Bénin : plus de 116 millions FCFA à payer, le Tribunal de commerce tranche le bras de fer entre SIAB et CECO BENIN

Le Tribunal de commerce de Cotonou a tranché le contentieux commercial opposant la Société Industrielle d’Acier du Bénin (SIAB) à CECO BENIN SARL. Dans son jugement nᵒ 052/2026/CJ1/S2/TCC, rendu le 11 juin 2026, la juridiction a condamné l’entreprise débitrice à verser 116 523 902 FCFA, rejetant sa demande de délai de grâce. Les juges ont validé la créance de la SIAB, assortie des intérêts et frais de justice, rappelant la rigueur des juridictions commerciales face aux impayés.

De la vente à crédit au litige : Les origines des factures impayées 

Au cœur de cette affaire, il s’agit d’une relation commerciale standard entre un fournisseur et son client. La Société Industrielle d’Acier du Bénin (SIAB) livrait régulièrement des matériaux à CECO BENIN SARL dans le cadre d’un accord de vente à crédit. Au fil des approvisionnements réalisés en 2024, plusieurs factures sont toutefois restées sans règlement.

Selon le dossier examiné par le Tribunal de commerce de Cotonou, la créance principale s’élève à 116 523 902 FCFA. En ajoutant les intérêts et les accessoires, le montant total réclamé atteignait 124 059 882 FCFA.

La défense de CECO BENIN : Des tensions de trésorerie non prouvées 

Face à cette dette, CECO BENIN SARL a choisi de porter l’affaire devant la justice commerciale le 26 mars 2026. L’entreprise ne contestait pas totalement son obligation de paiement, mais remettait en cause le montant réclamé par son fournisseur. Elle sollicitait surtout un délai de grâce d’une année afin d’apurer progressivement sa dette.

Pour justifier cette requête, la société expliquait subir d’importantes tensions de trésorerie, provoquées notamment par les retards de paiement de plusieurs de ses propres clients.

Elle faisait également valoir qu’elle avait adressé à la SIAB, le 4 février 2026, une proposition d’échelonnement du remboursement sur six mois à compter du 30 mars 2026. Selon elle, son fournisseur avait engagé la procédure de recouvrement avant même l’expiration de ce calendrier.

Le verdict du Tribunal : Validation de la créance et rejet du délai de grâce 

Après examen des pièces versées au dossier, les juges ont confirmé que la SIAB avait bien exécuté les livraisons. Ils ont ensuite constaté que CECO BENIN SARL reconnaissait elle-même l’existence de la dette réclamée par son fournisseur. Cette reconnaissance a renforcé la position de la SIAB, qui demandait le paiement intégral de sa créance.

Le point central du litige portait sur la demande de report de paiement. Pour obtenir un délai de grâce, CECO BENIN invoquait une situation financière difficile. Mais le Tribunal a estimé que l’entreprise n’avait fourni aucun document suffisamment probant pour démontrer l’ampleur de ses difficultés économiques. Faute d’éléments comptables ou financiers permettant d’apprécier sa situation réelle, les juges ont rejeté cette demande.

 

Recouvrement de créance : Un avertissement sévère pour les entreprises au Bénin 

Par ailleurs, cette décision rappelle une exigence essentielle en matière de relations commerciales : les difficultés de trésorerie, aussi réelles soient-elles, ne suffisent pas à obtenir un report judiciaire des paiements lorsqu’elles ne sont pas étayées par des preuves concrètes.

Le jugement illustre également l’importance, pour les entreprises, de documenter leur situation financière lorsqu’elles sollicitent des délais de grâce devant les juridictions commerciales. À défaut, la reconnaissance de la dette et les preuves de livraison demeurent des éléments déterminants susceptibles d’entraîner une condamnation immédiate au paiement.

Bénin : le Tribunal de commerce tranche un litige sur les virements d’étudiants à l’étranger

Une simple attestation bancaire ne vaut pas un ordre permanent de virement. C’est le principal enseignement d’une récente décision du Tribunal de commerce de Cotonou, qui a tranché un litige opposant deux étudiants béninois installés en Europe, une société prestataire et une banque. Au-delà du différend, le jugement redéfinit les responsabilités de chaque acteur dans le financement des études à l’étranger.

Six mois sans ressources : La galère de deux étudiants béninois en Europe 

Ce qui devait être une garantie financière pour poursuivre des études en Europe s’est transformé en un véritable défi administratif labyrinthique. Deux étudiants béninois, installés respectivement à Marseille en France et en Suisse, se sont retrouvés privés pendant près de six mois des virements mensuels censés couvrir leurs dépenses de subsistance. Pourtant, leurs familles avaient constitué la provision financière requise et fait bloquer les fonds conformément aux exigences des procédures de visa.

