Glo-Djigbé : la métamorphose industrielle qui insuffle un nouvel élan au Bénin

Mardi dernier, une délégation des Ministres Conseillers a foulé les terres de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, véritable écrin d’espoir et de renouveau économique. Ce périple, orchestré sous la houlette du Coordonnateur M. Janvier YAHOUEDEHOU, a permis de plonger au cœur d’un univers industriel en pleine éclosion, où modernité rime avec ambition et prospérité.

Mardi dernier, une délégation de Ministres Conseillers a visité la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, découvrant une révolution industrielle
© Mardi dernier, une délégation de Ministres Conseillers a visité la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, découvrant une révolution industrielle
Glo-Djigbé : Une immersion au sein de l’excellence industrielle

D’entrée de jeu, les visiteurs furent chaleureusement accueillis par M. Létondji BÉHÉTON, Directeur général de la SIPI Bénin, qui présenta en détails l’essor exponentiel de la zone. Dans un second temps, au cours d’une séance de travail rigoureuse, les Ministres Conseillers découvrirent la pluralité des initiatives mises en œuvre : 36 investisseurs de renom, plus d’une douzaine d’unités opérationnelles en activité, sans omettre celles en cours de finalisation. De surcroît, les explications prodiguées, ponctuées d’analyses précises et de réponses circonstanciées, satisfirent pleinement la soif de connaissances de l’assemblée.

La maquette : une fenêtre sur un avenir radieux

Ensuite, poursuivant leur exploration, la délégation fut conduite dans une salle de maquette innovante, où la GDIZ fut décryptée sous un angle résolument prospectif. Cette mise en scène, véritable symphonie de plans et de perspectives, offrit aux Ministres Conseillers une vision concrète des évolutions à venir, révélant avec acuité l’ampleur du développement envisagé pour les prochaines années.

Parcours au cœur des unités opérationnelles : un témoin de l’excellence locale 

Après cela, l’immersion se poursuivit par une visite minutieuse des différentes installations. Les délégués découvrirent, entre autres, notamment, un centre de formation textile aux équipements de pointe, où des milliers de jeunes béninois œuvrent avec passion pour la confection de vêtements arborant fièrement le label « Made in Benin ». Parallèlement, le centre intégré de Textile BTex, salué comme l’un des plus modernes au monde, les a également émerveillés. De plus, une usine de transformation des noix de cajou et une unité de production de carreaux les ont impressionnés, illustrant ainsi une révolution industrielle d’envergure.

Mardi dernier, une délégation de Ministres Conseillers a visité la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, découvrant une révolution industrielle
© Mardi dernier, une délégation de Ministres Conseillers a visité la Zone Industrielle de Glo-Djigbé, découvrant une révolution industrielle
Un impact social profond : la lutte contre le chômage en marche

Au-delà des prouesses techniques et industrielles, l’aspect humain de cette transformation ne passa pas inaperçu. Plus de 15000 jeunes, animés par une fierté palpable, bénéficient aujourd’hui d’un emploi stable au sein de cette zone d’exception. Ce dynamisme social, véritable antidote au chômage, réaffirme l’engagement du Bénin en faveur d’une industrialisation inclusive, capable de générer des opportunités pour les générations futures.

Vers une industrialisation inéluctable et souveraine

En guise de conclusion, la visite des Ministres Conseillers à la zone industrielle de Glo-Djigbé se distingue comme un jalon historique dans la trajectoire du développement béninois. Par une approche novatrice et résolument moderne, la GDIZ se positionne comme le fer de lance d’une industrialisation solide et irréversible. Ce passage à l’acte, salué tant par le gouvernement ainsi  que par les partenaires et investisseurs, incarne une invitation pressante à miser sur une transformation économique durable, où l’excellence technique et l’inclusion sociale se conjuguent pour forger l’avenir du Bénin.

 

 

Suspension des financements américains : l’OMS Bénin en appel à une refonte du financement de la santé

Dans un climat d’incertitude budgétaire internationale, l’Organisation mondiale de la Santé au Bénin (OMS Bénin) a présidé ce jeudi la toute première session du groupe sectoriel des partenaires techniques et financiers en santé. En effet, L’objet de cette rencontre, hautement symbolique et déterminant pour l’avenir des interventions sanitaires sur le territoire béninois, était d’analyser l’impact potentiel de la suspension des financements en provenance des États-Unis sur la sphère de la santé.

Un contexte financier et sanitaire en mutation

La décision de suspendre les aides américaines, annoncée par les instances internationales, a fait l’objet de vives discussions lors de cette session. Pour l’OMS-Bénin, l’arrêt temporaire de ces fonds risque de provoquer des conséquences considérables, notamment en matière de vaccination. Avec près de 4,5 millions d’enfants de moins de cinq ans potentiellement affectés, les conséquences pourraient se traduire par un ralentissement des campagnes vaccinales et une fragilisation des acquis en santé publique. Les participants, tout en soulignant le rôle historique des financements internationaux, ont rappelé l’impérieuse nécessité de ne pas se reposer sur des ressources volatiles.

Les enjeux d’une autonomie financière accrue

Face à l’incertitude engendrée par cette suspension, l’OMS-Bénin et les partenaires techniques et financiers (PTF) ont plaidé avec force pour une augmentation du financement domestique de la santé. Dans leurs échanges, les experts ont fait valoir que la résilience du système sanitaire béninois dépendrait de la capacité du pays à optimiser ses ressources et à repenser ses mécanismes de financement. L’adoption de stratégies innovantes et la redéfinition des priorités budgétaires apparaissent dès lors comme des impératifs pour pallier les lacunes induites par le désengagement des États-Unis.

