L’APNAC en ordre de bataille contre la corruption

À la veille de la 9ᵉ Assemblée générale biennale du Réseau des parlementaires africains contre la corruption (APNAC), Accra devient l’épicentre d’un plaidoyer continental pour l’intégrité publique. C’est ainsi que, dans une atmosphère fraternelle, les présidents des Parlements béninois et ghanéen, Louis Vlavonou et Alban Bagbin, ont ravivé les liens historiques et opérationnels entre leurs institutions.

 

Accra, 6 novembre 2025 – À quelques heures du coup d’envoi de la 9ᵉ Assemblée générale biennale du Réseau des parlementaires africains contre la corruption (APNAC), Accra vibre déjà d’une énergie panafricaine. Du 7 au 9 novembre, sous le thème « Repositionner l’APNAC dans la lutte contre la corruption : surmonter les défis actuels et émergents », les élus du continent se mobilisent pour affûter leurs stratégies face à un fléau qui mine les institutions. En prélude à ce sommet décisif, une rencontre symbolique a réuni ce jeudi matin deux figures majeures du législatif ouest-africain : Louis Gbèhounou Vlavonou, président de l’Assemblée nationale béninoise et du conseil d’administration de l’APNAC, ainsi que son homologue ghanéen Alban S.K. Bagbin. Ce tête-à-tête, chargé de sens, ravive les liens historiques et opérationnels entre les deux nations.

 

Une accolade fraternelle au cœur du Parlement ghanéen

 

L’audience, empreinte de convivialité et de solidarité, s’est tenue dans les salons officiels du Parlement d’Accra. Aux côtés de Vlavonou, accompagné de Fabrice Fifonsi, directeur exécutif de l’APNAC, et du député béninois Édouard Béhanzin, président de la branche nationale du réseau, figuraient des hôtes ghanéens de premier plan : Peter Mliswa, vice-président de l’Assemblée, et Ebenezer Ahumah Djietror, secrétaire général administratif. Bagbin, visiblement ému, a accueilli son invité avec chaleur : « C’est un honneur de vous recevoir sur notre sol », a-t-il déclaré, transformant de fait cette entrevue en un moment de communion institutionnelle.

 

Unité historique : Le Bénin et le Ghana ravivent la mémoire des Amazones et de l’esclavage

 

Toutefois, au-delà des civilités, les échanges ont plongé dans les profondeurs du passé commun. Pour Bagbin, en effet, le Bénin évoque les légendaires Amazones, ces guerrières intrépides qui résistèrent aux colonisateurs. Il a ensuite établi un parallèle poignant entre Cotonou – autrefois « Kutonou », plaque tournante de la traite atlantique – et Wa, localité du nord ghanéen marquée par les mêmes stigmates. « Nos histoires s’entrelacent comme les rivières qui irriguent nos terres », a-t-il philosophé, soulignant ainsi comment ces mémoires partagées nourrissent une coopération parlementaire exemplaire. Touché, Vlavonou a répondu par un serment de loyauté, affirmant par là même sa volonté de fluidifier les échanges entre les deux chambres et de renforcer leurs synergies.

 

APNAC : Session préparatoire à Accra pour revigorer le réseau anti-corruption

 

Après cette rencontre, Vlavonou a présidé une réunion stratégique du conseil d’administration de l’APNAC. Cette étape préparatoire vise à affiner l’agenda de la biennale, tout en anticipant les débats qui feront d’Accra le phare continental de l’intégrité publique. L’enjeu est de taille : face à une corruption protéiforme, qui évolue au rythme des crises mondiales, cette 9e édition se veut un carrefour décisif. Elle offrira par conséquent aux délégués un cadre propice à des discussions franches, débouchant sur une feuille de route collective. L’objectif ? Réinjecter du dynamisme dans le réseau, en élaborant des tactiques innovantes pour traquer les malversations, des marchés publics aux flux financiers occultes.

 

APNAC : L’urgence d’une réponse africaine face à la corruption protéiforme

 

En conclusion, dans un continent où la gouvernance transparente est la clé de la renaissance économique, cette biennale ne se résume pas à un rendez-vous protocolaire : elle incarne plutôt un appel à l’action. Avec des figures comme Vlavonou et Bagbin en première ligne, l’Afrique semble prête à reconquérir son destin, un serment anti-corruption à la fois. Les regards se tournent désormais vers les trois jours à venir, où des résolutions audacieuses pourraient bien redessiner les contours du combat pour une Afrique intègre et prospère.

 

Bénin : Daniel Edah propose un sommet national pour sortir de la crise politique

Daniel EdahDepuis Addis-Abeba, l’économiste et analyste politique Daniel Edah adresse une lettre ouverte au président Patrice Talon et aux forces vives du Bénin. Il y propose un gel des réformes en cours et la tenue d’un sommet national inclusif, afin de restaurer la confiance, prévenir l’instabilité et refonder le dialogue démocratique. Une initiative qui fait écho aux tensions révélées par la dernière allocution présidentielle.

 

Addis-Abeba, 6 novembre 2025 — Dans une lettre ouverte adressée au président Patrice Talon et à l’ensemble des forces vives du pays, l’économiste et analyste politique Daniel Edah formule une proposition audacieuse pour désamorcer la crise politique qui couve au Bénin. Portée par une vision d’un État prospère et réconcilié au sein d’une Afrique dynamique, cette initiative intervient au lendemain d’une allocution présidentielle qui a mis en lumière les fractures persistantes du paysage politique. Edah plaide pour un gel temporaire des réformes en cours et la tenue d’un grand forum inclusif, afin de restaurer la confiance et de prévenir une dérive vers l’instabilité.

