Le président béninois Romuald Wadagni a été reçu ce lundi 5 octobre 2026 au palais de l’Élysée par son homologue français Emmanuel Macron. Cette première visite de travail en France depuis son accession à la magistrature suprême ouvre une nouvelle étape dans les relations entre Cotonou et Paris, avec un accent particulier sur les investissements et les projets structurants.
Une rencontre centrée sur les priorités économiques
Les deux dirigeants ont commencé leur programme par un entretien en tête-à-tête, avant une réunion élargie aux délégations béninoise et française. Les discussions doivent porter sur les principaux dossiers de coopération bilatérale, notamment l’énergie, l’agriculture, la santé et l’investissement privé.
Pour Cotonou, ce déplacement vise surtout à transformer les engagements politiques en financements opérationnels. Le Bénin cherche à mobiliser davantage de partenaires pour soutenir ses infrastructures et accélérer le développement de secteurs jugés essentiels à sa croissance.
La visite doit déboucher sur la signature de plusieurs instruments de coopération. Parmi les projets évoqués figure le programme PEDER+, consacré à l’extension et au développement des réseaux électriques. L’initiative représente un financement global de 173 millions d’euros, auquel l’Agence française de développement doit contribuer à hauteur de 50 millions d’euros, aux côtés d’autres institutions financières européennes.
Un autre accord doit soutenir la filière piscicole et les investissements agricoles productifs. Une enveloppe de 15 millions d’euros est annoncée, dont 10 millions destinés au développement de la production piscicole au Bénin. Le projet entend renforcer une activité génératrice de revenus tout en améliorant l’offre alimentaire nationale.
La coopération devrait également s’étendre au domaine scientifique et médico-légal. Un mandat confié à Bpifrance et au laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux prévoit la création, au Bénin, d’un laboratoire d’excellence ainsi qu’un programme de transfert de compétences.
La séquence diplomatique intervient après la participation de Romuald Wadagni à un dîner organisé dimanche à l’Élysée dans le cadre de l’Africa France Impact Coalition. Cette rencontre a réuni plusieurs responsables politiques et économiques autour de l’industrialisation du continent, de l’emploi des jeunes et de la circulation des investissements privés.
Les échanges ont notamment porté sur l’ouverture du marché béninois aux investisseurs africains et français ainsi que sur la mise en œuvre des projets retenus lors du sommet Afrique-France organisé à Nairobi en mai 2026.
Au-delà du protocole, la visite de Romuald Wadagni traduit la volonté des deux capitales de donner un contenu plus économique à leur coopération. Cotonou entend attirer des financements pour ses projets prioritaires, tandis que Paris cherche à consolider ses partenariats avec les économies africaines autour d’initiatives concrètes et de relations présentées comme fondées sur la confiance et des intérêts partagés.
La présentation officielle des accords, en présence des deux chefs d’État et des responsables chargés de leur mise en œuvre, doit marquer l’aboutissement de cette visite de 48 heures. Pour le Bénin, l’enjeu sera désormais de transformer ces annonces en réalisations mesurables sur le terrain.
Un nouveau module de trois salles de classe va bientôt voir le jour à Sawarrarou, dans le premier arrondissement de Parakou. La remise officielle du site, effectuée ce vendredi 2 octobre 2026, lance officiellement les travaux de cette infrastructure clé pour les conditions d’apprentissage locales.
Le futur bâtiment comprendra également un bureau, un magasin, un dispositif d’éclairage photovoltaïque et du mobilier scolaire. Le projet doit ainsi répondre à plusieurs besoins simultanés : augmenter la capacité d’accueil de l’école, offrir un cadre de travail plus adapté aux enseignants et garantir un minimum de confort aux élèves.
Le projet COSO au service de l’éducation
La construction s’inscrit dans le cadre du Projet de cohésion sociale des régions nord du golfe de Guinée, connu sous le sigle COSO. Au Bénin, ce programme finance des infrastructures communautaires dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la santé, l’eau et le développement local.
Le projet COSO vise à renforcer la résilience des communautés et à favoriser l’accès aux services essentiels. La Banque mondiale indique que ses investissements comprennent notamment la construction et la réhabilitation d’écoles ainsi que d’autres infrastructures de base destinées aux populations locales.
À Sawarrarou, le choix d’un équipement scolaire doté d’un système photovoltaïque répond aussi aux contraintes liées à l’accès à l’électricité. L’éclairage devrait permettre une meilleure utilisation des espaces et contribuer à améliorer les conditions générales de fonctionnement de l’établissement.
