Cotonou a franchi un nouveau palier dans sa mutation numérique. Le mercredi 18 mars 2026, les couloirs du Ministère de l’Économie et des Finances ont vibré au rythme de l’innovation avec le lancement de SIRAT Pay. Plus qu’une simple application, cet outil promet de transformer radicalement le quotidien des transporteurs et des voyageurs sur les axes routiers béninois.
Fini le temps perdu à chercher de la petite monnaie ou à patienter de longues minutes sous le soleil aux postes de contrôle. Avec SIRAT Pay, le gouvernement béninois dématérialise entièrement les transactions de péage et de pesage.
L’objectif affiché par Ranti Akindès, Directeur Général de la SIRAT, est limpide : offrir une expérience fluide, rapide et sécurisée. En migrant vers le numérique, le pays s’attaque à l’un des principaux goulots d’étranglement de la mobilité nationale.
Une gestion « zéro papier » pour une transparence totale
Lors de la conférence de presse, Wilfrid Bocco, Directeur de l’Exploitation, a mis en lumière les piliers de cette technologie :
Traçabilité absolue : chaque centime versé est enregistré numériquement, garantissant une gestion rigoureuse des recettes publiques.
Hygiène et sécurité : la réduction des contacts physiques s’inscrit dans les standards de modernisation des services publics.
Efficacité pour les entreprises : les gestionnaires de flottes peuvent désormais suivre et recharger les comptes de leurs conducteurs à distance.
« Cette innovation n’est pas qu’un gadget technique, c’est un levier de croissance qui remet l’usager au centre des priorités », a souligné la direction lors de la présentation.
Pour maximiser l’impact de cette réforme, les autorités encouragent vivement l’adoption de la carte SIRAT Pay. Couplée à l’application mobile, elle permet un passage quasi instantané aux barrières. Cette stratégie s’inscrit directement dans la vision du Programme d’Action du Gouvernement (PAG), qui fait du numérique le moteur de l’émergence béninoise depuis 2016.
Le lancement de SIRAT Pay illustre la volonté constante de moderniser l’État, renforçant ainsi le bilan technique du pouvoir actuel. Pour le citoyen lambda, c’est avant tout la promesse d’un voyage sans friction à travers le pays.
À quelques semaines du scrutin du 12 avril, l’effervescence politique gagne le Nord du pays. Ce mercredi, l’Université de Parakou (UP) s’est transformée en une véritable agora citoyenne. Entre sensibilisation civique et ralliement politique, les étudiants sont désormais au cœur de la stratégie de conquête du duo Wadagni-Talata.
Le terrain de sport de l’Université de Parakou a troqué ses maillots contre des écharpes politiques. Sous un soleil de plomb, une foule impressionnante d’étudiants s’est rassemblée pour une séance d’imprégnation aux enjeux électoraux. Loin d’être une simple formalité administrative, ce rendez-vous a pris les traits d’un grand oral citoyen.
Par ailleurs, l’objectif affiché est clair : sortir la jeunesse universitaire de l’indifférence pour en faire le fer de lance de l’examen à venir. Pour les autorités académiques, doyens et enseignants présents en nombre, il s’agit avant tout de rappeler que le bulletin de vote est l’arme la plus puissante du futur cadre béninois.
Le choix de la continuité : le pari Wadagni-Talata
Si le discours officiel porte sur le devoir civique, l’ombre du duo Wadagni-Talata plane avec force sur l’événement. Pour de nombreux dirigeants étudiants qui se sont succédé au pupitre, soutenir ce ticket n’est pas qu’un choix politique, c’est une adhésion à une vision de développement.
« Nous ne sommes pas seulement des électeurs, nous sommes les sentinelles de la stabilité et du progrès économique », martèle un responsable étudiant sous les acclamations.
Les interventions mettent aussi en avant les réformes économiques et l’expertise technique portées par le duo, tentant de convaincre une jeunesse en quête de perspectives professionnelles et de modernité.
Cette rencontre souligne une mutation majeure dans la campagne actuelle : l’université n’est plus seulement un lieu de savoir, mais un territoire stratégique. En impliquant le personnel administratif et le corps enseignant aux côtés des étudiants, les organisateurs espèrent ainsi créer un effet d’entraînement qui dépassera les grilles du campus de Parakou.