Optimisation des ressources : une voie pour garantir les interventions essentielles selon l’OMS Bénin 

Les discussions ont également mis en lumière la nécessité d’une gestion rigoureuse et d’un redéploiement judicieux des moyens disponibles. Les responsables ont souligné que la suspension du financement externe offrait, paradoxalement, l’opportunité de revoir les processus d’allocation des ressources pour concentrer les efforts sur les interventions les plus impactées. À cet égard, ils ont appelé à l’élaboration de plans stratégiques visant à renforcer l’efficacité des programmes de vaccination, afin de préserver les acquis sanitaires tout en préparant le terrain à une éventuelle reprise des aides internationales.

 Un tournant pour la souveraineté sanitaire du Bénin

En définitive, la session présidée par l’OMS-Bénin ne se résume pas à une simple réaction face à une suspension de financements. Elle marque un véritable tournant dans la réflexion sur la souveraineté sanitaire, invitant le Bénin à prendre en main ses destinées en matière de santé publique. En appelant à une augmentation du financement domestique et à une optimisation des ressources, les experts lancent un message clair : la pérennité des interventions, notamment vaccinales, dépend désormais d’une réévaluation des mécanismes de financement. Dans un monde en perpétuelle évolution, cette initiative s’inscrit comme une leçon didactique pour tous les acteurs de la santé, invitant à repenser l’articulation entre aides internationales et autonomie nationale pour bâtir un système de santé robuste et résilient.

E-Giénique : L’aube d’une éducation menstruelle éclairée à Dassa-Zoumé

Le 30 janvier dernier inscrit dans les annales de Dassa-Zoumé une journée singulièrement innovante, marquée par le lancement officiel du projet E-Giénique. Sous l’égide d’un cortège d’acteurs éminents, dont le chef du premier arrondissement, M. AKPAKI Dossou Osée, présidant la cérémonie au CEG 1, cette initiative a inauguré une nouvelle ère dans la lutte contre la précarité menstruelle et la désinformation qui l’entoure.

E-Giénique : déconstruction des mythes et réinvention de l’éducation

Au cœur de cette manifestation, Salifou Aïchatou, cheffe du projet E-Giénique, a déployé avec une verve érudite une analyse approfondie des mythes ancestraux liés aux menstruations, dévoilant ainsi leur impact délétère sur la régularité scolaire des jeunes filles. Par des explications empreintes d’une clarté rare, elle a su déconstruire des croyances longtemps enracinées, invitant ainsi les convives à reconsidérer les tabous qui entravent l’accès équitable à l’éducation.

Dans un élan de reconnaissance, le représentant des directeurs des collèges a exprimé sa gratitude pour le choix audacieux de leur localité comme terre d’expérimentation de ce projet révolutionnaire. Ce geste symbolique souligne l’importance cruciale d’investir dans des initiatives susceptibles de réformer, par l’éducation, des pratiques encore trop souvent enveloppées de mystère et de stigmatisation.

Mme Clotilde Noudeviwa, Directrice départementale des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, a exhorté les élèves à adopter une attitude proactive vis-à-vis des activités pédagogiques liées à E-Giénique. Elle a, par ailleurs, réaffirmé son soutien indéfectible à cette entreprise, qualifiée de noble démarche, destinée à instaurer un climat de connaissance et d’autonomie autour de la santé menstruelle.

Le projet E-Giénique, lancé à Dassa-Zoumé, lutte contre la précarité menstruelle en milieu scolaire en brisant les tabous et en sensibilisant
© Le projet E-Giénique, lancé à Dassa-Zoumé, lutte contre la précarité menstruelle en milieu scolaire en brisant les tabous et en sensibilisant
vers une transformation éducative inclusive

Ce mini-lancement, orchestré par les Blogueurs du Bénin, ne s’est pas contenté d’être une simple cérémonie inaugurale. Il s’est révélé être le prélude d’un mouvement éducatif novateur, où la parole se libère des carcans traditionnels pour embrasser une compréhension scientifique et empathique des réalités féminines. La représentante des élèves, par son intervention, a également porté un message porteur d’espoir, rappelant que l’éradication des mythes permet de restaurer la dignité et la continuité scolaire des jeunes filles.

En définitive, E-Giénique se pose comme une réponse éclairée et résolument moderne à un enjeu social majeur. Par l’éducation et la déconstruction des mythes, cette initiative vise à offrir aux jeunes filles les outils nécessaires pour naviguer avec assurance dans leur quotidien. Ainsi, Dassa-Zoumé s’affirme aujourd’hui comme le creuset d’une transformation éducative où la connaissance se fait rempart contre l’ignorance, assurant ainsi un avenir plus inclusif et équitable.

Une révolution bleue à Nonvignon : L’aquaculture à l’ère du biofloc

Dans un bourg discret de la commune de Kpomassè, une initiative novatrice fait des vagues : The Fresh Life, entreprise pionnière en pisciculture, façonne une alternative durable à la production halieutique conventionnelle. Depuis mars 2022, cette société dirigée par le Pakistanais Akash Ukrani a pris le pari audacieux de répondre à la demande croissante en poissons tout en adoptant une technologie avant-gardiste : le biofloc.

En effet, hier, le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, a foulé le sol de cette unité de production installée dans le village de Nonvignon. Impressionné, il n’a pas caché son enthousiasme face à cette innovation susceptible de redéfinir les standards de l’élevage piscicole au Bénin.