La remise de site a suscité la satisfaction des parents d’élèves et du personnel enseignant. Les bénéficiaires ont salué l’appui de la mairie de Parakou et du projet COSO, qu’ils considèrent comme une réponse concrète aux besoins de la communauté scolaire. Pour les familles, l’arrivée de nouvelles salles pourrait réduire la pression exercée sur les classes existantes et offrir aux enfants un environnement plus propice aux apprentissages. Les enseignants, eux, attendent un cadre plus fonctionnel pour organiser les cours et le rangement du matériel pédagogique.
La construction devrait également renforcer l’attractivité de l’école auprès des familles du quartier, en rapprochant l’offre éducative des enfants de Sawarrarou.
Une infrastructure, plusieurs enjeux
Le futur module ne représente pas seulement un ouvrage de construction. Il doit aussi accompagner la croissance des besoins scolaires dans un arrondissement en développement. La disponibilité de salles équipées peut contribuer à limiter la surcharge des classes et à améliorer la répartition des élèves.
L’éclairage photovoltaïque constitue un autre atout du projet. En misant sur une source d’énergie renouvelable, l’infrastructure pourra disposer d’une solution autonome, particulièrement utile dans les zones où l’alimentation électrique reste irrégulière.
Place désormais au chantier. Après la remise du site, les travaux doivent démarrer concrètement dans le strict respect des délais, des normes de construction et des équipements validés, conformément aux attentes des habitants.
Grâce à ce projet, Parakou s’inscrit parmi les communes qui transforment les investissements communautaires en infrastructures scolaires durables. Pour Sawarrarou, cette initiative garantit une école mieux équipée et un service éducatif au plus près des besoins des familles.
Le Bénin vise l’élite pour ses coureurs de fond et de demi-fond grâce à une préparation professionnelle. Dans le cadre du projet « En route pour Los Angeles », le ministère des Sports et de l’Engagement civique a nommé le professeur roumain Valentin Anghel au poste d’entraîneur national. Sa mission s’inscrit dans la préparation des Jeux olympiques de Los Angeles, prévus en 2028. Le technicien devra accompagner les athlètes béninois dans la recherche des minima, structurer leur préparation et améliorer leur compétitivité sur les grandes scènes internationales.
Le gouvernement mise ainsi sur une expertise étrangère déjà éprouvée auprès d’athlètes de haut niveau. Valentin Anghel enseigne à la Faculté d’éducation physique et de sport de l’Université Ovidius de Constanța, en Roumanie.
Le nouvel entraîneur national est spécialisé dans les épreuves du 800 et du 1 500 mètres, ainsi que dans la préparation des coureurs de fond. Son travail porte notamment sur la reconstruction physique, la stabilité mentale et la progression à long terme des athlètes. Son nom est étroitement associé à celui de Noélie Yarigo. Sous sa direction, la demi-fondeuse béninoise a établi un record national de 1 min 58 s 48 sur 800 mètres et remporté la médaille de bronze aux Championnats du monde en salle de Glasgow, en 2024.
Yarigo a également participé aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 et de Paris en 2024. World Athletics recense son chrono de 1 min 58 s 48 comme son record personnel sur 800 mètres.
Cette collaboration a marqué un tournant dans la carrière de l’athlète. Anghel l’a encouragée à délaisser son rôle habituel de lièvre pour courir davantage comme une prétendante aux podiums. En 2023, elle avait signé une performance de 1 min 58 s 48 à Toruń, en Pologne, derrière la Britannique Keely Hodgkinson.
Un technicien habitué aux parcours de haut niveau
L’expérience de Valentin Anghel ne se limite pas à la préparation de Noélie Yarigo. Le technicien roumain a également accompagné la marathonienne Delvine Relin Meringor jusqu’aux Jeux olympiques de Paris et travaillé avec Claudia Bobocea, vice-championne d’Europe en salle du 1 500 mètres à Istanbul en 2023. Ces références ont pesé dans le choix du ministère. Elles témoignent d’une capacité à encadrer des profils différents, du coureur de 800 mètres au marathonien, tout en intégrant les exigences physiques et psychologiques du sport de haut niveau.
