À Godomey, une opération nocturne relance le débat sur sécurité

Dans la soirée du 11 février 2026, l’arrondissement de Godomey, en périphérie de Cotonou, a été le théâtre d’une vaste opération de contrôle menée par la Police républicaine. Baptisée « Nuit Blanche », l’intervention s’inscrit dans une stratégie de renforcement de la sécurité et de lutte contre les activités jugées illicites.

Dès 18 heures, les unités mobilisées au commissariat de Godomey ont pris position. L’objectif affiché : quadriller les zones considérées comme sensibles et procéder à des vérifications d’identité systématiques.

 

Des quartiers ciblés

Les premières opérations ont visé Cococodji et Cocotomey, deux secteurs régulièrement cités dans les rapports sécuritaires. Les forces de l’ordre ont multiplié les contrôles dans des lieux identifiés comme points de regroupement nocturne.

Au terme de cette première phase, 15 personnes ont été interpellées. Mais c’est surtout entre 23 heures et l’aube que l’opération a pris de l’ampleur. Les patrouilles ont parcouru les principales artères, élargissant les vérifications à toute personne jugée en situation irrégulière.

 

Un bilan chiffré, une réalité sociale

Au petit matin, le décompte faisait état de 63 interpellations. Parmi elles, 38 travailleuses du sexe, selon les autorités. Ce chiffre met en lumière une réalité souvent reléguée à la marge : l’importance de l’économie informelle nocturne dans certaines zones urbaines du Bénin.

Si la police invoque la nécessité de restaurer l’ordre public, ces opérations soulèvent également des interrogations sur la prise en charge sociale des personnes concernées. Entre impératif sécuritaire et vulnérabilité économique, la frontière est parfois ténue.

 

Sécurité et gouvernance urbaine

L’opération « Nuit Blanche » illustre la volonté des autorités béninoises de renforcer la présence policière dans les zones périurbaines. À l’heure où les grandes agglomérations ouest-africaines connaissent une croissance rapide, la gestion des activités nocturnes devient un enjeu de gouvernance.

Reste à savoir si ces actions ponctuelles suffiront à répondre aux défis structurels que posent chômage, précarité et informalité. Car derrière les statistiques d’interpellations se dessine une question plus large : comment concilier sécurité publique et accompagnement social dans des espaces urbains en mutation ?

Bénin : Calendrier officiel de l’installation des conseils communaux 2026

Après la validation des scrutins de janvier par la Cour suprême, les préfectures accélèrent la cadence. À partir du 13 février, une série de cérémonies officielles marquera l’entrée en fonction des nouveaux exécutifs locaux à travers le pays.

 

C’est une étape décisive pour la décentralisation béninoise. Un mois après les élections municipales du 11 janvier 2026, l’heure est désormais à la formalisation du pouvoir local. Une fois les contentieux électoraux purgés devant la haute juridiction, les préfets de département ont dévoilé le chronogramme précis de l’installation des futurs édiles.

 

Une montée en puissance dès ce vendredi

Plusieurs régions stratégiques donneront simultanément le coup d’envoi. Dans le Plateau, le préfet Valère Sètonnougbo dirigera les opérations dans les cinq communes du département ce vendredi 13 février, avec un enchaînement millimétré entre 13 h et 17 h.

Le Mono, sous la houlette de Dêdêgnon Bienvenu Milohin, déroulera son calendrier sur deux jours. Les équipes noueront les premières écharpes à Grand-Popo (14 h), Comè (15 h) et Athiémé (18 h), avant de clore le bal à Lokossa le samedi matin.

 

Le Borgou et l’Ouémé : des week-ends sous haute surveillance

Le département du Borgou entamera également sa mue dès vendredi après-midi à Sinendé et Bembèrèkè. Le processus se poursuivra tout au long du week-end, touchant des pôles majeurs comme Nikki le samedi, pour finir en apothéose le dimanche 15 février à Parakou et Tchaourou.

