Bénin : après les législatives, le gouvernement se réorganise

Au Bénin, la recomposition institutionnelle suit le rythme des urnes. À la suite de l’élection des députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont choisi de quitter l’Exécutif pour rejoindre l’Assemblée nationale. Une transition encadrée par les textes, mais qui impose des ajustements rapides pour préserver la continuité de l’action publique.

Le chef de l’État a entériné ces départs et mis en place des mesures provisoires afin d’éviter toute rupture dans la gestion des dossiers en cours.

Du gouvernement à l’hémicycle

Élus députés lors des dernières législatives, Jean-Michel Abimbola et Yayi Éléonore ont exprimé leur volonté de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux règles qui encadrent la séparation des fonctions exécutives et législatives.

Jusqu’ici respectivement en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts, puis de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ils ouvrent une nouvelle étape de leur parcours politique en rejoignant l’hémicycle.

Ce passage du gouvernement au Parlement n’est pas inédit dans la vie politique béninoise, mais il rappelle la dynamique propre aux systèmes démocratiques : les responsables publics peuvent être appelés à exercer des fonctions différentes selon le mandat confié par les électeurs.

Des intérims pour maintenir le cap

Pour combler ces départs, le gouvernement a opté pour des solutions internes. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, assurera à titre intérimaire le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

De son côté, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Assouma Alimatou Shadiya, prend également en charge le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts.

Ce choix de cumul temporaire vise à garantir la stabilité administrative et la poursuite des projets engagés. Les secteurs concernés — universités, recherche scientifique, promotion touristique et valorisation culturelle — sont stratégiques pour le développement du pays.

Une nouvelle phase parlementaire

Avec leur installation à l’Assemblée nationale du Bénin, les deux anciens ministres changent de rôle. Ils participeront désormais à l’élaboration des lois et au contrôle de l’action gouvernementale.

Ce basculement illustre l’équilibre institutionnel : ceux qui étaient hier aux commandes de politiques publiques deviennent aujourd’hui acteurs du débat législatif. Ils apportent à l’hémicycle leur expérience de terrain et leur connaissance des dossiers gouvernementaux.

Continuité et responsabilité

Dans un contexte régional marqué par des transitions parfois heurtées, le processus béninois se distingue par son cadre formel et son respect des règles constitutionnelles. Les départs ont été annoncés, validés et immédiatement compensés par des mesures transitoires.

Pour l’opinion publique, l’enjeu est clair : assurer que les réformes en cours, notamment dans l’enseignement supérieur et la promotion culturelle, ne connaissent aucun ralentissement.

Cette séquence politique rappelle aussi une réalité essentielle : au-delà des personnes, ce sont les institutions qui garantissent la stabilité. Et c’est dans cette continuité que se joue la crédibilité de l’action publique.

Nathan Tchibozo, premier Olympien d’hiver du Bénin

Le Bénin a désormais un nom inscrit dans l’histoire des Jeux d’hiver. Nathan Tchibozo est devenu le tout premier athlète béninois à participer aux Jeux olympiques d’hiver, en représentant son pays à Milano Cortina 2026. Une performance inédite pour une nation d’Afrique de l’Ouest où la neige n’existe pas, mais où les rêves, eux, ne connaissent pas de climat.

L’Ambassade des États-Unis au Bénin a salué publiquement cette étape historique, félicitant le jeune sportif pour son parcours exceptionnel et son engagement à porter haut les couleurs nationales sur la scène internationale.

Un exploit symbolique

La participation de Nathan Tchibozo dépasse le cadre sportif. Elle incarne une nouvelle page dans le récit du sport béninois. Longtemps associé aux disciplines estivales, le pays fait une entrée remarquée dans l’univers exigeant des sports d’hiver.

Spécialiste du slalom géant, une discipline technique qui demande précision, vitesse et endurance, le jeune athlète a su franchir les étapes nécessaires pour atteindre le plus haut niveau. Des premières glissades sur les skis à l’âge de trois ans jusqu’aux pistes olympiques, son parcours témoigne d’une détermination rare.

Dans un pays tropical, où les infrastructures liées aux sports d’hiver sont inexistantes, cette trajectoire relève d’une volonté personnelle hors du commun.

Le poids d’un drapeau

Porter le drapeau béninois lors d’un événement mondial comme les Jeux d’hiver a une portée symbolique forte. Cela signifie que le sport béninois élargit son horizon et affirme sa place dans toutes les disciplines.

