Cotonou, 2 octobre 2026 — Au Bénin, la liberté de presse s’est retrouvée au centre d’un échange institutionnel présenté comme une tentative de rapprocher régulation des médias et protection des droits humains. Le président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Édouard Loko, a reçu vendredi 2 octobre Abou-Bakari Imorou, président de la Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH). Les deux responsables ont examiné les conditions dans lesquelles les institutions publiques peuvent mieux protéger les libertés fondamentales tout en garantissant un cadre médiatique responsable.
Cette rencontre intervient alors que la HAAC multiplie les rappels à l’ordre à l’égard de certains organes de presse, notamment sur le respect des règles de périodicité et du dépôt légal.
Abou-Bakari Imorou a profité de l’audience pour présenter plusieurs recommandations issues du rapport de la CBDH sur l’état des droits humains au Bénin pour la période 2022-2024. Le document propose des pistes de réflexion sur la protection des libertés publiques et la prise en compte des droits humains dans le fonctionnement du secteur médiatique. La CBDH souhaite notamment que les préoccupations liées à la liberté de presse trouvent une place plus importante dans les échanges entre institutions de régulation et organismes de défense des droits.
La Commission, créée pour promouvoir et protéger les droits humains au Bénin, présente régulièrement des avis et des rapports destinés à éclairer les pouvoirs publics. Son rapport annuel sur l’état des droits humains est présenté devant l’Assemblée nationale.
Une discussion dans un contexte sensible
La rencontre s’est déroulée dans un environnement médiatique marqué par une volonté affichée de renforcer la réglementation. En septembre, Édouard Loko avait annoncé que la HAAC entendait poursuivre la structuration du paysage audiovisuel et numérique, notamment à travers le renouvellement des accords conclus avec certains médias en ligne et l’attribution de nouvelles fréquences.
Quelques jours plus tard, l’instance a rappelé aux journaux l’obligation de respecter leur périodicité déclarée et les règles relatives au dépôt légal. Elle a dénoncé des pratiques susceptibles de compromettre la traçabilité des publications et la crédibilité de la presse écrite.
Cette séquence donne un relief particulier au dialogue engagé avec la CBDH. Pour les défenseurs des droits humains, la régulation ne doit pas seulement corriger les manquements professionnels : elle doit aussi préserver l’espace nécessaire à l’expression libre, au pluralisme et au débat public.
À l’issue de l’entretien, Abou-Bakari Imorou a salué l’écoute du président de la HAAC et l’accueil réservé à la démarche de la CBDH.
« Nous avons échangé autour des questions relatives aux droits humains, afin de voir comment la HAAC et la CBDH peuvent travailler ensemble pour créer un environnement plus apaisé autour de la liberté de presse », a-t-il déclaré. Selon lui, Édouard Loko s’est engagé à examiner les recommandations avec son équipe.
La CBDH n’a pas précisé quelles mesures pourraient découler immédiatement de cette audience. Le président de la HAAC devra d’abord étudier les propositions avant d’éventuelles décisions ou consultations complémentaires.
Le défi d’un équilibre institutionnel
La HAAC et la CBDH exercent des missions différentes. La première régule l’audiovisuel et la communication ; la seconde veille à la promotion et à la protection des droits humains. Leur coopération peut toutefois contribuer à clarifier les responsabilités de chacun et à prévenir les tensions entre exigences professionnelles, règles juridiques et libertés publiques. Le dialogue devra maintenant dépasser le cadre d’une audience ponctuelle. Les deux institutions veulent poursuivre leurs échanges et identifier des mécanismes communs pour consolider la liberté de presse au Bénin.
L’enjeu sera de maintenir un équilibre délicat : lutter contre les dérives qui fragilisent la crédibilité des médias sans transformer la régulation en obstacle à l’information, à la critique et au pluralisme.
COTONOU, 1ᵉʳ octobre 2026 – Au marché de Dantokpa, les mareyeuses et vendeuses de produits halieutiques ont exposé leurs difficultés au préfet du Littoral, Gilbert Déou Malé. Après une première audience consacrée à leurs préoccupations, le responsable préfectoral s’est rendu le 30 septembre 2026 sur place afin d’observer directement leurs conditions de travail et d’échanger avec celles qui assurent chaque jour la vente du poisson, des crevettes et d’autres produits de la pêche.
La démarche visait à dépasser le cadre institutionnel des échanges. En parcourant les espaces occupés par les commerçantes, Gilbert Déou Malé a voulu mesurer concrètement les contraintes liées à leurs activités, notamment le manque d’emplacements appropriés.
Ces femmes assurent plusieurs étapes essentielles de la chaîne de commercialisation. Elles achètent les produits de la pêche, les transportent, les exposent puis les vendent à une clientèle nombreuse. Leur activité soutient ainsi l’approvisionnement des ménages et participe au dynamisme commercial de Cotonou.
