Accident mortel à Zinvié : les zones d’ombre autour du préfet Alain Orounla

Sur l’axe routier reliant Zinvié à Cotonou, la nuit du samedi 14 mars 2026 s’est brutalement refermée sur un accident aux conséquences irréversibles. Un homme y a perdu la vie, fauché dans une collision impliquant un véhicule conduit par le préfet du Littoral, Alain Orounla.

Depuis, une question s’impose dans l’espace public : dans quel état se trouvait le conducteur au moment des faits ?

Une collision aux circonstances encore floues

Selon les premiers éléments recueillis, le drame s’est produit aux environs de 23 heures. Le véhicule 4×4 conduit par l’autorité préfectorale a percuté une moto transportant deux personnes, avant de terminer sa course contre un poteau électrique à proximité d’un lieu connu des riverains sous le nom de « La Base ».

Le choc, d’une rare violence, a été fatal à l’un des passagers de la moto. L’autre occupant, ainsi que le conducteur du véhicule, ont survécu, ce dernier souffrant de blessures légères au niveau du front.

 

Une soirée conviviale en amont

Dans les heures ayant précédé l’accident, plusieurs sources évoquent la participation du préfet à une rencontre à caractère informel dans la zone de Zinvié. Autour de lui figuraient notamment le député Ayissi ainsi que le chef d’arrondissement local.

Si certains témoignages décrivent une ambiance détendue, voire festive, aucun élément tangible ne permet à ce stade d’établir un lien direct entre cette rencontre et les circonstances précises de l’accident.

 

L’absence de confirmation sur l’état du conducteur

C’est précisément ce point qui cristallise aujourd’hui les interrogations. Le préfet était-il sous l’emprise de l’alcool ou d’une substance susceptible d’altérer ses capacités de conduite ?

À ce jour, aucune communication officielle n’a confirmé ni infirmé cette hypothèse. Ni résultats d’analyses toxicologiques, ni conclusions médicales n’ont été rendus publics. Dans ce silence institutionnel, rumeurs et spéculations gagnent du terrain, alimentant un climat d’incertitude.

 

Une enquête attendue, un débat relancé

Une enquête a été ouverte afin d’établir les responsabilités et de reconstituer avec précision le déroulé des faits. Elle devra notamment déterminer les conditions exactes de conduite au moment de l’impact.

Au-delà du fait divers, ce drame ravive une question récurrente dans l’opinion publique béninoise : celle de l’exemplarité des responsables publics sur la route. Dans un pays où les accidents de la circulation demeurent fréquents, l’implication d’une haute autorité administrative confère à l’affaire une dimension particulière.

En attendant les conclusions officielles, une certitude demeure : sur la route de Zinvié, cette nuit-là, une vie s’est arrêtée. Et avec elle, l’exigence de vérité s’impose désormais comme une urgence.

Bénin : crise dans les hôpitaux universitaires, Patrice Talon tente de désamorcer la fronde des internes

Cotonou, 16 mars 2026 –  La scène aurait pu rester cantonnée aux amphithéâtres universitaires et aux couloirs des hôpitaux. Pourtant, en quelques jours, une affaire judiciaire liée à un drame médical a provoqué une onde de choc jusque dans les plus hautes sphères de l’État béninois. Ce lundi, le président Patrice Talon a reçu les représentants des professionnels de santé en formation, dans une tentative d’apaisement face à une crise qui secoue le monde hospitalo-universitaire.

Au cœur de la polémique : la condamnation d’une gynécologue et de deux médecins en spécialisation à 24 mois de prison, dont 12 fermes, pour homicide involontaire. La décision de justice fait suite au décès de Rebecca Dossou, survenu après une césarienne en décembre 2025 au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé.

Au-delà du drame humain, l’affaire a ravivé un débat latent sur la responsabilité des médecins en formation et les conditions d’apprentissage dans les structures hospitalières du pays.

