Bénin : L’association Freunde Benins rénove trois écoles

Bénin, 16 janvier 2026 — Alors que l’année scolaire bat son plein, un vent de fraîcheur et d’espoir souffle sur plusieurs localités du Bénin. L’association allemande Freunde Benins (« Les Amis du Bénin ») vient de boucler une mission de terrain riche en réalisations concrètes. Plus qu’une simple visite de courtoisie, ce séjour a marqué l’aboutissement de chantiers majeurs pour l’éducation et l’autonomisation des populations rurales.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Une métamorphose pour les écoles de Tognondoho, Yahoulin et Djokododji

L’éducation constitue le cœur battant de cet engagement. Dans les villages de Tognondoho, Yahoulin et Djokododji, le paysage scolaire s’est radicalement transformé. Fini les salles de classe vétustes : les élèves ont fait leur rentrée dans des bâtiments entièrement rénovés, offrant ainsi un cadre d’apprentissage digne et sécurisé.

L’association n’a pas seulement rebâti les murs. Elle a également doté les établissements de nouvelles fournitures scolaires et d’équipements pédagogiques modernes. Cette action directe vise à lutter contre l’abandon scolaire et à offrir aux enfants de ces localités les mêmes chances de réussite que ceux des grandes agglomérations. Pour les enseignants, ces nouvelles infrastructures représentent un levier de motivation sans précédent.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Eau et autonomie : des projets qui coulent de source

Mais l’impact de Freunde Benins s’étend au-delà des salles de classe. Conscients que la santé et l’économie locale sont les piliers du développement, les membres de l’association ont inauguré deux nouveaux puits. L’accès à l’eau potable dans ces villages change radicalement le quotidien des familles, notamment les corvées d’eau pénibles et les maladies hydriques.

Parallèlement, un groupe de femmes a reçu un appui stratégique : du matériel agricole de qualité. En équipant ces travailleuses de la terre, l’association favorise l’autonomie financière des foyers et renforce la sécurité alimentaire au niveau communautaire. Ces femmes, piliers de l’économie rurale, disposent désormais d’outils performants pour accroître leur productivité.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Un partenariat durable : quatre nouveaux projets à l’horizon

L’histoire ne s’arrête pas là. À peine les inaugurations terminées, les yeux sont déjà tournés vers l’avenir. Le prochain voyage est d’ores et déjà confirmé, signe d’une collaboration qui s’inscrit dans la durée et la confiance mutuelle.

Quatre nouveaux projets sont déjà sur les rails, promettant d’étendre encore davantage ce réseau de solidarité. Cette dynamique illustre la force de la société civile : quand des citoyens d’horizons différents s’unissent, les barrières tombent pour laisser place au progrès social.

« Vive l’engagement de la société civile ! » est le cri de rassemblement qui résonne aujourd’hui dans l’Ouémé. Entre le Bénin et l’Allemagne, ce n’est plus seulement une question de diplomatie, mais une histoire d’amitié sincère gravée dans le béton des écoles et l’eau pure des puits.

Benin City : Un chauffard de 19 ans blesse 3 policiers

Benin City (État d’Edo), 16 janvier 2026— Les rues habituellement animées de Benin City ont été le théâtre d’une scène digne d’un film d’action hollywoodien, la tragédie en plus. Ce qui n’était au départ qu’une tentative de contrôle routier a dégénéré en une course-poursuite effrénée, laissant derrière elle des blessés, des tôles froissées et une population sous le choc.

Au cœur de cette affaire, un jeune homme de 19 ans, identifié par les autorités sous le nom de Nsikak Okon. Il fait désormais face à de lourdes accusations criminelles après avoir transformé sa voiture en une arme par destruction.

