Kemi Seba dénonce une « machination » depuis sa prison en Afrique du Sud

Le militant panafricaniste béninois Kemi Seba affirme être au cœur d’une « opération orchestrée » impliquant, selon lui, les autorités béninoises, des services français et certains agents sud-africains. Dans une longue lettre rédigée depuis sa cellule en Afrique du Sud, le président de l’ONG Urgences Panafricanistes livre sa version des faits et dénonce ce qu’il qualifie de « persécution politique ».

Dans ce document largement relayé sur les réseaux sociaux, Kemi Seba revient d’abord sur les accusations portées contre lui, notamment des soupçons liés à un projet d’attentat en Europe et des accusations de blanchiment de capitaux. Des allégations qu’il rejette catégoriquement, les qualifiant de « grotesques » et de « fabriquées de toutes pièces » pour justifier son maintien en détention.

Le militant, connu pour ses prises de position radicalement anti-néocoloniales et son opposition au franc CFA, soutient que les autorités béninoises auraient multiplié les procédures judiciaires à son encontre après le coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin. Selon lui, un second mandat d’arrêt international aurait été élaboré récemment afin de renforcer le dossier visant son extradition.

Une exfiltration qui tourne à l’arrestation

Dans son récit, Kemi Seba affirme avoir tenté de quitter discrètement l’Afrique du Sud après qu’un contact l’a informé qu’Interpol l’avait localisé dans le pays. Il dit avoir multiplié les démarches auprès de plusieurs relais internationaux avant d’obtenir, selon ses déclarations, l’appui de réseaux russes proches de l’idéologue Alexandre Douguine.

Selon sa version des faits, des intermédiaires ont ensuite organisé mi-avril 2026 une opération d’exfiltration vers le Zimbabwe, avec pour destination finale le Niger. Mais l’opération aurait rapidement tourné court. Kemi Seba raconte que des agents sud-africains l’ont interpellé avec son fils après une rencontre sur un parking à Pretoria.

Le militant soutient également que les services sud-africains surveillaient déjà les personnes chargées de l’escorter, ce qui aurait permis son arrestation. Il accuse en outre certains agents d’avoir manipulé des témoignages afin de consolider le dossier monté contre lui.

Des accusations lourdes contre Cotonou et Paris

Dans sa lettre, le président d’Urgences Panafricanistes accuse directement le gouvernement béninois du président Patrice Talon de vouloir « réduire au silence toute opposition ». Il critique également la politique française en Afrique et estime que Paris exercerait une influence déterminante dans cette affaire.

Le militant panafricaniste soutient par ailleurs que plusieurs membres de sa famille feraient l’objet de restrictions au Bénin, notamment des confiscations de passeports et des mesures de surveillance. Des accusations graves qui n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle indépendante.

Une figure controversée du panafricanisme contemporain

Figure médiatique du courant panafricaniste radical, Kemi Seba s’est imposé ces dernières années comme l’un des opposants les plus virulents à la présence française en Afrique. Ses campagnes contre le franc CFA et ses discours souverainistes lui ont valu une forte popularité auprès d’une partie de la jeunesse africaine, mais également de nombreuses controverses.

Dans cette nouvelle déclaration, le militant réaffirme son engagement politique et assure que sa détention renforcera son combat. « L’avenir va tous nous édifier », écrit-il, en conclusion d’un texte où se mêlent dénonciation politique, récit personnel et message adressé à ses partisans.

À ce stade, ni les autorités sud-africaines, ni le gouvernement béninois, ni les autorités françaises n’ont officiellement répondu en détail aux accusations formulées par Kemi Seba dans cette lettre.

Bénin : les États-Unis renforcent la sécurité des arsenaux avec huit nouvelles armureries

À Cotonou, la coopération sécuritaire entre le Bénin et les États-Unis franchit un nouveau palier. Le 6 mai 2026, le Chargé d’affaires de l’ambassade américaine, le CDA Dixon, a procédé, aux côtés des forces de sécurité béninoises, à la remise de huit armureries conteneurisées destinées aux Douanes, à la Marine nationale et à la Police républicaine. Une initiative qui illustre le renforcement d’un partenariat stratégique axé sur la sécurisation des armes et la stabilité régionale.

