Bénin : recours sur la prestation de serment de Wadagni

Saisie par un juriste, la Cour constitutionnelle doit trancher une équation juridique complexe : comment faire prêter serment à Romuald Wadagni face à un Sénat encore inexistant, alors que la Loi fondamentale l’exige expressément ?

Ainsi, c’est le premier caillou dans la chaussure du président élu. À peine remis d’un scrutin présidentiel sans surprise le 12 avril dernier, où il l’a emporté de manière écrasante avec 94,27 % des suffrages, l’ancien ministre des finances Romuald Wadagni voit son calendrier institutionnel suspendu à une subtilité de procédure. En effet, les révisions constitutionnelles votées à la fin de l’année 2025 ont non seulement fait passer le mandat présidentiel à un septennat, mais ont également acté la création d’un Parlement bicaméral avec l’introduction d’un Sénat.

Un Sénat inexistant

C’est précisément ce bicamérisme naissant qui s’est retourné contre la mécanique bien huilée du pouvoir de Cotonou. Ce mardi 5 mai dans l’après‑midi, la Cour constitutionnelle a ouvert une audience à haute tension, consacrée à l’examen d’un recours qui interroge directement la validité matérielle de la passation de pouvoir prévue le 24 mai prochain.

À l’origine de ce séisme feutré se trouve Précieux Noël Dagan Midomiton. Juriste de profession, il a expliqué devant les sages de la haute juridiction avoir saisi la Cour en se fondant sur l’article 53 de la nouvelle Constitution. Celle‑ci stipule explicitement que la prestation de serment du chef de l’État doit s’effectuer devant la Cour constitutionnelle, l’Assemblée nationale et… le Sénat.

Cependant, dans les faits, cette seconde chambre législative n’est pas encore installée, et ne le sera pas avant la date fatidique de l’investiture. De ce fait, le requérant demande formellement à la Cour de constater cette « impossibilité matérielle et technique ».

« Ma démarche vise uniquement à clarifier la situation juridique. On ne peut pas inaugurer une nouvelle ère constitutionnelle en contournant d’emblée les règles que le législateur s’est lui‑même imposées », soutient en substance le requérant.

 

Un vide juridique à combler en urgence

Pour le dauphin désigné de Patrice Talon, l’enjeu est de taille. Romuald Wadagni incarne la continuité d’un régime axé sur la rigueur de gestion et la modernisation macroéconomique. Le voir prêter serment dans des conditions juridiquement contestables entacherait le début de son septennat d’un soupçon d’illégitimité.

Par conséquent, la Cour constitutionnelle, désormais au pied du mur, se retrouve face à un exercice d’équilibrisme dont elle a le secret. Les observateurs de la vie politique béninoise s’interrogent déjà sur la parade que trouveront les sages. Vont‑ils invoquer une disposition transitoire implicite ? Prononcer un report technique de la date d’investiture ? Ou inventer une jurisprudence de circonstance pour sortir le pouvoir exécutif de cette impasse logistique ?

En somme, la décision, attendue à l’issue de délibérations fixées en fin d’après‑midi à 16 h 30, sera scrutée de très près par la classe politique. Elle dira si le Bénin est capable de concilier ses ambitions de réformes institutionnelles avec le respect rigoureux de son propre calendrier républicain.

Cotonou : lancement de la 23e Masse commune de l’UEMOA

Le coup d’envoi des travaux de la 23e édition de la Masse commune de l’UEMOA a été donné le 4 mai dans la capitale économique béninoise. Derrière le folklore des parieurs, ce mécanisme financier reste un discret mais puissant levier de solidarité communautaire.

Dans les bureaux de tabac et les kiosques colorés d’Abidjan, de Bamako ou de Ouagadougou, les parieurs ont déjà les yeux rivés sur le grand rendez-vous du jeudi 7 mai : la fameuse course du « 4+1 spécial ». Mais c’est à Cotonou, sous les verrières des grands hôtels de la côte béninoise, que se jouent les coulisses de ce gigantesque mécanisme financier.

Le lundi 4 mai, les directeurs généraux et les experts des sociétés de loterie d’Afrique de l’Ouest ont officiellement lancé les travaux de la Masse commune de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) 2026.

Après une 22ᵉ édition réussie à Abidjan l’an dernier, c’est au tour de la Loterie nationale du Bénin (LNB) de piloter ce grand brassage de capitaux populaires. Loin d’être un simple divertissement pour les parieurs en quête de fortune, l’événement s’est imposé au fil des ans comme un baromètre informel, mais très concret, de l’intégration économique régionale.