Pour le Bénin, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à préparer quelques athlètes pour une échéance olympique. Le pays cherche aussi à installer une méthode de travail plus régulière, à améliorer le suivi médical et physique et à construire une filière durable dans les disciplines d’endurance.
La nomination d’un entraîneur national spécialisé doit permettre de mieux coordonner les efforts entre les athlètes, les clubs, les structures fédérales et le ministère. Elle doit aussi réduire les ruptures de préparation qui pénalisent souvent les sportifs engagés dans des compétitions internationales.
Valentin Anghel devra notamment identifier les coureurs à fort potentiel, établir des plans individualisés et organiser leur montée en puissance en fonction du calendrier international. La quête des minima olympiques exigera une préparation précise, des compétitions ciblées et un suivi constant des performances.
Le défi sera également logistique. Les disciplines du demi-fond et du fond nécessitent des stages, un accès régulier aux compétitions de référence, une prise en charge médicale et un accompagnement nutritionnel adaptés.
La nomination de Valentin Anghel donne au programme « En route pour Los Angeles » un visage et une direction technique. Elle ne garantit pas, à elle seule, une qualification olympique. Elle fixe toutefois un cadre de travail plus exigeant pour les athlètes béninois. Le ministère attend désormais du technicien roumain qu’il transforme son expérience internationale en résultats pour le Bénin. La première étape consistera à établir un état des lieux du demi-fond et du fond, puis à définir les priorités de préparation.
À moins de deux ans des Jeux de Los Angeles, le Bénin choisit donc de miser sur la compétence, la continuité et la planification. Le projet ne se résume plus à atteindre une compétition : il vise à faire émerger des athlètes capables d’y prendre part avec de véritables ambitions sportives.
Cotonou, 2 octobre 2026 — Au Bénin, la liberté de presse s’est retrouvée au centre d’un échange institutionnel présenté comme une tentative de rapprocher régulation des médias et protection des droits humains. Le président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Édouard Loko, a reçu vendredi 2 octobre Abou-Bakari Imorou, président de la Commission béninoise des droits de l’homme (CBDH). Les deux responsables ont examiné les conditions dans lesquelles les institutions publiques peuvent mieux protéger les libertés fondamentales tout en garantissant un cadre médiatique responsable.
Cette rencontre intervient alors que la HAAC multiplie les rappels à l’ordre à l’égard de certains organes de presse, notamment sur le respect des règles de périodicité et du dépôt légal.
Abou-Bakari Imorou a profité de l’audience pour présenter plusieurs recommandations issues du rapport de la CBDH sur l’état des droits humains au Bénin pour la période 2022-2024. Le document propose des pistes de réflexion sur la protection des libertés publiques et la prise en compte des droits humains dans le fonctionnement du secteur médiatique. La CBDH souhaite notamment que les préoccupations liées à la liberté de presse trouvent une place plus importante dans les échanges entre institutions de régulation et organismes de défense des droits.
La Commission, créée pour promouvoir et protéger les droits humains au Bénin, présente régulièrement des avis et des rapports destinés à éclairer les pouvoirs publics. Son rapport annuel sur l’état des droits humains est présenté devant l’Assemblée nationale.
Une discussion dans un contexte sensible
La rencontre s’est déroulée dans un environnement médiatique marqué par une volonté affichée de renforcer la réglementation. En septembre, Édouard Loko avait annoncé que la HAAC entendait poursuivre la structuration du paysage audiovisuel et numérique, notamment à travers le renouvellement des accords conclus avec certains médias en ligne et l’attribution de nouvelles fréquences.
Quelques jours plus tard, l’instance a rappelé aux journaux l’obligation de respecter leur périodicité déclarée et les règles relatives au dépôt légal. Elle a dénoncé des pratiques susceptibles de compromettre la traçabilité des publications et la crédibilité de la presse écrite.
Cette séquence donne un relief particulier au dialogue engagé avec la CBDH. Pour les défenseurs des droits humains, la régulation ne doit pas seulement corriger les manquements professionnels : elle doit aussi préserver l’espace nécessaire à l’expression libre, au pluralisme et au débat public.
À l’issue de l’entretien, Abou-Bakari Imorou a salué l’écoute du président de la HAAC et l’accueil réservé à la démarche de la CBDH.
« Nous avons échangé autour des questions relatives aux droits humains, afin de voir comment la HAAC et la CBDH peuvent travailler ensemble pour créer un environnement plus apaisé autour de la liberté de presse », a-t-il déclaré. Selon lui, Édouard Loko s’est engagé à examiner les recommandations avec son équipe.