Ambassade des États-Unis au Bénin
© Ambassade des États-Unis au Bénin

Huit armureries pour renforcer la sécurité des arsenaux béninois

En fait, ces infrastructures répondent à un enjeu crucial : améliorer la gestion des stocks d’armes et de munitions dans un contexte sécuritaire marqué par la montée des menaces transfrontalières en Afrique de l’Ouest. En sécurisant les arsenaux et en limitant les risques de détournement, les autorités béninoises entendent consolider leur dispositif de prévention face aux groupes armés opérant dans la sous-région.

Des résultats concrets depuis 2021

Depuis 2021, les États-Unis soutiennent le Bénin à travers le programme PM/WRA du Département d’État, mis en œuvre par l’organisation Mines Advisory Group. Ce partenariat a déjà permis de détruire 327 tonnes de munitions, de former 310 agents et de marquer 11 735 armes sur l’ensemble du territoire béninois, selon les chiffres de l’ambassade américaine. En parallèle, plusieurs armureries ont été construites ou réhabilitées grâce à un investissement estimé à près de 2 milliards de francs CFA.

Ambassade des États-Unis au Bénin
© Ambassade des États-Unis au Bénin

Prévenir les détournements et protéger les communautés

Par ailleurs, ces nouvelles installations traduisent la volonté du Bénin de se conformer davantage aux standards internationaux en matière de gestion et de traçabilité des armes. Pour les autorités sécuritaires, l’objectif est double : protéger les populations tout en empêchant que des armes ne tombent entre de mauvaises mains.

Dans un climat régional marqué par l’expansion des groupes extrémistes violents vers les pays côtiers du golfe de Guinée, cette coopération apparaît aussi comme un levier diplomatique et opérationnel majeur. En soutenant les capacités logistiques et techniques des forces béninoises, Washington réaffirme son engagement aux côtés de Cotonou dans la lutte contre l’insécurité régionale.

Ainsi, derrière la remise de ces huit armureries se dessine une ambition plus large : bâtir une architecture sécuritaire plus résiliente, fondée sur le professionnalisme des forces de défense et la coopération internationale.

Inondations à Cotonou : La SIRAT s’explique

Vingt‑quatre heures après le déluge qui a paralysé plusieurs quartiers de Cotonou le mercredi 6 mai, l’heure est aux explications. Face au désarroi des populations les pieds dans l’eau, la Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT) est montée au créneau le jeudi 7 mai 2026.

Si les autorités rassurent sur la réactivité de leurs systèmes, cet énième épisode pluvieux nous renvoie à un miroir inconfortable : la résilience de notre capitale est l’affaire de tous, mais le temps presse. Car ce n’est pas la première fois que Cotonou ploie sous les eaux : en 2022 déjà, des pluies diluviennes avaient paralysé les mêmes quartiers, malgré les investissements annoncés.

« Deux heures pour évacuer » : le plaidoyer technique de la SIRAT

Face aux micros, le Directeur Général de la SIRAT, Ranti Akindes, s’est voulu rassurant mais pragmatique. Selon lui, c’est l’intensité exceptionnelle et brutale de la pluie qui a temporairement saturé les réseaux.

« Nos dispositifs de drainage et la mobilisation immédiate de nos équipes techniques ont permis un retour progressif à la normale en moins de deux heures », a‑t‑il affirmé.

Sur le terrain, la société a insisté sur les mesures d’urgence déployées : surveillance accrue des points noirs, interventions rapides pour libérer les voies d’eau et curage de secours des caniveaux. De son côté, le Projet d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC) a tenu à rappeler les investissements colossaux déjà consentis pour bâtir une ville moderne et résiliente.