À l’approche du 12 avril, le défi reste de transformer cette ferveur militante en une participation massive dans les urnes.
Un trait d’union numérique et culturel vient de naître dans le Nord du Bénin. En effet, le mardi 17 mars, l’Université de Parakou (UP) a franchi une étape majeure de son internationalisation avec l’inauguration d’un nouvel espace dédié à l’Institut Français. Entre accès aux ressources mondiales et accompagnement à la mobilité, ce lieu entend devenir un moteur de réussite pour les étudiants.
L’ambiance était aux grands jours sous le ciel de Parakou. En présence de l’ambassadrice de France, Nadège Chouat, et du Recteur de l’UP, le Professeur Bertrand Sogbossi Bocco, le ruban tricolore a été coupé, ouvrant l’accès à une nouvelle structure.
Plus qu’une simple extension immobilière, cet espace est une porte dérobée sur le monde. Équipé d’un pôle informatique de pointe, il offre aux étudiants et chercheurs un accès privilégié à la plateforme Cairn Info. Sciences, technologies, médecine… ce sont des milliers d’ouvrages et de revues spécialisées qui sont désormais à portée de clic pour la communauté universitaire du Septentrion.
Mobilité : le guichet « Campus France » s’installe au cœur du campus
L’autre pilier de cette inauguration repose sur l’orientation. Fini les incertitudes sur les procédures d’études à l’étranger. Désormais, une permanence hebdomadaire de Campus France se tiendra directement sur le site.
« Ce lieu ne bâtit pas seulement des murs, il forge des destins », a martelé David Djigbé, porte-parole des étudiants.
Pour la diplomatie française, l’enjeu est de taille : moderniser l’image de la coopération en offrant un cadre de vie et de création. Nadège Chouat a d’ailleurs profité de l’occasion pour annoncer une rénovation globale de l’antenne locale de l’Institut Français dans les mois à venir, promettant un espace encore plus « hybride » et artistique.
Le Recteur a exhorté les doyens et directeurs de facultés à transformer ce nouvel outil en un véritable réflexe quotidien pour les apprenants. Car L’objectif est de faire de Parakou un pôle d’attractivité académique où la tradition béninoise rencontre l’expertise francophone.
Dans cette ruche numérique, les étudiants pourront non seulement parfaire leurs recherches, mais aussi construire des projets audacieux grâce à la médiathèque numérique, riche en contenus éducatifs et culturels. Une « nouvelle ère », comme l’ont souligné les officiels, où le savoir ne connaît plus de frontières géographiques.
Le savoir sans frontières : cap sur l’ère globale
Au-delà des murs de l’UP, cette inauguration symbolise l’entrée de la jeunesse du Nord-Bénin dans la compétition mondiale des talents. En effet, en connectant Parakou aux réseaux numériques internationaux, ce centre brise l’isolement géographique et place l’étudiant béninois sur la même ligne de départ que ses pairs du monde entier.
Dans un siècle où la maîtrise de l’information est le nouveau levier de puissance, ce pont culturel prouve que l’avenir se joue désormais sur l’intelligence collective et la mobilité des idées. Une fenêtre ouverte sur le monde, où le savoir local s’enrichit des ressources globales pour bâtir les dirigeants de demain.
À CRIET, le silence de la salle d’audience tranche avec l’intensité des débats. Ce mardi 17 mars 2026, le procès de Julien Kandé Kansou, membre de la cellule de communication du parti Les Démocrates, a franchi une étape décisive. Le ministère public a requis deux ans de prison ferme et une amende de 10 millions de FCFA. En toile de fond : une question sensible, celle des limites de la parole politique à l’ère numérique.
Une affaire au croisement du politique et du numérique
Derrière les qualifications juridiques — harcèlement par voie électronique et incitation à la rébellion — se dessine un dossier éminemment politique. Selon l’accusation, les propos de l’intéressé s’inscriraient dans une dynamique de contestation susceptible de troubler l’ordre public.
Au cœur du dossier, des critiques adressées à un membre du gouvernement, notamment autour d’un projet de taxation de la connexion Internet. Des prises de position qui, pour le parquet, dépasseraient le cadre du simple commentaire pour relever d’une infraction pénale.
Le ministère public durcit le ton.
