Bénin : Razacki Amouda Issifou, l’inoxydable serviteur de l’État nommé Médiateur de la République

Ce 24 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la réforme institutionnelle permettant au premier vice-président du Conseil économique et social (CES) de cumuler ses fonctions avec celles de Médiateur de la République. Un plébiscite politique pour un homme de réseaux et de consensus.

À Porto-Novo, l’unanimité est une denrée rare, presque de la politique-fiction. Pourtant, ce mercredi 24 juin 2026, les 109 députés de la IXᵉ législature ont affiché une remarquable cohésion. Pas une seule voix discordante, aucun débat houleux : l’ensemble de la représentation nationale a voté en faveur de la modification de la loi nᵒ 2009-22 du 3 janvier 2014 portant institution du Médiateur de la République.

Au cœur de cette réforme législative se trouve un homme : Razacki Amouda Issifou. Déjà solidement installé dans le paysage institutionnel en tant que premier vice-président du Conseil économique et social (CES), ce haut fonctionnaire chevronné endosse désormais une seconde responsabilité stratégique en devenant officiellement le nouveau Médiateur de la République.

Le choix du cumul et de l’efficacité

Cette réforme, adoptée à une très large adhésion, bouscule l’architecture administrative traditionnelle en autorisant le cumul de ces deux fonctions de premier plan. Pour les partisans du texte au Palais des Gouverneurs, ce rapprochement entre le CES et le Médiateur de la République répond à un impératif d’efficacité et de rationalisation de l’action publique.

En effet, en associant la dimension économique et sociale du CES à la mission de médiation et de règlement des différends administratifs dévolue au Médiateur de la République, l’exécutif béninois mise sur une gouvernance plus fluide et davantage connectée aux réalités des citoyens. Razacki Amouda Issifou n’aura donc pas à choisir entre l’analyse des grandes orientations économiques et le traitement des doléances des administrés : il exercera ces deux responsabilités de manière concomitante.

L’art du consensus à la béninoise

Si le vote des 109 députés n’a guère surpris dans les couloirs du Parlement, c’est que le profil de Razacki Amouda Issifou dépasse les clivages politiques habituels. Homme de dossiers, réputé pour sa pondération et sa fine connaissance des rouages de l’État, il incarne cette figure de grand commis de l’administration capable de dialoguer avec l’ensemble des sensibilités de l’échiquier politique béninois.

Par ailleurs, sa nomination intervient dans un contexte où la République a plus que jamais besoin de figures de conciliation pour renforcer les relations entre l’administration publique et les citoyens. En prenant les fonctions de Médiateur de la République tout en conservant celles de premier vice-président du CES, Razacki Amouda Issifou s’affirme davantage comme l’un des pivots institutionnels de la gouvernance béninoise. Le chantier qui l’attend demeure considérable. Toutefois, le soutien unanime du Parlement lui confère, dès son entrée en fonction, une légitimité politique particulièrement forte.

Budget au Bénin : Le député Louis Koukpemedji interpelle le gouvernement sur le sort des AME et des dialysés

Lors du débat d’orientation budgétaire pour la période 2027-2029 à Porto-Novo, l’élu de la 20ᵉ circonscription, Dèhoumon Louis Koukpemedji, a salué la solidité financière du pays tout en pressant le gouvernement de traduire la croissance macroéconomique en progrès sociaux tangibles.

À Porto-Novo, le débat sur les orientations budgétaires 2027-2029 dépasse largement les équilibres comptables. Ce mercredi 24 juin 2026, l’hémicycle béninois a été le théâtre d’un arbitrage crucial entre performance économique et urgence sociale. Intervenant lors du débat d’orientation budgétaire (DOB), le Député Dèhoumon Louis Koukpemedji a porté la voix des territoires face aux ministres de la Justice et des Finances. Tout en saluant la trajectoire vertueuse de l’économie nationale, l’élu a articulé son plaidoyer autour d’une interrogation centrale : comment faire en sorte que la richesse nationale profite davantage aux populations ?

Le cadre général, porté par la mise en œuvre progressive de la « Vision Bénin 2060 ALAFIA », affiche des indicateurs orientés au vert. Le Bénin enregistre une croissance économique soutenue, une inflation maîtrisée et un déficit budgétaire conforme aux critères de convergence de l’UEMOA. Pour autant, selon Louis Koukpemedji, ces performances macroéconomiques ne prennent tout leur sens qu’à l’aune des réalités vécues par les Béninois.

