Distinction nationale : Dandi Gnamou élevé au grade de Grand officier

Cotonou, 17 décembre 2025 –C’est dans une atmosphère d’une solennité rare que la professeure Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice, a été élevée le mardi au grade de Grand officier de l’Ordre national du Bénin. Organisée au siège de l’institution, cette cérémonie consacre une trajectoire d’exception, véritable point de rencontre entre l’excellence académique, la rigueur du magistrat et un engagement sans faille au service de l’État.

Une cérémonie marquée par le recueillement et la symbolique d’État

 

Autour de la récipiendaire, un parterre de hautes personnalités : les présidents des grandes institutions, conduits par Louis Gbèhounou Vlavonou, président de l’Assemblée nationale, ainsi que la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Zimé, Grande Chancelière de l’Ordre national, qui a présidé l’événement.

Avant les honneurs, l’assistance a observé une minute de silence en mémoire des victimes des événements tragiques du 7 décembre 2025, un geste qui a aussi rappelé la fragilité du contexte national et donné à la cérémonie une dimension supplémentaire de gravité et d’unité.

La professeure Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice, a été élevée au grade de Grand officier de l'Ordre national du Bénin. Retour sur un parcours d'exception.
© La professeure Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice, a été élevée au grade de Grand officier de l'Ordre national du Bénin. Retour sur un parcours d'exception.

De la Sorbonne à l’UAC : un rayonnement académique sans frontières

 

Dans son allocution, la vice-présidente a longuement retracé la trajectoire d’excellence de Dandi Gnamou. Formée à l’Université Paris-Sud, où elle fit ses premières armes comme allocataire de recherches, elle a rejoint l’Université d’Abomey-Calavi avant de briller sur la scène régionale.

Lauréate du concours de voix d’agrégation du CAMES en 2013, puis élevée au rang de professeure titulaire en 2018, elle a porté le droit public béninois dans des institutions prestigieuses, de la Sorbonne à l’Université de Kara, en passant par le Centre des hautes études de défense de Dakar. Véritable mentor, elle a dirigé une quinzaine de thèses et plus d’une vingtaine de mémoires, façonnant ainsi une nouvelle génération de juristes d’élite.

De Bercy à la Haute Cour de justice : l’excellence comme boussole

 

Au-delà des amphis de l’université, son parcours professionnel dessine le profil d’une haute servante de l’État. Après avoir fait ses armes comme conseillère juridique au Sénat français puis au ministère de l’Économie à Bercy, elle a mis son expertise au service des réformes politiques au Bénin.

Son ascension institutionnelle à la conduite de la Cour suprême à la présidence de la chambre du contrôle des comptes de la Cour des comptes, avant son élection en mars 2024 à la tête de la Haute Cour de Justice . Un itinéraire sans faute que la Grande Chancelière a qualifié de « parfaitement exemplaire », justifiant ainsi avec éclat cette élévation dans l’ordre national. »

 Dandi Gnamou : une récipiendaire émue, tournée vers le service public

 

Après la remise des insignes et la signature du certificat, Dandi Gnamou a livré un discours empreint d’émotion et de dignité. Elle a rendu hommage aux victimes du 7 décembre, salué le soutien indéfectible de sa famille, et exprimé sa gratitude envers la République et le président Patrice Talon pour la confiance placée en elle.

Elle a également remercié la vice-présidente pour son accompagnement, ainsi que plusieurs figures institutionnelles, dont Louis Gbèhounou Vlavonou.

« Cette distinction, je la reçois au nom de tous ceux qui servent avec loyauté nos institutions. Elle nous engage à consolider un État de droit robuste, efficace et crédible », a-t-elle déclaré, citant Corneille : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »

 

 Dandi Gnamou : la reconnaissance du mérite au service de la Nation

 

Par-delà le prestige des médailles, cette cérémonie incarne la volonté de l’État béninois de valoriser ses serviteurs les plus exemplaires, à un moment où le pays cherche à renforcer ses institutions face aux défis récents. Elle se veut aussi un hommage vibrant à la compétence, à la résilience et à l’engagement public, dans un contexte où la justice et l’enseignement supérieur demeurent des piliers essentiels de la stabilité nationale.

CENA : Les partis politiques reçoivent les spécimens du bulletin unique

Cotonou, 17 décembre 2025 – La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) franchit une étape décisive vers les scrutins de 2026. Ce mercredi, l’institution a procédé à la remise officielle des spécimens des bulletins  de vote uniques aux représentants des formations politiques en lice.

