L’insécurité maritime dans le Golfe de Guinée menace directement les artères du commerce ouest-africain. Pour contrer cette vulnérabilité économique, le Bénin et l’Union européenne ont franchi une étape clé à Cotonou début septembre 2026. En effet, la frégate portugaise NRP Álvares Cabral a orchestré une session de perfectionnement tactique destinée à la marine béninoise, transformant l’escale technique du bâtiment européen en un levier de renforcement sécuritaire et commercial.
Par ailleurs, cette initiative conjointe cible directement les failles opérationnelles qui pénalisent le transport maritime régional. Durant cinq jours d’exercices intensifs, des unités de la police maritime portugaise et des équipes d’arraisonnement ont formé les forces béninoises aux contrôles embarqués ainsi qu’à la gestion rigoureuse des preuves sur les scènes de crime en haute mer. Cette maîtrise des procédures judiciaires maritimes garantit des poursuites légales efficaces contre la piraterie et les trafics illicites, sécurisant ainsi les zones d’ancrage stratégiques du pays.
Capitaux et logistique : le programme SWAIMS au service de la CEDEAO
Cet entraînement concrétise les orientations du projet SWAIMS (Soutien à la sécurité maritime intégrée en Afrique de l’Ouest), un programme majeur financé par l’Union européenne. L’ambition dépasse la formation purement opérationnelle : l’UE déploie des moyens matériels conséquents pour prémunir les économies locales contre le pillage des ressources. Chacun des douze États côtiers de la CEDEAO recevra deux vedettes d’intervention rapide ainsi que des kits médico-légaux de pointe, dotant les marines nationales des outils nécessaires pour neutraliser la pêche illégale et consolider l’État de droit dans leurs eaux territoriales.
La portée économique et géopolitique de cette coopération s’est affirmée lors de la visite du bâtiment par le ministre béninois de la Défense, Gildas Agonkan, et l’ambassadeur de l’UE au Bénin, Stéphane Mund. Leur présence conjointe à bord du NRP Álvares Cabral souligne la volonté commune de stabiliser le corridor maritime régional. En sécurisant les voies d’accès au port de Cotonou, les partenaires protègent l’attractivité commerciale de la région et garantissent la fluidité des échanges marchands internationaux.
Trente-sept cadres et partenaires de l’Agence béninoise de protection civile se forment, les 10 et 11 septembre à Grand-Popo, aux nouvelles orientations de l’institution.
Dans la salle de conférence de la mairie de Grand-Popo, 37 personnes planchent depuis ce jeudi sur un même dossier : comment traduire, dans le travail quotidien de la protection civile béninoise, les nouvelles orientations stratégiques adoptées par l’Agence béninoise de protection civile (ABPC). Par ailleurs, l’atelier, organisé sur deux jours, réunit cadres de la direction générale, chefs de départements et d’antennes, points focaux ministériels et représentants du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
Un changement de doctrine à faire redescendre sur le terrain
Le Lieutenant-colonel Edah Gilbert, chef de l’antenne ABPC du département du Littoral, a ouvert les travaux en représentant le directeur général de l’Agence, le Contrôleur général de police Abdel Aziz Bio Djibril. Son message tient en une phrase : une orientation stratégique ne vaut que si les cadres qui l’appliquent au quotidien se l’approprient réellement, au-delà du texte qui l’énonce.
Ainsi, l’enjeu dépasse la seule diffusion d’information descendante. En réunissant dans une même salle des cadres de terrain, des points focaux ministériels et des représentants du Média Citoyen pour la Protection civile, l’ABPC cherche à construire une compréhension partagée de ses priorités avant même le déploiement opérationnel de sa nouvelle doctrine.
Trois communications, un fil conducteur : l’anticipation
Le programme s’articule autour de trois interventions techniques. La première détaille les mécanismes et outils de gestion des crises actuellement disponibles au Bénin. La deuxième présente les nouvelles orientations stratégiques de l’ABPC elle-même. La troisième porte sur un sujet plus technique mais central : la gestion des statistiques, le suivi et l’évaluation des actions de protection civile.
L’objectif affiché par l’ABPC à l’issue de l’atelier est de bâtir une protection civile plus moderne, mieux coordonnée et davantage fondée sur l’anticipation et l’exploitation des données.
