats », martèle NJ Ayuk.

Défis écologiques et sociaux

Pourtant, le chemin reste semé d’embûches. Pour pérenniser ces gains, la Chambre africaine de l’énergie insiste sur deux points cruciaux : la fin du torchage du gaz, pour répondre aux enjeux climatiques, et la formation de la main-d’œuvre locale. Car l’enjeu est là : transformer la rente pétrolière en emplois durables pour une jeunesse libyenne en quête de stabilité.

Côte d’Ivoire : Camille Makosso menacé d’excommunication par l’ONEE-CI

ABIDJAN, 23 janv. 2026 – Les autorités évangéliques de Côte d’Ivoire ont annoncé jeudi l’ouverture d’une procédure d’excommunication à l’encontre de Camille Makosso, figure médiatique et controversée, après sa participation remarquée à un festival vaudou au Bénin, a appris l’AFP de sources religieuses.

Dans un communiqué publié par l’Observatoire National des Églises Évangéliques de Côte d’Ivoire (ONEE-CI) et relayé par le Dr Jean Isidore Gauze, le Conseil des Docteurs de l’Église dénonce une « faute grave » commise par celui qui se présente comme le « général » et porte-parole des églises protestantes et évangéliques du pays.

 

La « ligne rouge » théologique

En effet, le grief principal porte sur la présence active de M. Makosso aux « Vodun Days », un événement majeur célébrant la spiritualité vaudou, qui s’est tenu début janvier à Ouidah, au Bénin. Au-delà d’une simple visite, les instances religieuses fustigent la promotion de ce festival par le pasteur dans les médias béninois et son intention affichée d’y convoyer des fidèles chrétiens.

Pour le Conseil National des Évangéliques, ce comportement constitue une « atteinte à la pureté de l’Évangile ». Par ailleurs, la théologie évangélique rejette strictement tout syncrétisme avec les pratiques traditionnelles africaines, assimilées ici au « spiritisme » et à l’« occultisme ».

 

Un ultimatum pour une « repentance sincère »

L’institution religieuse n’a pas encore prononcé l’exclusion définitive, mais place Camille Makosso sous une mise en demeure formelle. Elle lui offre la possibilité de reconnaître publiquement son erreur et de demander pardon.

« Si toutefois il refuse de se repentir dans l’humilité, l’excommunication sera prononcée en accord avec toutes les forces vives de l’Église et prendra officiellement effet », stipule le communiqué.

 

Un personnage habitué aux polémiques

Camille Makosso, suivi par des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, est un habitué des bras de fer avec les institutions. Si les responsables évangéliques actent cette excommunication, l’influenceur pourrait perdre sa légitimité au sein de la communauté évangélique organisée de Côte d’Ivoire, bien que son immense audience numérique lui assure une indépendance médiatique de fait.

Pour l’heure, l’intéressé n’a pas réagi officiellement à cette annonce qui secoue la communauté chrétienne ouest-africaine.

Bénin : Bilan record pour les Vodun Days 2026 à Ouidah

Le pari de Patrice Talon est en passe d’être gagné. En faisant du patrimoine cultuel un levier de « soft power » et de croissance, le gouvernement béninois a hissé les Vodun Days 2026 au rang de mastodonte du calendrier culturel africain. L’édition tenue à Ouidah du 8 au 10 janvier a pulvérisé tous les records, selon les chiffres officiels de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD).

 

Une explosion de la fréquentation

Avec 740 668 participants identifiés cette année, le festival enregistre une progression spectaculaire de 70,2 % par rapport à l’édition 2025. Plus impressionnant encore : le cumul des entrées sur les différents sites de la cité historique de Ouidah frôle les 1,94 million de visites.

L’événement ne se limite plus à une célébration nationale. Désormais, 19,5 % des festivaliers sont des étrangers en provenance de 56 pays. Cette internationalisation confirme que la réhabilitation du culte Vodun, longtemps victime de préjugés, opère une véritable séduction sur les marchés touristiques mondiaux, notamment auprès de la diaspora afro-descendante.

 

Une bouffée d’oxygène pour l’économie locale

Au-delà de la ferveur spirituelle, l’impact sur le portefeuille des Béninois est concret. Les retombées économiques de cette édition 2026 marquent un tournant :

  • Chiffre d’affaires : les acteurs locaux ont multiplié leur chiffre d’affaires par six.
  • Entreprises : 312 unités économiques ont directement participé à l’organisation et aux services.
  • Emploi : le festival a généré 4 928 emplois occasionnels et a mobilisé 440 volontaires.

 

Un taux de satisfaction plébiscité

La logistique, souvent point faible des grands rassemblements sur le continent, semble avoir été le point fort de cette année. L’INStaD rapporte un taux de satisfaction de 95,4 %. Les participants ont particulièrement salué la propreté des sites, la sécurité renforcée et la qualité des infrastructures temporaires.

