Covè : Découverte d’une tête humaine, un suspect interpellé

Le quartier Adjohoué Azéhounholi, à Covè, est sous le choc après une découverte effroyable vendredi 6 février. Deux individus à moto ont laissé choir un colis contenant une tête humaine avant de prendre la fuite. Si l’un des suspects a été interpellé le lendemain, le mystère reste entier sur l’origine du reste humain.

Covè (centre du Bénin), 9 février 2026 Le calme habituel du quartier Adjohoué Azéhounholi a été brutalement rompu vendredi dernier par une scène qui semble tout droit sortie d’un polar sombre, mais qui s’est pourtant jouée en plein jour, à proximité du CEG 5 de Covè. Deux hommes sur une motocyclette Bajaj ont laissé tomber un paquet par inadvertance. Ce qui aurait pu être un incident banal de circulation a viré à l’horreur lorsque les témoins, s’approchant du paquet, y ont découvert une tête humaine.

 

Face à l’attroupement des passants médusés et horrifiés, les deux convoyeurs ont tenté, dans un premier temps, de récupérer leur colis. Mais face à la suspicion grandissante, ils ont finalement opté pour la fuite, abandonnant leur colis macabre sur le bitume. L’incident, signalé par des riverains, a conduit à l’interpellation rapide d’un suspect. Cependant de nombreuses zones d’ombre subsistent.

 

Une interpellation rapide, des aveux partiels

Alertée, la police de Covè intervient aussitôt pour sécuriser la zone et effectuer les constatations. Il ouvre sans délai une enquête afin d’identifier les auteurs de ce transport macabre.

Dès le lendemain, samedi 7 février, les investigations permettent de localiser l’un des suspects dans un cabaret du quartier Ahito, dans l’arrondissement de Zogba. L’homme est interpellé sans résistance et conduit au commissariat.

Lors de son audition, il nie d’abord toute implication, affirmant n’avoir jamais transporté un tel colis.  Cependant, dans un excès de zèle pour clamer son innocence, il a crié à plusieurs reprises qu’il « n’avait pas fait tomber de tête humaine de sa moto ». Un détail crucial que les enquêteurs n’avaient pas encore mentionné à ce stade de l’audition. Acculé par ses propres contradictions et ce lapsus révélateur, il finit par reconnaître être le propriétaire de la tête humaine retrouvée sur la chaussée, sans toutefois en préciser l’origine.

 

De lourdes questions en suspens

 

Malgré cette première arrestation, l’enquête est loin d’avoir livré tous ses secrets. La police républicaine se concentre désormais sur deux axes prioritaires : retrouver le second individu, conducteur de la motocyclette, et identifier l’origine de la tête humaine ainsi que l’identité de la victime.

Les enquêteurs veulent désormais comprendre les motivations des suspects et identifier l’origine de la dépouille. Ils cherchent à déterminer si cette affaire est liée à un homicide, à un acte criminel organisé ou à des pratiques illégales plus larges.

À Covè, cette découverte macabre a profondément choqué les habitants, ravivant les inquiétudes autour de la criminalité et de la sécurité dans les espaces publics. Les autorités policières assurent que les investigations se poursuivent activement afin de faire toute la lumière sur cette affaire hors norme.

Mister Équinoxe 2026 : Le Bénin triomphe à Abidjan avec l’or

Lors du Championnat International Mister Équinoxe 2026, tenu samedi 7 février 2026 au Palais de la Culture d’Abidjan, les athlètes béninois ont fait preuve d’une discipline de fer. Avec quatre médailles, dont l’or en catégorie reine, le pays confirme son ascension fulgurante sur la scène continentale du muscle.

 

L’esthétique des corps sculptés a trouvé ses maîtres ce week-end sous les projecteurs du Palais de la Culture de Treichville. À Abidjan, là où se joue souvent l’influence culturelle et sportive de la sous-région, le Bénin n’est pas venu faire de la figuration. Dans le cadre de l’édition 2026 de « Mister Équinoxe », la délégation béninoise a transformé des mois de préparation acharnée en une moisson de métal précieux.

