Abomey-Calavi : Double relaxe pour un patron et son employée

ABOMEY-CALAVI, 10 juin 2026 — Le tribunal d’Abomey-Calavi a examiné ce mercredi 10 juin 2026 deux procédures distinctes mettant en cause un chef d’entreprise et son ancienne collaboratrice. Poursuivis respectivement pour abus de confiance et harcèlement sexuel dans le cadre de leurs relations professionnelles, les deux prévenus ont été relaxés par les magistrats en raison d’un manque flagrant de preuves matérielles. Ce dossier croisé met en lumière la complexité des litiges mêlant litiges financiers et dérives personnelles au sein des structures privées.

Une querelle financière autour de transactions par téléphonie mobile

Le premier volet de l’audience portait sur l’accusation d’abus de confiance portée par l’employeur. Ce dernier reprochait à sa subordonnée d’avoir prélevé des fonds sur son compte bancaire à son insu, juste avant de quitter brusquement ses fonctions au sein de la société.

À la barre, la prévenue a fermement réfuté cette version des faits. Elle a expliqué que ses fonctions l’amenaient régulièrement à préfinancer des achats professionnels sur ses deniers personnels, avant d’être remboursée par son supérieur. C’est dans ce cadre, selon ses déclarations, que le chef d’entreprise lui avait volontairement communiqué les codes d’accès de son compte Mobile Money. L’employée a également  soutenu n’avoir retiré que la somme due, attribuant la confusion comptable aux multiples opérations financières effectuées ultérieurement par le plaignant lui-même. Face aux déclarations contradictoires des deux parties et en l’absence de pièces comptables décisives, le tribunal a prononcé la relaxe de l’employée au bénéfice du doute.

L’action pour harcèlement sexuel classée sans suite

Le second volet de cette journée judiciaire concernait la plainte pour harcèlement sexuel déposée par cette même employée contre son supérieur. Le chef d’entreprise a rejeté l’ensemble des accusations, niant tout comportement répréhensible ou pressions exercées sur sa salariée.

Invitée à s’expliquer, la plaignante a reconnu avoir, dans un premier temps, accepté les avances de son employeur. Elle a toutefois précisé avoir mis un terme définitif à cette liaison intime après avoir découvert que ce dernier entretenait parallèlement une relation avec sa propre sœur. C’est à la suite de cette rupture personnelle que le climat professionnel se serait dégradé, menant aux accusations financières.

En matière pénale, la qualification de harcèlement sexuel exige des éléments probants, des témoignages ou des écrits démontrant la répétition ou l’abus d’autorité.

Les juges ont constaté le manque d’éléments matériels versés au dossier pour caractériser l’infraction et ont appliqué la même ligne juridique que dans le premier cas. Ils ont renvoyé le chef d’entreprise des fins de la poursuite, également au bénéfice du doute. Par cette double décision, les magistrats ont mis un terme à un feuilleton judiciaire hautement conflictuel, tandis que les deux ex‑collaborateurs quittent le tribunal libres.

Coopération militaire : des officiers du Bénin en mission en Allemagne

Une délégation d’officiers des Forces armées béninoises a effectué une visite de travail en Allemagne, dans le cadre du renforcement de la coopération militaire entre les deux pays. Aux côtés de leurs homologues allemands, les militaires béninois ont participé à plusieurs échanges d’expériences et découvert les méthodes de formation mises en œuvre au sein de l’armée allemande.

Au cours de cette mission, marquée par un esprit de confiance et de respect mutuel, les participants ont eu l’occasion d’aborder différents sujets liés à la formation, au partage de savoir-faire et au renforcement des capacités. Un membre de la délégation a salué la qualité des échanges, soulignant qu’il s’agissait d’« une visite vraiment formidable, menée d’égal à égal », au cours de laquelle « de nombreuses conversations intéressantes ont eu lieu » et les officiers béninois ont pu mieux appréhender les dispositifs de formation allemands. Il a également évoqué le succès de la journée organisée à Leipzig sous le thème « Pays et habitants ».