Dès l’ouverture de l’audience, le ton est donné. Le ministère public demande à la Cour de retenir le prévenu dans les liens de la prévention. Pour l’accusation, les faits reprochés ne souffrent d’aucune ambiguïté : ils constitueraient une utilisation abusive des outils numériques à des fins de pression et de mobilisation.
Dans une argumentation structurée, le parquet insiste sur la nécessité de réguler les dérives en ligne, dans un contexte où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique.
La défense invoque le débat démocratique.
Face à ces réquisitions, la riposte des avocats ne se fait pas attendre. Me Barnabé Gbago et Me Augustin Aballo plaident la relaxe pure et simple.
Selon eux, leur client n’a fait qu’exercer un droit fondamental : celui de critiquer l’action gouvernementale. Ils s’appuient notamment sur les textes encadrant le statut de l’opposition au Bénin, qui garantissent la liberté d’expression dans le cadre du débat public.
Pour la défense, transformer une opinion politique en infraction pénale reviendrait à fragiliser l’équilibre démocratique.
Une parole personnelle qui humanise le dossier
Prenant brièvement la parole, Julien Kandé Kansou rappelle avoir déjà passé neuf mois en détention. Un élément qui, au-delà des considérations juridiques, introduit une dimension humaine dans une affaire hautement politisée.
Dans une salle attentive, il évoque l’éloignement familial et le poids du temps, donnant au procès une résonance plus intime.
Un verdict très attendu
Le délibéré est fixé au 28 avril 2026. D’ici là, l’affaire continuera d’alimenter les discussions, bien au-delà des murs du tribunal.
Car ce procès dépasse le seul cas de Julien Kandé Kansou. Il pose une question plus large : jusqu’où peut aller la critique politique dans l’espace numérique sans basculer dans l’illégalité ?
Dans un pays où le débat public se redessine à l’ère digitale, la décision de la CRIET pourrait bien faire jurisprudence.
Dans un contexte régional marqué par la montée des menaces sécuritaires, le Bénin franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses capacités de défense. Les États-Unis ont remis lundi 16 mars 2026 un appui matériel estimé à 350 000 dollars aux Unités Spéciales de Surveillance des Frontières (USSF) de la Police républicaine. Une initiative qui, au-delà de son aspect technique, illustre les recompositions en cours dans les partenariats sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
Au nord du pays, les défis liés à la sécurisation des frontières se sont intensifiés ces dernières années. Face à des menaces diffuses, souvent transfrontalières, les autorités béninoises misent sur une montée en puissance de leurs forces spécialisées.
C’est dans ce cadre que cet appui américain intervient. Armes, équipements et outils opérationnels viennent renforcer les capacités des unités déployées sur les zones sensibles. L’objectif affiché : améliorer la réactivité et l’efficacité des interventions sur le terrain.
Derrière cette dotation matérielle se dessine une stratégie plus large. Pour les États-Unis, il s’agit de consolider un partenaire clé dans une région où les équilibres sécuritaires restent fragiles.
En soutenant les forces béninoises, Washington entend également contenir des menaces susceptibles de dépasser les frontières ouest-africaines. Une approche qui s’inscrit dans une logique de prévention, où la stabilité régionale devient un enjeu global.
Former pour autonomiser
Mais l’essentiel ne réside pas uniquement dans l’équipement. Une partie des agents bénéficiaires a été formée dans le cadre de programmes financés par les partenaires américains. Ces formations, axées sur les techniques d’intervention et la gestion des risques, visent à professionnaliser davantage les unités spécialisées.
Ainsi, l’enjeu est double : répondre aux urgences sécuritaires immédiates tout en construisant, à moyen terme, une capacité nationale durable. Autrement dit, permettre au Bénin de sécuriser ses frontières de manière plus autonome.
Cette dynamique soulève néanmoins une question centrale : jusqu’où cette coopération peut-elle conduire à une véritable indépendance sécuritaire ?
Car si l’appui extérieur reste déterminant, les autorités béninoises affichent une ambition claire : réduire progressivement leur dépendance à l’aide internationale. En dotant leurs unités d’équipements modernes et en renforçant leurs compétences, elles posent les bases d’une stratégie plus souveraine.
Un signal dans un contexte régional tendu
Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à des défis sécuritaires persistants, cette initiative envoie un signal fort. Elle témoigne d’un repositionnement des alliances et d’une volonté accrue des États de la région de reprendre la main sur leur sécurité.
