Cotonou, 7 octobre 2026 — Entre janvier 2025 et juin 2026, la Ligne d’assistance aux enfants a recensé 336 unions précoces au Bénin. Face à ce chiffre alarmant, le gouvernement et la communauté internationale ont scellé une alliance financière et politique, le mardi 6 octobre à Cotonou, lors de la 15ᵉ Journée internationale de la fille.
Placée sous le signe de l’investissement dans le leadership des adolescentes, la rencontre de Cotonou a concrétisé des avancées majeures pour soutenir le Programme national de lutte contre le mariage des enfants (PNLME). Consciente des limites des simples déclarations d’intention, la puissance publique entend désormais sécuriser le financement de sa politique de protection.
Répondant aux exigences conjointes du Système des Nations Unies — représenté par le coordonnateur de l’UNICEF, Ousmane Niang — et de la diplomatie canadienne, le ministre de la Mobilisation des ressources extérieures, Hugues Oscar Lokossou, a annoncé trois mesures phares : la sanctuarisation des crédits nationaux, la pérennisation des concours financiers extérieurs et la création de mécanismes d’investissement à impact social. Cette stratégie budgétaire vient directement alimenter la feuille de route adoptée par l’exécutif en septembre 2025.
Loin des interventions protocolaires, les premières concernées ont imposé leur propre agenda aux décideurs. À la tribune, Bignon Laura Violenne Sohou, présidente du Conseil consultatif national des enfants du Bénin, a interpellé l’assemblée sur la nécessité d’impliquer directement les jeunes filles dans l’élaboration des projets qui les ciblent. Relayée par les structures consultatives locales, cette parole juvénile exhorte la société béninoise à faire évoluer les normes culturelles qui entravent encore l’accès des filles à l’éducation et à la liberté.
Clôturant les travaux, la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, a qualifié les statistiques récentes d’appel urgent à décupler les efforts. L’exécutif, conduit par le président Romuald Wadagni, réaffirme ainsi son intention d’intensifier le maillage de prévention et la dénonciation systématique des infractions sur l’ensemble du territoire national.
En somme, l’éradication des unions précoces exige une transformation en profondeur des mentalités. En plaçant l’écoute des jeunes filles au cœur de son dispositif, le Bénin rappelle que la fin du mariage d’enfants ne se jouera pas seulement dans les ministères, mais au sein de chaque communauté, là où le droit à l’éducation doit définitivement l’emporter sur le poids des coutumes.
PRETORIA, 7 octobre 2026 — La magistrature sud-africaine a porté un coup dur à la stratégie de défense du militant panafricaniste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, dit Kémi Séba. En invalidant l’immunité diplomatique invoquée par ses avocats, le tribunal de Pretoria maintient l’activiste en détention provisoire et fixe au 20 novembre 2026 l’examen de son extradition vers Cotonou.
Un statut diplomatique contesté et une tentative de fuite
La justice sud-africaine a tranché ce mardi 6 octobre. Les juges ont estimé que le passeport diplomatique délivré par les autorités de transition du Niger ne conférait aucune protection juridique à Kémi Séba sur le sol national, le ministère des Affaires étrangères (DIRCO) n’ayant jamais accrédité le prévenu. Âgé de 44 ans et président du mouvement Urgences Panafricanistes, le leader politique demeure donc incarcéré.
Cette décision fait suite à son arrestation survenue dans la nuit du 13 avril 2026 au sein d’un centre commercial de Pretoria. Accompagné de son fils et assisté par un militant nationaliste local, l’ancien citoyen français — déchu de sa nationalité par Paris deux ans plus tôt — tentait alors de franchir clandestinement la frontière via le fleuve Limpopo pour rejoindre le Zimbabwe. Lors de l’interpellation, les forces de l’ordre ont saisi du matériel de télécommunication chiffré ainsi que 318 000 rands en liquide.
L’ombre de la présidentielle béninoise et le volet judiciaire
L’enjeu judiciaire dépasse largement le simple franchissement irrégulier de frontière. Quelques mois avant son arrestation, Kémi Séba avait officialisé sa candidature à l’élection présidentielle béninoise de 2026, scellant une alliance avec la formation d’opposition Les Démocrates, dirigée par l’ancien président Boni Yayi. Cette posture politique a immédiatement provoqué la réaction du parquet spécial de la CRIET à Cotonou.