AME et dialysés : les urgences du capital humain

Pour donner plus de substance à sa critique, le parlementaire de la 20ᵉ circonscription a ciblé trois priorités majeures, à commencer par l’emploi des jeunes. Tout en reconnaissant la dynamique réformatrice engagée depuis 2016, il plaide pour des objectifs chiffrés et des mécanismes de suivi plus rigoureux. L’élu a notamment remis sur la table le dossier sensible du reversement des Aspirants aux Métiers d’Enseignant (AME), ces milliers de contractuels de l’Éducation dont le statut demeure une préoccupation sociale majeure.

Le député a ensuite déplacé le curseur vers la santé publique et la protection sociale, exhortant l’exécutif à accentuer son soutien aux plus vulnérables. Il a ainsi formulé une demande très concrète :

« Le gouvernement doit poursuivre et renforcer les efforts de subvention de la prise en charge des dialysés afin de réduire le lourd fardeau économique que l’insuffisance rénale chronique impose aux patients et à leurs familles. »

Le grand enjeu de la Vallée de l’Ouémé

Enfin, abordant la politique de territorialisation du développement portée par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, Louis Koukpemedji a plaidé pour un rééquilibrage géographique de l’investissement public. Son regard s’est naturellement tourné vers sa région d’attache : la Vallée de l’Ouémé.

Considérée comme l’une des vallées les plus fertiles d’Afrique après celle du Nil, cette zone attend encore la concrétisation des aménagements hydroagricoles annoncés par l’exécutif. Pour le député, investir massivement dans ce bassin ne relève pas d’un simple aménagement du territoire. Il s’agit également d’une stratégie de sécurité alimentaire, de création d’emplois et d’amélioration des revenus ruraux.

En conclusion, tout en invitant ses collègues à prendre acte du document de programmation budgétaire, Louis Koukpemedji a rappelé au gouvernement que la durabilité d’un modèle économique dépend avant tout de sa capacité à bâtir une croissance inclusive et équitable.

Parakou : Le maire Zakarie siffle la fin de la récréation sur le domaine public

Par un communiqué officiel publié ce mercredi 24 juin 2026, l’édile de Parakou soumet désormais l’organisation de toute manifestation publique à une autorisation préalable. Une décision qui traduit la volonté de la municipalité de reprendre en main la sécurité et la salubrité urbaines.

À Parakou, les tournois de football de quartier, les concerts improvisés et les grands rassemblements associatifs sur les places publiques devront désormais se conformer à une nouvelle discipline administrative. Le maire de la commune, Zul-Kifly Sanni Zakarie, a décidé de renforcer l’encadrement des manifestations publiques. Dans une note officielle datée du 24 juin, l’autorité communale a annoncé qu’elle soumet désormais toute manifestation sportive, culturelle ou récréative organisée sur le domaine public à l’obtention préalable d’une autorisation.

ONG, associations sportives, établissements scolaires et promoteurs culturels sont désormais avertis : ils ne pourront plus occuper la voie publique ou les espaces communautaires sans avoir obtenu au préalable l’autorisation écrite de l’hôtel de ville.

Sécurité, fluidité et salubrité : le triple défi de la municipalité

Derrière cette mesure administrative se dessine une ambition de gouvernance plus large. Parakou, carrefour commercial et universitaire stratégique du Bénin, fait face aux défis d’une urbanisation rapide et parfois désordonnée. Pour Zul-Kifly Sanni Zakarie, il s’agit avant tout de garantir un triptyque essentiel : la sécurité des biens et des personnes, la tranquillité publique et l’hygiène.

En effet, l’organisation anarchique d’événements populaires perturbe régulièrement la circulation routière, engendre des nuisances sonores et laisse souvent derrière elle des infrastructures dégradées ou des espaces insalubres. En se positionnant comme régulateur en amont, la mairie entend non seulement prévenir les débordements sécuritaires, mais aussi préserver le cadre de vie des populations de Parakou.

Parakou: vers une bureaucratisation de la vie associative ?

Dans les faits, la procédure se veut stricte et codifiée. Les organisateurs doivent désormais formaliser leur demande auprès du secrétariat administratif de la mairie, au bureau 107. Le dossier à déposer ne laisse place à aucune approximation : le maire exige la nature de l’événement, son objet, sa localisation précise, les horaires prévus ainsi qu’une identification complète des responsables du projet.