Transparence et équité de traitement

 

Cette démarche, conforme au Code électoral, vise à garantir une égalité stricte entre les concurrents. En recevant ces spécimens en amont, les partis peuvent valider la conformité de leurs logos, couleurs et positions, notamment toute technique de contestation le jour du vote.

Le bulletin unique, désormais pilier du système électoral béninois, joue un rôle crucial : il simplifie l’acte de vote pour le citoyen et limite drastiquement le nombre de bulletins nuls. Sa distribution précoce est un signal fort envoyé par la CENA pour assurer une campagne électorale transparente et sereine.

La CENA a remis ce mercredi les spécimens des bulletins de vote uniques aux partis politiques pour les élections de 2026. Une étape clé pour la transparence et la fiabilité du scrutin au Bénin.
© La CENA a remis ce mercredi les spécimens des bulletins de vote uniques aux partis politiques pour les élections de 2026. Une étape clé pour la transparence et la fiabilité du scrutin au Bénin.

Spécimens des bulletins  : un pas vers des élections apaisées

 

Cette étape vient consolider la crédibilité du processus électoral, en droite ligne avec les exigences de transparence et d’impartialité portées par la CENA. Elle s’inscrit dans la continuité des phases déjà menées, notamment la validation des candidatures et le tirage au sort des positions sur les bulletins.
Dans un contexte où se croisent enjeux locaux et dynamiques nationales, cette distribution apparaît comme un signal fort : celui d’une volonté d’avancer vers un scrutin apaisé et maîtrisé.

Après la validation des candidatures, ce geste symbolise l’accélération du calendrier électoral. Dans un climat où les enjeux locaux et législatifs sont majeurs, la CENA confirme ainsi son rôle de garant de la fiabilité du contrôle. Les formations politiques ont désormais toutes les cartes en main pour entamer leur travail de sensibilisation auprès des militants.

Bénin : Vers un retrait de licence pour Télévision Maranatha ?

Porto-Novo, 17 décembre 2025 – La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a pris une mesure ferme à l’encontre de Télévision Maranatha Bénin. Par une décision rendue publique ce mardi (réf. nᵒ 25-085/HAAC), l’institution de régulation a officiellement placé la chaîne sous mise en demeure pour non-respect de ses engagements programmatiques.

 

Télévision Maranatha : une programmation jugée non conforme

 

Éditée par le Conseil des Églises Protestantes Évangéliques du Bénin, cette chaîne non commerciale avait obtenu sa concession en juin 2024. Or, depuis son lancement, sa grille se limite exclusivement à de la musique, ignorant la diversification prévue dans sa convention. Malgré un premier rappel à l’ordre le 24 juin 2025, les responsables n’ont pas rectifié le tir.

Le collège des conseillers, présidé par Édouard C. Loko, invoque une infraction flagrante à la Loi organique de la HAAC et au Code de l’information. Par ailleurs, l’ultimatum est clair : le promoteur doit se conformer immédiatement à ses obligations sous peine de voir son autorisation d’exploitation purement et simplement retirée.

 

La menace d’un retrait de licence

 

D’ailleurs, cette sanction potentielle marque la fin d’une phase de souplesse accordée à la chaîne. La mesure, effective dès sa notification, fera l’objet d’une publication au Journal Officiel pour en assurer la pleine publicité.

Ce dossier souligne la vigilance accrue du régulateur béninois envers le respect des cahiers des charges. Dans un paysage médiatique en pleine évolution, l’institution veille à ce que chaque concessionnaire contribue à une offre pluraliste et enrichissante pour le public.  Pour Télévision Maranatha, le temps presse : l’antenne est désormais directement menacée.

Bénin : Pèrèrè rend hommage à Saka Yérima

Pèrèrè, 17 décembre 2025 – Dans le nord du Bénin, au cœur du département du Borgou, la commune de Pèrèrè s’apprête à raviver la flamme d’un chapitre historique souvent relégué dans l’ombre. Le 31 décembre prochain, le village de Yariyo accueillera une cérémonie d’hommage dédiée à Saka Yérima, figure emblématique mais souvent méconnue de la lutte contre l’avancée coloniale française au nord du Dahomey (actuel Bénin) au début du XXᵉ siècle. Le village de Yariyo, lieu de sa dernière bataille, accueillera cet événement visant à restaurer la place de ce guerrier dans l’histoire nationale.