Le procureur Mario Metonou a ainsi émis deux mandats d’arrêt internationaux à l’encontre du militant. La justice béninoise le poursuit notamment pour blanchiment de capitaux, apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion, en lien avec la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025.
Bataille de procédures et pression sociopolitique
Pour faire obstacle à cette extradition, l’équipe juridique de Kémi Séba déploie une stratégie procédurale rigoureuse. Ses avocats ont déposé une demande d’asile politique sur le fondement du Refugees Act sud-africain de 1998, un mécanisme qui suspend automatiquement la procédure d’extradition tant que l’administration n’a pas statué de manière définitive. La défense invoque également l’article 3 de la Convention de l’ONU contre la torture, affirmant que le militant encourt de graves dangers en cas de transfert vers son pays d’origine.
En l’absence de traité d’extradition direct entre Pretoria et Cotonou, les autorités sud-africaines doivent établir des mandats miroirs conformes au principe de double incrimination. Alors que ses sympathisants cherchent à mobiliser les réseaux syndicaux et associatifs locaux pour élever le coût politique de l’affaire, la justice sud-africaine s’apprête à trancher un dossier d’une grande sensibilité géopolitique.
À mesure que se rapproche l’échéance du 20 novembre, l’affaire prend des allures de test pour les institutions sud-africaines. Entre principes de droit international, impératifs d’entraide judiciaire et préservation des libertés fondamentales, Pretoria devra trancher un dossier où la frontière entre litige de droit commun et contentieux politique n’a jamais paru aussi étroite.
La diffusion d’un contenu sur Internet ne le soustrait pas aux règles de droit. C’est le principal enseignement de la deuxième journée du séminaire organisé par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) au profit des professionnels des médias.
Ouverte hier, la session s’est poursuivie ce mardi 6 octobre 2026 au Bis Hôtel d’Abomey, autour des obligations liées aux contenus publiés dans les médias en ligne et sur les réseaux sociaux. Après une première étape consacrée aux fondements juridiques de la publication numérique, les participants ont approfondi deux questions sensibles : la propriété intellectuelle et la protection des personnes exposées dans les contenus médiatiques.
La première communication a porté sur le droit d’auteur et la propriété intellectuelle. Présentée par Eugène Aballo, directeur général du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins (BUBEDRA), elle a en effet permis de rappeler les règles applicables aux œuvres utilisées dans les productions journalistiques.
Images, vidéos, enregistrements sonores, musiques ou textes : chaque contenu appartient potentiellement à un auteur ou à un ayant droit. Sa présence sur une plateforme numérique ne signifie donc pas que les internautes peuvent le reprendre librement.
Les échanges ont porté sur les conditions d’utilisation des œuvres dans les articles, les reportages et les publications diffusées sur les réseaux sociaux. Les participants ont également examiné les risques liés au plagiat, à la reproduction sans autorisation et à l’appropriation de contenus produits par des tiers.
« Le numérique a rendu les contenus faciles à trouver ; il ne les a pas rendus libres de droits », a souligné Eugène Aballo. Pour le responsable du BUBEDRA, le travail d’information doit s’accompagner du respect dû aux créateurs.
La seconde communication a déplacé le débat vers les droits des personnes. Animée par Me Brice Houssou, elle a abordé le droit à l’image et la protection des données personnelles. Le formateur a insisté sur la nécessité d’obtenir un consentement lorsque la situation l’exige et de mesurer les conséquences de la collecte, du traitement et de la diffusion d’informations personnelles. Les participants ont notamment échangé sur la publication de données sensibles, l’identification des victimes et la préservation de la vie privée.
La protection des sources a également occupé une place importante dans les discussions. Dans l’environnement numérique, une photographie, un numéro de téléphone, une capture d’écran ou un détail biographique peuvent suffire à révéler l’identité d’un informateur.
« Informer, oui ; exposer inutilement, non », a résumé Me Brice Houssou. Il a invité les journalistes à ne publier que les éléments indispensables à la compréhension d’un sujet et à préserver ceux qui pourraient mettre une personne en danger.
La journée s’est achevée par un atelier consacré à l’examen juridique d’un contenu numérique. Cette mise en situation a également permis aux participants d’identifier les précautions à prendre avant la mise en ligne d’une information, d’une photographie ou d’une vidéo.
