Bénin : Le Général Fructueux Gbaguidi obtient son doctorat à Paris

PARIS, 24 mars 2026 – Sous les ors d’un centre de recherche du 15ᵉ arrondissement, le Chef d’État-Major des Forces Armées Béninoises a troqué, le temps d’une matinée, son treillis pour la robe académique. En décrochant un doctorat avec la plus haute distinction, le Général Gbaguidi envoie un message fort : la réponse aux crises sécuritaires africaines est aussi intellectuelle.

Un « Summa cum laude » à l’accent anglophone

L’image est peu commune pour un haut grade de la sous-région. Ce lundi, devant une assistance captive et un jury d’experts internationaux, le Général de division Fructueux Gbaguidi a soutenu ses travaux de recherche dans la langue de Shakespeare. Durant trente minutes d’un exposé rigoureux, il a démontré que le management des concepts peut être aussi précis que celui des troupes.

Le verdict est tombé comme une consécration : mention « Summa cum laude ». En recevant les plus grands honneurs académiques, le désormais « Docteur » Gbaguidi rejoint le cercle restreint des officiers généraux africains alliant expertise stratégique et excellence universitaire.

 

Au-delà du front : l’éthique au cœur des casques bleus

Le sujet choisi par le Général ne doit rien au hasard. Intitulée « Genre, protection et responsabilité dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies », sa thèse s’attaque à l’un des drames les plus douloureux des missions internationales : les abus et l’exploitation sexuelle, ainsi que la protection de l’enfance.

En proposant un cadre global de lutte contre ces dérives, Fructueux Gbaguidi apporte une pierre angulaire à la doctrine militaire moderne. Son travail interroge la responsabilité des États contributeurs de troupes et la nécessité d’une éthique de fer au sein des contingents. Pour le Bénin, pays contributeur historique aux opérations de l’ONU, cette expertise constitue un atout diplomatique de premier plan.

 

Un nouveau paradigme pour l’officier africain

Ce succès parisien résonne bien au-delà des murs de l’amphithéâtre. À l’heure où les armées ouest-africaines font face à des défis sécuritaires complexes, le parcours de Gbaguidi rappelle que la réflexion académique est un prolongement naturel du commandement.

Le Général-Docteur prouve que pour stabiliser une région, il faut certes des soldats aguerris, mais surtout des chefs capables de théoriser les solutions de paix. Une double casquette qui renforce son influence au sein de la hiérarchie militaire béninoise et sur la scène continentale.

Crise au sein du parti Les Démocrates : guerre de succession entre Houndété et Atchadé

Les Démocrates se retrouvent à nouveau plongés dans une crise de leadership qui pourrait désintégrer complètement la formation. Au cœur de la tempête : la bataille pour la direction du parti entre Éric Houndété et Nourénou Atchadé, sur fond d’interprétations divergentes des textes internes.

 

Crise de leadership : les démocrates s’enfoncent dans la bataille houndété–atchadé.

Tout part de la désignation de Nourénou Atchadé lors d’un Conseil national ordinaire du parti. Pour une partie des responsables, cette désignation respecte les statuts et met fin à l’intérim. Mais pour Éric Houndété, la procédure serait irrégulière, ce qui l’amène à maintenir qu’il demeure président par intérim jusqu’à la tenue d’une session extraordinaire.

Cette divergence d’interprétation des textes révèle en réalité une lutte d’influence interne au sein d’un parti qui tente de se recomposer après de nombreux départs, afin de maintenir sa place de principale force d’opposition au Bénin.

 

Deux camps, deux lectures des textes

L’ancien député Kamel Ouassangari soutient la légalité de la désignation de Nourénou Atchadé. Selon lui, les statuts du parti permettent l’élection d’un président lors d’un Conseil national ordinaire dans un délai de trois mois après la vacance du poste.

À l’inverse, Éric Houndété estime que la réunion qu’il présidait a été levée avant toute décision valable et que les résolutions prises après son départ ne peuvent être considérées comme légales. Il appelle donc à une session extraordinaire pour trancher définitivement la question de la présidence du parti.

 

Une crise interne aux conséquences électorales

Au‑delà du bras de fer juridique, la crise éclate dans un contexte politique fragile. Miné par les départs, y compris celui du père fondateur, le parti s’expose à des divisions qui menacent la mobilisation de ses militants.