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© Gouvernement du Bénin

Une condamnation qui déclenche la colère des étudiants

Dans les facultés de médecine, la décision judiciaire a été perçue comme un signal d’alarme. Pour de nombreux étudiants et internes, elle révèle une zone grise juridique dans laquelle évoluent les professionnels de santé en formation.

Le 12 mars, l’Association des étudiants en médecine de Cotonou a annoncé une mesure forte : la suspension immédiate des stages hospitaliers, et ce jusqu’à nouvel ordre.

Dans un communiqué signé par son président Marc Aguewe, l’organisation étudiante explique que cette décision vise à soutenir les médecins en spécialisation concernés par l’affaire. Mais elle traduit également une inquiétude plus profonde.

Selon les étudiants, ceux qui apprennent encore le métier se retrouvent souvent en première ligne dans les hôpitaux, sans cadre réglementaire clair définissant leurs responsabilités. Une situation qui, selon eux, expose les jeunes médecins à des risques juridiques disproportionnés.

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Une paralysie redoutée dans les hôpitaux

La suspension des stages a immédiatement fait craindre des perturbations dans plusieurs structures hospitalières. Dans de nombreux services, les étudiants en médecine et les médecins en spécialisation représentent en effet une part essentielle de la main-d’œuvre médicale.

Leur absence pourrait fragiliser l’organisation des soins, notamment dans les services d’urgence, de chirurgie ou de maternité où les effectifs sont déjà sous pression.

Face à cette situation, les autorités universitaires ont rapidement réagi.

Le 13 mars, le professeur Josué Avakoudjo, doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université d’Abomey-Calavi, a publié un communiqué ordonnant la reprise immédiate des stages hospitaliers. Pour l’administration académique, la continuité de la formation médicale ne peut être interrompue sans conséquences graves pour le système de santé. Mais cette injonction n’a pas suffi à calmer les tensions.

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L’arbitrage du chef de l’État

C’est dans ce climat particulièrement sensible que le président Patrice Talon a décidé de recevoir les représentants des professionnels de santé en formation.

Si le contenu précis des discussions n’a pas encore été rendu public, cette rencontre témoigne de l’importance que les autorités accordent désormais à cette crise naissante.

Car derrière l’affaire judiciaire se pose une question plus large : comment encadrer juridiquement les médecins en formation tout en garantissant la qualité des soins ?

Dans de nombreux pays, les internes et les résidents exercent sous supervision, mais leur responsabilité reste strictement encadrée par des textes précis. Au Bénin, plusieurs acteurs du secteur estiment que ce cadre reste encore insuffisamment défini.

 

Une crise révélatrice des fragilités du système

L’affaire Rebecca Dossou agit désormais comme un révélateur des tensions qui traversent le système hospitalo-universitaire béninois.

D’un côté, les familles de patients réclament légitimement justice et responsabilité en cas d’erreur médicale. De l’autre, les médecins en formation alertent sur leurs conditions d’apprentissage et sur le manque de protection juridique dont ils disposent.

Entre ces deux impératifs, l’État se retrouve face à un défi délicat : assurer la sécurité des patients tout en protégeant les futurs médecins qui apprennent leur métier au chevet des malades.

La rencontre organisée au palais de la Marina pourrait ainsi marquer le début d’une réflexion plus large sur la réforme de la formation médicale et sur la clarification des responsabilités dans les hôpitaux.

Car pour beaucoup d’observateurs, la crise actuelle dépasse le cadre d’un simple fait  judiciaire : elle pose la question de l’avenir du système de santé béninois et de la formation de ses médecins.

Présidentielle 2026 au Bénin : La HAAC lance le top départ médiatique

À quelques semaines du contrôle présidentiel, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a tracé, ce vendredi, les lignes de partage du temps d’antenne. Entre tirage au sort millimétré et chaise vide de l’opposition, Cotonou peaufine sa vitrine démocratique.

la HAAC
© la HAAC

Un tirage au sort sous haute surveillance

Dans les salons feutrés de la HAAC, la légèreté n’avait pas sa place. Ici, chaque détail comptait : il s’agissait de garantir que les duos de candidats puissent s’adresser aux Béninois sans qu’aucune voix ne domine l’autre. La régulation médiatique s’est incarnée dans un exercice délicat : fixer l’ordre de passage des prétendants à la magistrature suprême, sous le regard attentif des commissaires.