Estimant avoir subi un important préjudice, les deux jeunes ont saisi le Tribunal de commerce de Cotonou. Ils réclamaient 30 millions de FCFA de dommages-intérêts à la société ENERGY SARL et à ORABANK BENIN SA, qu’ils jugeaient responsables de l’interruption des paiements.

Attestation de provision vs Ordre de paiement : Le litige entre Energy SARL et Orabank 

Au cœur du dossier figurait une question juridique essentielle : une attestation bancaire certifiant l’existence de fonds bloqués suffit-elle à imposer l’exécution automatique de virements mensuels ? Pour ENERGY SARL, la réponse était oui. La société estimait que les fonds étant déjà cantonnés auprès de la banque, celle-ci devait poursuivre les transferts sans attendre de nouvelles instructions.

La banque défendait une position différente. Selon elle, les attestations produites ne constituaient qu’une preuve de disponibilité des fonds et non un mandat permanent de paiement. Le prestataire a donné des instructions ponctuelles pour les premiers virements, mais il n’a pas renouvelé ces ordres les mois suivants. Faute de nouvelles instructions, la banque ne pouvait légalement exécuter aucun transfert supplémentaire.

Le verdict du juge : La responsabilité incombe au prestataire 

Dans son jugement, le Tribunal de commerce de Cotonou a donné raison à la banque. Les juges ont considéré qu’une attestation bancaire de provision ne peut être assimilée à un ordre de virement permanent et irrévocable. Ils ont également relevé que le fait qu’ENERGY SARL ait adressé des ordres distincts pour les premiers versements démontrait qu’elle connaissait la procédure à suivre et savait que chaque paiement nécessitait une instruction spécifique.

En conséquence, le Tribunal a jugé que la société prestataire portait l’entière responsabilité de l’interruption des virements et a mis ORABANK BENIN SA hors de cause.

Le déblocage immédiat des fonds ordonné sans dommages-intérêts 

Les deux étudiants n’ont toutefois pas obtenu les 30 millions de FCFA de réparation qu’ils réclamaient. Le Tribunal a estimé qu’ils n’avaient pas démontré l’existence d’un préjudice financier distinct et précisément évaluable au-delà de l’absence temporaire des virements.

En revanche, les juges ont ordonné à la banque de procéder immédiatement au transfert des sommes encore disponibles sur la provision bloquée afin que les bénéficiaires puissent enfin disposer de l’argent destiné à leurs études. Par ailleurs, le tribunal a condamné ENERGY SARL aux dépens.

Une nouvelle jurisprudence pour sécuriser le financement des études à l’étranger 

Au-delà du cas des deux étudiants, cette décision apporte une clarification significative pour les familles béninoises qui financent des études à l’étranger.

Par ce jugement, le Tribunal rappelle qu’une attestation bancaire ne remplace pas un ordre de paiement prévu par le contrat. Il appelle également les familles et les étudiants à vérifier avec rigueur les engagements des prestataires avant d’entamer toute procédure de visa ou de financement des études à l’étranger.

Cette décision enrichit ainsi la jurisprudence béninoise en matière de services bancaires et de financement des études internationales. Elle pourrait désormais constituer une référence pour les litiges futurs portant sur les obligations respectives des banques et des intermédiaires chargés d’assurer les virements destinés aux étudiants.

Bénin : L’Assemblée nationale vote la suspension provisoire de la Céna

Le paysage électoral béninois s’apprête à connaître une transformation majeure. Réunis en séance plénière ce vendredi 10 juillet 2026, les députés ont adopté à l’unanimité la loi nᵒ 2026‑14 abrogeant les dispositions du Code électoral qui encadrent l’organisation et le fonctionnement de la Commission électorale nationale autonome (Céna). Cette décision ne remet pas en cause le processus démocratique, mais traduit la volonté des autorités de repenser l’architecture de l’institution chargée des élections.

L’adoption de ce texte marque un tournant dans l’évolution du système électoral béninois. En supprimant le titre II du livre premier du Code électoral, les parlementaires suspendent le cadre juridique qui régissait jusqu’à présent la Céna, composée du Conseil électoral et de la Direction générale des élections (DGE). Toutefois, cette suppression reste transitoire. Le gouvernement prévoit une restructuration complète de l’institution avant sa remise en place sous une nouvelle configuration.

Pourquoi la Céna disparaît-elle en juillet 2026 ? 

Cette décision intervient à un moment particulier. Le 14 juillet 2026, le mandat de cinq ans des membres actuels de la Céna, l’institution chargée d’organiser les élections au Bénin, arrive à son terme.

