OPA remporte le Prix Découvertes RFI 2026 : une première historique pour la musique béninoise

Le Bénin vient d’inscrire une nouvelle ligne dans l’histoire de sa scène musicale. En remportant le Prix Découvertes RFI 2026, l’artiste béninois Tossou Paoli, plus connu sous le nom de scène OPA, devient le premier musicien du pays à décrocher cette prestigieuse distinction depuis la création du concours en 1981.

Cette victoire dépasse largement le cadre d’un simple trophée. Elle symbolise l’émergence d’une génération d’artistes béninois qui, loin des circuits musicaux traditionnels, façonnent aujourd’hui une identité sonore moderne, ouverte sur le monde mais profondément enracinée dans les rythmes locaux.

 

Un tremplin continental pour une nouvelle génération

Créé par Radio France Internationale, le Prix Découvertes RFI s’est imposé au fil des décennies comme l’un des principaux tremplins de la musique africaine. Plusieurs figures majeures du continent y ont vu leur carrière décoller avant de conquérir les scènes internationales.

Pour OPA, cette reconnaissance s’accompagne d’un soutien concret à sa carrière. Le chanteur bénéficie notamment :

  • d’une bourse de 10 000 euros,
  • d’un concert d’envergure internationale diffusé sur les antennes de RFI,
  • ainsi que d’une tournée dans plusieurs pays africains.

Autant d’opportunités qui pourraient également transformer une notoriété encore émergente en véritable carrière continentale.

 

OPA, une signature artistique singulière

Derrière cette victoire se cache un univers musical atypique. OPA appartient à cette génération d’artistes africains qui brouillent les frontières entre les genres. Afro-fusion, influences urbaines, rythmes traditionnels et expérimentations sonores se mêlent dans ses compositions.

Son approche artistique s’inscrit dans une dynamique observée depuis quelques années au Bénin : une scène jeune, créative et audacieuse, qui revendique aussi ses racines tout en dialoguant avec les tendances globales.

À Cotonou comme dans les grandes villes de la diaspora béninoise, cette nouvelle vague musicale contribue à redéfinir l’image culturelle du pays, longtemps moins visible que celles de ses voisins ouest-africains.

 

Une victoire collective pour la scène béninoise

Au-delà du parcours personnel d’OPA, cette consécration est un signal fort pour l’industrie musicale béninoise. Elle confirme également que les talents locaux peuvent désormais rivaliser sur les grandes plateformes culturelles africaines.

Dans les milieux artistiques, la victoire du chanteur est déjà perçue comme un levier d’exposition internationale pour toute la scène musicale nationale. Producteurs, festivals et plateformes numériques pourraient désormais porter un regard plus attentif sur les artistes du pays.

En somme, ce trophée marque peut-être le début d’un nouveau chapitre pour la musique béninoise, longtemps restée dans l’ombre des grandes industries culturelles régionales.

Car derrière le succès d’OPA se dessine une réalité plus large : le Bénin possède désormais une jeune voix musicale capable de porter ses couleurs bien au-delà de ses frontières.

Bénin : Djogbénou reçoit les ambassadeurs de la France et de la Chine à l’Assemblée nationale

Depuis son installation à la tête de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou s’emploie à activer les leviers de la diplomatie parlementaire. Le jeudi 12 mars 2026, le président de l’institution a successivement reçu les ambassadeurs de la France et de la Chine. Une double audience qui illustre la place stratégique du parlement béninois dans les équilibres diplomatiques contemporains.

Assemblée nationale du Bénin
© Assemblée nationale du Bénin

Une nouvelle ère pour la diplomatie parlementaire béninoise

À Porto-Novo, les premiers jours de Joseph Fifamin Djogbénou à la tête de l’Assemblée nationale du Bénin s’annoncent déjà chargés. Le président du Parlement a reçu en audience deux figures majeures de la représentation diplomatique au Bénin : Nadège Chouat et Zhang Wei.

Ces visites protocolaires, présentées officiellement comme des félicitations à la suite de son élection, traduisent en réalité un enjeu plus profond : consolider les relations institutionnelles entre le Bénin et deux partenaires majeurs de sa politique extérieure.

En Afrique de l’Ouest, la diplomatie parlementaire gagne en importance. Les échanges entre assemblées nationales deviennent un instrument de coopération politique, technique et institutionnelle.

Assemblée nationale du Bénin
© Assemblée nationale du Bénin

Paris mise sur la modernisation du Parlement béninois.