Mister Équinoxe 2026
© Mister Équinoxe 2026

Le sacre de Do Rego Ange Djamal Deen

Au centre de toutes les attentions, Do Rego Ange Djamal Deen a littéralement survolé la compétition. Engagé dans la catégorie Men’s Classique Bodybuilding, l’athlète a présenté une ligne mêlant symétrie parfaite et densité musculaire, répondant ainsi point par point aux exigences rigoureuses du jury.

Son triomphe ne souffre aucune discussion : premier finaliste de sa catégorie, il s’empare de la médaille d’or et soulève le prestigieux Trophée Mister Équinoxe 2026. Non content de cette prouesse, il a également prouvé sa polyvalence en décrochant une solide 6ᵉ place (médaille de bronze honorifique) dans la catégorie Men’s Physique (+180 m), une discipline où l’élégance et la prestance comptent autant que la définition.

Mister Équinoxe 2026
© Mister Équinoxe 2026

La constance de Fiacre Ayéwa Odjo

D’ailleurs, l’autre satisfaction majeure de cette expédition ivoirienne vient de Fiacre Ayéwa Odjo. En effet, Véritable métronome de l’effort, Odjo a su se hisser sur le podium de la catégorie Men’s Classique Bodybuilding, terminant à la 3ᵉ place.

Sa performance globale témoigne d’une régularité remarquable :

  • Médaille de bronze en Musculation Classique Homme .
  • 4ᵉ place (médaille de bronze) en Physique Hommes (-179 m).

Mister Équinoxe 2026
© Mister Équinoxe 2026

Un bilan comptable historique

Le bilan final pour le Bénin est éloquent : un trophée international, une médaille d’or et trois médailles de bronze. Au-delà des chiffres, c’est aussi l’image d’un sport béninois structuré et conquérant qui ressort de cet événement.

« Ce n’est pas seulement une victoire physique, c’est une victoire de la volonté », commentaient les observateurs à l’issue de la remise des prix.

Alors que le bodybuilding gagne en popularité au Bénin, ces résultats placent désormais les athlètes nationaux comme des cibles à abattre lors des prochaines échéances régionales. Une fierté légitime pour un pays qui, de plus en plus, fait du sport un levier de rayonnement international.

Joseph Djogbénou, juriste à la tête de l’Assemblée nationale

L’accession de Joseph Fifamè Djogbénou à la présidence de l’Assemblée nationale, le 8 février 2026, consacre un itinéraire singulier au sommet de l’État béninois. Juriste de formation, ancien ministre, ex-président de la Cour constitutionnelle et chef de parti, il incarne une figure centrale de l’architecture institutionnelle mise en place depuis une décennie au Bénin.

Au-delà d’un simple parcours individuel, sa nomination au perchoir interroge le rapport entre droit, pouvoir politique et gouvernance parlementaire dans un régime marqué par une forte rationalisation institutionnelle.

Un juriste façonné par l’excellence académique

Joseph Fifamè Djogbénou, né le 20 mars 1969 à Abomey, dans le sud du Bénin, appartient à cette génération de juristes béninois formés dans la tradition de l’exigence universitaire. Docteur en droit, agrégé du CAMES en 2009, ancien avocat au barreau, il a longtemps évolué dans les cercles académiques et judiciaires avant d’entrer pleinement en politique.

Cette culture juridique imprègne durablement son approche de l’action publique. Chez Djogbénou, le pouvoir s’exerce d’abord comme un ordre normatif, structuré par les textes, les procédures et les institutions. Une vision qui le distingue de profils politiques plus classiques, issus du militantisme partisan ou de l’administration territoriale.

De la société civile à l’État : une politisation progressive

Avant son entrée au gouvernement, Djogbénou s’est illustré dans la société civile, notamment à travers des organisations œuvrant pour les droits humains et la consolidation de l’État de droit. Cette phase a contribué à forger son image d’intellectuel engagé, à l’aise dans le débat public et les controverses juridiques.

Son passage au ministère de la Justice, à partir de 2016, marque un premier basculement. Il devient alors l’un des visages des réformes judiciaires engagées par le pouvoir exécutif. Une période qui installe durablement Djogbénou dans le cercle restreint des décideurs, tout en suscitant critiques et soutiens, notamment sur la transformation des institutions judiciaires.