 

Une Mercedes suspecte et une fuite désespérée

Tout commence très tôt le Jeudi lorsqu’une patrouille de police repère une Mercedes aux vitres lourdement teintées et dépourvue de plaques d’immatriculation. Alors que les agents intiment au conducteur l’ordre de s’arrêter, Nsikak Okon écrase l’accélérateur. Dans sa manœuvre désespérée pour échapper aux forces de l’ordre, le suspect percute de plein fouet trois policiers qui tentaient de lui barrer la route.

Loin de s’immobiliser, le chauffard poursuit sa course folle à travers les quartiers denses de la ville. Dans sa fuite, il multiplie les collisions, endommageant plusieurs véhicules de particuliers et renversant les piétons qui se trouvent sur son passage.

 

Une interpellation musclée et une découverte compromettante

Grâce à une mobilisation rapide des unités de sécurité de l’État d’Edo, les forces de l’ordre ont finalement immobilisé le véhicule et appréhendé le conducteur après une courte fusillade au cours de laquelle le jeune homme a été blessé par balle. L’inspection de la Mercedes a révélé des éléments qui pourraient expliquer la panique du jeune homme : les policiers ont découvert à l’intérieur de l’habitacle des substances suspectées d’être des drogues dures.

Cette saisie oriente désormais l’enquête vers un possible trafic de stupéfiants ou une conduite sous l’emprise de produits illicites, aggravant considérablement le dossier de Nsikak Okon.

 

Le bilan humain : entre soulagement et inquiétude

Le bilan de ce délit de fuite est lourd. Les trois policiers percutés au début de l’incident ont été transportés en urgence vers la structure hospitalière la plus proche. Selon les dernières nouvelles médicales :

  • Deux agents ont pu regagner leur domicile après avoir reçu des soins pour des blessures légères.
  • Un troisième policier reste hospitalisé, son état nécessitant une surveillance accrue, bien que ses jours ne semblent plus en danger.

 

Un signal fort contre l’incivisme routier

Cette affaire suscite une vive émotion au Nigeria, où la sécurité routière et le respect des forces de l’ordre sont des sujets de tension majeure. Le commandement de la police de l’État d’Edo a réaffirmé sa volonté de poursuivre l’auteur de ces faits avec la plus grande fermeté.

Nsikak Okon devra répondre de plusieurs chefs d’inculpation, notamment tentative de meurtre, conduite imprudente ayant causé des dommages corporels, délit de fuite et possession de substances illicites. À 19 ans, le jeune homme vient de voir son avenir s’assombrir brutalement sur le bitume de Benin City.

Sèmè-Podji : Une opération douanière vire à l’affrontement mortel

Sèmè-Podji, 16 janvier 2026 — Le sud du Bénin s’est réveillé ce vendredi dans une atmosphère de deuil et d’indignation. Deux jours après les violences survenues dans la zone franche industrielle, l’émotion reste vive à Porto-Novo et dans ses environs. Ce qui devait être une simple opération de saisie de marchandises de contrebande s’est mué, dans la soirée du mercredi 14 janvier, en affrontements meurtriers : un mort et trois blessés graves.

 

Une étincelle dans la nuit

Vers 21 heures, sur le tronçon du PK 18, une unité douanière intercepte un chargement de produits non dédouanés. L’interpellation d’un jeune contrebandier de 26 ans dégénère. Des coups de feu éclatent. Le suspect est grièvement atteint d’une balle à la tête.

La nouvelle se répand aussitôt dans le quartier. En quelques minutes, des jeunes se rassemblent, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme un usage disproportionné de la force. À leur tête, Thiery Ahohouzou, neveu du blessé, réclame des explications.

 

Une riposte fatale

La confrontation vire au drame. Dans la confusion, une balle frappe Thiery Ahohouzou à l’abdomen. Malgré les secours, il succombe à ses blessures. Son corps repose désormais à la morgue de Porto-Novo.

Le bilan s’alourdit : le contrebandier lutte toujours contre la mort au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé, tandis que deux autres personnes rejoignent les urgences. Parmi elles, une femme enceinte dont l’état suscite une vive inquiétude.