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Cette rencontre a permis de consolider les liens entre les forces armées des deux pays et de poser les bases d’une coopération durable. L’Ambassade d’Allemagne a d’ailleurs exprimé le souhait d’accueillir, à son tour, des officiers allemands au Bénin l’année prochaine, dans le cadre de la poursuite de ces échanges.

Ce déplacement revêt une importance stratégique pour les deux partenaires. Dans un contexte marqué par la montée des défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest, le partage d’expériences, le renforcement des capacités opérationnelles et la consolidation des relations entre armées amies constituent des leviers essentiels pour promouvoir la stabilité régionale et œuvrer en faveur d’une paix durable. Cette dynamique de coopération illustre également la volonté du Bénin et de l’Allemagne de bâtir un partenariat fondé sur la confiance, la solidarité et la sécurité partagée.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Romuald Wadagni à Dakar : le Bénin mise sur la diplomatie régionale

DAKAR, 9 juin 2026 – Après avoir lancé sa nouvelle tournée ouest-africaine, le président béninois Romuald Wadagni a effectué sa première escale à Dakar, où il a été reçu par son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants ont entamé leur rencontre par un entretien en tête-à-tête au salon d’honneur de l’aéroport. Cette rencontre ouvre une séquence diplomatique qui conduira ensuite le chef de l’État à Bamako puis à Bissau, avec en toile de fond les enjeux économiques, sécuritaires et l’avenir de l’intégration régionale.

DR
© DR

De Dakar à Bamako : une diplomatie économique et souveraine

Au Palais de la République à Dakar, où les délégations des deux pays ont approfondi les discussions, Romuald Wadagni et Bassirou Diomaye Faye ont posé les jalons d’un renforcement de l’axe Cotonou-Dakar. Portés par une volonté commune de moderniser la gouvernance, les deux dirigeants de la nouvelle génération ont notamment mis l’accent sur la coopération économique et commerciale.

Ancien grand argentier du Bénin et fin connaisseur des rouages économiques internationaux, le président Wadagni partage avec son homologue sénégalais une vision à la fois technique et souveraine des finances publiques, de l’optimisation des recettes et de la coordination budgétaire au sein de l’espace UEMOA face aux défis mondiaux.

Par ailleurs, ce volet économique devrait se prolonger lors des étapes prévues à Bamako et à Bissau, deux partenaires importants dans la dynamique d’intégration régionale.

DR
© DR

Sécurité et intégration : Wadagni face au défi sahélien

Au-delà des questions économiques, cette tournée revêt également une dimension sécuritaire et politique majeure. Face aux défis auxquels fait face la région, les présidents Romuald Wadagni et Bassirou Diomaye Faye ont réaffirmé leur attachement à la coopération, au dialogue et à la solidarité entre les États de la sous-région afin de préserver la stabilité et de promouvoir le développement. En se rendant au Mali pour s’entretenir avec le général Assimi Goïta, le président béninois poursuit sa démarche de dialogue direct avec les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), amorcée lors de ses précédentes visites à Niamey et à Ouagadougou.

À travers cette démarche, Romuald Wadagni cherche à rassurer les pays voisins et à favoriser une coopération régionale plus étroite. En associant la diplomatie d’ouverture incarnée par Bassirou Diomaye Faye à Dakar aux échanges prévus avec le général Assimi Goïta à Bamako, puis avec le président Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau, le chef de l’État béninois entend consolider les passerelles entre les différentes capitales ouest-africaines.

En effet, l’objectif de ce ballet diplomatique est clair : harmoniser les positions face aux défis sécuritaires, coordonner la lutte contre le terrorisme transfrontalier et préserver, autant que possible, la stabilité et l’unité de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, Cotonou entend faire de la concertation et de la diplomatie de proximité des instruments au service de la cohésion régionale.

En somme, cette étape sénégalaise confirme la place centrale de la diplomatie dans la mise en œuvre de sa vision pour le Bénin et l’Afrique de l’Ouest. Elle traduit également la détermination des autorités béninoises et sénégalaises à renforcer leurs liens historiques et à construire de nouvelles opportunités de coopération au bénéfice de leurs populations respectives.

