Glo-Djigbé : Deux employés surpris en train de dérober des câbles

Glo-Djigbé, 24 octobre 2025 – Un coup de filet express a mis fin, mardi soir, à une tentative audacieuse de vol au cœur du poumon industriel béninois. Deux agents chargés du ramassage des déchets ont été interpellés en flagrant délit dans l’enceinte de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), alors qu’ils tentaient d’exfiltrer une cargaison de câbles en cuivre, matériau hautement convoité sur le marché noir. L’incident met en lumière les failles persistantes de ce site stratégique, malgré les efforts constants de sécurisation.

 

Glo-Djigbé  : une opération rodée… qui déraille à la tombée de la nuit

 

Les faits se sont déroulés sous un ciel maussade de mi-octobre. Dès 14 heures, les deux suspects, profitant de leur fonction au sein des équipes de propreté, ont entrepris de sectionner près de 35 mètres de câbles, soigneusement dissimulés dans les recoins des installations. Pour maquiller leur forfait, ils ont enfoui le butin au fond d’un sac rempli de déchets ménagers, espérant franchir les contrôles sans éveiller les soupçons.

Leur plan prévoyait un retour discret en soirée pour récupérer la marchandise. Mais à 18 heures, leur scénario s’est effondré. Une ronde conjointe, composée de vigiles internes et de policiers du commissariat dédié, les a surpris en pleine tentative d’extraction. Pris la main dans le sac – au sens propre – les deux individus ont immédiatement reconnu les faits. « C’était notre coup d’essai », ont-ils lâché aux enquêteurs, tentant ainsi de minimiser leur acte.

 

En garde à vue : une enquête qui remonte les filières

 

Conduits au poste de police local, les deux hommes sont désormais en garde à vue, tandis que l’enquête s’élargit. Les enquêteurs s’activent pour démêler les ramifications possibles : complices internes, receleurs à Cotonou, réseaux organisés ? Rien n’est exclu. Les auditions se multiplient pour reconstituer le fil d’un vol qui pourrait n’être que la partie émergée d’un système plus vaste.

Dans un écosystème comme celui de la GDIZ, où se concentrent des usines stratégiques et des milliers d’emplois, un simple sabotage électrique peut avoir des conséquences lourdes : arrêts de production, risques techniques, pertes financières. Conscientes de ces enjeux, les autorités du site renforcent leur dispositif : caméras additionnelles, patrouilles nocturnes intensifiées, et sessions de sensibilisation pour prévenir les collusions internes.

 

Un signal d’alarme pour les zones franches africaines

 

Au-delà du préjudice matériel – estimé à plusieurs centaines de milliers de francs CFA – cet épisode soulève des questions plus larges sur la sécurité des zones économiques spéciales. La GDIZ, vitrine de l’industrialisation béninoise et aimant à capitaux étrangers, n’échappe pas aux convoitises. Le cuivre, dont la valeur ne cesse de grimper sur les marchés parallèles, attise les convoitises et expose les infrastructures à des risques croissants.

Des spécialistes appellent à une vigilance renforcée, combinant ainsi technologies de surveillance avancées et gouvernance éthique, pour préserver l’intégrité de ces pôles industriels. Car la prospérité repose sur un équilibre fragile, où chaque faille peut devenir une brèche.

 

Glo-Djigbé : vers une sécurité renforcée ?

 

Alors que les suspects attendent leur comparution, cette interpellation agit comme un électrochoc. À Glo-Djigbé, on espère qu’elle marquera le début d’une ère plus imperméable aux tentations. L’enquête, elle, promet des révélations susceptibles d’ébranler certains rouages internes. Dans ce bastion économique, la sécurité n’est plus un luxe : c’est un impératif.

 

Bénin : Talon et Boni Yayi en conciliabule discret sur le climat électoral

Cotonou, 24 octobre 2025 – Dans un rare moment de dialogue direct, le président Patrice Talon a reçu ce vendredi son prédécesseur Thomas Boni Yayi pour un tête-à-tête à huis clos, centré sur les enjeux de la présidentielle à venir. L’entretien, tenu dans la plus grande discrétion au palais de la Marina, n’a donné lieu à aucune déclaration officielle, laissant place à toutes les spéculations dans un climat politique déjà sous pression à l’approche de 2026.

 

Talon et Boni Yayi : un échange sans écho, mais lourd de sens

 

Aucune image, aucun communiqué, aucun mot de trop : les deux figures majeures de la scène béninoise ont observé un silence absolu. L’agenda présidentiel s’est contenté d’une ligne laconique confirmant la rencontre, sans en dévoiler la teneur. Une sobriété inhabituelle, qui tranche avec les pratiques de communication habituelles et alimente les interrogations sur la portée réelle de cet échange.

Selon plusieurs sources, les discussions auraient porté sur le processus électoral en cours, notamment les parrainages controversés et les réformes constitutionnelles qui divisent l’opposition. Boni Yayi, leader charismatique des Démocrates, affaiblis par des revers judiciaires récents, aurait tenté de désamorcer les tensions. Talon, souvent accusé de verrouiller le jeu démocratique, aurait saisi l’occasion pour sonder les intentions de son ancien rival, devenu interlocuteur stratégique.