Ce troisième volet, consacré aux statistiques et au suivi-évaluation, marque une évolution notable dans la manière dont l’ABPC conçoit son rôle. Plutôt que de se limiter à une réponse réactive face aux catastrophes, l’Agence entend désormais s’appuyer sur des données fiables pour anticiper les risques, orienter ses choix et mesurer l’efficacité réelle de ses interventions.
Les échanges tenus à Grand-Popo insistent sur trois conditions de réussite de cette approche : une coordination effective entre les différents acteurs impliqués, une fiabilité constante des données collectées sur le terrain, et un suivi rigoureux des actions menées, condition jugée indispensable pour transformer l’anticipation en outil de décision plutôt qu’en simple ambition affichée.
L’atelier met également en lumière l’architecture institutionnelle dans laquelle s’inscrit la protection civile béninoise. Au-delà de l’ABPC, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, les points focaux sectoriels ainsi que les médias dédiés à la sensibilisation citoyenne participent directement à la définition des priorités opérationnelles. Ce dispositif traduit une volonté de coordination interinstitutionnelle, plutôt qu’un pilotage isolé de l’Agence.
Pour l’ABPC, cette rencontre de deux jours s’inscrit dans un effort de modernisation de la gouvernance des risques au Bénin, avec un objectif affiché : mieux protéger les personnes, les biens et l’environnement face aux catastrophes, en s’appuyant sur des cadres mieux formés et des décisions mieux informées.
L’Assemblée nationale a voté ce mercredi son projet de budget pour l’exercice 2027, arrêté à un peu plus de 31,6 milliards de francs CFA. Le chiffre affiche un recul par rapport à 2026, mais la baisse s’explique par la disparition de dépenses ponctuelles liées à l’installation de la nouvelle législature : hors ces charges exceptionnelles, les crédits de l’institution progressent.
Réunis en séance plénière ce mercredi 9 septembre, les députés béninois ont approuvé sans opposition le projet de budget de leur institution pour la gestion 2027. Le montant retenu s’élève à 31 641 329 965 F CFA, un vote intervenu dans le cadre de la deuxième session extraordinaire de l’année parlementaire 2026. Le texte, défendu devant l’hémicycle par le président de l’institution, Joseph Djogbénou, a recueilli l’adhésion unanime des parlementaires présents — un signal de consensus rare sur un exercice budgétaire habituellement plus disputé.
Un recul qui masque une autre réalité
Comparé à l’enveloppe 2026, fixée à 33 085 700 909 F CFA, le nouveau budget accuse un retrait de 1 444 370 944 F CFA, soit 4,37 %. L’écart se creuse même davantage — jusqu’à près de 9 % — si l’on prend pour référence le budget 2026 tel qu’il a été révisé en cours d’exercice plutôt que sa version initiale.
Un budget parlementaire n’évolue pas de façon linéaire d’une législature à l’autre : l’installation d’élus nouvellement investis génère mécaniquement des frais qui ne se reproduisent pas l’année suivante. Comparer deux exercices bruts, sans neutraliser ce type de charge exceptionnelle, peut donc donner une image inversée de la trajectoire réelle des dépenses.
Selon les explications données par Joseph Djogbénou aux députés, cette contraction apparente tient presque intégralement à un facteur conjoncturel : les frais engagés en 2026 pour l’installation des nouveaux élus de la 10ᵉ législature, une dépense par nature non renouvelable, avaient gonflé le budget de l’an dernier.
Neutralisée, la tendance s’inverse
Une fois ces charges exceptionnelles retranchées du calcul, le budget 2027 ne recule plus : il progresse de 6,16 % par rapport à l’enveloppe initiale de 2026, a précisé le président de l’Assemblée. C’est cette lecture corrigée, et non le simple écart en valeur absolue, qui reflète selon lui l’évolution réelle des moyens alloués à l’institution parlementaire.
Le personnel absorbe l’essentiel des crédits
Le projet de budget se décompose en quatre grandes enveloppes. L’administration et le personnel concentrent, de loin, la part la plus lourde des ressources, suivis par le chantier du nouveau siège de l’institution. Les activités diverses et transferts, ainsi que l’équipement, complètent un total nettement plus resserré.
Avec plus de 9,17 milliards de francs CFA fléchés vers les constructions et le futur siège de l’Assemblée nationale, ce poste s’impose comme le second pilier du budget 2027, loin devant les transferts et l’équipement réunis. Il traduit la poursuite d’un chantier immobilier déjà engagé, dont le financement continue de peser sur les arbitrages de l’institution pour l’exercice à venir.