 

 Une allocution présidentielle qui révèle les lignes de fracture

 

La prise de parole de Patrice Talon, le 4 novembre, a marqué les esprits par sa rare franchise. Le chef de l’État a reconnu l’existence d’un contentieux profond avec son prédécesseur Boni Yayi, dont les répercussions continuent d’empoisonner le climat sociopolitique. Selon Edah, cette rivalité personnelle a contaminé plusieurs réformes majeures, transformant des avancées attendues en instruments de confrontation. Talon, se présentant comme l’architecte exclusif de ces transformations, revendique le droit de les moduler à sa convenance, rendant toute alliance durable avec l’opposition illusoire. Une posture qui, selon l’auteur, révèle les limites d’un système partisan réformé mais encore inadapté aux échéances de 2026.

 

 Un cadre électoral sous tension

 

Les réajustements du calendrier législatif, contrastant avec l’inflexibilité présidentielle et les reports successifs des scrutins municipaux, illustrent, selon Edah, les dysfonctionnements d’un processus électoral en panne. Le seuil de 20 % des voix par circonscription pour accéder au Parlement constitue un verrou quasi infranchissable pour les partis isolés, les contraignant à des alliances fragiles. Plus encore, l’absence du principal parti d’opposition dans la course à la magistrature suprême cristallise les tensions. Pour Edah, ces anomalies ne sont pas de simples détails techniques : elles risquent d’aggraver les divisions à un moment où le pays a besoin d’unité pour relever ses défis collectifs.

 

Daniel Edah propose  une sortie de crise par le retrait concerté

 

L’analyste entrevoit pourtant une lueur d’espoir dans les propos du président Talon, qui a laissé entrevoir une prise de conscience : celle que la « gouvernance punitive », nourrie de différends personnels, nuit à la cohésion nationale et au quotidien des citoyens. L’idée d’un retrait simultané de la scène politique avec Boni Yayi, bien que lancée unilatéralement, traduit selon Edah une volonté de réconciliation. « Toute démarche, même vertueuse, devient intenable si elle est dictée par la revanche », écrit-il, appelant à dépasser les ego pour faire primer la paix civile et la vitalité démocratique.

 

 Un dialogue inclusif comme antidote à la défiance

 

Face à une atmosphère de suspicion généralisée, Edah exhorte Talon à suspendre provisoirement le train des élections et la révision constitutionnelle en vue. Il propose un sommet national extraordinaire, sous l’égide des autorités, regroupant tous les courants politiques et acteurs sociétaux. Il invite les alliés du président à endosser ce virage vers la cohésion, tandis qu’il convie Boni Yayi et son parti Les Démocrates à y contribuer via leurs élus, si l’initiative est lancée. Sur le plan régional, il presse la CEDEAO et l’Union africaine d’appuyer cette démarche, non seulement pour sauvegarder la démocratie béninoise, mais aussi pour ancrer la stabilité dans le golfe de Guinée. Finalement, il somme les partenaires internationaux – Nigeria, Afrique du Sud, France, États-Unis, Allemagne et Pays-Bas – de se mobiliser pour cet élan salvateur.

 

Vérité, équité et garde-fous institutionnels

 

Ce cadre de concertation, précise Edah, ne doit en aucun cas se transformer en tribunal partisan. Il doit être un espace de vérité, de franchise et d’ouverture, destiné à rebâtir la confiance entre les élites, à garantir un scrutin futur impartial et à doter le pays de mécanismes durables contre toute dérive autoritaire ou exclusionniste. Le Bénin, fort de son héritage de dialogue et de consensus, se trouve à un tournant historique où l’intérêt national doit prévaloir sur les logiques de clan. « Choisissons la tranquillité et la solidarité pour la paix, la démocratie et la croissance », conclut l’auteur, en appelant ainsi à renouer avec l’esprit de concorde légué par les aînés.

 

Daniel Edah : une main tendue depuis Addis-Abeba

 

Signée depuis Addis-Abeba, cette lettre ouverte résonne comme un cri du cœur pour un Bénin apaisé. À l’approche des élections de 2026, elle pourrait catalyser un momentum inédit, transformant les ombres de la discorde en lumière d’un avenir partagé. Les regards se tournent désormais vers Cotonou : le président Talon saisira-t-il cette main tendue, ou laissera-t-il passer l’occasion d’un sursaut national ?

 

Bénin: la HAAC forme les animateurs à l’éthique électorale

À l’approche des élections générales de 2026, la HAAC renforce la vigilance médiatique en formant les animateurs de talk-shows aux enjeux de l’éthique électorale. À Bohicon, les micros se préparent à jouer leur rôle dans la préservation du débat démocratique.

 

Bohicon, 5 novembre 2025— À quelques encablures des scrutins généraux de 2026, annoncés comme un test majeur pour la vitalité démocratique du Bénin, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) passe à l’offensive. En effet, ce mercredi, dans la commune vibrante de Bohicon, l’institution régulatrice a lancé un atelier de formation inédit à l’intention des maîtres de cérémonie des talk-shows radiophoniques et télévisés.

Des dizaines d’animateurs, venus des quatre coins du pays, se sont réunis pour affûter leurs réflexes face aux pièges de l’antenne : dérapages en direct, discours haineux, désinformation virale. En effet, ces forums interactifs, véritables baromètres de l’opinion publique, sont des arènes bouillonnantes où le peuple s’exprime sans filtre. Cependant, leur intensité peut vite virer au chaos si les modérateurs ne tiennent pas fermement la barre.

Une formation stratégique pour des médias responsables

 

C’est pour prévenir ces dérives, que  la HAAC a conçu ce programme sur mesure, ouvert sous les auspices du président de l’institution, par le conseiller Armand Hounsou.

