Cotonou sous le choc : le drame Maryline Ajavon

Cotonou s’est réveillée dans la stupeur et l’effroi le jeudi 8 janvier 2026. Ce qui devait être une simple invitation à déjeuner s’est transformé en un crime d’une barbarie inouïe. Maryline Ajavon, figure respectée du monde de la santé et entrepreneure dynamique, a perdu la vie dans des conditions qui dépassent l’entendement.

 

Une disparition inquiétante, une découverte macabre

Tout commence par une invitation. Maryline Ajavon, sage-femme diplômée d’État en service à l’hôpital de zone de Suru-Léré à Akpakpa, aurait accepté de partager un repas avec un ami. Elle ne rentrera jamais chez elle. L’inquiétude de ses proches se mue en horreur lorsque son corps est retrouvé à Avlékété, dans la commune de Ouidah.

La scène de crime, d’une rare violence, témoigne de la cruauté des assaillants. Les enquêteurs ont découvert le corps de la victime, ligoté et calciné, à l’intérieur de son propre véhicule, une Lexus. Selon les premiers éléments de l’enquête, les agresseurs ont attaché Maryline avant d’incendier la voiture. Un crime crapuleux qui laisse une famille brisée et une ville sous le choc.

 

Maryline Ajavon : une vie au service des autres et de ses ambitions

Au-delà de son engagement infatigable sous la blouse blanche à l’hôpital de Suru-Léré, Maryline était une femme aux multiples facettes. Entrepreneure dans l’âme, elle venait tout juste de concrétiser un projet qui lui tenait à cœur : l’ouverture du restaurant LyLy Grill à Fidjrossè, inauguré le samedi 13 décembre 2025.

La brutalité des événements a interrompu ce projet porteur d’espoir, symbole de sa détermination. Ses collègues décrivent une soignante dévouée, ses proches une femme d’action. Tous s’accordent sur le vide immense que laisse son départ prématuré. La tristesse est à la mesure de l’injustice subie.

 

L’enquête s’accélère : un suspect entre les mains de la justice.

Selon les informations disponibles, des habitants ont appréhendé un homme près du lieu du crime. Ils le soupçonnent d’avoir versé de l’essence avant d’incendier le véhicule, et il s’est lui-même partiellement brûlé lors des faits.

La population a rattrapé le suspect et l’a conduit à l’hôpital pour recevoir des soins. Si son rôle exact reste à établir par les autorités judiciaires, son arrestation constitue une avancée majeure dans l’enquête. Les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller l’ensemble des auteurs de cet acte ignoble.

 

Une ville en deuil, une nation en attente de justice

Aujourd’hui, Cotonou pleure une soignante, une entrepreneure, une femme. Alors que les questions demeurent sur les mobiles de ce crime, l’émotion reste vive. Maryline Ajavon s’en va, laissant derrière elle un restaurant vide, un hôpital en deuil et une nation qui réclame justice.

Bénin 2026 : Les régulateurs africains à l’école de la CENA

Cotonou, le 8 janvier 2026 – À soixante-douze heures du double scrutin législatif et communal, la diplomatie électorale s’intensifie. Après avoir scruté les ondes à la HAAC, la délégation des présidents des instances africaines de régulation des médias, membre du RIARC, a franchi les portes de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). Une étape cruciale pour comprendre comment la parole médiatique s’articule avec l’organisation matérielle du vote.

 

Quand les médias rencontrent les urnes

Sous la conduite d’Édouard Loko, Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), les « gendarmes de l’information » du continent ont été reçus par Sacca Lafia, Président de la CENA. Cette visite de haut niveau témoigne d’une réalité souvent méconnue : la réussite d’une élection ne dépend pas seulement du dépouillement, mais aussi de la parfaite synchronisation entre l’organe qui gère le vote et celui qui surveille l’information.

la CENA
© la CENA

Dans les rouages de la CENA : Transparence et Logistique

Au cours d’une séance de travail jugée « fructueuse », la délégation africaine a plongé dans le quotidien de l’institution chargée de la gestion des élections. En effet, du Directeur Général des Élections aux cadres techniques, tous ont été mis à contribution pour détailler le parcours d’un bulletin de vote, de sa conception à la proclamation des grandes tendances.

Par ailleurs, les membres du RIARC ont pris connaissance de la mesure de la charge titanesque qui incombe à la CENA :

  • La préparation technique : élaboration des documents et sécurisation des procédures.
  • La supervision du terrain : formation des agents électoraux et déploiement du matériel.
  • Le garant des droits : assurer le libre exercice du droit de vote pour chaque citoyen et l’équité pour chaque candidat.
  • La voix des résultats : la centralisation des données et la publication des tendances provisoires.