Masse Commune UEMOA
© Masse Commune UEMOA

Cent millions de raisons de s’unir

Le principe de la Masse commune est une prouesse technique et politique unique sur le continent : fusionner, le temps d’une semaine, les masses d’enjeux de huit pays de la sous-région pour proposer des cagnottes exceptionnelles – souvent supérieures à 100 millions de francs CFA (environ 150 000 euros) – qu’aucune loterie nationale ne pourrait assumer seule.

Pour les États membres, l’enjeu dépasse la simple redistribution de gains aux parieurs chanceux. Les sociétés d’État, comme la Lonaci en Côte d’Ivoire ou la Lonab au Burkina Faso, reversent une part substantielle de leurs bénéfices au Trésor public ou à des œuvres sociales. Dans un contexte macroéconomique régional tendu, marqué par les transitions politiques et la vie chère, ces flux financiers constituent une manne d’autant plus précieuse qu’elle est entièrement endogène.

Masse Commune UEMOA
© Masse Commune UEMOA

Optimisation et sécurité des jeux à l’ère numérique

Pendant une semaine, les comités techniques vont se pencher sur la modernisation d’un secteur en pleine mutation. Face à la concurrence agressive des plateformes de paris en ligne clandestines et internationales, les institutions de l’UEMOA n’ont d’autre choix que d’accélérer leur transition numérique.

« L’enjeu de cette édition béninoise est d’harmoniser nos systèmes de contrôle et de sécuriser les canaux numériques », confie un cadre d’une loterie béninoise. « Le jeu doit rester un outil de développement national, pas une fuite de capitaux vers l’extérieur. »

 

Quand la loterie devient diplomatie

Au moment où les institutions politiques régionales traversent une crise de légitimité, bousculées par les fractures géopolitiques au sein du Sahel, la Masse commune offre un tout autre visage de la sous-région. Elle rappelle que, malgré les différends douaniers ou politiques, l’argent du jeu et l’espoir d’une vie meilleure continuent de circuler sans frontières, de Dakar à Cotonou.

Le tirage de jeudi fera office de révélateur. D’ici là, les experts réunis au Bénin s’emploient à démontrer que l’intégration régionale peut aussi se bâtir, très concrètement, au rythme des sabots des chevaux et du cliquetis des boules de loto.

5 façons pratiques d’utiliser l’IA pour mieux comprendre les paris sur 1xBet

Les outils d’IA comme ChatGPT font désormais partie de notre quotidien. Dans le domaine des paris, l’IA peut également s’avérer utile, notamment pour les utilisateurs souhaitant mieux comprendre les marchés, les règles et la terminologie avant de placer un pari.

Chez 1xBet, aider les joueurs à naviguer plus sereinement sur la plateforme reste une priorité. C’est pourquoi l’utilisation d’outils modernes d’aide à la compréhension, comme l’IA, peut être un atout précieux pour explorer les marchés, interpréter les règles et prendre des décisions éclairées. L’objectif n’est pas de remplacer les informations officielles, mais de rendre l’apprentissage plus rapide et plus clair.

 

  1. Utilisez l’IA pour expliquer les termes de paris en langage simple

L’une des utilisations les plus pratiques de l’IA est la traduction du vocabulaire des paris en langage simple. De nombreux utilisateurs rencontrent des termes comme Handicap asiatique, Double chance, Les deux équipes marquent ou Pari combiné sans bien en comprendre le fonctionnement.

Au lieu de deviner, ils peuvent demander à l’IA de leur expliquer ces termes en termes simples.

Exemple de question :

Expliquez le marché « Handicap asiatique » en termes simples pour un débutant.

Ceci est particulièrement utile pour les nouveaux joueurs de 1xBet qui souhaitent comprendre la logique d’un marché avant de parier.

 

  1. Demandez à l’IA de comparer des types de paris similaires

Certains marchés de paris se ressemblent au premier abord, mais leur logique de gain est différente. C’est là que les erreurs se produisent souvent. Un utilisateur peut confondre le pari « Remboursement en cas de match nul » avec la « Double Chance », ou le pari « Plus de 2,5 » avec le pari « Total d’une équipe Plus de 2,5 ».

L’IA peut aider en comparant les marchés similaires côte à côte.

Exemple de question :

Quelle est la différence entre le pari « Remboursement en cas de match nul » et la « Double Chance » ?

Ce type d’explication peut aider les joueurs à choisir l’option qui correspond réellement à ce qu’ils veulent dire, plutôt que de se fier à leur intuition.