À travers cette formation, la HAAC entend accompagner les professionnels face aux mutations du paysage médiatique. L’objectif consiste à encourager une pratique plus rigoureuse, capable de concilier rapidité de publication, liberté d’informer et respect des droits fondamentaux.
À l’heure où une publication peut atteindre des milliers de personnes en quelques secondes et exposer un journaliste à des poursuites en cas de diffamation, la rigueur juridique devient une exigence aussi importante que la rapidité. En renforçant les compétences des journalistes, la HAAC entend faire du numérique un espace d’information fiable, respectueux des auteurs, des sources et de la vie privée.
Le gouvernement veut passer d’une gestion d’urgence à une politique d’anticipation. En effet, la multiplication des événements climatiques extrêmes pousse le Bénin à renforcer et à repenser son dispositif de prévention. Réunis ce mardi 6 octobre 2026 à Cotonou, les membres de la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophe et d’adaptation aux changements climatiques ont examiné les conséquences des dernières intempéries et les moyens de renforcer la résilience des territoires.
La séance s’est tenue au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, en présence de Djibril Mama Cissé, ministre délégué chargé de ce département. Trois autres membres du gouvernement ont participé aux discussions : Georges Alè, chargé du Cadre de vie et des Transports terrestres, Janvier Yahouédéou, responsable de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, ainsi qu’Édouard Dahomé, ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines.
Des partenaires techniques et financiers, de même que plusieurs organisations humanitaires internationales, ont pris part aux travaux.
Les chiffres présentés alors de la rencontre donnent la mesure de la vulnérabilité du pays. Depuis le début de l’année, les différents sinistres ont affecté 349 580 personnes, regroupées au sein de 52 583 ménages. Les dégâts concernent 1 199 villages et 219 arrondissements.
Les inondations constituent l’un des principaux facteurs de déstabilisation. Elles s’ajoutent aux pluies torrentielles, aux périodes de sécheresse, aux rafales destructrices, aux incendies et aux épisodes épidémiques. Dans plusieurs zones, ces phénomènes ont interrompu la circulation, endommagé les équipements publics et fragilisé les activités économiques.
Le bilan établi par l’Agence béninoise de protection civile mentionne également des ruptures d’ouvrages de franchissement, des éboulements et des chutes de pierres. Des noyades ont été enregistrées au cours de ces événements.
Pour Djibril Mama Cissé, la réponse aux catastrophes ne peut plus se limiter à l’assistance apportée après les sinistres. La réduction des risques doit désormais intégrer les politiques de sécurité, les choix d’aménagement et les stratégies de développement.
Le ministre a invité les membres de la plateforme à améliorer le partage des données entre les administrations et les acteurs de terrain. Il a également plaidé pour une meilleure cartographie des secteurs exposés et pour une coordination plus rapide des secours.
Cette orientation vise à donner à la plateforme une fonction d’aide à la décision. Elle doit permettre aux autorités d’identifier les menaces, de hiérarchiser les interventions et de mieux protéger les populations avant l’apparition des crises.
À l’issue de l’évaluation présentée par Abdel Aziz Bio Djibril, l’Agence béninoise de protection civile estime à plus de 290 milliards de francs CFA les ressources nécessaires pour répondre aux dégâts et soutenir les programmes de relèvement. Ce montant doit couvrir les actions de prévention, la remise en état des infrastructures touchées et l’accompagnement des communautés sinistrées. L’Agence a donc appelé les partenaires à renforcer leur soutien financier et technique.
Les échanges ont pris fin après l’examen des préoccupations soulevées par les participants. La Protection civile a réaffirmé son engagement à coordonner la réponse nationale et à inscrire la résilience climatique au cœur de l’action publique.
La visite de travail de Romuald Wadagni en France s’est conclue ce lundi 5 octobre 2026 par un important volet financier. En marge de son entretien avec Emmanuel Macron, le Bénin a signé deux conventions avec l’Agence française de développement et une lettre de mandat avec Bpifrance, mobilisant au total près de 100 millions d’euros, soit environ 65,5 milliards de francs CFA.
