Affaire Maryline Ajavon : Perpétuité pour Rémi Bento au Bénin

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné Rémi Bento à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre atroce de Maryline Ajavon.

L’épilogue judiciaire est à la mesure de l’effroi qu’avait suscité le crime. Mardi 28 avril, la salle d’audience de la CRIET s’est figée au moment où est tombée la sentence la plus lourde de l’arsenal pénal béninois : la réclusion criminelle à perpétuité. La juridiction a reconnu coupable Rémi Bento, garagiste dont le nom restera associé à l’un des drames les plus sordides de l’année 2026, pour l’assassinat de Maryline Ajavon.

 

Une enquête rapide et accablante

Tout commence le 8 janvier dernier. Maryline Ajavon, sage-femme dévouée de l’hôpital de zone de Suru-Léré, quitte son domicile pour ce qu’elle pense être un simple déjeuner. Elle ne franchira plus jamais son seuil. Quelques heures plus tard, les habitants d’Avlékété découvrent son corps, macabrement ligoté et calciné dans son propre véhicule. Une scène atroce qui choque l’opinion publique et soulève une vague d’indignation nationale.

« Au-delà de la sanction pénale, c’est le message de la tolérance zéro face à la barbarie que la justice a voulu envoyer aujourd’hui », commente un observateur du milieu judiciaire à Cotonou.

L’enquête, menée tambour battant, a rapidement confondu Rémi Bento. Les preuves matérielles étaient, selon l’accusation, « accablantes ». Des brûlures suspectes relevées sur son corps, incompatibles avec son activité professionnelle habituelle, ainsi que des témoignages concordants, ont orienté les soupçons vers lui et scellé son destin devant la juridiction spéciale. Durant le procès, la cruauté des faits et la préméditation ont écarté toute circonstance atténuante.

 

Le souvenir d’une femme engagée

Mais derrière le verdict se dessine le portrait d’une femme dont la disparition laisse un vide immense. Maryline Ajavon incarnait bien plus qu’une professionnelle de santé respectée ; elle s’affirmait aussi comme une figure de l’entrepreneuriat local avec son restaurant « LyLy Grill » à Fidjrossè. Cette double identité — soignante et entrepreneure — avait fait d’elle une personnalité appréciée, rendant le crime encore plus insupportable pour l’opinion publique.

Pour la famille de la victime, ce verdict représente une forme de soulagement, même si la douleur demeure intacte. S’il apporte un semblant de clôture, il relance au Bénin le débat sur la protection des femmes et la sécurité face aux violences extrêmes. Pour la CRIET, habituée aux dossiers financiers et terroristes, cette affaire rappelle que sa compétence s’étend aussi aux crimes qui heurtent le cœur même du pacte social béninois.

Bénin : Malanville mise sur le bien-être et la sécurité

 

Entre enjeux sécuritaires et désir de normalité, la ville frontalière mise sur l’aménagement urbain pour souder sa communauté. Une stratégie saluée par la diplomatie allemande.

C’est une ville qui refuse de se laisser définir uniquement par sa position géographique sensible. Malanville, sentinelle du Bénin sur les rives du majestueux fleuve Niger, tente de dessiner un nouveau visage. Loin des rapports alarmistes, la commune a récemment accueilli une délégation de l’ambassade d’Allemagne, composée de l’attaché militaire et de la première secrétaire, pour une visite placée sous le signe de la coopération et de la vitalité locale.

Malanville
© Malanville

Accueillis par le maire Gid Kassimou Goumbi, les diplomates ont pu constater que la sécurité d’une région passe aussi par le bien-être de ses administrés. Le point d’orgue de cette rencontre a été la présentation d’un nouvel espace de détente aménagé en plein cœur de la cité. Cet écrin de verdure et de convivialité, conçu comme un poumon social, invite désormais les habitants à se réapproprier leur centre-ville, loin du tumulte des échanges frontaliers.

« Investir dans la qualité de vie, c’est aussi investir dans la stabilité », a souligné l’équipe municipale lors de cette visite, qui visait à montrer un Malanville proactif.

Si les défis demeurent réels — notamment la gestion des flux de marchandises et la surveillance d’un territoire exposé aux turbulences sahéliennes —, l’engagement de l’édile et de ses équipes semble porter ses fruits. L’équipe de l’ambassade allemande n’a pas caché son impression positive face à cette volonté de transformer le cadre de vie.