 

Les racines d’un guerrier Wassangari

 

Né vers 1830 dans la région de Pèrèrè, Saka Yérima est issu de la noble lignée wassangari de la dynastie Macararou. Fils de Kasa Pérégui, originaire de Darukpara, et de Yon Pénuguy, de Péguru, il grandit dans le Barutem, cœur historique du peuple baatombu (bariba), où il fut très tôt imprégné des valeurs de bravoure et de défense du territoire. C’est d’ailleurs cet héritage guerrier qui forgera son caractère face à l’adversité.

 

Saka Yérima : Le déclic de la révolte et l’organisation du combat

 

À la fin du XIXᵉ siècle, alors que les troupes françaises progressent pour soumettre les royaumes du Borgou, l’incendie de son village maternel, Gbégourou, le 4 novembre 1897, déclenche sa révolte. Face à cette agression, Saka Yérima refuse la soumission et rassemble rapidement une armée de combattants venus de N’Dali, Buri et Tamaru. Pour mener sa lutte, il mobilise les forgerons locaux afin de produire des armes traditionnelles – flèches et lances empoisonnées – et organise une défense en plusieurs postes fortifiés : Guinagourou, Bonuki, puis Yariyo, près de Worokpo. Son objectif : barrer la route vers Nikki, capitale politique des Bariba.

 

Le sacrifice ultime de Yariyo

 

Cependant, la supériorité technique des troupes coloniales finit par peser sur le conflit. Les affrontements à Guinagourou se soldèrent par la victoire française, provoquant un repli vers Bonuki au cours duquel le commandant Tamasunon y perdit la vie. Retranché à Yariyo dans une forteresse réputée imprenable, Saka Yérima fait face à une attaque massive le 31 décembre 1897. Trahi par des informateurs et assailli par des renforts ennemis, il choisit alors une fin héroïque : il fait exploser sa position plutôt que de capituler. Il tombe aux côtés de son épouse, devenue depuis lors un symbole de courage féminin, Baatombu.

 

Saka Yérima: sortir de « l’injuste oubli ».

 

Considéré comme le premier grand résistant du Nord, vingt ans avant Bio Guéra, Saka Yérima incarne une fierté inébranlable. Pourtant, son nom est resté longtemps absent des grands récits nationaux. C’est pourquoi l’historien Djibril Mama Débourou a dénoncé cet « injuste oubli » dans son ouvrage de 2016. Cependant, depuis les années 2010, la commune de Pèrèrè œuvre pour sa réhabilitation. Un mausolée a été inauguré en 2021 à Yariyo, et des hommages annuels sont désormais organisés chaque 31 décembre.

 

Vers une mémoire nationale inclusive

 

Cette initiative communale s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation de l’histoire locale. En définitive, en célébrant ce héros à Yariyo, les autorités de Pèrèrè cherchent à transmettre aux générations futures le récit de ces luttes oubliées, renforçant ainsi l’identité culturelle baatombu au sein de la diversité béninoise. À travers cet hommage, la communauté de Pèrèrè affirme que la résistance anticoloniale ne se limita pas au sud : elle fut multiple, ancrée dans chaque terroir.

 

À l’heure où le Bénin célèbre de plus en plus ses héros anticoloniaux, cette commémoration rappelle que l’histoire nationale se nourrit aussi des voix des régions. La cérémonie du 31 décembre promet d’être un moment de recueillement et de fierté pour toute la communauté, célébrant un homme dont le sacrifice continue d’inspirer la quête de dignité.

Bénin : La journaliste Angela Kpeidja interpellée

Cotonou, 16 décembre 2025 – Le pouvoir béninois a lancé, depuis la fin de la semaine dernière, une vaste vague d’interpellations dans le sillage de la mutinerie déjouée du 7 décembre. C’est dans ce climat de tension extrême que les autorités ont procédé à l’arrestation de la journaliste Angela Kpeidja. Cette figure médiatique influente et militante des droits des femmes fait l’objet d’une enquête pour des commentaires sur les réseaux sociaux, jugée susceptible d’encourager ou de minimiser cette tentative de déstabilisation institutionnelle.

 

Contexte : la mutinerie du 7 décembre

 

Le 7 décembre, un groupe de militaires dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri avait pris le contrôle de la télévision nationale pour annoncer la destitution du président Patrice Talon. Rapidement maîtrisée par les forces loyales, cette tentative avait semé l’inquiétude dans le pays, entraînant des arrestations et un renforcement de la vigilance sécuritaire.