Pourtant, le tableau présentait une asymétrie notable. Si l’honorable Assan Seibou, figure de proue de la campagne du ticket Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata, était bien présent pour scruter l’urne, le siège dévolu aux représentants du duo Paul Hounkpê – Rock Hounwanou est resté désespérément vide. Un silence dans la salle qui fait écho aux tensions feutrées de la scène politique actuelle.

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La primauté du calendrier : le duo Wadagni-Talata en première ligne

Le verdict est tombé, implacable comme un chiffre : le bulletin numéro 1, tiré par le camp de la majorité, propulse le duo Wadagni-Talata en tête des sessions de communication officielle. Dès les premières ondes, leur voix ouvrira le bal médiatique.

Mais derrière ce tirage au sort, c’est toute l’architecture de la campagne qui s’est dévoilée. Durée des messages, protocoles d’enregistrement, validations techniques : la HAAC a déroulé un arsenal de règles pour dompter le tumulte électoral et l’ordonner en débat. Pour Assan Seibou, cette “architecture de textes clairs” n’est pas qu’un cadre : c’est la promesse d’une élection exemplaire, apaisée, où chaque parole trouve sa place.

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Vers une maturité démocratique ?

L’absence du camp Hounkpê lors de cette étape cruciale a certes interrogé, mais elle n’a pas freiné la machine administrative. Au contraire, pour les observateurs à Cotonou, la fermeté de la HAAC illustre une volonté claire de ne laisser aucun vide juridique polluer le climat social.

Dès lors, projetons-nous vers demain. Car la réussite de ce dispositif ne se mesurera pas seulement au nombre de spots diffusés, mais surtout à la capacité des médias publics et privés d’offrir un miroir fidèle des aspirations populaires.

En effet, si la discipline imposée par le régulateur est respectée, le Bénin pourrait transformer ce rendez-vous de 2026 en un modèle de transition numérique et politique pour la sous-région.

En définitive, l’objectif reste inchangé : que le bulletin de vote l’emporte sur l’invective, sous le regard vigilant des caméras.

Affaire Barnabé Azongnidé : 8 ans de prison requis contre le tiktokeur devant la CRIET

Cyberinfluence et soupçons d’escroquerie : le dossier Barnabé Azongnidé met la justice béninoise sous les projecteurs. Ce procès, suivi de près par l’opinion publique, révèle les dérives de l’économie numérique et pose la question de la régulation des activités des influenceurs sur les réseaux sociaux.

 

À Cotonou, l’affaire qui implique le tiktokeur Barnabé Azongnidé prend une tournure judiciaire décisive. Jeudi 12 mars 2026, le créateur de contenus a comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), une juridiction devenue incontournable dans la lutte contre les crimes économiques et la cybercriminalité au Bénin.

Au cœur du dossier : des soupçons d’escroquerie via internet, qui auraient été révélés après l’analyse de l’un de ses téléphones par les enquêteurs du Centre national d’investigations numériques (CNIN). Selon les éléments évoqués à l’audience, certaines données numériques récupérées sur l’appareil seraient liées à des activités suspectées de fraude en ligne.

Cette étape judiciaire transforme une affaire très suivie sur les réseaux sociaux en un symbole des tensions entre influence numérique et responsabilité pénale.

 

À la barre, une ligne de défense contestataire

Face aux juges, Barnabé Azongnidé a catégoriquement rejeté toute implication dans des activités frauduleuses. L’influenceur affirme qu’il n’utilisait pas exclusivement le téléphone incriminé.

Selon sa version des faits, l’appareil aurait également servi à un collaborateur chargé de l’assister dans son activité de restauration en ligne, baptisée « Cuisine d’or ». Cet argument vise à introduire un doute sur l’attribution réelle des données retrouvées.