Pour de nombreux jeunes, cette image est un signal puissant : aucun domaine n’est inaccessible. L’absence de tradition ou d’environnement favorable ne doit pas freiner l’ambition.

Nathan Tchibozo envoie ainsi un message simple et universel : croire en ses rêves, même lorsqu’ils semblent improbables.

Un modèle pour la jeunesse

Au Bénin, où la jeunesse représente une large part de la population, les figures inspirantes jouent un rôle clé. Le parcours du premier Olympien d’hiver béninois montre que la réussite repose sur le travail, la persévérance et l’attachement à ses racines.

En représentant fièrement son pays à Milano Cortina, Nathan Tchibozo prouve que l’identité nationale peut s’exprimer sur toutes les scènes, qu’elles soient africaines, européennes ou mondiales.

Son exemple ouvre aussi un débat plus large sur la diversification des disciplines sportives au Bénin et sur l’accompagnement des talents, même dans des domaines peu conventionnels.

Une étape historique, un avenir à construire

La présence d’un Béninois aux Jeux d’hiver marque une avancée symbolique. Elle rappelle que le sport est un espace de dépassement, mais aussi un outil de visibilité internationale.

Pour le Bénin, cette participation constitue un jalon. Pour la jeunesse, elle devient une source d’inspiration. Et pour Nathan Tchibozo, elle n’est sans doute qu’un début.

Bénin : Akowe, élu de Porto-Novo, interpellé pour escroquerie

À Porto-Novo, capitale administrative du Bénin, l’interpellation d’un représentant local provoque l’émoi. En effet, la justice détient actuellement Joseph Akowe, chef de quartier à Acron Gogankomey, qu’elle soupçonne d’être impliqué dans une escroquerie présumée liée à des projets de développement piscicole sur la lagune.

 

Dès lors, l’affaire s’ébruite et secoue les berges de Porto-Novo. Selon nos informations, les forces de l’ordre ont appréhendé Joseph Akowe, autorité locale du 1ᵉʳ arrondissement, avant de le placer en garde à vue au commissariat central.

 

Des millions de francs en jeu

Le dossier révèle des montants considérables, évalués à plusieurs millions de francs CFA. Or, ces fonds devaient financer des projets de pisciculture, un secteur vital pour l’économie locale. Pour de nombreuses familles riveraines, l’aquaculture incarne bien plus qu’une activité : elle représente un levier de survie et un espoir de prospérité.

Cependant, cet espoir vacille. En effet, les doutes sur l’usage réel des financements nourrissent l’idée d’un détournement de fonds publics ou privés et laissent un sentiment de trahison parmi les administrés.

 

La justice saisie

Dans ce contexte, la justice prévoit de déférer l’élu local devant le procureur de la République près le tribunal de Porto-Novo dans les prochains jours. Certes, les accusations restent au conditionnel, mais l’enquête s’attache à retracer la destination des ressources mobilisées.

Ainsi, cette interpellation remet en lumière la question de l’intégrité des élus de proximité au Bénin. Dans le quartier d’Acron Gogankomey, certains se taisent tandis que d’autres réclament transparence, alors que la procédure judiciaire suit son cours.

Au-delà du cas Akowe, cette affaire relance le débat sur la gouvernance locale et la transparence dans la gestion des fonds publics au Bénin.

Bénin : procès d’un ex-militaire français pour faux permis à la CRIET

C’est un dossier inhabituel qui s’est ouvert le lundi 16 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Porto-Novo. En effet, un ancien commandant des forces spéciales françaises à la retraite a comparu pour son implication présumée dans un réseau de falsification de documents administratifs béninois.

 

L’enceinte de la CRIET a servi de cadre, lundi, à une audience correctionnelle aux profils singuliers. Au centre des débats : R. F., ancien officier d’élite de l’armée française, aujourd’hui poursuivi pour l’établissement de faux permis de conduire sur le territoire béninois. Détenu sous mandat de dépôt, l’ex-militaire a dû s’expliquer sur des activités bien éloignées de son prestigieux passé sous les drapeaux.

 

Un réseau de falsification à 150 000 FCFA le document

Selon les éléments présentés à l’audience, les faux documents étaient vendus aux alentours de 150 000 FCFA. Le principal prévenu aurait perçu des commissions sur ces transactions. Lors des perquisitions à son domicile, les enquêteurs ont mis la main sur du matériel informatique ainsi que des enregistrements vidéo montrant la confection technique de ces titres de conduite falsifiés.