Des financements orientés vers les services essentiels
Les accords conclus à Paris ciblent trois secteurs directement liés aux conditions de vie des populations : l’électricité, l’agriculture et la santé. Le premier financement porte sur le programme PEDER+, consacré à l’extension et au développement des réseaux électriques. D’un montant global de 173 millions d’euros, le projet bénéficie notamment d’un prêt de 50 millions d’euros de l’Agence française de développement, en association avec d’autres institutions financières européennes.
À travers ce programme, les autorités béninoises veulent accroître l’accès à l’électricité, améliorer la desserte des zones encore insuffisamment couvertes et accompagner l’extension des infrastructures énergétiques.
La pisciculture au cœur du volet agricole
Un deuxième accord prévoit une enveloppe de 15 millions d’euros destinée à soutenir la pisciculture et les investissements agricoles productifs. Dix millions d’euros doivent être consacrés au développement de la filière piscicole. Ce financement vise à renforcer une activité stratégique pour l’approvisionnement alimentaire, les revenus des producteurs et la création d’emplois. Il doit également contribuer à structurer une filière encore confrontée à des difficultés liées à la production, à la transformation et à l’accès aux marchés.
En choisissant d’orienter une partie des ressources vers la pisciculture, le gouvernement mise sur un secteur capable de rapprocher les objectifs économiques des préoccupations quotidiennes des ménages.
Un laboratoire médico-légal pour renforcer l’expertise nationale
Le troisième instrument prend la forme d’une lettre de mandat signée avec Bpifrance et le laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux. L’accord prévoit la création, au Bénin, d’un laboratoire d’excellence ainsi qu’un programme de transfert de compétences. Ce dispositif doit permettre au pays de renforcer ses capacités en matière d’expertise médico-légale et de disposer de compétences plus solides pour accompagner les enquêtes judiciaires.
Le projet associe financement, équipement et formation. Il ne se limite donc pas à la construction d’une infrastructure, mais cherche à installer durablement une expertise nationale dans un domaine essentiel au fonctionnement de la justice.
Une traduction concrète du rapprochement franco-béninois
Ces signatures sont intervenues au moment où Romuald Wadagni rencontrait Emmanuel Macron à l’Élysée. Cette première visite de travail du président béninois en France depuis son accession à la magistrature suprême a placé les investissements au centre du dialogue entre Cotonou et Paris.
Pour le Bénin, l’enjeu consiste désormais à transformer les conventions signées en réalisations concrètes. L’électricité devra atteindre davantage de ménages et d’activités économiques, la filière piscicole devra gagner en productivité et le futur laboratoire devra rapidement produire des résultats.
La mobilisation de ces ressources donne ainsi une dimension opérationnelle au partenariat entre les deux pays. Elle traduit aussi une volonté de privilégier des projets mesurables, capables de répondre à des besoins essentiels tout en consolidant les capacités nationales.
Installé vendredi 2 octobre 2026 à Cotonou, le nouveau bureau de l’Association nationale des communes du Bénin entend rompre avec une gestion fondée sur les seules urgences locales. Sous la conduite de Luc Gnacadja, l’organisation veut désormais défendre des projets territoriaux structurés, améliorer l’efficacité communale et attirer davantage de financements.
Un changement d’échelle pour la décentralisation
La cérémonie d’installation, organisée en présence du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers, a servi de cadre à la présentation de la feuille de route de la mandature 2026-2033. Le nouveau bureau national a également tenu ses premières séances de travail les 2 et 3 octobre afin de préciser ses priorités d’action.
Dans son discours, Luc Gnacadja a défendu une conception plus ambitieuse de la décentralisation. Après la mise en place des communes et l’amélioration progressive de leur gouvernance, l’étape suivante consiste, selon lui, à faire des territoires des espaces capables de produire de la richesse, de stimuler l’emploi et de soutenir le développement national.
Cette orientation s’appuie notamment sur les pôles de développement territorial. L’ANCB veut participer à leur construction en rapprochant les politiques publiques des réalités locales et en favorisant une meilleure coordination entre les communes.
Le nouveau bureau a retenu trois axes majeurs pour les sept prochaines années. Le premier consiste à renforcer la représentation des communes auprès de l’État. Luc Gnacadja entend instaurer avec les pouvoirs publics un dialogue à la fois constructif et exigeant. Il a notamment attiré l’attention sur les lenteurs des procédures de passation des marchés publics, qui contribuent à maintenir l’exécution des budgets communaux autour de 30 %.