La CBDH n’a pas précisé quelles mesures pourraient découler immédiatement de cette audience. Le président de la HAAC devra d’abord étudier les propositions avant d’éventuelles décisions ou consultations complémentaires.
Le défi d’un équilibre institutionnel
La HAAC et la CBDH exercent des missions différentes. La première régule l’audiovisuel et la communication ; la seconde veille à la promotion et à la protection des droits humains. Leur coopération peut toutefois contribuer à clarifier les responsabilités de chacun et à prévenir les tensions entre exigences professionnelles, règles juridiques et libertés publiques. Le dialogue devra maintenant dépasser le cadre d’une audience ponctuelle. Les deux institutions veulent poursuivre leurs échanges et identifier des mécanismes communs pour consolider la liberté de presse au Bénin.
L’enjeu sera de maintenir un équilibre délicat : lutter contre les dérives qui fragilisent la crédibilité des médias sans transformer la régulation en obstacle à l’information, à la critique et au pluralisme.
COTONOU, 1ᵉʳ octobre 2026 – Au marché de Dantokpa, les mareyeuses et vendeuses de produits halieutiques ont exposé leurs difficultés au préfet du Littoral, Gilbert Déou Malé. Après une première audience consacrée à leurs préoccupations, le responsable préfectoral s’est rendu le 30 septembre 2026 sur place afin d’observer directement leurs conditions de travail et d’échanger avec celles qui assurent chaque jour la vente du poisson, des crevettes et d’autres produits de la pêche.
La démarche visait à dépasser le cadre institutionnel des échanges. En parcourant les espaces occupés par les commerçantes, Gilbert Déou Malé a voulu mesurer concrètement les contraintes liées à leurs activités, notamment le manque d’emplacements appropriés.
Ces femmes assurent plusieurs étapes essentielles de la chaîne de commercialisation. Elles achètent les produits de la pêche, les transportent, les exposent puis les vendent à une clientèle nombreuse. Leur activité soutient ainsi l’approvisionnement des ménages et participe au dynamisme commercial de Cotonou.
Lors de la rencontre, les commerçantes ont rappelé la nécessité de disposer de lieux mieux adaptés à leurs besoins. En effet , elles souhaitent pouvoir exercer dans des conditions qui tiennent compte de la nature de leurs produits, de la circulation des clients et des exigences liées à leur conservation.
Pour ces vendeuses, la question dépasse le confort professionnel. Leurs revenus permettent de prendre en charge les dépenses quotidiennes, de contribuer aux charges familiales et de financer la scolarité des enfants. Toute difficulté qui fragilise leur commerce affecte donc directement l’équilibre de nombreux foyers.
Les échanges ont permis au préfet de mieux cerner les attentes exprimées par les commerçantes. Gilbert Déou Malé leur a assuré que la Préfecture du Littoral resterait attentive à leur situation et accompagnerait le suivi de leurs doléances.
L’autorité préfectorale entend notamment contribuer à la recherche de réponses adaptées, en tenant compte des réalités du terrain et des contraintes propres au commerce des produits halieutiques.
Un signal d’écoute pour les commerçantes
Les mareyeuses ont accueilli favorablement cette visite. Elles y voient la confirmation que leurs préoccupations ne restent pas confinées aux réunions et qu’elles peuvent compter sur l’écoute de l’administration.
À Dantokpa, leur activité demeure au cœur de la vie économique locale. En leur rendant visite, le préfet du Littoral a également envoyé un message : les décisions concernant les commerçantes doivent s’appuyer sur une connaissance directe de leurs conditions de travail et sur un dialogue régulier avec les premières concernées.
Reçus par le président de l’Assemblée nationale, quatre élus béninois ont fait part de leurs difficultés à siéger au sein de l’organe de contrôle de l’espace monétaire ouest-africain.
PORTO-NOVO, 1ᵉʳ octobre 2026 – Siéger à l’échelle de huit pays exige plus que de la bonne volonté. Quatre députés béninois du Comité interparlementaire de l’UEMOA (CIP-UEMOA) l’ont fait valoir mercredi 30 septembre au Palais des Gouverneurs, devant le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou.