Lors de la rencontre, les commerçantes ont rappelé la nécessité de disposer de lieux mieux adaptés à leurs besoins. En effet , elles souhaitent pouvoir exercer dans des conditions qui tiennent compte de la nature de leurs produits, de la circulation des clients et des exigences liées à leur conservation.
Pour ces vendeuses, la question dépasse le confort professionnel. Leurs revenus permettent de prendre en charge les dépenses quotidiennes, de contribuer aux charges familiales et de financer la scolarité des enfants. Toute difficulté qui fragilise leur commerce affecte donc directement l’équilibre de nombreux foyers.
Les échanges ont permis au préfet de mieux cerner les attentes exprimées par les commerçantes. Gilbert Déou Malé leur a assuré que la Préfecture du Littoral resterait attentive à leur situation et accompagnerait le suivi de leurs doléances.
L’autorité préfectorale entend notamment contribuer à la recherche de réponses adaptées, en tenant compte des réalités du terrain et des contraintes propres au commerce des produits halieutiques.
Un signal d’écoute pour les commerçantes
Les mareyeuses ont accueilli favorablement cette visite. Elles y voient la confirmation que leurs préoccupations ne restent pas confinées aux réunions et qu’elles peuvent compter sur l’écoute de l’administration.
À Dantokpa, leur activité demeure au cœur de la vie économique locale. En leur rendant visite, le préfet du Littoral a également envoyé un message : les décisions concernant les commerçantes doivent s’appuyer sur une connaissance directe de leurs conditions de travail et sur un dialogue régulier avec les premières concernées.
Reçus par le président de l’Assemblée nationale, quatre élus béninois ont fait part de leurs difficultés à siéger au sein de l’organe de contrôle de l’espace monétaire ouest-africain.
PORTO-NOVO, 1ᵉʳ octobre 2026 – Siéger à l’échelle de huit pays exige plus que de la bonne volonté. Quatre députés béninois du Comité interparlementaire de l’UEMOA (CIP-UEMOA) l’ont fait valoir mercredi 30 septembre au Palais des Gouverneurs, devant le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou.
Richard Allossohoun, Michel Sodjinou, Fatoumata Tony Guimba Gnire et Nathanaël Sokpekpe représentent l’institution parlementaire béninoise au sein du comité. Ils ont sollicité cette audience afin d’exposer les obstacles qui jalonnent leurs sessions communautaires et, par la même occasion, de tester la réactivité de leur hiérarchie.
Le premier concerne la transposition des directives. Ces textes communautaires ne produisent d’effets que si chaque État membre les intègre dans son droit interne, un travail de fond dans lequel le Parlement national joue un rôle clé.
Le deuxième touche aux conditions de travail. Les élus réclament des assistants parlementaires, qu’ils jugent indispensables pour suivre des dossiers techniques et préparer leurs interventions.
Enfin, le troisième regroupe d’autres questions d’intérêt national, que la délégation n’a pas détaillées.
Un contrôle qui exige de la méthode
Le CIP-UEMOA tient lieu de parlement de l’Union. Il contrôle la Commission, suit l’intégration régionale et œuvre à la promotion de la paix. Ces missions supposent à la fois expertise et disponibilité. D’où l’insistance des députés sur la nécessité de disposer de moyens humains.
À la sortie, Richard Allossohoun s’est exprimé au nom de ses collègues. Il a salué un président « très prompt à réagir » à plusieurs de leurs préoccupations et loué sa qualité d’écoute, son ouverture ainsi que sa volonté d’agir.
Le député y voit un signal plus large. Selon lui, cette audience prouve que le Parlement béninois « se modernise à tous égards » et qu’il gagnera en performance dans les années à venir.
Reste à savoir quelles suites concrètes la présidence de l’Assemblée donnera à ces demandes. Les députés, eux, repartent confiants.
La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a conclu, jeudi 1ᵉʳ octobre 2026 à Cotonou, des conventions d’exploitation avec 89 promoteurs de médias numériques. Cette formalisation marque l’aboutissement d’un processus engagé par l’autorité de régulation pour mieux encadrer la presse en ligne et les services audiovisuels diffusés sur internet. La cérémonie s’est tenue au siège de la HAAC, sous la présidence d’Édouard Cocou Loko. Conseillers, cadres de l’institution et responsables des plateformes concernées ont pris part à la rencontre.
La décision n°26-008/HAAC du 11 mars 2026 avait retenu ces opérateurs au terme d’une procédure de sélection. La signature des conventions constitue désormais l’étape qui leur permet d’exercer dans un cadre réglementaire clairement défini.