Le président de l’ANCB a toutefois établi une ligne rouge : l’accélération de l’action locale ne devra pas se faire au détriment de la transparence. Pour lui, la gestion optimale des ressources publiques demeure une obligation non négociable.
Le deuxième axe vise à transformer l’ANCB en véritable outil d’appui au développement local. L’association prévoit de renforcer la formation des élus et des agents communaux, d’aider les mairies à monter des projets plus solides et de diffuser les solutions déjà éprouvées dans certains territoires.
Luc Gnacadja a évoqué, à ce titre, une initiative mise en œuvre dans une école primaire publique du huitième arrondissement de Cotonou. Une réponse simple et peu coûteuse aux inondations, conçue par un enseignant, a ensuite inspiré d’autres établissements scolaires. Pour le président de l’ANCB, cet exemple montre l’intérêt d’une circulation organisée des expériences locales.
Le troisième volet porte sur la mobilisation des ressources. L’organisation veut accompagner les communes dans l’amélioration de leurs recettes propres, identifier de nouveaux mécanismes de financement et élargir les partenariats avec les institutions internationales et les collectivités étrangères.
Des projets à présenter plutôt que des doléances
Devant les partenaires techniques et financiers, Luc Gnacadja a annoncé un changement de méthode. L’ANCB ne souhaite plus se présenter comme une structure venant exposer une succession de besoins. Elle entend désormais soumettre des projets conçus par les territoires, assortis d’objectifs, de mécanismes de suivi et d’engagements précis sur l’utilisation des fonds.
Cette approche doit permettre aux partenaires de mieux apprécier l’impact attendu des financements et aux communes de renforcer leur crédibilité dans la recherche de ressources. Plusieurs programmes communs arrivant à leur terme, l’association prévoit d’organiser prochainement une rencontre destinée à définir un nouveau cadre de coopération.
Un calendrier de travail déjà fixé
Le bureau national doit maintenant traduire ces orientations en mesures opérationnelles. Les premières étapes comprennent l’adoption d’un budget, la mise en place de commissions spécialisées et l’élaboration d’un calendrier commun.
L’ANCB préparera également un nouveau plan stratégique. Celui-ci devra s’appuyer sur l’évaluation du précédent document et sur une consultation des 77 communes afin de mieux considérer la diversité des territoires.
Les maires concernés seront par ailleurs réunis pour préparer la contribution des collectivités aux pôles de développement territorial. Cette concertation doit éviter que les politiques de développement soient conçues sans tenir compte des priorités exprimées au niveau local.
La diversité territoriale comme levier
En conclusion, Luc Gnacadja a présenté la pluralité des communes comme une force plutôt que comme une difficulté. Il a repris une image attribuée à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ : la beauté d’un tapis repose sur la variété de ses couleurs.
Le président de l’ANCB a promis de diriger le bureau dans un esprit de collégialité et de rendre l’action de l’association plus utile aux populations. La réussite de cette mandature dépendra désormais de sa capacité à transformer cette feuille de route en résultats visibles : des projets mieux préparés, des budgets davantage exécutés et des territoires plus aptes à prendre part au développement du Bénin.
Une délégation de parlementaires béninois s’apprête à effectuer une mission en Chine dans le cadre du partenariat entre les deux pays. Avant son départ, elle a rencontré le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, afin de préciser les objectifs de cette démarche et de recueillir ses recommandations.
Un déplacement préparé au plus haut niveau
Réunis vendredi 2 octobre au Palais des Gouverneurs, à Porto-Novo, les députés ont présenté au président du Parlement les contours de leur mission. La délégation, dirigée par Charlemagne Yankoty, entend inscrire ce déplacement dans une démarche de représentation institutionnelle et d’échange d’expériences.
Le responsable de la délégation a expliqué que la rencontre avec Joseph Djogbénou répondait à une exigence de cohérence institutionnelle. Selon lui, les parlementaires souhaitaient partir avec des orientations précises afin de mieux défendre les intérêts du Bénin au cours des rencontres prévues en Chine.
Cette audience intervient alors que l’Assemblée nationale béninoise cherche à développer davantage sa diplomatie parlementaire, notamment à travers des contacts réguliers avec des institutions étrangères. Le site officiel du Parlement présente cette diplomatie comme un levier de coopération et de dialogue entre les assemblées.