Dans l’Ouémé, la préfète Marie Akpotrossou a opté pour une concentration des cérémonies sur le week-end. Porto-Novo, la capitale, connaîtra l’installation de son nouveau conseil le dimanche à 14 h, point culminant d’une série débutée la veille à Bonou et Adjoboun.

 

Un impératif de stabilité institutionnelle

Ces cérémonies, bien que protocolaires, restent placées sous la vigilance des autorités locales qui appellent au civisme des populations et des élus. Toutefois, une part d’incertitude demeure : ces horaires restent juridiquement subordonnés aux ultimes arbitrages que pourrait rendre la Cour suprême.

Pour les départements n’ayant pas encore publié leurs dates, l’attente ne devrait être que de courte durée. L’objectif national est clair : parachever la mise en place des équipes communales sur toute l’étendue du territoire d’ici la fin de la semaine prochaine.

 

Calendrier des installations par département

Date Département Commune (Heure)
Vendredi 13 fév. Plateau Successivement dans les 5 communes (13h – 17h)
Mono Grand-Popo (14h), Comè (15h), Bopa (16h), Houéyogbé (17h), Athiémé (18h)
Borgou Sinendé (14h), Bembèrèkè (16h)
Samedi 14 fév. Borgou Kalalé (9h), Nikki (13h), Pèrèrè (16h)
Mono Lokossa (9h)
Ouémé Bonou (10h), Adjohoun (12h), Aguégués (14h), Sèmè-Podji (16h)
Zou 9 conseils communaux (Communes à préciser)
Dimanche 15 fév. Borgou N’Dali (9h), Parakou (13h), Tchaourou (16h)
Ouémé Akpro-Missérété (10h), Dangbo (12h), Porto-Novo (14h)
Zou Suite des installations (Communes à préciser)

Assemblée nationale : l’UP-R affiche sa cohésion autour de Joseph Djogbénou

Au lendemain de son élection au perchoir, le nouveau président de l’Assemblée nationale a reçu, mercredi 11 février, les ténors de sa famille politique. Une visite aux allures de démonstration de force et de cohésion pour la majorité parlementaire.

 

Le Palais des Gouverneurs de Porto-Novo a vibré, ce mercredi matin, au rythme des ballets diplomatiques et politiques. Mais l’audience du jour revêtait un caractère tout particulier : Joseph Fifamin Djogbénou, fraîchement installé à la tête de la 10ᵉ législature, accueillait les cadres de la Haute Direction politique de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R).

Assemblée nationale
© Assemblée nationale

Une visite de courtoisie sur fond de solidarité politique

Si le protocole impose la sobriété, l’image, elle, est forte. En recevant une délégation de haut rang menée par la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata, le nouveau « patron » du Parlement a reçu l’onction officielle de son propre camp.

Aux côtés de la vice-présidente, on notait la présence remarquée de son prédécesseur, Louis Vlavonou, ainsi que des figures de proue du parti telles qu’Aké Natondé, Gérard Gbénonchi ou encore le maire Christian Houétchénou. Cette rencontre, loin d’être une simple formalité, marque aussi la volonté du parti de s’afficher soudé derrière son chef à l’entame de ce nouveau cycle législatif.

Assemblée nationale
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« Un soutien sans faille »

À la sortie de l’entretien, Mariam Chabi Talata s’est faite le porte-voix de cette délégation prestigieuse. Devant la presse parlementaire, elle a souligné l’évidence de cette démarche :

« Il était impératif pour nous de venir saluer l’élection du président Joseph Fifamin Djogbénou. Au-delà des félicitations d’usage, nous tenions à lui exprimer nos vœux de réussite et, surtout, à lui garantir notre accompagnement total en tant que membres de l’Union Progressiste le Renouveau. »

Ce message de « plein succès » résonne comme une feuille de route pour les mois à venir. En réaffirmant son soutien, la direction du parti assure à Joseph Djogbénou une base solide pour mener les réformes et les débats qui attendent également cette dixième législature.