The Fresh Life révolutionne la pisciculture à Nonvignon grâce à la technologie biofloc, séduisant le Ministre malgré les défis énergétiques.
© The Fresh Life révolutionne la pisciculture à Nonvignon grâce à la technologie biofloc, séduisant le Ministre malgré les défis énergétiques.
Un modèle de production performant et écologique

Le biofloc, au cœur de cette exploitation, constitue une approche révolutionnaire où les poissons évoluent dans un environnement optimisé, favorisant la croissance grâce à une gestion biologique des déchets organiques. Ce procédé, en reconstituant un écosystème aquatique autosuffisant, permet de minimiser l’utilisation d’eau et de garantir une qualité sanitaire optimale aux poissons.

L’unité de production dispose de cinquante bassins, chacun renfermant 1 300 alevins. Sept mois plus tard, ces infrastructures génèrent en moyenne 320 kg de poissons par bassin, soit un rendement global de seize tonnes par cycle. Une performance qui témoigne de l’efficacité du procédé et de son potentiel à répondre aux besoins alimentaires des populations locales. Tilapia et pangasius, poissons prisés par les consommateurs, abondent désormais sur les étals grâce à cette entreprise qui ambitionne d’intensifier son impact sur le marché.

 

The Fresh Life révolutionne la pisciculture à Nonvignon grâce à la technologie biofloc, séduisant le Ministre malgré les défis énergétiques.
© The Fresh Life révolutionne la pisciculture à Nonvignon grâce à la technologie biofloc, séduisant le Ministre malgré les défis énergétiques.
Un défi énergétique freinant l’expansion

Toutefois, derrière cette success-story se cache un défi de taille : l’accès à l’énergie électrique. La non-raccordabilité du site à la Société béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) contraint The Fresh Life à recourir à des groupes électrogènes énergivores, alourdissant considérablement les charges d’exploitation. Ce handicap pèse sur la rentabilité et freine les perspectives d’extension de l’unité.

Conscient de cette difficulté majeure, le Ministre Dossouhoui a exprimé sa volonté d’explorer des solutions pour pallier ce déficit énergétique. Il envisage également d’élever ce site au rang de centre didactique, où étudiants et pisciculteurs pourront s’imprégner des rouages de cette technique avant-gardiste. « Il est essentiel que les populations réalisent que la pisciculture ne se résume pas aux bassins en béton ou aux plans d’eau naturels. » « Ce modèle doit inspirer et essaimer », a-t-il affirmé.

The Fresh Life révolutionne la pisciculture à Nonvignon grâce à la technologie biofloc, séduisant le Ministre malgré les défis énergétiques.
© The Fresh Life révolutionne la pisciculture à Nonvignon grâce à la technologie biofloc, séduisant le Ministre malgré les défis énergétiques.
Technologie biofloc : Vers une réplication du modèle ?

L’engouement suscité par cette exploitation pourrait bien ouvrir la voie à une démocratisation de la technologie biofloc sur l’ensemble du territoire. Si les obstacles énergétiques sont surmontés, ce modèle pourrait non seulement accroître la production locale de poissons, mais aussi réduire la dépendance aux importations, offrant ainsi une alternative économiquement viable et écologiquement responsable.

L’histoire de The Fresh Life illustre la capacité d’innovation du secteur agricole béninois et la nécessité d’un accompagnement stratégique pour faire émerger des initiatives porteuses. Si des mesures concrètes sont prises, Nonvignon pourrait bientôt devenir le berceau d’une révolution piscicole qui rayonnera bien au-delà des frontières de Kpomassè.

Benin : l’émergence d’un nouvel urbanisme social

Cotonou, 19 février 2025 — Alors que le soleil se lève sur les chantiers de Ouèdo, une révolution discrète s’imprime dans le paysage béninois. En effet, le gouvernement Talon, porté par une ambition sans précédent, vient de matérialiser l’une de ses promesses phares : la commercialisation de 20 000 logements économiques et sociaux, un projet titanesque destiné à redéfinir l’accès au logement décent pour des milliers de ménages. Une conférence de presse tenue lundi a levé le voile sur les modalités de cette initiative, qualifiée par le ministre José Tonato de colonne vertébrale du bien-être collectif.

20 000 logements : une utopie urbanistique devenue réalité

Par ailleurs, longtemps fantasmé, le rêve d’habitations abordables pour tous prend corps dans trois pôles stratégiques : Ouèdo, Porto-Novo et Parakou. La cité de Ouèdo, épicentre de cette métamorphose, se présente comme un modèle d’urbanisme vert. Conçue selon des normes environnementales rigoureuses, elle abrite 11 000 unités de type F4, chacune garantissant une sécurité foncière irrévocable. « Ces logements ne sont pas des murs, mais des écosystèmes de vie », a souligné le ministre Tonato, insistant sur l’intégration d’espaces communautaires et d’infrastructures durables.

Financement inclusif : briser le cercle de l’exclusion

L’innovation réside dans les mécanismes d’acquisition, pensés pour contourner les barrières économiques. Aucun apport initial n’est exigé pour une première fois dans la sous-région. Les ménages peuvent étaler leurs paiements sur 17 ans pour les logements économiques et 25 ans pour les logements sociaux, avec des mensualités plafonnées à 100 000 FCFA. « L’objectif est de substituer à la précarité un droit fondamental : celui de posséder son toit sans s’y ruiner », a expliqué Moïse Achille Houssou, directeur général de la SImAU. Pour éviter les engorgements, une commission indépendante attribuera les logements via une plateforme électronique, garantissant transparence et équité.