En accueillant la deuxième édition du Processus de Swakopmund, les 9 et 10 septembre 2026, Cotonou s’impose comme le centre névralgique de la diplomatie continentale. Ainsi, sous la présidence béninoise du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ce sommet ministériel transforme un engagement normatif vieux de vingt-cinq ans en un plan d’action pragmatique pour l’Afrique.
La diplomatie béninoise met à profit sa présidence mensuelle de l’instance sécuritaire africaine pour passer des discours protocolaires aux réformes structurelles. C’est dans cette dynamique que la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a ouvert les travaux aux côtés de l’ambassadrice Liberata Mulamula, envoyée spéciale de l’Union africaine, et de la représentante Doris Mpoumou. Cette mobilisation multilatérale vise avant tout à corriger une carence historique : la sous-représentation chronique des femmes dans la résolution des conflits, et ce, malgré les engagements pris depuis l’adoption de la résolution 1325 des Nations unies.
Le rassemblement de Cotonou redéfinit les priorités sécuritaires en plaçant l’indépendance financière des femmes au cœur des stratégies de pacification. En effet, les délégations y analysent l’impact direct de la précarité économique sur la vulnérabilité des communautés face au terrorisme transfrontalier et aux chocs climatiques. Par conséquent, en finançant prioritairement les initiatives féminines dans les régions fragiles, les décideurs continentaux cherchent à priver les groupes armés de leviers de recrutement, tout en consolidant la résilience sociale.
Vers une mise en œuvre contraignante des résolutions
Pour aller plus loin, le Processus de Swakopmund franchit une étape décisive en exigeant des mécanismes de suivi mesurables pour chaque État membre. À cet égard, les participants élaborent des directives opérationnelles visant à garantir la participation systématique des femmes dans les équipes de médiation officielles de l’Union africaine.In fine, cette démarche pragmatique entend combler définitivement le fossé entre les traités internationaux et la réalité du terrain dans les zones de crise.
En somme, cette impulsion nouvelle pourrait ouvrir la voie à des avancées tangibles, faisant de la participation des femmes un véritable levier de stabilité et de paix durable sur le continent.
L’interpellation de trois suspectes et la saisie de 740 kilogrammes de produits pharmaceutiques frelatés, le 7 septembre 2026 à Porto‑Novo, marquent une victoire stratégique contre le commerce clandestin de la santé. Cette opération, menée par les forces de l’ordre à proximité du marché Ouando, met en lumière la dangerosité d’un trafic structuré qui transforme les zones résidentielles en entrepôts de substances illicites.
Un réseau criminel ancré dans le secteur informel
L’enquête révèle un mode opératoire rigoureusement planifié pour contourner les contrôles sanitaires de l’État. Basée à Cotonou, la responsable présumée du réseau exploitait, notamment, l’affluence des jours de marché à Porto‑Novo pour écouler des substances non homologuées auprès des populations. Ce modèle économique s’appuyait sur une logistique informelle, stockant près de trois quarts de tonne de produits dangereux à même le sol dans une concession privée. Une telle méthode met directement en péril la sécurité sanitaire nationale en introduisant des produits non contrôlés dans la chaîne de consommation populaire.
Une intervention policière ciblée et décisive
Grâce à des renseignements opérationnels précis, les éléments du commissariat du 5e arrondissement ont surpris le trio en flagrant délit au milieu de leur stock clandestin. Lors des premiers interrogatoires, la principale mise en cause a revendiqué la propriété exclusive de la marchandise pour tenter de dédouaner ses deux associées. Les services du procureur de la République examinent désormais la responsabilité exacte de chaque participante. L’imposant volume de la saisie, immédiatement placé sous scellés judiciaires, confirme la portée industrielle de cette entreprise illégale.
Le défi crucial de la sécurité sanitaire publique
Ce coup de filet démontre la détermination de la police nationale à éradiquer la vente illicite de médicaments à la racine. Face à la prolifération des faux remèdes dans les grands centres urbains, la réponse judiciaire, ferme et coordonnée, constitue le seul rempart efficace contre les réseaux qui spéculent sur la vulnérabilité des malades. Le démantèlement de cette filière envoie un signal clair quant à la volonté de l’État de verrouiller le secteur pharmaceutique et de protéger la santé des citoyens.