  1. Utilisez l’IA pour résumer les règles et les conditions promotionnelles

Les règles, les conditions et les termes promotionnels peuvent parfois paraître longs ou techniques. L’IA peut les résumer en explications plus courtes et plus claires.

 

Exemple de question :

Résumez ces règles de pari en langage clair et indiquez-moi les conditions essentielles.

Pour les joueurs de 1xBet, cela peut s’avérer utile pour gagner du temps et comprendre plus rapidement la structure d’une offre ou d’un marché. Toutefois, la référence finale doit toujours rester le règlement officiel de 1xBet. L’IA simplifie l’information, mais ne remplace pas la source.

 

  1. Demandez à l’IA d’expliquer un coupon de pari étape par étape

Une autre utilisation astucieuse de l’IA consiste à vérifier un coupon de pari avant de le confirmer. C’est particulièrement utile pour les paris combinés, les handicaps ou les marchés en direct qui peuvent paraître plus complexes.

Exemple de question :

Expliquez ce coupon de pari étape par étape et indiquez-moi les conditions nécessaires pour qu’il soit gagnant.

Cela permet aux utilisateurs de prendre leur temps, de vérifier la logique de chaque sélection et d’éviter de placer un pari qu’ils ne comprennent pas pleinement. Du point de vue de la marque, c’est important. 1xBet favorise une expérience de pari plus éclairée et encourage les joueurs à utiliser tous les outils modernes utiles pour mieux comprendre leurs actions sur la plateforme.

 

  1. Utilisez l’IA pour une meilleure discipline de jeu

L’IA n’est pas seulement utile pour comprendre les termes techniques. Elle peut aussi favoriser de meilleures habitudes. Les joueurs peuvent lui demander de les aider à créer un journal de paris, à comprendre les bases de la gestion de leur bankroll ou à organiser leurs notes après une session.

Exemple de question :

Aidez-moi à créer un journal de paris simple pour suivre le montant de mise, le marché, le résultat et la raison de chaque pari.

Cela permet de structurer davantage les paris et encourage une approche plus réfléchie. Pour 1xBet, les outils qui aident les joueurs à apprendre, à réfléchir et à s’organiser s’intègrent naturellement dans un environnement de paris plus responsable et centré sur l’utilisateur.

 

Réflexion finale

L’IA peut simplifier la compréhension des paris sur 1xBet, notamment pour les utilisateurs qui souhaitent une meilleure compréhension des termes, des règles et de la logique du marché. Utilisée correctement, elle devient un assistant pratique qui explique, compare et organise les informations plus rapidement.

La plateforme 1xBet offre de nombreuses fonctionnalités utiles, comme l’accès à des statistiques détaillées, des bonus généreux et d’autres activités. Grâce aux outils d’IA, vous pouvez rapidement découvrir toutes les fonctionnalités disponibles et mieux comprendre le fonctionnement du site web et des applications mobiles. Parallèlement, 1xBet continue d’accompagner ses joueurs en leur offrant une expérience de plateforme plus claire et plus complète. Encourager l’utilisation d’outils modernes fait partie intégrante de cette démarche. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque les joueurs combinent l’IA pour l’apprentissage avec les règles officielles de 1xBet pour plus de précision et de confirmation.

Bénin : Le CNLS-TP dresse le bilan 2025 de la lutte contre le Sida et le Paludisme

Réunis à Cotonou ce jeudi 30 avril 2026, les membres du Conseil National de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme ont dressé le bilan de l’année écoulée. Entre progrès notables et zones d’ombre, le Ministre de la Santé exige désormais des résultats palpables plutôt que des satisfecit bureaucratiques.

Dans le cadre feutré de la salle de conférence du ministère du Tourisme, l’atmosphère était singulièrement studieuse ce matin. Le Conseil National de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (CNLS-TP) y tenait sa session bilan pour l’exercice 2025. Un rendez-vous qui, loin d’être une simple formalité administrative, s’apparente à un examen de passage décisif : il s’agit de la dernière évaluation des actions menées sous l’actuelle mandature du président Patrice Talon.

Le décor est planté, mais l’heure n’est pas aux lauriers. Présidant les débats, le ministre de la Santé et président du CNLS-TP a d’emblée donné le ton d’une session qu’il souhaite « charnière ». Exit les rapports lissés et les statistiques abstraites ; l’exigence gouvernementale se veut désormais pragmatique. Le ministre a appelé ses troupes à une mutation profonde : transformer les données chiffrées en « décisions opérationnelles à fort impact ». En clair, l’efficacité de la riposte nationale ne se mesurera plus au nombre de réunions tenues, mais à l’amélioration concrète et durable de la santé des populations.