L’accusé a par ailleurs tenté de justifier l’origine de ses revenus en évoquant le succès commercial de son activité. D’après ses déclarations devant la cour, la vente de repas via TikTok lui permettrait de générer près de 200 000 francs CFA de recettes quotidiennes grâce à un système de commandes et de livraisons.

Une affirmation qui a suscité les interrogations du parquet, soucieux de comprendre la cohérence entre les revenus annoncés et les flux financiers observés dans l’enquête.

 

Un parquet particulièrement sévère

Lors de ses réquisitions, le ministère public s’est montré ferme. Le procureur a requis huit ans de prison ferme, soit 96 mois d’incarcération, ainsi qu’une amende de quatre millions de francs CFA contre Barnabé Azongnidé.

Son coprévenu, impliqué dans la procédure, encourt quant à lui cinq ans de prison et deux millions de francs CFA d’amende.

Pour le parquet, le caractère présumé récidiviste de l’accusé, déjà condamné par le passé dans une affaire de cybercriminalité, justifie la sévérité de ces réquisitions.

 

Une défense qui dénonce une peine disproportionnée

Du côté de la défense, la réaction a été immédiate. Les avocats de Barnabé Azongnidé estiment que les réquisitions du ministère public dépasseraient les limites prévues par la législation applicable.

Les faits reprochés et le cadre légal ne justifient pas, selon eux, une peine aussi excessive. Cet argument devrait désormais piloter leur stratégie judiciaire.

Cette bataille juridique souligne également un débat plus large : comment adapter la justice pénale aux nouvelles formes de délinquance numérique, souvent mêlées aux activités économiques issues des réseaux sociaux.

 

Un verdict attendu avec attention

Alors que l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions sur les plateformes numériques, la décision de la juridiction est désormais très attendue.

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme doit rendre son verdict le 14 mai 2026.

Au-delà du sort judiciaire de Barnabé Azongnidé, ce jugement pourrait constituer un signal important pour les créateurs de contenus et entrepreneurs du numérique au Bénin, à l’heure où les réseaux sociaux deviennent aussi des espaces d’activités économiques parfois difficiles à encadrer.

OPA remporte le Prix Découvertes RFI 2026 : une première historique pour la musique béninoise

Le Bénin vient d’inscrire une nouvelle ligne dans l’histoire de sa scène musicale. En remportant le Prix Découvertes RFI 2026, l’artiste béninois Tossou Paoli, plus connu sous le nom de scène OPA, devient le premier musicien du pays à décrocher cette prestigieuse distinction depuis la création du concours en 1981.

Cette victoire dépasse largement le cadre d’un simple trophée. Elle symbolise l’émergence d’une génération d’artistes béninois qui, loin des circuits musicaux traditionnels, façonnent aujourd’hui une identité sonore moderne, ouverte sur le monde mais profondément enracinée dans les rythmes locaux.

 

Un tremplin continental pour une nouvelle génération

Créé par Radio France Internationale, le Prix Découvertes RFI s’est imposé au fil des décennies comme l’un des principaux tremplins de la musique africaine. Plusieurs figures majeures du continent y ont vu leur carrière décoller avant de conquérir les scènes internationales.

Pour OPA, cette reconnaissance s’accompagne d’un soutien concret à sa carrière. Le chanteur bénéficie notamment :

  • d’une bourse de 10 000 euros,
  • d’un concert d’envergure internationale diffusé sur les antennes de RFI,
  • ainsi que d’une tournée dans plusieurs pays africains.

Autant d’opportunités qui pourraient également transformer une notoriété encore émergente en véritable carrière continentale.

 

OPA, une signature artistique singulière

Derrière cette victoire se cache un univers musical atypique. OPA appartient à cette génération d’artistes africains qui brouillent les frontières entre les genres. Afro-fusion, influences urbaines, rythmes traditionnels et expérimentations sonores se mêlent dans ses compositions.