Pour les observateurs, l’enjeu dépasse le leadership : c’est la crédibilité et l’avenir de l’opposition béninoise qui se jouent dans cette tempête interne.

 

L’avenir du parti en question

Une question brûlante agite désormais les états-majors : qui dirigera réellement le parti dans les prochaines semaines ? Une session extraordinaire pourrait être convoquée pour clarifier la situation, mais en attendant, la formation fonctionne avec deux légitimités concurrentes.

Dans un contexte de crise, cette dualité risque de redessiner les rapports de force internes et d’influencer la stratégie de l’opposition béninoise.

Une certitude s’impose : la crise des Démocrates dépasse la simple querelle de procédure. Elle ronge l’unité du parti telle une gangrène qui, faute d’un traitement rapide, poussera les militants vers d’autres horizons politiques.

Présidentielle 2026 : Paul Hounkpè mise sur le dialogue politique et la souveraineté économique

À mesure que la présidentielle du 12 avril 2026 approche, les candidats multiplient les rencontres pour affiner leur stratégie et consolider leurs soutiens. Dans ce contexte préélectoral marqué par les enjeux économiques et politiques, le candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent, Paul Hounkpè, tente de se positionner comme l’homme du dialogue et de la reconstruction nationale.

C’est dans cette dynamique qu’il a récemment échangé avec les responsables du mouvement Réveil spirituel, une rencontre qui s’inscrit dans une démarche globale de rapprochement avec les organisations de la société civile et les mouvements citoyens.

 

Le pari du Rassemblement national

Au cœur du discours du candidat, une idée revient avec insistance : reconstruire la cohésion nationale. Dans un climat politique déjà très tendu ces dernières années, Paul Hounkpè veut apparaître comme un candidat capable d’apaiser les tensions après l’élection.

Son programme met en avant l’ouverture d’un dialogue politique national après le scrutin, avec pour objectif de réexaminer certaines réformes institutionnelles et de décrisper le climat. La question des prisonniers d’opinion et du retour des exilés politiques figure également parmi ses engagements majeurs, un thème sensible dans le débat public béninois.

Cette orientation montre que la campagne ne se jouera pas uniquement sur l’économie, mais aussi sur les libertés publiques et la réconciliation nationale.

 

Industrialisation et souveraineté alimentaire : les piliers économiques

Sur le plan économique, le candidat du parti FCBE défend une vision axée sur la transformation locale des matières premières et la formation technique. L’objectif affiché est clair : former une nouvelle génération de techniciens et d’ingénieurs capables de produire localement des équipements et de soutenir l’industrialisation du pays.

Autre priorité : l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le candidat souhaite redynamiser l’ONASA afin de mieux réguler les stocks alimentaires et stabiliser les prix des produits de première nécessité. Une stratégie qui vise à réduire la dépendance alimentaire et à renforcer la souveraineté économique du pays.

 

Une campagne tournée vers le terrain

À quelques semaines du scrutin, la stratégie de Paul Hounkpè repose sur une campagne de proximité. En multipliant les rencontres avec les associations, les organisations religieuses, les jeunes et les acteurs économiques, le candidat cherche à construire une coalition sociale large plutôt qu’une campagne uniquement politique.

La présidentielle du 12 avril 2026 s’annonce donc comme un scrutin déterminant pour l’avenir politique et économique du Bénin. Entre réformes politiques, développement industriel et cohésion nationale, les différents candidats tentent désormais de convaincre un électorat de plus en plus attentif aux programmes concrets plutôt qu’aux discours traditionnels. La campagne entre désormais dans sa phase décisive.

SRTB : Angela Aquereburu écartée, Ogoutchina Koundé nommé par intérim

Au Bénin, le paysage audiovisuel public vient de connaître un bouleversement discret mais politiquement lourd de sens. À la tête de la Société de Radio et Télévision du Bénin, un nouveau dirigeant par intérim a été installé, mettant fin aux fonctions d’Angela Aquereburu. Une décision qui intervient dans un calendrier particulièrement sensible, à quelques encablures des échéances électorales.

Officiellement, il s’agit d’une réorganisation administrative visant à assurer la continuité du service public audiovisuel. Mais dans les milieux médiatiques et politiques, le timing interroge. Car ce changement de direction intervient précisément au moment où la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, la HAAC, et la SRTB ont entamé l’enregistrement des émissions de campagne des différents candidats.