« Vous êtes les sentinelles de notre démocratie naissante. Vos mots, vos décisions en plateau, votre posture face au micro : tout cela modèle le regard des auditeurs et scelle la fiabilité des urnes à venir. Par conséquent, nous misons sur votre expertise, votre intégrité et votre fibre patriotique pour que ces ondes restent des places publiques d’échange, et non des foyers de clivages ou de tromperies », a-t-il lancé, électrisant l’assemblée.

À Bohicon, la HAAC initie une formation pour les animateurs de talk-shows afin de prévenir les dérapages médiatiques et garantir un traitement responsable de l’information en période électorale.
© À Bohicon, la HAAC initie une formation pour les animateurs de talk-shows afin de prévenir les dérapages médiatiques et garantir un traitement responsable de l’information en période électorale.

Deux jours pour muscler les compétences des animateurs

 

Sur l’agenda, un menu dense et ciblé. Les participants plongeront dans le labyrinthe juridique qui encadre les médias en période électorale, mais aussi apprendront à canaliser les prises de parole du public, à désamorcer les tensions verbales, à contrer les virus de la désinformation, et à pratiquer un journalisme électoral équilibré, neutre et responsable.

« C’est une piqûre de rappel salutaire : on ne joue pas avec le feu des passions en période sensible », glisse un animateur chevronné de Porto-Novo, entre deux pauses café.

À Bohicon, la HAAC initie une formation pour les animateurs de talk-shows afin de prévenir les dérapages médiatiques et garantir un traitement responsable de l’information en période électorale.
© À Bohicon, la HAAC initie une formation pour les animateurs de talk-shows afin de prévenir les dérapages médiatiques et garantir un traitement responsable de l’information en période électorale.

Des masterclass ancrées dans le réel

 

En plus, pilotées par des plumes aguerries du journalisme et des experts en communication, les masterclasses ne s’arrêtent pas à la théorie. Des cas pratiques – débats ayant viré au pugilat, plateaux sous tension – seront disséqués en détail. Les stagiaires roderont leurs réflexes à travers des simulations en direct, explorant notamment les balises éthiques du métier, les leviers pour dynamiser les échanges sans les envenimer, et les parades face aux tempêtes imprévues.

À Bohicon, la HAAC initie une formation pour les animateurs de talk-shows afin de prévenir les dérapages médiatiques et garantir un traitement responsable de l’information en période électorale.
© À Bohicon, la HAAC initie une formation pour les animateurs de talk-shows afin de prévenir les dérapages médiatiques et garantir un traitement responsable de l’information en période électorale.

Une présence symbolique et un message fort pour les animateurs

 

Pour marquer l’enjeu, le président de la HAAC, Édouard C. Loko, a fait le déplacement, soulignant ainsi l’importance de cette offensive pour un métier plus affûté.

Au-delà des slides et des ateliers, cet exercice collectif dessine les contours d’un écosystème médiatique mature, où chaque micro pèse son rôle dans le tissage de la concorde et la sauvegarde des acquis démocratiques.

À l’heure où les ondes bruissent déjà des murmures de 2026, Bohicon rappelle ainsi que la liberté d’antenne rime avec responsabilité. Les animateurs en ressortiront-ils blindés ? L’avenir des ondes – et des bulletins de vote – en dépend.

 

Bénin : Atchadé visé par une rumeur, les Démocrates répliquent

À quelques mois de la présidentielle béninoise, une rumeur virale accuse sans preuve Nourénou Atchadé de manœuvres occultes. La cellule de communication du leader des Démocrates dénonce une tentative de déstabilisation politique et annonce des poursuites judiciaires contre les instigateurs.

 

Cotonou, 5 novembre 2025— Dans le tumulte préélectoral qui agite le Bénin, une ombre numérique vient de s’abattre sur l’un des poids lourds de l’opposition. Depuis le 3 novembre, une allégation anonyme, signée d’un certain Rachidi Boladé Odjo, originaire de Kétou, circule massivement sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées. En effet, le message, accusant sans preuve Nourénou Atchadé – président du parti Les Démocrates et deuxième vice-président de la formation – de manœuvres secrètes, a suscité une réaction immédiate et vigoureuse de son entourage.

 

Une riposte ferme contre une campagne jugée malveillante

 

C’est pourquoi, dans un communiqué publié ce mercredi 5 novembre, la cellule de communication d’Atchadé dénonce une « campagne d’intoxication grossière », orchestrée selon elle pour ternir la réputation d’un acteur politique chevronné.

« Ces élucubrations, remplies de faux-semblants et d’insinuations perfides, visent à miner la solidité interne des Démocrates en pleine période charnière pour le pays », lit-on dans le document, qui réaffirme ainsi l’intégrité irréprochable de leur leader.

Atchadé, dont la trajectoire est marquée par une loyauté constante aux principes démocratiques, n’aurait, selon ses proches, jamais trempé dans des tractations occultes ni dans des alliances douteuses.

 

Une manœuvre de diversion en pleine montée des tensions

 

De plus, ce dérapage virtuel survient alors que les tensions montent à l’approche des échéances de 2026, où Les Démocrates cherchent à consolider leur assise. L’équipe d’Atchadé y voit une tentative de diversion, caractérisée comme « fabriquée de toutes pièces dans des officines partisanes », destinée à semer le doute parmi les militants et à ébranler la confiance publique.

« Aucune base factuelle ne sous-tend ces ragots ; il s’agit clairement d’une pure invention pour détourner l’attention des vrais enjeux nationaux », martèle le communiqué, rappelant que leur président demeure un pilier inébranlable du parti, fidèle à ses convictions et à ses engagements.

 

Mise en garde contre les dérives numériques

 

Face à cette « opération de déstabilisation », la mise en garde est claire : auteurs présumés, diffuseurs et instigateurs s’exposent à des poursuites judiciaires s’ils persistent.