Ouèdo, laboratoire d’une citoyenneté renouvelée

Au-delà des chiffres, le projet incarne une philosophie : l’habitat comme vecteur de cohésion sociale. La cité de Ouèdo, conçue pour être autosuffisante, intègre écoles, centres de santé et espaces verts, rompant avec l’image des quartiers-dortoirs. « Nous ne vendons pas des appartements, mais des communautés », a martelé Houssou, détaillant un système de réservation accessible dès le 20 février, moyennant des frais de dossier symboliques de 50 000 FCFA. Une somme modique, mais stratégique, pour filtrer les engagements sérieux.

Un défi logistique et symbolique

Réaliser un tel programme dans un délai record relève de l’exploit. Le gouvernement, appuyé par des partenaires techniques et financiers, a dû surmonter des défis structurels : approvisionnement en matériaux, formation de main-d’œuvre locale et adoption de technologies de construction innovantes. « Ce projet est la preuve que l’audace politique, couplée à une gestion rigoureuse, peut transcender les scepticismes », a affirmé Tonato, rappelant que cette initiative s’inscrit dans un continuum de réformes visant à améliorer l’indice de développement humain.

Témoignages et attentes : entre espoir et vigilance

Si l’enthousiasme est palpable, certains citoyens expriment des réserves. Adélaïde Kpossou, vendeuse à Cotonou, salue l’initiative, mais s’interroge : « Les procédures électroniques ne risquent-elles pas d’exclure ceux qui ne maîtrisent pas le numérique ? » La SImAU rétorque en promettant des guichets d’assistance physique et des campagnes de sensibilisation itinérantes.

Le logement, nouveau pilier de la souveraineté nationale

En lançant ce programme, le Bénin ne construit pas seulement des logements : il érige les fondations d’une société plus équitable. Chaque pierre posée à Ouèdo, Porto-Novo et Parakou symbolise un rejet de la fatalité, une affirmation que le développement peut être à la fois massif et inclusif. Alors que les premières clés seront remises en février 2025, une question persiste : et si l’avenir des nations se jouait aussi dans la capacité à loger dignement chaque citoyen ? Le Bénin, en osant ce pari, offre au continent une feuille de route : celle où le progrès se mesure non à la hauteur des gratte-ciel, mais à la stabilité des foyers.

 

La consécration des artisans, pierre angulaire du renouveau économique

Cotonou, 19 février 2025 — Sous les lambris d’un hôtel de prestige à Cotonou, une cohorte d’artisans, visages empreints de fierté, a reçu hier les clés symboliques de leur ascension professionnelle. En effet, dans le cadre du projet Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), 3 371 artisans, issus des recoins vibrants du Bénin, ont vu leurs compétences sanctifiées par des attestations de fin de formation. Une cérémonie solennelle, orchestrée sous l’égide de Mme Véronique Tognifodé, Ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance, et ponctuée d’hommages et de promesses ambitieuses.

Un hommage à la mémoire d’un bâtisseur invisible

Par ailleurs, la cérémonie s’est ouverte sur une note mélancolique, avec une minute de silence dédiée à Joël Bouillaud, ancien Directeur de ARCH Formation, décédé en pleine maturation du projet. Madame Tognifodé, d’une voix empreinte de gravité, a salué « l’architecte discret dont les fondations invisibles portent désormais l’édifice de milliers de vies transformées ». Ce rappel introspectif a servi de prélude à une réflexion sur l’héritage éducatif comme socle de la prospérité collective.

Dans le cadre du projet ARCH, 3 371 artisans du Bénin ont reçu des attestations de fin de formation à Cotonou,
© Dans le cadre du projet ARCH, 3 371 artisans du Bénin ont reçu des attestations de fin de formation à Cotonou,
La vision Talon : de l’atelier à l’autonomie économique

En plus, dans un discours structuré comme un manifeste, la Ministre a dépeint la philosophie du chef de l’État : « Transformer l’artisanat, ce n’est pas simplement outiller des mains, c’est éclairer des esprits et élargir des horizons. » Depuis juin 2021, près de 6 000 artisans ont été formés dans des filières stratégiques : bâtiment, mécanique automobile, agroalimentaire, avec un credo : 40 heures de formation axées sur l’opérationnel, loin des théories académiques stériles. En 2024, 394 spécialistes en énergie photovoltaïque, 300 mécaniciens et 900 transformateurs agroalimentaires ont rejoint cette armée silencieuse de l’économie réelle.

2025 : L’ambition d’une mécanisation agricole inclusive

L’horizon 2025 se dessine avec des objectifs chiffrés : 4 000 artisans à perfectionner, notamment dans la mécanisation agricole, un secteur jugé vital pour l’autosuffisance alimentaire. « Les modules ne sont pas conçus dans l’ivoire technocratique»,a martelé Mme Tognifodé, soulignant une co-construction avec les artisans eux-mêmes, afin d’épouser les réalités du terrain. Une approche participative qui rompt avec les schémas descendants traditionnels.

Dans le cadre du projet ARCH, 3 371 artisans du Bénin ont reçu des attestations de fin de formation à Cotonou,
© Dans le cadre du projet ARCH, 3 371 artisans du Bénin ont reçu des attestations de fin de formation à Cotonou,
Une synergie interministérielle pour un écosystème durable

En prélude aux propos de la Ministre, son homologue Yves Kouaro Chabi (Enseignements Secondaire, Technique et Formation Professionnelle) a rappelé que « la formation professionnelle est le sésame d’une économie résiliente ». Une vision partagée par Christian Lodjou, Directeur de l’Agence Nationale de Protection Sociale, qui a aussi détaillé les critères d’accès aux formations : priorité aux métiers en tension, aux régions enclavées et aux profils porteurs d’innovation frugale.