Lors de son entretien, l’ambassadrice française Nadège Chouat a insisté sur la vitalité des relations entre les institutions législatives des deux pays. La diplomate a rappelé que la coopération parlementaire entre le Bénin et la France s’est fortement développée ces dernières années.

Selon elle, les discussions ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires pour la nouvelle mandature parlementaire. Parmi eux figurent :

  • la transition numérique du Parlement béninois,
  • l’amélioration du contrôle et de l’évaluation budgétaire,
  • le renforcement des capacités des députés et du personnel parlementaire.

Pour Paris, ces domaines constituent des leviers essentiels pour moderniser l’action législative et renforcer la transparence de la gouvernance publique. L’ambassadrice a d’ailleurs souligné sa confiance dans la vision du nouveau président du Parlement, qu’elle connaît depuis ses précédentes responsabilités politiques.

Dans les coulisses, cette coopération s’inscrit également dans une volonté française de maintenir une présence institutionnelle solide dans un pays considéré comme l’un des pôles démocratiques stables de la région.

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© Assemblée nationale du Bénin

Pékin confirme la continuité de son partenariat parlementaire.

Quelques minutes plus tard, l’ambassadeur de Chine, Zhang Wei, a également été reçu par le président Djogbénou. Le diplomate chinois est venu saluer son élection tout en réaffirmant la volonté de Pékin de poursuivre la coopération entre les deux institutions législatives.

La relation entre le Parlement béninois et l’Assemblée nationale chinoise s’est progressivement renforcée au fil des dernières années à travers :

  • des missions d’échanges parlementaires,
  • des programmes de coopération institutionnelle,
  • des visites officielles de délégations législatives.

Zhang Wei s’est d’ailleurs déclaré satisfait de l’accueil réservé à sa délégation, évoquant même un symbole inattendu de cette proximité : la capacité des collaborateurs du président de l’Assemblée à prononcer correctement les noms chinois.

Un détail qui, selon lui, reflète la qualité des relations entre Pékin et Porto-Novo.

Assemblée nationale du Bénin
© Assemblée nationale du Bénin

Le Parlement béninois au cœur des équilibres géopolitiques

Au-delà du protocole diplomatique, ces deux audiences successives illustrent une réalité géopolitique plus large.

Comme dans de nombreux pays africains, le Parlement devient un espace d’influence stratégique pour les grandes puissances. Tandis que la France privilégie l’appui institutionnel et la modernisation des pratiques parlementaires, la Chine mise davantage sur une coopération politique et des échanges entre institutions.

Pour Joseph Djogbénou, l’enjeu est désormais de transformer ces partenariats en outils concrets au service du renforcement de la démocratie parlementaire béninoise.

Dans un contexte régional marqué par des tensions politiques et des transitions institutionnelles parfois fragiles, le Bénin cherche ainsi à consolider son image de stabilité et de dialogue.

Une présidence parlementaire sous le signe de l’ouverture

Cette série de rencontres diplomatiques donne un premier aperçu de la méthode Djogbénou : ouverture internationale, coopération institutionnelle et modernisation du Parlement.

Reste à savoir comment ces engagements se traduiront dans les mois à venir. Une chose est certaine : à Porto-Novo, la diplomatie parlementaire semble désormais appelée à jouer un rôle central dans la stratégie d’influence du Bénin.

Cotonou : un suspect arrêté après une tentative de vol de moto à Fidjrossè

À Cotonou, un banal stationnement de moto a failli tourner au drame dans le quartier de Fidjrossè. Un homme soupçonné d’avoir tenté de dérober un deux-roues a été intercepté par des habitants avant d’être extrait de la foule par la Police républicaine du Bénin.

L’incident, survenu en pleine journée selon plusieurs témoins, illustre une fois de plus la tension persistante autour des vols de motos dans certains quartiers urbains du Bénin.

Une tentative de vol qui mobilise tout un quartier

Selon les témoignages recueillis sur place, l’individu aurait repéré une moto garée en bordure de route. Pensant pouvoir agir discrètement, il aurait tenté de s’emparer du véhicule.

Mais la scène n’est pas passée inaperçue. Alerté par les appels de la victime, le voisinage s’est rapidement mobilisé. En quelques secondes, plusieurs habitants se sont lancés à la poursuite du suspect dans les ruelles du quartier.