 

Une opposition fragilisée, un pouvoir en veille

 

Cette rencontre intervient dans un contexte préélectoral tendu. Les Démocrates, bastion historique de l’opposition, viennent d’être écartés de la course par la CENA, qui a invalidé leur ticket présidentiel en raison d’irrégularités sur les fiches de parrainage. L’affaire Sodjinou, du nom du député ayant obtenu gain de cause contre son propre parti pour usage abusif de son soutien, illustre aussi les fractures internes qui minent la formation.

Face à cette fragilité, Talon pourrait chercher à maintenir un canal de dialogue ouvert avec Yayi, à la fois pour prévenir une coalition hostile et pour désamorcer une éventuelle fronde. Les observateurs notent que ce type de rencontre, rarissime sous ce régime, rappelle les pratiques d’un Bénin post-consensus, où les grandes manœuvres se jouent souvent en coulisses.

 

Talon et Boni Yayi : le silence comme stratégie

 

L’absence de déclaration officielle n’est pas anodine. Elle pourrait traduire un accord tacite sur des concessions mutuelles – assouplissement du système de parrainage, appel au calme – ou, au contraire, signaler une impasse. À Cotonou, les rumeurs vont bon train : certains évoquent une alliance ponctuelle entre Les Démocrates et le camp présidentiel, d’autres y voient une ultime tentative de Yayi pour relancer la contestation sans s’isoler davantage.

Quoi qu’il en soit, ce face-à-face discret marque un tournant dans la relation entre Talon et Yayi, duo antagoniste qui a façonné la Ve République béninoise. Alors que les candidatures s’affinent et que les alliances se dessinent, ce silence assourdissant appelle à la vigilance. Le Bénin, fidèle à sa tradition de transitions pacifiques, saura-t-il transformer ce murmure en harmonie électorale ? Les prochains jours, entre fuites et annonces, livreront peut-être quelques clés. En attendant, le palais reste muet, et la nation retient son souffle.

 

Affaire Sodjinou : la Cour constitutionnelle se déclare incompétente

Cotonou, 24 octobre 2025 – Coup de théâtre dans l’affaire du retrait de parrainage de Sodjinou : la Cour constitutionnelle du Bénin a déclaré, jeudi 23 octobre, son incompétence à statuer sur le litige opposant le député à son parti, Les Démocrates. En renvoyant l’affaire devant les juridictions ordinaires, elle entérine une décision antérieure favorable au parlementaire et prive, de facto, l’un des principaux partis d’opposition d’une candidature à la présidentielle.

 

Parrainage litigieux et fracture interne

 

Le différend trouve son origine dans l’inscription controversée de Michel Sodjinou comme parrain du ticket présidentiel porté par Vignilé Renaud Léandre N’doufou Agbodjo et Jude Bonaventure Lodjou. Le député affirme que son soutien a été enregistré sans son consentement, une irrégularité dénoncée devant le tribunal de Cotonou. Celui-ci lui a donné raison, annulant l’usage du document et ordonnant sa restitution.

Refusant cette décision, Les Démocrates ont saisi la Cour constitutionnelle, estimant que le litige relevait du droit électoral. Un argumentaire qui visait à contourner les tribunaux classiques et à faire passer le litige pour une question de conformité aux normes fondamentales de la démocratie béninoise.

 

Affaire Sodjinou : une ligne rouge posée par la Cour

 

Décidément, la Haute Juridiction ne partage pas l’analyse des Démocrates. Dans un arrêt rendu le 23 octobre, elle estime que le différend relève d’un désaccord interne sans portée constitutionnelle. « Ce n’est pas une contestation de validité électorale, mais un contentieux interne classique », ont résumé les sages, renvoyant l’affaire devant les juridictions de droit commun – tribunal et cour d’appel – pour un examen approfondi.

Cette décision enterre les espoirs de recours rapide du parti et confirme l’ordonnance rendue à Cotonou. Michel Sodjinou conserve son parrainage et pourrait le réorienter. Pour Les Démocrates, c’est un revers majeur : la CENA a déjà écarté le duo Agbodjo-Lodjou de la liste provisoire des candidats, les privant ainsi d’un ticket présidentiel pour 2026.

 

Affaire Sodjinou : une opposition fragilisée, un débat relancé

 

Au-delà du volet juridique, cette affaire affaiblit l’opposition. Les Démocrates, pilier historique face au pouvoir, se retrouvent dans une impasse à quelques mois du scrutin. Un ultime recours en cassation reste possible, mais limité aux vices de forme.

La décision marque aussi une clarification jurisprudentielle : les litiges sur les parrainages ne pourront plus être érigés en crises constitutionnelles. Ils devront suivre le circuit judiciaire classique, évitant l’encombrement de la Cour suprême.

Mais, les enjeux dépassent les tribunaux. Pour plusieurs analystes, cette affaire révèle les limites du système de parrainage : censé filtrer les candidatures, il entrave parfois les dynamiques internes, notamment dans l’opposition. « C’est un outil de légitimation, mais il peut devenir un verrou antidémocratique », estime un expert en droit électoral.