Son approche artistique s’inscrit dans une dynamique observée depuis quelques années au Bénin : une scène jeune, créative et audacieuse, qui revendique aussi ses racines tout en dialoguant avec les tendances globales.

À Cotonou comme dans les grandes villes de la diaspora béninoise, cette nouvelle vague musicale contribue à redéfinir l’image culturelle du pays, longtemps moins visible que celles de ses voisins ouest-africains.

 

Une victoire collective pour la scène béninoise

Au-delà du parcours personnel d’OPA, cette consécration est un signal fort pour l’industrie musicale béninoise. Elle confirme également que les talents locaux peuvent désormais rivaliser sur les grandes plateformes culturelles africaines.

Dans les milieux artistiques, la victoire du chanteur est déjà perçue comme un levier d’exposition internationale pour toute la scène musicale nationale. Producteurs, festivals et plateformes numériques pourraient désormais porter un regard plus attentif sur les artistes du pays.

En somme, ce trophée marque peut-être le début d’un nouveau chapitre pour la musique béninoise, longtemps restée dans l’ombre des grandes industries culturelles régionales.

Car derrière le succès d’OPA se dessine une réalité plus large : le Bénin possède désormais une jeune voix musicale capable de porter ses couleurs bien au-delà de ses frontières.

Bénin : Djogbénou reçoit les ambassadeurs de la France et de la Chine à l’Assemblée nationale

Depuis son installation à la tête de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou s’emploie à activer les leviers de la diplomatie parlementaire. Le jeudi 12 mars 2026, le président de l’institution a successivement reçu les ambassadeurs de la France et de la Chine. Une double audience qui illustre la place stratégique du parlement béninois dans les équilibres diplomatiques contemporains.

Assemblée nationale du Bénin
© Assemblée nationale du Bénin

Une nouvelle ère pour la diplomatie parlementaire béninoise

À Porto-Novo, les premiers jours de Joseph Fifamin Djogbénou à la tête de l’Assemblée nationale du Bénin s’annoncent déjà chargés. Le président du Parlement a reçu en audience deux figures majeures de la représentation diplomatique au Bénin : Nadège Chouat et Zhang Wei.

Ces visites protocolaires, présentées officiellement comme des félicitations à la suite de son élection, traduisent en réalité un enjeu plus profond : consolider les relations institutionnelles entre le Bénin et deux partenaires majeurs de sa politique extérieure.

En Afrique de l’Ouest, la diplomatie parlementaire gagne en importance. Les échanges entre assemblées nationales deviennent un instrument de coopération politique, technique et institutionnelle.

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© Assemblée nationale du Bénin

Paris mise sur la modernisation du Parlement béninois.

Lors de son entretien, l’ambassadrice française Nadège Chouat a insisté sur la vitalité des relations entre les institutions législatives des deux pays. La diplomate a rappelé que la coopération parlementaire entre le Bénin et la France s’est fortement développée ces dernières années.

Selon elle, les discussions ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires pour la nouvelle mandature parlementaire. Parmi eux figurent :

  • la transition numérique du Parlement béninois,
  • l’amélioration du contrôle et de l’évaluation budgétaire,
  • le renforcement des capacités des députés et du personnel parlementaire.

Pour Paris, ces domaines constituent des leviers essentiels pour moderniser l’action législative et renforcer la transparence de la gouvernance publique. L’ambassadrice a d’ailleurs souligné sa confiance dans la vision du nouveau président du Parlement, qu’elle connaît depuis ses précédentes responsabilités politiques.

Dans les coulisses, cette coopération s’inscrit également dans une volonté française de maintenir une présence institutionnelle solide dans un pays considéré comme l’un des pôles démocratiques stables de la région.

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© Assemblée nationale du Bénin

Pékin confirme la continuité de son partenariat parlementaire.

Quelques minutes plus tard, l’ambassadeur de Chine, Zhang Wei, a également été reçu par le président Djogbénou. Le diplomate chinois est venu saluer son élection tout en réaffirmant la volonté de Pékin de poursuivre la coopération entre les deux institutions législatives.