 

Les défis de la 10ᵉ législature

Pour le nouveau président de l’Assemblée, l’enjeu sera désormais de transformer cet élan de solidarité partisane en une dynamique de travail efficace au sein de l’hémicycle. Si la famille politique fait bloc, Joseph Djogbénou devra désormais porter son costume de garant de l’institution parlementaire, entre continuité et renouvellement des pratiques législatives.

Mon sein en 180 secondes : l’UAC mobilise la jeunesse contre le cancer du sein

L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a officiellement lancé, le 11 février 2026, le concours « Mon sein en 180 secondes » (MS180s), une initiative portée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Organisé à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, l’événement ambitionne de placer la prévention du cancer du sein au cœur de l’engagement académique et citoyen.

Réunis dans l’amphithéâtre Idriss Déby Itno, étudiants, enseignants et autorités institutionnelles ont assisté à une cérémonie marquée par la lecture du message officiel du ministère, transmis par Mme Armelle Ahlinvi Ganye, conseillère technique chargée du suivi des réformes institutionnelles et universitaires.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Sensibiliser par la science et la créativité

Au-delà du protocole, la rencontre a privilégié une approche pédagogique et participative. Des performances artistiques – théâtre et slam – ont alterné avec des témoignages et une table ronde réunissant des professionnels de santé. Par ailleurs, les échanges ont porté sur l’importance du dépistage précoce, l’accès équitable aux soins et la nécessité de lever les silences persistants autour du cancer du sein.

Dans un contexte marqué par la progression des maladies non transmissibles, les intervenants ont insisté sur les défis liés aux diagnostics tardifs et à la prise en charge, tout en appelant à une mobilisation collective durable.

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Trois minutes pour convaincre

Inspiré du format « Ma thèse en 180 secondes », le concours MS180s propose aux participants de délivrer, en trois minutes, un message clair et rigoureux fondé sur des données scientifiques. L’objectif : conjuguer vulgarisation, innovation et responsabilité sociale afin de toucher un public élargi, notamment les jeunes.

À travers cette initiative, les autorités béninoises entendent aussi affirmer leur engagement en faveur d’une politique de santé publique appuyée sur la recherche et l’innovation. Le concours se veut ainsi un levier de sensibilisation, mais aussi un espace d’expression pour une jeunesse appelée à devenir actrice du changement.

La cérémonie a réuni également plusieurs personnalités représentant les ministères sectoriels, la coopération internationale et des organisations engagées dans la promotion de la santé et de la recherche, traduisant l’importance stratégique accordée à cette mobilisation nationale.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Trois minutes pour convaincre, trois minutes pour alerter : à travers Mon sein en 180 secondes, l’UAC transforme l’amphithéâtre en tribune citoyenne. Entre science, art et engagement, le concours rappelle que la prévention du cancer du sein n’est pas une affaire de spécialistes, mais un combat collectif où chaque voix compte.

Parakou : un homme retrouvé mort au quartier Guema

Le jour s’était à peine levé sur le quartier Guema, dans le troisième arrondissement de Parakou, lorsque l’impensable est apparu au regard des premiers passants. En effet, ce jeudi 12 février 2026, des passants ont découvert le corps sans vie d’un homme d’une quarantaine d’années à proximité du marché moderne. Étendu sur le trottoir, il a suscité l’effroi des riverains.

Partiellement recouvert d’un drap aux teintes blanche et verte, le défunt tenait encore un couteau dans sa main. Des traces de violences, notamment à la tête, étaient visibles. Autour de lui, un cercle de silence et de stupeur s’est formé, brisé seulement par les murmures inquiets et les interrogations qui montaient parmi les habitants accourus sur les lieux.

Une identité encore inconnue

À cette heure, nul ne connaît le nom de l’homme retrouvé sans vie. Était-il du quartier ? Un passant de passage ? Les circonstances ayant conduit à cette issue tragique demeurent floues, alimentant l’émotion et les spéculations.