Les 89 plateformes se répartissent en trois groupes :
50 organes de presse écrite en ligne ;
26 Web TV ;
13 Web radios.
Cette répartition traduit la diversité croissante de l’offre médiatique numérique au Bénin. Les sites d’information, les chaînes diffusées sur internet et les radios exclusivement numériques occupent désormais une place importante dans l’accès du public à l’actualité.
Parmi les médias autorisés figurent notamment Libre Express, Bénin Intelligent, L’Événement Précis, Le Matinal, La Marina BJ et L’Économiste Presse Écrite pour la presse en ligne. La catégorie des Web TV comprend, entre autres, Canal 3 Bénin, Crystal News TV, Eden TV, Matin Libre TV et VFC TV. Les Web radios retenues incluent Fraternité FM, Peace FM, Radio Crystal News et Radio Afrique Santé.
En s’adressant aux promoteurs, le président de la HAAC les a félicités pour leur sélection avant de les appeler à respecter strictement les obligations prévues dans leur cahier des charges. Cette exigence vise notamment la fiabilité de l’information, la responsabilité des contenus publiés et le respect des règles applicables à la communication audiovisuelle et à la presse. Elle intervient dans un contexte où les plateformes numériques jouent un rôle central dans la diffusion rapide des nouvelles, mais où les erreurs, les contenus trompeurs et les atteintes à la réputation peuvent également se propager avec une grande vitesse.
La HAAC présente donc la régulation comme un moyen de préserver le pluralisme et la liberté de la presse, tout en renforçant les exigences professionnelles applicables aux médias numériques. Son site officiel invite d’ailleurs les médias en ligne à se conformer aux lois en vigueur et à s’enregistrer auprès de l’institution.
Au nom des bénéficiaires, Wilfrid Hervé Adoun, promoteur d’Acacia Radio, a salué le travail accompli par la HAAC et ses services. Il a estimé que la convention devait servir de point d’appui à une professionnalisation accrue des médias digitaux.
Les promoteurs devront désormais transformer cette reconnaissance administrative en crédibilité éditoriale. Cela suppose des équipes mieux organisées, des procédures de vérification plus rigoureuses et une gestion durable des entreprises de presse, dans un marché numérique marqué par une forte concurrence.
Cette préoccupation économique accompagne la question réglementaire. L’autorisation officielle apporte une légitimité, mais elle impose aussi aux médias concernés de démontrer leur capacité à produire une information régulière, indépendante et conforme aux standards professionnels.
La signature des conventions s’inscrit dans un chantier plus vaste de la HAAC. En ouvrant sa deuxième session ordinaire de 2026, l’institution avait annoncé le renouvellement des conventions conclues avec une première génération de médias en ligne, ainsi que la poursuite de la procédure pour les organes récemment autorisés.
L’autorité entend ainsi accompagner l’évolution rapide du paysage médiatique béninois sans renoncer à ses missions de contrôle. Pour les 89 nouveaux opérateurs, la signature ne représente donc pas un aboutissement définitif, mais le début d’une période durant laquelle ils devront respecter les engagements souscrits.
La HAAC veut faire de cette régulation un équilibre entre deux impératifs : protéger la liberté d’informer et garantir au public des contenus fiables, responsables et conformes aux règles qui encadrent le secteur.
Plus de 9 900 candidats ont ouvert, ce mercredi 30 septembre 2026, la session écrite des examens nationaux de Licence, un rituel désormais incontournable qui scelle la fin du cycle universitaire dans les établissements privés du Bénin. Au CEG Sainte Rita de Cotonou, choisi comme centre de lancement officiel, les premières épreuves ont mobilisé des filières aussi variées que le journalisme, l’audiovisuel, l’agronomie ou le génie de l’eau, avant que le mouvement ne s’étende, jour après jour, aux 78 spécialités concernées et aux autres centres d’examen disséminés sur le territoire.
La session, qui court jusqu’au 16 octobre 2026, place le système d’enseignement supérieur privé sous tension pendant plus de deux semaines. Selon les données officielles, 9 967 candidats sont inscrits à cette édition 2026, répartis dans 78 filières, un volume qui impose une logistique rodée et une surveillance rigoureuse pour garantir l’équité entre les établissements et les promotions.
À Sainte Rita, 284 candidats ont composé dès la première journée, représentant plusieurs écoles privées d’enseignement supérieur (EPES) de la capitale économique. Les épreuves pratiques, elles, ont débuté plus tôt, dès avril 2026, afin d’alléger la charge de la phase écrite et de mieux étaler l’évaluation des compétences dans le temps.
Derrière l’apparence technique d’un calendrier d’examens se joue un enjeu politique et économique majeur : la crédibilité des diplômes délivrés par le secteur privé, souvent pointé du doigt pour la qualité inégale de ses formations.