La Cour constitutionnelle, cœur du pouvoir institutionnel

La présidence de la Cour constitutionnelle (2018-2022) constitue sans doute l’étape la plus déterminante de son parcours. À ce poste, Joseph Djogbénou se retrouve au centre de décisions majeures touchant à la vie politique, électorale et institutionnelle du pays.

Pour ses partisans, il y incarne un gardien rigoureux de l’ordre constitutionnel. Pour ses détracteurs, il symbolise une Cour perçue comme étroitement alignée sur l’exécutif. Cette polarisation contribue à renforcer sa notoriété nationale et à asseoir son statut d’acteur clé du régime.

Son départ volontaire de la Cour constitutionnelle en 2022 marque une rupture assumée : Djogbénou choisit alors la voie politique directe.

Le chef de parti et la consolidation de la majorité

À la tête de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Joseph Fifamè Djogbénou devient l’un des architectes de la majorité parlementaire. Son profil technicien contraste avec la figure traditionnelle du leader charismatique, mais correspond à une logique de parti-institution, discipliné et structuré autour de la gouvernance.

Son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, à l’unanimité (109 voix sur 109), reflète cette maîtrise des équilibres internes et confirme sa position de pivot entre l’exécutif, le Parlement et les partis de la majorité.

Une présidence parlementaire sous le signe de la continuité

Dès ses premières prises de parole, Joseph Djogbénou a insisté sur un principe clé : la continuité de l’État. Un message qui traduit moins une absence d’ambition qu’une volonté de stabilité institutionnelle, dans un contexte où le Parlement est souvent perçu comme une chambre d’accompagnement des réformes gouvernementales.

Son défi principal sera de donner une consistance politique à l’Assemblée nationale, sans rompre avec la logique de discipline majoritaire qui caractérise le paysage politique béninois actuel.

Un homme-système au cœur du jeu institutionnel

Joseph Fifamè Djogbénou n’est ni un tribun ni un outsider. Il est le produit et l’un des artisans du système institutionnel béninois contemporain. Sa présidence de l’Assemblée nationale s’inscrit dans une trajectoire où le droit, la politique et l’État se confondent étroitement.

Reste à savoir si, au-delà de la rigueur et de la continuité qu’il revendique, il saura imprimer à la représentation nationale une capacité accrue de débat, de contrôle et de production normative autonome. C’est là que se jouera, sans doute, l’empreinte durable de son passage au perchoir.

Assemblée nationale : Joseph Djogbénou prône la continuité

Lors de la première cérémonie des couleurs de la 10ᵉ législature, le nouveau président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamè Djogbénou, a livré un discours de méthode. Devant le personnel parlementaire, il a insisté sur la continuité de l’État, la discipline administrative et le respect du bien public, dans la lignée de son prédécesseur.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Une prise de fonction marquée par les symboles républicains

Lundi 9 février 2026, l’esplanade de l’Assemblée nationale a servi de cadre à la traditionnelle cérémonie de montée des couleurs, un rituel institutionnel désormais bien ancré dans la vie parlementaire béninoise. Présidée pour la première fois par Joseph Fifamè Djogbénou, récemment élu à la tête du Parlement, la cérémonie a rassemblé le personnel administratif et technique autour des symboles de la République.

Après l’exécution intégrale de L’Aube nouvelle, hymne national du Bénin, le nouveau président de l’Assemblée nationale a pris la parole pour un message qui se voulait à la fois rassurant et mobilisateur.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

« L’État est une continuité »

Dans une allocution mesurée, Joseph Fifamè Djogbénou a tenu à dissiper toute idée de rupture brutale liée à son arrivée au perchoir. « On pourrait penser que c’est un jour nouveau. « Mais l’État est une continuité », a-t-il affirmé, rappelant que l’administration parlementaire, au-delà des personnes, repose sur des institutions et des règles pérennes.

Rendant hommage à Louis Gbèhounou Vlavonou, son prédécesseur, qu’il a qualifié d’« immense président de l’Assemblée nationale », il a appelé le personnel à maintenir le même niveau d’exigence professionnelle. Rigueur, abnégation au travail et respect du bien public ont été cités comme des principes non négociables de la gouvernance parlementaire à venir.

