Plus de peur que de mal à Bohicon. Un camion transportant une importante cargaison de bidons de Sodabi s’est renversé au carrefour Sodohomè. L’accident a causé des dégâts matériels, mais aucune perte en vie humaine n’a été signalée.
Un camion chargé de bidons de Sodabi, la boisson locale à base de vin de palme, s’est renversé ce matin au carrefour Sodohomè, à Bohicon, dans le département du Zou.
Selon les informations disponibles, le conducteur aurait perdu le contrôle du poids lourd avant que celui-ci ne se renverse sur la chaussée. La cargaison transportée s’est retrouvée dispersée à la suite de l’accident.
Aucun décès signalé
Le sinistre a principalement occasionné des dégâts matériels. Les premiers bilans n’enregistrent aucun décès et ne signalent aucune victime humaine L’accident a néanmoins provoqué une situation inhabituelle sur cet axe fréquenté de Bohicon, avec un camion renversé et sa cargaison de boissons au sol.
Le carrefour Sodohomè constitue un point connu de la circulation à Bohicon ; des documents administratifs identifient d’ailleurs Sodohomè parmi les secteurs de la commune et situent plusieurs infrastructures liées au transport dans cette zone.
À ce stade, les enquêteurs n’ont pas encore établi les circonstances exactes ayant conduit à la perte de contrôle du camion. Il conviendra notamment de déterminer si une défaillance mécanique, une manœuvre du conducteur ou d’autres facteurs ont provoqué l’accident.
L’essentiel reste toutefois préservé : ce drame n’a coûté aucune vie humaine. Les experts devront désormais évaluer les dégâts matériels, tandis que les autorités compétentes éclairciront les circonstances précises du renversement.
Huit mois après la promulgation de la loi n° 2025‑20, qui fait entrer le Bénin dans l’ère du septennat et du bicamérisme, ce n’est plus seulement la classe politique qui doit s’accommoder d’une architecture inédite : c’est la magistrature elle‑même qui doit apprendre à appliquer un texte sans précédent, sans jurisprudence, et né dans l’un des climats politiques les plus tendus de la décennie.
Le décor, mardi 11 août, avait tout de l’exercice académique : amphithéâtre feutré, deux professeurs de droit constitutionnel invités à la tribune, magistrats et greffiers rassemblés en auditeurs studieux pour un « Café juridique » organisé par la Cour suprême du Bénin. Mais sous les codes convenus de la formation continue se jouait quelque chose de plus grave : une institution judiciaire venue reconnaître, en public, qu’elle ne maîtrise pas encore tout à fait le droit qu’elle est censée appliquer.
Ce droit, c’est celui issu de la loi n° 2025‑20 du 17 décembre 2025, qui a modifié en profondeur la Constitution du 11 décembre 1990. Un texte adopté dans la précipitation, validé sous tension, et qui redessine à la fois la durée des mandats électifs, l’architecture du Parlement et les équilibres entre les plus hautes juridictions du pays.
Derrière la technicité du vocabulaire constitutionnel, la réforme opère des choix politiques lourds de conséquences pour le prochain cycle électoral.
Mandats : les mandats présidentiel, législatif et locaux passent de cinq à sept ans, renouvelables une seule fois — une mesure qui ne s’appliquera qu’à partir des élections générales de 2026.
Bicamérisme : création d’un Sénat, chambre haute inédite dans l’histoire institutionnelle béninoise, composée notamment d’anciens présidents de la République, de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle.
Nomadisme : tout élu qui démissionne du parti sous la bannière duquel il a été élu perd désormais automatiquement son siège.
Trêve politique : une période de douze mois avant la fin du mandat présidentiel interdit désormais toute animation politique à finalité électorale.
La révision a été adoptée dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 par l’Assemblée nationale, à une majorité écrasante de 90 voix contre 19. L’opposition a dénoncé la précipitation d’un chantier constitutionnel engagé alors que le président Patrice Talon, qui ne se représentait pas, achevait son second mandat six mois plus tard à peine. D’autres observateurs ont relevé que le nombre d’articles finalement modifiés dépassait sensiblement les premières versions du projet ayant circulé — et que cette seconde révision de la loi fondamentale de 1990 en moins de dix ans marquait, pour certains juristes, une rupture avec l’esprit du « consensus à valeur constitutionnelle » hérité de la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990.
