L’engouement pour les métiers du numérique pousse l’ADPME et ses partenaires à renforcer leur dispositif.
Cotonou, 30 juin 2026 – Plus de 5 700 candidatures en quelques jours. Le chiffre illustre l’intérêt grandissant des jeunes Béninois pour les métiers du numérique et conforte les ambitions de l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME Bénin), du programme FORCE-N Bénin et de la Mastercard Foundation, engagés dans la formation d’une nouvelle génération de professionnels de l’e-business.
Face à cette forte mobilisation, les responsables des différentes parties prenantes ont tenu, le 24 juin dernier à Cotonou, une séance de travail destinée à évaluer les premières étapes de mise en œuvre du programme de formation certifiante en e-business. Conduite depuis le Sénégal, la délégation de FORCE-N Bénin a rencontré le Directeur général de l’ADPME Bénin, Laurent Gangbes, afin d’ajuster le dispositif avant le démarrage effectif des parcours de formation.
L’initiative, officiellement lancée le 12 juin lors d’une rencontre virtuelle réunissant les dirigeants du programme, a rapidement suscité un intérêt dépassant les attentes des organisateurs. Au total, ils ont enregistré 5 761 candidatures, provenant de l’ensemble des douze départements du Bénin, mais également de jeunes Béninois établis à l’étranger.
Au-delà de ce succès quantitatif, les partenaires y voient un signal fort de l’évolution des aspirations professionnelles de la jeunesse, de plus en plus tournée vers les compétences numériques, devenues essentielles dans un marché du travail en pleine mutation.
Pour répondre à cette demande, plusieurs ajustements opérationnels ont été arrêtés. Les bénéficiaires disposeront prochainement d’un numéro d’assistance dédié, d’un tutoriel facilitant l’utilisation de la plateforme de formation ainsi que d’un accompagnement pédagogique et technique renforcé tout au long de leur apprentissage.
Mais les ambitions du programme ne se limitent pas à la délivrance de certifications. Les discussions engagées entre les partenaires portent également sur les perspectives d’insertion professionnelle des futurs diplômés. Plusieurs pistes sont actuellement à l’étude afin de favoriser leur recrutement par les entreprises, de faciliter leur accès au marché de l’emploi et d’accompagner les jeunes qui souhaiteront développer leurs propres projets entrepreneuriaux.
À travers cette initiative, l’ADPME Bénin, FORCE-N Bénin et la Mastercard Foundation entendent contribuer à l’émergence d’un vivier de compétences capable d’accompagner la transformation numérique des petites et moyennes entreprises béninoises. Un enjeu stratégique pour un pays qui mise de plus en plus sur l’économie numérique comme levier de création d’emplois, de compétitivité et de croissance durable.
Dans le nord du Bénin, la lutte contre les réseaux de stupéfiants se joue désormais au cœur des zones rurales les plus isolées. Dimanche 28 juin 2026, aux environs de 21 heures, les hommes du commissariat de l’arrondissement de Bembèrèkè ont porté un coup d’arrêt à une importante filière de redistribution de chanvre indien. L’opération s’est déroulée à hauteur du village de Pédarou, révélant une méthode logistique bien rodée : l’utilisation de zones broussailleuses comme entrepôts temporaires à ciel ouvert.
Cette saisie met en lumière la mutation des méthodes des trafiquants, qui délaissent de plus en plus les entrepôts urbains, trop exposés, au profit de caches naturelles dissimulées le long des axes de transit.
Une guerre de renseignement et de patience
L’intervention policière n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement de plusieurs jours de surveillance discrète et minutieuse. Alertées par des renseignements concordants faisant état d’un trafic de grande ampleur dans la commune de Bembèrèkè et ses environs, les forces de l’ordre ont patiemment cartographié les déplacements des suspects.