 

Angela Kpeidja : un post jugé subversif

 

C’est dans les heures suivant ces événements qu’Angela Kpeidja a partagé un message sur Facebook, s’étonnant du silence de certaines hautes figures de l’armée : une formulation ironique pointant l’absence de communication du chef d’état-major. Ce post, largement partagé, a divisé l’opinion : certains y voyant une critique légitime, tandis que d’autres y voyaient une remise en question dangereuse de l’ordre républicain en pleine crise.

Si ce post a divisé l’opinion entre critique citoyenne et remise en question de l’ordre républicain, il a surtout fait réagir les forces de sécurité. Ces dernières ont rapidement placé la journaliste en garde à vue pour clarifier ses intentions. Ainsi, elle devrait prochainement comparaître devant un juge, dans le cadre d’une procédure visant à déterminer si ses propos relèvent de la liberté d’expression ou si elles pourraient être interprétées comme une incitation à la subversion ou une propagation de rumeurs préjudiciables à la stabilité nationale.

 

Les limites de la parole publique en question

 

Aucun détail officiel n’a filtré sur les chefs d’accusation précis, mais cette affaire s’inscrit dans une série d’enquêtes élargies touchant des opposants politiques et des influenceurs, soupçonnés de liens avec les mutins. Angela Kpeidja, déjà connue pour avoir brisé le silence sur le harcèlement sexuel dans les médias en 2020, défend régulièrement les causes sociétales et la transparence.

Cette interpellation relance le débat sur les frontières de la parole publique en temps de crise. Les défenseurs des droits humains et les organisations de presse s’inquiètent d’un possible durcissement, alors que les autorités insistent sur la nécessité de préserver l’unité nationale face aux menaces persistantes. Les acteurs médiatiques et de la société civile scruteront de près l’évolution de ce dossier, dans un Bénin encore profondément marqué par les secousses récentes.

L’issue de cette affaire déterminera la marge de manœuvre dont jouiront désormais les voix critiques au Bénin. Elle illustre la tension permanente entre la nécessité de maintenir l’ordre républicain et le droit fondamental des journalistes à interroger les silences du pouvoir, même en période de crise.

Natitingou : La DDIC traque les produits périmés à l’approche des fêtes

Natitingou, 16 décembre 2025 — La Direction Départementale de l’Industrie et du Commerce (DDIC) de l’Atacora-Donga a lancé, lundi, une opération de contrôle des denrées alimentaires au petit marché Yara de Natitingou. L’objectif annoncé : empêcher la mise en vente de produits impropres à la consommation, notamment ceux dont la date de péremption est dépassée.

 Protéger les consommateurs en période de fêtes

Selon le directeur départemental, Hantarou Kpara, cette campagne s’inscrit dans une dynamique de protection du consommateur à l’approche des célébrations de fin d’année. En effet, c’est une période durant laquelle certains stocks anciens peuvent être passés à la hâte au détriment de la santé publique. Les équipes de la DDIC vérifient ainsi la conformité des étiquetages et procèdent aux constatations nécessaires directement sur place.

 La DDIC traque les produits périmés sur les marchés avant les fêtes. Sanctions fermes et appel à la vigilance pour les consommateurs
© La DDIC traque les produits périmés sur les marchés avant les fêtes. Sanctions fermes et appel à la vigilance pour les consommateurs

 La DDIC : sanctions et vigilance citoyenne

Kpara a prévenu que les commerçants surpris en infraction s’exposent à des mesures coercitives. À cet effet, les sanctions pourront aller de l’amende à des poursuites judiciaires, en fonction de la gravité des faits relevés.

Parallèlement aux contrôles, la DDIC invite les consommateurs à la vigilance. Vérifiez systématiquement les dates de péremption avant tout achat, cela demeure, selon le directeur, le meilleur moyen de se prémunir contre les pratiques commerciales déloyales et d’éviter des risques sanitaires. L’opération de contrôle se déroulera progressivement jusqu’au 31 décembre 2025, avec des descentes programmées dans plusieurs lieux de commerce du département.