Finalement, la procédure judiciaire en cours dira si cette affaire suffit à dissuader les trafiquants; en attendant, la vigilance reste de mise pour protéger la santé publique.
La justice a ordonné l’arrestation d’un agent du service des affaires domaniales de Kandi et de son complice pour faux et usage de faux. En effet, ce fonctionnaire a abusé de sa position pour escroquer 14 millions de francs CFA à un commerçant, exposant ainsi la vulnérabilité extrême du système d’enregistrement foncier de la commune.
Une tromperie de l’intérieur
Ainsi, l’opération frauduleuse a détourné les procédures de vérification institutionnelles. Un rabatteur a approché la victime pour lui vendre quatre parcelles en deux phases distinctes. Soucieux de sécuriser son investissement, le commerçant s’est rendu à la mairie afin de valider les titres fonciers. Or, l’acheteur ignorait qu’il confiait cette tâche d’authentification au véritable architecte de l’escroquerie. L’agent municipal a formellement certifié la légalité des documents et l’identité du vendeur fictif, utilisant l’autorité de l’administration pour convaincre la victime de débourser les fonds.
Failles structurelles et poursuites judiciaires
Par la suite, les forces de sécurité ont appréhendé les deux suspects, désormais aux mains du procureur de la République. Au‑delà du préjudice financier, ce dossier met en lumière un problème systémique au sein de l’administration locale. En effet, la capacité d’un employé à valider des actes falsifiés sans aucune supervision hiérarchique révèle de graves manquements dans la gestion sécuritaire des archives domaniales. Cette affaire démontre que la concentration des pouvoirs de vérification entre les mains d’un seul individu ruine la crédibilité des services publics censés protéger les investissements des citoyens.
Vers une refonte des contrôles administratifs
Désormais, les autorités judiciaires doivent identifier l’origine exacte des faux documents. L’enquête établira si le fonctionnaire a détourné des imprimés officiels de la mairie pour donner l’apparence de la légalité à sa fraude. Pour la municipalité de Kandi, l’urgence dicte l’instauration immédiate d’un protocole de double vérification pour toutes les transactions foncières. Restaurer la confiance publique exigera non seulement des sanctions pénales sévères, mais également un audit complet des récentes attributions de parcelles afin d’évaluer l’étendue réelle de ces malversations.
Le Bénin franchit une étape décisive dans sa stratégie d’intégration logistique. En effet, ce mercredi 9 septembre 2026, à la nouvelle préfecture de Dassa‑Zoumè, le ministre du Cadre de vie et des Transports, accompagné du chargé d’affaires de l’ambassade des États‑Unis, a donné le coup d’envoi opérationnel des travaux de reconstruction de l’axe Sètto‑Dassa‑Zoumè. Porté par le programme Millennium Challenge Account‑Bénin Régional, ce chantier d’envergure vise à transformer une artère dégradée en véritable moteur économique pour la région.
Un modèle de cofinancement bilatéral puissant
Ainsi, l’initiative repose sur un montage financier massif de 291 millions de dollars américains. Les États‑Unis, via le Millennium Challenge Corporation (MCC), apportent une subvention de 202 millions de dollars, complétée par une contribution directe de 89 millions de dollars injectée par l’État béninois. Ce partenariat public‑public reflète la volonté commune de moderniser les infrastructures nationales tout en stimulant le commerce transfrontalier.
Désenclavement et sécurité au cœur des priorités
Par ailleurs, ce projet transforme la dynamique des flux commerciaux nationaux :
Fluidification du fret : l’aménagement garantit un transit accéléré des marchandises et des usagers entre les grands centres de production et les marchés régionaux.
Sécurisation du réseau : le redimensionnement technique de la voie réduira considérablement le taux d’accidentalité sur cet axe stratégique.
Connexion territoriale : les collectivités riveraines accèdent directement aux principaux circuits économiques du pays, rompant le relatif isolement des zones traversées.
L’épreuve du terrain pour le tandem Bénin‑MCC
De plus, l’officialisation du chantier devant les autorités locales, les délégués préfectoraux et les populations riveraines marque le début de la phase d’exécution. Pour les habitants et les transporteurs, l’attente se déplace désormais sur le calendrier de livraison et la qualité des ouvrages. Le tandem Cotonou‑Washington joue ici sa crédibilité opérationnelle afin de transformer ces investissements capitaux en retombées socio‑économiques tangibles.