En principe, ils devraient être remplacés. Mais, entre-temps, les règles du jeu ont changé. Les réformes politiques ont aligné à sept ans les mandats du Président de la République, des députés et des conseillers communaux, qui arriveront désormais tous à échéance au même moment.

Conséquence : si les autorités avaient installé une nouvelle équipe à la tête de la Céna en juillet 2026, celle-ci n’aurait eu aucune élection politique à organiser avant 2031. Pour les députés à l’origine de la proposition de loi, il n’était donc pas pertinent de maintenir une institution permanente, avec ses locaux, son personnel et ses charges de fonctionnement, alors qu’aucun scrutin n’est prévu avant plusieurs années. La réforme répond ainsi à un objectif de rationalisation des dépenses publiques.

Le nouveau calendrier électoral et la chasse aux dépenses inutiles 

À l’origine de cette proposition de loi figure le député Augustin Ahouanvoébla, qui défend une gestion plus efficiente des ressources de l’État. Selon les promoteurs du texte, la réforme répond à un objectif de rationalisation des dépenses publiques, en adaptant les institutions aux nouvelles réalités du calendrier électoral. Ainsi, cette orientation traduit la volonté des parlementaires de concilier efficacité budgétaire et cohérence institutionnelle. Les députés ont d’ailleurs adopté la loi à l’unanimité, signe d’un large consensus autour de cette orientation.

Quel avenir pour le personnel et le patrimoine de la Céna ? 

L’adoption de la loi n’entraîne pas un vide administratif. En effet, le texte prévoit qu’un décret pris en Conseil des ministres fixera les modalités de conservation du patrimoine de la Céna ainsi que la liquidation des engagements administratifs, financiers et matériels encore en cours.

D’ailleurs, la loi garantit que le personnel de l’institution ne sera pas licencié et prévoit que les agents rejoindront l’administration publique en attendant la mise en œuvre de la future réforme. Cette mesure vise à assurer la continuité administrative tout en préservant les compétences accumulées au sein de l’institution électorale.

Vers un nouveau modèle de gouvernance électorale au Bénin 

Les autorités ouvrent désormais un chantier plus vaste : celui de la redéfinition de la gouvernance électorale au Bénin. La future architecture de l’institution devra tenir compte des nouvelles échéances politiques, des exigences d’efficacité administrative et des évolutions du cadre institutionnel. Les autorités affichent l’objectif de concevoir un modèle plus adapté aux besoins réels du pays, tout en garantissant la transparence, la crédibilité et la régularité des futurs scrutins.

Une réforme qui redessine le paysage institutionnel

Présidée par le président de l’Assemblée nationale, en présence du ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Détchénou, représentant le gouvernement, la séance du 10 juillet pourrait constituer l’une des étapes marquantes de l’évolution institutionnelle engagée ces dernières années.

En attendant la présentation du nouveau dispositif électoral, le Bénin ouvre une phase transitoire durant laquelle les autorités repenseront entièrement l’administration des élections afin de l’adapter au nouveau cycle politique issu des réformes constitutionnelles.

Bénin : plus de 100 kg de faux médicaments saisis lors d’une opération à Katagon

Une importante opération policière menée dans la soirée du jeudi 9 juillet 2026 à Amouloko, dans l’arrondissement de Katagon (commune d’Akpro‑Missérété), a permis la saisie de plus de 100 kilogrammes de médicaments de la rue. Si la principale suspecte a échappé aux enquêteurs, cette intervention pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le trafic illicite de produits pharmaceutiques dans cette partie du département de l’Ouémé.

Sous la conduite du commissaire major de police Emmanuel Yessinou, les éléments du commissariat de Katagon ont lancé une opération ciblée visant le démantèlement d’un réseau présumé de commercialisation de faux médicaments.

L’intervention, préparée à partir de renseignements recueillis par les services de police, a conduit les enquêteurs jusqu’au domicile d’une femme identifiée comme A. Marguerite, présentée comme la principale mise en cause dans cette affaire.

Le coup de filet du commissariat de Katagon à Amouloko

À leur arrivée, les policiers n’ont pas trouvé la suspecte. En revanche, la perquisition a débouché sur une découverte de taille : plus de 100 kilogrammes de médicaments de la rue ont été saisis.

Ce volume conséquent indique la présence d’une chaîne d’approvisionnement dûment structurée, plutôt que l’image d’un simple commerce clandestin de proximité. Selon les premiers éléments recueillis lors de l’opération, les produits étaient destinés à être écoulés auprès des populations locales.