Richard Allossohoun, Michel Sodjinou, Fatoumata Tony Guimba Gnire et Nathanaël Sokpekpe représentent l’institution parlementaire béninoise au sein du comité. Ils ont sollicité cette audience afin d’exposer les obstacles qui jalonnent leurs sessions communautaires et, par la même occasion, de tester la réactivité de leur hiérarchie.
Le premier concerne la transposition des directives. Ces textes communautaires ne produisent d’effets que si chaque État membre les intègre dans son droit interne, un travail de fond dans lequel le Parlement national joue un rôle clé.
Le deuxième touche aux conditions de travail. Les élus réclament des assistants parlementaires, qu’ils jugent indispensables pour suivre des dossiers techniques et préparer leurs interventions.
Enfin, le troisième regroupe d’autres questions d’intérêt national, que la délégation n’a pas détaillées.
Un contrôle qui exige de la méthode
Le CIP-UEMOA tient lieu de parlement de l’Union. Il contrôle la Commission, suit l’intégration régionale et œuvre à la promotion de la paix. Ces missions supposent à la fois expertise et disponibilité. D’où l’insistance des députés sur la nécessité de disposer de moyens humains.
À la sortie, Richard Allossohoun s’est exprimé au nom de ses collègues. Il a salué un président « très prompt à réagir » à plusieurs de leurs préoccupations et loué sa qualité d’écoute, son ouverture ainsi que sa volonté d’agir.
Le député y voit un signal plus large. Selon lui, cette audience prouve que le Parlement béninois « se modernise à tous égards » et qu’il gagnera en performance dans les années à venir.
Reste à savoir quelles suites concrètes la présidence de l’Assemblée donnera à ces demandes. Les députés, eux, repartent confiants.
La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a conclu, jeudi 1ᵉʳ octobre 2026 à Cotonou, des conventions d’exploitation avec 89 promoteurs de médias numériques. Cette formalisation marque l’aboutissement d’un processus engagé par l’autorité de régulation pour mieux encadrer la presse en ligne et les services audiovisuels diffusés sur internet. La cérémonie s’est tenue au siège de la HAAC, sous la présidence d’Édouard Cocou Loko. Conseillers, cadres de l’institution et responsables des plateformes concernées ont pris part à la rencontre.
La décision n°26-008/HAAC du 11 mars 2026 avait retenu ces opérateurs au terme d’une procédure de sélection. La signature des conventions constitue désormais l’étape qui leur permet d’exercer dans un cadre réglementaire clairement défini.
Les 89 plateformes se répartissent en trois groupes :
50 organes de presse écrite en ligne ;
26 Web TV ;
13 Web radios.
Cette répartition traduit la diversité croissante de l’offre médiatique numérique au Bénin. Les sites d’information, les chaînes diffusées sur internet et les radios exclusivement numériques occupent désormais une place importante dans l’accès du public à l’actualité.
Parmi les médias autorisés figurent notamment Libre Express, Bénin Intelligent, L’Événement Précis, Le Matinal, La Marina BJ et L’Économiste Presse Écrite pour la presse en ligne. La catégorie des Web TV comprend, entre autres, Canal 3 Bénin, Crystal News TV, Eden TV, Matin Libre TV et VFC TV. Les Web radios retenues incluent Fraternité FM, Peace FM, Radio Crystal News et Radio Afrique Santé.
En s’adressant aux promoteurs, le président de la HAAC les a félicités pour leur sélection avant de les appeler à respecter strictement les obligations prévues dans leur cahier des charges. Cette exigence vise notamment la fiabilité de l’information, la responsabilité des contenus publiés et le respect des règles applicables à la communication audiovisuelle et à la presse. Elle intervient dans un contexte où les plateformes numériques jouent un rôle central dans la diffusion rapide des nouvelles, mais où les erreurs, les contenus trompeurs et les atteintes à la réputation peuvent également se propager avec une grande vitesse.
La HAAC présente donc la régulation comme un moyen de préserver le pluralisme et la liberté de la presse, tout en renforçant les exigences professionnelles applicables aux médias numériques. Son site officiel invite d’ailleurs les médias en ligne à se conformer aux lois en vigueur et à s’enregistrer auprès de l’institution.
Au nom des bénéficiaires, Wilfrid Hervé Adoun, promoteur d’Acacia Radio, a salué le travail accompli par la HAAC et ses services. Il a estimé que la convention devait servir de point d’appui à une professionnalisation accrue des médias digitaux.