Alertée, la Police républicaine est intervenue pour sécuriser la zone et contenir l’afflux de curieux. Par ailleurs, les agents ont effectué les premières constatations, tandis qu’ils régulaient momentanément la circulation autour du site.

L’attente des réponses

Une enquête devrait être diligentée afin d’établir les faits et de déterminer les causes exactes de ce décès. En attendant, Guema reste marqué par l’image d’un corps abandonné au petit matin, rappel brutal de la fragilité des existences et de la violence qui peut surgir au cœur de la ville.

Dans ce quartier animé par le va-et-vient quotidien des commerçants et des clients, la matinée du 12 février laissera une empreinte douloureuse.

Natitingou : le BR divisé sur le choix du maire

Natitingou, 11 février 2026 — Ce qui devait être une simple formalité politique s’est transformé en révélateur de fractures internes. Majoritaire au conseil communal après les élections du 11 janvier, le Bloc républicain (BR) n’est pas parvenu à désigner un candidat consensuel pour le poste de maire de Natitingou. Une impasse qui dépasse la seule rivalité locale et met en lumière les équilibres délicats d’un parti confronté à ses propres ambitions.

Une majorité arithmétique, mais pas politique

Sur le papier, le BR disposait d’un avantage décisif. Avec la majorité des sièges au conseil communal, la formation avait les moyens d’imposer rapidement un exécutif local. Le scénario attendu était classique : accorder les violons en interne, formaliser un procès-verbal, puis transmettre la proposition au Bureau exécutif national pour validation.

Mais la majorité numérique ne garantit pas l’unité stratégique. À Natitingou, les discussions ont révélé une absence de leadership naturel capable de fédérer les différentes sensibilités du parti. Plusieurs conseillers ont affiché leur volonté d’accéder au fauteuil de maire, transformant la recherche de consensus en épreuve de force.

Natitingou, un enjeu stratégique dans le septentrion

Troisième ville du nord Bénin, Natitingou occupe une position stratégique à la fois politique et économique. Carrefour administratif et touristique, la commune concentre des enjeux majeurs : développement urbain, attractivité, gestion des infrastructures et cohésion sociale.

Dans ce contexte, la mairie n’est pas qu’un poste honorifique. Elle représente un levier d’influence local important, notamment à l’approche des prochaines échéances nationales. Le contrôle de l’exécutif communal peut peser sur l’implantation territoriale du parti et sur la structuration de ses réseaux.

Rivalités internes et logique de clans

Selon des sources proches du dossier, les discussions ont rapidement quitté le terrain programmatique pour se cristalliser autour des personnes. Les ambitions individuelles, adossées à des soutiens internes parfois antagonistes, ont empêché l’émergence d’une candidature consensuelle.

Cette situation traduit un phénomène plus large : au sein des partis majoritaires, la compétition pour les positions locales peut fragiliser la cohésion nationale. Le BR, qui s’est construit sur une logique de rassemblement, doit désormais gérer des équilibres internes plus complexes, notamment dans les bastions stratégiques du nord.

Le rôle décisif de la direction nationale

Faute d’accord local, un procès-verbal mentionnant cinq candidatures a été établi et transmis au Bureau exécutif national. Ce dernier détient désormais la clé du dénouement.

L’intervention de la direction centrale pourrait permettre d’imposer un arbitrage et d’éviter un enlisement. Mais elle comporte aussi un risque : celui d’alimenter des frustrations si le choix final est perçu comme déconnecté des dynamiques locales.

Dans les formations politiques fortement structurées, ce type d’arbitrage constitue souvent un test d’autorité pour la hiérarchie nationale.

Un test pour la gouvernance locale

Au-delà des calculs partisans, la population de Natitingou attend la mise en place rapide d’un exécutif capable de répondre aux priorités locales : amélioration des infrastructures, gestion des marchés, emploi des jeunes, attractivité économique.

Le retard pris dans la désignation du maire pourrait fragiliser la dynamique administrative post-électorale. Il met également en lumière la nécessité pour les partis de concilier discipline interne et gestion des ambitions individuelles.