Le climat dans lequel la Cour constitutionnelle a examiné le texte n’a fait qu’ajouter à la gravité du moment : sa décision de conformité, rendue le 12 décembre 2025 après deux jours d’audience plénière et l’examen de seize requêtes contestant la loi, est intervenue quelques jours seulement après l’échec d’une tentative de coup d’État contre le président Talon, le 7 décembre, conduite par un lieutenant‑colonel aujourd’hui toujours en fuite. Un épisode que plusieurs centres d’analyse ont lu comme un signal des fragilités persistantes du climat politique béninois — quand bien même les Sages ont validé la révision dans toutes ses dispositions.
Institué par la révision de novembre 2025, le Sénat compte entre 25 et 30 membres et associe des sénateurs élus à des membres de droit : anciens présidents de la République, anciens présidents de l’Assemblée nationale et anciens présidents de la Cour constitutionnelle, sous réserve d’avoir exercé au moins la moitié de leur mandat.
Dirigé par un président, un vice‑président et un rapporteur élus pour cinq ans renouvelables, il fonctionne sous une obligation stricte de réserve politique : ses membres, dont l’âge est de 85 ans, ne peuvent exercer aucune activité partisane.
C’est précisément ce contexte — un texte massif, contesté, appliqué à un cycle électoral qui s’ouvre sans qu’aucune décision de justice n’en ait encore éprouvé les dispositions — qui donnait au Café juridique du 11 août sa véritable portée. Devant les magistrats, auditeurs et greffiers réunis, le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, a situé l’enjeu au‑delà de la simple mise à jour des connaissances : comprendre la nouvelle architecture institutionnelle exige une lecture rigoureuse de l’ensemble du bloc de constitutionnalité, loi organique sur le Conseil économique et social comprise, et une mesure précise de ses effets sur les méthodes de travail, les raisonnements juridiques et les responsabilités des acteurs de la justice.
Deux communications ont structuré la réflexion. La professeure Dandi Gnamou, juriste constitutionnaliste, présidente de la Haute Cour de justice, juge à la Cour constitutionnelle et ancienne conseillère de la Cour suprême, s’est penchée sur l’articulation entre l’allongement des mandats et l’installation du Sénat. Le docteur Gilles Badet, ancien secrétaire général de la Cour constitutionnelle et enseignant‑chercheur à l’Université d’Abomey‑Calavi, a pour sa part interrogé les rapports entre la Cour constitutionnelle et le nouveau Conseil économique et social.
Les échanges, modérés par le professeur Ibrahim Salami, président de la Chambre administrative de la Cour suprême, ont, selon l’institution, suscité de nombreuses questions au sein de l’assistance — signe, au‑delà de la formation, d’une inquiétude professionnelle bien réelle face à un droit encore largement théorique.
“La qualité des décisions dépend désormais de la capacité des magistrats à maîtriser un environnement constitutionnel et institutionnel qu’aucune jurisprudence n’a encore éprouvé.” — le président de la Cour suprême du Bénin, Victor Dassi Adossou
Le signal le plus concret de la rencontre n’est cependant pas venu des communications elles‑mêmes, mais de l’annonce qui les a suivies : au regard de la qualité des débats, le président de la Cour suprême a fait part de son intention de créer, au sein de l’institution, un comité intellectuel et scientifique chargé de revoir l’arsenal juridique de la Cour et de l’adapter aux nouveaux textes de la République. Autrement dit : la plus haute juridiction administrative et judiciaire du pays reconnaît que ses propres instruments de travail datent d’avant la réforme, et qu’ils doivent être reconstruits pour rester opérants.
Ce chantier interne, encore informel, en dit sans doute plus long sur l’ampleur réelle de la révision constitutionnelle que n’importe quel décompte d’articles modifiés. Il signale qu’au‑delà des arènes politiques où s’est joué le vote de
Longtemps perçue comme une fatalité ouest-africaine, la contrebande de cigarettes trouve aujourd’hui face à elle une riposte d’un genre nouveau au Bénin. Loin des saisies spectaculaires mais éphémères, les autorités douanières ont décidé de frapper au cœur de l’écosystème illicite : la traçabilité. Récit d’un changement de doctrine où l’État s’allie au privé pour assécher la fraude.