À la barre, l’ancien commandant, installé au Bénin depuis trois ans pour des motifs professionnels, a fermement nié être le cerveau de l’opération. S’il reconnaît avoir servi de facilitateur, il pointe du doigt un tiers qui serait, selon ses dires, le véritable organisateur de ce trafic.

 

Des profils internationaux dans le box des accusés

L’affaire ne concerne pas seulement l’ancien officier français. La chambre correctionnelle a entendu deux autres ressortissants étrangers, laissés libres durant la procédure : un homme d’affaires russo-belge, qui a rejeté catégoriquement l’utilisation de documents frauduleux, et un jeune Français d’une trentaine d’années, qui a admis avoir détenu un tel permis tout en plaidant sa bonne foi, affirmant par ailleurs qu’il ignorait qu’il s’agissait d’une contrefaçon.

Procès renvoyé au mois de mars

Après une première phase d’échanges intenses sur les responsabilités de chacun, la Cour a décidé de renvoyer l’audience au 16 mars 2026. Ce délai doit permettre aux magistrats d’approfondir l’examen des preuves numériques saisies et de confronter les différentes versions des prévenus.

Pour le Bénin, ce procès illustre une nouvelle fois la détermination de la CRIET à traquer la petite et la grande fraude administrative, quel que soit le profil ou la nationalité des mis en cause.

Bénin : Installation des maires 2026 et le défi de la parité

Depuis le 14 février, les préfectures du Bénin tournent à plein régime pour investir les nouveaux exécutifs locaux. Si la décentralisation gagne en maturité, les chiffres de cette cuvée 2026-2033 révèlent une ombre persistante au tableau : l’extrême marginalisation des femmes à la tête des mairies.

 

Le marathon administratif tire à sa fin. En effet, ce lundi 16 février 2026, le Bénin boucle l’installation des conseils communaux issus du scrutin du 11 janvier dernier. Sur l’ensemble du territoire, l’heure est aux écharpes tricolores et aux passations de charges. À l’heure où nous écrivons ces lignes, 72 édiles sur 77 ont déjà pris possession de leurs bureaux, sous l’étroite supervision des préfets de départements.

Mais derrière le décorum républicain et les promesses de « développement à la base », une statistique fait grincer les dents des défenseurs de la parité : le pouvoir local reste une affaire d’hommes.

 

Un quatuor de femmes pour 77 sièges

L’analyse de cette 5ᵉ mandature, qui s’étirera jusqu’en 2033, offre un contraste saisissant avec les ambitions de modernité affichées par la classe politique. Sur l’échiquier national, seules quatre communes — un chiffre dérisoire — ont porté une femme à leur tête :

  • Zinatou Alazi Osséni Saka à Kandi ;
  • Patricia Ponna Saï à Toucountouna ;
  • Angélique Titilola Adégnika Léonce à Kétou ;
  • Marguerite Agbanzé à Toffo.

 

Ce « club des quatre » incarne à lui seul la résistance du leadership féminin dans un univers politique encore largement verrouillé. Malgré les réformes législatives et les discours sur l’inclusion, la représentativité des femmes au sommet des exécutifs communaux stagne, soulevant des interrogations sur l’efficacité des mécanismes de promotion du genre au sein des partis politiques.

 

Le suspense final pour cinq communes

Le processus ne sera totalement clos qu’en fin de journée. Cinq localités, dont les stratégiques communes d’Ifangni et de Sakété, attendent encore le passage des préfets pour découvrir le visage de leur nouveau maire. Ce léger décalage dans le calendrier n’entache pas la dynamique globale, mais maintient une pression locale dans ces fiefs où les tractations de coulisses ont été particulièrement intenses.

 

2026-2033 : les défis d’un septennat local

Par ailleurs, les nouveaux élus héritent d’une responsabilité lourde. Dans le cadre de la réforme structurelle du secteur de la décentralisation, ils devront cohabiter avec des Secrétaires Exécutifs (SE) pour transformer les territoires.

Pour les sept prochaines années, l’enjeu sera double : prouver que la décentralisation peut répondre aux besoins vitaux des populations (eau, pistes rurales, éducation) et, surtout, démontrer que la gouvernance locale peut aussi être plus inclusive. Car, si cette mandature s’ouvre sous le signe de l’efficacité administrative, elle souffre déjà d’un déficit de représentativité qui pourrait, à terme, fragiliser le pacte de confiance entre les administrés et leurs élus.