Mais une fois les caméras éteintes et l’eau évacuée, les questions de fond demeurent. Deux heures pour vider les artères principales, certes, mais combien de familles ont vu leurs biens endommagés dans l’intervalle ? Et surtout, combien de fois faudra‑t‑il répéter ce scénario avant que les ouvrages soient réellement calibrés pour les pluies du futur ?

Le caniveau n’est pas une poubelle : le cri du cœur des gestionnaires

Le PAPC a profité de cette tribune pour lancer un appel pressant au civisme, et l’on ne peut que lui donner raison. Combien de fois avons‑nous vu des habitants jeter des sachets et des bidons usagés dans les regards de caniveaux ? Certains, à l’approche de l’orage, courent même pour y déposer des sacs‑poubelles, espérant que le courant les emporte.

Ce geste, qui semble anodinement libérateur sur le moment, est un acte d’auto‑sabotage collectif. Lorsque nous bouchons nos propres artères d’évacuation avec du plastique, nous condamnons nos propres salons à être inondés quelques heures plus tard. La propreté de nos caniveaux est le premier rempart contre la montée des eaux. Sans discipline citoyenne, aucun milliard de FCFA investi dans le béton ne pourra nous sauver.

Face au climat, la résilience ne se décrète pas

Cependant, rejeter toute la faute sur le citoyen serait trop facile. Les inondations récurrentes de Cotonou nous forcent à poser une question cruciale : nos infrastructures actuelles, bien que modernes, sont‑elles vraiment calibrées pour les décennies à venir ?

Le doute plane. Dans un monde où le climat s’emballe, les normes de construction du passé ne suffisent plus. La résilience de notre capitale ne s’évaluera pas à la beauté des maquettes de projets d’assainissement, mais bien à leur capacité à maintenir nos enfants au sec lors des tempêtes futures.

Pour aller plus loin : un pacte entre l’État et le Citoyen

Pour que Cotonou respire, nous devons signer un nouveau contrat social :

  • L’État doit continuer à anticiper, en adaptant constamment le dimensionnement des ouvrages d’art aux réalités climatiques actuelles, et non à des statistiques obsolètes.
  • Le citoyen doit protéger son environnement, en adoptant une gestion responsable de ses déchets ménagers.

Chaque pluie est un test grandeur nature. À nous de décider si nous voulons continuer à subir, les yeux rivés sur le ciel, ou si nous choisissons enfin d’agir, ensemble, pour que notre capitale reste une terre d’avenir, et non un marécage de regrets.

Bénin : Ismath Bio Tchané Mamadou prête serment pour un 2nd mandat à la Cour des Comptes

Sous les lustres de la salle des Ambassadeurs, le silence était à la mesure de l’engagement. Ce jeudi 7 mai 2026, Ismath Bio Tchané Mamadou a lié son destin à celui de la Cour des comptes pour cinq années supplémentaires. Devant le chef de l’État, la magistrate de carrière a renouvelé son pacte avec la Nation : protéger chaque franc public avec une impartialité absolue.

Le Palais de la Marina a servi de cadre à une cérémonie sobre, mais hautement symbolique. En prononçant la formule consacrée du serment, Ismath Bio Tchané Mamadou ne s’est pas contentée de remplir une formalité juridique. Elle a réaffirmé les valeurs qui guident son parcours : fidélité, respect du secret des délibérations et probité exemplaire.

Ce second mandat impose à la présidente une obligation stricte de réserve. Désormais, aucune prise de position publique ni aucune consultation privée ne devra entacher l’indépendance de cette institution qu’elle dirige depuis son accession à l’autonomie juridictionnelle.

Présidence du Bénin
© Présidence du Bénin

L’exhortation de Patrice Talon : « Aller plus loin »

Le président Patrice Talon, en prenant acte de ce serment, n’a pas caché ses attentes. Pour le chef de l’État, cette reconduction ne constitue pas un simple acquis, mais une mission au service de la transparence et de la bonne gouvernance.