Pour autant, si les riverains, soucieux de retrouver davantage de sérénité et de propreté dans leur environnement quotidien, saluent cette décision, celle-ci pose également un défi au tissu associatif et culturel local, longtemps habitué à des pratiques plus informelles. Tout l’enjeu pour l’administration de Zul-Kifly Sanni Zakarie sera, dès lors, de faire appliquer cette réglementation avec fermeté afin de maintenir l’ordre, sans pour autant étouffer la vitalité sociale et culturelle qui fait l’identité de Parakou.

Bénin : Une seconde chance pour les enfants déscolarisés

Le gouvernement béninois a lancé à Parakou la vulgarisation de sa nouvelle feuille de route 2026-2030 pour les alternatives éducatives. Soutenue par la Coopération suisse, cette initiative cible des milliers d’enfants déscolarisés dans le nord du pays.

Cotonou, 24 juin 2026 – Dans le septentrion béninois, l’école cherche à reconquérir ses enfants perdus. Mardi 23 juin 2026, à Parakou, le ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Natta, a officiellement ouvert les ateliers départementaux de vulgarisation de la Stratégie de renforcement des alternatives éducatives (SRAE). Ce document de référence guidera, pour la période 2026-2030, la politique nationale d’insertion des enfants non scolarisés ou déscolarisés précocement.

L’événement s’est déroulé en présence de Gabriella Spirli, directrice de la Coopération suisse au Bénin, et du préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Naro Assouma, marquant ainsi une nouvelle étape dans un combat de longue haleine contre l’exclusion scolaire.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Le succès des centres « BARKA »

Depuis 2017, Porto-Novo tente de corriger les failles du système éducatif formel à travers le Programme d’appui à l’éducation et à la formation des enfants exclus (PAEFE). Concrètement, ce programme s’est traduit par le déploiement des centres dits « BARKA » dans quatre départements clés : le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga. Ces structures adaptées offrent aussi un parcours de rattrapage accéléré à des milliers de jeunes issus de milieux ruraux ou défavorisés, qui avaient définitivement quitté le chemin des classes.

Pour autant, afin que ces initiatives ne demeurent pas de simples projets pilotes, le gouvernement a jugé nécessaire de formaliser et d’harmoniser ses pratiques au sein d’une stratégie nationale unique. À cet égard, le ministre Armand Natta a indiqué que ces ateliers visent précisément à mobiliser les acteurs déconcentrés et municipaux afin que la problématique de la déscolarisation soit systématiquement intégrée dans les plans opérationnels locaux :

« C’est une occasion unique de découverte et d’appropriation des contenus d’un document stratégique de référence qui va définir désormais l’approche d’intervention du ministère dans le domaine des alternatives éducatives au Bénin », a souligné le ministre.

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Un impératif de justice sociale

L’accès à l’éducation dans ces régions septentrionales reste tributaire de barrières économiques, culturelles et géographiques. Dans ce contexte, l’appui technique et financier de la Coopération suisse s’avère stratégique. Forte des premiers résultats enregistrés par le PAEFE sur le terrain, Gabriella Spirli s’est réjouie des avancées observées et a insisté sur la portée éthique de la nouvelle SRAE.

Au-delà d’un simple document administratif, la représentante helvétique y voit un « instrument de justice sociale » indispensable pour garantir le droit fondamental de chaque enfant à l’instruction. Cette approche s’inscrit, de surcroît, dans le prolongement de l’Objectif de développement durable des Nations unies (ODD 4), consacré à une éducation inclusive, équitable et de qualité.

En définitive, en ancrant ces alternatives éducatives dans les réalités locales, le Bénin fait le pari qu’un enfant sorti du système scolaire n’est pas une fatalité, mais une opportunité de développement manquée qu’il convient de réparer.

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Bénin : Les députés décryptent le budget 2027-2029 à Porto-Novo

Au lendemain du premier arbitrage budgétaire du nouveau septennat, l’Assemblée nationale béninoise s’est réunie en atelier à Porto-Novo. Objectif : décrypter le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 afin de mieux challenger l’exécutif lors du prochain Débat d’orientation budgétaire (DOB).

L’agenda parlementaire béninois s’accélère au Palais des Gouverneurs. Le lundi 22 juin 2026, les députés de la 10ᵉ législature ont troqué la solennité de l’hémicycle pour une session de travail technique de haut niveau. À l’initiative de la Commission des Finances et des Échanges, et avec l’appui de l’Unité d’analyse, de contrôle et d’évaluation du budget de l’État (UNACEB), la représentation nationale a ainsi entamé une phase d’appropriation des projections économiques pour la période 2027-2029.