Dans le cadre du projet ARCH, 3 371 artisans du Bénin ont reçu des attestations de fin de formation à Cotonou,
© Dans le cadre du projet ARCH, 3 371 artisans du Bénin ont reçu des attestations de fin de formation à Cotonou,
Cotonou, laboratoire d’un développement décentralisé pour les artisans

En outre, Luc Sètondji Atrokpo, Maire de Cotonou, a salué une initiative « qui transfère le pouvoir économique des bureaux climatisés vers les ateliers enfumés ». Pour lui, chaque artisan formé incarne un levier de développement local, capable de stimuler l’emploi et de réduire l’exode rural. Un plaidoyer pour des politiques publiques ancrées dans le concret des quartiers.

Porte-parole des lauréats, Thierry Azondossessi, mécanicien auto, a résumé l’esprit de la cohorte : « Avant, je réparais des voitures. » Aujourd’hui, je diagnostique des systèmes, j’anticipe des pannes, je conseille des clients. « Cette formation a fait de moi un solutionneur, pas juste un ouvrier. » Une déclaration qui cristallise l’essence du projet ARCH : substituer à la survie quotidienne une expertise reconnue et rémunératrice.

L’artisanat, nouveau phare de l’économie béninoise 

Alors que les attestations continueront d’être distribuées dans l’arrière-pays, cette cérémonie n’est pas une fin, mais un jalon. Elle incarne une conviction : dans un monde obsédé par le virtuel, l’avenir se construit aussi à coups de clés à molette, de soudures précises et de récoltes transformées. Le Bénin, en faisant le pari de l’intelligence manuelle, écrit une page audacieuse de son histoire où chaque artisan devient un phare, éclairant à la fois son foyer et la voie collective vers la prospérité. Et si la richesse des nations se mesurait enfin à la callosité des mains et à la clarté des savoir-faire ?

Renforcement des capacités en cybersécurité : Une délégation béninoise en mission d’études au Luxembourg

Dans un contexte où les menaces numériques se diversifient et se complexifient, la cybersécurité s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour les États et les organisations. Du 10 au 14 février dernier, une délégation de haut niveau béninoise, composée de responsables de l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN) et du Centre national d’investigations numériques, s’est rendue au Luxembourg dans le cadre d’un voyage d’études intensif visant à renforcer les compétences nationales en matière de cybersécurité.

Un programme intensif et enrichissant

Au cours de cette mission, les participants ont été plongés au cœur d’un programme de formation complet et interactif. Entre ateliers pratiques, séances de formation et exercices de simulation, la délégation béninoise a pu appréhender les bonnes pratiques luxembourgeoises en matière de gestion des risques et de réponse aux incidents de cybersécurité. Parmi les moments forts de ce séjour figure une immersion dans une simulation de cyberattaque orchestrée par Room42, qui a permis aux experts béninois de tester et de perfectionner leurs capacités de réaction face à une menace numérique réelle.

Par ailleurs, la formation sur la méthode MONARC, un outil d’évaluation des risques largement adopté au Luxembourg, a offert aux participants une approche méthodologique robuste pour élaborer des stratégies de protection adaptées aux besoins spécifiques du Bénin. Les échanges ont également porté sur la création et la gestion d’un Computer Security Incident Response Team (CSIRT), une structure indispensable pour assurer une réponse rapide et coordonnée aux incidents de sécurité au sein des institutions béninoises.

Des échanges fructueux avec des experts luxembourgeois en cybersécurité

La délégation a eu l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec plusieurs acteurs clés du secteur de la cybersécurité au Luxembourg. Parmi eux, la Luxembourg House of Cybersecurity et le Computer Incident Response Center Luxembourg, qui jouent un rôle crucial dans la gestion des crises informatiques dans l’Hexagone. Ces rencontres ont permis aux experts béninois de bénéficier de retours d’expérience et d’une expertise technique de pointe.

Les discussions ont couvert de nombreux aspects, de la protection des infrastructures critiques à la gestion de l’identité numérique, en passant par la surveillance des systèmes d’information et la protection des données personnelles. Les échanges avec des représentants du Haut-Commissariat à la Protection nationale, de LuxTrust et de la Commission nationale pour la protection des données ont enrichi la réflexion stratégique des participants, leur offrant ainsi des pistes concrètes pour adapter les meilleures pratiques internationales au contexte béninois.

 une délégation béninoise, en mission d’études au Luxembourg, adopte les meilleures pratiques internationales pour renforcer sa stratégie de cybersécurité et sécuriser son cyberespace.
© une délégation béninoise, en mission d’études au Luxembourg, adopte les meilleures pratiques internationales pour renforcer sa stratégie de cybersécurité et sécuriser son cyberespace.

Des enjeux stratégiques pour le Bénin

Cette mission d’études s’inscrit dans la continuité du programme « Développement digital » lancé en mai dernier, qui vise à moderniser l’écosystème numérique béninois et à renforcer la résilience des infrastructures informatiques face aux cybermenaces. Pour le Bénin, le renforcement des capacités en cybersécurité ne se limite pas à une mise à niveau technique : il s’agit également de sécuriser l’ensemble du cyberespace national et de créer un environnement numérique de confiance, propice au développement économique et à l’innovation.

Les enseignements tirés de cette expérience permettront à l’ASIN et aux autres institutions concernées d’élaborer une feuille de route intégrant les bonnes pratiques identifiées. Ce document stratégique vise à guider la mise en œuvre des actions concrètes pour améliorer la gestion des risques, la protection des données et la réponse aux incidents dans tout le pays. Dans ce cadre, l’implantation d’un CSIRT constitue un levier essentiel pour renforcer la coordination entre les différents acteurs et assurer une réaction rapide en cas de crise.