En investissant dans des équipements de proximité et un cadre urbain soigné, Malanville affiche clairement son ambition : rester une ville en mouvement, fidèle au cap de la modernité et de l’équilibre social, en dépit des obstacles.

Bénin : Julien Kandé Kansou condamné à 2 ans de prison par la CRIET

La CRIET a condamné l’écrivain Julien Kandé Kansou, militant du parti d’opposition « Les Démocrates », à deux ans de prison ferme pour harcèlement électronique et incitation à la rébellion.

Le verdict est tombé comme un couperet dans la salle d’audience de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Ce mardi 28 avril 2026, la juridiction spéciale a condamné Julien Kandé Kansou, membre de la cellule de communication du parti « Les Démocrates », à une peine de 24 mois de prison ferme, assortie d’une amende de 10 millions de francs CFA.

Cette décision entérine scrupuleusement les réquisitions du ministère public formulées lors de l’audience du 17 mars dernier. En détention provisoire depuis le 12 juin 2025, l’écrivain voit ainsi son horizon s’assombrir, malgré une ligne de défense constante : tout au long d’un procès ouvert le 1ᵉʳ juillet 2025, Julien Kandé Kansou a plaidé non coupable, se présentant comme un militant d’opinion plutôt que comme un agitateur public.

« Harcèlement par le biais d’un système électronique et incitation à la rébellion » : les chefs d’accusation retenus illustrent une fois de plus la surveillance accrue de l’expression numérique sous la présidence de Patrice Talon.

Une condamnation aux résonances politiques

Pour le parti de l’ancien président Thomas Boni Yayi, cette condamnation est une nouvelle illustration d’un climat politique délétère. Les partisans de Kandé Kansou dénoncent une instrumentalisation de la CRIET, initialement créée pour traquer les délits financiers, mais devenue, selon les organisations de défense des droits de l’homme, un instrument de pression contre les voix discordantes.

Au-delà du cas individuel, cette affaire ravive le débat sur la loi sur le numérique au Bénin, souvent qualifiée de liberticide par l’opposition. Le pouvoir central envoie un message précis en punissant l’incitation à la rébellion par le biais numérique : il fait désormais de l’activisme sur les réseaux sociaux un terrain miné. Pour Julien Kandé Kansou, l’heure est au bilan d’une incarcération qui aura déjà duré près d’un an avant ce verdict définitif.

Connaissant la trempe de l’accusé, nous sommes en droit de nous demander s’il n’a pas été condamné à tort. Cet intellectuel chevronné, rompu aux arcanes de la loi, ne saurait en principe se permettre un tel délit.

Aérien : À Cotonou, le chantier de la modernité prend son envol

Le Ministre du Cadre de vie et des Transports, José Tonato, a inspecté les travaux de rénovation de l’aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou. Entre finitions architecturales et impératifs de sécurité, le Bénin muscle sa porte d’entrée internationale.

Le vrombissement des réacteurs sur le tarmac de l’aéroport se double désormais du fracas des chantiers. Lundi 27 avril, José Tonato a troqué le costume de bureau pour le casque de chantier. Objectif : constater de visu l’avancement des travaux et s’assurer que la vitrine aéroportuaire du pays sera prête à tenir ses promesses de standing international d’ici l’été.

Présidence du Bénin
© Présidence du Bénin

Inspection des travaux à l’aéroport

Avant de parcourir compartiment par compartiment de l’aérogare en pleine mutation, le Ministre a tenu une séance de travail avec les responsables de la Société des Aéroports du Bénin (SAB) ainsi que l’ensemble des parties prenantes. À l’issue des échanges, la livraison est officiellement maintenue au 30 juin 2026.

« Nous avons quelques retards, mais globalement le calendrier est tenu », a tempéré M. Tonato, rappelant que la vigilance reste de mise.

En fait, derrière ce pragmatisme se dessine une ambition claire : faire de Cotonou un hub compétitif, capable d’absorber un flux croissant de passagers dans un confort répondant aux standards actuels du transport aérien.

« Il ne s’agit pas seulement de bâtir du neuf, mais de garantir une expérience voyageur fluide et sécurisée », souligne un conseiller technique présent lors de la visite.

