Porto-Novo : ouverture du procès sur le décès de Rebecca Dossou

À Porto-Novo, l’ouverture d’un procès très attendu marque un tournant dans une affaire qui a profondément ému l’opinion publique. En effet, le mercredi 18 février 2026, le tribunal de première instance de première classe a examiné le dossier du décès de Rebecca Dossou, survenu à la suite d’une césarienne au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé.

Quatre professionnels de santé comparaissent devant la justice. Trois d’entre eux sont poursuivis pour homicide involontaire. Le quatrième est mis en cause pour non-assistance à personne en danger.

Au-delà des qualifications pénales, c’est la question sensible de la responsabilité médicale qui se retrouve au cœur des débats.

 

Une affaire devenue symbole

Le décès de la jeune femme, intervenu après une intervention chirurgicale, avait provoqué une vive réaction au sein de la population. La prise de parole publique de son époux, dénonçant des manquements et des négligences présumées, avait amplifié l’émotion collective.

Dans un pays où les affaires liées à d’éventuelles fautes médicales aboutissent rarement devant les juridictions, l’ouverture de ce procès est en effet un signal fort : celui d’une justice prête à examiner, sans tabou, la conduite des acteurs du système de santé.

Le dossier ne se limite donc pas à un contentieux individuel. Il interroge la qualité des soins, les procédures d’urgence et la culture de reddition des comptes dans les établissements hospitaliers publics.

 

L’audience reportée, la tension maintenue

L’audience, ouverte en milieu d’après-midi, devait permettre d’entrer dans l’examen du fond. Mais à la demande du plaignant, souhaitant se constituer un avocat, les juges ont décidé de reporter les débats au 25 février 2026.

Ce renvoi, technique en apparence, prolonge l’attente des familles et maintient la pression autour d’un dossier devenu emblématique. Les quatre prévenus devront revenir devant la juridiction pour répondre aux accusations portées contre eux.

 

Entre justice et confiance dans l’hôpital

Dans l’opinion, l’affaire soulève une interrogation plus large : comment concilier la protection des patients et la sérénité nécessaire à l’exercice médical ?

Les professionnels de santé rappellent que toute intervention comporte des risques, en particulier dans des contextes où les infrastructures et les moyens humains sont parfois sous tension. Les défenseurs des droits des patients, eux, insistent sur la nécessité d’établir clairement les responsabilités en cas de faute ou de négligence.

Ce procès pourrait ainsi contribuer à clarifier les obligations des praticiens et à renforcer la confiance entre les citoyens et les structures sanitaires.

 

Un test pour l’État de droit

De nombreux observateurs voient dans la comparution des agents mis en cause un signe clair : le principe d’égalité devant la loi s’applique à tous, y compris aux professions longtemps jugées difficiles à poursuivre.

La justice doit désormais accomplir son travail, en respectant les droits de la défense et la présomption d’innocence. Les acteurs du secteur attendent une décision dans les prochaines semaines, et ils la scruteront bien au-delà des murs du tribunal de Porto-Novo.

Au-delà du verdict, le système de santé béninois adressera un message à l’ensemble du pays : il exige plus de rigueur, de transparence et de responsabilité.

Bénin : Radio Nanto FM face à la HAAC

À première vue, il s’agit d’une audience protocolaire. Mais la rencontre du 19 février 2026 entre le président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Édouard Loko, et Michel Charles Nahouan, président du conseil d’administration de Radio Nanto FM, révèle des enjeux plus larges : ceux de la régulation, de la responsabilité éditoriale et de l’avenir des radios communautaires au Bénin.

Reçu au siège de l’institution, le responsable de la station basée à Natitingou est venu échanger sur les perspectives de développement de son média, mais aussi sur les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur le paysage audiovisuel.

Une radio pionnière face aux exigences actuelles

Installée à Natitingou, dans le nord-ouest du pays, Radio Nanto FM émet depuis le 7 décembre 2003. Elle fait partie des premières radios communautaires béninoises et diffuse actuellement en onze langues locales. Quatre nouvelles langues pourraient bientôt enrichir sa grille de programmes.

Ce choix linguistique traduit une ambition claire : toucher un public large, souvent éloigné des grands centres urbains, et renforcer le lien social dans une région marquée par la diversité culturelle.