Cet exercice de pédagogie financière ne doit rien au hasard. Il intervient, en effet, à peine soixante-douze heures après le vote historique de la loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Ce premier correctif budgétaire marque le véritable top départ des réformes institutionnelles et économiques impulsées par le gouvernement du nouveau président de la République, Romuald Wadagni.

Assemblée nationale du Bénin
© Assemblée nationale du Bénin

Anticiper la trajectoire financière à moyen terme

Pour le Parlement, l’enjeu est de taille : il s’agit de ne pas se laisser distancer par la technocratie gouvernementale. À cet égard, l’analyse du Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) doit permettre aux élus d’anticiper la trajectoire des finances publiques à moyen terme. Il s’agit de l’outil indispensable pour vérifier si la feuille de route du président Wadagni concilie rigueur macroéconomique et promesses de campagne.

« L’analyse minutieuse de ces documents stratégiques est une exigence démocratique autant qu’une responsabilité collective », a martelé Gérard Gbénonchi, président de la Commission des Finances et des Échanges (C2), lors de l’ouverture des travaux.

Dans la même veine, rappelant que la finalité de la technique budgétaire demeure sociale, il a insisté sur la nécessité de veiller à l’efficience de la dépense publique : « Chaque franc public doit générer un impact maximal dans les secteurs vitaux comme la santé, l’éducation et les infrastructures. »

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Quatre communications pour muscler le contrôle parlementaire

Sous l’impulsion du président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, qui a validé la tenue de cet atelier dans des délais particulièrement contraints, les parlementaires ont eu droit à un programme intensif. Quatre communications majeures ont structuré la journée, permettant d’abord de dresser le bilan de la période 2023-2026 avant de se projeter sur les dépenses souveraines et sociales à l’horizon 2029.

Bien plus qu’une simple formalité administrative, ce séminaire dote les députés des arguments techniques nécessaires pour mener le Débat d’orientation budgétaire (DOB) 2026. Face à un exécutif traditionnellement fort dans l’ingénierie financière, la 10ᵉ législature entend, cette fois encore, faire valoir ses prérogatives de contrôle. En ligne de mire, un objectif clairement assumé : s’assurer que le futur projet de loi de finances pour 2027 s’aligne, de manière transparente, sur les besoins prioritaires des populations béninoises.

Procès Steve Wotto devant la Criet : Entre amertume, mysticisme et psychiatrie

Cotonou, le 23 juin 2026Dans le huis clos solennel de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), les rideaux se sont levés ce lundi 22 juin sur une audience singulière, oscillant nerveusement entre joute politique, dévotion spirituelle et expertise médicale. À la barre, Steve Wotto, un prévenu dont les vidéos virales sur les réseaux sociaux ont fini par rattraper le destin.

Poursuivi pour ses virulentes sorties numériques ciblant l’ancien président Patrice Talon ainsi que son successeur, l’actuel chef de l’État Romuald Wadagni, l’homme a choisi d’assumer. Du moins, en partie.

« Sous le coup de l’amertume »

Dès l’ouverture des débats, le président de céans a cherché à confronter le prévenu à la matérialité et à la teneur de ses propos. « Oui, j’ai fait des vidéos », concède d’emblée Steve Wotto, d’un ton qui se veut assuré. Relancé par le magistrat sur la nature exacte des attaques visant les deux figures de l’exécutif, l’homme ne cille pas : « Oui, j’ai tenu des propos. J’ai dit beaucoup de choses de Talon ».

C’est alors que le dialogue s’est teinté d’une fine ironie judiciaire. À la question du juge lui demandant s’il avait, au moins une fois, « dit de bonnes choses » de l’ancien président, Steve Wotto a tranché, catégorique :

« Je ne saurais qualifier mes propos. J’ai fait ces vidéos sous le coup de l’amertume ».

Pour justifier la virulence de ses diatribes, le prévenu a ensuite opéré un glissement inattendu du terrain politique vers le champ métaphysique. Se définissant devant la Cour comme un « homme spirituel », il a affirmé avoir agi non pas de son propre chef, mais sous la dictée invisible et l’influence des « mânes des ancêtres ».