La relation entre le Parlement béninois et l’Assemblée nationale chinoise s’est progressivement renforcée au fil des dernières années à travers :

  • des missions d’échanges parlementaires,
  • des programmes de coopération institutionnelle,
  • des visites officielles de délégations législatives.

Zhang Wei s’est d’ailleurs déclaré satisfait de l’accueil réservé à sa délégation, évoquant même un symbole inattendu de cette proximité : la capacité des collaborateurs du président de l’Assemblée à prononcer correctement les noms chinois.

Un détail qui, selon lui, reflète la qualité des relations entre Pékin et Porto-Novo.

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© Assemblée nationale du Bénin

Le Parlement béninois au cœur des équilibres géopolitiques

Au-delà du protocole diplomatique, ces deux audiences successives illustrent une réalité géopolitique plus large.

Comme dans de nombreux pays africains, le Parlement devient un espace d’influence stratégique pour les grandes puissances. Tandis que la France privilégie l’appui institutionnel et la modernisation des pratiques parlementaires, la Chine mise davantage sur une coopération politique et des échanges entre institutions.

Pour Joseph Djogbénou, l’enjeu est désormais de transformer ces partenariats en outils concrets au service du renforcement de la démocratie parlementaire béninoise.

Dans un contexte régional marqué par des tensions politiques et des transitions institutionnelles parfois fragiles, le Bénin cherche ainsi à consolider son image de stabilité et de dialogue.

Une présidence parlementaire sous le signe de l’ouverture

Cette série de rencontres diplomatiques donne un premier aperçu de la méthode Djogbénou : ouverture internationale, coopération institutionnelle et modernisation du Parlement.

Reste à savoir comment ces engagements se traduiront dans les mois à venir. Une chose est certaine : à Porto-Novo, la diplomatie parlementaire semble désormais appelée à jouer un rôle central dans la stratégie d’influence du Bénin.

Cotonou : un suspect arrêté après une tentative de vol de moto à Fidjrossè

À Cotonou, un banal stationnement de moto a failli tourner au drame dans le quartier de Fidjrossè. Un homme soupçonné d’avoir tenté de dérober un deux-roues a été intercepté par des habitants avant d’être extrait de la foule par la Police républicaine du Bénin.

L’incident, survenu en pleine journée selon plusieurs témoins, illustre une fois de plus la tension persistante autour des vols de motos dans certains quartiers urbains du Bénin.

Une tentative de vol qui mobilise tout un quartier

Selon les témoignages recueillis sur place, l’individu aurait repéré une moto garée en bordure de route. Pensant pouvoir agir discrètement, il aurait tenté de s’emparer du véhicule.

Mais la scène n’est pas passée inaperçue. Alerté par les appels de la victime, le voisinage s’est rapidement mobilisé. En quelques secondes, plusieurs habitants se sont lancés à la poursuite du suspect dans les ruelles du quartier.

Dans l’agitation, les cris « Olé, olé », expression populaire utilisée pour signaler un voleur, ont résonné dans la zone, attirant encore davantage de riverains. Malgré sa tentative de fuite, la foule a finalement rattrapé l’homme.

La colère populaire avant l’arrivée des forces de l’ordre

Une fois maîtrisé, le suspect a été violemment pris à partie par certains habitants. Des témoins affirment que la tension est rapidement montée, certains voulant lui infliger une sanction immédiate.

« Il a essayé de partir avec la moto, mais les gens l’ont poursuivi et rattrapé », raconte un témoin cité par Bip Radio.

Dans plusieurs quartiers urbains du pays, ce type de réaction populaire traduit un sentiment d’exaspération face à la multiplication des vols de motos, un moyen de transport devenu indispensable pour de nombreux ménages.

L’intervention décisive de la police

La situation aurait pu dégénérer davantage sans l’intervention rapide de la Police républicaine du Bénin. Les agents dépêchés sur les lieux ont réussi à extirper le suspect de la foule avant de le conduire vers un poste de police.