Mais cette expansion suppose une vigilance accrue. Toute évolution éditoriale doit s’inscrire dans le respect du cahier des charges et des règles fixées par l’autorité de régulation.

La HAAC, arbitre et partenaire

Créée pour encadrer et garantir la liberté de la presse tout en veillant au respect des lois, la HAAC joue un rôle central dans l’équilibre du paysage médiatique béninois.

Lors de cette audience, les échanges ont porté sur :

  • Les défis techniques et financiers auxquels la radio est confrontée
  • Les ajustements nécessaires pour renforcer sa performance.
  • Les exigences réglementaires liées à l’élargissement de ses programmes

À l’issue de la rencontre, Michel Charles Nahouan a salué un dialogue constructif. Selon lui, les recommandations formulées par l’institution permettront à la radio de consolider son fonctionnement et d’améliorer son impact social.

Entre proximité et responsabilité

Les radios communautaires occupent une place particulière dans le tissu médiatique béninois. Elles sont souvent la principale source d’information pour des populations rurales ou périurbaines.

Mais cette proximité implique aussi des obligations :

  • Respect strict des règles déontologiques.
  • Neutralité dans le traitement de l’information
  • Conformité aux textes en vigueur

Le président Édouard Loko a, à ce titre, encouragé Nanto FM à poursuivre son engagement citoyen tout en veillant à maintenir un cadre professionnel rigoureux.

Un enjeu d’identité nationale

Au-delà de la dimension technique, la question de la langue et de la représentation culturelle est centrale. En diffusant en plusieurs langues locales, la radio contribue à la valorisation des identités régionales tout en participant à la construction d’une cohésion nationale.

Dans un contexte où les médias jouent un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, la régulation devient un outil de stabilité autant qu’un mécanisme de contrôle.

Une dynamique à consolider

L’audience entre la HAAC et Radio Nanto FM illustre un modèle de gouvernance basé sur le dialogue. Elle rappelle aussi que le développement d’un média ne peut se faire sans cadre clair ni supervision institutionnelle.

Pour Radio Nanto FM, le défi est désormais de conjuguer croissance et conformité. Pour la HAAC, il s’agit de maintenir un équilibre délicat entre liberté d’expression et respect des normes.

Dans ce face-à-face discret, c’est une partie de l’avenir des médias de proximité qui se joue.

Bénin : santé, finances au cœur du Conseil des ministres

Au Bénin, le Conseil des ministres réuni le 18 février 2026 sous la présidence de Patrice Talon a dessiné les contours d’une action publique articulée autour de trois priorités : mieux défendre les intérêts économiques de l’État, intensifier la lutte contre le paludisme et encadrer plusieurs projets structurants.

Derrière l’énumération des décisions adoptées se dessine une ligne politique claire : renforcer les outils de souveraineté juridique, améliorer la performance sanitaire et sécuriser les investissements publics.

 

Une arme juridique pour mieux défendre l’État

Parmi les mesures normatives, le gouvernement a décidé de transmettre à l’Assemblée nationale un accord en vue de la ratification de la Facilité africaine de soutien juridique.

Créée à la suite des crises de la dette des années 1980 et 1990, cette structure internationale accompagne les pays africains dans les négociations complexes avec des créanciers privés et dans la gestion de contentieux commerciaux souvent coûteux. À l’époque, plusieurs États s’étaient retrouvés fragilisés face à des partenaires mieux armés sur le plan technique et juridique.

En rejoignant cette institution, le Bénin ambitionne de bénéficier d’une expertise spécialisée pour défendre plus efficacement ses intérêts dans les transactions internationales. L’adhésion offrirait également un accès privilégié à des bases de données, à des conseils stratégiques et à des panels d’experts.

Les ministres en charge de l’Économie et de la Justice ont été instruits de veiller à la bonne conduite de la procédure parlementaire. L’enjeu est de taille : sécuriser les contrats, prévenir les litiges ruineux et garantir des accords équilibrés pour les finances publiques.

Une nouvelle agence pour intensifier la lutte contre le paludisme

Autre décision majeure : la création d’une Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques.

Malgré les campagnes de prévention et les distributions de moustiquaires, le paludisme demeure l’une des principales causes de consultation, d’hospitalisation et de décès, notamment chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.