En représentant la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Sylvie Vitondin De Chacus, directrice de cabinet, a rassuré candidats et responsables d’établissements :
« Toutes les dispositions sont prises pour un bon démarrage », a-t-elle déclaré, tout en soulignant l’implication directe du ministère et l’accompagnement du Collectif des établissements privés d’enseignement supérieur.
Cette présence au plus haut niveau traduit la volonté de l’État de faire de ces examens nationaux un levier de régulation du secteur, depuis leur instauration en 2017. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de valider des acquis, mais de s’assurer que le « parchemin » obtenu à l’issue de la Licence corresponde réellement à un niveau de compétences reconnu et exploitable par les employeurs.
Du côté des établissements privés, ces examens sont à la fois une contrainte et une opportunité. Césaire Agossa, président de l’ASEC (Association des établissements privés d’enseignement supérieur pour l’éthique et la qualité), a réaffirmé l’engagement de son organisation à « accompagner la dynamique des examens nationaux », signe d’une acceptation croissante de ce cadre imposé par l’État.
Alexis Agbessi, secrétaire général de l’UNEPES-Bénin, a pour sa part rappelé que ces épreuves offrent aux étudiants la possibilité d’obtenir un diplôme « crédible », susceptible de constituer une base solide pour leur insertion professionnelle. Derrière ces formules convenues se lit une réalité plus crue : sans cette validation externe, nombreux sont les recruteurs qui continuent de regarder avec méfiance les diplômes issus du privé, préférant souvent ceux des universités publiques ou des filières internationales.
Le choix des premières filières à composer à Sainte Rita n’a rien d’anodin. Journalisme, journalisme audiovisuel et métiers de l’audiovisuel figurent parmi les spécialités les plus visibles, dans un pays où la multiplication des radios, télévisions et plateformes numériques a explosé l’offre de formation, sans toujours garantir la qualité des enseignements.
De même, l’agronomie et le génie de l’eau renvoient à des secteurs stratégiques pour le développement du Bénin, où la demande en techniciens et cadres intermédiaires bien formés ne cesse de croître. Faire démarrer les épreuves par ces filières, c’est aussi envoyer un signal : les examens nationaux ne concernent pas que les disciplines « classiques », mais aussi celles qui doivent nourrir les politiques publiques en matière de sécurité alimentaire, de gestion des ressources ou de communication.
Sur le papier, le dispositif semble rodé. La Direction des examens et concours a communiqué, plusieurs jours à l’avance, les dates et les centres retenus via une note de service signée par son directeur, Vidjannagni V. Gbénou. Par ailleurs, les autorités ont publié en ligne les listes de candidats par établissement et par filière, ce qui a permis aux étudiants de vérifier leur inscription et leur centre d’affectation.
Pourtant, derrière cette apparente maîtrise, plusieurs questions demeurent. Comment s’assurer que les sujets soient réellement harmonisés d’un centre à l’autre ? Comment garantir que les corrections ne varient pas selon les correcteurs et les écoles ? Et surtout, comment transformer cette validation formelle en un véritable gage de qualité, reconnu par les employeurs et les partenaires internationaux ?
Pour l’heure, candidats, enseignants et responsables d’établissements avancent jour après jour, entre stress et espoir, vers la fin de cette session. Dans les salles d’examen de Sainte Rita et des autres centres, ce ne sont pas seulement des copies qui s’accumulent, mais les premiers jalons d’une réforme silencieuse du supérieur privé béninois, où chaque diplôme validé devient un test de crédibilité pour tout un système.
COTONOU, 30 septembre 2026— Un tas d’ordures coincé dans un caniveau. Voilà, en apparence, un incident mineur. Mais au quartier Akogbato, dans le 12ᵉ arrondissement de Cotonou, ce constat banal déclenche une scène rare : un maire qui descend dans la rue, interpelle les riverains, et repart en ayant transformé une inspection technique en mobilisation citoyenne spontanée.
Luc Gnacadja se trouve à Akogbato pour examiner l’état des ouvrages d’assainissement pluvial du quartier, l’une de ces tournées de terrain où les élus vérifient si les infrastructures censées évacuer les eaux de pluie fonctionnent encore correctement. Devant l’un des ouvrages, le diagnostic tombe immédiatement : des déchets s’y accumulent, réduisant sa capacité d’évacuation.
Face à cette découverte, le maire aurait pu se contenter de noter le problème et de le transmettre aux services techniques. Il choisit une autre voie.
Gnacadja engage la conversation avec les habitants présents sur place. Il ne se limite pas à pointer le problème : il prend le temps de détailler ce qu’un caniveau obstrué provoque concrètement en saison des pluies — l’eau qui ne s’écoule plus, qui stagne, puis qui déborde vers les habitations. Il rappelle aussi le rôle que joue chaque ouvrage d’assainissement dans la mécanique globale de prévention des inondations, un enjeu que connaissent bien les riverains d’un arrondissement régulièrement exposé aux dégâts des grandes pluies.