Il y a la guerre qui fait du bruit, et celle qui se joue dans un silence de plomb, le long des pistes poreuses et dans les entrepôts clandestins. Le marché du tabac en Afrique de l’Ouest brasse des milliards de francs CFA qui, chaque année, s’évaporent dans la nature, alimentant des réseaux opaques au détriment des caisses publiques et de la sécurité sanitaire. Face à cette hydre, le Bénin vient de modifier radicalement son arsenal tactique.
Le 10 août 2026 ne marquera pas seulement la signature d’un énième document administratif à Cotonou. C’est la date d’une bascule géopolitique et économique locale.
Jusqu’ici, la douane béninoise jouait au chat et à la souris avec des réseaux d’importation illicites toujours plus agiles. Mais, sous l’impulsion du Colonel Raouf Malèhossou ABOUDOU, Directeur général des Douanes, l’institution a compris qu’une répression purement physique était asymétrique. La nouvelle arme ? La donnée et la traçabilité de bout en bout.
Pour y parvenir, l’État a fait un choix audacieux, rompant avec le monopole de l’action publique : s’adosser à un acteur privé, la société Niger Brique. Ce partenariat public-privé (PPP), d’une nature inédite pour ce secteur spécifique, vise à créer une « muraille de verre » autour du marché béninois du tabac.
L’accord scellé dépasse la simple sécurisation fiscale. Il s’articule autour d’une doctrine à trois têtes :
L’asphyxie financière des réseaux parallèles : en imposant une traçabilité inviolable, les produits de contrebande deviennent immédiatement identifiables et invendables sur le marché formel, coupant l’herbe sous le pied des fraudeurs.
Le bouclier sanitaire : le tabac illicite échappe à toute norme, contenant souvent des taux de toxicité décuplés. Le contrôle de la chaîne d’approvisionnement devient un enjeu de santé publique majeur.
La sanctuarisation de la concurrence : en garantissant un environnement prévisible et régulé, l’État protège les opérateurs économiques légaux qui, jusqu’à présent, subissaient la concurrence déloyale des prix cassés du marché noir.
L’intégration de Niger Brique dans cette équation n’est pas anodine. L’entreprise, en s’engageant dans cet accord, obtient des garanties cruciales : une prévisibilité de ses flux logistiques et la certitude d’évoluer sur un terrain où les règles du jeu sont les mêmes pour tous.
De son côté, la Douane externalise une partie de la complexité logistique pour se reconcentrer sur son cœur de métier : l’analyse des risques, la régulation impartiale et l’intervention ciblée. Le Colonel ABOUDOU impose ainsi une vision moderne de l’administration, celle d’un « régulateur neutre », capable de s’allier aux forces vives de l’économie pour assainir un secteur gangrené.
Si cette moralisation du marché par la collaboration public-privé porte ses fruits, le Bénin pourrait bien faire figure de pionnier dans la région. L’enjeu est de taille : prouver qu’il est possible de reprendre le contrôle d’une économie souterraine sans paralyser le commerce, mais en l’encadrant avec une précision chirurgicale.
Les cartels de la contrebande sont prévenus : à Cotonou, l’heure n’est plus aux barrages routiers aléatoires, mais à la traçabilité algorithmique et institutionnelle. L’écran de fumée commence enfin à se dissiper.
La justice sud-africaine devra patienter encore. Attendue ce mardi 11 août 2026, l’audience consacrée notamment à la demande d’extradition de Kémi Séba vers le Bénin n’a finalement pas eu lieu. Une panne d’électricité dans l’établissement pénitentiaire où il est détenu, consécutive aux mauvaises conditions météorologiques, a empêché son transfert vers le tribunal.
Le dossier a donc été renvoyé au 23 septembre 2026. Ce nouveau contretemps donne au feuilleton judiciaire un épisode pour le moins inhabituel. Alors que les autorités doivent examiner une procédure d’extradition aux implications politiques et judiciaires importantes, c’est une défaillance matérielle qui est venue interrompre le calendrier de l’audience.