 

Au-delà de la rigueur des contrôles administratifs, cette opération rappelle que la sécurité alimentaire est une responsabilité partagée. Si la DDIC assure son rôle de gendarme du commerce, la vigilance de chaque ménage reste le dernier rempart contre les risques sanitaires. En cette période de réjouissances, l’enjeu est clair : faire en sorte que la fête ne laisse place à aucune amertume médicale, en garantissant à chaque citoyen de l’Atacora-Donga des produits sains dans son assiette.

CRIET : Le verdict Amoussou, un sinistre avertissement à la liberté d’expression

Porto-Novo, 15 décembre 2025 – La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), cette juridiction d’exception tant décriée pour son allégeance au pouvoir, a scellé lundi le sort de Steve Amoussou, le cyberactiviste présumé derrière le compte anonyme « Frère Hounvi ». En appel, la chambre a requalifié les faits – passant d’« injure à motivation politique » à « harcèlement électronique, diffusion de fausses nouvelles et incitation à la rébellion » – mais a cyniquement maintenu la lourde peine initiale : 24 mois de prison ferme et 2 millions de FCFA d’amende. Un maquillage judiciaire qui ne trompe personne : la sentence reste identique, et ainsi, une voix dissidente est bâillonnée.

 

La CRIET, instrument de répression 2.0

 

Cette décision n’est pas une surprise dans un pays où la CRIET, créée en 2018, s’est muée en instrument de répression politique. Accusé d’avoir animé un compte diffusant des chroniques audio virulentes contre le président Patrice Talon et son entourage, Amoussou paie le prix de sa liberté d’expression. De plus, l’affaire est aggravée par son enlèvement en août 2024 à Lomé, au Togo – un rapt extraterritorial qui a frôlé la crise diplomatique. Rapatrié de force au Bénin pour affronter une justice expéditive, Amoussou espérait peut-être un allègement en appel. Cependant, la requalification des infractions, alignée sur les réquisitions initiales du parquet, n’a servi qu’à légitimer une condamnation déjà écrite.

 

La capitulation de la défense

 

Pire encore, l’avocat de la défense, Me Aboubacar Baparapé, présent au délibéré, a annoncé renoncer à tout pourvoi en cassation. Associé à l’appel du parquet spécial, il justifie ce choix par le « soulagement » que la criée n’ait pas aggravé la peine. Une capitulation qui interroge : dans un système où la défense semble parfois jouer le jeu du pouvoir, cette résignation laisse Amoussou croupir en prison sans espoir de recours final. « C’est un soulagement pour mon client », a-t-il déclaré – des mots qui sonnent comme une abdication face à l’inévitable.

 

Un message clair aux citoyens

 

Cette affaire illustre la dérive autoritaire du régime Talon : critique sur les réseaux sociaux équivaut désormais à un délit passible de lourdes peines, sous couvert fallacieux de « fausses nouvelles » ou « incitation à la rébellion ». La CRIET, dont les ONG et les observateurs internationaux mettent en doute l’indépendance, enchaîne les condamnations contre les opposants, les exilés rapatriés ou les cyberdissidents sans souci. En conséquence, la liste des voix réduites au silence s’allonge. Pendant ce temps, les prisons béninoises – surpeuplées et insalubres – accueillent toujours plus de prisonniers politiques.

Que reste-t-il de la liberté d’expression au Bénin, jadis modèle démocratique en Afrique de l’Ouest ? Cette confirmation en appel n’est pas qu’un verdict judiciaire : c’est un message clair du pouvoir aux citoyens – taisez-vous, ou subissez. En somme, dans ce contexte de verrouillage institutionnel croissant, avec des opposants emprisonnés ou exilés, l’affaire Amoussou sonne comme un avertissement de sinistre. La communauté internationale observe, condamne mollement, mais agit peu. Pendant ce temps, un homme paie de sa liberté le prix d’avoir osé parler. Triste bilan pour un pays qui se targue de progrès économique au détriment des droits fondamentaux.

Bénin : silence des élites face à l’agonie de la Constitution de 1990

Cotonou, 15 décembre 2025 – Qui osera encore défendre la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, cette œuvre magistrale du professeur Maurice Ahanhanzo-Glèlè, jadis avantageuse comme un modèle africain de transition démocratique ? Aujourd’hui, elle est foulée aux pieds sans que les « dignes fils du Dahomey » ne bougent le petit doigt. En conséquence, le Bénin, ce pays autrefois fier de son pluralisme et de sa vitalité institutionnelle, glisse inexorablement vers une autocratie décomplexée, sous le regard indifférent d’une société qui acclame son propre bourreau.