Un modèle de coopération inter-institutionnelle

Pour Me René Bourgoin, Président du RIARC et de la HACA de Côte d’Ivoire, cette ouverture de la CENA est un gage de crédibilité.

« Nous remercions le Président de la CENA pour la qualité des échanges et l’ouverture accordée à notre mission », a-t-il déclaré au nom de ses pairs.

En outre, cette démarche illustre une vision moderne de la démocratie en Afrique : les institutions ne travaillent plus en silos. La CENA prépare le terrain, la HAAC veille à l’équilibre des discours, et les régulateurs africains observent cette synergie pour en tirer les meilleures pratiques.

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© la CENA

Le Bénin, laboratoire de la transparence ?

En accueillant ainsi ses homologues ivoiriens, marocains, sénégalais et centrafricains, le Bénin soumet son processus électoral à un examen rigoureux par ses pairs. Cette transparence affichée par la CENA, à la veille d’un scrutin couplé complexe, vise aussi à rassurer tant sur le plan national qu’international.

Alors que les derniers préparatifs logistiques s’achèvent, cette immersion au cœur de la « tour de contrôle » des élections confirme que le Bénin mise sur une collaboration étroite entre tous les acteurs pour garantir un scrutin apaisé ce dimanche 11 janvier 2026.

Élections 2026 : Les régulateurs africains valident le dispositif de la HAAC

À trois jours du double scrutin législatif et communal du 11 janvier 2026, Cotonou est devenue la capitale africaine de la régulation des médias. En effet, sous l’invitation d’Édouard Loko, Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), les plus hautes instances de régulation du continent séjournent actuellement au Bénin. Objectif : observer, comprendre et s’inspirer du modèle béninois de gestion de la campagne médiatique.

la HAAC
© la HAAC

Un sommet de « sages » de la communication à Cotonou

Le Bénin s’apprête à vivre un moment démocratique majeur, et la gestion du temps de parole ainsi que l’équilibre de l’information sont des enjeux cruciaux. Pour veiller à la transparence du processus, le Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) a déployé une mission d’observation de haut vol.

Ainsi, ce jeudi 8 janvier 2026, le siège de la HAAC a accueilli des figures emblématiques de la régulation africaine :

  1. René Bourgoin (HACA Côte d’Ivoire, Président en exercice du RIARC) ;
  2. Latifa Akharbach (HACA Maroc) ;
  3. José Richard Pouambi (HCC Centrafrique) ;
  4. Mamadou Oumar Ndiaye (CNRA Sénégal, Président du REFRAM).

Cette concentration d’expertise témoigne aussi de l’importance de la mission : s’assurer que les médias, piliers de la démocratie, jouent leur rôle sans passion ni parti pris.

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Le « Laboratoire Béninois » : Équité et Transparence

Au cœur des échanges, le mécanisme mis en place par Édouard Loko et son équipe pour encadrer la campagne. Dans un contexte d’élections couplées, la complexité est double. Comment garantir à chaque candidat et chaque parti, sur l’ensemble du territoire, un accès équitable aux ondes ?

La HAAC a partagé son expérience sur le monitoring des médias en temps réel et les sanctions ou rappels à l’ordre éventuels. Par ailleurs, les présidents des instances africaines ont scruté avec intérêt les outils techniques et juridiques qui permettent d’assurer une couverture médiatique apaisée.

« L’expérience béninoise est une référence en matière de régulation équitable », a-t-on pu entendre lors des séances de travail.

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Une coopération Sud-Sud pour des élections apaisées

Cette mission ne se limite pas à une simple inspection. Elle s’inscrit également  dans une dynamique de partage de « bonnes pratiques ». Les défis rencontrés à Dakar, Rabat ou Abidjan trouvent souvent leurs échos à Cotonou. En mutualisant leurs expériences, ces régulateurs renforcent ainsi la crédibilité des processus électoraux sur tout le continent.

Le Président Édouard Loko, entouré de ses conseillers, a répondu aux préoccupations de ses pairs sur la gestion des réseaux sociaux, la lutte contre les « fake news » et le respect du pluralisme. La satisfaction affichée par les délégations étrangères à la sortie de l’audience est en effet un signal fort envoyé à la communauté internationale : le dispositif médiatique béninois est prêt et surveillé par ses pairs.

 

Le mot de la fin : une démocratie qui se regarde dans le miroir

Hier, le Bénin innovait avec sa conférence nationale ; aujourd’hui, il consolide son architecture démocratique par une régulation médiatique de précision. Alors que les citoyens se préparent à glisser leur bulletin dans l’urne ce dimanche, cette mission d’observation africaine rappelle que la paix électorale commence par une information juste, équilibrée et rigoureusement encadrée.