La mission permettra aux députés béninois d’observer certaines pratiques de gouvernance et de fonctionnement institutionnel mises en œuvre en Chine. Charlemagne Yankoty a insisté sur le poids économique et politique de ce pays, devenu un acteur majeur des équilibres internationaux.
Pour les parlementaires, l’objectif ne consiste toutefois pas à reproduire mécaniquement un modèle étranger. Il s’agit plutôt d’identifier des expériences susceptibles d’alimenter la réflexion sur l’amélioration des pratiques publiques et parlementaires au Bénin.
Les échanges doivent notamment porter sur les méthodes de travail, la conduite des politiques publiques et les mécanismes de coopération entre institutions. Cette approche donnera à la délégation l’occasion de confronter les réalités béninoises aux expériences observées auprès de ses interlocuteurs chinois.
La délégation ne part pas uniquement pour recueillir des enseignements. Elle entend également présenter à ses homologues chinois l’expérience du Parlement béninois et les évolutions de la vie institutionnelle nationale.
Cette réciprocité constitue l’un des fondements de la coopération parlementaire entre les deux pays. Des missions de ce type sont organisées au fil des législatures, en lien avec l’ambassade de Chine au Bénin, pour favoriser la circulation des idées et le partage de bonnes pratiques.
Les relations sino-béninoises comportent déjà plusieurs volets dans les domaines de la formation, de la santé, du numérique, de l’agriculture et des échanges économiques. L’ambassade de Chine au Bénin a récemment mis en avant plusieurs initiatives liées à ce partenariat, dont la coopération médicale, la restauration des archives audiovisuelles et l’exportation de l’ananas béninois vers le marché chinois.
Une mission appelée à produire des résultats
À l’issue de l’audience, Charlemagne Yankoty a exprimé la satisfaction de la délégation. Les députés affirment avoir reçu les indications nécessaires pour conduire leur déplacement avec davantage de méthode et de responsabilité.
Le président de l’Assemblée nationale attendra, au retour de la mission, un compte rendu des échanges et des enseignements tirés de cette expérience. Cette restitution permettra d’évaluer les perspectives de coopération et d’identifier les initiatives susceptibles d’être adaptées au contexte béninois.
En somme, le déplacement en Chine entend donc donner une dimension plus concrète à la diplomatie parlementaire. Pour Porto-Novo, l’enjeu consiste désormais à transformer les échanges institutionnels en propositions utiles au renforcement du travail parlementaire et au développement des relations entre les deux pays.
Le président béninois Romuald Wadagni a été reçu ce lundi 5 octobre 2026 au palais de l’Élysée par son homologue français Emmanuel Macron. Cette première visite de travail en France depuis son accession à la magistrature suprême ouvre une nouvelle étape dans les relations entre Cotonou et Paris, avec un accent particulier sur les investissements et les projets structurants.
Une rencontre centrée sur les priorités économiques
Les deux dirigeants ont commencé leur programme par un entretien en tête-à-tête, avant une réunion élargie aux délégations béninoise et française. Les discussions doivent porter sur les principaux dossiers de coopération bilatérale, notamment l’énergie, l’agriculture, la santé et l’investissement privé.
Pour Cotonou, ce déplacement vise surtout à transformer les engagements politiques en financements opérationnels. Le Bénin cherche à mobiliser davantage de partenaires pour soutenir ses infrastructures et accélérer le développement de secteurs jugés essentiels à sa croissance.
La visite doit déboucher sur la signature de plusieurs instruments de coopération. Parmi les projets évoqués figure le programme PEDER+, consacré à l’extension et au développement des réseaux électriques. L’initiative représente un financement global de 173 millions d’euros, auquel l’Agence française de développement doit contribuer à hauteur de 50 millions d’euros, aux côtés d’autres institutions financières européennes.
Un autre accord doit soutenir la filière piscicole et les investissements agricoles productifs. Une enveloppe de 15 millions d’euros est annoncée, dont 10 millions destinés au développement de la production piscicole au Bénin. Le projet entend renforcer une activité génératrice de revenus tout en améliorant l’offre alimentaire nationale.
La coopération devrait également s’étendre au domaine scientifique et médico-légal. Un mandat confié à Bpifrance et au laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux prévoit la création, au Bénin, d’un laboratoire d’excellence ainsi qu’un programme de transfert de compétences.