Dans l’agitation, les cris « Olé, olé », expression populaire utilisée pour signaler un voleur, ont résonné dans la zone, attirant encore davantage de riverains. Malgré sa tentative de fuite, la foule a finalement rattrapé l’homme.

La colère populaire avant l’arrivée des forces de l’ordre

Une fois maîtrisé, le suspect a été violemment pris à partie par certains habitants. Des témoins affirment que la tension est rapidement montée, certains voulant lui infliger une sanction immédiate.

« Il a essayé de partir avec la moto, mais les gens l’ont poursuivi et rattrapé », raconte un témoin cité par Bip Radio.

Dans plusieurs quartiers urbains du pays, ce type de réaction populaire traduit un sentiment d’exaspération face à la multiplication des vols de motos, un moyen de transport devenu indispensable pour de nombreux ménages.

L’intervention décisive de la police

La situation aurait pu dégénérer davantage sans l’intervention rapide de la Police républicaine du Bénin. Les agents dépêchés sur les lieux ont réussi à extirper le suspect de la foule avant de le conduire vers un poste de police.

Cette intervention a permis d’éviter un lynchage, pratique encore observée dans certains cas de flagrant délit lorsque la population estime que la justice tarde à agir.

Une procédure judiciaire attendue

Placée désormais sous la responsabilité des autorités, l’affaire devrait suivre la voie judiciaire. La justice pourrait poursuivre le suspect pour tentative de vol, voire pour d’autres infractions, selon les conclusions de l’enquête.

Au-delà de ce fait divers, l’épisode relance le débat sur deux questions sensibles : la recrudescence des vols de motos dans certaines zones urbaines et les réactions parfois violentes des populations face à la délinquance.

Pour les autorités sécuritaires, l’enjeu reste donc double : renforcer la lutte contre les vols tout en rappelant que la justice doit rester l’unique cadre de sanction.

Et vous ! Pensez-vous que l’agressivité des populations face aux délinquants est une réaction légitime ou un danger pour la société ? 

Bénin : Ehua Industries, le nouveau moteur de la filière avicole à la GDIZ

C’est un tournant industriel qui se prépare dans le Sud du Bénin. À Glo-Djigbé, l’usine Ehua Industries s’apprête à bousculer le marché de l’alimentation animale. Une visite ministérielle de haut rang a mis en lumière un projet qui associe souveraineté alimentaire et leadership féminin, sur fond de célébration du 8 mars.

 

Le vrombissement des machines à la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) porte désormais une nouvelle promesse : celle de ne plus dépendre de l’extérieur pour nourrir le bétail béninois. Le jeudi 5 mars 2026, un duo gouvernemental de poids a foulé le sol du chantier d’Ehua Industries. Shadiya Alimatou Assouman (Commerce) et Gaston Dossouhoui (Agriculture) sont venus constater l’avancement d’un projet appelé à devenir un pilier de la transformation économique locale.

GDIZ
© GDIZ

Briser le cycle des importations

Jusqu’à présent, les éleveurs de la région restaient tributaires des fluctuations des marchés internationaux pour s’approvisionner en provende. En s’installant au cœur de la GDIZ, Ehua Industries entend inverser la tendance. L’objectif est double : proposer des aliments de qualité supérieure fabriqués localement et, par extension, faire baisser le coût de revient pour les aviculteurs béninois.

En outre, ce projet ne se limite pas à la construction de murs en béton. Il s’agit d’un maillon stratégique visant à sécuriser la chaîne de valeur agricole, du champ à l’assiette, tout en renforçant la compétitivité du « Made in Benin » sur le marché régional.

GDIZ
© GDIZ

L’industrie au féminin : le symbole Anick Achi-Magne

Cependant, au-delà des enjeux purement techniques, cette visite a revêtu une dimension hautement symbolique. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, l’exécutif a tenu à saluer le leadership de Mme Anick Achi-Magne. En tant que promotrice de ce complexe industriel, elle incarne cette nouvelle génération de femmes d’affaires qui investissent des secteurs autrefois réservés à une élite masculine.

Ainsi, le succès de cette usine devient un étendard pour l’entrepreneuriat féminin au Bénin. Pour la GDIZ, ce chantier est la preuve que l’industrie de demain sera inclusive ou ne sera pas. Entre défis logistiques et ambitions nationales, le Bénin semble prêt à prendre son envol avicole.