 

L’omerta complice des « éminents juristes »

 

Où sont passés nos éminents juristes, ces gardiens autoproclamés de l’État de droit ? Robert Dossou, Théodore Holo, Adrien Houngbédji, Ousmane Batoko, Joseph Djogbénou, Dorothée Sossa : leur silence est assourdissant face à l’arbitraire qui gangrène le pays. Eux qui juraient autrefois de défendre la patrie et ses lois fondamentales, préfèrent aujourd’hui l’omerta complice. Dès lors, dans un pays réputé pour ses cadres compétents et son intelligence collective, comment accepter que la solidarité, valeur ancestrale, cède la place à une indifférence criminelle ?

 

La dérive autoritaire et ses méthodes totalitaires

 

Le régime de Patrice Talon n’épargne plus personne. Même les fidèles d’hier finissent en cellule, preuve que la paranoïa du pouvoir ne connaît plus de limites. De plus, que dire des enlèvements extraterritoriaux ? Steve Amoussou kidnappé au Togo en 2024, Comlan Hugues Sossoukpè arraché en Côte d’Ivoire en 2025 : des opérations dignes de régimes totalitaires, risquant des crises diplomatiques graves, mais passées sous silence par une société tétanisée. Nos juristes tolèrent les lois sur mesure, les affrontements violents dans le nord du pays qui coûtent des vies civiles, les violations flagrantes de la Constitution – en somme, tout cela, parce que ce n’est pas encore leur maison qui brûle.

 

Le péril du silence : une solidarité sacrifiée

 

Comme le dit le proverbe : si la maison de ton voisin brûle et que tu restes indifférent, quand la tienne prendra feu, personne ne viendra t’aider. Ce silence collectif n’est pas de la sagesse, c’est de la complicité par ignorance ou peur. Un peuple solidaire en privé, mais muet en public, alimente le rouleau compresseur qu’il subira demain. Même les rites culturels Vodoun, sous le couvert de la mondialisation, semblent avoir perdu leur rôle de vérité : les chefs traditionnels ne parlent plus franc.

 

Le réveil est urgent

 

La Constitution de 1990, socle de notre volonté populaire, est violée impunément par un seul homme, fut-il président. Pourquoi cette colère légitime ne s’exprime-t-elle pas ? Les Béninois, intelligents et solidaires, méritent mieux que cette résignation. Il est également impératif d’agir : briser le silence, exiger le respect des droits, ou accepter que la vulnérabilité devienne le lot de tous. Une pensée solidaire pour les familles brisées par cet arbitraire – leur souffrance est aussi la nôtre, par notre mutisme complice.

Coup d’État au Bénin : une purge qui ne dit pas son nom

Cotonou, 15 décembre 2025 – À peine remis d’une tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre, le régime de Patrice Talon accélère ce qui ressemble de plus en plus à une chasse aux sorcières systématique contre toute voix critique. L’arrestation de Candide Azannaï, ancien allié devenu opposant virulent, le 12 décembre, suivie de celle de Chabi Yayi, fils de l’ex-président Thomas Boni Yayi, dans la nuit du 13 au 14 décembre, illustre une dérive autoritaire inquiétante. Dans un pays jadis cité en exemple pour sa vitalité démocratique, la règle semble dorénavant claire : qui n’est pas avec le pouvoir est contre lui – et finit derrière les barreaux.

 

Coup d’État : le scénario bien rodé de la répression politique

 

Les forces de l’ordre ont interpellé Candide Azannaï, ex-ministre délégué à la Défense sous Talon lui-même, au siège de son parti Restaurer l’Espoir. Placé en garde à vue pour « complot contre l’autorité de l’État » et « incitation à la rébellion », il paie sans doute le prix de ses déclarations fracassantes : il avait qualifié les élections de 2026 de « fausses » et fustigé la révision constitutionnelle adoptée en novembre, perçue comme un moyen de consolider le contrôle du pouvoir. Malgré son défi public lancé à Talon de l’arrêter, le régime n’a pas hésité.

Moins de 48 heures plus tard, les forces de sécurité ont cueilli Chabi Yayi, cadre du parti Les Démocrates et fils de l’ancien président Boni Yayi, à son domicile en pleine nuit. Perquisition, saisie de matériels, garde à vue : le scénario est rodé. Officiellement lié à l’enquête sur le putsch avorté, ce timing précis soulève des soupçons légitimes d’instrumentalisation d’une crise sécuritaire pour museler l’opposition. En d’autres termes, le putsch manqué du 7 décembre – avec ses mutins annonçant à la télévision la destitution de Talon avant que l’appui nigérian, ivoirien et Français ne les neutralise – a offert au régime un prétexte en or.