« Ils devront alors étayer leurs calomnies devant les tribunaux, ou en payer le prix », prévient la cellule, soulignant l’attachement d’Atchadé à l’État de droit et au débat loyal.

Toutefois, loin de se laisser ébranler par ces « manigances de couloir », le leader parlementaire réaffirme son cap : défendre avec fermeté les idéaux des Démocrates – justice, avancée sociale et renouveau institutionnel – pour hisser le Bénin vers une ère de dignité retrouvée.

 

Appel à la vigilance citoyenne

 

Enfin, à l’adresse des sympathisants et de l’opinion publique, l’appel est sans détour : vigilance accrue face aux contenus anonymes ou biaisés, conçus pour fissurer l’unité.

« Ne tombez pas dans le piège de la désinformation ; protégez la cohésion qui nous unit », exhorte le message final.

Dans un paysage médiatique saturé de fake news, cette affaire illustre les défis croissants de la politique 2.0 au Bénin, où un simple post peut enflammer les passions. Atchadé, impassible, poursuit sa route : selon lui, la vérité triomphera toujours des ombres numériques.

Sévérin Adjovi alerte sur la réforme constitutionnelle au Bénin

Dix ans après son retrait de la scène publique, Sévérin Adjovi sort de son silence pour dénoncer le projet de réforme constitutionnelle en cours. Dans un communiqué au ton grave, l’ancien ministre et figure de la Conférence nationale de 1990 alerte sur les dérives institutionnelles et appelle à une refondation démocratique inclusive.

 

Cotonou, 5 novembre 2025 — Brisant une décennie de silence, Sévérin Adjovi, figure tutélaire de la transition démocratique béninoise, a lancé un cri d’alarme retentissant. Ancien ministre, vice-président du Parlement et maire de la cité historique d’Ouidah, il s’exprime au nom d’un « patriotisme viscéral et d’une quête inaltérable de vérité ». Dans un communiqué qui agite déjà les cercles politiques, il cible sans détour le projet de réforme constitutionnelle en gestation, qu’il qualifie de menace insidieuse contre les fondements de la République.

 

Une alerte morale face à une révision jugée pernicieuse

 

« Les annales jugeront sévèrement ceux qui, face à l’abîme, ont choisi le mutisme par complaisance », assène-t-il d’entrée, invoquant ainsi une urgence morale impérieuse. Pour cet entrepreneur aguerri, membre éminent de la Conférence nationale de 1990 – ce séisme politique qui redessina le Bénin post-dictatorial –, la mouture actuelle de la révision, drapée dans les atours d’une mise à jour institutionnelle, dissimule un poison lent.

« Elle sape les assises même de notre démocratie, forgées dans la sueur et les débats de cette Conférence fondatrice », tonne-t-il, dénonçant notamment une recentralisation de l’exécutif qui relègue le législatif au rang de faire-valoir et érode les garde-fous judiciaires et populaires. Selon lui, « sans cette symétrie des forces, notre régime n’est plus qu’une coquille vide, un théâtre d’ombres. »

 

Un texte sacré, pas un parchemin à manipuler.

 

Par ailleurs, Adjovi ne se contente pas d’une critique théorique. Il fustige toute tentative de « bricolage constitutionnel » dictée par des calculs partisans. « Un texte suprême n’est pas un parchemin à la disposition d’un individu, d’un parti ou une prolongation de bail au pouvoir ; il est l’acte d’un peuple, tourné vers l’horizon des générations à venir », martèle-t-il.

En outre, cette initiative risque d’exacerber les fractures entre les institutions et la rue, et de précipiter une « glissade institutionnelle » où les organes de l’État deviennent les otages de l’ambition.

 

Appel à une concertation nationale et inclusive

 

C’est pourquoi, dans un appel vibrant à l’unité, l’ex-maire d’Ouidah – ville symbole de résistances ancestrales – plaide pour une concertation authentique et ouverte. « Le Bénin d’aujourd’hui appelle non pas une opération chirurgicale hâtive, mais un bain de confiance mutuelle et un pont de réconciliation », insiste-t-il.

Ainsi, il en appelle aux partis politiques, aux voix citoyennes, aux guides spirituels, aux militants associatifs et aux plumes journalistiques pour veiller jalousement sur le legs de 1990. « C’est à nous, les aînés de cette ère, qu’incombe la mission sacrée de sauvegarder ce trésor, afin que les jeunes d’après-demain puissent encore miser sur le serment de notre République. »

 

Un réquisitoire contre les dérives démocratiques

 

De plus, Adjovi dresse un réquisitoire sans concession contre les entorses accumulées : certificat de conformité court-circuitant la Cour constitutionnelle, charte des partis étouffante, parrainage élitiste, justice instrumentalisée, lois électorales « toxiques », répression meurtrière de foules pacifiques, normes modifiées en pleine course électorale, et conditions humiliantes imposées à l’opposition.

« La liste est interminable, et la mesure est comble », tranche-t-il. En conséquence, « le Bénin n’a cure d’une énième manipulation constitutionnelle : il implore les Grandes Assises de la Refondation nationale ! »

 

Une exhortation solennelle à préserver l’héritage républicain

 

Finalement, Adjovi lance un appel au réveil collectif : « La noblesse authentique d’une nation réside dans l’intangibilité de ses fondations institutionnelles, et non dans l’extension indéfinie d’un cycle au pouvoir. Que la Providence veille sur le Bénin. Que triomphe notre démocratie. »

Ce manifeste, publié en pleine effervescence pré-électorale, pourrait bien catalyser un débat national.

Reste à savoir si les échos d’Adjovi, portés par le vent de l’Histoire, parviendront à temps à tempérer les ardeurs réformatrices ou à enflammer les passions pour une refondation en profondeur. À Cotonou, on murmure déjà : l’ancien lion de la Conférence est de retour, et son rugissement porte loin.