Une panne d’électricité en prison bloque le transfert au tribunal
Kémi Séba devait comparaître devant la justice sud-africaine dans le cadre des différentes procédures engagées contre lui. Mais sans alimentation électrique dans la prison, les autorités pénitentiaires n’ont pas pu organiser son extraction de sa cellule et son acheminement vers le tribunal.
Son absence a contraint les juges à reporter l’examen du dossier. Le prochain rendez-vous judiciaire est désormais fixé au 23 septembre. D’ici là, Kémi Séba reste détenu en Afrique du Sud, où il se trouve depuis le 13 avril 2026.
Entre Pretoria et Cotonou : Deux procédures judiciaires distinctes
Le dossier ne se limite toutefois pas à la demande formulée par le Bénin. En Afrique du Sud, les autorités reprochent notamment à Kémi Séba d’avoir tenté de quitter illégalement le territoire en direction du Zimbabwe, avec des documents considérés comme irréguliers.
En parallèle, Cotonou demande son extradition. Le Bénin le poursuit notamment pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion ». Ces poursuites constituent le fondement de la demande d’extradition examinée par la justice sud-africaine.
L’enjeu dépasse donc la seule question du maintien en détention. Il s’agit désormais de savoir si les conditions juridiques seront réunies pour permettre son éventuel transfert vers le Bénin.
Un calendrier judiciaire au point mort jusqu’à la fin septembre
Le report du 11 août ne clôt aucune des procédures engagées contre Kémi Séba. Il décale simplement leur examen. Pour la justice sud-africaine, le 23 septembre constituera ainsi une nouvelle étape dans l’examen de la demande béninoise. En attendant, le dossier reste suspendu entre deux juridictions et deux cadres judiciaires distincts.
D’un côté, l’Afrique du Sud, où Kémi Séba est détenu et fait face à ses propres poursuites. De l’autre, le Bénin, qui réclame son extradition pour répondre de faits qui lui sont reprochés par les autorités béninoises.
Une procédure qui s’enlise
Depuis son arrestation en avril, la procédure avance par étapes, au gré des audiences et des contraintes du calendrier judiciaire. Le dernier épisode aura donc été provoqué non par un débat juridique, mais par une panne d’électricité dans le lieu de détention.
Le 23 septembre devra désormais permettre à la justice sud-africaine de reprendre le fil d’un dossier dont l’issue pourrait avoir des conséquences bien au-delà de la salle d’audience. Pour l’heure, aucune décision sur l’extradition n’a été rendue. Le prochain chapitre est attendu à Pretoria, le 23 septembre.
Le jour s’est levé sur des commerces noircis, des marchandises détruites et des propriétaires en larmes face à leurs pertes. À Akassato, dans la commune d’Abomey-Calavi, un incendie a semé la désolation tôt mardi 11 août sur l’axe goudronné qui conduit au marché Gros, ancien pavé Kérékou.
En quelques instants, plusieurs activités commerciales ont été prises dans les flammes. Une entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente de matelas figure parmi les établissements touchés. Un point de vente d’essence frelatée, un point MoMo et d’autres commerces ont également été ravagés.
Le bilan humain reste toutefois épargné. Aucune victime n’a été signalée, malgré la violence du sinistre et la proximité des différentes activités commerciales.
Une matinée de désolation sur l’axe du marché Gros
L’incendie s’est déclaré aux premières heures de la journée, alors que l’activité commençait à peine à reprendre sur cet axe très fréquenté. Rapidement, les flammes ont gagné plusieurs espaces commerciaux. La présence de produits et de matériaux facilement inflammables a contribué à aggraver les dégâts.
Sur place, le spectacle était celui d’un secteur commercial profondément touché : installations endommagées, marchandises réduites en cendres et biens matériels lourdement affectés. Pour les commerçants concernés, l’urgence est désormais de mesurer l’étendue des pertes et d’envisager la reprise de leurs activités.
Alertés, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour contenir le sinistre. Leur intervention a finalement permis de maîtriser les flammes et d’empêcher leur propagation à l’ensemble du secteur commercial.