Finalement, le 11 janvier 2026 sera-t-il le sacre définitif du modèle de régulation béninois sur la scène continentale ? Les regards du RIARC restent fixés sur les écrans et les ondes de la nation béninoise.

Vodun Days 2026 : Wadagni et Abimbola en visite à Ouidah

Ouidah, le 8 janvier 2026 – Les tambours résonnent, les effluves d’encens s’élèvent et les couleurs sacrées habillent la cité historique. Ce jeudi marque le lancement officiel des « Vodun Days 2026 ». Dès les premières heures, une délégation gouvernementale de haut rang a pris le pouls de cet événement qui place le Bénin sous les projecteurs du monde entier.

 

Une visite au cœur du sacré

Pour donner le coup d’envoi de cette célébration majeure, le Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, a effectué une tournée remarquée sur les sites emblématiques de la ville. Accompagné de son homologue du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, il a aussi parcouru les espaces aménagés pour accueillir les milliers de festivaliers et de dignitaires.

Le point d’orgue de cette matinée a été l’escale de la délégation au Couvent Mami-Dan, situé en bordure de la plage de Ouidah. Sous la direction de Sa Majesté Togbé Yédy, ce temple dédié à la divinité des eaux incarne toute la profondeur et la mystique de la culture Vodun.

 

Rigueur rituelle et excellence organisationnelle

Sur place, les ministres ont découvert une atmosphère empreinte de sérénité et de ferveur. Loin des clichés, c’est une organisation millimétrée qui a frappé les esprits. Romuald Wadagni n’a pas caché sa satisfaction devant la qualité des dispositifs mis en place. Entre la discipline des rituels et la propreté exemplaire du temple, le Couvent Mami-Dan s’est imposé comme un modèle du genre.

Cette visite n’était pas qu’une simple formalité. Elle témoigne également de la volonté de l’exécutif de s’assurer que l’investissement massif consenti dans les infrastructures culturelles se traduit par une expérience fluide et authentique pour les visiteurs. En observant la maîtrise des dispositifs de sécurité et d’accueil, les autorités confirment aussi  que le Bénin est prêt à gérer des flux touristiques d’envergure internationale.

 

Le Vodun, pilier de l’économie identitaire

Au-delà de l’aspect spirituel, la présence de ces deux ministres souligne la stratégie de « l’économie de la culture » portée par le gouvernement du Président Patrice Talon. Le patrimoine Vodun n’est plus seulement une affaire de croyances, c’est aussi devenu le socle de l’identité nationale et un puissant vecteur de rayonnement économique.

Pour Ouidah, ville martyre de la traite négrière devenue capitale mondiale de la réconciliation et de la culture, les Vodun Days sont une vitrine inestimable. En soutenant directement des dignitaires comme Togbé Yédy, l’État valide ainsi la place centrale du sacré dans le développement touristique du pays.

 

Une fête qui ne fait que commencer

Alors que la plage de Ouidah se remplit de chants et de danses, cette visite ministérielle lance un message clair : le Bénin assume son héritage avec fierté et professionnalisme. Les Vodun Days 2026 ne sont pas qu’une fête religieuse ; c’est également  le rendez-vous d’un peuple avec son histoire, tourné vers un avenir où tradition et modernité marchent main dans la main.

Mais une question reste suspendue sur les lèvres des curieux alors que les cérémonies s’intensifient : jusqu’où le rayonnement de cette édition portera-t-il la voix du Bénin sur la scène culturelle mondiale ? Le monde regarde désormais vers Ouidah, là où les vagues de l’Atlantique viennent mourir aux pieds des couvents ancestraux.

Ouidah : 100 volontaires mobilisés pour le succès des Vodun Days 2026

La cité historique de Ouidah s’apprête à vibrer au rythme des Vodun Days. Pour cette édition 2026, qui s’ouvre ce jeudi 8 janvier, l’organisation mise sur une force vive inédite : une centaine de jeunes volontaires, mobilisés par l’Agence nationale pour l’Emploi (AnpE) et la municipalité, pour garantir le succès de ce rendez-vous mondial.

mairie de Ouidah
© mairie de Ouidah
mairie de Ouidah
© mairie de Ouidah

Une jeunesse formée aux valeurs du service

Bien plus que de simples exécutants, ces jeunes constituent le véritable moteur opérationnel de l’événement. Avant de fouler le sable de Ouidah, ils ont suivi un parcours de préparation rigoureux. L’objectif de l’AnpE était clair : les doter de compétences techniques pour l’accueil et l’orientation, mais aussi leur insuffler les valeurs de rigueur et de civisme indispensables au rayonnement du service public.