CNLS TP BÉNIN
© CNLS TP BÉNIN

Un diagnostic sans complaisance

La séance a débuté par un mot de bienvenue de la représentante du chef de l’État, laquelle a salué la résilience des acteurs de terrain tout en pointant du doigt les « défis persistants » qui freinent encore la marche vers l’éradication des trois pandémies.

C’est ensuite le premier secrétaire exécutif adjoint du CNLS-TP qui est monté au créneau pour présenter le rapport d’activités 2025. Ce document, véritable scanner de l’état sanitaire du pays, a mis en lumière un bilan en demi-teinte. Bien que les acteurs aient enregistré des avancées significatives — notamment dans la couverture géographique des soins — ils doivent encore corriger des insuffisances qui occupent une place centrale.

Les discussions, parfois vives, se sont rapidement cristallisées autour de trois piliers fondamentaux :

  • La coordination des acteurs : souvent jugée trop fragmentée entre le sommet et la base.

  • L’accessibilité : la nécessité de réduire les barrières géographiques et financières pour les services de santé essentiels.

  • L’optimisation du suivi : pour s’assurer que chaque franc investi se traduise par une vie sauvée ou une infection évitée.

CNLS TP BÉNIN
© CNLS TP BÉNIN

Vers une « ingénierie de l’impact »

Ce qui ressort de cette session de Cotonou, c’est une volonté de rupture avec la routine. Le CNLS-TP semble vouloir passer d’une gestion de programmes à une véritable ingénierie de l’impact. Le Ministre de la Santé a d’ailleurs martelé que les interventions devaient être « mesurables ». Cette obsession du résultat s’inscrit dans la droite ligne de la gouvernance Talon, où l’obligation de reddition de comptes est devenue la norme.

En clôturant les travaux, le président du Conseil a formulé des orientations stratégiques claires : renforcer le maillage territorial et intensifier la prévention, notamment chez les jeunes. L’engagement est réaffirmé, mais le temps presse. Alors que le Bénin s’efforce de consolider sa riposte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, les conclusions de cette session 2025 serviront de boussole pour l’ultime ligne droite du mandat présidentiel.

Pour les populations, l’enjeu est simple : que ces « décisions à fort impact » ne restent pas confinées dans les salles de conférence, mais qu’elles franchissent enfin le seuil des centres de santé de proximité.

Bénin : Patrice Talon reçoit le rapport de transition de l’Église du Christianisme Céleste

Le chef de l’État a reçu, ce jeudi 30 avril au Sofitel Marina Hôtel, le rapport final du Conseil Supérieur de Transition (CST) de l’Église du Christianisme Céleste. Un acte qui solde des décennies de schismes et dessine une nouvelle gouvernance pour l’une des confessions les plus influentes du Bénin.

 

Dans le cadre solennel du Sofitel Marina Hôtel de Cotonou, une page d’histoire religieuse s’est tournée ce jeudi. Le président Patrice Talon, agissant en médiateur de dernier recours, a officiellement reçu les conclusions du Conseil Supérieur de Transition (CST) de l’Église du Christianisme Céleste (ECC), aux côtés du nouveau président élu de la République , dont la présence a marqué la reconnaissance institutionnelle de cette transition. Par ailleurs, ce document dépasse la simple formalité administrative : il représente la « feuille de route » vers l’unification d’une institution fragmentée depuis la disparition de son fondateur, Samuel Biléou Joseph Oshoffa, en 1985.

 

Une diplomatie de la stabilité

Depuis des années, l’ECC était le théâtre de querelles successorales portées jusque devant les tribunaux civils. Si la Constitution béninoise consacre la laïcité de l’État, le président Talon n’a jamais caché son pragmatisme : pour lui, la stabilité des grandes communautés religieuses est le garant de la quiétude nationale. En s’impliquant personnellement dans le suivi de cette transition, le palais de la Marina a imposé une méthode : la rigueur administrative au service de la paix sociale, agissant en médiateur de dernier recours.

Dans ce contexte, l’enjeu était de taille. Le Conseil Supérieur de Transition avait pour mission de pacifier les relations internes, de réviser les textes fondamentaux de l’Église et de préparer une gouvernance plus transparente. Le rapport remis ce jour confirme la création de trois piliers de gouvernance harmonisés : un Conseil d’Administration pour la stratégie, un Comité Exécutif pour l’opérationnel et un Conseil Pastoral garant de la doctrine.

Cette architecture vise  aussi à mettre fin à la concurrence entre les diocèses du Bénin, du Nigeria et de la diaspora, en instaurant une direction mondiale concertée. Ainsi, pour le chef de l’État, recevoir ce rapport n’est pas un acte de dévotion, mais une validation républicaine d’un processus de normalisation.