« Je voudrais vous exhorter à donner davantage de votre énergie, de votre savoir-faire et de votre vigilance », a-t-il déclaré, fixant le cap d’une gouvernance toujours plus rigoureuse. Le message est limpide : alors que le pays consolide ses acquis économiques, la Cour des comptes doit agir comme le dernier rempart contre les dérives financières. L’objectif affiché reste de démontrer que « le peuple béninois avance de mieux en mieux ».

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Un pilier de la modernité institutionnelle

Depuis la réforme historique de 2021, la Cour des comptes ne se limite plus à une présence symbolique dans l’organigramme de l’État. Elle s’impose désormais comme une juridiction autonome, alignée sur les standards les plus exigeants de l’UEMOA.

Au quotidien, l’équipe dirigée par Ismath Bio Tchané Mamadou assure trois missions essentielles :

  • le jugement des comptes, à travers le contrôle de la gestion des comptables publics ;
  • l’audit des entreprises d’État, afin d’évaluer les performances des sociétés publiques ;
  • la promotion de la transparence, en garantissant aux citoyens que les ressources nationales servent effectivement l’intérêt général.

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Le défi de la continuité

Ce nouveau mandat de cinq ans s’ouvre sous le signe de la continuité, mais également de l’exigence. Dans un Bénin en pleine transformation, la Cour des comptes incarne le regard de la Nation sur la gestion des finances publiques. En confirmant Ismath Bio Tchané Mamadou à ce poste stratégique, le pouvoir exécutif mise sur la stabilité institutionnelle pour approfondir les réformes de gouvernance.

Pour la présidente, le chantier reste immense, mais la feuille de route est déjà tracée : la protection du patrimoine public béninois ne souffrira aucune concession.

Cotonou : Luc Gnacadja face au défi des inondations

Après de violentes précipitations ayant paralysé la capitale économique béninoise ce  6 mai, le maire fraîchement installé, Luc Gnacadja, a appelé à une accélération des réformes structurelles de résilience urbaine.

Le scénario est d’une régularité dramatique, mais il résonne cette fois comme un avertissement politique majeur. Ce mercredi 6 mai au matin, des trombes d’eau se sont abattues sur Cotonou, submergeant instantanément plusieurs artères vitales de la métropole côtière et paralysant l’activité économique. Face au mécontentement naissant des usagers bloqués dans les traditionnels points noirs de l’agglomération, la municipalité n’a pas tardé à réagir.

Dans un communiqué officiel diffusé le jour même, le nouveau maire, Luc Gnacadja, a annoncé le déploiement d’urgence des équipes techniques pour faciliter l’écoulement des eaux, tout en appelant ses administrés à la prudence et à limiter leurs déplacements dans les zones inondées.

 

L’héritage lourd des fragilités structurelles

Si la gestion de l’urgence reste classique — coupure des axes critiques, curage accéléré des collecteurs —, la teneur du message de l’édile marque une rupture de ton. L’ancien ministre de l’Environnement et ex-secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification sait que son mandat se jouera en grande partie sur ce terrain. Élu en février dernier à la tête de la ville, cet architecte-urbaniste de formation fait face à son premier véritable test.

Pour la nouvelle équipe municipale, ces inondations précoces ne sont pas une surprise, mais la confirmation d’une vulnérabilité systémique. Depuis plusieurs semaines, les services techniques des différents arrondissements s’étaient lancés dans un travail d’identification des zones critiques. Ce diagnostic de terrain a permis des interventions plus ciblées ce mercredi, mais il met aussi en lumière l’ampleur du chantier.

« Ces épisodes rappellent la nécessité d’accélérer les efforts de résilience urbaine et d’adaptation de notre ville face aux défis climatiques et aux fragilités structurelles accumulées au fil des années », a souligné Luc Gnacadja.