Plus de 100 kg de produits saisis : Un réseau d’approvisionnement d’envergure

Les investigations se sont poursuivies sur place avec le recueil de plusieurs témoignages. D’après les informations communiquées, deux enfants présents dans l’habitation auraient indiqué aux policiers que les médicaments appartenaient à leur tutrice, identifiée comme A. Marguerite.

Ils auraient également affirmé que cette dernière importait frauduleusement ces produits avant de les revendre dans plusieurs localités environnantes depuis plusieurs années. Ces déclarations alimentent l’enquête et les investigations en cours devront les corroborer.

Témoignages clés et traque de la principale suspecte, A. Marguerite

L’absence de la principale mise en cause au moment de l’intervention n’a pas mis un terme aux investigations. Ainsi, les enquêteurs poursuivent désormais leurs recherches afin de l’interpeller et de déterminer l’étendue du réseau présumé auquel elle pourrait appartenir.

Les investigations visent également à identifier d’éventuels complices, les circuits d’approvisionnement ainsi que les points de distribution des produits saisis dans l’arrondissement de Katagon et ses environs.

Médicaments de la rue : Un fléau sanitaire traqué par la police de l’Ouémé

Au Bénin, comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, le commerce illicite de médicaments représente un enjeu majeur de santé publique. Souvent vendus en dehors des circuits pharmaceutiques autorisés, ces produits exposent les consommateurs à de graves risques sanitaires en raison de leur origine incertaine, de leur mauvaise conservation ou encore de leur composition inconnue.

La saisie opérée à Amouloko illustre ainsi la détermination des forces de sécurité à intensifier la lutte contre ce trafic, dont les conséquences dépassent largement le cadre judiciaire pour toucher directement la santé des populations.

La Chute d’un Réseau, mais une Suspecte en Cavale

En attendant l’interpellation de la principale suspecte, les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de faire toute la lumière sur cette affaire et de démanteler, le cas échéant, l’ensemble du réseau de distribution.

Si les étals clandestins d’Amouloko ont vu leur approvisionnement s’effondrer en l’espace d’une soirée, l’enquête ne fait que commencer. La marchandise est tombée, mais la principale mise en cause, elle, a réussi à glisser entre les mailles du filet.

Handball francophone : le Bénin prend la tête de l’AFH

Le handball francophone vient de franchir une étape historique. Le 7 juillet 2026, cinq pays – le Bénin, la France, le Maroc, la Mauritanie et la République démocratique du Congo – ont officiellement créé l’Alliance francophone de handball (AFH), une organisation internationale appelée à fédérer les fédérations de l’espace francophone. À sa présidence, les membres fondateurs ont porté le Béninois Sidikou Karimou, consacrant ainsi l’influence grandissante du Bénin dans la gouvernance sportive internationale.

Cette création marque bien plus que la naissance d’une nouvelle institution. Elle traduit également la volonté des acteurs du handball de bâtir un espace de coopération durable autour d’une langue commune, avec l’ambition de renforcer la formation, la compétition et la mobilité des talents à travers les pays francophones.

Le Bénin au cœur d’un projet d’envergure internationale

L’élection de Sidikou Karimou, président de la Fédération béninoise de handball, à la tête de cette nouvelle alliance constitue l’un des faits marquants de cette initiative.

Depuis plusieurs années, le dirigeant béninois s’est imposé comme l’un des artisans du développement du handball en Afrique francophone. Son accession à la présidence de l’Alliance apparaît comme la reconnaissance d’un engagement constant en faveur d’une coopération sportive plus structurée.

Pour le Bénin, cette responsabilité dépasse le cadre du handball. Elle confirme aussi la place grandissante qu’occupe le pays dans les instances sportives internationales et son aptitude à porter des projets fédérateurs au sein de l’espace francophone.

Une vision née d’une coopération entre acteurs francophones

L’Alliance francophone de handball est le fruit d’une initiative portée par Sidikou Karimou avec l’appui de Ali Kanaté, président de la Confédération internationale des unions sportives francophones (CIUSF). Cette dynamique intervient dans un contexte particulièrement favorable au développement du sport francophone.

Quelques jours auparavant, le 29 juin 2026, la CIUSF et le Centre régional d’éducation physique et sportive (CREPS) de Dijon avaient signé une convention de partenariat destinée à développer le programme Sport-Études, un dispositif appelé à accompagner les fédérations membres des différentes alliances francophones. Présent lors de cette cérémonie, Sidikou Karimou avait participé aux échanges consacrés à la formation des jeunes sportifs, à la détection des talents et au renforcement des compétences des encadreurs.