Vers une gouvernance apaisée

Le contenu du rapport, bien que technique, dessine les contours d’une « nouvelle ère » pour les fidèles à la robe blanche. Il s’agit notamment d’éviter que les tribunaux civils ne soient, comme par le passé, le théâtre de disputes ecclésiastiques. En choisissant un lieu aussi emblématique que le Sofitel Marina pour cette remise, l’exécutif souligne l’importance qu’il accorde à la respectabilité des institutions religieuses du pays.

Les représentants de l’ECC présents ont salué une écoute « attentive et rigoureuse » du pouvoir central. Toutefois, au-delà de la remise solennelle du document, le plus dur commence pour les responsables de l’Église : transformer les recommandations du CST en une réalité quotidienne pour les millions de fidèles répartis sur le territoire national et dans la diaspora. En présidant cette cérémonie, le président Talon valide un processus qui a permis de réviser les textes fondamentaux et de stabiliser les actifs de l’Église.

L’un des points d’ancrage de cette réconciliation concerne le pèlerinage mondial de la Nativité. Le rapport réaffirme la convergence des fidèles vers la plage de Sèmè-Kpodji les 24 et 25 décembre, tout en préservant les liens fraternels avec le site d’Imeko au Nigeria. Une diplomatie religieuse qui dépasse les frontières du Bénin.

 

Le « Soft Power » religieux

Le choix du Sofitel Marina, fleuron de l’hôtellerie béninoise récemment rénové, n’est pas anodin : il confère à cette transition religieuse un standing institutionnel. Pour les dignitaires présents, ce rapport solde une période d’incertitude. Pour l’État, il s’agit de s’assurer que cette force sociale et économique que représente l’ECC soit désormais gérée avec une transparence accrue.

Alors que le Conseil Supérieur de Transition arrive au terme de son mandat, la phase de mise en œuvre commence. Pour le million de fidèles béninois, le défi est désormais de transformer ces réformes de papier en une unité de foi, loin des divisions qui ont trop longtemps fragilisé la paroisse mère de Porto-Novo. Cette cérémonie confirme également une tendance forte de la présidence de Patrice Talon : la volonté d’organiser et de professionnaliser tous les secteurs de la société, y compris le domaine cultuel. Après la structuration du culte vaudou, la normalisation de l’Église du Christianisme Céleste apparaît comme une pièce supplémentaire du puzzle de la cohésion sociale béninoise.

À présent, alors que le rapport est entre les mains de l’exécutif, l’opinion publique et les fidèles attendent de voir comment cette transition se traduira par le choix de nouvelles instances dirigeantes. Ce processus illustre la volonté du Bénin de faire de la régulation religieuse un pilier de sa cohésion nationale.

Drame de Zinvié : Un père arrêté après la mort accidentelle de sa fille

Zinvié, la fin de cavale d’un père après un « coup de trop ». En effet, le 26 avril dernier, une banale réprimande paternelle a viré au drame dans cet arrondissement de la banlieue d’Abomey-Calavi. Recherché pour avoir causé la mort de sa fille de 17 ans, le suspect a été interpellé par la police après trois jours de fuite.

C’est une tragédie de l’intransigeance qui secoue la localité de Yèvié Sato, à Zinvié. Ce qui ne devait être, dans l’esprit d’un père, qu’une « correction » domestique s’est mué en une affaire criminelle qui glace l’opinion publique béninoise. Ainsi, depuis le mercredi 29 avril, l’homme qui pensait pouvoir s’évaporer dans la nature est désormais entre les mains des forces de l’ordre.

 

L’instrument de la fatalité

Tout bascule le dimanche 26 avril. Le grief paternel est scolaire : l’adolescente de 17 ans, élève en classe de première, manque à l’appel de ses travaux dirigés (TD). Pour sanctionner ce qu’il considère comme une indiscipline, son père saisit une tige de manioc. Or, ce geste d’une banalité rurale effrayante rencontre cette fois la fragilité de la vie.

Ainsi, le coup porté s’avère fatal. Prise d’un malaise foudroyant après l’altercation, la jeune fille est transportée d’urgence vers un centre hospitalier. Elle n’en ressortira pas. De fait, le décès, constaté peu après son admission, transforme instantanément le domicile familial en scène de crime et le père de famille en fugitif.

Une traque de 72 heures

Face à l’irréparable, l’homme choisit la fuite. Pendant trois jours, l’émotion gagne les réseaux sociaux et les foyers de Zinvié, oscillant entre la stupeur et l’indignation. Cependant, la Police républicaine, sous la coordination du commissariat local, engage rapidement une course contre la montre pour localiser le suspect.