Porto-Novo, 8 septembre 2026 — Le Bénin franchit une étape décisive dans sa quête de leadership technologique en Afrique de l’Ouest. Ce mardi 8 septembre 2026, l’Assemblée nationale a en effet posé les jalons d’un transfert de compétences massif en intelligence artificielle (IA) lors d’une rencontre au sommet entre le président du Parlement, Joseph Fifamin Djogbénou, et des figures de proue de l’écosystème technologique canadien.
Loin des simples visites de courtoisie institutionnelle, les dirigeants de la firme IMDS Software et du cabinet Éthique AI ont ainsi présenté une feuille de route axée sur l’intégration immédiate d’outils de pointe au sein de l’appareil d’État.
Dématérialisation, sécurité et contrôle biométrique
L’administration béninoise s’apprête par conséquent à moderniser radicalement ses infrastructures de traitement de l’information. À ce titre, Frédéric Cornu, directeur général d’IMDS Software, a détaillé le déploiement futur de technologies adaptées aux besoins gouvernementaux. L’entreprise nord-américaine compte en effet intégrer ses systèmes de reconnaissance optique de caractères (OCR), de lecture automatisée de plaques d’immatriculation et de reconnaissance faciale.
Ces innovations visent un triple objectif technique : accélérer la dématérialisation des services publics, garantir la sécurisation des données sensibles et automatiser le traitement documentaire à grande échelle. Cette offensive technologique permettra ainsi au gouvernement d’optimiser ses processus décisionnels et administratifs, tout en renforçant son infrastructure sécuritaire.
Un pont académique direct avec Montréal
Plutôt que d’imposer un modèle de consommation technologique passif, la délégation canadienne mise résolument sur le développement de l’ingénierie locale. Les firmes prévoient d’arrimer les chercheurs et étudiants béninois à leurs réseaux internationaux de recherche et développement (R&D). Le cœur de ce dispositif repose d’ailleurs sur la création de synergies directes avec une chaire d’intelligence artificielle établie à Montréal.
De son côté, Anita Koukoui Montassier, cofondatrice et dirigeante d’Éthique AI, a fermement défendu cette approche collaborative. Elle a ainsi souligné la volonté du groupe de mutualiser trente années d’expertise industrielle, rejetant expressément toute logique de conquête commerciale unilatérale. L’initiative vise à capitaliser sur le calendrier actuel des réformes numériques du pays pour propulser la jeunesse locale, l’objectif final consistant à doter le Bénin d’ingénieurs hautement qualifiés, capables de concevoir, maintenir et développer une souveraineté technologique durable.
En connectant directement le sommet du pouvoir législatif aux experts internationaux, Porto-Novo démontre ainsi son ambition de structurer une véritable économie du savoir. Le pays confirme par le fait même sa stratégie : se positionner comme un hub régional incontournable pour les investissements de pointe dans le secteur de l’intelligence artificielle.
COTONOU, 8 septembre 2026 — À la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale des ressources agricoles. Ehua Industries a officiellement inauguré, vendredi 4 septembre, un complexe agro-industriel construit sur huit hectares et présenté comme un maillon destiné à renforcer les liens entre agriculture, élevage et industrie. Selon sa promotrice, Anick Achi Magne, plus de 28 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour réaliser l’infrastructure.
L’enjeu dépasse ainsi l’ouverture d’une nouvelle unité industrielle. Le projet vise à organiser autour d’un même outil plusieurs étapes de la chaîne de valeur, depuis l’approvisionnement en matières premières jusqu’à la fabrication d’intrants destinés aux filières animales.
Le choix des activités traduit cette orientation. Ehua Industries veut valoriser plusieurs productions et sous-produits disponibles dans le pays, notamment le maïs, le soja, le son de riz, le son de maïs, les tourteaux de coton, l’huile de palme et certains dérivés de l’anacarde.
L’entreprise prévoit ainsi de fabriquer des aliments destinés à l’élevage et à l’aviculture. Pour les autorités comme pour les responsables du projet, cette production locale doit permettre de mieux approvisionner les exploitants, de réduire certaines dépendances extérieures et de conserver une part plus importante de la valeur créée dans l’économie béninoise.