L’exécutif entend doter le pays d’un instrument spécialisé, autonome et réactif pour coordonner les actions. La nouvelle agence aura pour missions :

  • concevoir et évaluer des programmes de démoustication ;
  • renforcer la prévention et la prise en charge de la malaria ;
  • réduire le taux de mortalité lié aux maladies transmises par les moustiques ;
  • encourager la recherche et l’innovation dans la lutte antivectorielle ;
  • sensibiliser les populations aux comportements de prévention ;
  • appuyer les communes dans la gestion des nuisances.

Les statuts ont été approuvés et les ministres concernés chargés d’assurer sa mise en œuvre rapide. Au-delà de la santé, l’impact est aussi économique : le paludisme freine la productivité et pèse sur les dépenses des ménages.

 

Projets structurants : tourisme, fiscalité et patrimoine routier

Le Conseil a également validé plusieurs décrets et communications touchant à l’aménagement du territoire et aux infrastructures.

Un resort balnéaire à AVLO, à Grand-Popo

À Grand-Popo, le projet de resort urbain et balnéaire d’AVLO entre dans une phase technique décisive. Positionné sur le segment du tourisme haut de gamme et orienté vers l’écotourisme, il devra faire l’objet d’une étude d’impact environnemental et social approfondie.

L’objectif affiché est double : garantir la qualité des infrastructures et préserver l’écosystème côtier. Dans une zone sensible aux effets de l’érosion et aux pressions environnementales, la prudence est de mise.

Des bureaux pour la Direction générale des impôts

Le gouvernement a par ailleurs autorisé la formalisation d’un marché pour le contrôle technique de futurs bâtiments destinés aux services fiscaux. L’audit portera notamment sur la solidité des structures, la sécurité des usagers, la conformité des installations électriques et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

L’enjeu est d’assurer des infrastructures publiques conformes aux normes, dans un contexte où la modernisation de l’administration fiscale est présentée comme un levier essentiel de mobilisation des ressources internes.

Patrimoine maritime et circulation routière

Au titre des textes adoptés figurent également :

  • la modification d’un article des statuts du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins ;
  • le déclassement d’une portion du domaine public maritime dans le cadre de l’aménagement de la Route des pêches ;
  • un décret fixant les conditions de circulation des véhicules de transport afin de mieux protéger le patrimoine routier national.

Réaménagement gouvernemental après les législatives

À la suite de leur élection comme députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont exprimé leur souhait de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux exigences légales.

Le chef de l’État en a pris acte et a désigné des ministres intérimaires pour assurer la continuité de l’action gouvernementale.

Enfin, au titre des mesures individuelles, Aimée Justine Azon Aboudou a été nommée cheffe de cabinet de la vice-présidente de la République.

 

Une gouvernance axée sur la consolidation

À travers ces décisions, l’exécutif béninois affiche une volonté de consolidation : consolidation juridique pour mieux négocier à l’international, consolidation sanitaire pour réduire l’impact d’une maladie endémique, et enfin consolidation institutionnelle pour sécuriser les projets publics.

Reste désormais l’étape de la mise en œuvre. Car au-delà des annonces, c’est sur le terrain — dans les hôpitaux, les tribunaux, les chantiers et les communes — que se mesurera l’efficacité réelle de ces orientations.

Bénin : après les législatives, le gouvernement se réorganise

Au Bénin, la recomposition institutionnelle suit le rythme des urnes. À la suite de l’élection des députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont choisi de quitter l’Exécutif pour rejoindre l’Assemblée nationale. Une transition encadrée par les textes, mais qui impose des ajustements rapides pour préserver la continuité de l’action publique.

Le chef de l’État a entériné ces départs et mis en place des mesures provisoires afin d’éviter toute rupture dans la gestion des dossiers en cours.

Du gouvernement à l’hémicycle

Élus députés lors des dernières législatives, Jean-Michel Abimbola et Yayi Éléonore ont exprimé leur volonté de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux règles qui encadrent la séparation des fonctions exécutives et législatives.

Jusqu’ici respectivement en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts, puis de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ils ouvrent une nouvelle étape de leur parcours politique en rejoignant l’hémicycle.

Ce passage du gouvernement au Parlement n’est pas inédit dans la vie politique béninoise, mais il rappelle la dynamique propre aux systèmes démocratiques : les responsables publics peuvent être appelés à exercer des fonctions différentes selon le mandat confié par les électeurs.