La traque prend fin le mercredi 29 avril. Fin de partie pour le fugitif, rattrapé par la réalité des faits et l’efficacité des enquêteurs. Le commissaire Arthur Ezinmegnon, qui supervise l’affaire, a confirmé l’interpellation et précisé aussi que les agents maintiennent actuellement le suspect en garde à vue.

 

Le débat sur les châtiments corporels

Au-delà de la chronique judiciaire, ce drame ravive le débat douloureux sur l’usage de la force physique dans l’éducation. En effet, si le Code de l’enfant au Bénin interdit formellement les violences, le recours à la « chicotte » ou à des instruments de fortune reste une réalité ancrée dans certains milieux, parfois jusqu’à l’issue tragique.

« Le suspect sera présenté au procureur de la République dès la clôture de l’enquête », a martelé le commissaire Ezinmegnon.

En somme, pour ce père, le temps de la justice commence. Pour Zinvié, reste le deuil d’une jeune lycéenne dont l’avenir s’est brisé sur une tige de manioc, pour une heure de cours manquée.

Bénin : La métamorphose du Temple des Pythons à Ouidah

À Ouidah, le Temple des Pythons s’impose comme la vitrine d’un Bénin conquérant. Le 28 mars dernier , le chef de l’État, Patrice Talon, a visité ce haut lieu du culte vaudou désormais achevé. Entre préservation cultuelle et ambition touristique mondiale, ce site de 3 450 m² incarne la stratégie de « soft power » du gouvernement béninois.

 

Dans la cité historique de Ouidah, là où les embruns de l’Atlantique rencontrent les mémoires de la traite négrière, un silence sacré habite de nouveau le Temple des Pythons. Mais, derrière les murs d’enceinte, c’est une véritable révolution architecturale qui vient de s’opérer. Le mardi 28 mars 2026, le président Patrice Talon, accompagné de son ministre Romuald Wadagni, a parcouru les allées rénovées de ce site emblématique, marquant ainsi l’aboutissement de treize mois de travaux intensifs.

DR
© DR

Une modernisation au service du sacré

Longtemps confiné dans une exiguïté qui peinait à absorber le flux croissant de curieux et de dévots, le temple a littéralement changé d’échelle. Sous l’égide de l’Agence nationale des patrimoines touristiques (ANPT), la superficie dévolue aux reptiles sacrés — gardiens spirituels de la cité — est passée de 19 m² à 134 m². Ce décuplement de l’espace n’est pas qu’une question de confort animalier ; il traduit aussi une volonté de mettre en scène le culte avec une dignité monumentale.

L’intervention, pilotée par le bureau d’études Sara Consult et exécutée par Arya Group, ne s’est pas limitée à un simple ravalement de façade. Il s’agit d’une restructuration profonde du parcours visiteur : extension de la zone publique (passant de 475 m² à 1 260 m²), création d’un parking de 825 m² pour désengorger le centre historique et édification d’une « case patrimoniale » destinée à l’exposition permanente d’objets cultuels.

DR
© DR

Le tourisme, nouveau moteur de croissance

Cette « descente marathon » du chef de l’exécutif sur les sites de Ouidah souligne l’importance névralgique du tourisme dans le Programme d’action du gouvernement. Pour Porto-Novo, l’enjeu est clair : transformer le patrimoine culturel immatériel — notamment le culte vaudou — en levier de développement économique durable.

Au-delà de la pierre et du mortier, la rénovation du Temple des Pythons s’inscrit dans une dynamique plus large. De la Porte du Non-Retour au futur Musée international du Vaudou, le Bénin dessine une cartographie touristique où la modernité logistique soutient l’authenticité des traditions. En dotant le site de bureaux administratifs et de blocs sanitaires modernes, l’ANPT aligne l’accueil sur les standards internationaux, sans altérer l’âme de ce lieu où le reptile est roi.

DR
© DR

Une diplomatie culturelle

Si l’esthétique des lieux a été soignée, l’aspect fonctionnel n’a pas été négligé. Le nouveau guichet et la gestion optimisée des flux témoignent d’une professionnalisation du secteur. Le président Patrice Talon, artisan de cette mutation, semble vouloir démontrer que le patrimoine béninois n’est plus une relique du passé, mais un atout dynamique capable de séduire aussi bien la diaspora en quête de racines que les voyageurs internationaux.