Reste à savoir si cette montée en puissance suffira à contenir des menaces en constante évolution. Une chose est sûre : pour le Bénin, la sécurisation des frontières n’est plus seulement une priorité nationale, mais un enjeu stratégique aux répercussions internationales.
Le 15 mars 2026 restera une date à part dans l’histoire récente de la gastronomie béninoise. Après 26 jours de cuisine ininterrompue, le chef Delphin Agbétogan a quitté son box, épuisé mais debout, salué par une foule acquise à sa cause. Derrière lui : 624 heures d’efforts, plus de 16 000 plats servis, et une démonstration saisissante des limites que l’on peut repousser.
Tout commence le 16 février 2026 à 19 heures, au Majestic Cinéma de Cotonou, lorsque le chef Delphin Agbétogan se lance dans un pari audacieux : tenir 600 heures, soit 25 jours, derrière les fourneaux sans interruption réelle. Un défi qui, dès son lancement, intrigue autant qu’il fascine. Dans un pays où la gastronomie occupe une place centrale dans la vie sociale, l’initiative dépasse rapidement le simple cadre culinaire pour devenir un véritable événement populaire.
Mais très vite, le chef surnommé « le Guépard des fourneaux » décide d’aller plus loin. Comme mû par une énergie inépuisable, Près d’un mois plus tard, le 15 mars 2026, il franchit la ligne d’arrivée après avoir prolongé son effort à 624 heures, soit 26 jours complets.
Derrière les chiffres, la réalité donne le vertige. Chaque journée s’organise autour d’un rythme quasi militaire : à peine une heure de repos sur 24, et une production dépassant les 600 plats quotidiens. Du lever du jour à la nuit tombée — et bien au-delà — les gestes se répètent, précis, mécaniques, presque chorégraphiques.
Au total, 16 471 plats ont été servis. Autant de portions préparées sous pression, dans un enchaînement constant, où la fatigue physique et mentale devient un adversaire permanent.
Le samedi 14 mars 2026, à la veille de la fin du défi, l’atmosphère change. Autour du box de cuisine, les soutiens se multiplient : anonymes, passionnés de cuisine, partenaires et représentants institutionnels. Parmi eux, Modeste Kérékou, venu saluer personnellement l’exploit.
Dans une ambiance mêlant ferveur et émotion, chacun mesure alors la portée du moment : au-delà de la performance, c’est une leçon d’endurance et de détermination qui se joue sous leurs yeux.
Si les chiffres impressionnent, ils ne suffisent pas à résumer l’événement. Car ce défi raconte autre chose : la capacité à se dépasser, à transformer une discipline exigeante en acte de résilience.
Dans un contexte où les métiers de l’artisanat peinent parfois à être pleinement valorisés, cette performance agit comme un révélateur. Elle remet en lumière le rôle des chefs, non seulement comme créateurs culinaires, mais aussi comme acteurs culturels et économiques.
Le rideau est tombé, mais l’écho demeure : que restera-t-il de ces 624 heures ? Plus qu’un record, c’est une invitation. Une invitation à croire en la force des rêves, à transformer la passion en moteur, et à faire de chaque défi un tremplin. Pour la jeunesse béninoise, l’exemple de Delphin Agbétogan rappelle qu’aucune limite n’est infranchissable quand la volonté s’allie au courage.
Une chose est sûre : pendant 26 jours, un homme seul face à ses fourneaux aura réussi à captiver tout un pays. Mais au-delà du record, son exploit trace un chemin. Il rappelle à la jeunesse béninoise que la passion, la discipline et l’audace suffisent parfois à ériger un destin individuel en symbole national. Ce défi n’est pas seulement celui d’un chef, c’est l’invitation à croire en ses propres forces et à oser repousser les limites.
Sur l’axe routier reliant Zinvié à Cotonou, la nuit du samedi 14 mars 2026 s’est brutalement refermée sur un accident aux conséquences irréversibles. Un homme y a perdu la vie, fauché dans une collision impliquant un véhicule conduit par le préfet du Littoral, Alain Orounla.
Depuis, une question s’impose dans l’espace public : dans quel état se trouvait le conducteur au moment des faits ?