Bénin : Le « Non » catégorique de Boni Yayi plonge Les Démocrates dans l’incertitude

L’espoir d’un retour en arrière s’est dissipé le mardi 10 mars 2026 à Tchaourou. Malgré les tentatives de médiation des cadres du parti, l’ancien chef de l’État reste inflexible : sa démission est irrévocable. Entre crise de succession et séisme politique, la principale force d’opposition se retrouve à la croisée des chemins.

 

Le huis clos aura duré trois heures. Trois heures de plaidoyers, d’arguments stratégiques et de pressions amicales qui, finalement, se sont brisées contre le silence de fer de Thomas Boni Yayi. Réunie dans le fief de l’ex-président à Tchaourou — et non à Parakou comme l’annonçaient les rumeurs —, une vingtaine de ténors du parti ont tenté l’impossible : empêcher le départ du “père fondateur”.

 

Une rupture consommée au sommet

Si la coordination nationale refuse toujours d’entériner ce retrait, la réalité du terrain est implacable. Les anciens députés et cadres dépêchés sur place ont pourtant rappelé le rôle de ciment joué par l’ancien locataire de la Marina au sein de la formation. Mais rien n’y a fait. Cette décision, inscrite dans une séquence familiale marquée par le départ préalable de son fils des instances du parti, semble désormais gravée dans le marbre.

Par conséquent, ce refus de reprendre du service laisse un vide immense à la tête des Démocrates. En se retirant, Boni Yayi ne quitte pas seulement une fonction : il oblige son camp à affronter son destin, privé de son ombre tutélaire.

 

Vers un congrès de la dernière chance ?

Dès lors, quelle suite pour la flamme de l’opposition ? À Cotonou, l’heure est au bilan d’un échec diplomatique interne. Selon des sources proches du dossier, l’État-major du parti n’aurait plus d’autre choix que d’accélérer la transition. L’idée d’un congrès extraordinaire, jusqu’ici murmurée, s’impose désormais comme l’unique porte de sortie pour désigner un successeur capable de maintenir l’unité des troupes.

Toutefois, aucune date n’a encore été arrêtée. Entre la nécessité d’aller vite et la peur de l’implosion, la direction nationale marche sur des œufs. Une chose est sûre : l’ère Boni Yayi au sein des Démocrates s’achève, définitivement, sous le soleil de Tchaourou.

Sport Bénin : Issa Djamal prend les rênes de l’Ouémé et du Plateau

À Porto-Novo, une page se tourne pour le sport départemental. Félicien Hounkanrin cède son fauteuil à Issa Djamal, qui hérite d’une mission transversale entre l’Ouémé et le Plateau. Un passage de témoin qui intervient alors que l’ancien directeur prend les rênes de la mairie d’Adjohoun.

 

L’ambiance était solennelle, hier matin, dans les locaux de la Direction départementale des sports de l’Ouémé. Après plusieurs années à porter à bout de bras les ambitions sportives de la région, Félicien Mahoutondji Hounkanrin a transmis les charges de l’institution à son successeur, Issa Djamal.

Ministère des Sports du Bénin
© Ministère des Sports du Bénin

Un héritage solide et de nouveaux défis

Le bilan de l’administration Hounkanrin reste marqué par une volonté constante de redynamiser les disciplines de base et de soutenir les talents locaux. Son dévouement, salué par ses pairs lors de la cérémonie, a permis de maintenir l’Ouémé sur l’échiquier sportif national. Désormais, c’est vers la gestion municipale que se tourne cet acteur clé du développement local, puisqu’il occupe les fonctions de Maire de la commune d’Adjohoun.

Cependant, le véritable tournant de cette passion réside dans le profil du nouvel entrant. Issa Djamal ne découvre pas le terrain, mais il voit son périmètre d’action s’élargir de manière significative.

Ministère des Sports du Bénin
© Ministère des Sports du Bénin

Le défi du cumul : Ouémé et Plateau sous une même tutelle

Désormais, M. Djamal pilotera les destinées sportives de deux départements frontaliers. Déjà en poste pour le Plateau, il assumera cumulativement la direction de l’Ouémé. Cette situation inédite montre que l’administration centrale cherche à renforcer la coopération entre les deux pôles du Sud-Est béninois.

Pour les observateurs sportifs, l’enjeu est de taille : maintenir la cadence des réformes tout en harmonisant les infrastructures et les compétitions de part et d’autre de la frontière départementale. La réussite de cette mission hybride sera scrutée de près par les fédérations et les clubs locaux, qui attendent une continuité sans faille dans l’accompagnement des sportifs.