 

Vers une présidentielle sous tension

 

À l’approche de 2026, l’affaire Sodjinou illustre les tensions croissantes autour du jeu électoral béninois. Les Démocrates, affaiblis sur les plans judiciaire et administratif, devront revoir leur stratégie ou nouer des alliances. Sodjinou, lui, s’affirme comme un acteur indépendant, prêt à tracer sa propre voie.

Dans ce climat incertain, une chose est sûre : chaque fiche de parrainage pourrait peser plus lourd qu’un bulletin de vote. La Cour constitutionnelle a rappelé les règles, mais le terrain politique reste plus imprévisible que jamais.

Et une série de questions s’impose, troublantes autant que révélatrices :

  • Pourquoi Michel Sodjinou a-t-il décidé de contester son parrainage à la dernière minute ?
  • A-t-il déposé sa fiche sous contrainte, comme s’il avait un pistolet sur la tempe ?
  • Ignorait-il qu’un nom pouvait être inscrit sans validation explicite lorsqu’il déposait sa fiche à blanc ?
  • Pourquoi est-il le seul membre des Démocrates à s’être plaint de la procédure ?
  • Que gagne-t-il réellement à voir son propre parti exclu des joutes électorales ?
  • Est-il la taupe tant redoutée au sein des Démocrates ?

Autant d’interrogations qui, à défaut de réponses immédiates, alimentent les soupçons et redessinent les lignes de fracture d’une présidentielle sous haute tension.

 

Bénin : Affaire de diffamation entre ex-ministres de l’Énergie

Entre diffamation et rivalités politiques, le duel judiciaire entre Paulin Akponna et Samou Seidou Adambi s’enlise à Abomey-Calavi, révélant ainsi  les fractures d’une élite en quête de rédemption.

 

Abomey-Calavi, 23 octobre 2025 –Le feuilleton judiciaire opposant deux anciens poids lourds du gouvernement béninois continue de s’étirer. Hier, le Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi a une nouvelle fois ajourné l’examen de la plainte pour diffamation visant Paulin Akponna, ex-ministre de l’Énergie et des Mines, accusé d’avoir proféré des propos injurieux à l’encontre de son prédécesseur, Samou Seidou Adambi. La prochaine audience est fixée au 5 novembre, prolongeant l’incertitude autour d’une querelle qui empoisonne les coulisses politiques depuis plusieurs mois.

Ni l’accusé ni le plaignant n’ont assisté à l’audience, laissant leurs avocats plaider en leur nom. Ce report, le deuxième en quelques semaines, s’explique par un vice de procédure persistant : le non-paiement d’une consignation judiciaire de 300 000 francs CFA, exigée pour ouvrir l’instruction au fond.

 

Affaire de diffamation : des accusations explosives nées d’un meeting houleux

 

L’affaire a éclaté lors d’un meeting politique à Parakou, dans le nord du pays. Paulin Akponna, alors ministre en exercice, avait lancé de lourdes accusations contre Samou Seidou Adambi, l’accusant d’avoir détourné des fonds publics en « aspirant » les ressources budgétaires du secteur énergétique. Des propos jugés diffamatoires par Adambi, qui a immédiatement saisi la justice pour laver son honneur.

Ces déclarations, prononcées en pleine campagne, ont provoqué un tollé au sein du gouvernement et entraîné la révocation immédiate d’Akponna. Ce dernier, dans une tentative d’apaisement, a présenté des excuses publiques à Adambi, au chef de l’État et à l’ensemble de l’exécutif. Une démarche qui n’a pas suffi à éteindre l’incendie.

 

Une procédure qui patine, un climat qui s’alourdit

 

Déjà reportée une première fois en juillet pour vice de forme, l’affaire peine à avancer. Malgré le délai accordé pour régulariser la consignation, le 22 octobre, le tribunal a de nouveau renvoyé les parties dos à dos. Ce blocage procédural alimente le malaise et retarde une issue judiciaire attendue.

Dans le même temps, une enquête du Haut Commissariat à la prévention de la corruption a blanchi Adambi : aucune preuve ne vient étayer les accusations de détournement. Ce verdict renforce aussi  la plainte pour diffamation et donne à l’affaire une tournure plus pénale que politique.

 

Affaire de diffamation : Réconciliation impossible ou bras de fer prolongé ?

 

Pour les observateurs du paysage politique béninois, ce différend illustre les tensions latentes au sein de l’élite dirigeante, où les rivalités personnelles dégénèrent en affrontements institutionnels. Relégué dans l’opposition après son limogeage, Akponna pourrait percevoir cette procédure comme une manœuvre pour le neutraliser. Adambi, lui, se présente en fait comme la cible d’une cabale destructrice.

Avec ce nouveau report, le suspense judiciaire s’épaissit. Le 5 novembre, les juges d’Abomey-Calavi devront-ils enfin trancher sur le fond, ou ce dossier – miné par des reports techniques – risque-t-il de s’enliser davantage ? En attendant, les deux ex-ministres, jadis alliés, assistent à l’érosion d’une relation professionnelle brisée par des mots trop lourds.