Assemblée Nationale du Bénin
© Assemblée Nationale du Bénin

Une gouvernance fondée sur la discipline et la proximité

Le président de l’Assemblée nationale a également tenu à engager le bureau qu’il dirige dans une relation de confiance avec l’administration parlementaire. Il a assuré de la solidarité et de la proximité de la nouvelle équipe dirigeante, tout en soulignant que la méthode de gouvernance resterait fidèle aux standards de discipline et de sérieux instaurés lors des précédentes législatures.

Pour Joseph Fifamè Djogbénou, la cérémonie des couleurs dépasse le simple formalisme. Elle constitue, selon lui, un moment de communion civique et de rappel du devoir d’unité nationale. Il a souhaité que cette tradition se poursuive « dans le même esprit », comme un repère constant au service de la cohésion institutionnelle.

Le premier acte d’un cycle institutionnel durable

En conclusion, le président du Parlement a salué le climat de clarté et de dignité qui a entouré l’élection des membres du bureau de l’Assemblée nationale. Un processus qu’il a présenté comme le premier acte d’un cycle institutionnel appelé à s’inscrire dans la durée.

Dans une dimension plus personnelle et solennelle, Joseph Fifamè Djogbénou a formulé un vœu pour l’avenir : celui de voir l’ensemble des acteurs institutionnels conserver la santé, l’énergie et la volonté de servir la Nation, afin que le terme du septennat puisse être célébré dans la stabilité et la fidélité aux idéaux républicains.

Abomey-Calavi : un pasteur jugé pour la mort d’un bébé

Un drame domestique a conduit un chef religieux à comparaître ce mercredi 4 février devant le tribunal d’Abomey-Calavi. L’enfant, âgé de seulement huit mois, a trouvé la mort dans des circonstances tragiques, et le prévenu conduisait sans permis.

Le tribunal d’Abomey-Calavi a été le théâtre d’une audience lourde d’émotion. En effet, le pasteur, dont l’identité n’a pas été divulguée, était poursuivi pour homicide involontaire. Les faits remontent à quelques mois et révèlent une tragique chaîne d’inadvertances, qui a coûté la vie à un nourrisson.

 

Un concours de circonstances fatal

Selon les déclarations de la mère, le pasteur avait demandé son aide pour administrer des médicaments à son frère malade, installé dans un appartement voisin. Pour répondre à cette sollicitation, elle avait laissé son bébé dans la cour, pensant ne s’absenter que quelques instants.

C’est durant ce bref moment que le drame s’est produit : le pasteur a démarré son véhicule et, sans apercevoir le nourrisson, l’a percuté mortellement. Une série de circonstances qui met en lumière les dangers d’une vigilance insuffisante, même dans un cadre domestique.

 

L’absence de permis, circonstance aggravante

Au-delà de l’accident, la juridiction a relevé un élément aggravant : le prévenu ne possédait pas de permis de conduire au moment des faits. En effet, cette lacune transforme l’incident en faute pénale et complique considérablement la défense du chef religieux.

« La responsabilité est ici double : humaine et légale », a commenté un observateur présent à l’audience.

 

Une comparution libre et un renvoi

Malgré la gravité des faits, le pasteur a comparu libre. Après avoir entendu les premières dépositions, le juge a renvoyé le dossier au 29 avril 2026 pour la continuation des débats. Ce délai permettra de clarifier les responsabilités et d’évaluer d’éventuelles réparations civiles, même si la douleur de la famille demeure intacte.

En somme, à Abomey-Calavi, cette affaire rappelle tragiquement les dangers liés à la conduite sans permis et les précautions à prendre au sein des concessions privées.

Bénin : La Russie déconseille les voyages non essentiels

Dans un communiqué publié le 5 février, l’ambassade de Russie à Cotonou exhorte les citoyens russes à différer tout voyage non essentiel vers le Bénin. Entre menace djihadiste au Nord et instabilité politique persistante, le pays de Patrice Talon est placé sous haute surveillance par la diplomatie russe.