SRTB
© SRTB
Ogoutchina Koundé Directeur Général par intérim de la SRTB

Une transition qui pose question

Hier encore, Angela Aquereburu Rabatel préparait les studios pour les enregistrements. Aujourd’hui, sa mise à l’écart et la nomination d’Ogoutchina Koundé à la direction générale par intérim marquent un tournant dans l’audiovisuel public. Dans le même temps, la télévision nationale change de cap avec Serge Ayaka désigné directeur intérimaire.

Mission affichée : poursuivre la modernisation, maintenir la cohésion interne et garantir la continuité des programmes. Mais cette transition survient à un moment stratégique, alors que la télévision publique occupe une place centrale dans la communication politique.

 

Audiovisuel public et enjeux électoraux

Dans de nombreux pays africains, le contrôle de l’audiovisuel public devient un enjeu majeur à l’approche des élections. Le Bénin, souvent cité comme modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, n’échappe pas à cette réalité : la télévision nationale demeure le média le plus influent en période électorale, notamment dans les zones rurales.

Le remplacement d’Angela Aquereburu à ce moment précis nourrit les interrogations. Est-ce une simple décision administrative ou un repositionnement stratégique en vue de la campagne électorale ? Officiellement, aucune explication politique n’a été donnée. Mais dans les rédactions comme dans les états-majors, le sujet alimente déjà les débats et révèle la sensibilité du lien entre médias publics et pouvoir politique.

 

Un test pour la crédibilité du service public

La véritable question désormais ne porte plus seulement sur le changement de dirigeants, mais sur la crédibilité du service public audiovisuel en période électorale. Neutralité éditoriale, équité de traitement des candidats et transparence dans la diffusion des programmes de campagne seront scrutées de près.

Au-delà des nominations, c’est la confiance du public dans les médias d’État qui se joue. Dans un contexte électoral, la télévision publique cesse d’être un simple média : elle devient un instrument stratégique de communication nationale.

La transition en cours à la SRTB n’est donc pas uniquement administrative. Elle est politique, médiatique et symbolique. Ses conséquences pourraient dépasser largement les murs des studios pour influencer le paysage démocratique tout entier.

 

En somme, si l’écran devient un instrument de pouvoir, qui garantit encore que la voix des citoyens ne sera pas noyée dans le récit des institutions ? Car contrôler l’écran, c’est contrôler le récit. Et à l’approche des élections, chaque image vaut un vote.

Présidentielle au Bénin : La HAAC lance les enregistrements des candidats

COTONOU, 23 mars 2026 – Sous les projecteurs des studios de la SRTB, le top a été donné ce lundi 23 mars. Entre réglages techniques et enjeux de communication, les duos en lice pour la Marina enregistrent leurs messages officiels. Une étape millimétrée par la HAAC pour garantir un équilibre parfait sur les ondes nationales.

HAAC BENIN
© HAAC BENIN

La SRTB en mode « forteresse » électorale

Depuis les premières heures de la matinée, l’effervescence a gagné les locaux de la télévision nationale. Ce lundi 23 mars 2026 marque le début d’une phase cruciale : la capture des promesses de campagne. Sous l’œil vigilant d’Angela Aquereburu Rabatel , Directrice générale de la SRTB SA, les équipes techniques se mobilisent pour transformer les ambitions des candidats en messages audibles pour le grand public.

Ainsi, il ne s’agit pas de simples tournages. Chaque prise de parole est encadrée par la Décision n°26-003/HAAC, véritable boussole juridique qui définit le cadre de cette expression politique. Ici, le chronomètre est le seul maître, et chaque seconde compte pour convaincre les électeurs sans déborder du temps impartial.

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La HAAC en arbitre des élégances

Par ailleurs, l’enjeu est de taille : éviter toute cacophonie médiatique. Pour la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), l’objectif est d’assurer une égalité stricte. Qu’il s’agisse de la majorité ou de l’opposition, chaque duo bénéficie du même éclairage et de la même qualité de son.

En déployant ses superviseurs sur le terrain, le régulateur ne se contente pas de surveiller ; il protège également l’équité de l’examen. Cette démarche vise aussi à offrir aux citoyens une information équilibrée, loin des déséquilibres publicitaires qui pourraient fausser la perception du débat démocratique.