La Police républicaine s’est également déployée sur les lieux afin de sécuriser la zone et de contribuer aux premières constatations. Si les dégâts matériels sont considérables, le bilan humain demeure heureusement nul.
C’est désormais la principale question. Les circonstances exactes du départ de feu restent inconnues. Une enquête a été ouverte afin d’en déterminer l’origine et d’établir, le cas échéant, les éventuelles responsabilités.
Cette étape devra notamment permettre de comprendre comment le sinistre a pris naissance et pourquoi il a pu toucher plusieurs commerces avant l’intervention des secours. Pour les victimes économiques de l’incendie, l’enquête représente aussi l’espoir de comprendre ce qui s’est passé.
À Akassato, l’incendie aura laissé derrière lui une addition essentiellement matérielle. Pour les propriétaires des commerces détruits ou endommagés, il faudra désormais évaluer les marchandises perdues, les équipements à remplacer et le coût d’une éventuelle reprise.
Mais dans cette matinée marquée par le feu, un bilan demeure essentiel : aucune vie humaine n’a été emportée. Les flammes ont ravagé des commerces. Elles n’ont pas pris de vie. Reste maintenant à l’enquête de déterminer ce qui a déclenché le sinistre et aux commerçants de mesurer l’ampleur des pertes subies.
Dans les métiers de la presse, certaines rencontres valent davantage qu’une simple visite de courtoisie. Elles permettent de transmettre des expériences, de rappeler des principes et, parfois, de mesurer le chemin qui reste à parcourir. La rencontre entre Thanguy Agoï, nouveau président de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médias (ODEM), et Richard Magnidet appartient à cette catégorie.
À peine installé à la tête de la 10ᵉ mandature de l’institution d’autorégulation, Thanguy Agoï a choisi de se tourner vers l’un de ceux qui en connaissent le mieux les arcanes. Une délégation du nouveau bureau s’est rendue au domicile de Richard Magnidet, ancien président de l’ODEM et actuel conseiller à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).
Derrière cette démarche se dessine un message : pour construire l’avenir de l’autorégulation, la nouvelle génération entend d’abord écouter ceux qui en ont porté les responsabilités.
Une visite sous le sceau de la solidarité humaine et confraternelle
Avant les questions de déontologie et les défis de la profession, il y avait une circonstance douloureuse. Richard Magnidet vient de perdre sa mère. La délégation conduite par Thanguy Agoï est donc venue lui témoigner sa compassion et la solidarité de la famille de la presse.
Le nouveau président de l’ODEM a voulu placer cette dimension humaine au premier plan. Dans les moments de deuil, a-t-il rappelé en substance, l’expérience et l’âge n’effacent jamais la douleur provoquée par la disparition d’une mère. Cette présence auprès de l’aîné de la profession a ainsi donné à la rencontre une tonalité particulière, avant que les discussions ne prennent une dimension plus institutionnelle.
La nouvelle équipe de l’ODEM ne cherchait pas uniquement une bénédiction symbolique. Elle voulait également recueillir des conseils. Richard Magnidet connaît l’institution de l’intérieur. Ancien membre de l’ODEM et double président de l’organisation, il appartient à cette génération qui a participé à façonner les mécanismes d’autorégulation de la presse béninoise.
Pour Thanguy Agoï, son expérience constitue donc une ressource au moment où débute une nouvelle mandature. Les échanges ont porté sur les défis de l’ODEM, les questions liées à la déontologie et les difficultés auxquelles les professionnels des médias peuvent être confrontés dans l’exercice de leur métier. Une manière, pour la nouvelle équipe, de ne pas repartir de zéro.
Au-delà du fonctionnement de l’ODEM, la discussion a permis d’élargir le regard à l’ensemble du secteur médiatique. Journaliste d’expérience et conseiller à la HAAC, Richard Magnidet possède une double lecture de la profession : celle du praticien qui a longtemps exercé dans les médias et celle du responsable qui observe aujourd’hui leur évolution dans le cadre de la régulation. Pour Thanguy Agoï, cette expérience pouvait difficilement être ignorée.