 

Ce signal rare mérite d’être souligné. La Fédération de Russie, dont l’influence grandit sur le continent, vient de rejoindre le cercle des pays émettant des réserves sécuritaires sur la destination Bénin. Sur sa page officielle, l’ambassade de Russie au Bénin et au Togo a diffusé, le jeudi, une recommandation on ne peut plus claire : les voyageurs doivent limiter leurs déplacements vers le territoire béninois aux seuls cas de « nécessité absolue ».

 

Un cocktail de risques : coup d’État et menace terroriste

Pour justifier cette mise en garde, la diplomatie russe s’appuie sur une lecture froide de l’actualité récente du pays. Deux facteurs majeurs ont fait basculer le curseur de la vigilance au rouge.

D’une part, les séquelles de la tentative de coup d’État de décembre 2025. Bien que les autorités béninoises aient affirmé avoir repris le contrôle de la situation, cet événement a laissé des traces dans la stabilité perçue des institutions. D’autre part, la dégradation sécuritaire dans la partie septentrionale du pays. Le Nord du Bénin, frontalier du Burkina Faso et du Niger, fait face à une activité accrue de groupes extrémistes violents, obligeant les forces de défense et de sécurité (FDS) à une mobilisation permanente.

 

Les étrangers sous l’œil de Cotonou

Le communiqué de l’ambassade russe pointe également un aspect crucial de la vie quotidienne actuelle au Bénin : le durcissement du contrôle administratif.

« Les autorités béninoises ont intensifié leur présence sécuritaire et accordent une attention particulière à la surveillance des mouvements des étrangers », précise la représentation diplomatique.

En clair, les services de renseignement béninois sont susceptibles d’accroître leur suivi à l’égard de tout ressortissant étranger, et particulièrement de ceux issus de puissances impliquées dans la géopolitique régionale. Moscou invite donc ses citoyens à « respecter strictement les consignes de sécurité » et à rester à l’écoute des autorités locales.

 

Une diplomatie de précaution

Cette alerte intervient alors que le Bénin tente de rassurer les investisseurs internationaux sur la résilience de son modèle économique. Si la France ou les États-Unis émettent régulièrement ce type d’avis via leurs plateformes « Conseils aux voyageurs », l’initiative de Moscou souligne une lecture préoccupée de la situation intérieure béninoise.

Pour les voyageurs et les opérateurs économiques russes, cet avertissement est un coup de frein brutal. Il illustre surtout la fragilité d’un pays qui, longtemps considéré comme une « oasis de paix » en Afrique de l’Ouest, doit désormais composer avec les turbulences sécuritaires propres au Sahel.

Bénin : Recours contre Michel Sodjinou à la Cour constitutionnelle

Élu sous la bannière de l’opposition, le député Michel Sodjinou fait face à un recours en invalidation pour « défaut de confiance ». En cause : un revirement sur la question ultra-sensible des parrainages pour la présidentielle de 2026. La décision est attendue ce jeudi.

 

Au Bénin, la bataille pour la présidentielle de 2026 ne se joue pas seulement dans les états-majors des partis, mais aussi dans les prétoires. Ce jeudi 5 février, la Cour constitutionnelle, présidée par Dorothé Sossa, s’est penchée sur un dossier explosif : la contestation de l’élection du député Michel Sodjinou.

 

Un « défaut de confiance » au cœur des débats

Le requérant, Ousmane Gomè Gomè, a déposé un recours visant l’invalidation du siège parlementaire de l’élu. Le grief invoqué, bien que singulier sur le plan juridique, est éminemment politique : le « défaut de confiance ».

Selon le rapport présenté lors de l’audience, il est reproché à Michel Sodjinou son attitude lors de la phase cruciale du dépôt des candidatures pour le scrutin présidentiel à venir. Le requérant accuse le député d’avoir retiré son parrainage au candidat du parti Les Démocrates (opposition), une manœuvre perçue comme une tentative de déstabilisation de sa propre famille politique.

« Le député n’est plus digne de confiance pour siéger à l’Assemblée nationale », soutient Ousmane Gomè Gomè dans son recours.