HAAC BENIN
© HAAC BENIN

Un marathon de communication

Au-delà de l’aspect réglementaire, cette étape révèle la stratégie des candidats. Comment condenser un programme de sept ans en quelques minutes de temps d’antenne ? Les duos doivent faire la preuve d’une efficacité redoutable. En plus, Ces enregistrements constituent le premier véritable contact direct et massif entre les prétendants au Palais de la Marina et les foyers béninois.

La SRTB devient ainsi, pendant quelques jours, le laboratoire où se forge l’image de la future gouvernance du pays. Une fois les boîtes de production scellées, le pays tout entier pourra finalement juger de la force de persuasion de ceux qui aspirent à diriger le Bénin dès avril prochain.

Présidentielle 2026 au Bénin : Les Démocrates choisissent le boycott

COTONOU, 23 mars 2026 – Au sortir d’une nuit blanche électrique ce lundi 23 mars, le principal parti d’opposition a tranché : il ne glissera aucun bulletin dans l’urne le 12 avril prochain. Entre l’élection de Nourénou Atchadé et le refus de soutenir les duos en lice, l’ancienne formation de Boni Yayi a choisi l’isolement stratégique.

Le choix du silence électoral

L’attente était immense, la déception l’est tout autant pour certains partisans. Alors que le verrou des parrainages avait déjà écarté Les Démocrates de la course présidentielle, beaucoup espéraient voir le parti jouer les faiseurs de rois en se ralliant à l’un des duos autorisés à concourir.

C’est finalement la ligne radicale du « ni soutien, ni accompagnement » qui l’a emporté. Après des débats marathon qui se sont achevés à l’aube, les cadres du parti ont scellé cette position de retrait. Un choix qui place la formation dans une posture d’observateur critique, refusant de cautionner un examen dont elle se voit exclue d’office.

Nourénou Atchadé, un président sous surveillance

Ce séisme stratégique s’accompagne d’un changement de capitaine. Nourénou Atchadé prend officiellement les commandes du navire, succédant ainsi à l’ancien président Boni Yayi. Toutefois, cette promotion ne fait pas l’unanimité.

Élu dans un climat de contestations internes palpables, le nouveau président hérite d’une mission de transition périlleuse. Il devra maintenir l’unité d’une base déboussolée par l’absence de consigne de vote, tout en préparant le grand congrès d’octobre 2026. Sa légitimité sera mise à rude épreuve dès les prochains jours, alors que les militants s’interrogent sur l’efficacité de cette stratégie du siège vide.

Un parti à la croisée des chemins

En refusant de choisir un camp pour le 12 avril, les Démocrates font un pari sur le long terme. Cette neutralité assurée vise à préserver l’identité du parti face à une mouvance présidentielle solidement installée. Mais dans une arène politique qui a une horreur du vide, ce silence pourrait s’avérer être une lame à double tranchant.

Le parti parviendra-t-il à transformer cette frustration électorale en une force de mobilisation pour octobre ? L’avenir des Démocrates dépendra de la capacité de Nourénou Atchadé à colmater les brèches d’une maison de plus en plus divisée.

Les Démocrates : Nourénou Atchadé, le nouveau capitaine au milieu de la tempête

COTONOU, 23 mars 2026 – Au terme d’un marathon nocturne de 48 heures, le principal parti d’opposition béninois a tranché : Nourénou Atchadé prend les rênes. Mais derrière cette nomination de « transition », les fissures au sein de la formation de Boni Yayi n’ont jamais été aussi visibles.

 

Une maison fermée sous haute tension

Ce n’était pas une simple formalité. Réunis en Conseil national entre le 22 et le 23 mars 2026, les cadres du parti Les Démocrates ont pris en charge une décision dans la douleur. Si la fumée blanche a fini par s’échapper aux premières lueurs de l’aube ce lundi aux environs de 6 heures, elle porte en elle les stigmates de vifs échanges électriques.

Jusqu’ici deuxième vice-président, Nourénou Atchadé hérite d’un fauteuil laissé vacant par la démission surprise de l’ancien chef d’État Boni Yayi le 3 mars dernier. Mais ce passage de témoin ne s’est pas fait dans l’unanimité.

Le divorce consommé avec Éric Houndété ?

L’image forte de ce sommet restera sans doute celle d’une chaise vide. Éric Houndété, premier vice-président et jusque-là président par intérim, aurait quitté la table avant le dénouement final. Selon plusieurs sources internes, un parti de la direction s’opposait frontalement au choix d’Atchadé.