Éclat de colère à la barre

Si le début de l’interrogatoire s’est déroulé dans un calme relatif, l’ambiance a brusquement tourné à l’orage lorsque le juge et le ministère public ont abordé les conditions de son interpellation, suggérant que le prévenu se cachait pour échapper à la justice.

Touché dans son honneur, Steve Wotto est entré dans une colère noire, haussant brutalement le ton face aux magistrats :

« Je n’ai jamais été arrêté ! Je me suis rendu moi-même au commissariat de police de Bohicon quand j’ai appris que j’étais recherché. « On ne m’a pas arrêté, je me suis rendu. »

Le discernement au cœur des débats

Face à ce profil imprévisible, la défense a rapidement tenté de déplacer le curseur vers le terrain de la responsabilité pénale. Évoquant des « propos incohérents », l’avocat de Steve Wotto a révélé à la Cour l’existence d’antécédents psychiatriques lourds, mentionnant notamment un traitement suivi par son client au centre psychiatrique de Jacquot. Pour appuyer sa démarche, le conseil a réclamé la comparution du père du prévenu afin d’éclairer la Cour sur la santé mentale de ce dernier, ainsi qu’une expertise psychiatrique formelle.

Une ligne de défense immédiatement contestée… par le prévenu lui-même. Debout à la barre, l’homme s’est insurgé contre la stratégie de son propre avocat : « Je ne suis pas fou », a-t-il martelé.

Devant la complexité du profil de l’accusé et la nécessité d’évaluer son discernement au moment des faits, le ministère public a sollicité un report. Le juge a finalement renvoyé le dossier au lundi 20 juillet 2026, le temps pour la justice d’examiner la demande d’expertise psychiatrique. Une pause de quatre semaines qui s’annonce cruciale pour déterminer si Steve Wotto relève de la sanction pénale ou des soins médicaux.

Bénin : Décès de Denis Hodonou, l’indomptable pionnier de Tam-Tam Express

Cotonou, 23 juin 2026 – Le monde des médias béninois perd l’un de ses plus illustres monuments. Denis Hodonou, fondateur du célèbre hebdomadaire Tam-Tam Express et figure de proue de la presse privée au Bénin, s’est éteint à l’âge de 70 ans. Sa famille a officiellement confirmé la triste nouvelle, plongeant les salles de rédaction du pays dans une profonde émotion.

En effet, le parcours de cet homme se confond intimement avec les balbutiements et le triomphe de la liberté d’expression sur les rives du golfe de Guinée.

Tam-Tam Express : L’hebdomadaire qui bousculait l’ordre établi avant 1990

Tam-Tam Express n’appartenait pas à la catégorie des journaux ordinaires. Conçu et propulsé sur les étals avant même le vent historique de la Conférence nationale de février 1990, cet hebdomadaire a brisé les chaînes du monopole informationnel d’État. Dès lors, sa ligne éditoriale audacieuse et sans concession a imposé un nouveau ton.

Chaque parution de Tam-Tam Express s’apparentait à un séisme politique. Le journal s’emparait systématiquement des dossiers de corruption et des scandales les plus sensibles de la République, défiant les risques de censure pour informer les citoyens.

Face au général Kérékou : « Je n’ai peur de personne »

Le fondateur de l’hebdomadaire incarnait viscéralement cette liberté de ton. Denis Hodonou ne reculait devant aucun pouvoir. Les vétérans du journalisme gardent d’ailleurs en mémoire une confrontation mémorable avec le chef de l’État de l’époque, le général Mathieu Kérékou.

Alors que son journal se trouvait sur la sellette et subissait les foudres du régime, Denis Hodonou fit front. Face au président, il lança avec un aplomb désarmant cette réplique entrée depuis dans la légende des médias nationaux :

« Je n’ai peur de personne. »

Cette phrase résumait à elle seule l’éthique de ce patron de presse : le refus de la courbette devant les puissants du moment.

Un héritage vivant au cœur des rédactions béninoises

Par conséquent, l’impact de Denis Hodonou dépasse la seule existence de son titre phare. Il a aussi  transformé son journal en un véritable laboratoire d’excellence, une école de rigueur où ont collaboré les plus grandes plumes de la presse béninoise contemporaine. Beaucoup lui doivent également  leur baptême du feu et leur sens aigu de l’investigation.

Finalement, Denis Hodonou laisse derrière lui le souvenir impérissable d’un éclaireur, un artisan majeur de la démocratie par la force des mots. À sa famille, à ses proches et à tous les professionnels des médias qui perpétuent aujourd’hui son combat pour l’indépendance de l’information, notre journal adresse ses plus sincères condoléances. La terre de ses aïeux lui soit légère.