Christian Assossou, président du conseil d’administration d’Ehua Industries, a résumé cette ambition en évoquant le choix de produire au Bénin, à l’échelle industrielle, des biens jusque-là achetés à l’extérieur.
Un outil industriel calibré pour les filières agricoles
Le complexe dispose d’importantes capacités de traitement et de stockage. Ses installations peuvent nettoyer et sécher plus de 30 tonnes de maïs et de soja par heure, tandis que les silos offrent une capacité supérieure à 20 000 tonnes.
L’unité prévoit également une trituration de soja pouvant atteindre 300 tonnes par jour. À terme, l’entreprise annonce une capacité de transformation de 100 000 tonnes de graines en huile brute et en tourteaux. La production d’aliments complets pour animaux devrait, quant à elle, atteindre 180 000 tonnes par an.
Ces volumes doivent permettre à Ehua Industries de jouer un rôle central dans l’approvisionnement des élevages. Ils peuvent également créer des débouchés plus réguliers pour les producteurs qui alimentent la chaîne industrielle en maïs, soja, coton et autres matières premières.
La GDIZ cherche à rapprocher agriculture et industrie
L’implantation du complexe répond aussi à la logique défendue par la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI Bénin), gestionnaire de la GDIZ. Selon son directeur général, Létondji Beheton, la zone doit favoriser la proximité entre les ressources disponibles et les unités capables de les transformer.
Ehua Industries s’inscrit précisément dans cette dynamique. En réunissant plusieurs activités complémentaires, l’entreprise entend créer davantage de connexions entre producteurs agricoles, industriels et acteurs de l’élevage.
Cette intégration peut aussi renforcer les autres maillons de l’écosystème : transport, stockage, logistique, distribution et services techniques.
Un investissement qui a résisté aux contraintes
La concrétisation du projet a néanmoins nécessité plusieurs années de préparation. Anick Achi Magne a évoqué les difficultés rencontrées pour mobiliser les financements, les ajustements apportés au modèle économique ainsi que les contraintes apparues pendant la réalisation du chantier.
L’acheminement des équipements, les opérations de calibrage industriel et certaines procédures administratives ont notamment pesé sur le calendrier. Malgré ces obstacles, le projet a finalement pris forme après plus de trois années de conception et de travaux.
Son financement a mobilisé plusieurs partenaires, parmi lesquels la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), NSIA Banque Bénin, la Banque nationale d’investissement de Côte d’Ivoire (BNI Côte d’Ivoire) et Sud Capital SA.
L’impact attendu ne se limite pas aux volumes industriels. Plus de 1 600 ingénieurs, techniciens, conducteurs de travaux, administratifs et ouvriers ont participé à la construction du complexe.
La promotrice table désormais sur la création d’emplois directs qualifiés et sur plusieurs milliers d’emplois indirects. Les retombées pourraient concerner notamment les activités de transport, de manutention, de distribution et d’approvisionnement.
Le ministre du Tourisme et des Affaires étrangères, chargé de l’Industrie et de la Promotion des investissements privés, Olushegun Bakari, a présenté l’investissement comme un signal important pour le développement industriel. Il a également insisté sur la trajectoire de la promotrice, entrepreneure béninoise originaire de Savè, dans un contexte où le gouvernement souhaite encourager davantage l’entrepreneuriat féminin.
Le véritable test commence avec la production
L’inauguration marque désormais le passage du chantier à l’exploitation. Avant le démarrage commercial à pleine capacité, l’entreprise doit procéder à des tests à vide et vérifier le fonctionnement de ses différentes installations.
Cette phase sera décisive. La réussite du projet dépendra non seulement des capacités installées, mais aussi de la régularité de l’approvisionnement, de la compétitivité des produits et de la capacité de l’entreprise à s’intégrer durablement aux chaînes agricoles et d’élevage.
À la GDIZ, Ehua Industries mise donc sur un modèle d’intégration qui combine transformation agricole, production d’aliments pour animaux, création d’emplois et substitution à certaines importations. Après l’investissement, le prochain défi sera de convertir ces capacités industrielles en volumes de production, en revenus pour les producteurs et en gains durables pour l’économie béninoise.
En visite à Abidjan, le président du Conseil économique et social du Bénin a retrouvé son homologue ivoirien pour transformer neuf ans de partenariat institutionnel en réponses concrètes aux urgences économiques et sociales des deux pays.