Former davantage que des champions

Par ailleurs, l’Alliance entend construire un véritable écosystème du handball francophone. Son projet repose sur plusieurs piliers : améliorer la formation des joueurs, professionnaliser les entraîneurs, renforcer les capacités des arbitres, accompagner les dirigeants sportifs et favoriser les échanges d’expériences entre les fédérations nationales.

L’organisation souhaite également développer des compétitions internationales et multiplier les programmes favorisant la mobilité des jeunes talents dans l’espace francophone.

Un espace francophone de 90 États dans le viseur

Installée à Espalion, en France, l’Alliance francophone de handball démarre avec cinq membres fondateurs. Mais ses ambitions dépassent largement ce cercle initial. L’organisation entend progressivement rassembler les fédérations issues des 90 États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Un tel réseau offrirait de nouvelles perspectives de coopération, tant sur le plan sportif qu’en matière de formation, d’innovation et de partage d’expertise.

Le sport comme outil d’influence

L’émergence de cette alliance témoigne également d’une évolution de la diplomatie sportive francophone. À travers cette nouvelle plateforme, les pays membres souhaitent faire du sport un levier de rapprochement entre les peuples, de promotion de la langue française et de développement de la jeunesse.

Pour le Bénin, qui assure désormais la présidence de cette organisation naissante, le défi sera de transformer cette ambition collective en projets concrets capables d’accélérer le développement du handball dans l’ensemble de l’espace francophone.

En portant Sidikou Karimou à la tête de l’Alliance francophone de handball, les pays fondateurs ont choisi de miser sur une gouvernance tournée vers la coopération et l’innovation. Une responsabilité qui place désormais le Bénin au premier rang d’un chantier sportif appelé à redessiner les contours du handball francophone.

UAC et Parlement : Djogbénou et Igué s’allient pour la crédibilité de l’université

Au Palais des Gouverneurs de Porto‑Novo, une visite de courtoisie s’est transformée en réflexion sur l’avenir de l’enseignement supérieur béninois. Ce jeudi 9 juillet 2026, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a placé au cœur des échanges une question essentielle : comment redonner toute sa crédibilité à l’université et à ceux qui la font vivre ? En recevant le recteur de l’Université d’Abomey‑Calavi (UAC), le professeur Charlemagne Babatoundé Igué, il a ouvert un dialogue qui dépasse le cadre institutionnel.

En effet, cette rencontre a mis en lumière un symbole inédit dans l’histoire politique du Bénin : pour la première fois, les trois plus hautes fonctions du bureau de l’Assemblée nationale sont occupées par des universitaires. Dès lors, le recteur de l’UAC y voit une reconnaissance de l’excellence académique béninoise et un motif de fierté pour toute la communauté scientifique.

De la visite de courtoisie à la réflexion stratégique sur l’enseignement supérieur 

À l’issue de l’audience, le professeur Charlemagne Babatoundé Igué a expliqué que cette visite visait d’abord à présenter les civilités de l’Université d’Abomey-Calavi au nouveau président de l’institution parlementaire. Mais très vite, les discussions ont dépassé le simple registre protocolaire.

Les deux universitaires ont abordé plusieurs enjeux majeurs liés à la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur, à la qualité de la recherche scientifique, à la mission pédagogique des enseignants-chercheurs et au rôle de l’université dans le développement de la société. Pour le recteur, ces échanges traduisent une volonté commune de renforcer les fondements de l’institution universitaire.

Restaurer l’image et la gouvernance : l’engagement du recteur Charlemagne Igué 

Au cours de l’entretien, Joseph Fifamin Djogbénou a partagé avec son hôte plusieurs orientations destinées à améliorer la gouvernance universitaire et à renforcer la confiance du public envers les établissements d’enseignement supérieur.

Le président du Parlement a notamment insisté sur la nécessité de préserver l’image des enseignants-chercheurs, dans un contexte où certains comportements individuels alimentent les critiques à l’égard du monde universitaire.

Pour le recteur de l’UAC, cette préoccupation rejoint les défis auxquels fait face l’université.

« Nous allons travailler à améliorer la gouvernance universitaire et surtout la crédibilité de notre institution ainsi que celle des enseignants-chercheurs. Notre objectif est d’envoyer désormais des signaux forts et crédibles, aussi bien à l’endroit des autorités que de l’ensemble de la société », a-t-il déclaré à la presse parlementaire.

Un symbole politique fort : trois universitaires à la tête de l’Assemblée nationale 

La rencontre a également revêtu une portée hautement symbolique. Le professeur Charlemagne Babatoundé Igué a salué le fait que le président de l’Assemblée nationale et ses deux vice-présidents soient tous issus du monde universitaire. Selon lui, cette configuration inédite illustre la place que peuvent occuper les compétences académiques dans la conduite des institutions de la République.