En somme,  à Cotonou, les murmures se multiplient : cette affaire pourrait bien peser sur les équilibres politiques à venir, à l’approche des échéances électorales. L’horizon judiciaire, lui, reste brouillé.

 

parrainage : la Cour d’Appel tranche, Sodjinou récupère son droit

Cotonou, 23 octobre 2025 – Le 17 octobre dernier, au terme d’une bataille judiciaire acharnée opposant l’ancien président Thomas Boni Yayi et sa formation politique Les Démocrates (LD) au député Michel François Oloutoyé Sodjinou, la Cour d’Appel de Cotonou a mis un point final. Dans un arrêt sans équivoque, la juridiction a confirmé la décision du tribunal de première instance, enjoignant Yayi et ses alliés à restituer le formulaire nominatif de parrainage au parlementaire.

Ce rebondissement marque un second revers pour l’ex-chef de l’État et son mouvement, qui espéraient inverser la tendance après un premier jugement défavorable rendu six jours plus tôt. Au cœur du litige : un formulaire de soutien politique que Sodjinou accuse les dirigeants de LD d’avoir retenu abusivement, entravant ainsi son parcours électoral. Saisi en urgence, le juge des référés avait déjà tranché en faveur du député, annulant le document litigieux et ordonnant la délivrance d’un nouvel exemplaire pour lever tout obstacle.

 

Parrainage : une contestation balayée par la Cour d’Appel

 

Face à cette première décision, datée du 13 octobre, Les Démocrates n’avaient pas désarmé. Leur président, Boni Yayi, et ses colistiers ont aussitôt déposé un recours, arguant d’une incompétence manifeste du magistrat. Selon eux, l’affaire ne relevait ni de la justice civile ordinaire, ni de la procédure accélérée des référés. Ils ont soutenu que le fait de confier le formulaire au parti constituait un acte volontaire, irrévocable – une sorte de don politique, impossible à reprendre.

Mais la Cour d’Appel n’a pas retenu cette interprétation. Dans son délibéré, elle a balayé les objections d’un revers de plume, réaffirmant la compétence du juge des référés dans les situations d’urgence, dès lors que les enjeux ne prêtent pas à controverse majeure. « Il ne s’agissait pas ici de remettre en cause la validité intrinsèque du parrainage », ont précisé les magistrats, « mais bien de corriger une détention injustifiée d’un document administratif nominatif ». Une nuance décisive qui fait basculer le dossier d’une querelle politique vers une question de droit pur : celle de la protection contre les blocages arbitraires.

L’arrêt n°014/CH-PD-REF/2025 entérine ainsi l’ordonnance 254/AUD-PD/2025 du tribunal de base, scellant la victoire judiciaire du député Sodjinou. Ce dernier, qui avait dénoncé publiquement les manœuvres de rétention comme une entrave à sa liberté d’action, sort renforcé de cette épreuve.

 

Des fissures dans l’opposition : symptôme d’un malaise plus profond ?

 

Au-delà du sort d’un simple formulaire, cette affaire révèle les tensions internes qui traversent Les Démocrates, formation née des cendres de l’opposition post-Yayi et censée incarner l’alternative au pouvoir en place. La rétention alléguée du document soulève des interrogations sur la gouvernance du parti : jusqu’où les instances dirigeantes peuvent-elles contrôler les ambitions individuelles de leurs membres ? Dans un contexte préélectoral où les parrainages sont stratégiques, la question n’est pas anodine.

Boni Yayi, figure tutélaire de l’opposition béninoise depuis son départ du palais en 2016, voit son autorité judiciaire ébranlée pour la seconde fois en une semaine. Les Démocrates, qui se veulent rempart contre les dérives du régime Talon, devront-ils revoir leur stratégie pour éviter que ces déboires internes ne ternissent leur image ? Sodjinou, lui, peut désormais avancer, formulaire en main, vers ses objectifs politiques.

 

Parrainage : une justice rapide

 

La célérité de la Cour d’Appel dans ce dossier illustre la capacité du système judiciaire béninois à trancher les contentieux sensibles sans s’enliser. Un atout précieux à l’approche d’échéances électorales qui s’annoncent disputées. Elle rappelle aussi que, derrière les joutes partisanes, le droit administratif veille à ce que les outils démocratiques – comme les parrainages – ne deviennent pas les otages de luttes de pouvoir.

Cependant, cet épisode judiciaire ne referme pas le dossier. Bien au contraire : Les Démocrates ont saisi la Cour constitutionnelle, qui doit rendre son verdict ce jour-même. À Cotonou, tous les regards convergent vers cette instance suprême, dont la décision pourrait redessiner les contours d’une élection plus inclusive. En toile de fond, c’est l’équilibre démocratique qui se joue. Les Démocrates retiennent leur souffle. Le Bénin, lui, reste en alerte.