 

Des versions contradictoires

Le lendemain matin, les couloirs de l’hôpital de Porto-Novo sont envahis par les familles endeuillées. Elles rejettent catégoriquement la thèse d’une rébellion avancée par certaines sources sécuritaires.

Cyril Ahohouzou, père du défunt, affirme que son fils n’avait aucune intention de provoquer des troubles : « Mon garçon s’était simplement approché pour s’enquérir de la situation », confie-t-il, amer. Selon lui, le tir mortel aurait été effectué par un militaire venu en appui aux douaniers.

Un test pour l’État de droit

Ce drame relance le débat sur l’usage des armes à feu dans les opérations de lutte contre la fraude transfrontalière. Si la nécessité de protéger l’économie nationale est reconnue, la proportionnalité des moyens employés face à des civils interroge.

À Sèmè-Podji, le calme revient peu à peu. Mais les regards se tournent désormais vers la justice, appelée à établir les responsabilités et à faire toute la lumière sur cette nuit où la traque de la contrebande a coûté la vie à un jeune homme et plongé une communauté dans le désarroi.

Pétrole au Bénin : Reprise imminente du champ offshore de Sèmè

Cotonou, 15 janvier 2026— Un vent d’optimisme souffle sur les côtes béninoises. Après plusieurs décennies de silence, le champ pétrolier offshore de Sèmè s’apprête à reprendre la vie. Sauf imprévu de dernière minute, le Bénin réintégrera effectivement le cercle des pays producteurs de pétrole d’ici la fin de ce mois.

Ce projet ambitieux est porté par la société Rex International Holding, via sa filiale locale Akrake Petroleum Benin SA. Initialement espérée pour la fin de l’année 2025, la reprise a dû composer avec les caprices de la géologie, mais les signaux sont désormais au vert.

 

Un trésor endormi depuis 1998

Le gisement de Sèmè n’est pas un inconnu pour les Béninois. Découvert en 1969, il a connu ses heures de gloire entre 1982 et 1998, période durant laquelle il a livré environ 22 millions de barils. À l’époque, la chute brutale des cours mondiaux — tombés à 14 dollars le baril — avait rendu son exploitation non rentable, forçant les autorités à fermer les vannes.

Aujourd’hui, grâce à la remontée des cours et aux progrès technologiques, la donne a changé. La relance repose sur une stratégie de modernisation profonde. Le cœur de cette reprise bat autour du puits AK-2H, un complexe horizontal de fourrage conçu pour maximiser l’extraction.

 

Les défis techniques du sous-sol

Si le pétrole est là, l’atteindre n’a pas été de tout repos. Les ingénieurs d’Akrake Petroleum ont dû faire face à des couches de roches instables situées juste au-dessus du réservoir, provoquant des incidents techniques qui ont retardé le calendrier initial. « Il a fallu ajuster nos méthodes de fourrage en temps réel », explique-t-on du côté des experts. Ces obstacles désormais surmontés, la production peut démarrer dès l’achèvement final du puits AK-2H, les unités de stockage et de traitement en mer étant déjà opérationnelles.

Quel impact pour l’économie nationale ?

Avec une production initiale estimée à 15 000 barils par jour, le Bénin ne prétend pas rivaliser avec les géants de l’OPEP. Toutefois, pour l’économie locale, l’enjeu est colossal. Ce volume stratégique permettra de :

  • Augmenter les recettes fiscales de l’État.
  • Créer des emplois directs et indirects dans le secteur des services pétroliers.
  • Renforcer la souveraineté énergétique du pays.

Vers un avenir plus profond

L’aventure ne s’arrête pas là. Les réserves actuelles (prouvées et probables) sont estimées à un peu plus de dix millions de barils. Mais Akrake Petroleum voit plus loin : un puits d’exploration futur doit tester des réservoirs plus profonds, qui pourraient abriter non seulement du pétrole, mais aussi du gaz naturel.