« Nous avons acquis des connaissances qui nous seront utiles bien au-delà de cette mission, pour toute notre vie », a déclaré Gloria Dossou-Yovo, porte-parole des volontaires. Par ailleurs, pour ces jeunes, l’aventure des Vodun Days est autant une mission citoyenne qu’une étape fondatrice de leur insertion professionnelle.

mairie de Ouidah
© mairie de Ouidah
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Le volontariat, « bouée de sauvetage » de l’organisation

À la veille du lancement des festivités, le maire de Ouidah, Christian Houétchénou, est allé au contact de cette brigade de volontaires. Dans un discours empreint de solennité, il a salué ce qu’il qualifie de « bouée de sauvetage » pour la ville. En effet, la gestion de milliers de visiteurs nationaux et internationaux génère une pression logistique immense que seule une équipe dynamique peut aider à canaliser.

« Être volontaire, c’est d’abord accepter de servir sans rien attendre en retour », a rappelé l’édile, tout en soulignant que le don de soi est toujours « récompensé par la nature ». Par leur présence, ces jeunes apportent un souffle nouveau et permettent aux autorités de transformer le stress organisationnel en une démonstration d’efficacité collective.

mairie de Ouidah
© mairie de Ouidah
mairie de Ouidah
© mairie de Ouidah

Un partenariat stratégique entre l’AnpE et la Mairie

Le déploiement de cette cohorte est le fruit d’une collaboration étroite entre la mairie et l’AnpE. Cette initiative illustre également une volonté politique forte de lier la promotion de l’emploi à la valorisation du patrimoine. En impliquant la jeunesse dans la gestion de leur culture, l’État béninois assure la transmission des traditions tout en développant l’employabilité des jeunes diplômés.

mairie de Ouidah
© mairie de Ouidah

Ouidah prête à accueillir le monde

Ainsi, pendant trois jours, jusqu’au samedi 10 janvier, les volontaires seront présents sur l’ensemble des sites : accueil des délégations, gestion des flux dans les lieux cultuels, assistance aux touristes et soutien logistique. Leur engagement constitue la garantie d’une expérience mémorable pour les festivaliers

Grâce à cette jeunesse motivée et structurée, Ouidah ne se contente pas de célébrer ses divinités ; elle prouve qu’elle dispose des ressources humaines nécessaires pour porter des projets d’envergure internationale. Les Vodun Days 2026 s’annoncent non seulement comme une réussite spirituelle, mais aussi comme une victoire pour l’engagement citoyen au Bénin.

CAN 2025 : Fin de route pour des Guépards trop limités

L’aventure s’arrête ici. En effet, ce 5 janvier 2026, le sifflet final du huitième de finale opposant le Bénin à l’Égypte a sonné le glas des espoirs béninois. Si tomber face aux redoutables Pharaons n’a rien d’un déshonneur sur le papier, la manière et le parcours global des Guépards laissent un goût amer. Entre déception tactique et manque de progression, le football béninois se regarde aujourd’hui dans la glace.

 

Un choc des extrêmes en 1/8 de finale

Hier, sur la pelouse marocaine, le miracle n’a pas eu lieu. Face à une équipe égyptienne rigoureuse, les Guépards ont une nouvelle fois montré leurs limites actuelles. Malgré une volonté apparente de bien faire, les hommes de Gernot Rohr ont manqué de tranchant et de créativité pour bousculer le bloc adverse. Les Pharaons, maîtres de leur sujet, ont su exploiter les moindres failles d’une défense béninoise parfois fébrile et d’une attaque en manque d’inspiration.

Cette élimination en huitièmes de finale marque la fin d’un parcours qui, au-delà de la qualification pour le second tour, n’aura jamais vraiment fait vibrer les cœurs au pays.

 

Un bilan teinté de médiocrité

Si l’on analyse cette CAN 2025 avec recul, le constat est sévère : le parcours des Guépards a été, au mieux, moyen. Qualifiés in extremis pour la phase à élimination directe, les Béninois n’ont jamais semblé avoir la main sur leur destin durant le tournoi.

Le jeu proposé est resté laborieux, souvent basé sur la réaction plutôt que sur l’action. On a observé une équipe qui peine à construire, qui subit le rythme de l’adversaire et qui compte trop souvent sur des exploits individuels ou des coups de sort pour s’en sortir. Pour une nation qui aspire à devenir un acteur majeur du football continental, la prestation d’ensemble est apparue bien trop timorée.

TotalEnergies AFCON 2025
© TotalEnergies AFCON 2025

Six ans pour rien ?