Comment Oligui Nguema veut faire de Libreville un carrefour de grandes rencontres

Le chantier du nouveau Palais des Congrès de Libreville entre dans sa phase finale, et le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, suit personnellement l’avancement des travaux. Depuis le début du mois de mars, il s’est rendu à plusieurs reprises sur le site, où il est accueilli par Nina Abouna, Commissaire générale aux expositions, ainsi que Selim Bora, Président du Groupe Summa, entreprise chargée de la construction. Ces visites répétées témoignent de l’importance stratégique accordée à ce projet, qui dépasse largement la simple livraison d’une infrastructure moderne.

Car le choix du lieu n’est pas anodin. Le Palais des Congrès s’élève sur l’ancien site de la Cité de la Démocratie, un espace profondément inscrit dans la mémoire politique du pays. C’est là que se sont tenus certains des moments les plus marquants de l’histoire contemporaine du Gabon, notamment la Conférence nationale de 1990, qui a ouvert une nouvelle ère institutionnelle. La disparition progressive des bâtiments au fil des années avait laissé un vide, presque une blessure symbolique, comme si un chapitre essentiel de la vie nationale s’était refermé sans être remplacé. En décidant de reconstruire à cet endroit précis, le Chef de l’État fait le choix d’une continuité assumée : redonner vie à un lieu où le pays a appris à débattre, à se transformer et à se projeter vers l’avenir.

Mais cette renaissance n’est pas seulement mémorielle. Elle s’inscrit dans une vision beaucoup plus large : celle de faire de Libreville un véritable carrefour de grandes rencontres internationales. Le futur Palais des Congrès, conçu selon les standards internationaux, doit devenir l’outil central d’une stratégie d’attractivité ambitieuse. Avec son auditorium de 3000 places, ses espaces modulables, ses équipements technologiques de pointe et sa capacité à accueillir des sommets de haut niveau, l’infrastructure est pensée pour repositionner le Gabon sur la carte des destinations capables d’abriter des conférences diplomatiques, économiques et institutionnelles d’envergure.

Partenaire
© Partenaire

Cette orientation répond à une volonté clairement exprimée par le Chef de l’État : développer le secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions) comme un levier de rayonnement et de croissance. Dans une région où peu de pays disposent d’infrastructures de cette ampleur, Libreville entend se distinguer et capter une partie des grands événements internationaux qui façonnent les dynamiques politiques et économiques du continent. Le Palais des Congrès devient ainsi la pierre angulaire d’une stratégie de soft power, destinée à renforcer l’influence du Gabon et à diversifier son économie.

Le Commissariat Général aux Expositions du Gabon (CGEG), dirigé par Nina Abouna, jouera un rôle déterminant dans cette transformation. Sa mission sera de structurer l’offre événementielle nationale, de professionnaliser l’accueil des délégations et de bâtir une véritable industrie MICE capable d’attirer durablement des rencontres internationales. L’inauguration du Palais, prévue début mai en présence de plusieurs chefs d’État, marquera le lancement officiel de cette nouvelle ambition.

À travers ce projet, le Gabon ne se contente pas de reconstruire un bâtiment : il réactive un symbole, affirme une vision et prépare l’avenir. Libreville aspire désormais à redevenir un lieu où l’on se rencontre, où l’on dialogue, où l’on décide et prend acte de la concrétisation des partenariat stratégiques. Un carrefour, au sens plein du terme.

Arno Mathieu Bilalongo

Hommage à Karimama : Joseph Djogbénou mobilise l’Assemblée nationale

Sous le ciel de plomb de Porto-Novo, la traditionnelle levée des couleurs au Palais des gouverneurs a pris, ce lundi 9 mars 2026, une dimension historique. Entre recueillement et fermeté, le président de l’Assemblée nationale a transformé l’hommage aux quinze soldats tombés dans le Nord en un plaidoyer pour la solidité de l’État.

 

Le silence comme rempart

L’émotion était palpable dès l’aube sur l’esplanade du Parlement. Alors que l’hymne national s’élevait, les visages des fonctionnaires civils et des détachements militaires trahissaient une gravité inhabituelle. L’attaque djihadiste qui s’est produite près de Kofouno, à la lisière de la frontière nigérienne, a laissé des traces bien au-delà des poussières de Karimama. Le Professeur Joseph Fifamin Djogbénou a instauré une minute de silence, rappelant que la démocratie béninoise s’incarne jusque dans ses garnisons les plus éloignées.