Ce travail d’infiltration et d’analyse a permis d’identifier un itinéraire régulier emprunté par les convoyeurs. En tendant leur dispositif de surveillance le long de ce corridor invisible, les agents de la Police républicaine ont fini par localiser le point névralgique du réseau : une cache aménagée en pleine brousse. Sur place, la fouille a permis de mettre la main sur six sacs de jute d’une capacité théorique de 100 kilogrammes chacun, tous gorgés de plaquettes de chanvre indien.
Le défi du démantèlement des réseaux « fantômes »
Si la marchandise a été transportée en toute sécurité et placée sous scellés dans les locaux du commissariat de Bembèrèkè pour les besoins de la procédure judiciaire, les propriétaires de la cargaison manquent encore à l’appel. À ce stade, aucune interpellation n’a eu lieu.
C’est là toute la complexité de la stratégie des trafiquants : en stockant la drogue à distance des habitations et en ne venant la récupérer qu’au moment propice, ils limitent les risques d’arrestation en flagrant délit.
La Police républicaine maintient toutefois la pression. Alors que l’évaluation précise du poids de la drogue saisie est toujours en cours, les investigations se poursuivent activement. Pour les autorités béninoises, l’objectif dépasse désormais la simple saisie matérielle ; il s’agit de remonter la chaîne de commandement afin d’identifier les cerveaux et de démanteler définitivement ce réseau transfrontalier qui alimente la sous-région.
Au cours d’une cérémonie solennelle empreinte de prestige, la Vice‑Présidente de la République, Madame Mariam Chabi Talata, a décoré le Médiateur de la République, Pascal Essou. Une haute distinction vient ainsi couronner un parcours d’exception au sommet de l’État.
Les salons feutrés de la Grande Chancellerie de l’Ordre national du Bénin ont servi de cadre, à la veille de ce vendredi 26 juin 2026, à un grand moment de reconnaissance républicaine. En effet, M. Pascal Essou, Médiateur de la République, a reçu officiellement le grade de Grand Officier de l’Ordre national du Bénin.
La Vice‑Présidente de la République, Grande Chancelière de l’Ordre, Madame Mariam Chabi Talata, a présidé cette prestigieuse cérémonie, symbole de la gratitude de la Nation envers ses grands serviteurs. Dès lors, elle consacre une trajectoire remarquable, entièrement dédiée au développement, à l’équilibre institutionnel et à la paix sociale au Bénin.
Preuve de la portée hautement politique et républicaine de l’événement, les chefs des grandes institutions de la République ont tenu à faire le déplacement pour entourer le récipiendaire. Parmi les personnalités de premier plan figurait la Présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, la Professeure Dandi Gnamou.
Présente aux côtés de ses pairs, la présidente de la juridiction constitutionnelle n’a pas caché son admiration, exprimant publiquement ses « chaleureuses félicitations à Monsieur Pascal Essou pour cette reconnaissance méritée ».
Pascal Essou : le garant du dialogue social et administratif
Cette distinction récompense un homme dont le nom reste intimement lié à la stabilité des services publics béninois ces dernières années. Homme d’affaires émérite puis homme politique respecté, ancien député à l’Assemblée nationale, Pascal Essou avait prêté serment en mai 2021 devant le Chef de l’État, Patrice Talon, pour devenir le troisième Médiateur de la République de l’histoire du pays, succédant à Joseph Gnonlonfoun.
À la tête de cette institution stratégique, Pascal Essou s’est d’abord illustré par son rôle d’intercesseur gracieux, en reliant les administrés à l’administration publique pour résoudre les litiges à l’amiable. Ensuite, il a consolidé l’État de droit en menant des médiations d’envergure pour apaiser les tensions professionnelles et sociopolitiques. Enfin, il a porté la voix du Bénin à l’échelle internationale, notamment en sa qualité de trésorier de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF).
En arborant désormais la cravate de Grand Officier, Pascal Essou rejoint le cercle très restreint des citoyens dont les mérites exceptionnels et la loyauté envers la patrie sont gravés dans l’histoire de la République. Une médaille en or pour un homme de dialogue.