Le sentiment qui prédomine chez les supporters et les observateurs est celui d’un immense gâchis de temps. Cela fait maintenant Six ans depuis la dernière Can 2019  que les guépards se préparent pour ce moment . En effet, six années durant lesquelles les autorités sportives et le staff technique ont eu carte blanche pour bâtir une sélection compétitive, intégrer de nouveaux talents et instaurer une identité de jeu solide.

Pourtant, au Maroc, le Bénin a donné l’impression d’être une équipe encore en chantier, sans certitudes. Pourquoi, après un tel cycle de préparation, les automatismes sont-ils encore si fragiles ? Pourquoi la progression athlétique et tactique semble-t-elle avoir stagné alors que la concurrence africaine, elle, avance à pas de géant ? Le sentiment d’une performance improvisée prédomine, comme si le travail de fond nécessaire pour briller au plus haut niveau n’avait pas été accompli avec la rigueur exigée par le football moderne.

 

L’heure de la remise en question

Les Guépards rentrent à Cotonou avec la tête basse. Si l’objectif minimal de sortir des poules a été atteint, le contenu des matchs suggère qu’un plafond de verre s’est installé au-dessus de cette sélection. Par ailleurs, la question du renouvellement, du choix des hommes et de la stratégie globale de la Fédération Béninoise de Football va inévitablement se poser.

On ne peut plus se contenter de « participations honorables ». Pour ne pas gâcher les quatre prochaines années, il est temps de transformer ce parcours moyen en une véritable leçon. Le talent est là, mais sans une organisation structurée et une vision claire, le rugissement des Guépards continuera de s’éteindre dès que le niveau s’élève.

Parakou : BR scelle un pacte de confiance avec les artisanes

À l’approche des élections municipales et législatives de janvier 2026, la cité des Koburu vit au rythme d’une campagne intense. En effet, hier 5 janvier, Samou Seïdou Adambi, figure de proue du Bloc Républicain (BR), a investi le 3ᵉ arrondissement de Parakou. Son objectif est de mobiliser les femmes artisanes pour assurer un triomphe sans précédent au « Cheval Blanc Cabré » dans la 8ᵉ circonscription.

 

Une stratégie de proximité pour un scrutin historique

Le Vice-Président du parti ne ménage pas ses efforts. Accompagné du Maire et candidat Inoussa Zimé Chabi, l’ancien ministre Samou Seïdou Adambi a choisi le terrain de la proximité pour convaincre. Devant un parterre de femmes patronnes d’ateliers, de coiffeuses, de couturières et d’artisanes, le message s’est voulu à la fois affectif et politique.

« Donnez votre voix à celui qui vous rend visite sans même que vous l’invitiez », a lancé Samou Seïdou Adambi. Par cette formule, il souligne la présence constante de son parti aux côtés des populations, bien au-delà des périodes électorales. Ainsi, Pour le leader républicain, le vote utile repose sur une relation de fidélité quotidienne plutôt que sur des promesses de dernière minute.

 

Des objectifs ambitieux pour la 8ᵉ circonscription

Le Bloc Républicain affiche ses ambitions avec une précision chirurgicale. Pour les municipales à Parakou, le parti vise au moins 25 conseillers sur les 33 que compte la mairie. Concernant les législatives dans la 8ᵉ circonscription électorale, Samou Seïdou Adambi espère aussi rafler au moins 5 sièges sur les 6 disponibles.

Le choix de maintenir le Maire Inoussa Zimé Chabi en première ligne n’est pas fortuit. Les responsables du parti justifient également ce positionnement par sa connaissance intime des réalités des artisans et sa présence régulière sur le terrain. C’est cette alliance entre l’exécutif communal et les forces vives de l’économie locale qui doit, selon eux, porter le parti vers une victoire éclatante.

Bloc Républicain
© Bloc Républicain

La réponse des artisanes : le choix du pragmatisme

Du côté des femmes artisanes du 3ᵉ arrondissement, l’accueil a été enthousiaste. Les participantes voient dans le Bloc Républicain le seul allié capable de porter leurs revendications et de favoriser leur épanouissement professionnel.

« Le Bloc Républicain est notre choix par excellence car nous trouvons nos intérêts au sein du parti », ont-elles affirmé. Pour elles, le positionnement de nombreux artisans sur les listes électorales du BR constitue une reconnaissance majeure de leur secteur d’activité. Elles se sentent désormais actrices de leur destin politique plutôt que simples spectatrices.