 

Une chaise vide à l’audience

L’audience, qui s’est ouverte à 10 heures précises, a révélé une double absence notable : celle du requérant, mais aussi celle du principal concerné. Le rapporteur de la Cour a précisé que Michel Sodjinou n’avait ni répondu à l’invitation de la juridiction, ni transmis d’observations écrites pour sa défense.

Ce mutisme soulève des interrogations alors que le système des parrainages – qui impose à chaque candidat d’obtenir le soutien d’un certain nombre d’élus – verrouille encore le jeu électoral béninois. L’opposition considère chaque défection comme une trahison, susceptible de réduire ses chances de figurer au premier tour en 2026.

 

Quel verdict pour la 9ᵉ législature ?

La Cour constitutionnelle, clé de voûte de la démocratie béninoise mais souvent accusée par ses détracteurs de s’aligner sur le pouvoir, rendra son verdict aujourd’hui à 13 h 15.

Si l’invalidation d’un siège pour « défaut de confiance » constituait une jurisprudence inédite, elle mettrait également en lumière les tensions qui traversent l’hémicycle à l’approche des grandes échéances.

C’est finalement en début d’après-midi que la Cour constitutionnelle a tranché.

 

Mise à jour – Décision de la Cour constitutionnelle

13 h 52 – Contestation de l’élection du député Michel Sodjinou : la Cour constitutionnelle déclare le recours irrecevable.

La juridiction constitutionnelle a estimé que la requête introduite ne remplissait pas les conditions de recevabilité prévues par les textes en vigueur. En conséquence, la Cour constitutionnelle maintient le mandat parlementaire de Michel Sodjinou et met ainsi un terme à cette procédure qui agitait la scène politique à la veille des grandes échéances électorales.

Bénin : Incendie d’un bus à l’entrée de Malanville

Ce jeudi 5 février 2026, l’entrée de la cité frontalière de Malanville a été le théâtre d’une collision dévastatrice entre un bus de transport interurbain et un véhicule chargé de carburant de contrebande. Le bilan provisoire fait état d’un mort et de deux blessés graves.

 

Dès les premières heures de la matinée, la ville de Malanville, carrefour commercial stratégique entre le Bénin et le Niger, s’est réveillée dans la stupeur. En effet, aux alentours de l’aube, un incendie d’une rare violence a illuminé le ciel devant la rizerie de la ville, à quelques encablures d’un poste de contrôle douanier. En cause : la collision entre un bus de la compagnie « Baobab » et un véhicule transportant de l’essence de contrebande, communément appelée « kpayo ».

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Une collision fatale

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, les circonstances du drame mettent une nouvelle fois en lumière la dangerosité du transport de produits inflammables sur les grands axes routiers. En effet, un bus en provenance de la ville a percuté de plein fouet un véhicule chargé de bidons d’essence, alors que ce dernier était stationné non loin du poste de douane.

Aussitôt, le choc a été suivi d’un embrasement instantané. L’essence stockée dans le taxi a servi de puissant accélérateur, transformant les deux véhicules en véritables brasiers en l’espace de quelques secondes seulement.

« Le feu s’est propagé à une vitesse fulgurante, attisé par la cargaison inflammable, jusqu’aux abords de l’usine », rapporte un témoin oculaire encore sous le choc.

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Un bilan humain et matériel lourd

Dans ce contexte dramatique, les autorités préfectorales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel global, mais les premières informations disponibles annoncent un mort — une victime piégée par les flammes — ainsi que deux blessés graves, que les secours ont évacués en urgence vers un centre hospitalier.

Par ailleurs, le bus de la compagnie Baobab a entièrement brûlé. Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers dépêchés sur les lieux ont lutté contre les flammes afin d’éviter que l’incendie ne se propage aux installations industrielles de la rizerie voisine, un scénario qui aurait pu aggraver davantage le drame.

Le défi persistant du carburant de contrebande

Au-delà du fait divers, ce drame relance inévitablement le débat sur la régulation du transport de carburant informel dans cette région septentrionale du Bénin. En dépit des efforts consentis par le gouvernement de Patrice Talon pour structurer le secteur et implanter des stations-service de proximité, le flux transfrontalier de l’essence de contrebande demeure une réalité quotidienne à Malanville.