 

Wadagni 2026 : La jeunesse lance l’offensive de campagne

 

Dans l’Ouémé et le Plateau, la jeunesse béninoise prend la route et la parole : la caravane électorale du mouvement Jeunesse Wadagni rallume l’engagement civique et place les 18-35 ans au cœur du débat présidentiel.

 

 

Porto-Novo, 5 novembre 2025 – Dès les premières lueurs de ce mercredi 5 novembre, un vent d’enthousiasme a balayé les routes poussiéreuses de l’Ouémé et du Plateau. La Jeunesse Wadagni, mouvement dynamique porté par des militants passionnés, a lancé une vaste caravane de sensibilisation pour rallier les cœurs et les esprits à la cause du duo Wadagni-Talata, en lice pour la présidentielle de 2026. Objectif affiché : transformer les idéaux en actes et propulser la jeunesse au centre du débat national.

Une campagne de terrain, entre proximité et conviction

 

Pendant deux jours, cette expédition terrestre sillonnera villages et bourgades, bien loin d’une simple parade électorale. Elle incarne en effet une quête viscérale de lien humain, où les jeunes leaders du mouvement tissent des connexions directes avec leurs pairs. Ateliers interactifs, débats enflammés : les échanges mettent en lumière les piliers d’un projet politique assumé – leadership audacieux, cohésion nationale, relance économique inclusive et gouvernance transparente.

« Nous ne cherchons pas seulement des voix, mais des bâtisseurs d’avenir », confie un porte-parole lors d’une escale matinale à Adjarra.

 

Une jeunesse en marche, porteuse d’un idéal civique

 

Au-delà de la proximité, cette initiative pulse au rythme d’une ambition plus vaste : fédérer la frange la plus vive de la population autour de principes intangibles comme l’indépendance nationale et une politique imprégnée de morale. En effet, dans un pays où les élections riment trop souvent avec divisions, la Jeunesse Wadagni martèle un appel solennel à l’engagement civique.
Elle exhorte les 18-35 ans à s’approprier les urnes, convaincue que le Bénin de demain ne saurait émerger sans leur empreinte.

« C’est notre tour de réécrire l’histoire, non pas en spectateurs, mais en architectes », proclame un banner déployé à l’entrée de chaque commune visitée.

La Jeunesse Wadagni lance une caravane de mobilisation dans l’Ouémé et le Plateau pour soutenir le duo Wadagni-Talata et réveiller l’engagement des jeunes en vue de la présidentielle béninoise de 2026.
© La Jeunesse Wadagni lance une caravane de mobilisation dans l’Ouémé et le Plateau pour soutenir le duo Wadagni-Talata et réveiller l’engagement des jeunes en vue de la présidentielle béninoise de 2026.

Des étapes comme autant de jalons vers un Bénin nouveau

 

En plus, les étapes s’enchaînent comme un relais de flambeau : rencontres avec les notables, échanges bouillonnants avec les associations estudiantines, accolades chaleureuses auprès des soutiens de longue date. Partout, le discours est clair et fédérateur : un Bénin résilient, équitable, porté par une vision prospective incarnée par Wadagni et Talata.
Perçus comme des artisans du renouveau, les deux figures promettent aussi un horizon où l’innovation rime avec justice sociale.

 

Une stratégie d’ancrage territorial aux enjeux nationaux

 

Pour les analystes politiques, cette offensive précoce dans le sud-est du pays – berceau de traditions et de potentiels inexploités – n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une stratégie d’ancrage territorial qui pourrait aussi bien redessiner les équilibres à l’approche d’avril 2026.
En galvanisant ainsi une jeunesse souvent reléguée aux marges, le mouvement ne se contente pas de mobiliser : il forge une conscience collective, prête à défier les inerties du passé.

 

La Jeunesse Wadagni : une force en marche, entre espoir et détermination

 

Tandis que le soleil décline sur les collines du Plateau, la caravane file vers de nouveaux horizons. Reste à mesurer l’écho de cette vague : transformera-t-elle l’élan en tsunami électoral ?
Une chose est sûre : dans l’Ouémé et au-delà, la jeunesse béninoise affirme haut et fort qu’elle n’est plus une promesse, mais une force en marche.

Bénin : l’effondrement de l’opposition sent le « sabordage piloté ».

Coïncidence ou complot ? Au moment où le Parlement béninois fonce vers une nouvelle Constitution, la principale force d’opposition s’autodétruit. Les départs en cascade chez Les Démocrates ne sentent pas le hasard, mais le sabordage piloté pour garantir un paysage politique aseptisé avant 2026. Plongée au cœur d’une manœuvre qui vise à sceller irrévocablement le verrou sur la démocratie.

 

 

Cotonou, 5 novembre 2025 –   L’opposition est-elle en train d’être démantelée de l’intérieur ? Le sabordage du parti Les Démocrates (LD) arrive à point nommé pour la mouvance présidentielle. Avec la défection de six députés, la majorité obtient la minorité de blocage nécessaire pour faire adopter sa révision constitutionnelle, validée en première lecture le 3 novembre. Ce coup de théâtre, loin d’être un simple « chaos interne », consolide le « monolithe » politique du Président Patrice Talon et assure son emprise sur le pouvoir à l’approche de la présidentielle de 2026.

 

Une mécanique politique bien huilée

 

Les rouages de cette « opération chirurgicale politique » sont désormais à nu. Le calendrier des démissions, survenues alors que les partis de la mouvance (UP et BR) exigeaient un vote express, écarte la piste de la coïncidence fortuite. Les députés dissidents, comme Michel Sodjinou, justifient leur départ par un « manque de démocratie interne » – cet argument sonne faux pour de nombreux observateurs.