Pour la communauté universitaire, cette présence constitue un encouragement à promouvoir davantage l’excellence, la rigueur scientifique et le sens du service public.

Recréer le lien de confiance entre le savoir académique et la société béninoise 

Derrière les échanges institutionnels se dessine une ambition plus large : rapprocher l’université des attentes des citoyens. À une époque où les établissements d’enseignement supérieur sont régulièrement interpellés sur leur gouvernance, leur performance et leur capacité à répondre aux besoins de la société, cette rencontre rappelle que la crédibilité ne se décrète pas. Elle se construit, jour après jour, à travers la qualité de la formation, l’intégrité de la recherche et l’exemplarité de celles et ceux qui transmettent le savoir.

En quittant le Palais des Gouverneurs, le recteur de l’UAC n’emportait pas que les salutations d’un ancien collègue universitaire devenu président du Parlement. Il repartait avec une feuille de route et une conviction : l’avenir de l’université béninoise dépend autant de ses performances académiques que de la confiance qu’elle saura inspirer à toute une nation.

IA et élections : la CENA se forme en Inde pour moderniser les scrutins

L’intelligence artificielle s’invite désormais au cœur de la gouvernance électorale. Consciente que les nouvelles technologies redessinent progressivement l’organisation des scrutins dans le monde, la Commission électorale nationale autonome (CENA) du Bénin investit dans la formation de ses équipes afin d’anticiper les défis de demain.

Depuis le 6 juillet et jusqu’au 10 juillet 2026, plusieurs cadres de l’institution participent à New Delhi, en Inde, à une session internationale consacrée à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les processus électoraux. Une initiative qui traduit la volonté de l’organe électoral béninois de renforcer son expertise face à une révolution technologique qui transforme déjà les pratiques démocratiques.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Comprendre l’IA pour sécuriser et optimiser l’organisation des élections

Accueillie par l’India International Institute of Democracy and Election Management (IIIDEM) dans le cadre du programme Indian Technical and Economic Cooperation (ITEC), cette formation réunit des responsables électoraux venus de plusieurs pays autour d’un objectif commun : maîtriser les nouvelles applications de l’intelligence artificielle au service d’élections plus fiables et plus efficaces.

Au programme figurent des thématiques devenues incontournables pour les administrations électorales : automatisation de certaines procédures, gouvernance numérique, cybersécurité, protection des données, gestion des risques, encadrement réglementaire, respect des droits humains et utilisation éthique des technologies émergentes.

Loin d’une simple approche théorique, les participants alternent conférences spécialisées, ateliers pratiques, études de cas et échanges d’expériences avec des experts internationaux afin d’appréhender les possibilités concrètes qu’offre l’IA tout au long du cycle électoral.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Préparer les scrutins de demain face aux défis de la transformation numérique

Pour les organismes chargés d’organiser les scrutins, la transformation numérique ne constitue plus une perspective lointaine. Elle s’impose progressivement comme un levier permettant d’améliorer la transparence des opérations électorales, d’optimiser les procédures administratives et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.

Mais cette évolution soulève également de nouvelles interrogations. Comment exploiter les outils d’intelligence artificielle sans compromettre la protection des données personnelles ? Comment prévenir les risques de manipulation, de désinformation ou de cyberattaques ? Autant de questions auxquelles les responsables électoraux sont désormais appelés à répondre.

La CENA investit dans les compétences humaines avant les technologies

Par ailleurs, cette formation rappelle une évidence : aucune innovation ne peut produire ses effets sans des femmes et des hommes capables de la comprendre, de l’encadrer et de l’utiliser avec responsabilité. En choisissant d’investir dans le développement des compétences de ses cadres, la CENA fait le pari que la modernisation des élections commence d’abord par le renforcement du capital humain.

Cette démarche traduit également une volonté d’ouverture aux bonnes pratiques internationales. En confrontant leurs expériences avec celles d’autres institutions électorales, les représentants béninois enrichissent leur réflexion sur les moyens de construire des processus électoraux plus performants, plus inclusifs et plus résilients.

À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit progressivement les modes de gouvernance à travers le monde, la participation de la CENA à cette formation internationale illustre une conviction : préparer les élections de demain ne consiste pas seulement à adopter de nouvelles technologies, mais aussi à former les femmes et les hommes qui auront la responsabilité de les mettre au service de la démocratie.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Santé des femmes africaines : ouverture du 1er congrès international (CISFA) à Cotonou

Comment mieux répondre aux besoins de santé des femmes africaines en tenant compte des réalités du continent ? C’est à cette question que près de 200 spécialistes tentent d’apporter des réponses à Cotonou, où se tient, du 8 au 10 juillet 2026, la première édition du Congrès International sur la Santé des Femmes Africaines (CISFA).