Les travaux s’achèvent à Yèvié Sato tandis que d’autres chantiers s’ouvrent à travers le pays ; Ouidah confirme ainsi son statut de joyau de la couronne. Dans sa nouvelle parure, le Temple des Pythons est désormais prêt à accueillir une nouvelle ère : celle d’un Bénin qui assume sa singularité spirituelle pour en faire un objet d’admiration universelle.

Affaire de la torture à Ekpè : Six suspects écroués par la CRIET

Au Bénin, l’onde de choc de la « suppliciée d’Ekpè » porte ses premiers fruits judiciaires. En effet, l’indignation soulevée par une vidéo montrant une femme torturée par le feu a trouvé un premier écho devant les tribunaux. Le 29 avril, la juridiction spéciale de Porto-Novo a ordonné le placement en détention de six individus.

 

Le Bénin ne détournera pas le regard. Six jours après l’apparition sur les réseaux sociaux d’images d’une cruauté insoutenable, la justice a scellé le premier acte d’une procédure suivie de près par la présidence et les organisations de défense des droits humains. mercredi 29 avril, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a placé sous mandat de dépôt six suspects impliqués dans l’agression d’une jeune femme à Ekpè, une localité située sur l’axe Cotonou–Porto-Novo.

 

La viralité comme pièce à conviction

Tout commence le 23 avril. Une séquence vidéo, filmée à l’aide d’un téléphone portable, sature les boucles WhatsApp et les fils Facebook du pays. On y voit une jeune femme vulnérable, soumise à un supplice d’un autre âge : la torture par le feu. La scène, d’une violence froide, provoque rapidement un haut-le-cœur national.

Certes, les réseaux sociaux servent souvent de déversoir aux rumeurs, mais ici, ils ont agi comme un accélérateur de justice. Sous la pression d’une opinion publique chauffée à blanc, la Police républicaine a fait preuve d’une célérité exemplaire. En moins d’une semaine, les forces de l’ordre ont identifié, traqué puis interpellé les auteurs présumés et leurs complices dans les faubourgs de la municipalité de Sèmè-Podji.

 

Le passage devant la CRIET : un signal fort

Le choix de présenter ces prévenus devant la CRIET n’est pas anodin. Cette juridiction d’exception, souvent associée à la lutte contre la corruption ou le terrorisme, est ici saisie pour marquer la gravité exceptionnelle des faits. En qualifiant, du moins provisoirement, ces actes comme relevant de sa compétence, le parquet spécial signifie que la barbarie gratuite et l’atteinte à l’intégrité humaine constituent une menace directe à l’ordre social.

Sur les bancs de l’audience, les juges n’ont pas encore détaillé le profil des six détenus, mais leur placement immédiat sous mandat de dépôt montre que les preuves matérielles — dont la fameuse vidéo — pèsent lourdement dans le dossier.

 

Une société face à ses démons

Au-delà de l’épilogue judiciaire en cours, cette affaire d’Ekpè repose la question de la justice privée et de la condition des femmes dans les zones périurbaines. Comment, en 2026, un tel déchaînement de violence a-t-il pu être non seulement perpétré, mais aussi documenté avec une telle impunité apparente ?

Alors que la victime est toujours sous surveillance médicale, le pays attend désormais un procès qui devra servir d’exemple. Pour le gouvernement béninois, l’enjeu est double : punir la barbarie et réaffirmer que, sur l’ensemble du territoire, la force doit rester à la loi, et non au feu.

Parakou accueille l’acte 2 de « Motards à la Campagne »

La cité des Kobourou accueille, du 30 avril au 3 mai, la deuxième édition de « Motards à la Campagne ». Derrière le vrombissement des moteurs et l’esthétique du cuir, une opération de santé publique d’envergure se dessine dans le septentrion béninois.

Le vrombissement n’est pas seulement un signe de ralliement ; il est cette fois, un appel à la vigilance. Depuis ce jeudi 30 avril, les artères de Parakou résonnent d’un écho singulier. En effet, pour la deuxième année consécutive, l’événement « Motards à la Campagne » prend ses quartiers dans la métropole du Nord, transformant la ville en un laboratoire à ciel ouvert où la culture de la moto tente de se réconcilier avec les impératifs de la sécurité routière.

L’asphalte comme trait d’union

Initié par l’Union des Motards du Bénin (UMB) et soutenu par l’ONG MAPART, ce rassemblement dépasse le simple cadre du loisir mécanique. Certes, le programme promet une immersion culturelle profonde dans les paysages du septentrion — entre balades sur les routes latéritiques et soirées festives —, mais le cœur du projet bat pour une cause plus austère : la préservation de la vie.