La séquence diplomatique intervient après la participation de Romuald Wadagni à un dîner organisé dimanche à l’Élysée dans le cadre de l’Africa France Impact Coalition. Cette rencontre a réuni plusieurs responsables politiques et économiques autour de l’industrialisation du continent, de l’emploi des jeunes et de la circulation des investissements privés.
Les échanges ont notamment porté sur l’ouverture du marché béninois aux investisseurs africains et français ainsi que sur la mise en œuvre des projets retenus lors du sommet Afrique-France organisé à Nairobi en mai 2026.
Au-delà du protocole, la visite de Romuald Wadagni traduit la volonté des deux capitales de donner un contenu plus économique à leur coopération. Cotonou entend attirer des financements pour ses projets prioritaires, tandis que Paris cherche à consolider ses partenariats avec les économies africaines autour d’initiatives concrètes et de relations présentées comme fondées sur la confiance et des intérêts partagés.
La présentation officielle des accords, en présence des deux chefs d’État et des responsables chargés de leur mise en œuvre, doit marquer l’aboutissement de cette visite de 48 heures. Pour le Bénin, l’enjeu sera désormais de transformer ces annonces en réalisations mesurables sur le terrain.
Un nouveau module de trois salles de classe va bientôt voir le jour à Sawarrarou, dans le premier arrondissement de Parakou. La remise officielle du site, effectuée ce vendredi 2 octobre 2026, lance officiellement les travaux de cette infrastructure clé pour les conditions d’apprentissage locales.
Le futur bâtiment comprendra également un bureau, un magasin, un dispositif d’éclairage photovoltaïque et du mobilier scolaire. Le projet doit ainsi répondre à plusieurs besoins simultanés : augmenter la capacité d’accueil de l’école, offrir un cadre de travail plus adapté aux enseignants et garantir un minimum de confort aux élèves.
Le projet COSO au service de l’éducation
La construction s’inscrit dans le cadre du Projet de cohésion sociale des régions nord du golfe de Guinée, connu sous le sigle COSO. Au Bénin, ce programme finance des infrastructures communautaires dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la santé, l’eau et le développement local.
Le projet COSO vise à renforcer la résilience des communautés et à favoriser l’accès aux services essentiels. La Banque mondiale indique que ses investissements comprennent notamment la construction et la réhabilitation d’écoles ainsi que d’autres infrastructures de base destinées aux populations locales.
À Sawarrarou, le choix d’un équipement scolaire doté d’un système photovoltaïque répond aussi aux contraintes liées à l’accès à l’électricité. L’éclairage devrait permettre une meilleure utilisation des espaces et contribuer à améliorer les conditions générales de fonctionnement de l’établissement.
La remise de site a suscité la satisfaction des parents d’élèves et du personnel enseignant. Les bénéficiaires ont salué l’appui de la mairie de Parakou et du projet COSO, qu’ils considèrent comme une réponse concrète aux besoins de la communauté scolaire. Pour les familles, l’arrivée de nouvelles salles pourrait réduire la pression exercée sur les classes existantes et offrir aux enfants un environnement plus propice aux apprentissages. Les enseignants, eux, attendent un cadre plus fonctionnel pour organiser les cours et le rangement du matériel pédagogique.
La construction devrait également renforcer l’attractivité de l’école auprès des familles du quartier, en rapprochant l’offre éducative des enfants de Sawarrarou.
Une infrastructure, plusieurs enjeux
Le futur module ne représente pas seulement un ouvrage de construction. Il doit aussi accompagner la croissance des besoins scolaires dans un arrondissement en développement. La disponibilité de salles équipées peut contribuer à limiter la surcharge des classes et à améliorer la répartition des élèves.
L’éclairage photovoltaïque constitue un autre atout du projet. En misant sur une source d’énergie renouvelable, l’infrastructure pourra disposer d’une solution autonome, particulièrement utile dans les zones où l’alimentation électrique reste irrégulière.
Place désormais au chantier. Après la remise du site, les travaux doivent démarrer concrètement dans le strict respect des délais, des normes de construction et des équipements validés, conformément aux attentes des habitants.