 

Le Bénin et les Émirats renforcent leur partenariat économique

À Cotonou, le conseiller spécial du président béninois et l’ambassadeur des Émirats arabes unis ont discuté des opportunités d’investissement et de coopération stratégique, dans une logique de croissance partagée et de diplomatie économique renforcée.

 

Cotonou, 23 octobre 2025 – Dans le cadre d’un rapprochement stratégique, l’ambassadeur des Émirats arabes unis au Bénin, Mohamed Saeed Al Kaabi, a tenu une séance de travail avec le conseiller spécial du président béninois, Dr Zul-Kifl Salami, chargé de la coordination avec les fonds d’investissement arabes. Organisée dans les locaux officiels du conseiller à Cotonou, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de diplomatie économique visant à consolider les partenariats bilatéraux et à identifier de nouveaux leviers de croissance partagée.

 

Le Bénin et les Émirats arabes unis : une coopération orientée vers les investissements structurants

 

Les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles d’intensifier la collaboration entre Abu Dhabi et Cotonou, avec un accent particulier sur les secteurs à fort potentiel : infrastructures, agriculture, énergies renouvelables et innovation technologique. En fait, l’objectif affiché est clair : favoriser des projets à impact, alignés sur les priorités nationales béninoises et les ambitions régionales des Émirats.

Dr Salami, en sa qualité de coordinateur auprès des institutions financières arabes, a réaffirmé l’engagement du Bénin à diversifier ses partenariats internationaux et à mobiliser des financements innovants. De son côté, l’ambassadeur Al Kaabi a exprimé l’intérêt croissant des Émirats pour des coopérations sud-sud, où le savoir-faire financier et technologique peut catalyser le développement durable.

 

Une diplomatie économique en pleine expansion

 

Par ailleurs, cette rencontre s’inscrit dans une tendance régionale : l’Afrique de l’Ouest attire de plus en plus l’attention des puissances du Golfe, en quête de relais stratégiques et de marchés émergents. Le Bénin, en tant que porte d’entrée ouest-africaine, multiplie les initiatives pour accélérer sa transformation économique et renforcer son attractivité.

Les Émirats, forts de leur position de hub financier mondial, pourraient jouer un rôle clé dans le financement de projets structurants au Bénin, notamment dans les domaines de la logistique, de la sécurité alimentaire et de la transition énergétique.

 

Le Bénin et les Émirats arabes unis  : vers une souveraineté économique partagée

 

En somme, cette rencontre marque une étape concrète dans le renforcement des relations économiques entre le Bénin et les Émirats arabes unis. Les discussions engagées ouvrent la voie à des investissements ciblés, appelés à se traduire rapidement en projets structurants.

Santé au Bénin : le CNHU-HKM entre en mutation

Le gouvernement béninois lance une réforme ambitieuse du CNHU-HKM, avec un nouveau conseil d’administration et une synergie annoncée avec le CHIC. Objectif : moderniser l’hôpital phare de Cotonou et renforcer l’accès aux soins spécialisés.

 

Cotonou, 22 octobre 2025 –Dans un auditorium bondé d’officiels, de professionnels de santé et de représentants institutionnels, le ministre de la Santé, le professeur Benjamin Hounkpatin, a donné hier le coup d’envoi d’une nouvelle ère pour l’un des piliers du système hospitalier béninois. Le mardi 21 octobre, il a officiellement investi les membres du conseil d’administration du Centre Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM), marquant ainsi le lancement d’un mandat triennal placé sous le signe de l’ambition et de la réforme.

À Cotonou, le ministre de la Santé installe le nouveau conseil d’administration du CNHU-HKM, marquant le début d’une transformation stratégique du système hospitalier béninois. Une dynamique portée par la modernisation des infrastructures et la coopération avec le CHIC.
© À Cotonou, le ministre de la Santé installe le nouveau conseil d’administration du CNHU-HKM, marquant le début d’une transformation stratégique du système hospitalier béninois. Une dynamique portée par la modernisation des infrastructures et la coopération avec le CHIC.

CNHU-HKM : un tournant stratégique pour le secteur hospitalier

 

Ce rendez-vous institutionnel intervient à un moment charnière pour le secteur de la santé au Bénin. Alors que le gouvernement accélère la modernisation des infrastructures médicales, le CNHU-HKM, fleuron hospitalier de Cotonou, s’apprête à vivre une refonte en profondeur. L’objectif est clair : transformer l’établissement en un modèle d’excellence, capable de prodiguer des soins spécialisés à des milliers de Béninois chaque année.

« Nous rénovons pour guérir mieux », résume un proche du dossier, soulignant l’urgence des travaux face à une demande croissante en services de santé de haut niveau.

 

Une vision intégrée entre anciens et nouveaux pôles hospitaliers

 

Lors de son intervention, le ministre Hounkpatin n’a pas mâché ses mots. D’entrée de jeu, il a planté le décor d’une transition inédite : d’un côté, la grande mue du CNHU-HKM, avec des chantiers qui toucheront l’ensemble des bâtiments ; de l’autre, la montée en puissance du tout nouveau Centre Hospitalier International de Calavi (CHIC), qui a accueilli son premier patient dès le 2 juin dernier.