Éducation au Bénin : Vers un Cadre d’Orientation Curriculaire (COC) national

Cotonou, 23 juin 2026 – L’Azalaï Hôtel de Cotonou abrite actuellement un atelier d’envergure qui marquera un tournant décisif dans la transformation du système éducatif béninois. Sous l’impulsion directe du Ministre des Enseignements Maternel et Primaire, Armand Kuyema Natta, les principaux décideurs et experts du secteur se réunissent du 22 au 26 juin 2026. Leur mission : élaborer le tout premier Cadre d’Orientation Curriculaire (COC) national. À terme, ce référentiel pédagogique unique unifiera l’enseignement, du préscolaire jusqu’à l’université, afin d’aligner la formation des élèves sur les grands défis du XXIᵉ siècle.

La cérémonie d’ouverture, qui s’est tenue le lundi 22 juin, a mobilisé un parterre de personnalités de haut niveau, illustrant l’importance stratégique de ce projet. Aux côtés du ministre Natta, l’événement a notamment réuni les ministres du Secondaire, du Supérieur, de la Formation technique et des PME. De plus, Laure Weisgerber, Directrice de l’Agence Française de Développement (AFD) et cheffe de file des partenaires financiers, ainsi que les représentants du Conseil National de l’Éducation ont pris activement part aux échanges. Cette forte mobilisation symbolise une volonté politique transversale pour opérer une refonte globale, bien au-delà des ajustements sectoriels.

Gouvernement du Bénin
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Le curriculum, un miroir des choix de société pour la jeunesse

Au cours des débats, Wilfried Guézodjè, Secrétaire Technique Permanent du Plan Sectoriel de l’Éducation, a clairement défini la portée politique et philosophique de cette rencontre.

« Le curriculum n’est pas un simple document pédagogique. Il est le miroir des choix de société que nous faisons pour nos enfants. Il définit ce que nous voulons qu’ils apprennent, et surtout, quel type de citoyens nous voulons qu’ils deviennent. L’exercice qui nous réunit aujourd’hui est exigeant, mais porteur d’espoir. »

Le ministre Armand Natta partage entièrement cette vision. En effet, elle a rappelé que les révisions isolées de programmes, déjà menées au primaire et au secondaire, montraient leurs limites. L’État béninois exige désormais un fil conducteur cohérent et une vision d’ensemble partagée par tous les ordres d’enseignement. Le futur COC jouera précisément ce rôle de boussole en harmonisant et en modernisant les contenus pour coller aux réalités économiques du pays.

L’appui stratégique de l’AFD pour une école connectée au marché de l’emploi

Pour sa part, Laure Weisgerber a réitéré le soutien indéfectible de l’AFD au gouvernement béninois pour la réussite de ce projet « structurant ».   L’implication de l’institution française met en lumière le rôle moteur de la coopération internationale pour bâtir un système éducatif inclusif, innovant et performant sur le continent.

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Quels sont les grands défis de la feuille de route post-atelier ?

Désormais, l’élaboration du COC national s’inscrit dans une réforme globale du secteur éducatif. Piloté par un comité d’experts, ce processus vise à relever plusieurs défis majeurs :

  • Assurer une transition fluide entre les différents niveaux d’études ;

  • Adapter les compétences des apprenants aux besoins du marché du travail et aux exigences du développement durable ;

  • Garantir l’équité et l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants béninois, grâce à des outils pédagogiques modernes ;

  • Former des citoyens responsables, capables de contribuer activement à la croissance du pays.

En fin de compte, les travaux de cet atelier accoucheront d’une feuille de route opérationnelle ce vendredi 26 juin pour finaliser le texte de loi. C’est pourquoi le gouvernement béninois considère ce chantier comme une priorité absolue. Le ministre Natta a d’ailleurs conclu son intervention sur une note forte : « Nous ne construisons pas seulement un curriculum. Nous bâtissons l’avenir du Bénin. »

En somme, ce projet une fois adopté, ce cadre servira de boussole pour les réformes éducatives à venir, avec un impact attendu sur des générations d’élèves.