Ainsi, cet accident survient dans un contexte de renforcement de la surveillance aux frontières. Toutefois, la porosité de la zone, combinée à la pression économique, pousse encore de nombreux acteurs à prendre des risques démesurés sur des routes déjà fortement encombrées par le trafic de marchandises.

Bénin : l’offensive « Tolérance Zéro »pour éradiquer le travail des enfants

De 54 % en 2014 à moins de 20 % en 2022 : le Bénin affiche l’une des trajectoires les plus volontaristes de la sous-région en matière de lutte contre l’exploitation des mineurs. Mais pour le gouvernement de Patrice Talon, le plus difficile reste à faire. Car le dernier kilomètre est souvent le plus ardu. À Sèmè-Kpodji, l’exécutif a lancé, ce 3 février 2026, la deuxième phase de sa campagne nationale « Tolérance Zéro », combinant sensibilisation numérique, fermeté réglementaire et prise en charge sociale renforcée.

 

La Maison des jeunes de Sèmè-Kpodji, ville carrefour aux portes du Nigeria, n’a pas été choisie au hasard. Dans ce pôle économique dynamique, où les tentations de l’informel sont nombreuses, la ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, a donné le coup d’envoi de cette nouvelle offensive contre le travail des enfants.

Autour d’elle, un aréopage de ministres, de préfets et de partenaires internationaux – OIT et UNICEF en tête – est venu marteler un message désormais assumé par l’État béninois : l’exploitation des enfants n’est plus une « fatalité culturelle », mais un délit économique et social que les autorités entendent traquer jusque dans les secteurs les plus opaques.

Ministère du Travail et de la Fonction publique
© Ministère du Travail et de la Fonction publique

Le « miracle » des chiffres à l’épreuve du terrain

Sur le papier, le bilan est impressionnant. Selon l’enquête MICS 2022, le taux de prévalence du travail des enfants au Bénin est passé de 54 % en 2014 à 19,9 % aujourd’hui. Une chute spectaculaire qui place le pays parmi les meilleurs élèves d’Afrique de l’Ouest.

Pourtant, à la tribune, Adidjatou Mathys tempère tout triomphalisme. Si les chiffres globaux baissent, les pires formes de travail des enfants – mines, carrières, agriculture intensive, petits commerces transfrontaliers – continuent de résister. « Le travail des enfants compromet l’éducation, détériore la santé et hypothèque le capital humain du Bénin de demain », a rappelé la ministre. L’enjeu n’est donc plus seulement scolaire, mais structurel : démanteler des filières économiques qui prospèrent sur la vulnérabilité des familles.

 

Une coalition État–privé–numérique

La principale nouveauté de cette « saison 2 » réside dans l’élargissement de la coalition. L’État ne mise plus uniquement sur la contrainte administrative. Deux leviers stratégiques ont été pleinement intégrés :

Le secteur privé, via le Conseil national du patronat du Bénin (CNP-Bénin), s’engage à assainir les chaînes d’approvisionnement et à prévenir toute forme de recours direct ou indirect à la main-d’œuvre infantile.

Le numérique, avec la Fondation Moov Africa Bénin, représentée par Aurore Houngbedji, déploie des campagnes de sensibilisation par SMS, sur les réseaux sociaux et via des outils digitaux ciblant les communautés à risque.

Pour Ousmane Niang, représentant résident de l’UNICEF, l’urgence est désormais le renforcement de synergies entre les acteurs :

« Le secteur privé ne doit plus être, même involontairement, un refuge pour le travail des enfants. »

Ministère du Travail et de la Fonction publique
© Ministère du Travail et de la Fonction publique

Inspection, contrôle et réinsertion : le triptyque de la fermeté

L’offensive 2026 ne se limitera pas aux discours. Le plan d’action prévoit une intensification des inspections du travail, notamment dans les zones frontalières, les marchés régionaux et les bassins agricoles. Mais la véritable inflexion se joue dans l’ « après-retrait ».

La ministre des Affaires sociales, Véronique Tognifodé, a insisté sur la durabilité des solutions : retirer un enfant d’un atelier ou d’un champ est une étape ; le maintenir à l’école ou dans un centre de formation en est une autre. Le renforcement de la ligne d’assistance aux enfants (138), des programmes de microfinance et de l’appui social aux familles vulnérables constituent le filet de sécurité destiné à prévenir les rechutes.