Une bataille loin d’être terminée

L’épisode actuel montre que la bataille pour la mairie de Natitingou dépasse la simple désignation d’un nom. Elle révèle les tensions inhérentes à toute majorité confrontée à la gestion du pouvoir local.

Dans les prochains jours, la décision du Bureau exécutif national sera déterminante. Elle dira si le Bloc républicain parvient à transformer sa majorité électorale en majorité cohérente, ou si les lignes de fracture observées à Natitingou annoncent des recompositions plus larges au sein du parti.

Bénin–Russie : Cotonou célèbre la Journée du diplomate

Cotonou, 11 février 2026 — La Résidence de l’Ambassadeur de la Fédération de Russie au Bénin a servi de cadre, mardi soir, à une réception diplomatique organisée à l’occasion de la Journée du diplomate. L’événement a réuni les chefs de missions diplomatiques accréditées à Cotonou ainsi que de hauts responsables du ministère béninois des Affaires étrangères.

Ambassade de Russie au Bénin et Togo
© Ambassade de Russie au Bénin et Togo

Un rendez-vous diplomatique à forte portée symbolique

Dans son discours d’ouverture, l’ambassadeur de Russie, S.E.M. Igor Evdokimov, a mis en avant la solidité des liens entre Moscou et Cotonou. Il a évoqué des relations qu’il a qualifiées d’anciennes et empreintes de respect mutuel, tout en soulignant aussi la dynamique croissante du dialogue politique et de la coopération bilatérale.

Le diplomate russe est également revenu sur les conclusions de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie–Afrique, tenue au Caire les 19 et 20 décembre 2025. Cette rencontre, a-t-il rappelé, a permis de consolider les axes de coopération dans plusieurs domaines stratégiques, allant de l’économie à l’éducation en passant par la sécurité et l’énergie.

 

 Cap sur le troisième Sommet Russie–Afrique

Parmi les annonces marquantes de la soirée figure la confirmation de la tenue, en 2026, du troisième Sommet Russie–Afrique, qui se déroulera pour la première fois sur le sol africain. Une étape symbolique dans l’évolution du partenariat entre Moscou et les États du continent.

Par ailleurs, cette perspective témoigne de la volonté de la Russie de renforcer sa présence diplomatique et économique en Afrique, dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances stratégiques.

Ambassade de Russie au Bénin et Togo
© Ambassade de Russie au Bénin et Togo

Message de Sergueï Lavrov et mémoire diplomatique

À l’issue de l’allocution de l’ambassadeur, les invités ont suivi un message vidéo du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, adressé aux diplomates à l’occasion de cette journée commémorative.

La réception a également été marquée par la présentation d’une exposition photographique retraçant l’histoire du ministère russe des Affaires étrangères depuis sa création, sous sa forme moderne, en 1802. Une manière de mettre en lumière la continuité institutionnelle et l’héritage diplomatique de la Russie.

 

 Une atmosphère cordiale et professionnelle

La soirée s’est déroulée dans un climat à la fois protocolaire et convivial, illustrant la qualité des échanges entre les représentants diplomatiques présents. L’événement, soigneusement organisé, a offert un cadre propice aux discussions informelles entre acteurs de la scène diplomatique béninoise et internationale.

À travers cette célébration, Moscou réaffirme ainsi son engagement à approfondir ses relations avec le Bénin et, plus largement, avec l’ensemble du continent africain.

Réouverture de la frontière Bénin–Nigeria : un corridor vital

La réouverture de la frontière entre le Bénin et le Nigeria marque un tournant majeur pour le commerce régional en Afrique de l’Ouest. Fermé depuis plusieurs mois, le poste frontalier de Samiya, dans l’État nigérian de Kebbi, est de nouveau opérationnel, redonnant souffle au corridor logistique stratégique reliant le Nigeria, le Bénin et le Niger.