Un pas décisif vers une meilleurs cybersécurité

En s’inspirant des modèles éprouvés à l’international, le Bénin confirme son engagement à protéger son cyberespace et à sécuriser ses infrastructures numériques. Cette délégation, en se dotant de compétences et d’outils innovants, fait un pas de plus vers l’atteinte d’un niveau de sécurité optimal qui profitera à l’ensemble des citoyens et des entreprises du pays.

À l’issue de ce séjour d’études, les responsables béninois rentreront avec une vision enrichie et des outils concrets pour adapter leur stratégie nationale de cybersécurité. En s’appuyant sur l’expertise luxembourgeoise, le Bénin entend non seulement améliorer la sécurité de ses systèmes d’information, mais aussi renforcer sa souveraineté numérique dans un environnement en perpétuelle évolution.

Cette initiative marque ainsi une étape clé dans la transformation numérique du Bénin, illustrant parfaitement comment la coopération internationale peut contribuer à bâtir un avenir numérique plus sûr et résilient.

Alimentation scolaire : L’ANAN Bénin accueille la délégation gabonaise

Cotonou, 18 février 2025 —Dans le cadre du renforcement de la coopération Sud-Sud en matière d’alimentation scolaire, l’ANAN BÉNIN, principal pilier de mise en œuvre du Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré (PNASI), a accueilli aujourd’hui une délégation gabonaise. En effet, cet échange, riche et constructif, a permis de dresser un bilan détaillé des succès enregistrés au Bénin, tout en abordant les défis persistants et en explorant des stratégies innovantes pour améliorer la gestion des cantines scolaires.

L'ANAN BÉNIN et la délégation gabonaise échangent sur les succès et défis de la gestion des cantines scolaires pour  la sécurité alimentaire
© L'ANAN BÉNIN et la délégation gabonaise échangent sur les succès et défis de la gestion des cantines scolaires pour la sécurité alimentaire
ANAN Bénin : un modèle réussi à partager

Par ailleurs, au fil des discussions, les représentants béninois ont mis en lumière les avancées notables du PNASI. Parmi les succès salués figurent :

  1. La modernisation des cantines : L’intégration de techniques de gestion modernes et l’utilisation de produits locaux ont permis d’améliorer la qualité nutritionnelle des repas servis aux élèves.
  2. L’engagement des acteurs locaux : la coordination entre les établissements scolaires, les communautés et les partenaires institutionnels a contribué à la durabilité du programme.
  3. Une approche adaptée aux réalités régionales : la prise en compte des spécificités géographiques et culturelles a renforcé l’efficacité des actions sur le terrain.

La délégation gabonaise, présente pour observer et s’inspirer, a salué ces réussites tout en exprimant son vif intérêt pour le modèle béninois. « Ce partage d’expériences est essentiel pour adapter des solutions éprouvées à nos contextes locaux et améliorer ainsi la sécurité alimentaire dans nos écoles », a commenté un membre de la délégation.

Des défis à relever et des stratégies innovantes

Malgré ces succès, plusieurs défis ont été identifiés :

  • Logistique et approvisionnement : la coordination pour assurer un approvisionnement constant en produits locaux de qualité demeure un enjeu majeur.
  • Formation et suivi : le renforcement des compétences des gestionnaires de cantines et la mise en place d’un système de suivi régulier sont indispensables pour pérenniser les acquis.
  • Adaptation contextuelle : bien que le modèle béninois soit performant, son adaptation au contexte gabonais nécessite des ajustements spécifiques pour tenir compte des différences culturelles et économiques.

D’ailleurs, face à ces défis, la délégation gabonaise a présenté plusieurs suggestions stratégiques, notamment :

  • L’échange de bonnes pratiques : organiser des sessions de formation conjointes et des visites d’études entre les deux pays pour faciliter l’adaptation des techniques de gestion.
  • La mise en place d’un système d’évaluation commun : développer des indicateurs de performance partagés afin de mesurer l’impact des actions et d’ajuster les stratégies en temps réel.
  • Le renforcement des partenariats public-privé : encourager la collaboration avec le secteur privé pour mobiliser des ressources supplémentaires et dynamiser l’innovation dans la gestion des cantines scolaires.

Une coopération régionale prometteuse

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération régionale visant à harmoniser les politiques d’alimentation scolaire en Afrique de l’Ouest et du Centre. En associant les compétences techniques béninoises à l’expérience gabonaise, les deux parties espèrent créer un modèle réplicable, capable de répondre aux enjeux de nutrition et de santé des élèves tout en soutenant le développement durable.

En conclusion, l’accueil de la délégation gabonaise par l’ANAN BÉNIN marque une étape déterminante pour le renforcement des capacités dans le secteur de l’alimentation scolaire. Cet échange constructif ouvre la voie à une collaboration accrue, au bénéfice des systèmes éducatifs des deux pays et, potentiellement, de toute la région.

 

Bénin : une mission de coopération Sud-Sud pour moderniser les cantines scolaires au Gabon 

Cotonou, 18 février 2025 — Dans le cadre d’une dynamique de coopération Sud-Sud, l’UNFPA Bénin soutient la mission conjointe de l’UNFPA Gabon et du Ministère de l’Éducation Nationale gabonais, qui s’est déployée au Bénin pour observer et s’inspirer des meilleures pratiques en matière de gestion des cantines scolaires. Cette initiative, appuyée par des partenaires internationaux tels que la FAO, la CEEAC, la Fondation ONZ et le Programme Alimentaire Mondial (PAM), vise à renforcer les capacités locales et à adapter ces pratiques au contexte gabonais.