Pour Porto-Novo, ces résultats valident la stratégie de « Destination Bénin ». Les Vodun Days ne sont plus seulement une fête religieuse, mais un moteur de développement territorial qui transforme Ouidah en un hub culturel permanent.

L’aube d’une nouvelle ère. Comment la CAN 2025 est devenue l’une des plus remarquables de l’histoire

Le tournoi au Maroc restera longtemps gravé dans les mémoires : il a offert des matchs incroyables et a prouvé que le football africain a atteint une maturité tactique et s’inscrit dans les tendances mondiales. Les résultats de cette passionnante Coupe d’Afrique des nations 2025 sont résumés par le partenaire officiel de la CAF et du tournoi, le meilleur site de paris sportifs international 1xBet.

Des réalisations à tire-larigot

Cette édition s’est révélée la plus prolifique depuis 2012 : en trois semaines, les équipes ont planté 121 buts, soit une moyenne de 2,33 buts par jeu.

La phase finale aurait pu être encore plus spectaculaire, mais à partir des demi-finales, le jeu est devenu plus prudent : seulement deux réalisations en quatre rencontres. Le prix de l’erreur était trop élevé et la pression s’est fait sentir. Mais les statistiques brutes ne sauraient occulter l’essentiel : ce tournoi a offert une multitude de buts magnifiques. Il suffit de se souvenir du spectaculaire ciseau d’Ayoub El Kaabi lors des matchs contre la Zambie et les Comores.

Les plus grandes stars ont renforcé leur crédit

La liste des meilleurs buteurs de la CAN 2025 comprend des stars actuelles et même des légendes du football africain. Mohamed Salah et Victor Osimhen ont enfoncé 4 pions chacun, tandis que Riyad Mahrez, Ademola Lookman et Amad Diallo ont fait trembler les filets à 3 reprises chacun.

Impossible de ne pas mentionner trois autres joueurs récompensés individuellement à l’issue du tournoi. Tout d’abord, le prix du meilleur gardien revient à Yassine Bounou : seulement 2 buts concédés en 7 matchs, un résultat à couper le souffle. Ensuite, le meilleur buteur, Brahim Díaz, avec 5 pions à son compteur. Certes, il n’a pas transformé le penalty décisif de la finale, mais il avait auparavant réalisé un parcours dingue qui méritait cette récompense.

Le titre de MVP de la Coupe d’Afrique des nations a été décerné au légendaire Sadio Mané. Deux buts et deux assists soulignent certes son influence sur le jeu de la sélection sénégalaise, mais ne révèlent pas pleinement la contribution de l’ancien joueur de Liverpool. La seconde est bien plus importante : c’est Mané qui s’est donné à fond et a mené les Lions de la Téranga à un deuxième triomphe sur les trois dernières éditions. En dernier carré, son but a offert la victoire face à l’Égypte, et dans le moment décisif de la finale, Sadio a su apaiser les tensions, convainquant ses coéquipiers de poursuivre le combat après deux décisions arbitrales controversées de suite, qui avaient provoqué une vive réaction du staff technique et des supporters sénégalais.

Un minimum de sensations comme un marqueur de la montée en gamme du tournoi

La composition des participants en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations a été qualifiée par de nombreux journalistes de l’une des plus relevées de toute l’histoire du tournoi. Toutes les équipes, à l’exception du Mali, ont participé à la phase finale des Coupes du monde au moins trois fois. Ceci témoigne du niveau du tournoi, auquel tous les favoris se sont présentés en excellente forme.

Le côté un peu plus désagréable d’une telle situation réside en un nombre inférieur de sensations possibles. Certes, il y a eu des surprises locales : la remontée du Burkina Faso avec deux buts contre la Guinée équatoriale aux 95ᵉ et 98ᵉ minutes, ainsi que la performance de la Tanzanie, qualifiée pour les barrages avec seulement deux unités. Mais cette fois-ci, aucune surprise d’envergure mondiale n’a marqué les esprits, comme la victoire de la Zambie en 2012 ou même la demi-finale de cette même équipe burkinabè en 2022.

Par ailleurs, les spectateurs ont pu constater que les meilleures équipes se sont battues jusqu’au bout, et à partir des quarts de finale, aucune ne s’est clairement démarquée. Le tournoi a démontré que le football africain a parcouru un sacré bout de chemin et propose désormais un produit unique et compétitif à l’échelle mondiale. Vous pouvez suivre les éditions à venir de la Coupe d’Afrique des nations et les performances des représentants africains à la Coupe du monde avec le partenaire officiel du tournoi, le meilleur site de paris sportifs international : 1xBet ! Pariez sur le succès des sélections africaines au Mondial et soutenez les meilleurs représentants du continent !