Une collision aux circonstances encore floues
Selon les premiers éléments recueillis, le drame s’est produit aux environs de 23 heures. Le véhicule 4×4 conduit par l’autorité préfectorale a percuté une moto transportant deux personnes, avant de terminer sa course contre un poteau électrique à proximité d’un lieu connu des riverains sous le nom de « La Base ».
Le choc, d’une rare violence, a été fatal à l’un des passagers de la moto. L’autre occupant, ainsi que le conducteur du véhicule, ont survécu, ce dernier souffrant de blessures légères au niveau du front.
Une soirée conviviale en amont
Dans les heures ayant précédé l’accident, plusieurs sources évoquent la participation du préfet à une rencontre à caractère informel dans la zone de Zinvié. Autour de lui figuraient notamment le député Ayissi ainsi que le chef d’arrondissement local.
Si certains témoignages décrivent une ambiance détendue, voire festive, aucun élément tangible ne permet à ce stade d’établir un lien direct entre cette rencontre et les circonstances précises de l’accident.
L’absence de confirmation sur l’état du conducteur
C’est précisément ce point qui cristallise aujourd’hui les interrogations. Le préfet était-il sous l’emprise de l’alcool ou d’une substance susceptible d’altérer ses capacités de conduite ?
À ce jour, aucune communication officielle n’a confirmé ni infirmé cette hypothèse. Ni résultats d’analyses toxicologiques, ni conclusions médicales n’ont été rendus publics. Dans ce silence institutionnel, rumeurs et spéculations gagnent du terrain, alimentant un climat d’incertitude.
Une enquête attendue, un débat relancé
Une enquête a été ouverte afin d’établir les responsabilités et de reconstituer avec précision le déroulé des faits. Elle devra notamment déterminer les conditions exactes de conduite au moment de l’impact.
Au-delà du fait divers, ce drame ravive une question récurrente dans l’opinion publique béninoise : celle de l’exemplarité des responsables publics sur la route. Dans un pays où les accidents de la circulation demeurent fréquents, l’implication d’une haute autorité administrative confère à l’affaire une dimension particulière.
En attendant les conclusions officielles, une certitude demeure : sur la route de Zinvié, cette nuit-là, une vie s’est arrêtée. Et avec elle, l’exigence de vérité s’impose désormais comme une urgence.
Cotonou, 16 mars 2026 – La scène aurait pu rester cantonnée aux amphithéâtres universitaires et aux couloirs des hôpitaux. Pourtant, en quelques jours, une affaire judiciaire liée à un drame médical a provoqué une onde de choc jusque dans les plus hautes sphères de l’État béninois. Ce lundi, le président Patrice Talon a reçu les représentants des professionnels de santé en formation, dans une tentative d’apaisement face à une crise qui secoue le monde hospitalo-universitaire.
Au cœur de la polémique : la condamnation d’une gynécologue et de deux médecins en spécialisation à 24 mois de prison, dont 12 fermes, pour homicide involontaire. La décision de justice fait suite au décès de Rebecca Dossou, survenu après une césarienne en décembre 2025 au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé.
Au-delà du drame humain, l’affaire a ravivé un débat latent sur la responsabilité des médecins en formation et les conditions d’apprentissage dans les structures hospitalières du pays.
Une condamnation qui déclenche la colère des étudiants
Dans les facultés de médecine, la décision judiciaire a été perçue comme un signal d’alarme. Pour de nombreux étudiants et internes, elle révèle une zone grise juridique dans laquelle évoluent les professionnels de santé en formation.
Le 12 mars, l’Association des étudiants en médecine de Cotonou a annoncé une mesure forte : la suspension immédiate des stages hospitaliers, et ce jusqu’à nouvel ordre.
Dans un communiqué signé par son président Marc Aguewe, l’organisation étudiante explique que cette décision vise à soutenir les médecins en spécialisation concernés par l’affaire. Mais elle traduit également une inquiétude plus profonde.
Selon les étudiants, ceux qui apprennent encore le métier se retrouvent souvent en première ligne dans les hôpitaux, sans cadre réglementaire clair définissant leurs responsabilités. Une situation qui, selon eux, expose les jeunes médecins à des risques juridiques disproportionnés.
La suspension des stages a immédiatement fait craindre des perturbations dans plusieurs structures hospitalières. Dans de nombreux services, les étudiants en médecine et les médecins en spécialisation représentent en effet une part essentielle de la main-d’œuvre médicale.