Trois jours pour l’excellence en gestion des cantines

Pendant trois jours, la délégation gabonaise aura l’opportunité de découvrir comment, au Bénin, les cantines scolaires sont gérées de manière à garantir une alimentation saine et équilibrée aux élèves. « Cette mission représente bien plus qu’un simple échange technique ; elle s’inscrit dans une stratégie globale de renforcement des capacités de nos partenaires afin d’améliorer la nutrition et la santé des jeunes, essentiel pour leur réussite scolaire et leur bien-être futur », souligne un responsable de l’UNFPA Bénin.

Unesérie de séances de briefing a occupé la première journée. La délégation gabonaise a rencontré la Coordonnatrice résidente d’UN Bénin ainsi que des représentants de l’UNFPA Bénin et du WFP Bénin. Ces échanges préliminaires ont permis de comprendre le fonctionnement opérationnel des cantines et de préparer la descente sur le terrain, où les pratiques de gestion innovantes seront observées de près.

 

UNFPA Bénin soutient une mission visant à observer et adapter les pratiques exemplaires de gestion des cantines scolaires au contexte Gabon
© UNFPA Bénin soutient une mission visant à observer et adapter les pratiques exemplaires de gestion des cantines scolaires au contexte Gabon
Un partage d’expériences au service de la santé et de la nutrition

L’initiative vise à identifier les pratiques exemplaires mises en œuvre dans les cantines scolaires béninoises : des procédures d’approvisionnement en produits locaux aux modes de gestion participative impliquant les communautés éducatives. Par ailleurs, la délégation du Gabon devra adapter ces méthodes, reconnues pour leur efficacité, au contexte gabonais afin de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la santé des élèves.

Les partenaires impliqués mettent en avant l’importance de ce type d’échange dans la mesure où il permet aux pays du Sud de mutualiser leurs expertises et de relever ensemble les défis liés à l’alimentation scolaire. Ce partage d’expériences est une réponse aux enjeux de nutrition, de santé et d’éducation, essentiels pour le développement durable.

UNFPA Bénin soutient une mission visant à observer et adapter les pratiques exemplaires de gestion des cantines scolaires au contexte Gabon
© UNFPA Bénin soutient une mission visant à observer et adapter les pratiques exemplaires de gestion des cantines scolaires au contexte Gabon
Cantines scolaires: Vers un modèle réplicable de coopération régionale

Au-delà de l’aspect technique, cette mission incarne la volonté de renforcer la collaboration entre les agences onusiennes et les gouvernements africains. En favorisant l’adaptation des bonnes pratiques à des contextes locaux variés, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des infrastructures scolaires et de soutien à la santé des enfants.

Si le succès de cette mission au Bénin permet d’enrichir le savoir-faire gabonais, il pourrait également servir de modèle pour d’autres pays de la région désireux de moderniser leurs cantines scolaires et d’améliorer les conditions d’alimentation des élèves.

Une initiative porteuse d’espoir

En somme, cette démarche, fondée sur le principe du partage et de la solidarité Sud-Sud, illustre parfaitement comment la coopération internationale peut devenir un levier de changement concret. En associant les compétences techniques locales à l’appui des organisations internationales, la mission ouvre la voie à une amélioration significative de la qualité des services alimentaires dans les établissements scolaires, condition indispensable à l’épanouissement des jeunes générations.

Grâce à cette synergie, les acteurs impliqués espèrent non seulement améliorer la gestion des cantines, mais aussi contribuer à un environnement éducatif plus sain et inclusif, où chaque enfant bénéficie d’une alimentation de qualité pour favoriser son apprentissage et son développement.

Insectes dans l’assiette : L’entomophagie légiférée ou la farce crunch des élites

Alors que l’Europe et le Royaume-Uni, en quête perpétuelle de vertu alimentaire, viennent d’inscrire dans le marbre législatif l’apothéose des protéines du futur, à savoir : insectes et autres invertébrés, une question se pose : s’agit-il d’une réelle avancée écologique ou d’une simple opération marketing ? Décryptage d’une tendance qui suscite autant le scepticisme que l’enthousiasme .

Insectes à gogo : enquête sur un marché en plein essor

Exit le bœuf bourguignon, place au cricket crunch ! Longtemps répulsifs, les insectes sont désormais présentés comme la solution miracle pour nourrir la planète. Une révolution marketing orchestrée par les géants de la foodtech. Armés de leurs chaînes de production et de leur jargon marketing, ils ont converti l’humble insecte en or comestible. Exo Protein et Chapul, pionniers états-uniens, vendent des barres protéinées à base de grillons comme s’il s’agissait de reliques sacrées. En Europe, Jimini’s (France) et Cricket Flours transforment les assiettes en terrariums gourmands, tandis qu’Entomo Farms (Canada) inonde le marché de farine d’arthropodes, présentée comme la panacée nutritionnelle.

Mais derrière ce vernis durable, une réalité moins appétissante : l’entomophagie industrielle, nouveau champ de bataille pour les géants de l’agroalimentaire, avides de surfer sur la vague woke des ODD (Objectifs de Développement Durable). Car qui dit alternative écologique dit aussi marges juteuses. Certaines entreprises n’hésitent pas à mettre en avant des arguments écologiques parfois peu crédibles, tandis que d’autres misent sur le marketing de la « nouveauté » pour attirer les consommateurs.

L’entomophagie industrielle est-elle la solution miracle pour nourrir la planète, ou un simple mode passager ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, il est essentiel de rester vigilant quant aux motivations réelles des acteurs de ce marché en plein essor et d’approfondir la réflexion sur les enjeux environnementaux, sanitaires et socio-économiques liés à cette nouvelle forme d’alimentation.