Les promoteurs devront désormais transformer cette reconnaissance administrative en crédibilité éditoriale. Cela suppose des équipes mieux organisées, des procédures de vérification plus rigoureuses et une gestion durable des entreprises de presse, dans un marché numérique marqué par une forte concurrence.
Cette préoccupation économique accompagne la question réglementaire. L’autorisation officielle apporte une légitimité, mais elle impose aussi aux médias concernés de démontrer leur capacité à produire une information régulière, indépendante et conforme aux standards professionnels.
La signature des conventions s’inscrit dans un chantier plus vaste de la HAAC. En ouvrant sa deuxième session ordinaire de 2026, l’institution avait annoncé le renouvellement des conventions conclues avec une première génération de médias en ligne, ainsi que la poursuite de la procédure pour les organes récemment autorisés.
L’autorité entend ainsi accompagner l’évolution rapide du paysage médiatique béninois sans renoncer à ses missions de contrôle. Pour les 89 nouveaux opérateurs, la signature ne représente donc pas un aboutissement définitif, mais le début d’une période durant laquelle ils devront respecter les engagements souscrits.
La HAAC veut faire de cette régulation un équilibre entre deux impératifs : protéger la liberté d’informer et garantir au public des contenus fiables, responsables et conformes aux règles qui encadrent le secteur.
Plus de 9 900 candidats ont ouvert, ce mercredi 30 septembre 2026, la session écrite des examens nationaux de Licence, un rituel désormais incontournable qui scelle la fin du cycle universitaire dans les établissements privés du Bénin. Au CEG Sainte Rita de Cotonou, choisi comme centre de lancement officiel, les premières épreuves ont mobilisé des filières aussi variées que le journalisme, l’audiovisuel, l’agronomie ou le génie de l’eau, avant que le mouvement ne s’étende, jour après jour, aux 78 spécialités concernées et aux autres centres d’examen disséminés sur le territoire.
La session, qui court jusqu’au 16 octobre 2026, place le système d’enseignement supérieur privé sous tension pendant plus de deux semaines. Selon les données officielles, 9 967 candidats sont inscrits à cette édition 2026, répartis dans 78 filières, un volume qui impose une logistique rodée et une surveillance rigoureuse pour garantir l’équité entre les établissements et les promotions.
À Sainte Rita, 284 candidats ont composé dès la première journée, représentant plusieurs écoles privées d’enseignement supérieur (EPES) de la capitale économique. Les épreuves pratiques, elles, ont débuté plus tôt, dès avril 2026, afin d’alléger la charge de la phase écrite et de mieux étaler l’évaluation des compétences dans le temps.
Derrière l’apparence technique d’un calendrier d’examens se joue un enjeu politique et économique majeur : la crédibilité des diplômes délivrés par le secteur privé, souvent pointé du doigt pour la qualité inégale de ses formations.
En représentant la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Sylvie Vitondin De Chacus, directrice de cabinet, a rassuré candidats et responsables d’établissements :
« Toutes les dispositions sont prises pour un bon démarrage », a-t-elle déclaré, tout en soulignant l’implication directe du ministère et l’accompagnement du Collectif des établissements privés d’enseignement supérieur.
Cette présence au plus haut niveau traduit la volonté de l’État de faire de ces examens nationaux un levier de régulation du secteur, depuis leur instauration en 2017. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de valider des acquis, mais de s’assurer que le « parchemin » obtenu à l’issue de la Licence corresponde réellement à un niveau de compétences reconnu et exploitable par les employeurs.
Du côté des établissements privés, ces examens sont à la fois une contrainte et une opportunité. Césaire Agossa, président de l’ASEC (Association des établissements privés d’enseignement supérieur pour l’éthique et la qualité), a réaffirmé l’engagement de son organisation à « accompagner la dynamique des examens nationaux », signe d’une acceptation croissante de ce cadre imposé par l’État.
Alexis Agbessi, secrétaire général de l’UNEPES-Bénin, a pour sa part rappelé que ces épreuves offrent aux étudiants la possibilité d’obtenir un diplôme « crédible », susceptible de constituer une base solide pour leur insertion professionnelle. Derrière ces formules convenues se lit une réalité plus crue : sans cette validation externe, nombreux sont les recruteurs qui continuent de regarder avec méfiance les diplômes issus du privé, préférant souvent ceux des universités publiques ou des filières internationales.