Cette pédagogie de terrain change la nature de l’échange. Les habitants ne se contentent plus d’écouter : ils passent à l’action.
Sur place, les habitants entreprennent eux-mêmes de dégager l’ouvrage, retirant les déchets qui bloquaient l’écoulement des eaux. En quelques instants, un problème identifié se transforme en solution appliquée, sans attendre l’intervention d’une entreprise ou d’un service municipal spécialisé.
Ce geste, aussi modeste soit-il à l’échelle d’un seul caniveau, illustre une dynamique que les autorités municipales cherchent précisément à encourager : faire des habitants eux-mêmes les premiers gardiens des infrastructures qui protègent leur quartier.
L’épisode d’Akogbato rappelle une réalité que la mairie de Cotonou tente de faire admettre depuis plusieurs années : la lutte contre les inondations urbaines ne se limite pas aux grands travaux d’infrastructure. Elle se joue aussi, très concrètement, dans les gestes du quotidien — un sachet plastique jeté au mauvais endroit, un tas de déchets abandonné près d’un ouvrage, et c’est toute la capacité d’évacuation d’un quartier qui se trouve compromise.
En choisissant d’expliquer plutôt que de sanctionner, le maire mise sur l’adhésion plutôt que sur la contrainte. Reste à savoir si ce réflexe collectif, né d’une rencontre impromptue à Akogbato, saura se reproduire ailleurs dans la ville, sans qu’un élu ait besoin d’être présent pour l’enclencher.
COTONOU, 30 septembre 2026 — Que peut apporter un petit pays d’Afrique de l’Ouest à un débat qui réunit des institutions venues de tout l’espace francophone ? C’est le pari que relève Abdoulaye Bio Tchané, président du Conseil économique et social (CES) du Bénin, en prenant la parole cette semaine à Bucarest devant l’Assemblée générale de l’Union des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires des États et gouvernements membres de la Francophonie (UCESIF).
Du 28 au 30 septembre, la capitale roumaine accueille un rendez-vous institutionnel qui dépasse largement le cadre bilatéral. Bio Tchané y conduit une délégation du CES béninois et s’exprime devant un parterre de responsables venus d’Afrique et d’Europe, réunis autour du thème retenu pour le prochain Sommet de la Francophonie au Cambodge : la paix comme moteur du développement durable. Son arrivée sur le tarmac de Bucarest donne le ton de cette visite à forte dimension diplomatique, puisqu’il y est accueilli par le consul honoraire du Bénin en Roumanie, Serge S. Rameau, aux côtés d’une délégation du Conseil économique et social roumain.
Un plaidoyer pour des institutions consultatives plus connectées
Devant l’assemblée, le président béninois ne se contente pas d’un discours de courtoisie. Il défend une thèse précise : les Conseils économiques et sociaux de l’espace francophone gagneraient à dialoguer davantage entre eux, plutôt que de travailler chacun de leur côté face à des défis sociaux et économiques largement partagés. Il présente l’expérience du Bénin en matière de concertation sociale comme une contribution possible à ce chantier collectif, et affiche la volonté de la huitième mandature qu’il dirige de tisser des liens plus étroits avec les institutions homologues, sur le continent africain comme au sein de la Francophonie.
Cette intervention ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement international, où le CES béninois cherche à exister au-delà de ses frontières et à peser dans les réseaux institutionnels francophones.
Par ailleurs, la cérémonie d’ouverture offre un autre éclairage sur l’événement. Sterică Fudulea, président du Conseil économique et social roumain, choisit de remonter aux figures qui incarnent les liens entre son pays et le monde francophone — Ionescu, Cioran, Eliade, Enescu, Brâncuși — avant d’appeler à défendre la paix et la démocratie face aux tensions actuelles. Eugène Aka Aouélé, président de l’UCESIF, recentre ensuite le débat sur l’enjeu qui doit structurer les travaux : faire de la paix un véritable levier de développement durable, dans la perspective du sommet cambodgien à venir.
Plusieurs personnalités du Parlement roumain assistent à cette ouverture, signe que l’événement dépasse le seul cercle des institutions consultatives pour toucher à la diplomatie parlementaire.
Un agenda qui mêle gouvernance institutionnelle et diplomatie de terrain
Au-delà des discours, l’Assemblée générale avance sur un travail plus technique : les délégations examinent et valident les rapports financier et d’activité de l’UCESIF pour 2025, tout en validant le calendrier des mois à venir. Les participants enchaînent ensuite avec une visite du Palais du Parlement et une séance plénière au sein de l’institution roumaine — une manière de conjuguer réflexion de fond et immersion institutionnelle.