La topographie implacable de Cotonou

La topographie de Cotonou, ville littorale construite sur un cordon sableux et enserrée entre l’océan Atlantique et le lac Nokoué, ne pardonne aucune approximation. L’urbanisation rapide de la périphérie et l’obstruction anthropique des exutoires naturels transforment chaque averse majeure en crise logistique. Ces épisodes rappellent aussi l’urgence de préserver et de libérer les couloirs naturels d’écoulement des eaux, un chantier que les précédentes administrations ont souvent hésité à mener de front.

Le défi de la libération des couloirs d’eau

Au-delà des appels au civisme et à la réduction des déplacements formulés par l’autorité municipale, l’enjeu des prochains mois réside dans l’application de mesures impopulaires mais nécessaires : la libération stricte des couloirs naturels d’écoulement des eaux. Alors que le programme d’asphaltage et d’assainissement pluvial d’envergure nationale, soutenu par le gouvernement central, se poursuit, la municipalité de Cotonou doit prouver sa capacité à articuler ces grands travaux avec une gestion de proximité efficace.

Si la décrue s’amorce généralement dans les heures qui suivent la fin des pluies, la récurrence de ces blocages rappelle que, pour Cotonou, l’adaptation climatique n’est plus une option budgétaire, mais une urgence vitale.

CAN 2027 : La Tanzanie sollicite Didier Drogba comme ambassadeur

        C’est une signature qui pèse lourd dans le paysage du football est-africain. L’icône ivoirienne Didier Drogba devient officiellement le nouveau visage de la Tanzanie pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027. Un recrutement de prestige acté le mardi 5 mai à Dodoma, lors d’une rencontre officielle avec la présidente Samia Suluhu Hassan. Ainsi, l’ancien capitaine des Éléphants ne vient pas seulement prêter son image : il s’engage sur le terrain du développement.

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Le soft power à l’ivoirienne

L’image est forte : Didier Drogba, sourire aux lèvres, échange une poignée de main avec la présidente Samia Suluhu Hassan sous les ors du palais de Dodoma. Pour la Tanzanie, qui coorganise la CAN 2027 aux côtés du Kenya et de l’Ouganda sous la bannière « Pamoja » (« ensemble » en swahili), l’arrivée de Didier Drogba constitue un coup de maître diplomatique.

Après le succès retentissant de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, Dodoma cherche à importer le « modèle ivoirien ». En recrutant Drogba, la Tanzanie s’offre l’ambassadeur le plus emblématique de cette réussite. C’est un signal fort envoyé à la CAF et aux investisseurs internationaux.

 

Le projet « Pamoja » et l’unité régionale

Par ailleurs, en nommant Drogba ambassadeur de bonne volonté, la présidente tanzanienne vise deux objectifs. Le premier est médiatique : utiliser l’aura planétaire de l’ancien attaquant de Chelsea pour attirer investisseurs et projecteurs sur l’Afrique de l’Est. Le second volet, plus structurel, consiste à mettre son expertise au service de la jeunesse locale.

La CAN 2027 représente un défi logistique immense, puisqu’elle sera organisée conjointement par la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda. Cependant, la présence d’une figure unificatrice comme Drogba permet de donner une identité globale et prestigieuse à cette coorganisation inédite.

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Au-delà du football : l’éducation

Didier Drogba devrait conseiller le gouvernement dans la mise en place d’académies de football et la modernisation des infrastructures. Lors de sa prise de parole, l’ex-star a martelé son mantra habituel : « Le talent ne suffit pas sans éducation. »

C’est pourquoi son insistance sur les académies mixtes (sport-études) répond à une priorité de la présidente Samia Suluhu Hassan : transformer la passion pour le football en levier de formation professionnelle pour la jeunesse tanzanienne.En plus,Drogba a même été aperçu au Parlement tanzanien, signe que sa mission dépasse le cadre sportif pour toucher aux sphères institutionnelles et budgétaires du pays.

Nigeria : inauguration d’une école intelligente à Radda

         Au Nigeria, l’heure est à la révolution numérique dans le secteur éducatif, du moins dans l’État septentrional de Katsina. C’est un événement d’envergure qui s’est joué ce mercredi 6 mai à Radda, la ville natale du gouverneur local, Malam Dikko Umaru Radda.