Ce départ précipité du « premier de cordée » symbolise les divergences stratégiques qui secouent le parti. Pour Kamar Ouassagari, secrétaire administratif, il s’agit pourtant d’un choix pragmatique visant la « continuité opérationnelle ». Un argument qui peine à masquer une sourde bataille pour le leadership.

 

En ligne de mire : le congrès d’octobre 2026

La mission de Nourénou Atchadé est claire, mais périlleuse : stabiliser le navire jusqu’au congrès décisif d’octobre 2026 . En pleine préparation des prochaines échéances électorales, le nouveau président devra jouer les équilibristes pour réconcilier les courants internes et transformer ce climat de méfiance en dynamique de victoire.

Atchadé réussira-t-il à ramener le calme dans les rangs ou n’est-il que le gardien d’un temple en pleine mutation ? Les prochains mois seront cruciaux pour la survie de l’unité de l’opposition béninoise.

Bénin : La SBEE lance un vaste chantier de maintenance nationale

COTONOU, 23 mars 2026 – Entre nécessité technique et patience citoyenne, le réseau électrique béninois s’apprête à vivre une journée de réglages cruciaux. Ce mardi 24 mars, une grande partie du pays devra composer avec une interruption programmée par la SBEE.

 

 Réhabilitation énergétique : la fiabilité en ligne de mire

Le confort énergétique de demain se prépare aujourd’hui. C’est en substance le message que porte la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) à travers son dernier communiqué officiel. Pour garantir une fourniture plus stable et limiter les pannes imprévues, la compagnie nationale engage des travaux de réhabilitation sur ses infrastructures.

Cette pause technique, bien que contraignante pour l’activité économique, vise en effet à renforcer la fiabilité du réseau sur l’ensemble du territoire.

Neuf départements sur le grill

Par ailleurs, l’opération dépasse la capitale économique et s’étend à neuf départements, du Nord au Sud : de l’Alibori au Bourgou, en passant par les Collines, l’Atlantique, l’Ouémé, le Plateau, le Mono, le Couffo et l’Atacora.

Les techniciens seront à pied d’œuvre durant une fenêtre précise. Selon le calendrier établi, le courant sera coupé de 10 heures à 15 heures. Une plage horaire de cinq heures durant la SBEE promet un encadrement strict pour minimiser les désagréments.

 

Sécurité : les réflexes à adopter

Au-delà de l’aspect logistique, le distributeur national insiste sur la prudence. Un rappel sécuritaire essentiel est fourni aux abonnés : même pendant la coupure, toutes les installations doivent être considérées comme étant sous tension.

Pour éviter de mauvaises surprises au moment du rétablissement — notamment les surtensions susceptibles de griller les circuits — la SBEE recommande fortement aux populations de débrancher les appareils sensibles. Une précaution simple mais indispensable pour protéger le matériel électroménager et industriel des foyers et entreprises.

 

Une transition vers la modernisation

Si ces interruptions rappellent la fragilité du système actuel, elles témoignent aussi d’une volonté de modernisation. En investissant dans la maintenance préventive, le Bénin cherche à réduire sa dépendance aux interventions d’urgence et à offrir un service de qualité à ses citoyens, un levier indispensable pour le développement du pays.

Bénin 2026 : Romuald Wadagni se confie sur ses rapports avec Patrice Talon

COTONOU, 23 mars 2026 – Entre l’ombre tutélaire de Patrice Talon et l’affirmation d’un destin propre, le candidat de la majorité présidentielle se livre. Dans un entretien fleuve accordé à Jeune Afrique, l’argentier national dessine les contours d’une présidence qu’il veut libre, tout en assumant l’héritage d’une décennie de réformes.

L’ambition par devoir, non par calcul

C’est l’image d’un homme d’État « malgré lui » que Romuald Wadagni a choisi de projeter. Alors qu’il vient de dévoiler les grandes lignes de son projet de société, le grand argentier du Bénin martèle une idée forte : sa présence dans la course à la Marina n’est pas le fruit d’un plan de carrière mûri de longue date.

« Si j’avais prévu d’être chef de l’État, j’aurais suivi un tout autre parcours », confie-t-il avec une franchise désarmante.

Loin des intrigues de palais classiques, il décrit sa candidature comme une émanation collective de la mouvance présidentielle, née du vide laissé par la décision de Patrice Talon de ne pas briguer de troisième mandat. Pour Wadagni, l’appel du drapeau l’a porté sur ses aspirations personnelles.