Des intérims pour maintenir le cap

Pour combler ces départs, le gouvernement a opté pour des solutions internes. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, assurera à titre intérimaire le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

De son côté, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Assouma Alimatou Shadiya, prend également en charge le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts.

Ce choix de cumul temporaire vise à garantir la stabilité administrative et la poursuite des projets engagés. Les secteurs concernés — universités, recherche scientifique, promotion touristique et valorisation culturelle — sont stratégiques pour le développement du pays.

Une nouvelle phase parlementaire

Avec leur installation à l’Assemblée nationale du Bénin, les deux anciens ministres changent de rôle. Ils participeront désormais à l’élaboration des lois et au contrôle de l’action gouvernementale.

Ce basculement illustre l’équilibre institutionnel : ceux qui étaient hier aux commandes de politiques publiques deviennent aujourd’hui acteurs du débat législatif. Ils apportent à l’hémicycle leur expérience de terrain et leur connaissance des dossiers gouvernementaux.

Continuité et responsabilité

Dans un contexte régional marqué par des transitions parfois heurtées, le processus béninois se distingue par son cadre formel et son respect des règles constitutionnelles. Les départs ont été annoncés, validés et immédiatement compensés par des mesures transitoires.

Pour l’opinion publique, l’enjeu est clair : assurer que les réformes en cours, notamment dans l’enseignement supérieur et la promotion culturelle, ne connaissent aucun ralentissement.

Cette séquence politique rappelle aussi une réalité essentielle : au-delà des personnes, ce sont les institutions qui garantissent la stabilité. Et c’est dans cette continuité que se joue la crédibilité de l’action publique.

Nathan Tchibozo, premier Olympien d’hiver du Bénin

Le Bénin a désormais un nom inscrit dans l’histoire des Jeux d’hiver. Nathan Tchibozo est devenu le tout premier athlète béninois à participer aux Jeux olympiques d’hiver, en représentant son pays à Milano Cortina 2026. Une performance inédite pour une nation d’Afrique de l’Ouest où la neige n’existe pas, mais où les rêves, eux, ne connaissent pas de climat.

L’Ambassade des États-Unis au Bénin a salué publiquement cette étape historique, félicitant le jeune sportif pour son parcours exceptionnel et son engagement à porter haut les couleurs nationales sur la scène internationale.

Un exploit symbolique

La participation de Nathan Tchibozo dépasse le cadre sportif. Elle incarne une nouvelle page dans le récit du sport béninois. Longtemps associé aux disciplines estivales, le pays fait une entrée remarquée dans l’univers exigeant des sports d’hiver.

Spécialiste du slalom géant, une discipline technique qui demande précision, vitesse et endurance, le jeune athlète a su franchir les étapes nécessaires pour atteindre le plus haut niveau. Des premières glissades sur les skis à l’âge de trois ans jusqu’aux pistes olympiques, son parcours témoigne d’une détermination rare.

Dans un pays tropical, où les infrastructures liées aux sports d’hiver sont inexistantes, cette trajectoire relève d’une volonté personnelle hors du commun.

Le poids d’un drapeau

Porter le drapeau béninois lors d’un événement mondial comme les Jeux d’hiver a une portée symbolique forte. Cela signifie que le sport béninois élargit son horizon et affirme sa place dans toutes les disciplines.

Pour de nombreux jeunes, cette image est un signal puissant : aucun domaine n’est inaccessible. L’absence de tradition ou d’environnement favorable ne doit pas freiner l’ambition.

Nathan Tchibozo envoie ainsi un message simple et universel : croire en ses rêves, même lorsqu’ils semblent improbables.

Un modèle pour la jeunesse

Au Bénin, où la jeunesse représente une large part de la population, les figures inspirantes jouent un rôle clé. Le parcours du premier Olympien d’hiver béninois montre que la réussite repose sur le travail, la persévérance et l’attachement à ses racines.

En représentant fièrement son pays à Milano Cortina, Nathan Tchibozo prouve que l’identité nationale peut s’exprimer sur toutes les scènes, qu’elles soient africaines, européennes ou mondiales.

Son exemple ouvre aussi un débat plus large sur la diversification des disciplines sportives au Bénin et sur l’accompagnement des talents, même dans des domaines peu conventionnels.