En effet, la question est de savoir où ces élus iront se réfugier, si ce n’est au sein des formations pro-Talon, où la loyauté est de mise. C’est pourquoi, en coulisse, la piste d’une transaction politique est privilégiée. « C’est l’alibi parfait pour masquer une transaction en sous-main », affirme un observateur politique béninois, évoquant des « stigmates d’un chantage bien rodé » impliquant des promesses de promotions ou des pressions sur les circonscriptions.

 

L’accélération constitutionnelle : ultime étape d’une neutralisation

 

Loin d’être un caprice législatif banal, cette accélération constitutionnelle est perçue comme la dernière phase d’une stratégie méthodique visant à neutraliser l’opposition. La réforme, qui prévoit notamment la création d’un Sénat et la redistribution des cartes institutionnelles sans toucher au pouvoir exécutif, s’inscrit dans une saga politique entamée bien avant les élections de 2021.

L’histoire est d’autant plus troublante que l’opposition a déjà été affaiblie par des manœuvres juridiques. Il faut rappeler que la Cour constitutionnelle a déjà écarté le parti Les Démocrates (LD) de la présidentielle de 2026, confirmant le rejet de sa candidature pour des motifs techniques jugés « légers » par les critiques.

Le parrain spirituel de LD, l’ex-président Boni Yayi, ne s’y trompe pas. Dans une déclaration tonitruante le 4 novembre, il rejette fermement la création du Sénat, qualifiant cette future chambre haute d' »institution fantoche » conçue uniquement pour « diluer toute dissidence ». Assénant que la réforme est une « farce », il dénonce l’existence d’une « campagne de débauchage » ourdie depuis des mois pour « éviscérer » son parti.

« Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette farce », a-t-il déclaré, fustigeant une « campagne de débauchage » menée depuis des mois.

 

Le timing qui dérange : l’accusation de manipulation de certain membre d’opposition

 

Les faits crient à la manipulation, et le timing est éloquent. La vague de démissions, soit plus de six députés en une semaine, survient en pleine polémique. L’ancien candidat Daniel Edah a interpellé le Chef de l’État dans une lettre ouverte du 1ᵉʳ novembre, qualifiant la révision constitutionnelle d' »inopportune » et destinée à servir « un régime en quête d’immortalité politique ».

M. Edah va plus loin en interpellant directement les transfuges : il les accuse de trahir non seulement leur parti, Les Démocrates (LD), mais « l’essence même de l’alternance » chérie par le Bénin depuis 1991.

Pourquoi une telle précipitation dans le démantèlement ? La réponse est stratégique : l’existence d’un candidat LD de la trempe de Reckya Madougou (actuellement en prison) ou d’un « Yayi-bis » représente la seule menace sérieuse pour le Président Patrice Talon. Fort de réformes économiques controversées, le chef de l’État cherche manifestement à s’assurer un paysage politique aseptisé. Sans le parti LD, la mouvance présidentielle verrouillerait l’accès aux budgets, les nominations locales et, surtout, l’accès aux urnes pour 2026.

 

Déni officiel contre-preuves de la stratégie du sabordage de l’opposition

 

Le parti au pouvoir balaye ces soupçons d’un revers de main, mais les faits s’accumulent. Par la voix de ses porte-parole, la majorité martèle qu’il s’agit d' »une affaire interne à LD, point final », ignorant le timing « opportun » de ces défections.

Pourtant, cette crise s’inscrit dans un schéma récurrent de neutralisation. Depuis 2019, le régime a durci les mécanismes de la charte des partis, alourdi le parrainage présidentiel, et muselé plusieurs médias d’opposition.  Par conséquent, le parti Les Démocrates (LD) se retrouve exsangue.

Malgré un communiqué du 2 novembre réaffirmant son unité, LD voit ses prochaines échéances (communales et législatives) déjà hypothéquées. Pour de nombreux analystes, cette prétendue « affaire interne » n’est que de la « poudre aux yeux » : un théâtre où les acteurs démissionnaires, jouant les victimes, endossent en réalité le rôle de complices d’une manœuvre politique.

 

Plus qu’une crise, la montée de l’autoritarisme

 

Cette saga dépasse la simple crise partisane ; elle est le révélateur d’un autoritarisme rampant. Le pouvoir utilise le débauchage comme une lame empoisonnée pour anesthésier toute contestation. Les démissions ne sont pas un suicide collectif, mais un assassinat commandité de l’opposition.

Si Les Démocrates (LD) s’effondrent, ce n’est pas par faiblesse intrinsèque. C’est parce que le Président Talon et sa cour ont tout orchestré pour que l’opposition ne soit plus qu’un écho lointain dans le paysage politique.

À l’approche de 2026, la question n’est plus « qui affrontera le président ? », mais plutôt : « Où est passée la démocratie que nous promettaient ces révisions constitutionnelles ? » Le temps presse pour une mobilisation citoyenne : il faut agir avant que le verrou ne scelle pour de bon l’alternance.

Boni Yayi rejette la réforme du Sénat au Bénin

Dans une déclaration nocturne, Boni Yayi, ancien président du Bénin et chef de file des Démocrates, rejette fermement la réforme constitutionnelle visant à instaurer une chambre sénatoriale. À l’approche de la fin de la législature, il dénonce une dérive autoritaire et appelle ses partisans à bloquer le projet au Parlement, plaidant pour un référendum populaire.

 

Cotonou, 4 novembre 2025 – L’ancien président béninois Boni Yayi, figure emblématique de l’opposition et chef de file des Démocrates (LD), a franchi un cap décisif dans son bras de fer avec le pouvoir. En effet, dans une déclaration diffusée dans la nuit hier, il a rejeté sans détour la réforme constitutionnelle en cours, qui prévoit la création d’une chambre haute, et a juré de ne jamais y siéger.