Modernisation de la justice : La Haute Cour du Bénin s’immerge à la CPI

Dans les couloirs solennels de La Haye, une délégation béninoise a entamé, lundi, une immersion destinée à nourrir une réflexion institutionnelle profonde. À sa tête, Pre Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, a ouvert une visite de travail à la Cour pénale internationale (CPI) qui vise à tirer les leçons d’expériences étrangères pour enrichir la gouvernance judiciaire au plan national.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

À l’école de la rigueur et des garanties internationales

Objectif affiché : observer, comparer et adapter. La présidente Gnamou, entourée de ses collaborateurs, a été reçue par la plus haute magistrature de la CPI. Les échanges avec la juge Tomoko Akane, présidente de la Cour, et la juge Reine Alapini-Gansou, deuxième vice-présidente, ont porté sur les mécanismes de fonctionnement, les garanties procédurales et les défis opérationnels auxquels se confrontent les juridictions internationales. Au-delà du cérémonial, ces rencontres ont offert un cadre d’analyse critique sur les pratiques judiciaires susceptibles d’être reprises ou adaptées au contexte béninois.

La délégation s’est penchée sur des thèmes importants : l’organisation des procès, la protection des témoins, l’articulation entre droit national et droit international, ainsi que les procédures assurant l’effectivité et la publicité des décisions. Les discussions ont mis en lumière des convergences profondes entre juridictions : partout, la quête d’une justice crédible passe par la rigueur procédurale, la transparence et la capacité à préserver la confiance des citoyens. Mais elles ont aussi révélé des divergences pragmatiques liées aux ressources, au cadre constitutionnel et aux spécificités politiques de chaque État.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

Adapter les standards mondiaux aux réalités béninoises

Pour la Haute Cour de Justice du Bénin, instituée pour juger les hauts responsables de l’État, cette visite revêt une portée particulière. Elle s’inscrit dans un plan plus large de modernisation des institutions judiciaires lancé par la présidence de la Cour. Selon Pre Dandi Gnamou, l’objectif n’est pas d’importer mécaniquement des modèles étrangers, mais de s’inspirer de bonnes pratiques, d’identifier des pistes d’amélioration et d’élaborer des solutions adaptées à la réalité béninoise. La visite s’inscrit ainsi dans une démarche pédagogique et comparative : apprendre pour mieux protéger l’État de droit.

Les échanges à la CPI ont également abordé les défis communs à la justice contemporaine : la gestion des affaires médiatisées, la formation continue des magistrats, l’indépendance institutionnelle face aux pressions politiques, et la nécessité d’assurer des ressources financières et humaines suffisantes. Les magistrates ont partagé des retours d’expérience sur la manière de concilier célérité et respect des droits de la défense, ainsi que sur les dispositifs destinés à renforcer la sécurité des acteurs judiciaires dans les dossiers sensibles.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

Cap sur la modernisation et les réformes institutionnelles

Cette première journée, qualifiée d’enrichissante par la délégation béninoise, a consolidé la détermination de la Haute Cour à poursuivre ses efforts de renforcement institutionnel. Les échanges avec des pairs internationaux offrent non seulement des références techniques, mais renforcent aussi la légitimité et la crédibilité des réformes envisagées. Pour Pre Dandi Gnamou, il s’agit d’un pas concret vers une justice plus efficace et plus respectueuse des exigences constitutionnelles.

Les travaux de la délégation se poursuivent à La Haye. La présidence de la Cour annonce déjà d’autres rencontres visant à approfondir l’étude des rouages de la justice internationale. À terme, la Haute Cour de Justice devra faire le tri entre ce qui est transposable, ce qui requiert une adaptation et ce qui demeure hors de portée en raison des cadres juridiques nationaux. Mais le message est clair : la modernisation de l’institution se nourrit désormais d’une ambition affichée — celle d’aligner son action sur les standards qui garantissent, partout, l’effectivité et la dignité de la justice.

Bénin : Wadagni attendu au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau

Le président béninois Romuald Wadagni a entamé, ce mardi 9 juin 2026, une série de visites officielles en Afrique de l’Ouest. Après plusieurs déplacements effectués en début de mois au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire, le chef de l’État enchaîne avec le Sénégal, le Mali et la Guinée-Bissau dans le cadre d’une mission présentée comme une visite d’amitié et de travail.