Le Forum du dialogue social francophone prend le relais dès mardi au Victoria Palace, avec deux sessions consacrées au rôle des acteurs du dialogue social dans la diplomatie économique, puis dans la diplomatie socioculturelle. Les travaux se clôturent mercredi au siège du CES roumain, lors d’une réunion solennelle réunissant l’ensemble des délégations francophones.
Cette présence à Bucarest s’inscrit dans une logique que la huitième mandature du CES béninois assume ouvertement : construire, discours après discours et rencontre après rencontre, une présence durable dans les instances francophones. En portant la parole du Bénin sur un sujet aussi consensuel que la paix, Bio Tchané cherche moins à convaincre qu’à ancrer son institution dans un réseau où se dessinent, discrètement, les futures coopérations Sud-Nord et Sud-Sud de l’espace francophone.
Cotonou a accueilli, le 25 septembre 2026, une cérémonie qui dépasse le simple palmarès scolaire. Celtiis Bénin y a distingué douze bacheliers d’exception, dont le major national Rayan Frédérico Egbogbé, avant de les projeter dans un parcours structuré d’accompagnement. En effet, l’opérateur ne s’est pas contenté de remettre des prix : il a ouvert ses locaux, organisé des formations pratiques et installé un dispositif de mentorat pour transformer une réussite académique en capital de compétences mobilisable dès la rentrée universitaire.
BAC 2026 : Le podium national dominé par la série G2
La session de juin 2026 du baccalauréat a produit un groupe de tête exigeant. Les autorités ont ainsi recensé 681 mentions « Très bien » à l’échelle nationale, avec un podium dominé par la filière G2. Rayan Frédérico Egbogbé, élève du Collège catholique Saint-Jean-Baptiste de Cotonou, a décroché la première place avec 18,80/20, devançant de justesse ses camarades de la même série.
C’est dans ce paysage de haute performance que Celtiis a sélectionné sa cohorte 2026 : six jeunes filles et six jeunes garçons, répartis de manière à refléter la diversité territoriale du pays.
Matériel et bourses : un soutien direct aux familles
Chaque lauréat a reçu un ordinateur portable récent et un forfait internet haut débit de neuf mois, afin d’aborder le supérieur avec l’équipement minimal attendu pour travailler dans de bonnes conditions. Le premier au classement, toutes séries confondues, a en outre obtenu une bourse d’excellence de 500 000 FCFA.
Pour les familles, ce dispositif comble un vide fréquent au moment de la transition lycée–université. Le Père Roland Adjalian, représentant des établissements des récipiendaires, l’a dit sans détour : l’opérateur fournit aux jeunes « les moyens de travailler, comme les étudiants du monde entier, dès l’entrée à l’université ».
Avant la remise des distinctions, les douze lauréats ont suivi un programme d’immersion au sein de Celtiis. Ils ont visité le centre de supervision du réseau, où les ingénieurs pilotent et sécurisent la connectivité nationale, puis observé les mécanismes de la relation client.
Le volet formation a quant à lui porté sur les outils bureautiques essentiels et sur les usages éthiques, responsables ainsi que créatifs de l’intelligence artificielle. L’ambition : convertir un accès technologique en compétence opérationnelle pour la recherche documentaire, la production de contenus et la résolution de problèmes universitaires.
Un programme RSE construit comme un continuum lycée–université–emploi
Lancé en 2024 avec une première édition centrée sur l’excellence féminine, le programme s’inscrit dans une logique de responsabilité sociétale structurée. Charbelle Miassi Tikry, responsable RSE de Celtiis Bénin, le présente comme un triptyque : identifier et mettre en lumière les meilleurs bacheliers, les outiller et valoriser leurs talents, puis les accompagner via un mentorat de premier plan.
Cette architecture vise ainsi à créer un lien durable entre l’entreprise et les lauréats, au-delà de la cérémonie. Elle cherche à éviter l’effet « coup de projecteur » sans suite, en maintenant un accompagnement concret pendant les premières années d’études supérieures.
Parrainage : un filet de sécurité contre le décrochage précoce
Chaque bénéficiaire s’est vu attribuer un parrain chargé de le coacher et de le suivre dans son parcours. La cohorte dispose également d’un sponsor, Aristide Agboton, qui a insisté sur la disponibilité de l’équipe de parrainage face aux questions et aux besoins des jeunes.
« Posez toutes les questions que vous avez, nous serons vraiment présents à vos côtés », a-t-il déclaré, signalant une volonté de prévenir les décrochages liés à la perte de repères à l’entrée dans le supérieur.