 

Un front uni face à la menace asymétrique

Le bilan annoncé par le colonel James Johnson est lourd : quinze vies fauchées et cinq blessés. Au-delà des chiffres, c’est le symbole de la présence républicaine dans l’extrême nord du pays qui était visé. En s’exprimant devant le personnel de l’institution, la deuxième personnalité de l’État a choisi de porter le débat sur le terrain de la responsabilité collective. Pour le président de l’Assemblée, la réponse à la terreur ne réside pas uniquement dans l’acier des armes, mais dans la rigueur morale de ceux qui servent la République au quotidien.

 

Vers un nouveau contrat de sécurité nationale

L’avenir du Bénin se joue désormais sur deux fronts : la ligne de feu à 700 kilomètres de Cotonou et l’efficacité administrative dans les couloirs du pouvoir. Cette cérémonie marque sans doute le début d’une phase de vigilance accumulée où chaque agent public est appelé à devenir un maillon de la résistance nationale. En exhortant ses équipes à une éthique professionnelle irréprochable, Joseph Djogbénou dessine les contours d’un pays qui refuse de céder à la peur. L’administration parlementaire, par sa discipline, se veut désormais le miroir de l’engagement des Forces de défense et de sécurité.

 

La projection : un État plus robuste

Les semaines à venir seront décisives pour le débat parlementaire. Cet hommage laisse présager une accélération des réformes liées à la sécurisation des zones frontales et au soutien social des familles des victimes. Le message envoyé depuis Porto-Novo est limpide : le Bénin ne reculera pas. L’unité affichée ce lundi montre que le pays entend renforcer sa stratégie de défense tout en consolidant ses piliers de gouvernance, afin de faire face à une crise qui s’installe dans la durée.

Parakou : meeting en soutien à Wadagni-Talata

À Parakou, capitale économique du nord du Bénin, la place Tabera s’est transformée ce week-end en tribune politique. Associations, mouvements citoyens et militants favorables au duo présidentiel formé par Romuald Wadagni et Mariam Talata s’y sont retrouvés pour afficher leur stratégie à l’approche de l’élection présidentielle prévue en avril.

Au-delà de la démonstration de soutien, la rencontre avait un objectif précis : fédérer les forces politiques et associatives de la région du Borgou autour d’un mot d’ordre commun — transformer l’enthousiasme militant en participation massive dans les urnes.

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Une mobilisation politique au cœur du Nord

La réunion a rassemblé plusieurs figures de la mouvance présidentielle ainsi que des représentants de la société civile. Leaders associatifs, responsables religieux, têtes couronnées et militants politiques ont pris part à ce rassemblement, illustrant l’importance stratégique du nord du pays dans l’équation électorale.

Parmi les intervenants figuraient notamment le conseiller technique du candidat, le Dr Ilyass Sina Dunwiru, ainsi qu’Adam Chabi Bouko, chargé de coordonner les mouvements du Borgou engagés en faveur du ticket Wadagni-Talata.

Pour les organisateurs, l’enjeu est clair : consolider l’ancrage politique du candidat dans une région où la mobilisation électorale pourrait peser de manière décisive dans l’issue du scrutin.

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« Construire le Bénin de demain »

Le rassemblement s’est articulé autour d’un thème central : bâtir collectivement un pays plus prospère et inclusif. Les responsables des mouvements de soutien ont mis en avant plusieurs priorités, parmi lesquelles la promotion de la jeunesse, l’amélioration du système éducatif et la consolidation de la croissance économique.

Dans leurs interventions, les différents porte-parole ont également insisté sur la nécessité d’accompagner les populations les plus vulnérables et de poursuivre les réformes engagées ces dernières années.

Pour les partisans du candidat, la campagne présidentielle doit ainsi s’appuyer sur une dynamique de continuité tout en proposant une vision tournée vers l’avenir.

 

L’appel à une participation massive

Au cœur des discours prononcés à Parakou, un message revient avec insistance : l’importance de la mobilisation électorale.

Les organisateurs du meeting ont exhorté les sympathisants à transformer leur soutien politique en votes effectifs lors du scrutin d’avril. Dans leur stratégie, la participation constitue un facteur déterminant pour consolider la position du duo Wadagni-Talata.