Pendant trois jours, la capitale économique béninoise devient un laboratoire d’idées où chercheurs, médecins, universitaires, décideurs publics et représentants de la société civile venus de 17 pays confrontent leurs expériences pour faire progresser la recherche et améliorer les politiques de santé destinées aux femmes.

Ambassade de France au Bénin
© Ambassade de France au Bénin

CISFA 2026 : Mettre la science au service des spécificités du continent africain

Par ailleurs, le CISFA se veut un espace de réflexion stratégique sur les défis sanitaires auxquels sont confrontées les femmes africaines tout au long de leur vie.

Les participants ambitionnent de produire davantage de données scientifiques, de mieux documenter les problématiques propres au continent et de développer des approches adaptées aux contextes sociaux, économiques et culturels africains. Cette dynamique vise également à fournir aux décideurs publics des éléments de preuve solides afin d’orienter les politiques sanitaires et de renforcer les systèmes de santé.

Ambassade de France au Bénin
© Ambassade de France au Bénin

Au-delà des chiffres : le bien-être des femmes au cœur du développement social

Si les discussions portent sur la recherche scientifique, les enjeux dépassent largement les amphithéâtres et les laboratoires. Chaque avancée évoquée au congrès renvoie à des réalités humaines : des mères confrontées à des complications de grossesse, des adolescentes en quête d’un meilleur accès aux soins, ou encore des femmes vivant avec des maladies chroniques souvent insuffisamment étudiées.

Pour les organisateurs, améliorer la santé des femmes africaines revient aussi à investir dans le bien-être des familles et dans le développement des sociétés, tant les femmes occupent une place centrale dans les communautés.

Une coopération scientifique d’envergure entre le Bénin, l’IRD et la France

Le congrès bénéficie du soutien de la France, qui inscrit cette initiative dans le cadre de sa politique de coopération internationale et de sa diplomatie en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Cette collaboration mobilise plusieurs partenaires béninois aux côtés de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Université Paris Cité, avec l’ambition de renforcer les échanges scientifiques et de favoriser l’émergence de projets de recherche communs.

Ambassade de France au Bénin
© Ambassade de France au Bénin

Objectif du congrès : faire émerger des solutions de santé durables

Au terme de cette première édition, les organisateurs espèrent poser les bases d’un réseau scientifique capable de produire des connaissances utiles aux décideurs comme aux professionnels de santé.

En réunissant experts, chercheurs et acteurs de terrain autour d’un même objectif, le Congrès International sur la Santé des Femmes Africaines entend faire de la recherche un moteur d’action. Car derrière chaque étude, chaque donnée et chaque recommandation se dessine une ambition plus grande : offrir aux femmes africaines des réponses de santé mieux adaptées à leurs réalités et à leurs besoins.

Cotonou 2026-2033 : Le maire Luc Gnacadja présente son plan au préfet Gilbert Déou Malé

Le préfet du département du Littoral, Gilbert Déou Malé, a reçu le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, pour une visite de courtoisie au cours de laquelle l’édile a exposé sa vision pour la capitale économique du Bénin ainsi que les grandes orientations du plan de mandature « Cotonou 2026‑2033 : changer d’échelle ».

C’est la première rencontre du genre depuis l’installation du préfet Gilbert Déou Malé à la tête du département du Littoral : le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, s’est rendu à la préfecture pour une visite de courtoisie, l’occasion pour les deux autorités de poser les bases de leur collaboration institutionnelle. Le maire y a présenté sa vision pour la capitale économique du pays ainsi que les grandes orientations du projet de développement de la ville pour la période 2026‑2033, intitulé « Changer d’échelle ».

Au‑delà de la présentation du plan municipal, l’échange a permis d’aborder les modalités de renforcement de la coopération entre la Préfecture du Littoral et la Mairie de Cotonou, dans la perspective d’accompagner efficacement les ambitions de développement de la ville et de répondre aux attentes des populations.

Littoral Gilbert Déou Malé
© Littoral Gilbert Déou Malé

Un premier contact institutionnel entre deux autorités récemment installées

La rencontre intervient dans un contexte de renouvellement du personnel dirigeant du département : Gilbert Déou Malé a pris ses fonctions à la préfecture du Littoral début juin 2026, tandis que Luc Gnacadja dirige la mairie de Cotonou depuis février de la même année. Cette visite de courtoisie s’inscrit ainsi dans la tradition des échanges protocolaires qui accompagnent la prise de fonction des autorités territoriales, mais elle a rapidement pris la forme d’un dialogue de fond sur les priorités de développement du Littoral.