Présidence du Bénin
© Présidence du Bénin

Un joyau pour la sécurité aérienne

Par ailleurs, le périple ministériel s’est poursuivi quelques hectomètres plus loin, au siège de la représentation nationale de l’ASECNA. Accueilli par Wilfrid Adjovi, représentant résident de l’institution, et Karl Legba, directeur général de l’ANAC, le ministre a pu apprécier l’achèvement d’un nouveau bâtiment administratif.

Ce « joyau architectural » n’est pas qu’une affaire d’esthétique : pour l’organisation interétatique, qui gère 16,1 millions de kilomètres carrés d’espace aérien en Afrique et à Madagascar, cette infrastructure modernisée est un outil indispensable à la sécurité des vols, au contrôle aérien et au guidage météorologique de haute précision.

Présidence du Bénin
© Présidence du Bénin

 

Tout en saluant la qualité des infrastructures réalisées, José Tonato a également félicité les équipes de l’ASECNA pour le travail accompli. Mais il a aussi insisté sur le « service après‑vente » de l’État : la maintenance. Sans un mécanisme d’entretien rigoureux, ces installations de pointe risquent l’obsolescence précoce. Un avertissement qui sonne comme une priorité pour le développement durable du secteur aérien béninois.

À Cotonou, le Bénin invente la pharmacie de demain avec « Pharm Expérience »

L’inauguration d’un centre de simulation de pointe à la Faculté des Sciences de la Santé marque un tournant dans la formation des pharmaciens en Afrique de l’Ouest francophone.

 

Le dogme est immuable chez les professionnels de santé : « Jamais la première fois sur le patient ». Lundi 27 avril, ce principe éthique a trouvé un écrin technologique à Cotonou. Dans l’enceinte de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS), le Professeur Benjamin Hounkpatin, Ministre de la Santé et Ministre par intérim de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a officiellement mis en service « Pharm Expérience », un centre de simulation pharmaceutique pionnier dans l’espace universitaire ouest-africain francophone.

’Université d’Abomey-Calavi,
© ’Université d’Abomey-Calavi,

Un centre pionnier à Cotonou

Loin des salles de cours magistraux poussiéreuses, ce nouveau joyau architectural et pédagogique projette l’étudiant au cœur de sa future réalité. Le dispositif est impressionnant : une officine moderne reconstituée, truffée de caméras, permet de jouer des scénarios de dispensation en temps réel. En plus, dans une salle attenante, équipée de systèmes de visioconférence et d’outils numériques interactifs, pairs et enseignants observent, analysent et débriefent les gestes, les conseils et les erreurs des apprentis apothicaires.

« Rapprocher l’apprentissage de la réalité du terrain et des exigences professionnelles », martèle le Professeur Habib Ganfon, Vice-doyen de la pharmacie, qui voit dans ce projet l’aboutissement d’une ambition de hisser les standards béninois au niveau international, en mettant l’apprenant au cœur de la dynamique de changement.

Université d’Abomey-Calavi,
© Université d’Abomey-Calavi,

Une mobilisation institutionnelle et partenariale

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités : le Dr Nathalie Migan Diogo, présidente du Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique de l’ARS, le Doyen de la Faculté, Professeur Josué Avakoudjo, ainsi que le Dr Ibnou Khadim Diaw, CEO de l’African Resource Center. Leur présence souligne la portée institutionnelle et partenariale de cette innovation.

Par ailleurs, cette inauguration s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du secteur pharmaceutique national, portée par l’ARS et son Conseil de surveillance. L’enjeu est de taille : transformer la pharmacie d’une humble activité de vente en un véritable acte de soin de proximité.

Université d’Abomey-Calavi,
© Université d’Abomey-Calavi,

Vers la e‑pharmacie et l’hôpital de simulation

Mais le Ministre Hounkpatin voit déjà plus loin. En évoquant la « e‑pharmacie », solution digitale en cours de déploiement, il dessine un avenir où le numérique et la simulation se rejoignent. « J’envisage le maillage pour que nos étudiants vivent cette révolution digitale dès ce centre », a-t-il affirmé, avant de lever le voile sur une ambition présidentielle encore plus vaste : la construction prochaine d’un vaste hôpital de simulation.

Pour l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), représentée par le Professeur Aliou Saidou, cette innovation n’est pas seulement technologique, elle est sociale. En formant des praticiens immédiatement opérationnels et rompus aux dernières réformes, le Bénin entend aussi répondre avec précision aux besoins réels de ses populations, tout en s’affirmant comme le hub éducatif médical de la sous-région.