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Abomey-Calavi : Les 100 jours du maire Nathanaël Koty face aux médias

Abomey-Calavi, 22 juin 2026 — Cent jours après son installation officielle à la tête du Conseil communal d’Abomey-Calavi, le maire Nathanaël Koty change de braquet. L’édile entend associer activement les médias locaux à la mise en œuvre de son projet de gouvernance. À la faveur d’un dîner d’échanges qu’il a organisé le samedi 20 juin avec les journalistes et les patrons de presse de la localité, le maire a plaidé pour un partenariat stratégique et renforcé entre la municipalité et les professionnels de l’information.

Placé sous le thème évocateur : « Rôle et responsabilité des médias résidents dans le développement de la commune d’Abomey-Calavi ». Cet espace de dialogue direct a également permis d’aborder les défis structurels de la plus grande commune du Bénin, tout en offrant au maire l’opportunité de dresser un premier bilan des actions de la cinquième mandature.

Nathanaël Koty
© Nathanaël Koty

Priorité au foncier et au cadre de vie : Les grands chantiers de la mairie

Au cœur des priorités présentées par Nathanaël Koty figure un sujet brûlant qui préoccupe quotidiennement les administrés : l’accélération du traitement des dossiers de lotissement. En effet, l’exécutif communal s’engage à débloquer les litiges fonciers qui freinent l’expansion de la ville. Parallèlement, la mairie intensifie les opérations d’assainissement et de salubrité publique sur l’ensemble du territoire afin d’offrir un cadre de vie plus sain aux populations.

Nathanaël Koty
© Nathanaël Koty

Les médias de proximité comme leviers du civisme et de la transparence

Pour Nathanaël Koty, la réussite de ces ambitions repose fondamentalement sur l’implication des radios, télévisions et journaux de proximité. Face aux professionnels de la presse, il a aussi rappelé le rôle de premier plan que joue l’information dans la promotion du civisme, de la gestion écoresponsable des déchets, de la sécurité et de la participation citoyenne.

Le maire d’Abomey-Calavi s’engage formellement à promouvoir une communication institutionnelle plus ouverte. Il garantit désormais aux journalistes un accès facilité aux informations officielles pour asseoir la transparence de l’action publique.

Nathanaël Koty
© Nathanaël Koty

Un nouveau pacte de gouvernance locale

En fin de compte, à travers cette initiative, l’exécutif communal transforme les médias locaux en partenaires à part entière du développement de la cité. Dès lors, dans un contexte national où l’État central appelle les collectivités territoriales à jouer un rôle croissant, Abomey-Calavi mise sur la gouvernance de proximité ainsi que la mobilisation citoyenne pour réussir sa mue économique.

Sécurité nucléaire : le Bénin révise son plan stratégique avec l’appui de l’AIEA

Le Bénin a engagé une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de sécurité nucléaire et radiologique. Un atelier national consacré à la révision du Plan intégré de durabilité en matière de sécurité nucléaire (INSSP) s’est ouvert ce lundi à la préfecture du Littoral, à Cotonou, en présence des principaux acteurs nationaux et internationaux impliqués dans ce domaine.

Gilbert Malè Deou
© Gilbert Malè Deou

La cérémonie de lancement a réuni le Général d’armée Bertin Bada, M. Richard Samba, officier technique de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ainsi que M. Marcellin Amoussou-Guénou et plusieurs représentants des structures concernées.

Cette rencontre vise à actualiser les orientations stratégiques du Bénin en matière de sûreté radiologique et de sécurité nucléaire. L’objectif est de consolider le dispositif national de prévention des risques tout en assurant une meilleure adéquation avec les normes et standards internationaux recommandés par l’AIEA.

Pour les autorités béninoises, cette révision constitue un levier essentiel pour renforcer la gouvernance du secteur, améliorer les mécanismes de contrôle et garantir une gestion durable des enjeux liés à la sécurité nucléaire.

Gilbert Malè Deou
© Gilbert Malè Deou

À travers l’accueil de cet atelier, le département du Littoral entend réaffirmer son engagement en faveur des initiatives contribuant à la protection des populations et au développement durable. Le préfet du Littoral, Gilbert Malè Déou, a exprimé le souhait que les travaux débouchent sur des recommandations concrètes susceptibles de consolider davantage le cadre national de sécurité nucléaire.

Le Plan intégré de durabilité en matière de sécurité nucléaire constitue l’un des principaux outils de planification permettant aux États de coordonner, sur le long terme, leurs actions en matière de sûreté radiologique, de protection physique et de lutte contre les menaces liées à l’utilisation malveillante des matières nucléaires et radioactives.