Trois dossiers concentrent désormais l’essentiel du dialogue entre les instances consultatives béninoise et ivoirienne : l’insertion professionnelle des jeunes et l’entrepreneuriat féminin, la transition énergétique et la gestion durable des écosystèmes, ainsi que la souveraineté alimentaire adossée à des chaînes de valeur régionales. En effet, ces trois axes, arrêtés lors d’une rencontre entre les deux présidents à Abidjan, dessinent le programme de travail que le Conseil économique et social du Bénin (CES) et le Conseil économique, social, environnemental et culturel de Côte d’Ivoire (CESEC) entendent porter dans les prochains mois.
Loin d’un simple exercice protocolaire, la démarche répond à un constat partagé par les deux institutions : les urgences que rencontrent leurs populations — accès à l’emploi, pression sur les ressources naturelles, vulnérabilité des systèmes alimentaires — ne s’arrêtent pas aux frontières et appellent des réponses coordonnées entre organes consultatifs nationaux.
La rencontre entre Abdoulaye Bio Tchané, président du CES du Bénin, et Eugène Aka Aouélé, président du CESEC ivoirien, s’inscrit dans le prolongement d’une convention de coopération signée entre les deux institutions le 3 août 2017. Reçu le 7 septembre 2026 à Abidjan à l’invitation de son homologue, le président béninois a fait de cette étape l’occasion de réévaluer neuf années d’échanges entre les deux conseils et d’en redéfinir les priorités pour la période à venir.
Les deux institutions présentent cette relance comme fondée sur la fraternité et le partage d’expériences plutôt que sur un cadre strictement technique, une manière d’ancrer la coopération institutionnelle dans une proximité déjà éprouvée entre les deux pays. Eugène Aka Aouélé, le président du CESEC Côte d’Ivoire, a d’ailleurs salué la constance d’une coopération que les deux entités veulent désormais plus solide et plus fructueuse.
Premier des trois axes retenus, l’insertion professionnelle des jeunes ainsi que le soutien à l’entrepreneuriat féminin visent à consolider l’autonomisation économique dans les deux pays. D’ailleurs, le sujet occupe une place centrale dans l’agenda des deux conseils, à l’heure où le poids démographique des jeunes générations pèse directement sur les équilibres sociaux et économiques de la sous-région.
Le rôle d’un conseil économique et social
Le CES béninois et le CESEC ivoirien appartiennent à une famille d’institutions consultatives présentes dans plusieurs pays francophones, souvent qualifiées de « troisième chambre ». Sans pouvoir législatif, ces organes rassemblent des représentants du monde économique, social, environnemental et culturel pour éclairer les pouvoirs publics par des avis et des recommandations, avant l’adoption de textes ou de politiques publiques.
Transition énergétique et gestion durable des écosystèmes
Deuxième priorité identifiée, la transition énergétique et la gestion durable des écosystèmes traduisent une préoccupation commune face à la pression environnementale croissante que subissent les deux nations. Les deux institutions entendent y consacrer une réflexion partagée, dans un contexte régional marqué par la dégradation des terres et la vulnérabilité des ressources naturelles.
Le troisième axe porte sur la souveraineté alimentaire et le renforcement des chaînes de valeur régionales, présentés par les deux conseils comme un levier de résilience et d’intégration économique pour l’ensemble de leurs territoires. Cette orientation rejoint les efforts plus larges de plusieurs pays de la sous-région pour réduire leur dépendance aux importations agricoles et structurer des filières régionales plus robustes. À cet effet, Abdoulaye Bio Tchané a inscrit cette visite dans la volonté de porter la voix des populations et de bâtir des solutions adaptées aux réalités de la région.
Une diplomatie consultative en quête de rayonnement international
Au-delà de ces trois chantiers, les deux présidents inscrivent leur rapprochement dans une ambition plus large : faire des institutions consultatives des deux pays des espaces de réflexion commune face aux défis partagés de leurs administrés. Ils entendent également s’appuyer sur ce partenariat renouvelé pour renforcer l’ancrage national et le rayonnement international de leurs conseils respectifs, notamment au sein des grandes instances mondiales de consultation économique et sociale.
Reste à savoir sous quelle forme concrète — programmes conjoints, échanges d’experts ou avis communs — ces trois priorités se traduiront dans les mois à venir, les deux institutions n’ayant pas communiqué de calendrier précis à ce stade.