Joséphine Latame, porte-parole des douze lauréats, a évoqué des mois marqués par le doute, mais portés par un même rêve : réussir. Elle a également salué les sacrifices silencieux des parents et des enseignants, avant de remercier Celtiis pour une ouverture qui dépasse le don matériel : « Vous nous avez ouvert vos portes, vos sourires, et vous nous avez dit : nous croyons en vous. »
De son côté, le Père Roland Adjalian a rappelé, avec une franchise pédagogique, que l’université impose une discipline nouvelle. « Le BAC n’est qu’une marche. Il y a de nombreuses marches à gravir », a-t-il averti, enjoignant les lauréats à rester studieux et à mettre les outils reçus au service de la compréhension profonde des savoirs.
Enfin, Anatole Houéhounha, représentant des parents, a exhorté les jeunes à l’humilité et à la constance : « Continuez de travailler, rêvez grand et restez fidèles aux valeurs qui vous ont conduits ici. Le Bénin compte sur vous. »
Transformer la performance scolaire en avantage compétitif durable
En liant récompense, immersion et mentorat, Celtiis envoie un message clair aux acteurs de l’éducation : l’excellence se nourrit d’un environnement qui combine reconnaissance, moyens concrets et accompagnement humain. Le choix de mettre l’accent sur l’IA et les usages responsables du numérique place aussi la barre plus haut, en phase avec les exigences du marché du travail.
Reste à mesurer, dans la durée, l’impact de ce modèle sur la trajectoire universitaire et professionnelle des lauréats. Les prochains mois diront si ce pari transforme effectivement une performance scolaire en avantage compétitif durable.
Le Bénin a officiellement ouvert, lundi 28 septembre 2026 à Djougou, l’année d’apprentissage 2026-2027 dans les Centres de formation professionnelle et d’apprentissage (CFPA). La cérémonie, présidée par la ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, chargée de la Formation professionnelle, Awaou Baco, traduit la volonté du gouvernement de rapprocher la formation des besoins réels de l’économie.
Le lancement s’est déroulé en présence du ministre conseiller Nicaise Fagnon, de représentants des partenaires techniques et financiers, de responsables d’organismes publics et des principaux acteurs du secteur. La rentrée concerne les CFPA publics répartis dans treize localités du pays, dont Djougou, selon le calendrier communiqué par les autorités béninoises.
Derrière cette nouvelle année d’apprentissage, le gouvernement veut faire évoluer l’Enseignement et la Formation techniques et professionnels (EFTP). L’objectif ne consiste plus seulement à multiplier les filières, mais à renforcer la qualité des formations, la gestion des centres et leur adéquation avec les secteurs porteurs.
Le temps fort de la cérémonie a été la remise d’un lot d’équipements au CFPA de Djougou. D’une valeur de 241,4 millions de francs CFA, ce matériel doit améliorer les conditions de formation dans les ateliers et permettre aux apprenants de travailler avec des outils davantage conformes aux exigences du monde professionnel.
La Banque mondiale a contribué au financement de cet investissement. Douze autres centres de référence doivent également bénéficier d’équipements grâce à l’appui du Fonds de développement de la formation et de l’apprentissage (FODEFCA), dirigé par Arsène Zocli.
Pour les autorités, cet effort matériel accompagne une réforme plus large. Le dispositif prévoit la généralisation progressive des contrats de performance, le développement de projets propres à chaque établissement, ainsi que la formation et la professionnalisation des formateurs.
La directrice de la Formation professionnelle, Opportune Natabou, a présenté cette rentrée comme une étape destinée à mieux faire connaître les formations proposées dans les différents métiers. Les filières doivent, selon elle, s’articuler avec les priorités économiques du pays et les possibilités d’emploi offertes dans les territoires.
Cette orientation répond à un enjeu majeur : permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement utilisables, tout en favorisant l’entrepreneuriat et la création d’activités. La formation professionnelle doit ainsi dépasser le cadre scolaire pour devenir un instrument d’autonomie économique.
« Former un jeune à un métier, ce n’est pas seulement lui transmettre une compétence ; c’est lui donner les moyens de construire son autonomie, de créer de la valeur et de contribuer au développement de sa communauté », a déclaré Awaou Baco.
La cérémonie a également mis à l’honneur 179 jeunes femmes, issues de la première promotion formée dans le cadre du programme ProFop. Elles ont reçu leur attestation du Certificat de qualification professionnelle (CQP), une reconnaissance officielle des compétences acquises lors de leur parcours.
À cette occasion, les autorités ont aussi remis à la ministre la liste de 200 femmes sélectionnées pour bénéficier de bourses de formation dans plusieurs métiers techniques et professionnels. Cette initiative, soutenue par des partenaires, vise à élargir l’accès des femmes aux dispositifs de qualification et aux opportunités d’insertion.