 

Éduquer pour mieux voter

Au-delà des discours politiques, la délégation a pris le temps d’une séance de sensibilisation civique. Par ailleurs, Samou Seïdou Adambi a rappelé que la ferveur ne suffit pas : il faut des actes concrets et valides le jour du scrutin.

L’accent a été mis sur les documents officiels indispensables pour glisser son bulletin dans l’urne. Carte d’électeur, Certificat d’Identification Personnelle (CIP), carte d’identité biométrique, passeport ou encore permis de conduire sont autant d’outils que chaque femme artisane doit posséder pour exprimer son suffrage. Le Vice-Président a d’ailleurs exhorté les patronnes à devenir des relais d’information auprès de leurs apprentis et de leur entourage.

 

Vers un duel décisif

Finalement , à quelques semaines du vote, cette descente dans le 3ᵉ arrondissement de Parakou montre que la bataille pour le contrôle de la 8ᵉ circonscription sera acharnée. En misant sur les femmes, piliers de l’économie informelle et de la vie sociale, le Bloc Républicain espère créer une vague de soutien capable de submerger ses adversaires.

Ouidah 2026 : Infrastructures, Hôtel Dhawa et Temple du Python

Ouidah, 6 décembre 2025 — À l’aube des Vodun Days 2026, la cité historique de Ouidah bouillonne. Entre l’inauguration imminente d’infrastructures hôtelières de luxe, la rénovation des lieux de mémoire et l’édification de sanctuaires éphémères, la ville réussit le pari de la modernisation sans trahir son âme. Plongée dans les coulisses d’une cité en pleine mutation.

Ouidah ne dort plus. À quelques jours des manifestations officielles, la ville se transforme sous nos yeux. Ici, le béton des nouveaux complexes touristiques côtoie la terre sacrée des couvents, dans un ballet où chaque geste semble répondre à une nécessité : s’adapter au monde sans rompre avec les divinités.

Temple du Python
© Temple du Python
Temple du Python
© Temple du Python

Le Python Royal s’installe à Fonsramè

Le chantier du Temple du Python Royal, monument emblématique de la place Dangbé, suit son cours. Mais, la tradition n’attend pas la fin des travaux. Pour que les manifestations des Vodun Days 2026 conservent toute leur puissance spirituelle, une solution exceptionnelle a été trouvée.

En un temps record, un temple éphémère est sorti de terre au sein du Couvent Hêhounli, à Fonsramè. Cet espace provisoire a été conçu pour abriter les pythons sacrés le temps des célébrations. C’est là toute la résilience de la culture Vodun : savoir bâtir dans l’urgence un sanctuaire capable d’accueillir le sacré, prouvant que la foi peut se loger ailleurs que dans la pierre, pourvu que le rite demeure.

Dhawa : Le nouveau visage de l’hôtellerie de luxe

Pendant que les initiés s’activent à Fonsramè, l’économie touristique, elle, prend son envol sur la côte. Le lundi 05 janvier, sous le soleil de l’après-midi, le Village artisanal de la Marina, situé sur la plage de Djègbadji, a prêté son décor à un événement majeur : la présentation officielle de l’Hôtel Dhawa.

En présence d’un parterre de personnalités et d’acteurs clés du secteur, le projet a dévoilé des ambitions à la mesure du nouveau Bénin. Ce complexe 4 étoiles, dont l’ouverture est désormais imminente, promet de redéfinir les standards de l’accueil dans la cité des Kpassè. L’Hôtel Dhawa n’est pas qu’un bâtiment de plus ; il est le symbole d’une ville qui se donne les moyens de ses ambitions mondiales.

L’établissement se veut à la fois décontracté et contemporain. Composé de 132 chambres, « Dhawa Ouidah » propose une gamme complète de services haut de gamme. D’ailleurs, sa force réside dans un équilibre subtil : un design original et un confort absolu, boostés par une technologie intégrée de pointe pour offrir aux visiteurs une expérience de séjour unique, tout en restant profondément ancré dans le paysage balnéaire béninois.

Fort Portugais,
© Fort Portugais,
Fort Portugais,
© Fort Portugais,

Le Fort Portugais : la mémoire en héritage

Un peu plus loin, au cœur de la ville, le silence se fait plus solennel. Le Fort Portugais, témoin muet des siècles de traite négrière, achève sa mue. Entièrement rénové entre 2020 et 2024, ce vestige chargé d’histoire attend désormais son inauguration officielle.

Le monument abrite désormais le Musée International de la Mémoire de l’Esclavage (MIME). Ce sanctuaire mémoriel ne se contente plus de raconter le passé ; il se prépare également à devenir un passage obligé pour quiconque veut comprendre la blessure et la résilience du peuple béninois.