Bénin : Affaire Éden Food et l’arnaque des 100 marmites au CNIN

Soupçonnée de malversations autour d’une vaste opération caritative, Love Anick Ploka, alias « Éden Food », a été longuement interrogée par le Centre national d’investigations numériques (CNIN). Entre promesses de solidarité et ombres sur la comptabilité, l’influenceuse joue désormais sa crédibilité devant les enquêteurs.

 

Au Bénin, la frontière entre l’influence caritative et l’arnaque numérique n’a jamais paru aussi poreuse. Ce lundi 16 février 2026, l’influenceuse culinaire Love Anick Ploka, plus connue sous son pseudonyme « Éden Food », doit se présenter à nouveau devant les enquêteurs du Centre national d’investigations numériques (CNIN). Ce rendez-vous judiciaire fait suite à une première audition musclée le vendredi 13 février, où la jeune femme a frôlé le placement en détention après plusieurs heures d’interrogatoire.

 

Le mirage des « 100 marmites »

Tout commence le 29 novembre 2025. Sur les réseaux sociaux, le projet est séduisant, presque titanesque : préparer cinq tonnes de nourriture pour offrir un repas chaud à près de 30 000 démunis. L’opération, baptisée « 100 marmites », suscite un élan de générosité immédiat. Des particuliers vident leur portefeuille, des entreprises livrent des tonnes de riz et de pâtes alimentaires.

Cependant, deux mois plus tard, la machine se grippe. Sur la toile, les louanges ont laissé place à un réquisitoire numérique. Les accusations pleuvent : certains bénéficiaires affirment avoir dû payer pour des plats censés être gratuits, tandis que des donateurs s’interrogent sur le décalage flagrant entre les montagnes de vivres collectées et la réalité des distributions sur le terrain.

 

Le CNIN aux fourneaux

Face à l’ampleur du tumulte, la justice béninoise a actionné son bras armé contre la cybercriminalité. Les policiers du CNIN cherchent désormais à percer le mystère de la traçabilité des dons. Où est passé l’argent ? Les stocks de nourriture ont-ils été détournés ?

L’influenceuse a été libérée de justesse à 23 heures vendredi dernier, après une garde à vue de fait. Mais la pression ne retombe pas : d’autres organisateurs de l’événement sont également dans le viseur des enquêteurs ce lundi.

 

Un test pour la confiance numérique

Cette affaire illustre le défi croissant auquel fait face le Bénin : la régulation de la générosité publique sur Internet. Pour les autorités, il s’agit de marquer le coup. Dans un pays où le gouvernement a fait de la lutte contre la cybercriminalité un cheval de bataille, l’exploitation de la précarité à des fins présumées d’enrichissement personnel est un dossier pris très au sérieux.

Pour Éden Food, l’enjeu est désormais d’apporter des preuves concrètes de sa bonne foi. Au-delà de sa liberté, c’est tout l’écosystème du « social media » béninois qui retient son souffle, craignant que cette affaire n’entache durablement les futurs appels à la solidarité nationale.

Bénin vs Égypte U20 : Le grand défi des Amazones à Lomé

Le stade de Kégué, à Lomé, s’apprête à devenir le théâtre d’une des pages les plus intenses du football féminin béninois. En effet, Ce vendredi 13 février, à 15 h GMT (16 h à Cotonou), les Amazones U20 retrouvent les Pharaonnes d’Égypte pour la manche retour des qualifications à la Coupe du monde de leur catégorie. Si le gazon est togolais, le cœur du match bat bel et bien pour le Bénin.

 

L’exil comme catalyseur de résilience

Disputer un match « à domicile » hors de ses frontières n’est jamais une mince affaire. Pourtant, pour le onze national, cette délocalisation au Togo ne doit pas être un frein, mais un moteur. Dans les couloirs du ministère des Sports, le mot d’ordre est clair : transformer l’enceinte de Lomé en une forteresse imprenable pour valider le ticket mondial.

La direction de cette rencontre cruciale a été confiée à l’arbitre congolaise Agnes Ngoma Makaya. Sous son sifflet, les Amazones devront faire preuve de discipline et de réalisme face à une équipe égyptienne réputée pour sa rigueur tactique.