Cette intervention a permis d’éviter un lynchage, pratique encore observée dans certains cas de flagrant délit lorsque la population estime que la justice tarde à agir.

Une procédure judiciaire attendue

Placée désormais sous la responsabilité des autorités, l’affaire devrait suivre la voie judiciaire. La justice pourrait poursuivre le suspect pour tentative de vol, voire pour d’autres infractions, selon les conclusions de l’enquête.

Au-delà de ce fait divers, l’épisode relance le débat sur deux questions sensibles : la recrudescence des vols de motos dans certaines zones urbaines et les réactions parfois violentes des populations face à la délinquance.

Pour les autorités sécuritaires, l’enjeu reste donc double : renforcer la lutte contre les vols tout en rappelant que la justice doit rester l’unique cadre de sanction.

Et vous ! Pensez-vous que l’agressivité des populations face aux délinquants est une réaction légitime ou un danger pour la société ? 

Bénin : Ehua Industries, le nouveau moteur de la filière avicole à la GDIZ

C’est un tournant industriel qui se prépare dans le Sud du Bénin. À Glo-Djigbé, l’usine Ehua Industries s’apprête à bousculer le marché de l’alimentation animale. Une visite ministérielle de haut rang a mis en lumière un projet qui associe souveraineté alimentaire et leadership féminin, sur fond de célébration du 8 mars.

 

Le vrombissement des machines à la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) porte désormais une nouvelle promesse : celle de ne plus dépendre de l’extérieur pour nourrir le bétail béninois. Le jeudi 5 mars 2026, un duo gouvernemental de poids a foulé le sol du chantier d’Ehua Industries. Shadiya Alimatou Assouman (Commerce) et Gaston Dossouhoui (Agriculture) sont venus constater l’avancement d’un projet appelé à devenir un pilier de la transformation économique locale.

GDIZ
© GDIZ

Briser le cycle des importations

Jusqu’à présent, les éleveurs de la région restaient tributaires des fluctuations des marchés internationaux pour s’approvisionner en provende. En s’installant au cœur de la GDIZ, Ehua Industries entend inverser la tendance. L’objectif est double : proposer des aliments de qualité supérieure fabriqués localement et, par extension, faire baisser le coût de revient pour les aviculteurs béninois.

En outre, ce projet ne se limite pas à la construction de murs en béton. Il s’agit d’un maillon stratégique visant à sécuriser la chaîne de valeur agricole, du champ à l’assiette, tout en renforçant la compétitivité du « Made in Benin » sur le marché régional.

GDIZ
© GDIZ

L’industrie au féminin : le symbole Anick Achi-Magne

Cependant, au-delà des enjeux purement techniques, cette visite a revêtu une dimension hautement symbolique. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, l’exécutif a tenu à saluer le leadership de Mme Anick Achi-Magne. En tant que promotrice de ce complexe industriel, elle incarne cette nouvelle génération de femmes d’affaires qui investissent des secteurs autrefois réservés à une élite masculine.

Ainsi, le succès de cette usine devient un étendard pour l’entrepreneuriat féminin au Bénin. Pour la GDIZ, ce chantier est la preuve que l’industrie de demain sera inclusive ou ne sera pas. Entre défis logistiques et ambitions nationales, le Bénin semble prêt à prendre son envol avicole.

Bénin : Le « Non » catégorique de Boni Yayi plonge Les Démocrates dans l’incertitude

L’espoir d’un retour en arrière s’est dissipé le mardi 10 mars 2026 à Tchaourou. Malgré les tentatives de médiation des cadres du parti, l’ancien chef de l’État reste inflexible : sa démission est irrévocable. Entre crise de succession et séisme politique, la principale force d’opposition se retrouve à la croisée des chemins.