 

Un soulagement pour les transporteurs et les opérateurs économiques

À Samiya, l’annonce a été accueillie avec soulagement. Plus de 1 600 camions, immobilisés parfois depuis des semaines, ont pu reprendre la route. Pour les transporteurs nigériens, béninois et nigérians, cette réouverture représente bien plus qu’un simple passage : elle conditionne l’approvisionnement de marchés entiers et la survie de nombreuses chaînes commerciales.

« C’est une délivrance. Les pertes étaient énormes », confie un chauffeur nigérien, heureux de voir son convoi enfin redémarrer vers Niamey.

 

Une décision concertée à l’échelle régionale

La réouverture de la frontière est le fruit d’une concertation entre les autorités du Nigeria, du Bénin et du Niger. Objectif affiché : fluidifier les échanges commerciaux, sécuriser les flux de marchandises et renforcer la coopération transfrontalière dans une zone stratégique pour l’économie sous-régionale.

Le corridor Bénin–Nigeria–Niger joue un rôle clé dans l’exportation de produits agricoles, de biens manufacturés et de denrées de première nécessité, notamment à destination du Niger, pays enclavé et fortement dépendant de ces axes logistiques.

 

Un enjeu économique et géopolitique

Au-delà de l’aspect commercial, cette réouverture intervient dans un contexte régional sensible, marqué par des tensions politiques et sécuritaires. Elle traduit la volonté des États concernés de préserver les échanges économiques, malgré les défis diplomatiques et sécuritaires.

Pour les acteurs économiques béninois, cette reprise du trafic est aussi une opportunité de consolider le rôle du Bénin comme plateforme logistique régionale, notamment à travers ses corridors routiers et portuaires.

 

Vers une normalisation durable des échanges ?

Si la circulation a repris, les autorités restent prudentes. Des mécanismes de suivi et de contrôle renforcés ont été annoncés afin d’éviter toute perturbation future. Les transporteurs, eux, espèrent que cette réouverture marquera le début d’une normalisation durable des échanges entre les trois pays.

En attendant, à Samiya, les moteurs tournent à nouveau, symbole d’un commerce régional qui tente de reprendre son rythme.

CRIET : le commissaire Bignon Kindjanhoundé face à la justice

Poursuivi pour des faits lourds, le commissaire Bignon Delcoz Kindjanhoundé s’est présenté devant la justice béninoise, revendiquant un acte citoyen là où l’accusation voit une dérive grave.

 

Le lundi 9 février 2026, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a ouvert l’examen d’un dossier sensible mêlant sécurité, expression publique et responsabilité institutionnelle. À la barre : le commissaire de police Bignon Delcoz Kindjanhoundé, poursuivi notamment pour incitation à la haine et à la rébellion, ainsi que pour détention illégale d’armes à feu.

Les faits reprochés trouvent leur origine dans la diffusion d’une vidéo devenue virale au lendemain de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Dans cette séquence, l’officier de police, en tenue, s’adressait directement à la population béninoise. Une initiative qui, selon l’accusation, outrepasse le cadre légal et institutionnel assigné aux forces de sécurité.

Une défense fondée sur l’engagement citoyen

Face aux juges, le commissaire a plaidé non coupable. Il a expliqué avoir voulu lancer un appel à ce qu’il qualifie de « révolution démocratique », affirmant s’être exprimé non en tant que policier, mais comme simple citoyen préoccupé par l’avenir du pays.

Le président de la formation de jugement l’a alors interpellé sur la pertinence d’un tel message délivré par un homme en uniforme, dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu. Une question directe, à laquelle le prévenu a répondu sans détour, estimant son initiative légitime.

 

Le poids du terrain et des pertes humaines

Pour étayer sa démarche, Bignon Delcoz Kindjanhoundé a invoqué son expérience opérationnelle dans le nord du Bénin. Déployé fin 2023 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, il affirme avoir été marqué par la mort de plusieurs soldats. Sa prise de parole publique serait, selon lui, motivée par le respect de « l’âme des morts » et par le sentiment d’une parole institutionnelle restée sans écho.