Une étape historique, un avenir à construire

La présence d’un Béninois aux Jeux d’hiver marque une avancée symbolique. Elle rappelle que le sport est un espace de dépassement, mais aussi un outil de visibilité internationale.

Pour le Bénin, cette participation constitue un jalon. Pour la jeunesse, elle devient une source d’inspiration. Et pour Nathan Tchibozo, elle n’est sans doute qu’un début.

Bénin : Akowe, élu de Porto-Novo, interpellé pour escroquerie

À Porto-Novo, capitale administrative du Bénin, l’interpellation d’un représentant local provoque l’émoi. En effet, la justice détient actuellement Joseph Akowe, chef de quartier à Acron Gogankomey, qu’elle soupçonne d’être impliqué dans une escroquerie présumée liée à des projets de développement piscicole sur la lagune.

 

Dès lors, l’affaire s’ébruite et secoue les berges de Porto-Novo. Selon nos informations, les forces de l’ordre ont appréhendé Joseph Akowe, autorité locale du 1ᵉʳ arrondissement, avant de le placer en garde à vue au commissariat central.

 

Des millions de francs en jeu

Le dossier révèle des montants considérables, évalués à plusieurs millions de francs CFA. Or, ces fonds devaient financer des projets de pisciculture, un secteur vital pour l’économie locale. Pour de nombreuses familles riveraines, l’aquaculture incarne bien plus qu’une activité : elle représente un levier de survie et un espoir de prospérité.

Cependant, cet espoir vacille. En effet, les doutes sur l’usage réel des financements nourrissent l’idée d’un détournement de fonds publics ou privés et laissent un sentiment de trahison parmi les administrés.

 

La justice saisie

Dans ce contexte, la justice prévoit de déférer l’élu local devant le procureur de la République près le tribunal de Porto-Novo dans les prochains jours. Certes, les accusations restent au conditionnel, mais l’enquête s’attache à retracer la destination des ressources mobilisées.

Ainsi, cette interpellation remet en lumière la question de l’intégrité des élus de proximité au Bénin. Dans le quartier d’Acron Gogankomey, certains se taisent tandis que d’autres réclament transparence, alors que la procédure judiciaire suit son cours.

Au-delà du cas Akowe, cette affaire relance le débat sur la gouvernance locale et la transparence dans la gestion des fonds publics au Bénin.

Bénin : procès d’un ex-militaire français pour faux permis à la CRIET

C’est un dossier inhabituel qui s’est ouvert le lundi 16 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Porto-Novo. En effet, un ancien commandant des forces spéciales françaises à la retraite a comparu pour son implication présumée dans un réseau de falsification de documents administratifs béninois.

 

L’enceinte de la CRIET a servi de cadre, lundi, à une audience correctionnelle aux profils singuliers. Au centre des débats : R. F., ancien officier d’élite de l’armée française, aujourd’hui poursuivi pour l’établissement de faux permis de conduire sur le territoire béninois. Détenu sous mandat de dépôt, l’ex-militaire a dû s’expliquer sur des activités bien éloignées de son prestigieux passé sous les drapeaux.

 

Un réseau de falsification à 150 000 FCFA le document

Selon les éléments présentés à l’audience, les faux documents étaient vendus aux alentours de 150 000 FCFA. Le principal prévenu aurait perçu des commissions sur ces transactions. Lors des perquisitions à son domicile, les enquêteurs ont mis la main sur du matériel informatique ainsi que des enregistrements vidéo montrant la confection technique de ces titres de conduite falsifiés.

À la barre, l’ancien commandant, installé au Bénin depuis trois ans pour des motifs professionnels, a fermement nié être le cerveau de l’opération. S’il reconnaît avoir servi de facilitateur, il pointe du doigt un tiers qui serait, selon ses dires, le véritable organisateur de ce trafic.

 

Des profils internationaux dans le box des accusés

L’affaire ne concerne pas seulement l’ancien officier français. La chambre correctionnelle a entendu deux autres ressortissants étrangers, laissés libres durant la procédure : un homme d’affaires russo-belge, qui a rejeté catégoriquement l’utilisation de documents frauduleux, et un jeune Français d’une trentaine d’années, qui a admis avoir détenu un tel permis tout en plaidant sa bonne foi, affirmant par ailleurs qu’il ignorait qu’il s’agissait d’une contrefaçon.