« L’énergie militante doit désormais se traduire dans les urnes », ont résumé plusieurs intervenants devant la foule réunie sur la place Tabera.

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Une campagne placée sous le signe de l’unité nationale

Les représentants du candidat ont également cherché à envoyer un message d’équilibre territorial. Selon eux, le projet porté par Romuald Wadagni se veut national et ne privilégie aucune région particulière du pays.

Dans un contexte où les équilibres régionaux jouent souvent un rôle important dans les compétitions électorales ouest-africaines, cette ligne de discours vise aussi à présenter la candidature comme un projet rassembleur.

 

Une présidentielle qui s’annonce déterminante

À quelques semaines du scrutin, la campagne s’intensifie progressivement à travers le pays. Les meetings régionaux, comme celui organisé à Parakou, constituent des moments clés pour mesurer la capacité de mobilisation des différents camps politiques.

Pour les observateurs, l’élection présidentielle d’avril pourrait marquer une étape importante dans l’évolution politique du Bénin, pays souvent présenté comme l’une des démocraties les plus stables de la région.

Reste désormais à savoir si l’élan affiché lors de ces rassemblements se traduira effectivement dans les urnes.

Cotonou : La traque au « Zéwé » franchit un palier judiciaire

L’époque de la simple saisie de moto semble révolue. À Cotonou, la Police républicaine et le parquet de Cotonou s’attaquent désormais de front au phénomène des rodéos urbains (Zéwé). Deux jeunes acrobates, interpellés après une course folle entre Fidjrossè et le carrefour Bio Guéra, ont vu leur garde à vue prolongée le jeudi 5 mars 2026. Enquête sur un virage répressif qui vise à sécuriser les nuits de la capitale économique.

 

L’escalade de trop : une nuit de tension sous haute surveillance

Tout commence dans l’obscurité de la nuit du dimanche 1ᵉʳ au lundi 2 mars 2026. Ce qui devait être une démonstration d’agilité pour un groupe de jeunes motocyclistes s’est transformé en une confrontation directe avec les forces de l’ordre. Partis de l’esplanade de Fidjrossè, les pilotes ont lancé leurs moteurs dans une série de figures périlleuses en direction du prestigieux boulevard de la Marina.

Toutefois, ce qu’ils ignoraient, c’est que la Police républicaine avait déjà déployé un filet de sécurité invisible. C’est au niveau du carrefour Bio Guéra que le rideau est tombé. Résultat de l’opération : deux arrestations majeures ainsi que la mise en fourrière immédiate de dix-huit motocyclettes.

 

La justice entre en scène : un signal fort du parquet

Contrairement aux pratiques habituelles où le paiement d’une amende suffisait pour récupérer le véhicule, l’affaire a pris une qualification criminelle. Le jeudi 5 mars, les autorités ont conduit les deux suspects devant le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Cotonou.

Le magistrat a ordonné la prolongation de leur garde à vue au commissariat du 12ᵉ arrondissement et fixé une nouvelle audition pour le lundi 9 mars 2026. Le procureur devra ensuite trancher entre un classement, une médiation pénale ou, plus vraisemblablement, l’ouverture de poursuites judiciaires fermes.

Pour le commissaire Eric Edon, en charge du 12ᵉ arrondissement, la ligne rouge a été franchie. Il rappelle que ces acrobaties sur la voie publique ne sont pas de simples jeux, mais une « infraction grave » mettant en péril la vie d’autrui.

 

Le « Zéwé » dans le viseur : vers une tolérance zéro ?

Cet épisode marque sans doute la fin d’une certaine complaisance envers le « Zéwé », cette pratique de cascades urbaines devenue virale chez les jeunes Cotonois. En judiciarisant ces interpellations, les autorités béninoises affirment leur volonté de dissuader et de sanctionner.

La stratégie de sécurisation se poursuit : des sources policières annoncent déjà l’intensification des patrouilles dans :

  1. Le boulevard Saint-Michel (artère commerciale majeure) ;
  2. L’axe d’Akpakpa ;
  3. Les périmètres de l’aéroport international.

 

Quel avenir pour les interpellés ?

L’issue de l’audition du lundi 9 mars sera scrutée de près par l’opinion publique et les usagers de la route. Si le procureur décide de poursuivre les prévenus, cela créerait un précédent juridique majeur au Bénin, transformant la pratique du rodéo urbain d’une simple incivilité en un délit passible de peines correctionnelles.