« Le préfet du Littoral s’est réjoui de la qualité des échanges, gages d’un engagement commun à relever les défis de développement de Cotonou.  » —Gilbert Déou Malé — préfet du département du Littoral

« Changer d’échelle », une feuille de route pour la capitale économique

Adopté quelques semaines plus tôt par le Conseil communal, le document de mandature « Cotonou 2026‑2033 : changer d’échelle » constitue la principale référence stratégique présentée par le maire à ses interlocuteurs préfectoraux. Il fixe une ambition déclinée en plusieurs leviers, appelés à guider l’action municipale jusqu’en 2033, autour de cinq axes : faire de Cotonou une métropole verte, résiliente, productive, inclusive et bien gouvernée.

 

Pour la mairie, ce cap dépasse la seule réalisation d’infrastructures : il s’agit également de transformer la manière de gouverner et de piloter l’action publique communale, dans un souci de résultats et de responsabilité. C’est précisément sur ce terrain que le renforcement de la coopération avec la préfecture prend tout son sens, les deux institutions devant articuler leurs compétences respectives pour accompagner la mise en œuvre du plan.

Une coopération à construire dans la durée

Les deux autorités ont convenu de poursuivre les échanges sur les modalités concrètes de cette coopération renforcée. Aucun calendrier précis de mise en œuvre n’a été communiqué à l’issue de la rencontre, mais la démarche traduit la volonté commune de conjuguer les efforts de l’État déconcentré et de la collectivité locale pour relever les défis de développement de Cotonou et du département du Littoral.

Littoral Gilbert Déou Malé
© Littoral Gilbert Déou Malé

Bénin : Bac 2026, le sprint final des admissibles

La première délibération a livré son verdict, mais le sésame universitaire est loin d’être empoché. Pour les candidats admissibles de la session de juin 2026, s’ouvre une semaine marathon où chaque option et chaque épreuve orale pèseront lourd dans la balance. Immersion dans les coulisses du sprint final.

Le grand frisson de la première liste est passé. Pour des milliers de lycéens, l’angoisse s’est transformée en un soulagement temporaire : le statut « admissible » s’affiche en face de leur nom. Mais pas le temps de célébrer. Au Bénin, décrocher le premier diplôme universitaire s’apparente à un décathlon intellectuel et physique, et la seconde phase du Bac 2026 démarre dès ce week-end. Pour les candidats sur la sellette, c’est l’heure de grappiller les précieux points qui feront la différence.

Épreuves de langues nationales et épreuves artistiques : le bonus des options

Le marathon commence ce samedi 11 juillet 2026. Les candidats qui ont choisi de valoriser le patrimoine culturel et les compétences pratiques ouvriront le bal avec les épreuves facultatives de langues nationales ainsi que d’Économie familiale et sociale (EFS). Un coup de pouce non négligeable pour faire basculer une moyenne générale du bon côté.

Le répit sera de courte durée. Dès le lundi 13 juillet, le curseur se déplacera vers la créativité et la sensibilité avec les épreuves facultatives de dessin et de musique. Dans le même temps, les jurys enfileront les survêtements : les épreuves d’éducation physique et sportive (EPS) s’étaleront sur deux jours, les lundi 13 et mardi 14 juillet 2026, poussant les corps à bout après des semaines de révisions intensives.

« C’est la phase de gestion du stress par excellence », confie un chef de centre. « Les candidats jouent leurs dernières cartouches pour éviter le couperet de la troisième délibération. »

Mercredi 15 juillet : le jour de vérité des oraux

Par ailleurs, les autorités ont fixé le premier grand tournant de cette seconde phase au mercredi 15 juillet 2026 avec la deuxième délibération. Ce tamis administratif et pédagogique déterminera précisément qui échoue définitivement et qui gagne le droit de défendre ses chances à l’oral.

Ceux qui franchiront cette étape joueront leur va-tout le vendredi 17 juillet 2026 lors des épreuves orales de rattrapage ou de contrôle. Face aux examinateurs, il faudra faire preuve d’éloquence, de maîtrise technique et, surtout, d’une force mentale à toute épreuve pour arracher les notes manquantes.

Samedi 18 juillet, la délivrance finale

L’épilogue de ce feuilleton national est d’ores et déjà programmé pour le samedi 18 juillet 2026. La troisième et dernière délibération consacrera les nouveaux bacheliers de la session de juin 2026 et mettra fin à des semaines de sueur et d’insomnies pour les familles.

D’ici là, le mot d’ordre pour les admissibles reste la concentration totale. Car chaque point arraché devient une victoire intime, et chaque nom inscrit sur la liste finale, une promesse d’avenir.