En présence du président de l’Association des gouverneurs du Nigeria et du ministre fédéral de l’Éducation, les autorités ont coupé le ruban d’un tout nouveau modèle de complexe scolaire. En effet, baptisé « Radda Special Model Smart School », cet établissement public de pointe — entièrement gratuit — ambitionne de briser le déterminisme social en offrant une éducation technologique de niveau mondial aux enfants les plus démunis.

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Une école intelligente pour briser les inégalités

Quarante-deux salles de classe connectées, six laboratoires de pointe spécialisés allant de l’agro-technologie à l’intelligence artificielle, deux immenses halls de conférence, et des infrastructures sportives flambant neuves. Ainsi, à Radda, petite localité du département de Charanchi, l’inauguration de cette « école intelligente » a des airs de bascule vers le futur pour le système éducatif public du Nord-Nigeria.

L’établissement accueille déjà près de 1 000 élèves boursiers. D’ailleurs, sa particularité est qu’il s’adresse exclusivement aux enfants issus de milieux ruraux et défavorisés, sélectionnés uniquement sur concours. Une manière de tordre le cou aux inégalités d’accès au savoir, comme l’explique le gouverneur de l’État de Katsina, Dikko Umaru Radda :

« Ce projet n’est pas un acte de charité, c’est un engagement ferme pour rendre l’excellence accessible à chaque enfant, peu importe son origine sociale. Nous créons un système qui traque le talent là où il se cache pour lui donner une chance de fleurir. Nos enfants doivent pouvoir rivaliser sur la scène mondiale d’ici 20 ou 30 ans. »

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Un modèle éducatif tourné vers l’avenir

Dans une région historiquement marquée par un important retard scolaire vis‑à‑vis du Sud du pays, plus industrialisé et technologique, ce projet pilote est scruté de très près. L’enjeu est également sécuritaire : l’administration locale vient parallèlement d’adopter une politique d’écoles sécurisées pour protéger ces nouveaux sanctuaires du savoir contre la menace des bandes armées.

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Entre modernisation et défis sécuritaires

Pour la société civile nigériane, ce complexe doit servir de laboratoire à grande échelle. L’exécutif de Katsina promet déjà de dupliquer cette initiative dans les deux autres zones sénatoriales de l’État. Reste toutefois le défi de la durabilité : pour faire fonctionner ces « écoles du futur », il faudra garantir un approvisionnement énergétique continu et une maintenance coûteuse des outils numériques. Un premier pas audacieux, espèrent les observateurs, pour moderniser l’école publique dans le nord du géant ouest-africain.

Bénin : la CENA recycle son matériel électoral pour réduire le coût de la démocratie

Depuis le 4 mai 2026, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) mène une vaste opération de tri et de reconditionnement de son matériel post‑électoral. Dans les entrepôts de Cotonou, ses agents inspectent, classent et stockent lampes torches, marqueurs indélébiles, cachets de vote, rideaux d’isoloirs et chasubles orangées. Pendant dix jours, ils travaillent avec minutie pour atteindre un objectif clair : réduire le coût des prochains scrutins.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Rationaliser pour économiser

La Direction du matériel et des opérations supervise le processus. Les équipes regroupent les articles par catégorie, évaluent leur état, écartent ceux qui sont inutilisables et réservent ceux qui peuvent encore servir. Ainsi, chaque objet sauvé préserve de l’argent public. Dans un pays où les élections législatives, communales et présidentielles mobilisent des budgets conséquents, la réutilisation des équipements permet de réaliser des économies substantielles.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Mutualiser les ressources

La CENA ne limite pas son ambition à ses propres besoins. Au contraire, elle prévoit de mettre une partie du matériel excédentaire à disposition d’autres institutions publiques, comme la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB), la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ou le ministère du Cadre de vie. En recyclant et en partageant ses ressources, elle s’inscrit dans une logique de mutualisation qui répond à un contexte budgétaire tendu et incite chaque administration à optimiser ses dépenses.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Professionnaliser la gestion électorale