Il soutient avoir, en amont, adressé plusieurs notes hiérarchiques afin d’exprimer ses préoccupations, sans obtenir de réponse. Une absence de retour qui, selon sa version, l’aurait conduit à s’exprimer publiquement.

 

Un dossier aux implications institutionnelles

À l’issue de cette première audience, le président de céans a invité le prévenu à réserver la suite de ses explications pour la prochaine comparution. Le dossier, à la croisée du droit pénal, de la discipline administrative et de la liberté d’expression, s’annonce complexe.

Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge les limites de la parole publique des agents en uniforme dans un État confronté à des défis sécuritaires majeurs. Elle met également en lumière les tensions entre devoir de réserve, engagement personnel et responsabilité institutionnelle, dans un contexte politique encore marqué par les secousses de décembre 2025.

La prochaine audience sera déterminante pour la suite de la procédure et pour l’éclairage judiciaire de cette affaire à forte portée symbolique.

La CRIET, souvent critiquée pour son rôle central dans les dossiers sensibles, se retrouve une fois de plus sous les projecteurs. Sa décision sera scrutée non seulement pour son fondement juridique, mais aussi pour son impact politique et institutionnel.

Ministres élus députés au Bénin : trente jours pour un choix

À l’Assemblée nationale comme au gouvernement, le temps presse pour plusieurs figures de l’exécutif béninois, désormais confrontées à une équation institutionnelle sans échappatoire.

 

À peine installée, la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale place déjà certains membres du gouvernement face à un dilemme stratégique majeur. En vertu de l’article 166 du Code électoral, les fonctions de ministre et de député sont strictement incompatibles. Les responsables concernés disposent de trente jours pour trancher. Un délai court, mais politiquement lourd de conséquences.

Parmi eux figurent Éléonore Yayi, Shadiya Assouma, Jean-Michel Abimbola et Abdoulaye Bio Tchané. Quatre personnalités aguerries de l’appareil d’État, aujourd’hui sommées de choisir entre la stabilité parlementaire et l’incertitude de l’exécutif.

 

Le Parlement, refuge institutionnel

Opter pour l’Assemblée nationale, c’est faire le choix de la durée. Un mandat de député garantit sept années pleines au Palais des gouverneurs, à l’abri des remaniements et des aléas politiques. Dans un système marqué par une forte centralité de l’exécutif, le Parlement offre une forme de sécurité institutionnelle rare, surtout à l’approche d’une échéance présidentielle.

Pour certains ministres élus, ce choix peut aussi être perçu comme une manière de consolider une carrière politique sur le temps long, de peser sur la production législative et de demeurer au cœur du jeu, quelle que soit l’issue des recompositions à venir.

 

Le gouvernement, prestige et incertitude

À l’inverse, rester au gouvernement, c’est accepter une fonction aussi exposée que fragile. À moins de deux mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, aucune garantie ne protège les ministres en poste. Le changement de chef de l’État s’accompagne traditionnellement d’une recomposition de l’équipe gouvernementale, parfois profonde.

Même dans l’hypothèse d’une continuité politique, rien n’assure la reconduction durable des ministres actuels. Le maintien éventuel de certains profils dépendra autant des équilibres politiques que des arbitrages personnels du futur président.

 

Trente jours pour décider

Ces trente jours ne relèvent donc pas d’une simple exigence juridique. Ils constituent un moment de vérité politique. Choisir le Parlement, c’est privilégier la prévisibilité et la sécurité. Rester au gouvernement, c’est parier sur l’inconnu, dans un contexte de transition où les certitudes sont rares et les calculs multiples.

Au-delà des trajectoires individuelles, ces décisions en diront long sur les rapports de force à venir et sur la lecture que ces ministres font de l’avenir politique du pays. Le choix qu’ils opéreront, discret en apparence, pourrait bien peser durablement sur le paysage institutionnel béninois.