Selon la Présidence, cette tournée s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations avec les États membres de l’UEMOA, avec lesquels le Bénin partage une monnaie commune et un même institut d’émission, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, l’objectif affiché est de consolider les bases de la coopération sous-régionale à un moment où les équilibres diplomatiques et sécuritaires demeurent fragiles.

Des échanges attendus sur plusieurs priorités

Au cours de son séjour, Romuald Wadagni doit s’entretenir avec les plus hautes autorités des pays visités. Les discussions devraient notamment porter sur la coopération économique et commerciale, la solidarité entre les peuples de la sous-région ainsi que sur la situation sécuritaire, devenue une préoccupation majeure pour plusieurs États ouest-africains.

Par ailleurs, dans un contexte marqué par la pression sécuritaire, les tensions politiques régionales et les défis liés à la relance économique, cette séquence diplomatique vise également à réaffirmer le choix du dialogue. Cotonou entend ainsi miser sur la concertation avec ses partenaires afin de préserver les canaux de coopération et d’éviter l’enlisement des relations bilatérales.

Le Bénin remet le dialogue au centre

La Présidence béninoise estime que ces déplacements traduisent la priorité accordée par le chef de l’État à l’intégration régionale. En effet, après plusieurs années de crispations dans l’espace ouest-africain, le Bénin semble vouloir reprendre l’initiative diplomatique en s’adressant directement à ses voisins.

Cette stratégie repose sur une idée simple : les défis économiques, commerciaux et sécuritaires ne se traitent plus de manière isolée. Dès lors, pour Cotonou, l’avenir passe par des partenariats plus solides, une meilleure coordination entre les États et une relance du dialogue politique à l’échelle régionale.

Bamako dans le viseur

La visite annoncée à Bamako retient particulièrement l’attention, dans la mesure où elle pourrait contribuer à approfondir les relations entre le Bénin et le Mali. Ce rendez-vous s’annonce important pour les deux capitales, qui cherchent à maintenir des liens bilatéraux dans un environnement régional en pleine recomposition.

En multipliant les contacts avec les capitales voisines, Romuald Wadagni affiche une ligne claire : faire de la diplomatie de proximité un levier de stabilité et de coopération. Une approche qui pourrait, à terme, peser sur le climat politique et économique de l’ensemble de la sous-région.

Sorbonne : le fils de la vice-présidente Mariam Talata décroche son doctorat

Paris, 8 juin 2026 – La prestigieuse Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a été le théâtre, ce lundi, d’un événement académique et institutionnel de haut niveau. Devant un jury prestigieux, le chercheur béninois Samir Séro Zimé Yerima a brillamment obtenu le grade de docteur en droit public. Une soutenance d’autant plus suivie qu’elle s’est déroulée en présence de sa mère, la vice-présidente du Bénin, Mariam Chabi Talata, ainsi que du professeur Cossi Dorothé Sossa, président de la Cour constitutionnelle du Bénin.

Réunie dans la salle Duroselle de l’École doctorale de droit, l’assistance a suivi un grand oral placé sous la présidence du professeur Xavier Philippe. Par ailleurs, la participation du professeur Dorothé Sossa, invité à siéger au sein du jury, a conféré une solennité particulière à cet exercice, matérialisant ainsi le dialogue entre les doctrines juridiques africaines et européennes.

Cour Constitutionnelle du Bénin
© Cour Constitutionnelle du Bénin

Une réflexion sur le rôle du juge constitutionnel

Le désormais docteur en droit public a défendu une thèse ambitieuse intitulée : « La subjectivisation du contentieux constitutionnel au prisme des droits fondamentaux. Éléments pour une théorie de l’agir constitutionnel à partir des expériences de l’Afrique du Sud, du Bénin et de la France ».

À travers une approche comparative rigoureuse, le chercheur a analysé la manière dont les juridictions constitutionnelles intègrent les droits fondamentaux dans leur jurisprudence, redéfinissant ainsi le rôle du juge constitutionnel face aux réalités sociopolitiques propres à chaque pays.