 

Célébrer sans renoncer

Ouidah en 2026 offre un spectacle fascinant de dualité. D’un côté, le luxe feutré du Dhawa et la rigueur muséale du Fort Portugais ; de l’autre, la ferveur spirituelle d’un temple de python construit en quelques jours.

S’adapter sans rompre, préserver sans interrompre : tel semble être le mot d’ordre de cette édition. Alors que les projecteurs des Vodun Days s’apprêtent à s’allumer, la cité prouve qu’elle peut être à la fois une vitrine touristique de premier plan et le gardien farouche de ses mystères ancestraux.

Bénin 2026 : Gbaguidi et Tévoèdjrè nommés Généraux

En ce début d’année 2026, le sommet de la hiérarchie militaire béninoise change de dimension. Ce lundi 5 janvier, une cérémonie solennelle a marqué la promotion de deux figures centrales des Forces Armées Béninoises (FAB). Entre enjeux sécuritaires au Nord et loyauté aux institutions, ce passage de grades est loin d’être une simple formalité administrative.

Gouvernement Bénin
© Gouvernement Bénin

Des promotions au sommet de la stratégie

L’esplanade du ministère de la Défense a servi de cadre à un événement historique pour la carrière de deux officiers d’exception. En effet, sous le regard attentif du gouvernement, conduit par le Ministre d’État Romuald Wadagni, les attributs ont été officiellement remis.

Le Chef d’État-Major Général, Fructueux A. Gbaguidi, entre dans le cercle très fermé des hauts gradés en devenant Général de Corps d’Armée. Ses épaulettes arborent désormais quatre étoiles dorées, symboles d’une autorité et d’une expérience confirmées sur le terrain comme dans les sphères diplomatiques.

À ses côtés, une autre figure clé de la sécurité présidentielle monte en grade : le Colonel-Major Dieudonné Tévoèdjrè, actuel Commandant de la Garde républicaine, a été promu Général de brigade. Avec deux étoiles à son actif, il confirme son rôle essentiel dans le dispositif de protection des institutions.

Gouvernement Bénin
© Gouvernement Bénin

La loyauté comme rempart contre l’instabilité

La cérémonie, présidée par le Ministre délégué à la Défense, Alain Fortunet Nouatin, a pris une résonance particulière. Au-delà des félicitations d’usage, le ministre a tenu à envoyer un message de fermeté et de rappel à l’ordre républicain.

En évoquant la récente tentative de coup d’État avortée, le Ministre Nouatin a martelé que personne ne doit considérer la stabilité institutionnelle comme acquise. Dans un contexte régional où l’instabilité bouscule parfois les ordres constitutionnels, ces promotions récompensent avant tout la rigueur et la fidélité absolue au Président Patrice Talon et aux lois de la République.

 

Un bouclier face aux menaces du Nord

Si ces nominations renforcent la cohésion interne, elles répondent aussi à une urgence opérationnelle. Le Bénin fait face à une pression sécuritaire constante à ses frontières septentrionales, marquées par la menace terroriste.

Le Général Gbaguidi, ancien enfant de troupe et fin connaisseur des missions de maintien de la paix, ainsi que le Général Tévoèdjrè, reconnu pour son sens du devoir, ont désormais une mission claire : piloter la riposte contre l’insécurité tout en garantissant que l’armée reste le socle inébranlable de la démocratie béninoise.

Gouvernement Bénin
© Gouvernement Bénin

Deux parcours, une même rigueur

Ces deux officiers partagent un point commun : ils sont issus des écoles d’enfants de troupe, véritables pépinières de l’élite militaire. Leur ascension est le fruit d’un parcours sans faute, alliant commandement de terrain (Armée de terre, Garde républicaine) et vision stratégique.

En recevant leurs casques étoilés, ces deux chefs militaires acceptent une charge accrue. La Nation ne leur demande pas seulement de commander des hommes, mais de protéger un héritage : celui d’un Bénin stable dans une région en quête de repères.

 

Perspectives et enjeux pour 2026

En somme, l’élévation de ces officiers intervient quelques jours seulement après la décision du Conseil des ministres du 26 décembre dernier. Elle lance un signal fort pour l’année 2026 : l’armée béninoise se modernise, se structure et se prépare à relever des défis de plus en plus complexes, avec à sa tête des chefs aguerris et résolument républicains.

Bénin : 15 millions pour la vie de Francette

Tandis que des milliards de francs CFA s’évaporent dans les jeux de lumière et les cachets d’artistes internationaux, des citoyens se battent seuls pour arracher une vie à la mort. Entre le faste du « We LovEya », les projecteurs du « Vodun Days » et l’agonie silencieuse d’Attoh Trinité Francette, jeune fille en attente d’une greffe, le contraste est plus que choquant .