 

Une communion numérique au-delà des frontières

Faute de pouvoir remplir les gradins de Kégué avec la ferveur cotonnoise, les autorités sportives ont misé sur la proximité digitale. La page Facebook officielle du Ministère des Sports diffusera la rencontre en temps réel, permettant ainsi à des milliers de supporters de pousser, derrière leurs écrans, pour la victoire finale.

Au-delà de la performance athlétique, ce duel représente un test de maturité pour une génération de joueuses qui porte les espoirs d’une nation entière. Les Amazones savent qu’une qualification historique renforcerait non seulement le prestige du football béninois sur la scène internationale, mais ouvrirait surtout la voie à une reconnaissance durable du sport féminin dans le pays.

À Godomey, une opération nocturne relance le débat sur sécurité

Dans la soirée du 11 février 2026, l’arrondissement de Godomey, en périphérie de Cotonou, a été le théâtre d’une vaste opération de contrôle menée par la Police républicaine. Baptisée « Nuit Blanche », l’intervention s’inscrit dans une stratégie de renforcement de la sécurité et de lutte contre les activités jugées illicites.

Dès 18 heures, les unités mobilisées au commissariat de Godomey ont pris position. L’objectif affiché : quadriller les zones considérées comme sensibles et procéder à des vérifications d’identité systématiques.

 

Des quartiers ciblés

Les premières opérations ont visé Cococodji et Cocotomey, deux secteurs régulièrement cités dans les rapports sécuritaires. Les forces de l’ordre ont multiplié les contrôles dans des lieux identifiés comme points de regroupement nocturne.

Au terme de cette première phase, 15 personnes ont été interpellées. Mais c’est surtout entre 23 heures et l’aube que l’opération a pris de l’ampleur. Les patrouilles ont parcouru les principales artères, élargissant les vérifications à toute personne jugée en situation irrégulière.

 

Un bilan chiffré, une réalité sociale

Au petit matin, le décompte faisait état de 63 interpellations. Parmi elles, 38 travailleuses du sexe, selon les autorités. Ce chiffre met en lumière une réalité souvent reléguée à la marge : l’importance de l’économie informelle nocturne dans certaines zones urbaines du Bénin.

Si la police invoque la nécessité de restaurer l’ordre public, ces opérations soulèvent également des interrogations sur la prise en charge sociale des personnes concernées. Entre impératif sécuritaire et vulnérabilité économique, la frontière est parfois ténue.

 

Sécurité et gouvernance urbaine

L’opération « Nuit Blanche » illustre la volonté des autorités béninoises de renforcer la présence policière dans les zones périurbaines. À l’heure où les grandes agglomérations ouest-africaines connaissent une croissance rapide, la gestion des activités nocturnes devient un enjeu de gouvernance.

Reste à savoir si ces actions ponctuelles suffiront à répondre aux défis structurels que posent chômage, précarité et informalité. Car derrière les statistiques d’interpellations se dessine une question plus large : comment concilier sécurité publique et accompagnement social dans des espaces urbains en mutation ?

Bénin : Calendrier officiel de l’installation des conseils communaux 2026

Après la validation des scrutins de janvier par la Cour suprême, les préfectures accélèrent la cadence. À partir du 13 février, une série de cérémonies officielles marquera l’entrée en fonction des nouveaux exécutifs locaux à travers le pays.

 

C’est une étape décisive pour la décentralisation béninoise. Un mois après les élections municipales du 11 janvier 2026, l’heure est désormais à la formalisation du pouvoir local. Une fois les contentieux électoraux purgés devant la haute juridiction, les préfets de département ont dévoilé le chronogramme précis de l’installation des futurs édiles.

 

Une montée en puissance dès ce vendredi

Plusieurs régions stratégiques donneront simultanément le coup d’envoi. Dans le Plateau, le préfet Valère Sètonnougbo dirigera les opérations dans les cinq communes du département ce vendredi 13 février, avec un enchaînement millimétré entre 13 h et 17 h.

Le Mono, sous la houlette de Dêdêgnon Bienvenu Milohin, déroulera son calendrier sur deux jours. Les équipes noueront les premières écharpes à Grand-Popo (14 h), Comè (15 h) et Athiémé (18 h), avant de clore le bal à Lokossa le samedi matin.

 

Le Borgou et l’Ouémé : des week-ends sous haute surveillance

Le département du Borgou entamera également sa mue dès vendredi après-midi à Sinendé et Bembèrèkè. Le processus se poursuivra tout au long du week-end, touchant des pôles majeurs comme Nikki le samedi, pour finir en apothéose le dimanche 15 février à Parakou et Tchaourou.