Leur absence pourrait fragiliser l’organisation des soins, notamment dans les services d’urgence, de chirurgie ou de maternité où les effectifs sont déjà sous pression.
Face à cette situation, les autorités universitaires ont rapidement réagi.
Le 13 mars, le professeur Josué Avakoudjo, doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université d’Abomey-Calavi, a publié un communiqué ordonnant la reprise immédiate des stages hospitaliers. Pour l’administration académique, la continuité de la formation médicale ne peut être interrompue sans conséquences graves pour le système de santé. Mais cette injonction n’a pas suffi à calmer les tensions.
C’est dans ce climat particulièrement sensible que le président Patrice Talon a décidé de recevoir les représentants des professionnels de santé en formation.
Si le contenu précis des discussions n’a pas encore été rendu public, cette rencontre témoigne de l’importance que les autorités accordent désormais à cette crise naissante.
Car derrière l’affaire judiciaire se pose une question plus large : comment encadrer juridiquement les médecins en formation tout en garantissant la qualité des soins ?
Dans de nombreux pays, les internes et les résidents exercent sous supervision, mais leur responsabilité reste strictement encadrée par des textes précis. Au Bénin, plusieurs acteurs du secteur estiment que ce cadre reste encore insuffisamment défini.
Une crise révélatrice des fragilités du système
L’affaire Rebecca Dossou agit désormais comme un révélateur des tensions qui traversent le système hospitalo-universitaire béninois.
D’un côté, les familles de patients réclament légitimement justice et responsabilité en cas d’erreur médicale. De l’autre, les médecins en formation alertent sur leurs conditions d’apprentissage et sur le manque de protection juridique dont ils disposent.
Entre ces deux impératifs, l’État se retrouve face à un défi délicat : assurer la sécurité des patients tout en protégeant les futurs médecins qui apprennent leur métier au chevet des malades.
La rencontre organisée au palais de la Marina pourrait ainsi marquer le début d’une réflexion plus large sur la réforme de la formation médicale et sur la clarification des responsabilités dans les hôpitaux.
Car pour beaucoup d’observateurs, la crise actuelle dépasse le cadre d’un simple fait judiciaire : elle pose la question de l’avenir du système de santé béninois et de la formation de ses médecins.
À quelques semaines du contrôle présidentiel, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a tracé, ce vendredi, les lignes de partage du temps d’antenne. Entre tirage au sort millimétré et chaise vide de l’opposition, Cotonou peaufine sa vitrine démocratique.
Dans les salons feutrés de la HAAC, la légèreté n’avait pas sa place. Ici, chaque détail comptait : il s’agissait de garantir que les duos de candidats puissent s’adresser aux Béninois sans qu’aucune voix ne domine l’autre. La régulation médiatique s’est incarnée dans un exercice délicat : fixer l’ordre de passage des prétendants à la magistrature suprême, sous le regard attentif des commissaires.
Pourtant, le tableau présentait une asymétrie notable. Si l’honorable Assan Seibou, figure de proue de la campagne du ticket Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata, était bien présent pour scruter l’urne, le siège dévolu aux représentants du duo Paul Hounkpê – Rock Hounwanou est resté désespérément vide. Un silence dans la salle qui fait écho aux tensions feutrées de la scène politique actuelle.
La primauté du calendrier : le duo Wadagni-Talata en première ligne
Le verdict est tombé, implacable comme un chiffre : le bulletin numéro 1, tiré par le camp de la majorité, propulse le duo Wadagni-Talata en tête des sessions de communication officielle. Dès les premières ondes, leur voix ouvrira le bal médiatique.
Mais derrière ce tirage au sort, c’est toute l’architecture de la campagne qui s’est dévoilée. Durée des messages, protocoles d’enregistrement, validations techniques : la HAAC a déroulé un arsenal de règles pour dompter le tumulte électoral et l’ordonner en débat. Pour Assan Seibou, cette “architecture de textes clairs” n’est pas qu’un cadre : c’est la promesse d’une élection exemplaire, apaisée, où chaque parole trouve sa place.
L’absence du camp Hounkpê lors de cette étape cruciale a certes interrogé, mais elle n’a pas freiné la machine administrative. Au contraire, pour les observateurs à Cotonou, la fermeté de la HAAC illustre une volonté claire de ne laisser aucun vide juridique polluer le climat social.