Depuis sa création en 1994, la CENA renforce progressivement ses capacités logistiques. En conséquence, en institutionnalisant des procédures post‑électorales standardisées, comme cette opération de tri, elle démontre une montée en compétence saluée par les observateurs internationaux. Par ailleurs, dans une Afrique où les contestations électorales naissent souvent de défaillances matérielles, l’exemple béninois attire l’attention.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

En recyclant son matériel plutôt qu’en le renouvelant systématiquement, la CENA affirme que la démocratie a un coût, mais que ce coût peut être maîtrisé. En somme, pendant dix jours, ses agents ne se contentent pas de trier des stylos et des chasubles : ils consolident, par la rigueur quotidienne, les fondements matériels d’une démocratie qui veut durer.

Bénin : triple retrait au sommet avant l’investiture de Romuald Wadagni

À l’approche de l’investiture du nouveau chef de l’État, prévue le 24 mai à Porto-Novo, trois piliers historiques du pouvoir sortant annoncent leur retrait. Une manœuvre qui libère l’espace politique, mais accentue la pression sur la formation du prochain exécutif.

C’est Un séisme qui recompose l’architecture d’un régime sans en fissurer les fondations. À quelques semaines de la passation officielle de pouvoir au Bénin, l’appareil d’État s’apprête à acter une mutation d’envergure. Selon les révélations du média local Le Béninois Libéré, confirmées par plusieurs sources concordantes à Cotonou, trois figures tutélaires de la présidence de Patrice Talon s’apprêtent à quitter simultanément leurs fonctions : Abdoulaye Bio Tchané (Ministre d’État chargé du Plan), Pascal Irénée Koupaki (secrétaire général de la présidence) et José Tonato (Ministre du Cadre de vie).

Ce triple retrait volontaire, orchestré en parfaite symphonie avec le départ du président sortant, est d’abord décrypté comme l’ultime révérence de la « vieille garde ». En choisissant de lier leur destin politique à celui du chef de l’État, ces hommes clés, qui ont accompagné les réformes de l’exécutif depuis le premier gouvernement d’avril 2016, entendent donner corps au principe de l’alternance politique. Une posture de loyauté qui vise avant tout à fluidifier une transition inédite.

 

Un boulevard politique pour le dauphin

Pour le président élu Romuald Wadagni, largement vainqueur du scrutin du 12 avril dernier avec plus de 94 % des suffrages — dans un contexte marqué par l’absence des principaux partis d’opposition radicale —, ce démantèlement de l’appareil gouvernemental s’apparente à une aubaine. Jusqu’ici puissant ministre de l’Économie et des Finances, l’expert-comptable de 49 ans hérite d’une marge de manœuvre particulièrement rare sous les tropiques africains lors d’une succession au sein d’un même camp.

« En libérant ces ministères régaliens et stratégiques, les barons sortants évitent au nouveau président le piège de la cohabitation générationnelle ou de la dette politique trop lourde à porter », analyse un politologue basé à Cotonou.

Dès son investiture, le 24 mai prochain à Porto-Novo, Romuald Wadagni disposera ainsi des coudées franches pour imprimer sa propre marque, résolument tournée vers la jeunesse et la modernisation économique.

 

Entre rupture générationnelle et résistances internes

Toutefois, la composition du premier gouvernement de l’ère Wadagni s’annonce comme un exercice d’équilibriste de haute voltige. Si le départ du trio Bio Tchané-Koupaki-Tonato offre de l’oxygène au futur chef de l’État, le renouvellement de la classe dirigeante se heurte déjà à de sourdes résistances. En coulisses, plusieurs cadres et ministres de la gouvernance Talon ne cachent pas leur volonté de s’accrocher à leurs portefeuilles, arguant de la nécessité de maintenir une continuité technique et politique.