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Bénin : Interpol Cotonou arrête trois fugitifs internationaux

                   En l’espace d’une semaine, la Direction de la police judiciaire béninoise a réalisé un véritable coup de filet en interpellant trois criminels de haut niveau, recherchés sur plusieurs continents. Si Cotonou affiche sa fermeté face au grand banditisme, le contraste avec la menace sécuritaire au Nord reste dans tous les esprits.

Le Bénin ne veut plus être une terre d’asile pour les fugitifs de la justice internationale. Entre le 13 et le 19 avril 2026, le Bureau central national (BCN-Interpol Cotonou) a multiplié les opérations ciblées, transformant la capitale économique en véritable souricière pour des individus qui pensaient avoir trouvé, sous les tropiques, un refuge propice à leur impunité.

 

Le « gros poisson » de Lagos

Le premier acte de cette offensive sécuritaire s’est joué le 15 avril, dans le cadre feutré d’un hôtel de Cotonou. C’est là qu’Alhaji Tajudeen Ahmed Akambi, ressortissant nigérian dont le nom faisait la une de la presse à Lagos, a vu sa cavale s’interrompre brutalement.

Soupçonné d’être le cerveau de plusieurs assassinats commis entre 2023 et 2024, l’homme était devenu une priorité pour les autorités de l’État de Lagos. Par conséquent, en application des accords de coopération policière au sein de la CEDEAO, les autorités béninoises ont rapidement remis le suspect à leurs homologues nigérians. Un signal fort adressé à la criminalité transnationale : la frontière ne constitue plus un bouclier.

 

Escroquerie et faux-semblants

Par ailleurs, la vigilance ne s’est pas relâchée aux frontières aéroportuaires. Le même jour, les services de la Police républicaine ont interpellé un ressortissant américain à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin, dès son arrivée sur le territoire, dans le cadre d’une affaire d’escroquerie d’envergure.

Toutefois, l’opération la plus complexe reste sans doute l’arrestation, le 19 avril, d’un ressortissant français aux multiples identités. Véritable « homme aux mille visages », il évoluait dans les réseaux de la criminalité organisée européenne. Il aura fallu en effet plusieurs semaines de surveillance et une expertise pointue en renseignement pour lever le voile sur ses activités. Pour lui comme pour le suspect américain, la procédure d’extradition est désormais engagée.

 

Une efficacité à géométrie variable ?

« L’objectif est clair : empêcher le Bénin de servir de refuge », confie une source policière. De fait, Cotonou semble s’imposer comme un point stratégique dans la traque des fugitifs internationaux. Les méthodes sont rodées, les résultats tangibles, et la communication maîtrisée.

Pourtant, cette démonstration d’efficacité laisse un sentiment d’inachevé chez certains observateurs. Car si la police béninoise excelle dans l’arrestation de cybercriminels et de fugitifs internationaux dans les zones urbaines, l’opinion publique attend qu’elle déploie cette même efficacité face à la menace terroriste qui pèse sur le nord du pays. Nombreux sont ceux qui espèrent voir cette capacité opérationnelle s’exprimer avec la même intensité contre les groupes armés actifs dans le septentrion.

Bénin : le tiktokeur Billy devant la CRIET pour escroquerie et propos sur le putsch

                Poursuivi pour escroquerie en ligne et pour des commentaires liés à la tentative de coup d’État de décembre 2025, le créateur de contenus Arsène Kplédo(Billy) a comparu ce jeudi 23 avril devant la juridiction spéciale de Porto-Novo. Entre déboires numériques et dérapage politique, récit d’une audience sous haute tension.

Arsène Kplédo, plus connu sous l’avatar de « Billy » du duo célèbre « Molly et Billy », a troqué ce jeudi ses scripts de comédie de couple pour la barre glaciale de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Le tiktokeur béninois répondait à deux chefs d’accusation distincts qui illustrent la surveillance accrue de l’espace numérique par les autorités béninoises : l’escroquerie via internet et des publications jugées sensibles dans un contexte politique tendu.

 

Le piège du « coup monté »

L’audience s’est déroulée en deux phases distinctes, dont la première s’est cristallisée sur les événements du 7 décembre 2025. Ce jour-là, alors qu’une tentative de putsch secoue le pays, Billy publie un message qui va sceller son sort judiciaire : « Coup d’État qui n’a pas duré deux heures là, je pense que c’est un coup monté pour nous distraire ».