Étiquetage : transparence à géométrie variable

Par ailleurs, les régulateurs, dans un élan de magnanimité bureaucratique, exigent désormais que les paquets de pâtes aux ténébrions arborent un avertissement : « Peut contenir des traces de crustacés… ou de cousins ​​évolutifs à six pattes ». Une précaution qui souligne la parenté inattendue entre ces petites bêtes et nos fruits de mer préférés et qui rappelle que les allergies ne connaissent pas les frontières taxonomiques. Une précaution salutaire, certes, mais qui soulève aussi des questions sur la manière dont sont produits ces aliments.

Mais gageons que cette transparence s’arrêtera là où commencent les profits. Rappelons-nous le scandale de la viande de cheval en 2013 : des lasagnes au bœuf qui n’en avaient que l’étiquette… jusqu’à ce que des lanceurs d’alerte fassent hennir la vérité. Des lasagnes au bœuf qui n’en avaient que l’étiquette, tout comme ces pâtes aux insectes qui pourraient bien cacher d’autres surprises… Les insectes, nouveaux chevaux de Troie de l’industrie, seront-ils mieux traqués ? On peut en douter, tant ils offrent aux industriels un moyen de réduire leurs coûts de production tout en se donnant une image d’entreprise soucieuse de l’environnement. L’avenir nous le dira, à moins que les audits ne se transforment en chasse aux drosophiles… ou à d’autres insectes moins « nobles » que ceux mis en avant par l’industrie.

L’étiquetage des aliments est-il un outil suffisant pour garantir la transparence et informer les consommateurs ? Sans doute que non. Il est essentiel de s’intéresser à l’ensemble de la chaîne de production, de la fourche à l’assiette, pour comprendre les enjeux réels de l’alimentation de demain.

L’Afrique en ligne de mire : gastronomie ou colonialisme alimentaire ?  

« Nous, Africains, sommes les prochains sur la liste », s’alarment certains observateurs. Et pour cause : le continent, déjà laboratoire des OGM et dépotoir de poulets congelés, pourrait bien devenir le réceptacle des surplus d’insectes « made in Europe ».

Sous couvert de « sécurité alimentaire »,un argument qui mérite d’être pris au sérieux, se profile une nouvelle forme de paternalisme culinaire : « Mangez des criquets, pauvres gens, pendant que nous gardons le filet mignon ! » Une stratégie habile : présenter l’entomophagie comme un privilège éthique pour les Occidentaux éclairés, soucieux de l’impact environnemental de leur alimentation… et une nécessité frugale pour les autres, condamnés à se nourrir de ce qui est disponible.

À quand des ONG, bras armés de cette nouvelle forme de colonialisme alimentaire, distribuant des barres de grillons dans les écoles africaines, sous couvert de lutte contre la malnutrition et de réduction de l’empreinte carbone ?

S’agira-t-il d’une nouvelle forme d’exploitation qui ne ferait qu’aggraver les inégalités et la dépendance du continent ? Il est essentiel de poser ces questions et d’écouter la voix des Africains eux-mêmes, avant de tirer des conclusions hâtives.

Consommateurs, reprenez le contrôle de vos assiettes !

Face à cette invasion rampante, un mot d’ordre : la rébellion par le caddie. Les « grands détaillants », ces évangélistes du profit vert, comptent sur notre passivité pour écouler leurs sachets de poudre de mouches noires. Mais nous, consommateur avisé, détenons une arme : notre droit de dire non, en achetant… littéralement autre chose.

Car ne nous y trompons pas : si les insectes deviennent un pilier de nos régimes, ce ne sera ni par altruisme écologique ni par gourmandise, mais parce que quelques actionnaires auront flairé le filon. Alors, avant de mordre dans une barre énergétique protéinée aux grillons, souvenez-vous : chaque bouchée est un vote. Et peut-être, un aveu de complicité dans cette mascarade nutritionnelle.

Alors, la prochaine fois que vous ferez vos courses, posez-vous la question : suis-je un consommateur passif ou un acteur de ma propre alimentation ?

Attention, insectes à risques !

D’ailleurs, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations unies (FAO) elle-même le reconnaît : les insectes peuvent être de véritables nids à microbes. Des cas de botulisme liés à la consommation d’insectes ont été signalés en Afrique. Si le risque de transmission du virus semble faible – ou prétendument faible, car on peut légitimement douter de la transparence de ces études -, d’autres dangers sont bien réels.

En Asie, certains insectes sont porteurs de parasites, même si le phénomène reste encore mal documenté. Et que dire des substances toxiques sécrétées par certains insectes, comme le ténébrion meunier adulte et sa benzoquinone ?

Mais le risque le plus insidieux est sans doute celui des allergies. Les protéines de grillon sont étonnamment similaires à celles des crustacés, nos crabes, crevettes et homards. Allergiques à ces derniers, attention aux réactions en chaîne avec les insectes ! Même topo pour les personnes sensibles aux acariens et aux blattes. Et gare aux allergies croisées : la FAO souligne que des patients allergiques aux fruits de mer ont enregistré de graves réactions au ver de farine. Alors, prêts à croquer ?

Le criquet dans la machine

En 2023, l’humanité découvre que son salut passe par l’ingestion d’insectes. Ironie suprême : après avoir exterminé les nuées de criquets pour sauver les récoltes, la voilà qui les élève en batterie pour sauver… son bilan carbone. Reste à savoir si cette farce entomologique résistera au prochain scandale sanitaire ou à la première grève des éleveurs de ténébrions. En attendant, gardez vos éprouvettes loin de nos assiettes : L’avenir gastronomique devient-il un laboratoire à ciel ouvert ? L’entomophagie industrielle : une solution miracle, une future crise sanitaire ou une nouvelle illusion ?