La renaissance de Sèmè s’inscrit dans un mouvement régional de reconquête de l’offshore en Afrique de l’Ouest. Pour le gouvernement béninois, c’est un test de maturité industrielle. Réussir à redonner vie à un ancien gisement grâce à l’innovation technologique envoie un message fort aux investisseurs internationaux : le sous-sol béninois a encore beaucoup à offrir.

Législatives 2026 : la Cour constitutionnelle se prépare à livrer le verdict des urnes

Jeudi, c’est la date limite que tout le Bénin a cochée dans son calendrier. Alors que la nation retient son souffle Quarante-huit heures après un scrutin législatif crucial, le Palais de la Cour constitutionnelle à Cotonou s’est transformé en une véritable ruche stratégique. C’est dans ce contexte que le lundi 12 janvier 2026, son président, le professeur Cossi Dorothé Sossa, est monté au créneau pour rassurer l’opinion publique : la Haute Juridiction est en ordre de bataille pour livrer la vérité des urnes dans la transparence la plus totale.

 

Une immersion au cœur de la « machine électorale »

Pour prouver que l’institution est prête à relever le défi de la célérité, le Professeur Sossa a ouvert les portes des salles de traitement à la presse. En effet , ce parcours, quasi militaire dans son organisation, permet de comprendre la complexité de la tâche. De la salle d’ouverture des plis — où l’on dévoile le secret des votes — à l’espace sécurisé réservé aux cantines électorales, les autorités ont en fait pensé chaque étape pour éviter toute faille logistique.

La visite s’est achevée dans le saint des saints : la salle informatique. C’est ici que les données brutes issues des procès-verbaux seront traitées et consolidées. « L’ensemble des dispositifs techniques et logistiques requis se trouve opérationnel », a martelé le président de la Cour, soulignant ainsi que la technologie est ici au service de la fiabilité du scrutin.

 

Une course contre la montre

L’enjeu est de taille : le respect des délais constitutionnels. Au Bénin, la loi impose des contraintes temporelles extrêmement serrées pour la proclamation des résultats. Pour y faire face, la Cour a aussi misé sur une mobilisation humaine exceptionnelle. Des équipes d’experts et d’assistants sont prêtes à se relayer sans interruption, de jour comme de nuit, pour dépouiller chaque pli dès sa réception.

Par ailleurs,  le professeur Sossa a tenu à clarifier la collaboration avec la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). Si la Cour est le juge du scrutin, elle dépend de la diligence de la CENA pour la transmission des cantines. « Le démarrage des opérations est imminent », a-t-il précisé, évacuant toute crainte de retard imputable à son institution.

Le verdict final attendu au plus tard jeudi

Ainsi, la question que tout le monde se pose : « À quand les résultats ? » a reçu une réponse précise, bien que conditionnée par la logistique. Le président de la haute juridiction a glissé que si les cantines étaient parvenues plus tôt, une annonce dès mercredi aurait été envisageable.

Toutefois, pour garantir la qualité du traitement et la sérénité des vérifications, il a fixé un horizon clair : la publication officielle des résultats interviendra, en tout état de cause, au plus tard ce jeudi. En attendant ce rendez-vous crucial, Cotonou vit au rythme d’une attente studieuse. Entre les murs de la Cour, le droit et la technologie s’unissent pour que, jeudi, la voix du peuple béninois soit entendue avec la clarté et la rigueur que commande la démocratie.

Bénin & Nigeria : Vers une alliance industrielle historique en 2026

Le cœur économique de l’Afrique de l’Ouest s’apprête à battre à l’unisson. À la fin de ce mois de janvier 2026, le Bénin traversera la frontière pour une offensive de charme sans précédent. En effet, les 26 et 28 janvier, Abuja et Lagos accueilleront le « Benin-Nigeria Business Forum » (BNBF), une plateforme stratégique destinée à sceller une alliance industrielle durable entre les deux voisins.