Dès lors, projetons-nous vers demain. Car la réussite de ce dispositif ne se mesurera pas seulement au nombre de spots diffusés, mais surtout à la capacité des médias publics et privés d’offrir un miroir fidèle des aspirations populaires.
En effet, si la discipline imposée par le régulateur est respectée, le Bénin pourrait transformer ce rendez-vous de 2026 en un modèle de transition numérique et politique pour la sous-région.
En définitive, l’objectif reste inchangé : que le bulletin de vote l’emporte sur l’invective, sous le regard vigilant des caméras.
Cyberinfluence et soupçons d’escroquerie : le dossier Barnabé Azongnidé met la justice béninoise sous les projecteurs. Ce procès, suivi de près par l’opinion publique, révèle les dérives de l’économie numérique et pose la question de la régulation des activités des influenceurs sur les réseaux sociaux.
À Cotonou, l’affaire qui implique le tiktokeur Barnabé Azongnidé prend une tournure judiciaire décisive. Jeudi 12 mars 2026, le créateur de contenus a comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), une juridiction devenue incontournable dans la lutte contre les crimes économiques et la cybercriminalité au Bénin.
Au cœur du dossier : des soupçons d’escroquerie via internet, qui auraient été révélés après l’analyse de l’un de ses téléphones par les enquêteurs du Centre national d’investigations numériques (CNIN). Selon les éléments évoqués à l’audience, certaines données numériques récupérées sur l’appareil seraient liées à des activités suspectées de fraude en ligne.
Cette étape judiciaire transforme une affaire très suivie sur les réseaux sociaux en un symbole des tensions entre influence numérique et responsabilité pénale.
À la barre, une ligne de défense contestataire
Face aux juges, Barnabé Azongnidé a catégoriquement rejeté toute implication dans des activités frauduleuses. L’influenceur affirme qu’il n’utilisait pas exclusivement le téléphone incriminé.
Selon sa version des faits, l’appareil aurait également servi à un collaborateur chargé de l’assister dans son activité de restauration en ligne, baptisée « Cuisine d’or ». Cet argument vise à introduire un doute sur l’attribution réelle des données retrouvées.
L’accusé a par ailleurs tenté de justifier l’origine de ses revenus en évoquant le succès commercial de son activité. D’après ses déclarations devant la cour, la vente de repas via TikTok lui permettrait de générer près de 200 000 francs CFA de recettes quotidiennes grâce à un système de commandes et de livraisons.
Une affirmation qui a suscité les interrogations du parquet, soucieux de comprendre la cohérence entre les revenus annoncés et les flux financiers observés dans l’enquête.
Un parquet particulièrement sévère
Lors de ses réquisitions, le ministère public s’est montré ferme. Le procureur a requis huit ans de prison ferme, soit 96 mois d’incarcération, ainsi qu’une amende de quatre millions de francs CFA contre Barnabé Azongnidé.
Son coprévenu, impliqué dans la procédure, encourt quant à lui cinq ans de prison et deux millions de francs CFA d’amende.
Pour le parquet, le caractère présumé récidiviste de l’accusé, déjà condamné par le passé dans une affaire de cybercriminalité, justifie la sévérité de ces réquisitions.
Une défense qui dénonce une peine disproportionnée
Du côté de la défense, la réaction a été immédiate. Les avocats de Barnabé Azongnidé estiment que les réquisitions du ministère public dépasseraient les limites prévues par la législation applicable.
Les faits reprochés et le cadre légal ne justifient pas, selon eux, une peine aussi excessive. Cet argument devrait désormais piloter leur stratégie judiciaire.
Cette bataille juridique souligne également un débat plus large : comment adapter la justice pénale aux nouvelles formes de délinquance numérique, souvent mêlées aux activités économiques issues des réseaux sociaux.
Un verdict attendu avec attention
Alors que l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions sur les plateformes numériques, la décision de la juridiction est désormais très attendue.
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme doit rendre son verdict le 14 mai 2026.
Au-delà du sort judiciaire de Barnabé Azongnidé, ce jugement pourrait constituer un signal important pour les créateurs de contenus et entrepreneurs du numérique au Bénin, à l’heure où les réseaux sociaux deviennent aussi des espaces d’activités économiques parfois difficiles à encadrer.