Dans l’Ouémé, la préfète Marie Akpotrossou a opté pour une concentration des cérémonies sur le week-end. Porto-Novo, la capitale, connaîtra l’installation de son nouveau conseil le dimanche à 14 h, point culminant d’une série débutée la veille à Bonou et Adjoboun.

 

Un impératif de stabilité institutionnelle

Ces cérémonies, bien que protocolaires, restent placées sous la vigilance des autorités locales qui appellent au civisme des populations et des élus. Toutefois, une part d’incertitude demeure : ces horaires restent juridiquement subordonnés aux ultimes arbitrages que pourrait rendre la Cour suprême.

Pour les départements n’ayant pas encore publié leurs dates, l’attente ne devrait être que de courte durée. L’objectif national est clair : parachever la mise en place des équipes communales sur toute l’étendue du territoire d’ici la fin de la semaine prochaine.

 

Calendrier des installations par département

Date Département Commune (Heure)
Vendredi 13 fév. Plateau Successivement dans les 5 communes (13h – 17h)
Mono Grand-Popo (14h), Comè (15h), Bopa (16h), Houéyogbé (17h), Athiémé (18h)
Borgou Sinendé (14h), Bembèrèkè (16h)
Samedi 14 fév. Borgou Kalalé (9h), Nikki (13h), Pèrèrè (16h)
Mono Lokossa (9h)
Ouémé Bonou (10h), Adjohoun (12h), Aguégués (14h), Sèmè-Podji (16h)
Zou 9 conseils communaux (Communes à préciser)
Dimanche 15 fév. Borgou N’Dali (9h), Parakou (13h), Tchaourou (16h)
Ouémé Akpro-Missérété (10h), Dangbo (12h), Porto-Novo (14h)
Zou Suite des installations (Communes à préciser)

Assemblée nationale : l’UP-R affiche sa cohésion autour de Joseph Djogbénou

Au lendemain de son élection au perchoir, le nouveau président de l’Assemblée nationale a reçu, mercredi 11 février, les ténors de sa famille politique. Une visite aux allures de démonstration de force et de cohésion pour la majorité parlementaire.

 

Le Palais des Gouverneurs de Porto-Novo a vibré, ce mercredi matin, au rythme des ballets diplomatiques et politiques. Mais l’audience du jour revêtait un caractère tout particulier : Joseph Fifamin Djogbénou, fraîchement installé à la tête de la 10ᵉ législature, accueillait les cadres de la Haute Direction politique de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R).

Assemblée nationale
© Assemblée nationale

Une visite de courtoisie sur fond de solidarité politique

Si le protocole impose la sobriété, l’image, elle, est forte. En recevant une délégation de haut rang menée par la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata, le nouveau « patron » du Parlement a reçu l’onction officielle de son propre camp.

Aux côtés de la vice-présidente, on notait la présence remarquée de son prédécesseur, Louis Vlavonou, ainsi que des figures de proue du parti telles qu’Aké Natondé, Gérard Gbénonchi ou encore le maire Christian Houétchénou. Cette rencontre, loin d’être une simple formalité, marque aussi la volonté du parti de s’afficher soudé derrière son chef à l’entame de ce nouveau cycle législatif.

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© Assemblée nationale

« Un soutien sans faille »

À la sortie de l’entretien, Mariam Chabi Talata s’est faite le porte-voix de cette délégation prestigieuse. Devant la presse parlementaire, elle a souligné l’évidence de cette démarche :

« Il était impératif pour nous de venir saluer l’élection du président Joseph Fifamin Djogbénou. Au-delà des félicitations d’usage, nous tenions à lui exprimer nos vœux de réussite et, surtout, à lui garantir notre accompagnement total en tant que membres de l’Union Progressiste le Renouveau. »

Ce message de « plein succès » résonne comme une feuille de route pour les mois à venir. En réaffirmant son soutien, la direction du parti assure à Joseph Djogbénou une base solide pour mener les réformes et les débats qui attendent également cette dixième législature.

 

Les défis de la 10ᵉ législature

Pour le nouveau président de l’Assemblée, l’enjeu sera désormais de transformer cet élan de solidarité partisane en une dynamique de travail efficace au sein de l’hémicycle. Si la famille politique fait bloc, Joseph Djogbénou devra désormais porter son costume de garant de l’institution parlementaire, entre continuité et renouvellement des pratiques législatives.