En outre, la rigueur scientifique de ces travaux a pleinement convaincu les examinateurs, qui ont salué la pertinence de la recherche avant de lui décerner le titre de docteur avec les félicitations du jury. La remise de la toge doctorale et la traditionnelle séance photo ont ensuite clôturé une cérémonie empreinte d’une vive émotion.

Cour Constitutionnelle du Bénin
© Cour Constitutionnelle du Bénin

Le symbole d’un rayonnement intellectuel

Par ailleurs, cette soutenance revêt une forte portée symbolique pour Cotonou. En effet, la présence conjointe de la vice-présidente Mariam Chabi Talata et du professeur Dorothé Sossa, figure de proue du constitutionnalisme béninois, a conféré un éclat politique et intellectuel particulier à ce rendez-vous parisien.

Plus largement, cette consécration à la Sorbonne témoigne de la vitalité de la recherche africaine en droit public. Elle rappelle également la place désormais incontournable des perspectives croisées et du droit comparé dans la réflexion contemporaine sur la protection des droits de la personne humaine. Ainsi, cette réussite illustre le rayonnement croissant des juristes africains sur la scène académique internationale.

Coopération : Dorothé Sossa en visite au Conseil constitutionnel français

Le président de la Cour constitutionnelle du Bénin, le professeur Dorothé Sossa, séjourne cette semaine à Paris à l’invitation du président du Conseil constitutionnel français. Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations entre les deux institutions autour des questions de justice constitutionnelle et de protection des droits fondamentaux.

Une visite à forte portée institutionnelle

À l’heure où les hautes juridictions font face à des défis sans précédent pour réguler les institutions et garantir l’État de droit, ce tête-à-tête franco-béninois prend une résonance particulière. En effet, la présence à Paris du professeur Dorothé Sossa matérialise la volonté des deux cours de pérenniser un axe d’échange direct sur leurs pratiques jurisprudentielles, tant en Europe qu’en Afrique, où le rôle des juges constitutionnels s’avère de plus en plus central. Bâtie sur une communauté de traditions juridiques, cette visite consacre ainsi un dialogue de fond sur la protection des droits fondamentaux.

Par ailleurs, le point d’orgue de ce séjour parisien est la conférence publique que prononce ce lundi 8 juin 2026 le président de la Cour constitutionnelle du Bénin, au cœur même du Conseil constitutionnel français. Sous le thème « La protection des droits de la personne humaine par la Cour constitutionnelle du Bénin », le magistrat décrypte l’ingénierie juridique béninoise, devenue une référence majeure dans le constitutionnalisme contemporain.

Un rendez-vous académique et juridique

Ce déplacement à Paris dépasse d’ailleurs le cadre de la seule diplomatie institutionnelle. En marge de son intervention au Conseil constitutionnel, le président de la haute juridiction béninoise siégera également ce lundi au jury d’une soutenance de thèse à l’Université de la Sorbonne. Cette participation rappelle le profil de ce juriste et universitaire, figure de proue du débat académique francophone, régulièrement sollicité à l’international pour son expertise en droit privé et en justice constitutionnelle.

De plus, ce séjour parisien inclura des échanges directs avec des étudiants en droit, une démarche visant à transmettre et à partager son expérience avec la future génération de juristes.

Ainsi, au-delà du parcours de son président, cette double reconnaissance universitaire et institutionnelle rejaillit sur l’ensemble de la magistrature béninoise. Elle consacre le rayonnement d’une Cour nationale parvenue à imposer une jurisprudence lisible, rigoureuse et ancrée dans les standards constitutionnels contemporains.

Au-delà du protocole, un constitutionnalisme ouvert

Ce déplacement du professeur Dorothé Sossa à Paris rappelle une réalité contemporaine : les questions constitutionnelles ne se traitent plus en vase clos. Dans un environnement juridique en constante évolution, ce type de coopération transcontinentale s’impose désormais comme un levier stratégique pour confronter les expériences, rapprocher les pratiques et enrichir la réflexion sur la protection des droits humains.

En définitive, en jetant ces passerelles directes entre les deux institutions, Paris et Cotonou consolident durablement les fondations d’une culture partagée de l’État de droit.