Le choix des premières filières à composer à Sainte Rita n’a rien d’anodin. Journalisme, journalisme audiovisuel et métiers de l’audiovisuel figurent parmi les spécialités les plus visibles, dans un pays où la multiplication des radios, télévisions et plateformes numériques a explosé l’offre de formation, sans toujours garantir la qualité des enseignements.
De même, l’agronomie et le génie de l’eau renvoient à des secteurs stratégiques pour le développement du Bénin, où la demande en techniciens et cadres intermédiaires bien formés ne cesse de croître. Faire démarrer les épreuves par ces filières, c’est aussi envoyer un signal : les examens nationaux ne concernent pas que les disciplines « classiques », mais aussi celles qui doivent nourrir les politiques publiques en matière de sécurité alimentaire, de gestion des ressources ou de communication.
Sur le papier, le dispositif semble rodé. La Direction des examens et concours a communiqué, plusieurs jours à l’avance, les dates et les centres retenus via une note de service signée par son directeur, Vidjannagni V. Gbénou. Par ailleurs, les autorités ont publié en ligne les listes de candidats par établissement et par filière, ce qui a permis aux étudiants de vérifier leur inscription et leur centre d’affectation.
Pourtant, derrière cette apparente maîtrise, plusieurs questions demeurent. Comment s’assurer que les sujets soient réellement harmonisés d’un centre à l’autre ? Comment garantir que les corrections ne varient pas selon les correcteurs et les écoles ? Et surtout, comment transformer cette validation formelle en un véritable gage de qualité, reconnu par les employeurs et les partenaires internationaux ?
Pour l’heure, candidats, enseignants et responsables d’établissements avancent jour après jour, entre stress et espoir, vers la fin de cette session. Dans les salles d’examen de Sainte Rita et des autres centres, ce ne sont pas seulement des copies qui s’accumulent, mais les premiers jalons d’une réforme silencieuse du supérieur privé béninois, où chaque diplôme validé devient un test de crédibilité pour tout un système.
COTONOU, 30 septembre 2026— Un tas d’ordures coincé dans un caniveau. Voilà, en apparence, un incident mineur. Mais au quartier Akogbato, dans le 12ᵉ arrondissement de Cotonou, ce constat banal déclenche une scène rare : un maire qui descend dans la rue, interpelle les riverains, et repart en ayant transformé une inspection technique en mobilisation citoyenne spontanée.
Luc Gnacadja se trouve à Akogbato pour examiner l’état des ouvrages d’assainissement pluvial du quartier, l’une de ces tournées de terrain où les élus vérifient si les infrastructures censées évacuer les eaux de pluie fonctionnent encore correctement. Devant l’un des ouvrages, le diagnostic tombe immédiatement : des déchets s’y accumulent, réduisant sa capacité d’évacuation.
Face à cette découverte, le maire aurait pu se contenter de noter le problème et de le transmettre aux services techniques. Il choisit une autre voie.
Gnacadja engage la conversation avec les habitants présents sur place. Il ne se limite pas à pointer le problème : il prend le temps de détailler ce qu’un caniveau obstrué provoque concrètement en saison des pluies — l’eau qui ne s’écoule plus, qui stagne, puis qui déborde vers les habitations. Il rappelle aussi le rôle que joue chaque ouvrage d’assainissement dans la mécanique globale de prévention des inondations, un enjeu que connaissent bien les riverains d’un arrondissement régulièrement exposé aux dégâts des grandes pluies.
Cette pédagogie de terrain change la nature de l’échange. Les habitants ne se contentent plus d’écouter : ils passent à l’action.
Sur place, les habitants entreprennent eux-mêmes de dégager l’ouvrage, retirant les déchets qui bloquaient l’écoulement des eaux. En quelques instants, un problème identifié se transforme en solution appliquée, sans attendre l’intervention d’une entreprise ou d’un service municipal spécialisé.
Ce geste, aussi modeste soit-il à l’échelle d’un seul caniveau, illustre une dynamique que les autorités municipales cherchent précisément à encourager : faire des habitants eux-mêmes les premiers gardiens des infrastructures qui protègent leur quartier.
L’épisode d’Akogbato rappelle une réalité que la mairie de Cotonou tente de faire admettre depuis plusieurs années : la lutte contre les inondations urbaines ne se limite pas aux grands travaux d’infrastructure. Elle se joue aussi, très concrètement, dans les gestes du quotidien — un sachet plastique jeté au mauvais endroit, un tas de déchets abandonné près d’un ouvrage, et c’est toute la capacité d’évacuation d’un quartier qui se trouve compromise.