Devant le président de céans, l’influenceur a tenté une manœuvre de désamorçage. Il a affirmé n’avoir eu pour intention que d’appeler sa communauté au calme, expliquant avoir découvert la situation à travers les commentaires sous une publication personnelle, notamment une photo de son couple.

« J’ai supprimé le message quelques minutes plus tard, sentant que mes propos étaient mal interprétés », a-t-il plaidé.

Une ligne de défense qui s’est heurtée au scepticisme du juge, lequel l’a poussé à reconnaître la portée éminemment politique d’une telle sortie dans un contexte de crise nationale.

 

L’ombre de la cybercriminalité

Toutefois, les ennuis de Billy ne s’arrêtent pas à ses opinions. La seconde phase de l’audience a plongé dans les arcanes de la monétisation des réseaux sociaux au Bénin. La Cour lui reproche d’avoir floué un client qui souhaitait acquérir un compte monétisé. Le plaignant affirme avoir été bloqué sitôt le paiement effectué.

Sur ce point, le prévenu a nié toute intention frauduleuse, évoquant une simple « panne de numéro » de téléphone. Il soutient également qu’aucun paiement n’aurait été effectué, contestant ainsi la version du plaignant. Il a par ailleurs expliqué fonctionner avec deux numéros distincts : l’un dédié à la réception des commandes, l’autre aux livraisons.

Mais le parquet ne l’entend pas de cette oreille. Les magistrats se sont montrés particulièrement pointilleux sur ses méthodes de travail : usage de VPN, gestion de comptes YouTube basés à l’étranger (en Allemagne, selon ses dires) et acquisition de comptes Facebook suspects.

Interrogé sur la technique dite « Add », il a expliqué qu’il s’agit d’un procédé publicitaire visant à accroître la visibilité et le nombre d’abonnés. Il reconnaît par ailleurs utiliser un VPN uniquement pour la connexion à ses comptes, et non pour créer des profils destinés à des tiers. Selon les extractions de données présentées à l’audience, certains comptes gérés par l’influenceur présenteraient des « caractéristiques d’arnaque en ligne ».

 

Une justice qui ne clique pas

Pour Arsène Kplédo, l’enjeu est de taille. En se présentant comme un simple créateur de contenus axé sur la vie de couple, il espère convaincre les juges de sa bonne foi. Néanmoins, la Criet semble vouloir faire de ce dossier un exemple de la responsabilité des influenceurs, dont l’audience massive peut, selon l’accusation, servir de levier à la désinformation ou à la cybercriminalité.

La Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 4 juin 2026 pour la suite des débats. D’ici là, le tiktokeur devra affiner ses arguments pour éviter que sa carrière numérique ne s’achève derrière les barreaux.

Bénin : Le Ouidah Golf Club, nouveau fleuron du tourisme de luxe

(Ouidah) — Le Bénin sort le grand jeu. À Ouidah, cité historique jusqu’ici célèbre pour sa Porte du Non-Retour, c’est désormais vers les “greens” que les regards se tournent. Sous l’impulsion de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (ANPT), le Ouidah Golf Club sort de terre. Un projet pharaonique qui ambitionne de propulser le pays dans le cercle très fermé du tourisme de luxe en Afrique de l’Ouest.

Le swing remplacera-t-il bientôt le silence des musées ? C’est en tout cas le pari audacieux que fait le gouvernement béninois. Sur un site de 45 hectares, niché entre terre et lagune, l’ANPT achève l’aménagement d’un complexe d’exception. Pour l’agence, véritable chef d’orchestre de cette mutation, l’objectif est limpide : transformer le potentiel patrimonial de Ouidah en un levier d’attractivité économique « premium ».

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Un 18 trous entre lagune et tradition

Au cœur de ce dispositif, un parcours de golf de 18 trous, dessiné selon les standards internationaux. Mais au-delà de la performance sportive, c’est l’architecture globale du projet qui impressionne. Le complexe intègre un club-house de haut standing ainsi qu’un ponton lagunaire, promettant d’offrir une expérience inédite aux futurs visiteurs.

Toutefois, l’innovation ne se fait pas au détriment de l’authenticité. L’ANPT a tenu à intégrer de manière inclusive le village de pêcheurs environnant. Cette approche durable vise à démontrer que le luxe peut cohabiter avec le développement local, créant ainsi une destination où la modernité ne gomme pas l’identité culturelle profonde du site.