BEPC 2026 dans l’Ouémé : 13 461 filles à l’assaut du diplôme sur plus de 25 000 candidats

Le département de l’Ouémé a donné, ce lundi 8 juin 2026, le coup d’envoi officiel des épreuves écrites du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC), session de juin 2026. La cérémonie s’est déroulée au CEG Djèrègbé, dans la commune de Sèmè-Podji, en présence des autorités départementales.

Pour la circonstance, le préfet de l’Ouémé, Dr Marie Akpotrossou, a procédé au lancement des compositions aux côtés du directeur départemental de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle, Dr Séverin Mehouenou, et du maire de Sèmè-Podji, Thomas Singbo.

DR
© DR

Inspection des salles : un dispositif de surveillance rigoureux en place

Avant l’ouverture des premières enveloppes, les autorités ont visité quelques salles de composition afin de s’assurer du bon déroulement des opérations et de la mise en place effective du dispositif de surveillance. À cet égard, l’organisation observée sur le site témoigne de la rigueur du dispositif habituel mis en place pour les examens nationaux.

Dans cette même dynamique, le préfet et le maire ont ensuite adressé un message d’encouragement aux candidats, les invitant à aborder les épreuves avec calme, concentration et confiance.

13 461 filles en lice : la parité largement dépassée dans l’Ouémé

Cette session du BEPC dans l’Ouémé est notamment marquée par une participation importante des candidates. En effet, sur un total de 25 807 postulants, le département compte 13 461 filles contre 12 346 garçons. Les filles représentent ainsi la majorité des candidats, un indicateur suivi de près par les autorités éducatives.

Par ailleurs, pour la direction départementale, ces chiffres traduisent une évolution notable de la scolarisation des filles et de leur maintien dans le système scolaire jusqu’aux classes d’examen.

DR
© DR

Cap sur le taux de réussite : l’Ouémé vise l’excellence en 2026

À l’issue de la cérémonie, le préfet de l’Ouémé a exprimé le souhait de voir le département réaliser un bon taux de réussite au terme de cette session 2026. C’est pourquoi l’administration départementale entend rester mobilisée jusqu’à la fin des épreuves, dans un contexte où le BEPC constitue une étape déterminante dans le parcours scolaire des élèves.

Pour l’heure, le déroulement des compositions se poursuit dans les différents centres d’examen du département, conformément au calendrier national établi pour cette session.

Mutations MEMP 2026 au Bénin : 1 093 dossiers à l’étude

Les travaux consacrés aux mutations des personnels du ministère des Enseignements maternel et primaire (MEMP) pour la rentrée scolaire 2026-2027 ont été officiellement lancés ce lundi 8 juin à Porto-Novo. Pendant cinq jours, la commission nationale devra examiner 1 093 dossiers de demande de mutation, dont 987 émanent d’enseignants du primaire.

La cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Natta, s’est tenue dans la salle de réunion de la Direction départementale des Enseignements maternel et primaire (DDEMP) de l’Ouémé, en présence des membres du cabinet ministériel, des cadres techniques, des directeurs départementaux et des partenaires sociaux.

DR
© DR

Plus d’un millier de dossiers à examiner

Dans son intervention, le directeur de la Planification, de l’Administration et des Finances (DPAF), Olatoundji Martin Essoun, a rappelé que le processus de mutation biennale est encadré par l’arrêté nᵒ 206/MEMP/DC/SGM/CTAA/DAF/SP du 12 août 2016 et qu’il a été officiellement lancé le 21 avril 2026.

Il a présenté la répartition des 1 093 dossiers enregistrés. Ceux-ci concernent notamment 97 demandes pour rapprochement de conjoints, 19 dossiers liés à la proximité de la retraite, 54 pour raisons de santé, 40 pour raisons sociales, 779 demandes de mutation normale et 104 demandes de permutation de poste.

Pour clore son intervention, Olatoundji Martin ESSOUN a émis le souhait que ces travaux soient à la fois productifs et dictés par une stricte déontologie. Il a également exprimé sa gratitude envers l’autorité ministérielle, le directeur de cabinet, les acteurs sociaux ainsi que ses équipes pour leur mobilisation constante.

DR
© DR

Armand Natta appelle à l’équité et à la transparence.