Les défis qui attendent les médias ne se limitent plus à la seule question de la production de l’information. Ils concernent également la responsabilité du journaliste, le respect des règles professionnelles, la crédibilité des organes de presse et la capacité de la profession à préserver la confiance du public. C’est sur ce terrain que l’autorégulation prend toute son importance.
Quand la relève s’appuie sur la mémoire des aînés
En allant à la rencontre de l’ancien président, le nouveau bureau de l’ODEM envoie finalement un signal qui dépasse la personne de Richard Magnidet. La 10ᵉ mandature semble vouloir inscrire son action dans une logique de continuité : tirer les enseignements du passé tout en préparant les réponses aux nouveaux défis. L’autorégulation ne se transmet pas uniquement par des textes. Elle se nourrit aussi de la mémoire de ceux qui l’ont exercée.
Pour Thanguy Agoï et son équipe, les conseils recueillis auprès de l’ancien dirigeant constituent désormais un premier repère. Reste à transformer cette expérience en décisions, en actions et en résultats. Car, au terme de cette rencontre, une conviction semble s’imposer : dans une profession confrontée à de nouvelles exigences, la relève n’a pas vocation à effacer la mémoire. Elle doit s’en servir pour avancer.
TCHAOUROU, 10 août 2026 — Les eaux de l’Okpara ont livré, dimanche 9 août à Kpassa, une scène aussi inattendue qu’inquiétante. Au cœur de la commune de Tchaourou, une fillette d’à peine trois ans a été retrouvée vivante dans le cours d’eau, après y avoir passé un temps pour l’heure indéterminé.
C’est un pêcheur, Adamou Meguiré, qui a donné l’alerte. Alors qu’il se trouvait sur l’Okpara, il a entendu des pleurs provenant des abords du fleuve et s’est aussitôt dirigé vers l’endroit d’où venait la voix de l’enfant.
La découverte était pour le moins surprenante : la petite fille se trouvait prise dans des ronces, au milieu des eaux. Le pêcheur a tenté de lui porter secours, mais sa pirogue a chaviré. Il n’a pourtant pas renoncé et, au prix de ses efforts, est parvenu à dégager l’enfant avant de la ramener sur la rive. La fillette était vivante, saine et sauve.
La nouvelle s’est rapidement répandue à Kpassa. Toutefois, à la joie d’avoir retrouvé une enfant vivante s’ajoute une série de questions restées sans réponse.
Comment cette fillette s’est-elle retrouvée dans les eaux de l’Okpara ? A-t-elle été emportée par le courant ? Est-elle tombée accidentellement ? Quelqu’un l’y a-t-il abandonnée ? Et surtout, combien de temps a-t-elle passé dans l’eau avant que ses pleurs ne soient entendus ? Pour l’heure, aucun élément ne permet de trancher.
L’enfant n’a pas encore été identifiée. Son nom, son domicile et l’identité de ses parents demeurent inconnus. Les autorités ont été informées afin d’engager des recherches pour retrouver sa famille et établir les circonstances exactes de cette mystérieuse présence dans le fleuve.
Dans cette affaire, l’attention d’Adamou Meguiré aura été déterminante. Sans son intervention, l’issue aurait pu être dramatique. Malgré le chavirement de sa pirogue, il a réussi à sortir la fillette du piège naturel où elle était retenue par les ronces.
Dimanche, à Kpassa, l’Okpara n’a donc pas seulement suscité l’inquiétude : il a aussi été le théâtre d’un sauvetage qui laisse entière l’énigme entourant cette enfant. Une petite fille de trois ans a été retrouvée vivante là où personne ne s’attendait à la voir. Reste désormais à savoir d’où elle vient, comment elle est arrivée jusque-là et qui viendra la réclamer.
Élargi par la clémence présidentielle, un repris de justice s’est fait pincer le bec dans l’eau en pleine tentative de pillage nocturne. Une réhabilitation ratée aux portes d’Abomey-Calavi.