Loin des simples visites diplomatiques, ce forum se veut un moteur concret de croissance. En ciblant la première puissance économique du continent, le Bénin ne cherche pas seulement des partenaires, il propose également un nouveau modèle de co-développement. L’événement s’adresse aux capitaines d’industrie nigérians, mais aussi à la dynamique diaspora béninoise établie au Nigeria, véritable pont vivant entre les deux nations.

 

Le Bénin, nouvelle terre promise de l’industrie

Au centre de toutes les attentions, un projet emblématique sera la vedette des discussions : la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Véritable fer de lance de la transformation économique béninoise, la GDIZ n’est plus un projet, mais une réalité industrielle qui transforme déjà le coton et la noix de cajou sur place. Pour les investisseurs de Lagos ou d’Abuja, elle représente un hub logistique moderne offrant des incitations fiscales et douanières uniques dans la sous-région.

Le forum ne se contentera pas de discours. En effet, cet événement se présente comme un espace de « matchmaking » B2B où les industriels du textile, de l’agro-industrie, de l’énergie et de l’immobilier identifieront des opportunités immédiates. L’enjeu reste limpide : transformer le commerce transfrontalier informel en partenariats industriels structurés et à forte valeur ajoutée.

 

Une armada institutionnelle pour garantir les investissements

La crédibilité de ce rendez-vous repose sur une alliance de poids. Le BNBF est porté par un consortium d’institutions majeures : l’APIEx (Agence de Promotion des Investissements et des Exportations), la GDIZ, la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDC Bénin) et le géant panafricain AFREXIMBANK.

La présence de la CDC Bénin est particulièrement rassurante pour les investisseurs. En tant que bras financier de l’État, elle se positionne comme le partenaire de confiance capable de co-financer des projets structurants et d’offrir des mécanismes de garantie solides, notamment pour les entrepreneurs de la diaspora désireux de relocaliser une partie de leurs activités au pays.

 

Deux pôles, une ambition

Par ailleurs, le choix des sites est hautement symbolique et stratégique :

  • Le 26 janvier à Abuja, la capitale politique, pour les échanges institutionnels et les grands cadres réglementaires.
  • Le 28 janvier à Lagos, le poumon financier, pour le contact direct avec le secteur privé et les investisseurs à haut potentiel.

Pour les acteurs économiques des deux pays, l’horloge tourne. Les inscriptions pour ce rendez-vous historique sont ouvertes jusqu’au 15 janvier 2026. À travers ce forum, le Bénin et le Nigeria ne se contentent plus de partager une frontière ; ils s’apprêtent aussi à fusionner leurs ambitions pour bâtir le futur champion industriel de l’Afrique de l’Ouest.

Législatives – CENA : résultats dès le 14 janvier

Cotonou, 13 janvier 2026— Alors que le Bénin s’est réveillé ce matin dans une atmosphère de calme suspendu, les couloirs de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) bourdonnent d’une activité frénétique. Quarante-huit heures après le scrutin du dimanche 11 janvier, l’institution est entrée dans la phase la plus délicate et la plus stratégique de son calendrier : le rapatriement, le tri et le traitement du matériel électoral.

L’enjeu est colossal. Il ne s’agit plus de voter, mais de compter, de vérifier et de sécuriser. Depuis hier, le siège de la CENA s’est transformé en une véritable plateforme logistique de haute précision.

 

CENA : une logistique de précision sous haute surveillance

Dans la cour centrale et les entrepôts, quatre équipes se relaient sans interruption, de jour comme de nuit. Leur mission est de réceptionner les plis en provenance de chaque centre de vote, du Nord au Sud du pays. Chaque arrivée de camion est un événement. Les agents contrôlent méthodiquement les cantines électorales, les isoloirs, les lampes et même les chasubles.