 

Le pari politique du capital humain

Au-delà de la dimension sociale, cette campagne engage la crédibilité internationale du Bénin. À l’heure où le pays cherche à attirer davantage d’investissements directs étrangers, le respect des standards sociaux devient un argument de compétitivité.

En prônant la « Tolérance Zéro », le pouvoir de Cotonou adresse un message clair à ses partenaires : le Bénin de 2026 entend se construire sur la compétence de ses adultes, et non sur le labeur précoce de ses enfants. La bataille de Sèmè-Kpodji est lancée. Reste à savoir si les mentalités évolueront au même rythme que les réformes.

Bénin : Le chef Delphin Agbetogan à l’assaut du record Guinness

Le Bénin n’en finit plus de transformer ses fourneaux en arènes de combat. Après le triomphe de la cheffe Keith Sonon en décembre dernier, c’est au tour d’un jeune prodige de 25 ans, Delphin Agbetogan, de tenter l’impossible : un marathon culinaire de 25 jours. Une offensive gastronomique qui place Cotonou au centre de la scène mondiale.

À Cotonou, la cuisine n’est plus seulement une affaire de goût, c’est désormais une question de prestige national. Quelques semaines seulement après que Patrice Talon s’est affiché au Palais des Congrès pour soutenir « l’Amazone en cheffe », Keith Sonon — qui a tenu le pays en haleine pendant quinze jours —, un nouveau prétendant surgit.

Son nom : Delphin Agbetogan. Son surnom : le « Guépard des fourneaux ». Et son ambition : pulvériser les compteurs en tenant la barre pendant 25 jours consécutifs, du 16 février au 12 mars 2026.

 

L’ascension fulgurante d’un « technocuistot »

À seulement 25 ans, le parcours d’Agbetogan ressemble à un plan de vol sans turbulences. Formé au centre Cordiam de Calavi, ce pur produit de l’école béninoise a très vite compris que la passion ne suffisait pas sans la technique. Son passage en Turquie et son expérience comme chef cuisinier au prestigieux SOLUX Hôtel lui ont permis de forger une signature hybride : une rigueur toute stambouliote appliquée aux produits du terroir béninois.

 

Mais au-delà du talent, c’est le symbole qui frappe. En se lançant dans cette aventure au Majestic Cinéma (ex-Canal Olympia) de Wologuédé, Agbetogan devient le premier homme africain à briguer le record Guinness du marathon culinaire. Dans un domaine où les records de longévité étaient jusqu’ici la chasse gardée de cheffes ultra-médiatisées, le jeune chef entend prouver que la nouvelle garde masculine africaine a les épaules assez larges pour supporter la pression.

 

25 jours pour l’histoire

Le défi est colossal. Tenir près de 600 heures devant les fourneaux exige une préparation d’athlète de haut niveau : discipline de fer, précision chirurgicale dans le dressage et gestion rigoureuse du sommeil. L’événement, qui se veut populaire et accessible, sera scruté à la fois par les inspecteurs du Guinness World Records et par une opinion publique béninoise devenue particulièrement exigeante en matière de performances culinaires.

Le choix du lieu n’est pas anodin. En s’installant au cœur de Wologuédé, le « Guépard » quitte le cadre feutré du Palais des Congrès pour une immersion totale dans la ferveur urbaine de Cotonou. Une manière aussi de transformer l’exploit technique en fête patriotique et gastronomique.

 

Un enjeu de soft power pour le Bénin

Pour le gouvernement de Patrice Talon, qui mise sur le rayonnement culturel et touristique du pays, ces marathons sont du pain bénit. Par ailleurs, ils incarnent cette « exception béninoise » que le régime tente de promouvoir : un mélange de résilience, de talent et de modernité.

Si Delphin Agbetogan réussit son pari le 12 mars prochain, il ne fera pas que battre un record de temps. Il confirmera que le Bénin est devenu, en l’espace de quelques mois, le laboratoire de la performance gastronomique sur le continent. En somme, le « Guépard » est prêt à bondir, et Cotonou retient déjà son souffle.