« Votre mission s’inscrit dans ce tourbillon de changements », a-t-il lancé aux nouveaux administrateurs. Et de préciser : le CNHU-HKM devra désormais collaborer étroitement avec son jeune homologue, en prêtant notamment du personnel hautement qualifié pour fluidifier les flux de patients et mutualiser les expertises.

 

Des responsabilités élargies pour un conseil stratégique

 

Dans la foulée, le ministre a détaillé les responsabilités qui incomberont au nouveau conseil d’administration. Outre la gouvernance, les sages du conseil devront tracer la vision globale de l’hôpital : fixer les priorités stratégiques, valider les organigrammes et les budgets annuels, superviser les investissements et les appels d’offres. En parallèle, ils seront chargés de suivre les bilans d’activités, d’évaluer la rémunération des équipes soignantes, et même de statuer sur la nomination ou le limogeage du directeur général.

Autrement dit, un rôle de stratège autant que de gardien, dans un contexte où chaque décision peut impacter la vie de milliers de familles.

À Cotonou, le ministre de la Santé installe le nouveau conseil d’administration du CNHU-HKM, marquant le début d’une transformation stratégique du système hospitalier béninois. Une dynamique portée par la modernisation des infrastructures et la coopération avec le CHIC.
© À Cotonou, le ministre de la Santé installe le nouveau conseil d’administration du CNHU-HKM, marquant le début d’une transformation stratégique du système hospitalier béninois. Une dynamique portée par la modernisation des infrastructures et la coopération avec le CHIC.

CNHU-HKM : un engagement solennel pour une santé de qualité

 

C’est avec une pointe d’émotion que Pétas Akobeto, désigné à la tête de cette instance, a pris la parole au nom du collectif. Dans un discours empreint de gravité, il a salué la confiance accordée par les autorités :

« Nous remercions le gouvernement pour cette marque de confiance », a-t-il déclaré, les yeux rivés sur l’assemblée. Avant d’ajouter, avec fermeté : « Soyez assurés que nous redoublerons d’énergie pour hisser la qualité des prises en charge à un niveau supérieur, au service de tous les Béninois. »

À Cotonou, le ministre de la Santé installe le nouveau conseil d’administration du CNHU-HKM, marquant le début d’une transformation stratégique du système hospitalier béninois. Une dynamique portée par la modernisation des infrastructures et la coopération avec le CHIC.
© À Cotonou, le ministre de la Santé installe le nouveau conseil d’administration du CNHU-HKM, marquant le début d’une transformation stratégique du système hospitalier béninois. Une dynamique portée par la modernisation des infrastructures et la coopération avec le CHIC.

Une réforme hospitalière à suivre de près

 

Au-delà de la solennité de la cérémonie, cet épisode illustre l’élan réformateur impulsé par Cotonou. Avec la réhabilitation du CNHU-HKM en ligne de mire et une synergie annoncée avec le CHIC, le pays mise aussi sur une santé publique plus résiliente, plus équitable et mieux structurée.

Reste à savoir si ces promesses se concrétiseront sur le terrain, alors que les besoins des populations ne cessent de croître. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la capacité du conseil à transformer les mots en actes et à incarner aussi le renouveau hospitalier attendu.

SecFin Africa : l’Europe arme le Bénin contre les flux illicites

L’Union européenne et ses partenaires lancent à Cotonou « SecFin Africa » un programme inédit pour traquer le blanchiment d’argent et les financements occultes du terrorisme. 

 

Cotonou, 22 octobre 2025 – Face à la menace rampante des réseaux criminels qui drainent des fortunes par des voies détournées, l’Union européenne et ses partenaires ont dévoilé, le 17 octobre dernier, un arsenal inédit destiné à assainir les flux monétaires suspects. Baptisé « SecFin Africa », ce programme, piloté au Bénin par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), s’attaque de front au blanchiment d’argent et aux soutiens occultes au terrorisme. Concrètement, il vise à doter les autorités locales d’outils avancés pour traquer les opérations transfrontalières et renforcer la résilience financière des États.

Le programme « SecFin Africa », dévoilé à Cotonou, mobilise l’Union européenne et ses alliés pour renforcer les capacités du Bénin
© Le programme « SecFin Africa », dévoilé à Cotonou, mobilise l’Union européenne et ses alliés pour renforcer les capacités du Bénin

Une coalition internationale pour un combat régional

Porté par un consortium européen de premier plan — réunissant Expertise France, la police civile française (CIVIPOL), l’agence allemande GIZ, la plateforme FIAP et l’autorité fiscale suédoise — le projet s’inscrit pleinement dans une offensive globale contre le crime organisé. À Cotonou, carrefour stratégique des échanges ouest-africains, des représentants de l’Union européenne ont salué l’engagement du Bénin, qualifié de modèle pour l’ensemble de la sous-région.

Dans cette perspective, l’initiative met l’accent sur la détection précoce des transferts illicites, tout en alignant les pratiques locales sur les standards internationaux en matière de traçabilité financière. Par ailleurs, elle vise à renforcer les capacités des autorités nationales en matière d’investigation et de contrôle des flux suspects.