Le protocole est rigoureux : les agents déchargent les cantines destinées au traitement propre de la CENA pour les traiter immédiatement, tandis qu’ils maintiennent sous scellés inviolables celles dévolues à la Cour Suprême et à la Cour Constitutionnelle. les premiers convois sécurisés vers la Cour Constitutionnelle ont d’ailleurs déjà commencé leur rotation, marquant une étape clé dans le processus de validation.

 

CENA : pas de chiffres sans la dernière cantine.

Malgré l’impatience qui gagne les états-majors politiques et les réseaux sociaux, le président de la CENA, Sacca Lafia, maintient une ligne de conduite ferme. Lors de son intervention sur la chaîne nationale (SRTB), il a martelé un message de prudence et de légalité : aucun chiffre officiel ne sera communiqué tant que la dernière cantine n’aura pas franchi les portes de l’institution.

Cette rigueur s’explique par le cadre légal strict du Bénin, conçu pour éviter toute manipulation ou spéculation hâtive qui pourrait fragiliser la paix sociale. Les coordonnateurs d’arrondissement disposent d’un délai de 48 heures, s’achevant ce mardi soir, pour finaliser l’ensemble des remontées techniques.

 

À quand les premiers résultats ?

Si les journées des 12 et 13 janvier sont entièrement dédiées à ce travail de fourmi, l’horizon commence à se dégager. Selon les prévisions de l’institution, et en l’absence d’incidents techniques majeurs, les premières tendances consolidées pourraient émerger dès demain, mercredi 14 janvier.

La CENA l’assure : elle privilégie la fiabilité du dépouillement à la rapidité de l’annonce. Dans cette « bataille des procès-verbaux », la transparence est l’arme absolue. Le peuple béninois poursuit son attente, mais il garde la certitude que les commissaires et les observateurs comptabilisent actuellement chaque voix avec une vigilance scrupuleuse.

Université de Parakou : Crise des inscriptions à la FLASH, des étudiants bloqués

Parakou, 13 janvier 2026 — À Parakou, le thermomètre grimpe, mais c’est une tout autre fièvre qui s’empare de l’université. À seulement dix jours de la clôture officielle des inscriptions, fixée au 23 janvier, l’ambiance est électrique au sein de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH). Ce qui devait être une simple formalité administrative s’est transformé en un véritable parcours du combattant pour des centaines d’étudiants, aujourd’hui plongés dans une incertitude totale quant à leur avenir immédiat.

 

Le mur de la salle 19

Le point de friction cristallise toutes les attentions : la salle 19. C’est ici que le système de gestion des inscriptions semble avoir marqué le pas. Depuis plusieurs semaines, des vagues d’étudiants se succèdent devant cette porte, l’espoir d’obtenir la précieuse fiche de préinscription en bandoulière, pour repartir, le plus souvent, les mains vides. Sans ce document, impossible de valider son année ou de prétendre aux allocations universitaires, le nerf de la guerre pour beaucoup d’entre eux.

 

Des résultats qui « bégayent »

Plus inquiétant encore que l’attente, certains étudiants qui ont réussi à mettre la main sur le document font face à une anomalie kafkaïenne. Des apprenants ayant officiellement validé leurs matières se retrouvent inscrits comme « redoublants » sur les registres numériques.

Devant la salle 19, une étudiante en Lettres Modernes ne cache pas son désespoir : « J’ai validé mes 10 matières. Selon les résultats affichés, je devais passer en année supérieure. Pourtant, ma fiche indique toujours que je suis en L1. C’est incompréhensible. » Ce décalage entre les résultats pédagogiques réels et les données du système informatique laisse craindre un dysfonctionnement technique majeur ou, pire, un manque de rigueur dans la saisie des données au niveau du décanat.

 

La course contre la montre

Le Bureau d’Union d’Entité (BUE-FLASH) tente de monter au créneau, mais se heurte, pour l’heure, à une forme d’inertie. « Mon bureau et moi sommes déjà allés voir le Vice-Doyen pour exposer la situation, mais pas de suite pour l’instant », déplore Bienvenu Gbemou, président du BUE-FLASH.