Le futur président devra donc trancher le premier grand nœud gordien de son mandat :

D’un côté, la tentation d’une rupture générationnelle nette, attendue par une jeunesse béninoise à laquelle il s’est largement adressé durant sa campagne.

De l’autre, l’impératif de préserver les grands équilibres géopolitiques régionaux (notamment entre le Nord et le Sud du pays) et de stabiliser les réformes économiques structurelles qui ont fait la réputation du Bénin ces dernières années.

À Cotonou, le compte à rebours est lancé. La fluidité apparente de cette passation de pouvoir masque à peine l’intense bataille d’influence qui se joue désormais pour l’attribution des portefeuilles ministériels de la future République.

Bénin : procès de l’« infamie d’Ekpè » attendu le 15 mai

Le 15 mai prochain, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) examinera le dossier de la jeune femme torturée par le feu. Si six prévenus sont sous les verrous, le principal instigateur présumé, un homme âgé, manque toujours à l’appel.

L’épilogue judiciaire de ce que l’opinion publique béninoise appelle désormais « l’infamie d’Ekpè » commence à se dessiner. Après l’incarcération de six suspects, le 29 avril dernier, une date est désormais inscrite au calendrier de la CRIET : le 15 mai 2026. Ce jour-là, la justice devra disséquer l’horreur d’une nuit de printemps où la raison a sombré dans la cruauté la plus archaïque.

 

La banalité du mal en banlieue de Porto-Novo

L’instruction a permis de lever le voile sur le profil des agresseurs présumés. Loin des réseaux criminels organisés, les prévenus présentent le visage d’une précarité ordinaire : de jeunes hommes dans la vingtaine, jardiniers, maraîchers ou ouvriers, dont le quotidien s’est mué, le temps d’une nuit, en tribunal d’inquisition.

Leurs chefs d’accusation, particulièrement lourds, reflètent la multiplicité des sévices subis par la victime : viol, coups et blessures volontaires, ainsi qu’enregistrement et diffusion d’images relatives à la commission d’une infraction. En attendant de s’expliquer à la barre, les six individus écroués purgent actuellement leur détention à la prison civile d’Abomey-Calavi, loin de l’axe Cotonou-Porto-Novo où les faits ont eu lieu.

 

Une mère de famille face à la « justice » de la rue

L’enquête apporte également un éclairage douloureux sur la victime. Âgée de 38 ans et mère de cinq enfants, cette femme — dont les proches signalent une fragilité psychologique latente — a été la cible d’une vindicte populaire déclenchée par un prétendu vol de téléphone portable. Un prétexte dérisoire pour un supplice qui a duré une partie de la nuit du 21 au 22 avril.

Suspendue, ligotée et exposée aux flammes, elle a survécu au feu, mais porte les stigmates indélébiles de cette agression. Sortie du centre de soins le 1ᵉʳ mai pour regagner son domicile, elle reste le témoin principal d’une tragédie qui a bien failli lui coûter la vie.

 

L’ombre du « patriarche » en fuite

Mais le dossier comporte encore une zone d’ombre majeure. Selon les déclarations de la victime et les premiers éléments de l’enquête, l’instigateur de cette scène de torture ne ferait pas partie des jeunes déjà arrêtés. Un septième suspect, un homme plus âgé désigné comme le donneur d’ordres, est toujours activement recherché par la Police républicaine.

Cette cavale pose une question de fond pour les autorités : comment un homme d’âge mûr a-t-il pu orchestrer une telle barbarie en mobilisant une main-d’œuvre locale pour brûler une femme sans défense ? L’absence de ce « vieux », comme le nomme la rumeur publique, laisse un goût d’inachevé aux prémices du procès.

Le 15 mai, au-delà du verdict, la CRIET aura la lourde tâche de panser une plaie nationale. Il ne s’agira pas seulement de juger des bourreaux, mais de réaffirmer qu’au Bénin, ni la suspicion de vol ni la folie des réseaux sociaux ne sauraient justifier le retour aux bûchers médiévaux.