Face à des environnements complexes — entre ports saturés et corridors sahéliens exposés — les enquêteurs béninois voient dans « SecFin Africa » une avancée décisive. En effet, le programme prévoit des formations spécialisées en analyse de données, l’implémentation de protocoles d’alerte partagés, ainsi que l’intégration de logiciels de cartographie des flux suspects. Autrement dit, il offre aux services compétents les moyens de transformer leur approche en matière de lutte contre les crimes financiers.

« C’est un pas décisif pour transformer nos services en remparts efficaces contre ces hydres économiques », confie un cadre de la CENTIF, soulignant que ces outils pourraient considérablement augmenter les saisies et les poursuites judiciaires.

 

L’Europe à l’offensive : des initiatives phares au service du continent

 

Bruxelles intensifie ses efforts pour contrer les fléaux financiers qui affectent simultanément l’Afrique et l’Europe, à travers des ramifications de plus en plus complexes. Dans cette logique, l’Union européenne coordonne une riposte transcontinentale via la “Team Europe Initiative on Illicit Financial Flows”, pilotée par l’Allemagne. En parallèle, le plan « Global Gateway » mobilise les États membres autour de réponses collectives aux crises planétaires, en misant sur des investissements stratégiques dans des domaines clés tels que la cybersécurité, la gouvernance et la transparence financière.

Ce nouvel élan s’appuie sur près de vingt-cinq ans d’expérience, nourrie par des programmes antérieurs comme ESCAY, qui a renforcé les dispositifs de lutte contre la criminalité financière en Afrique orientale et australe, ou OCWAR-M, dédié à l’Afrique de l’Ouest. Grâce à ces initiatives, des avancées concrètes ont été enregistrées : démantèlements de cellules criminelles, récupération d’actifs gelés, montée en compétence des institutions locales.

Aujourd’hui, « SecFin Africa » s’inscrit dans cette continuité en tant que synthèse opérationnelle, capitalisant sur une décennie d’expertise pour offrir une couverture élargie, plus intégrée et adaptée aux nouveaux enjeux régionaux.

Une vigilance accrue pour la CEDEAO, l’AES et la Mauritanie

 

L’impact du programme se dessine à l’échelle régionale : il cible les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que la Mauritanie. Son objectif est clair : tisser une toile d’alerte interconnectée pour asphyxier les financements du terrorisme et les circuits de blanchiment liés aux trafics en tout genre.

Dans un Sahel fragilisé, où les groupes armés se financent via des réseaux sophistiqués, cette solidarité paneuropéenne pourrait inverser la tendance, en favorisant des opérations conjointes et un partage d’intelligence en temps réel.

 

Le Bénin en éclaireur d’une Afrique plus souveraine

 

Au Bénin, qui joue un rôle de pionnier dans le déploiement du programme, les autorités voient dans ce soutien un levier stratégique pour consolider l’État de droit et renforcer la confiance des investisseurs. À mesure que les flux illicites — estimés à plusieurs centaines de milliards d’euros par an sur le continent — se diversifient, des outils comme « SecFin Africa » deviennent des armes essentielles pour bâtir une Afrique plus souveraine, plus sécurisée et mieux intégrée dans les standards financiers internationaux.

À l’échelle du continent, où les flux illicites fragilisent les économies et alimentent l’instabilité, « SecFin Africa » incarne une réponse stratégique fondée sur la coopération, la technologie et la volonté politique. Le Bénin, en éclaireur, montre qu’une riposte coordonnée est non seulement possible, mais nécessaire.

 

L’Espagne renforce sa présence au Bénin

Avec l’arrivée de Félix Costales Artieda, nouvel ambassadeur du Royaume d’Espagne, Cotonou ouvre un nouveau chapitre diplomatique. Désormais, la coopération économique, le tourisme et la formation professionnelle s’imposent comme des axes majeurs des ambitions bilatérales.

 

Cotonou, 22 octobre 2025 – Le Gouvernement béninois a accueilli, ce mardi 21 octobre, Son Excellence M.Félix Costales Artieda, nouvel ambassadeur du Royaume d’Espagne auprès de la République du Bénin, à l’occasion de la remise officielle des copies figurées de ses lettres de créance. La cérémonie, tenue dans les salons du ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, s’est déroulée en présence du ministre Olushegun Adjadi Bakari.

Cette étape protocolaire marque le début officiel de la mission diplomatique de Monsieur Costales Artieda et ouvre la voie à une intensification de la coopération bilatérale entre les deux États.

 

Vers une coopération multisectorielle renforcée

 

Au cours de l’entretien, les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de consolider les relations historiques qui unissent le Bénin et l’Espagne, fondées sur des échanges culturels, économiques et humanitaires. Les discussions ont notamment porté sur les opportunités de collaboration dans les domaines de l’éducation, du développement durable, de l’agro-industrie, du tourisme et de la formation professionnelle.