À moins de deux semaines de la date butoir, deux hypothèses circulent dans les couloirs : un bug informatique persistant au niveau de la plateforme de gestion ou une erreur de coordination entre les services pédagogiques et le service de scolarité. Quelle qu’en soit la cause, les conséquences sont les mêmes : une menace directe sur la validité de l’année académique et sur le versement des bourses.

L’urgence d’une réponse institutionnelle

Le silence des autorités universitaires commence à peser lourd. Pour la communauté estudiantine de Parakou, l’heure n’est plus aux explications techniques, mais aux solutions d’urgence. Il serait inadmissible que le mérite académique de ces jeunes soit sacrifié sur l’autel d’une défaillance administrative.

Si les autorités n’agissent pas avant le 23 janvier, la FLASH risque de traverser une crise de confiance sans précédent. De leur côté, les étudiants n’ont qu’une seule exigence : que les logiciels de l’administration reconnaissent enfin la vérité de leurs notes affichées sur les tableaux.

Axel Merryl sacré Meilleur Artiste Africain Contemporain aux AFRIMA 2026

De l’humour viral sur TikTok aux scènes les plus prestigieuses du continent, l’ascension d’Axel Merryl semble ne plus avoir de limites. Ce mois de janvier 2026 marque un tournant définitif pour l’artiste béninois qui, après avoir dominé les plateformes numériques, vient d’être consacré comme l’une des figures majeures de la musique africaine lors de la 9ᵉ édition des All Africa Music Awards (AFRIMA).

Le rideau vient de tomber sur la grande messe de la musique africaine, et un nom résonne avec une force particulière dans les rues de Cotonou : Axel Merryl. Nommé dans plusieurs catégories prestigieuses, notamment celles de « Meilleur Artiste Africain Contemporain » et « Meilleur Artiste Masculin d’Afrique de l’Ouest », l’interprète du tube planétaire Kimi confirme qu’il n’est plus seulement un créateur de contenu, mais un véritable poids lourd de l’industrie musicale.

 

Un triomphe qui ne doit rien au hasard

L’année 2025 avait déjà été celle de toutes les victoires pour Axel Merryl. Avec des titres comme Titulaire (en collaboration avec Mia Guissé et Bass Thioung) ou Encore, il a su imposer un style hybride, mêlant humour, sincérité et rythmes urbains irrésistibles. Sa nomination aux AFRIMA 2025/2026 face à des géants comme Burna Boy ou Wizkid était déjà une reconnaissance en soi. Mais sa victoire dans les catégories de musique contemporaine souligne aussi  une réalité nouvelle : la capacité d’un artiste à transformer une audience numérique en une force de frappe culturelle.

« J’ai toujours cru que la persévérance finirait par payer. Ce n’est pas seulement ma victoire, c’est celle de tout le Bénin », confiait l’artiste lors d’une récente entrevue.

 

L’architecte d’un nouveau modèle artistique

Ce sacre aux AFRIMA est la suite logique d’un parcours sans faute. Rappelons qu’en novembre 2024, Axel Merryl avait déjà été couronné Meilleur Artiste d’Afrique de l’Ouest au PRIMUD à Abidjan. D’ailleurs, ce qui fascine les experts de l’industrie, c’est son intelligence stratégique : il utilise les codes des réseaux sociaux pour humaniser sa musique et créer un lien quasi familial avec son public, la fameuse « Team Axel ».

Aujourd’hui, l’artiste ne se contente plus de faire danser ; il devient également un ambassadeur de la culture béninoise à l’échelle mondiale. Sa musique, qui intègre des langues locales comme le Fon et des rythmes modernes, prouve que l’originalité est le meilleur passeport pour l’international.