Ce coup d’éclat intervient alors que le texte progresse rapidement au Parlement, ravivant les tensions à l’approche de la fin de la 9ᵉ législature.

« Je refuse catégoriquement d’intégrer cette assemblée, que ce soit comme membre automatique ou en simple spectateur bienveillant », a martelé Yayi, dénonçant une « entorse grave à nos fondements démocratiques » menée dans un climat d’isolement et de verrouillage du débat pluraliste.

Boni Yayi  juge la réforme dangereuse et personnalisée

 

Pour l’ex-chef d’État, cette révision ne consolide pas les institutions : elle les fragilise. En plus, elle bouleverserait les équilibres entre les pouvoirs et ouvrirait la voie à des dérives autoritaires. Yayi fustige une « structure fantôme », taillée sur mesure pour flatter un ego solitaire, déconnectée des urgences nationales.

« Cette révision bouleverse l’essence même de notre système politique, menaçant les conquêtes arrachées de haute lutte par les Béninois », alerte-t-il, évoquant un risque de glissement autoritaire.

Boni Yayi : Appel à la mobilisation et au référendum

 

Dans un appel vibrant, Yayi exhorte les 22 députés encore fidèles à son mouvement à opposer un « veto stratégique » lors des débats finaux. Il plaide aussi pour un référendum populaire, seul garant selon lui de la souveraineté citoyenne.

« Unissons-nous pour sauvegarder notre République, notre liberté et notre solidarité nationale, contre toute distorsion qui hypothèque notre cohabitation pacifique et l’horizon de nos enfants. »

Une réforme en marche… et sous tension

 

La proposition de loi, introduite le 31 octobre à l’ouverture de la session automnale, a franchi un jalon décisif : elle a été validée à l’unanimité par la commission des Lois le 3 novembre. Portée par Aké Natondé (UP-R) et Assan Seïbou (BR), elle est présentée comme un outil de pacification, visant à instaurer un Sénat chargé d’harmoniser les visions politiques et de stimuler le débat d’idées.

Par ailleurs, ce Sénat regrouperait d’anciens chefs d’État, ex-présidents d’institutions et hauts responsables militaires. Sa mission : veiller à la pérennité des institutions, à l’harmonie sociale et à la sauvegarde des droits fondamentaux.

Mais, dans un pays où la précarité reste criante, les opposants dénoncent une réforme élitiste, déconnectée des réalités populaires.

« À quoi bon multiplier les palais pour des sages oisifs quand le pain manque sur les tables ? », s’interroge-t-on dans les rangs contestataires.

 

 Vers une plénière décisive

 

Reste à savoir si l’anathème lancé par Yayi, dans un contexte d’opposition affaiblie depuis 2019, parviendra à cristalliser une résistance parlementaire ou à imposer un plébiscite national. La plénière à venir s’annonce comme une arène décisive, à l’heure où le Bénin oscille entre aspirations réformatrices et spectres d’un passé contesté.

Les Démocrates, fragilisés par des défections récentes, misent sur ce sursaut pour reconquérir un espace vital avant l’échéance de 2026.

 

 

Bilan semestriel : Louis Vlavonou reçoit un plébiscite à l’Assemblée

Avec 87 voix favorables, les députés béninois ont validé le rapport semestriel du président Louis Vlavonou, saluant une gestion parlementaire jugée exemplaire. Délibérations soutenues, innovations administratives et diplomatie active : ce sixième bilan dresse le portrait d’une législature en quête d’efficacité et de transparence à l’approche de son terme.

 

 

Porto-Novo, 4 novembre 2025— Lors de la session plénière du lundi, les députés ont validé sans réserve le compte rendu d’activités du président Louis Gbèhounou Vlavonou, couvrant la période d’avril à septembre. Avec 87 voix favorables, ce sixième rapport consacre une confiance quasi unanime dans la feuille de route de la 9ᵉ législature.

Conformément à l’article 21 du règlement intérieur, le président de l’institution a détaillé ses actions autour de quatre axes majeurs : fonctionnement interne, engagements extérieurs, administration du secrétariat particulier et perspectives à venir. Un exercice de transparence salué pour sa clarté, malgré les contraintes d’un mandat en phase terminale.

Le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Louis Vlavonou, obtient 87 voix favorables pour son rapport semestriel.
© Le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Louis Vlavonou, obtient 87 voix favorables pour son rapport semestriel.

 Activité parlementaire : assiduité et production législative

 

Au cœur des travaux internes, les délibérations ont été soutenues. Le bureau de l’Assemblée s’est réuni à quatre reprises avec un taux de présence de 86 %, tandis que la conférence des présidents a tenu trois conclaves à 78 %. Côté plénières, onze sessions – dix ordinaires et une extraordinaire – ont permis l’adoption d’une loi organique, de sept lois ordinaires, de deux autorisations de ratification et de deux résolutions. Quatorze décrets présidentiels relatifs à des accords financiers ont également été examinés et validés, conformément aux exigences constitutionnelles.

 

 Suivi de l’exécutif : Parakou sous la loupe

 

Moment fort du semestre : la création, par résolution du 4 juillet, d’une task force parlementaire chargée d’auditer les investissements publics en eau et électricité à Parakou. Installée le 9 juillet pour trois mois, cette instance passera au crible les flux financiers de 2016 à 2026, avant de soumettre ses recommandations en plénière.

Par ailleurs, deux sessions – une ordinaire et une extraordinaire – ont jalonné le semestre, marquées par l’examen du budget 2026 et une révision constitutionnelle d’une règle interne.