Le ministre Olushegun Adjadi Bakari a salué l’engagement constant de l’Espagne en Afrique de l’Ouest et exprimé l’intérêt du Bénin à diversifier ses partenariats stratégiques. Pour sa part, l’ambassadeur espagnol a réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner les efforts du Bénin en matière de développement, en s’appuyant sur l’héritage d’une diplomatie hispano-africaine solide.

Une dynamique régionale porteuse

 

Cette nomination intervient dans un contexte favorable, marqué par l’intensification des investissements européens en Afrique subsaharienne, notamment à travers l’initiative Global Gateway. La présence croissante de la diaspora béninoise en Espagne et la gestion concertée des flux migratoires constituent également des leviers pour la mise en œuvre de projets conjoints.

Fort de son expérience diplomatique sur le continent africain, Son Excellence M. Félix Costales Artieda contribuera activement à la consolidation des relations entre le Bénin et le Royaume d’Espagne, dans un esprit de dialogue, de respect mutuel et de coopération durable.

 

CRIMJUST III : le Bénin traque l’argent du crime

Face à l’essor des cartels et à l’intensification du blanchiment transfrontalier, le Bénin renforce ses capacités d’enquête financière à travers la phase 3 du programme CRIMJUST III. Dans ce cadre, une formation stratégique organisée à Cotonou mobilise magistrats, policiers et experts internationaux, avec pour objectif de démanteler les circuits occultes et de consolider l’État de droit.

 

Cotonou, 22 octobre 2025 – Dans un contexte où les cartels transnationaux blanchissent des fortunes issues du trafic illicite, le Bénin intensifie sa lutte contre les réseaux financiers clandestins. Ainsi, du 21 au 23 octobre, une session intensive de formation réunit à Cotonou des magistrats, enquêteurs et officiers de police spécialisés, sous l’égide du Programme mondial de perturbation des réseaux criminels (GPCD) – CRIMJUST. Animée par des experts d’Interpol et soutenue par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), cette initiative vise à renforcer les capacités d’investigation pour démanteler les chaînes de financement du commerce de stupéfiants, tout en élargissant le champ d’action à la délinquance économique globale.

 

Des outils pour décortiquer les montages financiers complexes

 

Concrètement, l’atelier réunit une trentaine de participants issus des services répressifs béninois. Il met l’accent sur les méthodes contemporaines de traçabilité des flux monétaires suspects. à travers l’analyse de cas réels, les stagiaires apprendront à identifier les transferts dissimulés via des sociétés écrans, les cryptomonnaies anonymes ou encore les investissements immobiliers fictifs.

« Ces compétences sont vitales pour transformer des soupçons en preuves irréfutables, brisant ainsi le cycle vicieux du crime organisé », explique un formateur d’Interpol, soulignant l’importance d’une approche multidisciplinaire alliant droit pénal et analyse forensique.

Cette formation répond à une urgence régionale : en tant que porte d’entrée stratégique en Afrique de l’Ouest, le Bénin voit transiter des tonnes de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud, alimentant une économie souterraine qui fragilise durablement la stabilité sociale et institutionnelle. Dans cette optique, CRIMJUST dote les acteurs locaux de protocoles d’intervention standardisés, afin de renforcer les collaborations transfrontalières et d’éviter que les fonds illicites ne se volatilisent aux frontières.

CRIMJUST III : une offensive européenne contre les mafias globales

 

Depuis début 2023, l’Union européenne pilote la troisième phase de ce programme ambitieux, baptisé CRIMJUST III, dans le cadre de son initiative sur les flux illicites (GIFP). Son objectif est clair : réduire l’emprise des réseaux mafieux et de la corruption sur la gouvernance et la sécurité publique. À ce titre, le projet couvre l’Afrique subsaharienne, l’Amérique latine et les Caraïbes — principaux corridors du trafic — et finance des enquêtes croisées, des poursuites judiciaires renforcées ainsi que des échanges d’informations sécurisés entre pays partenaires.

Au Bénin, pays pilote en Afrique de l’Ouest, les résultats commencent à se faire sentir : plusieurs opérations conjointes ont déjà permis des interceptions spectaculaires de cargaisons et des gels d’avoirs.

« L’Europe ne se contente pas d’observer ; elle équipe les nations vulnérables pour qu’elles deviennent des remparts actifs contre ces menaces hybrides », souligne un diplomate européen impliqué, évoquant un investissement de plus de 50 millions d’euros pour cette phase.

 

Un rempart pour l’État de droit en péril

 

À l’heure où les cartels diversifient leurs itinéraires — des ports de Lagos aux aéroports de Cotonou — cette formation marque un jalon décisif. Elle prépare le terrain pour une justice plus réactive, capable non seulement de sanctionner, mais aussi d’asphyxier financièrement les criminels. De leur côté, les autorités béninoises saluent cette manne européenne comme un bouclier contre l’érosion de l’État de droit, dans un sous-continent où la corruption ronge jusqu’aux fondations institutionnelles.

À l’issue de ces trois jours, les stagiaires repartiront avec un réseau d’experts et des outils numériques pour traquer en temps réel les mouvements suspects. Un pas de plus vers un Bénin résilient, où la loi reprend le dessus sur les ombres du profit illégal.