Grâce à ce projet, Parakou s’inscrit parmi les communes qui transforment les investissements communautaires en infrastructures scolaires durables. Pour Sawarrarou, cette initiative garantit une école mieux équipée et un service éducatif au plus près des besoins des familles.
Le Bénin vise l’élite pour ses coureurs de fond et de demi-fond grâce à une préparation professionnelle. Dans le cadre du projet « En route pour Los Angeles », le ministère des Sports et de l’Engagement civique a nommé le professeur roumain Valentin Anghel au poste d’entraîneur national. Sa mission s’inscrit dans la préparation des Jeux olympiques de Los Angeles, prévus en 2028. Le technicien devra accompagner les athlètes béninois dans la recherche des minima, structurer leur préparation et améliorer leur compétitivité sur les grandes scènes internationales.
Le gouvernement mise ainsi sur une expertise étrangère déjà éprouvée auprès d’athlètes de haut niveau. Valentin Anghel enseigne à la Faculté d’éducation physique et de sport de l’Université Ovidius de Constanța, en Roumanie.
Le nouvel entraîneur national est spécialisé dans les épreuves du 800 et du 1 500 mètres, ainsi que dans la préparation des coureurs de fond. Son travail porte notamment sur la reconstruction physique, la stabilité mentale et la progression à long terme des athlètes. Son nom est étroitement associé à celui de Noélie Yarigo. Sous sa direction, la demi-fondeuse béninoise a établi un record national de 1 min 58 s 48 sur 800 mètres et remporté la médaille de bronze aux Championnats du monde en salle de Glasgow, en 2024.
Yarigo a également participé aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 et de Paris en 2024. World Athletics recense son chrono de 1 min 58 s 48 comme son record personnel sur 800 mètres.
Cette collaboration a marqué un tournant dans la carrière de l’athlète. Anghel l’a encouragée à délaisser son rôle habituel de lièvre pour courir davantage comme une prétendante aux podiums. En 2023, elle avait signé une performance de 1 min 58 s 48 à Toruń, en Pologne, derrière la Britannique Keely Hodgkinson.
Un technicien habitué aux parcours de haut niveau
L’expérience de Valentin Anghel ne se limite pas à la préparation de Noélie Yarigo. Le technicien roumain a également accompagné la marathonienne Delvine Relin Meringor jusqu’aux Jeux olympiques de Paris et travaillé avec Claudia Bobocea, vice-championne d’Europe en salle du 1 500 mètres à Istanbul en 2023. Ces références ont pesé dans le choix du ministère. Elles témoignent d’une capacité à encadrer des profils différents, du coureur de 800 mètres au marathonien, tout en intégrant les exigences physiques et psychologiques du sport de haut niveau.
Pour le Bénin, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à préparer quelques athlètes pour une échéance olympique. Le pays cherche aussi à installer une méthode de travail plus régulière, à améliorer le suivi médical et physique et à construire une filière durable dans les disciplines d’endurance.
La nomination d’un entraîneur national spécialisé doit permettre de mieux coordonner les efforts entre les athlètes, les clubs, les structures fédérales et le ministère. Elle doit aussi réduire les ruptures de préparation qui pénalisent souvent les sportifs engagés dans des compétitions internationales.
Valentin Anghel devra notamment identifier les coureurs à fort potentiel, établir des plans individualisés et organiser leur montée en puissance en fonction du calendrier international. La quête des minima olympiques exigera une préparation précise, des compétitions ciblées et un suivi constant des performances.
Le défi sera également logistique. Les disciplines du demi-fond et du fond nécessitent des stages, un accès régulier aux compétitions de référence, une prise en charge médicale et un accompagnement nutritionnel adaptés.
La nomination de Valentin Anghel donne au programme « En route pour Los Angeles » un visage et une direction technique. Elle ne garantit pas, à elle seule, une qualification olympique. Elle fixe toutefois un cadre de travail plus exigeant pour les athlètes béninois. Le ministère attend désormais du technicien roumain qu’il transforme son expérience internationale en résultats pour le Bénin. La première étape consistera à établir un état des lieux du demi-fond et du fond, puis à définir les priorités de préparation.
À moins de deux ans des Jeux de Los Angeles, le Bénin choisit donc de miser sur la compétence, la continuité et la planification. Le projet ne se résume plus à atteindre une compétition : il vise à faire émerger des athlètes capables d’y prendre part avec de véritables ambitions sportives.