 

Le huis clos aura duré trois heures. Trois heures de plaidoyers, d’arguments stratégiques et de pressions amicales qui, finalement, se sont brisées contre le silence de fer de Thomas Boni Yayi. Réunie dans le fief de l’ex-président à Tchaourou — et non à Parakou comme l’annonçaient les rumeurs —, une vingtaine de ténors du parti ont tenté l’impossible : empêcher le départ du “père fondateur”.

 

Une rupture consommée au sommet

Si la coordination nationale refuse toujours d’entériner ce retrait, la réalité du terrain est implacable. Les anciens députés et cadres dépêchés sur place ont pourtant rappelé le rôle de ciment joué par l’ancien locataire de la Marina au sein de la formation. Mais rien n’y a fait. Cette décision, inscrite dans une séquence familiale marquée par le départ préalable de son fils des instances du parti, semble désormais gravée dans le marbre.

Par conséquent, ce refus de reprendre du service laisse un vide immense à la tête des Démocrates. En se retirant, Boni Yayi ne quitte pas seulement une fonction : il oblige son camp à affronter son destin, privé de son ombre tutélaire.

 

Vers un congrès de la dernière chance ?

Dès lors, quelle suite pour la flamme de l’opposition ? À Cotonou, l’heure est au bilan d’un échec diplomatique interne. Selon des sources proches du dossier, l’État-major du parti n’aurait plus d’autre choix que d’accélérer la transition. L’idée d’un congrès extraordinaire, jusqu’ici murmurée, s’impose désormais comme l’unique porte de sortie pour désigner un successeur capable de maintenir l’unité des troupes.

Toutefois, aucune date n’a encore été arrêtée. Entre la nécessité d’aller vite et la peur de l’implosion, la direction nationale marche sur des œufs. Une chose est sûre : l’ère Boni Yayi au sein des Démocrates s’achève, définitivement, sous le soleil de Tchaourou.

Sport Bénin : Issa Djamal prend les rênes de l’Ouémé et du Plateau

À Porto-Novo, une page se tourne pour le sport départemental. Félicien Hounkanrin cède son fauteuil à Issa Djamal, qui hérite d’une mission transversale entre l’Ouémé et le Plateau. Un passage de témoin qui intervient alors que l’ancien directeur prend les rênes de la mairie d’Adjohoun.

 

L’ambiance était solennelle, hier matin, dans les locaux de la Direction départementale des sports de l’Ouémé. Après plusieurs années à porter à bout de bras les ambitions sportives de la région, Félicien Mahoutondji Hounkanrin a transmis les charges de l’institution à son successeur, Issa Djamal.

Ministère des Sports du Bénin
© Ministère des Sports du Bénin

Un héritage solide et de nouveaux défis

Le bilan de l’administration Hounkanrin reste marqué par une volonté constante de redynamiser les disciplines de base et de soutenir les talents locaux. Son dévouement, salué par ses pairs lors de la cérémonie, a permis de maintenir l’Ouémé sur l’échiquier sportif national. Désormais, c’est vers la gestion municipale que se tourne cet acteur clé du développement local, puisqu’il occupe les fonctions de Maire de la commune d’Adjohoun.

Cependant, le véritable tournant de cette passion réside dans le profil du nouvel entrant. Issa Djamal ne découvre pas le terrain, mais il voit son périmètre d’action s’élargir de manière significative.

Ministère des Sports du Bénin
© Ministère des Sports du Bénin

Le défi du cumul : Ouémé et Plateau sous une même tutelle

Désormais, M. Djamal pilotera les destinées sportives de deux départements frontaliers. Déjà en poste pour le Plateau, il assumera cumulativement la direction de l’Ouémé. Cette situation inédite montre que l’administration centrale cherche à renforcer la coopération entre les deux pôles du Sud-Est béninois.

Pour les observateurs sportifs, l’enjeu est de taille : maintenir la cadence des réformes tout en harmonisant les infrastructures et les compétitions de part et d’autre de la frontière départementale. La réussite de cette mission hybride sera scrutée de près par les fédérations et les clubs locaux, qui attendent une continuité sans faille dans l’accompagnement des sportifs.