S’exprimant à son tour, le ministre des Enseignements Maternel et Primaire, Armand Natta, a immédiatement placé ces travaux sous le double signe de l’équité et du sens des réalités humaines. S’adressant aux commissaires, l’autorité ministérielle a insisté sur trois axes directeurs : assurer une couverture optimale des écoles, favoriser l’épanouissement des enseignants et garantir une transparence absolue dans le traitement des dossiers.

Le ministre a d’ailleurs tenu à désamorcer toute idée reçue en rappelant que la mutation ne constitue en aucun cas une action punitive. Selon lui, les enseignants doivent plutôt le voir comme un levier indispensable de mobilité professionnelle, capable de rompre la sédentarisation, de renouveler les dynamiques de travail et de stimuler la motivation des agents de l’État.

DR
© DR

Une prise en compte des situations humaines

Armand Natta a également mis en avant la dimension humaine des dossiers soumis à l’examen de la commission. Il a exhorté ses membres à faire preuve d’empathie, leur rappelant que derrière chaque demande se trouvent des projets de vie et des attentes familiales profondes. Par ailleurs, le ministre Natta a invité les commissaires à conjuguer rigueur réglementaire, impartialité et sens de l’écoute dans l’analyse des demandes.

Le ministre a aussi indiqué que l’administration pourra procéder à des réajustements pour nécessité de service afin de garantir un équilibre entre les différents départements. Il a précisé que l’autorité ministérielle examinera les dossiers pour raisons sociales, tandis qu’un médecin désigné par le ministère de la Santé évaluera les demandes motivées par des problèmes de santé.

DR
© DR

Secret des délibérations et sanctions prévues

Avant de lancer officiellement les travaux, le ministre a brandi une ultime mise en garde : conformément à l’article 41 de l’arrêté n°206, tout manquement au secret des délibérations exposera les commissaires à de lourdes sanctions disciplinaires et judiciaires. C’est donc sous le sceau de la responsabilité et de la rigueur que la commission nationale examinera les 1 093 dossiers sur la table, jusqu’à la clôture des assises prévue ce vendredi 12 juin.

BEPC 2026 au Bénin : plus de 130 000 candidats ont entamé les épreuves écrites

Les épreuves écrites du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), session 2026, ont débuté ce lundi 8 juin sur toute l’étendue du territoire béninois. Au total, 130 253 candidats composent durant trois jours pour l’obtention du premier diplôme du secondaire.

Gouvernement du Bénin
© Gouvernement du Bénin

Le lancement officiel des épreuves a été effectué au Collège catholique Saint Jean-Baptiste de Cotonou par le ministre de l’Enseignement secondaire, Clément Kouchadé. Dans cet établissement retenu comme centre d’examen, 526 candidats prennent part aux compositions.

À l’échelle nationale, le ministère a réparti les candidats dans 224 centres d’examen. Les statistiques de cette session montrent une quasi-parité entre les sexes. Les filles sont au nombre de 64 317, soit 49,38 % des effectifs, contre 65 936 garçons, représentant 50,62 % des inscrits.

Dans les différents centres, les premières heures des compositions se sont déroulées dans le calme et la concentration, selon les constats effectués sur place.

Gouvernement du Bénin
© Gouvernement du Bénin

Message d’encouragement du chef de l’État

À l’occasion du démarrage des examens de fin d’année, le président de la République, Romuald Wadagni, a adressé un message d’encouragement aux candidats. Dans une publication sur sa page Facebook, le chef de l’État les a invités à aborder les différentes épreuves « avec confiance, sérénité et détermination », tout en les exhortant à croire en leur travail et en leurs capacités.

Le président de la République a également salué l’engagement des enseignants ainsi que les sacrifices consentis par les parents tout au long de l’année scolaire et académique 2025-2026.

« Le moment est venu de transformer vos efforts en réussite. Abordez chaque épreuve avec confiance, sérénité et détermination. Croyez en votre travail, croyez en vos capacités », a notamment déclaré le chef de l’État, avant de souhaiter plein succès à l’ensemble des candidats.

Les épreuves du BEPC 2026 se poursuivront jusqu’au mercredi 10 juin sur l’ensemble du territoire national.

Gouvernement du Bénin
© Gouvernement du Bénin