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Ouidah, futur carrefour du tourisme d’affaires ?

Pourquoi un tel investissement ? La réponse réside dans la stratégie de positionnement du Bénin sur l’échiquier régional. Jusqu’à présent, le pays était perçu comme une destination culturelle et mémorielle. Avec le Ouidah Golf Club, il s’attaque désormais au marché lucratif du tourisme d’affaires et de la clientèle internationale haut de gamme.

Par conséquent, ce projet agit comme un aimant pour les investisseurs et les cadres de la sous-région. En offrant des infrastructures de ce calibre, le Bénin ne se contente plus d’attirer des touristes de passage ; il crée un véritable pôle de vie et de loisirs capable de rivaliser avec les grandes métropoles voisines.

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Le défi de l’attractivité internationale

Mais le défi reste de taille. Pour que Ouidah devienne réellement un « joyau touristique », l’ANPT devra assurer une visibilité constante sur la scène internationale. Ce complexe constitue le premier jalon d’une dynamique plus large, où patrimoine et innovation convergent.

Désormais, le Bénin ne vend plus seulement son passé : il expose aussi son futur. Le Ouidah Golf Club n’est pas qu’une pelouse parfaitement entretenue ; il incarne l’ambition d’un pays qui accélère pour s’imposer comme une escale incontournable du golfe de Guinée.

Bénin : Dandi Gnamou décore les cadres de la diplomatie à Cotonou

Porto-Novo, 23 avril 2026 — Le mérite diplomatique à l’honneur. Ce jeudi 23 avril, la présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, le Professeur Dandi Gnamou, a présidé une cérémonie de décoration exceptionnelle au sein du ministère des Affaires étrangères.

C’est une scène de grande sobriété républicaine qui s’est jouée dans les jardins du ministère. Sous l’égide de la Grande Chancelière des Ordres nationaux, représentée par la Vice-Présidente de la République, le Professeur Dandi Gnamou a procédé à la distinction de plusieurs cadres de la diplomatie béninoise. Pour la présidente de la Haute Cour, cet exercice n’est pas qu’un protocole, c’est une reconnaissance de l’ombre et une délégation symbolique de confiance de la République.

Dandi Gnamou
© Dandi Gnamou

Le mérite, un labeur silencieux

Dans son allocution, la présidente a tenu à dissiper tout malentendu sur la nature des honneurs. Pour elle, la distinction n’est pas une fin en soi, mais le reflet d’une persévérance invisible. « Le mérite ne se proclame pas. Il se construit, jour après jour », a-t-elle rappelé.

Elle a ainsi mis en lumière ces années de travail souvent ignorées du grand public : ces dossiers gérés avec rigueur, ces responsabilités assumées dans le silence et ces exigences éthiques qui forgent les grands serviteurs. Derrière chaque distinction, il y a aussi des négociations menées dans l’ombre, des crises désamorcées sans éclat, et des engagements quotidiens qui assurent la continuité de l’État. À travers ces mots, elle a rendu hommage à une administration qui, loin des projecteurs, incarne la discrète excellence du service public.

Dandi Gnamou
© Dandi Gnamou

La diplomatie, un engagement de haute précision

Toutefois, le message portait également une dimension plus stratégique. Dans un contexte international de plus en plus volatil, où le Bénin cherche à consolider son influence, la présidente a souligné que « chaque mot compte et chaque position engage ».

La diplomatie, selon Dandi Gnamou, n’est pas qu’une question de relations publiques, mais un exercice d’équilibre et de sens de l’État. Par conséquent, les décorations remises ce jour ne doivent pas être perçues comme des trophées de fin de carrière, mais comme des engagements renouvelés, des preuves de souveraineté et de responsabilité.

Dandi Gnamou
© Dandi Gnamou

« Servir l’État, c’est accepter d’être attendu. »

Aux récipiendaires, le message a été limpide : l’honneur est une charge. En les décorant, la République leur signifie qu’elle compte sur eux plus que jamais. « Votre distinction vous honore. Mais elle vous engage davantage », a martelé la présidente de la Haute Cour.

En acceptant ces médailles, ces cadres deviennent les visages de l’excellence béninoise à l’étranger. À Porto-Novo, la République n’a pas seulement décoré ses diplomates : elle leur a confié une mission renouvelée, rappelant que la reconnaissance est avant tout une promesse de service continu.