Hêvié, 10 août 2026 — Il aura fallu moins de temps à l’oiseau de nuit pour retomber dans ses filets qu’il n’en a fallu à la chancellerie pour signer son parchemin de grâce. Bénéficiaire de l’indulgence du chef de l’État, M. Romuald Wadagni, un homme que l’on croyait assagi par les épreuves du pénitencier a de nouveau fait parler de lui, la nuit tombée. Vendredi dernier, aux alentours de vingt heures, alors que l’obscurité enveloppait le secteur d’Hêvié, l’indélicat a cru bon d’exercer son sinistre talent sur une propriété en chantier.
Pris en flagrant délit sur un chantier en construction à la tombée de la nuit
C’est une pompe de forage, équipement coûteux et précieux par les temps qui courent, qui constituait le bien convoité. En effet, profitant de l’absence des maçons, le récidiviste s’est introduit dans l’enceinte en escaladant prestement la muraille. C’était compter sans la vigilance d’un voisin. Informé du manège suspect de l’individu rôdant autour de l’ouvrage, ce dernier a donné l’alerte à temps, permettant ainsi de cueillir le monte-en-l’air à vif avant qu’il ne s’évanouisse dans la nature avec son butin.
« La miséricorde de la République est une main tendue, mais elle ne saurait servir de sauf-conduit pour le crime impuni. »
Le problème de la récidive relancé à Abomey-Calavi
Conduit au poste de police sous les huées discrètes du voisinage, l’homme va devoir s’expliquer devant les magistrats. Cette rechute spectaculaire pose, une fois de plus, la question de la réinsertion des repris de justice dans nos cités en pleine croissance. À Abomey-Calavi, l’affaire fait grand bruit et remet au goût du jour ce célèbre proverbe qui rappelle que le naturel revient toujours au galop quand la conscience s’assoupit. En somme, les portes de la cellule se sont de nouveau refermées sur le voleur de pompe, laissant la clémence présidentielle avec un goût d’amertume.
COTONOU, 10 août 2026 — Le littoral béninois recule par endroits, et avec lui disparaissent peu à peu des portions de plage, des espaces d’activité et des repères familiers aux populations riveraines. Face à cette menace, le gouvernement veut désormais éviter les réponses précipitées. Sur le terrain, le ministre du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé, défend une méthode : observer, mesurer et comprendre avant de décider.
La formule résume la démarche engagée sur le littoral Est : « la preuve avant la décision ». Elle traduit la volonté de ne pas traiter l’érosion côtière par des interventions isolées, mais à partir d’un diagnostic établi avec les compétences nationales et les données disponibles.
La mission ministérielle effectuée sur cette portion du littoral a ainsi pris des allures de constat grandeur nature. Les techniciens ont examiné les phénomènes à l’œuvre tandis que les populations et les professionnels directement exposés aux transformations du rivage ont été associés aux échanges.
Pêcheurs et acteurs économiques du corridor pétrolier au cœur des échanges
Sur cette façade maritime, l’érosion n’est pas une abstraction réservée aux rapports d’experts. Elle se mesure dans le quotidien des pêcheurs, dans l’évolution de la corniche et dans les préoccupations des acteurs dont les activités dépendent de cet espace.
La délégation s’est notamment intéressée aux réalités vécues par les pêcheurs et aux activités liées aux infrastructures du corridor pétrolier, avec des échanges autour de WAPCO Niger-Bénin. Cette confrontation entre expertise technique et expérience du terrain doit permettre de mieux distinguer les causes, les conséquences et les interventions réellement nécessaires. Car avant de construire, il faut savoir ce que l’on cherche à protéger.
La SoBIMaF : Un outil national stratégique pour la souveraineté maritime
L’autre enseignement de cette démarche concerne les moyens dont le Bénin entend disposer pour agir sur ses espaces maritimes et fluvio-lagunaires.
Dans cette perspective, la Société béninoise d’infrastructures maritimes et fluvio-lagunaires (SoBIMaF) est appelée à occuper une place centrale. L’objectif affiché est de renforcer les capacités nationales afin que le pays puisse assurer lui-même une partie des opérations nécessaires à l’entretien et à l’aménagement de ses infrastructures.
Cette orientation répond à une préoccupation de souveraineté. Il ne s’agit plus seulement de faire appel à des compétences extérieures lorsqu’un problème apparaît, mais de constituer progressivement un outil national capable d’intervenir dans la durée.