 Administration : modernisation et rationalisation

 

L’administration parlementaire a poursuivi sa mutation, avec un accent sur les ressources humaines, les finances, les achats publics et la communication. Parmi les innovations : la création d’une direction des technologies numériques et la nomination d’un comptable indépendant, gages de rigueur et de transparence budgétaire. Ces structures, désormais opérationnelles, rompent avec les chevauchements du passé.

Côté diffusion, la web radio de l’Assemblée étend sa portée : après Parakou (98.0 FM), Dassa-Zoumè capte désormais le signal à 95.6 FM, grâce au fonds PARCPOGE II. Le centre de santé interne, sous une nouvelle direction, affiche une fréquentation record de 634 consultations, saluée comme un modèle de service public.

Le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Louis Vlavonou, obtient 87 voix favorables pour son rapport semestriel.
© Le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Louis Vlavonou, obtient 87 voix favorables pour son rapport semestriel.

Bilan semestriel : diplomatie et vision d’avenir

 

À l’extérieur, le semestre a été rythmé par des missions diplomatiques, des participations virtuelles à des forums nationaux et des déplacements officiels. En plus, le cabinet parlementaire a accueilli plusieurs auditions, réunissant acteurs locaux et internationaux autour de thématiques clés : souveraineté, coopération multilatérale, développement.

Poursuivant sur une note optimiste, Vlavonou a esquissé un horizon pour la législature entrante : un Parlement transparent, agile et attaché aux principes républicains, gérant ses ressources avec une efficacité accrue et instillant des valeurs éthiques à tout son personnel. « Nous léguons un héritage à consolider, pour une institution au service exclusif de la Nation », a-t-il déclaré, saluant ainsi l’engagement des élus et collaborateurs.

 

Bilan semestriel : une approbation quasi unanime

 

Les échanges en plénière ont été largement élogieux, saluant la limpidité du rapport et sa fidélité au bilan réel. Seule voix discordante : celle du député Éric Houndété (Les Démocrates), qui a exprimé des réserves isolées.

En somme, cette approbation massive du Bilan semestriel  renforce la stature de Vlavonou à l’approche du terme de son mandat, dans un Bénin où le législatif s’affirme face aux mutations socio-économiques. Les prochaines sessions pourraient sceller ces engagements, en vue d’une transition fluide vers une nouvelle décennie parlementaire.

 

Gbadamassi accuse Boni Yayi d’être le noyau de la crise chez Les Démocrates

À Cotonou, le ministre conseiller Rachidi Gbadamassi a lancé une charge virulente contre l’ancien président Boni Yayi, qu’il accuse d’être à l’origine des turbulences qui fragilisent son parti Les Démocrates. En réaction à l’annonce d’une pause pour raisons médicales de l’ex-chef d’État, Gbadamassi dénonce une stratégie de diversion, pointant une gouvernance chaotique et une rébellion latente à l’approche de la présidentielle de 2026.

 

Cotonou, 3 novembre 2025 – Dans une déclaration au vitriol, le ministre conseiller Rachidi Gbadamassi a désigné l’ancien président Boni Yayi comme l’élément déclencheur des turbulences internes qui secouent actuellement son parti Les Démocrates. Réagissant à l’annonce d’une pause pour raisons médicales formulée par l’ex-chef d’État, Gbadamassi rejette ce motif, qu’il qualifie aussi de manœuvre habile destinée à masquer des dysfonctionnements profonds au sein de la formation.

 

Gbadamassi : une accusation frontale contre Boni Yayi

 

« Cette soi-disant retraite pour motifs de santé n’est qu’un écran de fumée, même si les questions de bien-être personnel méritent une discrétion respectueuse. La source unique de ce chaos au sein des Démocrates porte un nom : Boni Yayi », a lancé sans détour le proche du pouvoir lors d’un point presse improvisé. Selon lui, cette annonce vise à désamorcer une vague de contestations internes imminente.

Gbadamassi prédit une montée en puissance des tensions, qu’il attribue à une gouvernance jugée erratique. « Depuis plusieurs mois, une fronde interne s’installe, alimentée par les choix contestés de Boni Yayi à la tête du parti. Par ailleurs, cette agitation va s’amplifier dans les prochains jours, et son discours sur les pressions extérieures ou les tentatives de déstabilisation n’est qu’une parade anticipée pour en atténuer l’impact », a-t-il ajouté, évoquant des rumeurs persistantes de recrutement d’opposants par la mouvance présidentielle.

 

Une opposition en quête de cohésion

 

Cette passe d’armes intervient dans un contexte de fragilité accrue pour Les Démocrates, formation d’opposition qui avait créé la surprise lors des législatives de 2023. Les démissions successives de figures emblématiques, sur fond de désaccords concernant la désignation des candidats pour la présidentielle de 2026, ont déjà entamé la cohésion du parti. L’absence prolongée de Boni Yayi, fondateur charismatique, risque d’exacerber ces divisions, alors que le paysage politique béninois se resserre à l’approche du scrutin.

Gbadamassi, réputé pour sa proximité avec le président Patrice Talon, a enfoncé le clou en appelant à une introspection interne. « Au lieu de chercher des boucs émissaires extérieurs, il serait temps de corriger les errements à la source », a-t-il martelé, laissant entrevoir une recomposition plus large de l’opposition.

 

Une bataille politique aux multiples fronts

 

Les soutiens de Boni Yayi n’ont pas encore réagi officiellement, mais des voix internes laissent entendre que cette offensive pourrait renforcer les rangs loyalistes. À l’orée de 2026, ces joutes verbales rappellent que la bataille pour les alliances et les suffrages se joue autant dans les arènes médiatiques que dans les urnes. Le silence médical de l’ex-président, qu’il soit tactique ou sincère, ajoute une couche d’incertitude à un échiquier politique déjà instable.