La ministre a invité les nouveaux apprenants à faire preuve de discipline, de régularité et de persévérance. Elle les a appelés à convertir les compétences acquises en emplois, en entreprises et en services utiles à leurs communautés.
Après la cérémonie, la délégation ministérielle a visité les ateliers du CFPA de Djougou afin d’observer les conditions de travail et les équipements disponibles. Awaou Baco s’est ensuite rendue à l’Institut universitaire d’enseignement professionnel (IUEP), où l’Agence nationale pour l’emploi (AnpE) accompagne des jeunes en formation.
La tournée s’est poursuivie dans plusieurs structures économiques. La ministre a notamment visité l’entreprise « Espace Tissage de Djougou », l’atelier de menuiserie-ébénisterie de Juste Yao et, à Natitingou, l’antenne de l’AnpE qui forme des jeunes aux compétences comportementales — les « soft skills » — avec le soutien de la GIZ.
La PME Yetanri, spécialisée dans la transformation agroalimentaire, figurait également parmi les étapes de la mission. Ces visites ont permis à la délégation d’examiner concrètement les effets des programmes publics destinés aux jeunes, aux artisans et aux petites entreprises.
À travers cette tournée, le ministère entend relier plus étroitement les centres de formation, les structures d’accompagnement et les entreprises locales. Les programmes FoRCE et 3M, entre autres dispositifs cités lors de la cérémonie, doivent contribuer à renforcer ce lien entre apprentissage, activité économique et emploi. Le gouvernement béninois veut ainsi faire de la formation professionnelle un levier de création de richesses, particulièrement dans les régions où les jeunes rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi formel.
À Djougou, le lancement de la rentrée 2026-2027 a donc servi de vitrine à cette stratégie : investir dans les équipements, certifier les compétences, soutenir les femmes et rapprocher les formations des réalités des entreprises. La réussite de cette ambition dépendra désormais de la capacité des centres et de leurs partenaires à maintenir la qualité des enseignements et à transformer les qualifications en débouchés durables.
Parakou, 29 septembre 2026 — Un renseignement précis, une intervention chirurgicale en plein jour et la mise au jour d’un arsenal clandestin. Lundi 28 septembre 2026, les forces de sécurité de Parakou ont mené une opération coup de poing, retirant de la circulation des milliers de munitions de gros calibre. En effet, ce coup de filet majuscule illustre la vigilance accrue de l’État face aux réseaux souterrains qui tentent d’irriguer le nord du pays en matériel de contrebande.
Un dispositif ciblé au cœur de la journée
L’initiative de cette saisie revient, en premier lieu, aux éléments du Commissariat du 2ᵉ arrondissement. Guidés par un renseignement opérationnel fiable, les enquêteurs ont mis en place un dispositif d’interception visant un convoi suspect en provenance de la commune de Djougou.
Aux alentours de 12 h 30, le piège se referme. La cible de la police émerge : une motocyclette de marque Bajaj, délibérément dépourvue de plaque d’immatriculation pour échapper aux radars des autorités. Le profil furtif de l’engin confirmait les soupçons des agents quant à la nature illicite de la marchandise transportée.
Fuite précipitée et découverte d’un butin massif
L’intervention ne s’est, toutefois, pas déroulée sans heurt. Face au barrage policier, le principal convoyeur a paniqué. Préférant la fuite à l’arrestation, il s’est évaporé dans la nature, abandonnant derrière lui non seulement son chargement, mais également une seconde motocyclette de marque Dayang, elle aussi anonymisée et dépourvue de toute immatriculation.
C’est en fouillant le chargement délaissé que les agents ont mesuré la gravité de l’infraction. Dissimulés dans deux grands sacs, les autorités ont extrait treize cartons d’apparence banale. Leur ouverture a révélé un inventaire alarmant : 3 250 cartouches de calibre 12. Si ces munitions sont traditionnellement destinées à la chasse, leur trafic massif sur le marché noir soulève de vives inquiétudes sécuritaires, ce calibre étant régulièrement détourné par le crime organisé opérant dans la région.
Une enquête confiée aux unités spécialisées
Malgré la fuite du pilote de la Bajaj, les forces de l’ordre, néanmoins, ne sont pas reparties les mains vides. Les policiers ont réussi à interpeller un suspect directement lié à cette logistique clandestine lors de l’opération.
Actuellement sous les verrous, cet individu représente une pièce maîtresse pour remonter la filière. Par ailleurs, Les autorités ont confirmé son transfert imminent vers les unités spécialisées de la Police républicaine. Les enquêteurs auront désormais la lourde tâche de démanteler ce réseau, en identifiant les fournisseurs originels à Djougou ainsi que les destinataires finaux de cette cargaison mortelle. In fine, par cette interception, la police de Parakou envoie un signal dissuasif sans équivoque : la route de la contrebande dans le nord est sous haute surveillance.