La réflexion engagée ne s’arrête d’ailleurs pas à la seule bande côtière. Elle englobe également les lagunes, les lacs et les chenaux, autant d’espaces qui participent à l’équilibre du système hydraulique et économique du pays.
À cela doit s’ajouter la perspective d’un chantier naval, notamment pour assurer l’entretien des dragues. L’idée est de ne plus considérer chaque infrastructure séparément, mais de réunir ces différents besoins dans un dispositif cohérent. Cette approche traduit un changement de méthode : plutôt que de multiplier les interventions ponctuelles, le Bénin cherche à installer une capacité durable de gestion de ses espaces maritimes et fluvio-lagunaires.
Sur le littoral Est, le combat contre l’érosion commence donc par une étape moins spectaculaire que les grands travaux : établir les faits. Mesurer le recul du trait de côte, écouter ceux qui vivent avec la mer et confronter les données avant de trancher. La mer, elle, ne suspend pas son mouvement. Au Bénin, les autorités veulent désormais que la décision publique avance au même rythme que la connaissance du phénomène.
Porto‑Novo, 7 août 2026 — En pleine nuit, quelques centaines de mètres ont suffi pour transformer un accident de la circulation en un important sinistre. Dans le quartier Avakpa, à Porto‑Novo, le renversement d’un camion transportant des produits pétroliers de contrebande a déclenché, dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août 2026, un incendie qui s’est propagé sur près de 500 mètres.
Le camion s’est renversé sur la chaussée, à proximité de l’agence Moov Africa, dans le secteur situé entre la Banque Atlantique et l’Université Adonaï. Le déversement des produits inflammables a rapidement favorisé la propagation des flammes.
Le feu a ensuite suivi les caniveaux et atteint les abords de l’UB‑PHARMA, avant de poursuivre sa course vers les bas‑fonds. Sa trajectoire, décrite en forme de « L », a exposé plusieurs installations et biens situés dans cette zone.
Face à l’ampleur du sinistre, l’Agence béninoise de Protection civile (ABPC) a engagé ses équipes opérationnelles pour contenir les flammes et sécuriser le secteur.
L’intervention a nécessité des renforts, notamment des équipes du Centre communal de la Protection civile de Sodjèatinmey et de Pobè. Les secours ont adapté leur dispositif à la nature particulière de l’incendie, provoqué par des produits pétroliers.
Les équipes ont finalement maîtrisé le feu à l’aide de deux lances Q2 avec option mousse, avant de procéder à son extinction complète.
Le bilan humain reste, à ce stade, particulièrement favorable au regard de la violence du sinistre : aucun décès ni blessé n’a été enregistré. Les dégâts matériels sont en revanche considérables. Trois véhicules appartenant à l’UB‑PHARMA et un tricycle ont été entièrement détruits par les flammes.
Cet incident rappelle surtout la vulnérabilité des zones urbaines lorsqu’elles se trouvent confrontées à des produits hautement inflammables. En effet, un simple accident de camion a rapidement changé d’échelle, le carburant déversé servant de vecteur à la progression du feu jusque dans les réseaux d’évacuation des eaux.
Par ailleurs, l’événement remet en lumière les dangers associés au transport, au stockage et à la manipulation clandestine des produits pétroliers. La propagation du feu sur plusieurs centaines de mètres montre également la difficulté pour les secours de contenir rapidement un sinistre lorsque les hydrocarbures atteignent les caniveaux et les zones basses.
L’ABPC appelle ainsi à la vigilance et à une réaction immédiate face à toute situation présentant un risque d’incendie ou d’explosion.
À Avakpa, l’intervention rapide des secours aura permis d’éviter un bilan humain plus lourd. Cependant, les véhicules détruits et l’étendue du périmètre touché témoignent de la puissance d’un incendie dont le point de départ n’était, au départ, qu’un accident de la route.
À Avakpa, la nuit a rappelé avec force qu’un simple accident peut embraser toute une ville. Si les secours ont évité le pire, l’ampleur des dégâts souligne une vérité implacable : tant que les produits pétroliers circuleront clandestinement au cœur des zones urbaines, chaque camion renversé restera une bombe à retardement pour les populations.