 

La CRIET, instrument d’une justice expéditive

 

Cette vague répressive n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue liste d’emprisonnements d’opposants ou d’anciens alliés : Reckya Madougou croupit en prison depuis 2021 pour des accusations de « terrorisme » jugées politiquement motivées ; Olivier Boko et Oswald Homeky, anciens proches de Talon, ont écopé de 20 ans ferme en janvier 2025 pour tentative de coup d’État. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), souvent évoquée pour son manque d’indépendance, semble devenue l’instrument privilégié d’une justice expéditive réservée aux dissidents.

 

Les signes d’un verrouillage durable

 

Parallèlement à cette répression, le pouvoir investit dans de nouvelles infrastructures carcérales : un centre pénitentiaire moderne est en construction à Ouèdo, sur 4,3 hectares, avec livraison prévue en 2026. Officiellement pour désengorger les prisons existantes, mais dans le contexte actuel, beaucoup y voient un sinistre présage : le régime se prépare-t-il à accueillir davantage d’« ennemis de l’État » ? De plus, la révision constitutionnelle tout juste validée par la Cour, instaurant un Sénat et un septennat présidentiel, passe pour une manœuvre supplémentaire de verrouillage institutionnel.

 

Coup d’État : le prix du réveil citoyen

 

Que reste-t-il de la démocratie béninoise, autrefois modèle en Afrique de l’Ouest ? Un système où critiquer le pouvoir équivaut à un crime contre l’État, où les prisons se remplissent d’opposants et où les élections à venir s’annoncent comme une formalité. Patrice Talon et sa « clique » – comme le disent de plus en plus ouvertement les citoyens – transforment le Bénin en une république bananière déguisée en succès économique. Les Béninois, épuisés par le silence complice d’une partie de la société, commencent à dire : assez. Les preuves sont là, les vidéos tournent, et la peur n’étouffe plus les voix. Le réveil est en marche, mais à quel prix ?

Bénin : Gernot Rohr dévoile ses 28 Guépards pour la CAN 2025

Cotonou, 12 décembre 2025 – Le suspense a pris fin. Gernot Rohr a rendu publique ce vendredi la liste définitive des 28 joueurs qui porteront le maillot des Guépards lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026.

Comme redouté, deux forfaits de taille viennent amputer l’effectif : Andreas Hountondji et Felipe Santos, tous deux blessés, restent à la maison. Néanmoins, le sélectionneur germano-nigérian a pu compter sur l’intégralité de son socle expérimenté.

Steve Mounié, capitaine et buteur attitré, conduira le groupe, entouré des habitués Olivier Verdon en défense centrale, Junior Olaitan au milieu, Jodel Dossou sur les ailes, ainsi que des cadres comme Cédric Hountondji, David Kiki ou encore le gardien Saturnin Allagbé.

 Un Groupe D explosif et un objectif clair

 

Versés dans la poule D, les Guépards croiseront le fer avec le champion en titre sénégalais, la République Démocratique du Congo et le Botswana. Par conséquent, un tirage corsé oblige le Bénin à sortir le grand jeu dès le premier match.

Le calendrier des Guépards est le suivant :

  • 23 décembre 2025 : RDC – Bénin
  • 27 décembre 2025 : Bénin – Botswana
  • 30 décembre 2025 : Sénégal – Bénin

« Nous savons que chaque rencontre sera une finale. L’objectif est clair : passer le premier tour pour la première fois depuis 2019 », a déclaré Gernot Rohr en conférence de presse, tout en insistant sur « la solidarité et l’état d’esprit » comme clés du succès.

 

Stage de préparation à Casablanca

 

Le rassemblement débute lundi 15 décembre à Casablanca, où l’équipe posera ses valises avant un stage de préparation de six jours. Deux matchs amicaux sont encore à l’étude pour peaufiner les automatismes.

Après avoir frôlé l’exploit lors des éliminatoires (notamment la victoire historique contre le Nigeria), les Guépards abordent cette CAN avec l’ambition de franchir enfin le cap du premier tour. Le peuple béninois, quant à lui, n’attend qu’une chose : voir ses jaunes et verts rugir sur les pelouses marocaines.