 

Un espoir pour toute une génération

Pour les jeunes créateurs de contenu à travers le continent, Axel Merryl est devenu le symbole du champ des possibles. Il a également prouvé qu’avec du travail, de la rigueur et une vision claire, on peut briser les plafonds de verre. En devenant le « Meilleur Artiste Africain Contemporain », il clôt le débat sur sa légitimité musicale et s’installe durablement dans le panthéon des étoiles africaines.

Alors que les trophées s’accumulent sur son étagère, Axel Merryl regarde déjà vers l’avenir. Avec des collaborations internationales en préparation et une tournée mondiale qui se profile, le « Titulaire » n’a pas fini de faire monter la température.

Toucountouna : un pas de plus vers l’accès à l’eau potable

Au cœur de l’Atacora rural, une révolution silencieuse coule désormais des robinets. Longtemps prisonnière des maladies hydriques et de la pénible corvée d’eau, la commune de Toucountouna tourne définitivement la page des eaux insalubres. Grâce à une offensive hydraulique d’envergure, l’eau potable n’y est plus un luxe, mais le moteur d’une nouvelle dignité humaine.

 

La fin d’une époque de souffrance

Il y a encore peu de temps, le quotidien à Peperkou ou à Kouarfa rimait avec de longues marches vers des sources non protégées. « Nous buvions l’eau des marigots », se souvient avec émotion un chef de village. Les conséquences étaient lourdes : diarrhées, dépenses de santé exorbitantes et un temps infini perdu par les femmes et les enfants sur les sentiers de la soif.

Aujourd’hui, le paysage a changé. Près de 600 bornes-fontaines et plus de 740 branchements particuliers irriguent désormais la commune. Sous l’impulsion de l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR), des infrastructures modernes ont remplacé les installations vétustes, garantissant ainsi une eau traitée et disponible à prix social.

 

Une prouesse technique au service du citoyen

L’épine dorsale de ce changement est le Système d’Adduction d’Eau Potable multi-villages (SAEPmV) de Kouba. Ce complexe technique impressionnant dessert le pôle Kouba–Kouarfa–Peperkou–Wabou. Pour sécuriser la distribution, rien n’a été laissé au hasard :

  • Production : deux forages neufs et une électropompe puissante.
  • Sécurité énergétique : un branchement au réseau SBEE appuyé par un groupe électrogène de 50 kVA pour parer à toute coupure.
  • Qualité : une unité de chloration avec pompes doseuses pour une eau saine à 100 %.
  • Stockage : un imposant château d’eau de 100 m³, culminant à 15 mètres de hauteur.

Cette eau de qualité est vendue au tarif abordable de 15 francs CFA le bidon de 25 litres, un coût jugé juste par les usagers pour entretenir ce service vital.

 

Plus qu’une boisson, un levier de développement

Les impacts de cette métamorphose dépassent largement la simple santé publique. En réduisant le temps de la corvée d’eau, Toucountouna libère des bras pour les activités génératrices de revenus et permet aux enfants de rejoindre les bancs de l’école plutôt que les puits.

L’économie locale en profite également. La gestion du réseau a favorisé la création d’emplois qualifiés : des électromécaniciens, des hydrauliciens et des fontainiers animent désormais ce secteur stratégique. Ce succès repose sur un partenariat public-privé efficace : l’État assure le pilotage et le contrôle, tandis qu’un opérateur privé veille à la maintenance quotidienne du service.

 

Le défi de l’adoption définitive

Pourtant, le combat n’est pas totalement fini. À Kouba, les fontainières soulignent un dernier obstacle : l’habitude. Certaines familles utilisent encore, par réflexe, des sources gratuites mais polluées. « Il faut renforcer la sensibilisation via les crieurs publics et les réseaux sociaux », plaide une actrice de terrain pour ancrer l’abandon définitif des eaux insalubres.

À Toucountouna, la victoire sur l’insalubrité est totale. C’est la preuve éclatante qu’une politique publique rigoureuse peut également transformer un désert sanitaire en une oasis de progrès, rendant à l’Atacora rural sa santé et sa fierté.