Procès renvoyé au mois de mars

Après une première phase d’échanges intenses sur les responsabilités de chacun, la Cour a décidé de renvoyer l’audience au 16 mars 2026. Ce délai doit permettre aux magistrats d’approfondir l’examen des preuves numériques saisies et de confronter les différentes versions des prévenus.

Pour le Bénin, ce procès illustre une nouvelle fois la détermination de la CRIET à traquer la petite et la grande fraude administrative, quel que soit le profil ou la nationalité des mis en cause.

Bénin : Installation des maires 2026 et le défi de la parité

Depuis le 14 février, les préfectures du Bénin tournent à plein régime pour investir les nouveaux exécutifs locaux. Si la décentralisation gagne en maturité, les chiffres de cette cuvée 2026-2033 révèlent une ombre persistante au tableau : l’extrême marginalisation des femmes à la tête des mairies.

 

Le marathon administratif tire à sa fin. En effet, ce lundi 16 février 2026, le Bénin boucle l’installation des conseils communaux issus du scrutin du 11 janvier dernier. Sur l’ensemble du territoire, l’heure est aux écharpes tricolores et aux passations de charges. À l’heure où nous écrivons ces lignes, 72 édiles sur 77 ont déjà pris possession de leurs bureaux, sous l’étroite supervision des préfets de départements.

Mais derrière le décorum républicain et les promesses de « développement à la base », une statistique fait grincer les dents des défenseurs de la parité : le pouvoir local reste une affaire d’hommes.

 

Un quatuor de femmes pour 77 sièges

L’analyse de cette 5ᵉ mandature, qui s’étirera jusqu’en 2033, offre un contraste saisissant avec les ambitions de modernité affichées par la classe politique. Sur l’échiquier national, seules quatre communes — un chiffre dérisoire — ont porté une femme à leur tête :

  • Zinatou Alazi Osséni Saka à Kandi ;
  • Patricia Ponna Saï à Toucountouna ;
  • Angélique Titilola Adégnika Léonce à Kétou ;
  • Marguerite Agbanzé à Toffo.

 

Ce « club des quatre » incarne à lui seul la résistance du leadership féminin dans un univers politique encore largement verrouillé. Malgré les réformes législatives et les discours sur l’inclusion, la représentativité des femmes au sommet des exécutifs communaux stagne, soulevant des interrogations sur l’efficacité des mécanismes de promotion du genre au sein des partis politiques.

 

Le suspense final pour cinq communes

Le processus ne sera totalement clos qu’en fin de journée. Cinq localités, dont les stratégiques communes d’Ifangni et de Sakété, attendent encore le passage des préfets pour découvrir le visage de leur nouveau maire. Ce léger décalage dans le calendrier n’entache pas la dynamique globale, mais maintient une pression locale dans ces fiefs où les tractations de coulisses ont été particulièrement intenses.

 

2026-2033 : les défis d’un septennat local

Par ailleurs, les nouveaux élus héritent d’une responsabilité lourde. Dans le cadre de la réforme structurelle du secteur de la décentralisation, ils devront cohabiter avec des Secrétaires Exécutifs (SE) pour transformer les territoires.

Pour les sept prochaines années, l’enjeu sera double : prouver que la décentralisation peut répondre aux besoins vitaux des populations (eau, pistes rurales, éducation) et, surtout, démontrer que la gouvernance locale peut aussi être plus inclusive. Car, si cette mandature s’ouvre sous le signe de l’efficacité administrative, elle souffre déjà d’un déficit de représentativité qui pourrait, à terme, fragiliser le pacte de confiance entre les administrés et leurs élus.

Bénin : Affaire Éden Food et l’arnaque des 100 marmites au CNIN

Soupçonnée de malversations autour d’une vaste opération caritative, Love Anick Ploka, alias « Éden Food », a été longuement interrogée par le Centre national d’investigations numériques (CNIN). Entre promesses de solidarité et ombres sur la comptabilité, l’influenceuse joue désormais sa crédibilité devant les enquêteurs.