Le spectre de la « présidence de l’ombre »

C’est la question qui brûle les lèvres de tous les observateurs à Cotonou : Patrice Talon restera-t-il le véritable maître du jeu après 2026 ? Sur ce point, le candidat de la continuité se veut catégorique. Selon lui, le retrait du président actuel sera total et effectif dès l’investiture de son successeur.

Tranchant avec les craintes d’une « présidence sous tutelle », Wadagni assure que l’homme du Nouveau Départ n’a aucune intention de diriger depuis les coulisses. Si le respect et l’admiration entre les deux hommes sont manifestés — Wadagni décrivant une relation quasi filiale et une collaboration fusionnelle de dix ans —, il insiste sur la maturité institutionnelle du Bénin : le futur président sera le seul commandant à bord.

 

Un héritier qui s’assume

Le portrait que dresse Wadagni de son mentor est celui d’un expert polyvalent et d’un travailleur infatigable. Mais au-delà de l’hommage, le candidat prépare déjà son propre terrain. En évoquant ses relations avec d’autres figures de proue comme Joseph Djogbénou ou les anciens chefs d’État, il tente de se positionner comme le trait d’union entre la rigueur de l’ère Talon et une nouvelle phase de dialogue national.

Désormais lancé dans l’arène, Romuald Wadagni ne se contente plus de gérer les finances ; il doit convaincre qu’il possède l’étoffe politique pour transformer l’essai technique en succès populaire.

Bénin : Guy Dossou Mitokpè quitte Les Démocrates

COTONOU, 23 mars 2026 – C’est un séisme dont l’onde de choc n’a pas fini d’ébranler l’opposition béninoise. En plein Conseil national, le Dr Guy Dossou Mitokpè a choisi de claquer la porte du parti Les Démocrates. Après l’ex-président Boni Yayi et son fils Chabi Yayi, cette nouvelle défection interroge : que se passe-t-il véritablement chez les Démocrates ? Entre fin de cycle et ambitions renouvelées, retour sur un départ qui ressemble à un tournant stratégique.

Guy Dossou Mitokpè claque la porte.

L’art politique réside souvent dans le sens du calendrier. En annonçant sa démission ce dimanche 22 mars 2026, au soir même des travaux du Conseil national, l’ancien secrétaire à la communication des Démocrates a frappé fort. Alors que le parti tentait de resserrer ses rangs pour l’après-Yayi, la défection de ce visage de la jeunesse militante sonne comme un désaveu des orientations actuelles.

« On ne peut indéfiniment rester dans le deuil des structures », a lâché Guy Dossou Mitokpè (GDM) sur ses réseaux sociaux.

Une phrase courte, mais lourde de sens, qui suggère que l’appareil du parti s’est transformé en carcan, empêchant de tourner résolument le regard vers l’avenir du pays.

Le clap de fin d’une loyauté éprouvée

Derrière les mots empreints de gratitude envers l’ancien président Boni Yayi, qu’il qualifie de « maître en résilience », se dessine une réalité plus abrupte. Après avoir consulté sa base dans la 16ᵉ circonscription et ses cercles de soutien, le diagnostic de GDM est sans appel : un cycle s’est achevé.

Celui qui a fait de l’intégrité et de la fidélité ses chevaux de bataille semble avoir épuisé ses ressources au sein d’une formation en pleine mutation. Ce départ intervient peu après celui de Chabi Yayi, renforçant ainsi l’idée d’une érosion des cadres historiques au profit d’une nouvelle donne politique que certaines attribuent, non sans ironie, à une « prophétie » de rupture déjà évoquée par le sommet de l’État.

 

Vers quel nouvel horizon ?

Si le Dr Mitokpè part « sans amertume », il ne part certainement pas pour la retraite. Sa détermination assurée et son appel vers de « nouveaux défis » laissent également présager une recomposition imminente. GDM emporte ainsi avec lui une partie de la jeunesse urbaine et connectée, une clé électorale pour les joutes à venir.

Quitte-t-il le navire pour construire sa propre barque ou s’apprête-t-il à rejoindre une autre armada ? Une chose est sûre : en politique béninoise, le vide n’existe pas longtemps.  Pourtant, le départ de ce communicant de génie laisse un trou béant dans l’organigramme de l’opposition, au moment précis où elle aurait eu besoin de toutes ses forces vives.