En choisissant d’expliquer plutôt que de sanctionner, le maire mise sur l’adhésion plutôt que sur la contrainte. Reste à savoir si ce réflexe collectif, né d’une rencontre impromptue à Akogbato, saura se reproduire ailleurs dans la ville, sans qu’un élu ait besoin d’être présent pour l’enclencher.
COTONOU, 30 septembre 2026 — Que peut apporter un petit pays d’Afrique de l’Ouest à un débat qui réunit des institutions venues de tout l’espace francophone ? C’est le pari que relève Abdoulaye Bio Tchané, président du Conseil économique et social (CES) du Bénin, en prenant la parole cette semaine à Bucarest devant l’Assemblée générale de l’Union des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires des États et gouvernements membres de la Francophonie (UCESIF).
Du 28 au 30 septembre, la capitale roumaine accueille un rendez-vous institutionnel qui dépasse largement le cadre bilatéral. Bio Tchané y conduit une délégation du CES béninois et s’exprime devant un parterre de responsables venus d’Afrique et d’Europe, réunis autour du thème retenu pour le prochain Sommet de la Francophonie au Cambodge : la paix comme moteur du développement durable. Son arrivée sur le tarmac de Bucarest donne le ton de cette visite à forte dimension diplomatique, puisqu’il y est accueilli par le consul honoraire du Bénin en Roumanie, Serge S. Rameau, aux côtés d’une délégation du Conseil économique et social roumain.
Un plaidoyer pour des institutions consultatives plus connectées
Devant l’assemblée, le président béninois ne se contente pas d’un discours de courtoisie. Il défend une thèse précise : les Conseils économiques et sociaux de l’espace francophone gagneraient à dialoguer davantage entre eux, plutôt que de travailler chacun de leur côté face à des défis sociaux et économiques largement partagés. Il présente l’expérience du Bénin en matière de concertation sociale comme une contribution possible à ce chantier collectif, et affiche la volonté de la huitième mandature qu’il dirige de tisser des liens plus étroits avec les institutions homologues, sur le continent africain comme au sein de la Francophonie.
Cette intervention ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement international, où le CES béninois cherche à exister au-delà de ses frontières et à peser dans les réseaux institutionnels francophones.
Par ailleurs, la cérémonie d’ouverture offre un autre éclairage sur l’événement. Sterică Fudulea, président du Conseil économique et social roumain, choisit de remonter aux figures qui incarnent les liens entre son pays et le monde francophone — Ionescu, Cioran, Eliade, Enescu, Brâncuși — avant d’appeler à défendre la paix et la démocratie face aux tensions actuelles. Eugène Aka Aouélé, président de l’UCESIF, recentre ensuite le débat sur l’enjeu qui doit structurer les travaux : faire de la paix un véritable levier de développement durable, dans la perspective du sommet cambodgien à venir.
Plusieurs personnalités du Parlement roumain assistent à cette ouverture, signe que l’événement dépasse le seul cercle des institutions consultatives pour toucher à la diplomatie parlementaire.
Un agenda qui mêle gouvernance institutionnelle et diplomatie de terrain
Au-delà des discours, l’Assemblée générale avance sur un travail plus technique : les délégations examinent et valident les rapports financier et d’activité de l’UCESIF pour 2025, tout en validant le calendrier des mois à venir. Les participants enchaînent ensuite avec une visite du Palais du Parlement et une séance plénière au sein de l’institution roumaine — une manière de conjuguer réflexion de fond et immersion institutionnelle.
Le Forum du dialogue social francophone prend le relais dès mardi au Victoria Palace, avec deux sessions consacrées au rôle des acteurs du dialogue social dans la diplomatie économique, puis dans la diplomatie socioculturelle. Les travaux se clôturent mercredi au siège du CES roumain, lors d’une réunion solennelle réunissant l’ensemble des délégations francophones.
Cette présence à Bucarest s’inscrit dans une logique que la huitième mandature du CES béninois assume ouvertement : construire, discours après discours et rencontre après rencontre, une présence durable dans les instances francophones. En portant la parole du Bénin sur un sujet aussi consensuel que la paix, Bio Tchané cherche moins à convaincre qu’à ancrer son institution dans un réseau où se dessinent, discrètement, les futures coopérations Sud-Nord et Sud-Sud de l’espace francophone.