 

Au Bénin, la frontière entre l’influence caritative et l’arnaque numérique n’a jamais paru aussi poreuse. Ce lundi 16 février 2026, l’influenceuse culinaire Love Anick Ploka, plus connue sous son pseudonyme « Éden Food », doit se présenter à nouveau devant les enquêteurs du Centre national d’investigations numériques (CNIN). Ce rendez-vous judiciaire fait suite à une première audition musclée le vendredi 13 février, où la jeune femme a frôlé le placement en détention après plusieurs heures d’interrogatoire.

 

Le mirage des « 100 marmites »

Tout commence le 29 novembre 2025. Sur les réseaux sociaux, le projet est séduisant, presque titanesque : préparer cinq tonnes de nourriture pour offrir un repas chaud à près de 30 000 démunis. L’opération, baptisée « 100 marmites », suscite un élan de générosité immédiat. Des particuliers vident leur portefeuille, des entreprises livrent des tonnes de riz et de pâtes alimentaires.

Cependant, deux mois plus tard, la machine se grippe. Sur la toile, les louanges ont laissé place à un réquisitoire numérique. Les accusations pleuvent : certains bénéficiaires affirment avoir dû payer pour des plats censés être gratuits, tandis que des donateurs s’interrogent sur le décalage flagrant entre les montagnes de vivres collectées et la réalité des distributions sur le terrain.

 

Le CNIN aux fourneaux

Face à l’ampleur du tumulte, la justice béninoise a actionné son bras armé contre la cybercriminalité. Les policiers du CNIN cherchent désormais à percer le mystère de la traçabilité des dons. Où est passé l’argent ? Les stocks de nourriture ont-ils été détournés ?

L’influenceuse a été libérée de justesse à 23 heures vendredi dernier, après une garde à vue de fait. Mais la pression ne retombe pas : d’autres organisateurs de l’événement sont également dans le viseur des enquêteurs ce lundi.

 

Un test pour la confiance numérique

Cette affaire illustre le défi croissant auquel fait face le Bénin : la régulation de la générosité publique sur Internet. Pour les autorités, il s’agit de marquer le coup. Dans un pays où le gouvernement a fait de la lutte contre la cybercriminalité un cheval de bataille, l’exploitation de la précarité à des fins présumées d’enrichissement personnel est un dossier pris très au sérieux.

Pour Éden Food, l’enjeu est désormais d’apporter des preuves concrètes de sa bonne foi. Au-delà de sa liberté, c’est tout l’écosystème du « social media » béninois qui retient son souffle, craignant que cette affaire n’entache durablement les futurs appels à la solidarité nationale.

Bénin vs Égypte U20 : Le grand défi des Amazones à Lomé

Le stade de Kégué, à Lomé, s’apprête à devenir le théâtre d’une des pages les plus intenses du football féminin béninois. En effet, Ce vendredi 13 février, à 15 h GMT (16 h à Cotonou), les Amazones U20 retrouvent les Pharaonnes d’Égypte pour la manche retour des qualifications à la Coupe du monde de leur catégorie. Si le gazon est togolais, le cœur du match bat bel et bien pour le Bénin.

 

L’exil comme catalyseur de résilience

Disputer un match « à domicile » hors de ses frontières n’est jamais une mince affaire. Pourtant, pour le onze national, cette délocalisation au Togo ne doit pas être un frein, mais un moteur. Dans les couloirs du ministère des Sports, le mot d’ordre est clair : transformer l’enceinte de Lomé en une forteresse imprenable pour valider le ticket mondial.

La direction de cette rencontre cruciale a été confiée à l’arbitre congolaise Agnes Ngoma Makaya. Sous son sifflet, les Amazones devront faire preuve de discipline et de réalisme face à une équipe égyptienne réputée pour sa rigueur tactique.

 

Une communion numérique au-delà des frontières

Faute de pouvoir remplir les gradins de Kégué avec la ferveur cotonnoise, les autorités sportives ont misé sur la proximité digitale. La page Facebook officielle du Ministère des Sports diffusera la rencontre en temps réel, permettant ainsi à des milliers de supporters de pousser, derrière leurs écrans, pour la victoire finale.

Au-delà de la performance athlétique, ce duel représente un test de maturité pour une génération de joueuses qui porte les espoirs d’une nation entière. Les Amazones savent qu’une qualification historique renforcerait non seulement le prestige du football béninois sur la scène internationale, mais ouvrirait surtout la voie à une reconnaissance durable du sport féminin dans le pays.