Ce contraste prend un visage concret : celui de l’activiste Habib Ahandessi, qui se bat pour réunir les fonds nécessaires à la survie de cette jeune fille, pendant que le pays s’apprête à dépenser des milliards dans des festivals géants. Entre urgence vitale et ferveur festive, le Bénin est-il en train de perdre sa boussole morale ?

 

D’un côté, le silence pesant d’une chambre d’hôpital. De l’autre, le vacarme des enceintes de festival. Au Bénin, deux réalités s’entrechoquent violemment dans un paradoxe que beaucoup jugent désormais insoutenable. Au cœur de cette fracture : le combat pour la vie de Francette, une jeune Béninoise dont les reins s’éteignent, et l’opulence des célébrations nationales.

Habib Ahandessi
© Habib Ahandessi

La course contre la mort d’Habib Ahandessi

Depuis des mois, Habib Ahandessi ne compte plus ses heures. Pour lui, chaque seconde a le goût du soufre. Son objectif est clair, presque mathématique, mais d’une complexité effrayante : réunir les fonds manquants pour une opération vitale. Le coût de la greffe s’élève à 20 millions de francs CFA. Jusqu’à présent, la famille a déjà réuni 5 millions. Il reste donc 15 millions à trouver — le prix pour que Attoh Trinité Francette ne soit plus qu’un souvenir.

Soirée après soirée, appel après appel, l’activiste mobilise, supplie, espère. Mais la solidarité s’essouffle. Au bout de cet effort titanesque, le compteur affiche à peine six millions. Six millions seulement, alors que l’existence de Francette s’effiloche chaque jour un peu plus. Dans cette course contre la montre, le manque de moyens agit comme une condamnation à petit feu.

99 % de compatibilité : l’espoir suspendu à un chèque

À 30 ans, Francette lutte avec un courage exemplaire contre une insuffisance rénale diagnostiquée il y a peine quatre mois. Dans ce combat, le destin lui a offert une lueur d’espoir rare : son frère jumeau, Attoh Franck, s’est proposé comme donneur. Les tests médicaux révèlent une compatibilité exceptionnelle de 99 %.

Tout est prêt techniquement. Le donneur est là, l’espoir est immense, mais le bloc opératoire reste fermé faute de moyens. C’est tout l’avenir d’une jeune femme et de son enfant de 7 ans qui reste suspendu à une question d’argent.

Des milliards pour « faire oublier »

Pendant que ces six millions peinent à être complétés, d’autres sommes, vertigineuses celles-là, circulent avec aisance. Sous le même ciel, l’État et les organisateurs privés ont aligné les zéros pour le festival « We LovEya ». Des milliards de francs CFA s’évaporent en cachets d’artistes internationaux et en logistique de pointe pour une jeunesse à qui l’on propose de danser pour oublier.

Et la série ne s’arrête pas là. Les projecteurs s’allumeront bientôt pour le « Vodun Days », où des sommes colossales sont à nouveau mobilisées pour transformer une tradition autrefois sacrée en un spectacle mondialisé et bruyant.

Habib Ahandessi
© Habib Ahandessi

La fracture morale : Quelle priorité pour la nation ?

C’est ici que la question devient brutale, presque indécente : Quelle est la priorité réelle du Bénin ?

  •  La vie d’une jeune fille vaut-elle moins qu’un festival ? 

  • Les spots des concerts ou la lumière des blocs opératoires ?

  • Applaudir sous les projecteurs ou soutenir une jeunesse en détresse respiratoire ?

Le contraste est insoutenable. D’une part, un homme seul se bat pour arracher une vie à la mort ; de l’autre, des institutions dépensent sans compter pour des festivités éphémères. La joie de quelques-uns s’étale sans pudeur, tandis que la souffrance des plus vulnérables se noie dans l’indifférence générale.

Un pays qui célèbre la fête mais oublie la vie

Ce paradoxe révèle une profonde fracture dans le contrat social béninois. Un pays qui investit massivement dans le bruit des concerts semble laisser le silence s’installer autour des cris d’alerte humanitaires.

Le diagnostic est sévère : le Bénin ne manque pas d’argent. Il semble manquer de courage dans ses choix et de clarté dans ses priorités. L’urgence vitale est reléguée au second plan, sacrifiée sur l’autel du divertissement. Le pays s’illumine pour célébrer, mais laisse s’éteindre une existence. Tant que les projecteurs des stades brilleront plus fort que les appels au secours des malades, la dignité humaine restera reléguée au second plan, sacrifiée sur l’autel du spectacle.