En effet, dans un pays où les accidents de la route demeurent une préoccupation majeure de santé publique, et où le deux-roues est le roi incontesté de la mobilité, l’acte 2 de ce festival se veut pédagogique. Ainsi, l’enjeu est de transformer l’image du motard, souvent perçu comme un risque-tout, en une figure de responsabilité et d’exemple.

 

Un rendez-vous stratégique à l’Université

Le point d’orgue de cette mobilisation se tiendra le samedi 2 mai. Pour marquer les esprits, les organisateurs ont choisi un lieu symbolique : le campus de l’Université de Parakou. Dès 14 heures, les étudiants, qui constituent une large part des usagers de la route dans la ville, seront au centre d’une vaste séance de sensibilisation.

L’approche se veut pragmatique. En effet, loin des discours moralisateurs, l’événement marquera les esprits par un geste concret : une distribution de casques aux étudiants. Autrement dit, une manière de rappeler que la protection crânienne n’est pas une option, mais un équipement de survie. « La route est un espace de vie à protéger », martèlent les membres de l’ONG MAPART, rappelant que l’insouciance de la jeunesse ne doit pas se briser sur le bitume.

 

Entre « soft power » local et immersion culturelle

Au-delà des enjeux de sécurité, « Motards à la Campagne » participe d’un certain « soft power » du Nord-Bénin. En attirant des passionnés venus de tout le pays, l’événement braque les projecteurs sur le potentiel touristique de la région de Parakou. De plus, les démonstrations de pilotage et les moments de détente communautaire offrent une vitrine dynamique à une cité qui se veut carrefour d’échanges.

Ainsi, jusqu’au dimanche 3 mai, Parakou vivra au rythme des embrayages et des échanges citoyens. une expérience humaine où, entre deux accélérations, on prend le temps de réfléchir à la fragilité de la trajectoire. Finalement, pour les organisateurs, le pari est déjà réussi si, au terme de ce week-end, le port du casque devient, autant que la moto elle-même, un objet de fierté.

Bénin : Un enfant de 13 ans meurt après une punition corporelle à Lalo

Au Bénin, le décès d’un écolier de 13 ans après une « correction » paternelle suscite l’émoi. Le drame, survenu mardi 28 avril dans la commune de Lalo, relance le débat sur les châtiments corporels et la protection de l’enfance au sein de la cellule familiale.

 

Dans le département du Couffo, au sud-ouest du Bénin, la commune de Lalo s’est réveillée sous le choc d’une nouvelle dont la brutalité interroge les fondements de l’éducation par la force. Un enfant de 13 ans, élève en classe de CM1, a succombé dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 avril à la suite d’une « correction » administrée par son père.

L’élément déclencheur de ce drame tient à une accusation de tabagisme. Selon les premiers éléments de l’enquête, le père, identifié par ses initiales G.J., aurait surpris son fils en compagnie d’un camarade, une cigarette à la main. Pour « redresser » les deux jeunes garçons, l’homme aurait fait usage d’un palmatoire — cet instrument en bois traditionnellement utilisé pour frapper la paume des mains, mais dont l’usage est de plus en plus dénoncé.

 

L’engrenage fatal

le pere a distribué le châtiment avec une précision comptable : il a infligé cinq coups au camarade et six à son propre fils. Si l’incident a semblé clos sur le moment, la tragédie s’est nouée dans la nuit, lorsque l’enfant a été pris de violentes crises. On l’a conduit en urgence au centre de santé le plus proche, mais les soignants n’ont pas pu le sauver malgré les soins prodigués.

Après cet incident, les autorités judiciaires locales ont immédiatement interpellé le père. Ils ont également ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes du décès — traumatisme direct, complications internes ou état de choc — afin d’établir les responsabilités. Au-delà de l’issue judiciaire, ce drame remet en lumière la persistance de violences physiques au nom de l’éducation, alors même que le cadre législatif béninois s’est considérablement durci pour protéger l’intégrité physique des mineurs.

 

 

Le défi de la protection de l’enfance

Si la « correction » paternelle reste, dans certaines zones rurales, perçue comme un attribut de l’autorité parentale, elle se heurte de plus en plus au Code de l’enfant en vigueur au Bénin. Ce texte interdit formellement les traitements cruels et dégradants. « L’enjeu n’est pas seulement juridique, il est culturel », commente un travailleur social de la région. « Il s’agit de redéfinir la limite entre discipline et maltraitance. »

À Lalo, le temps est désormais au deuil et à l’instruction. Ce fait divers sordide vient rappeler, de la plus tragique des manières, que le silence des murs domestiques ne peut justifier l’irréparable.