Cotonou, 26 juin 2026 — Le Bénin a franchi une nouvelle étape dans sa quête d’un développement durable inclusif en décernant, pour la première fois, les Labels Écocitoyens 2026 à six organisations de la société civile. Cette initiative, pilotée par la Direction Générale de l’Environnement et du Climat (DGEC), met en lumière des acteurs engagés dans la protection de l’environnement, la sensibilisation communautaire et l’innovation écologique.
Les lauréats, sélectionnés après un processus rigoureux, sont :
Réseau Béninois du Parlement Mondial de la Jeunesse pour l’Eau (RB/PMJE)
SEKO GREEN
ONG PAULY AFRIQUE BIO
Fondation GNIDEHOUE
ONG JEVEV
ONG TAMAEE
Ces structures se sont distinguées dans des domaines aussi variés que l’éducation environnementale, le reboisement, la gestion durable des ressources naturelles, la promotion de l’économie verte et l’innovation écologique. Par ailleurs, leurs actions contribuent à renforcer les valeurs écocitoyennes et à améliorer durablement le cadre de vie des communautés béninoises.
La remise officielle des distinctions s’est tenue jeudi 25 juin 2026 à l’Hôtel Novotel Orisha de Cotonou, sous la présidence de Monsieur Georges ALE, Ministre du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement Durable. Cet événement, qui a réuni personnalités politiques, administratives et partenaires au développement, a été l’occasion de célébrer l’engagement citoyen en faveur de l’environnement.
Dans son discours d’ouverture, le Ministre Georges ALE a salué « l’exemplarité et la persévérance » des lauréats, rappelant que « l’écocitoyenneté n’est pas une option, mais une nécessité pour notre avenir commun ». De plus, il a insisté sur le fait que les investissements publics en assainissement, infrastructures et aménagement urbain ne porteront leurs fruits que si les citoyens adoptent des comportements responsables :
« L’écocitoyenneté, ce n’est pas seulement ramasser ses déchets. C’est un engagement quotidien pour la santé de tous, la préservation de notre biodiversité et la qualité de vie de nos enfants. »
« 229 Cadre de Vie » : une plateforme pour une écocitoyenneté participative
Par ailleurs, l’un des temps forts de la cérémonie a été la présentation de la plateforme numérique « 229 Cadre de Vie », un outil innovant permettant aux citoyens de signaler les atteintes à l’environnement (dépôts sauvages, pollution, dégradation des espaces publics, etc.) et de participer activement à l’amélioration du cadre de vie.
Mme Arielle AKOUÉTÉ ACCROMBESSI, Cheffe du Département de la Promotion de l’Écocitoyenneté, a souligné le rôle clé des organisations lauréates dans la diffusion des bonnes pratiques environnementales. Elle a déclaré : « Ces acteurs sont les ambassadeurs d’un Bénin plus vert et plus résilient », avant d’ajouter que la plateforme « donne à chaque citoyen les moyens d’agir ».
Labels Écocitoyens : un engagement gouvernemental renforcé
Enfin, en clôturant les travaux, le Ministre Georges ALE a réaffirmé la volonté du Gouvernement de :
Poursuivre les campagnes de sensibilisation à l’écocitoyenneté.
Accompagner les initiatives citoyennes par des financements et un cadre légal favorable.
Construire un Bénin plus propre, plus sain et respectueux de son environnement.
Cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique nationale visant à faire du Bénin un modèle en Afrique de l’Ouest en matière de gestion durable de l’environnement et de participation citoyenne.
Au final, les Labels Écocitoyens 2026 traduisent une reconnaissance symbolique mais surtout l’ouverture d’une nouvelle bataille pour l’avenir du pays. En effet, pollution plastique, écosystèmes fragiles et mobilisation de la jeunesse restent des défis majeurs que le Bénin devra affronter avec détermination. D’ailleurs, en érigeant les lauréats en ambassadeurs officiels de l’écocitoyenneté, le gouvernement place la société civile au cœur de la transition écologique et rappelle que la réussite de cette ambition dépendra de la capacité collective à transformer l’engagement citoyen en un véritable moteur de développement durable.
À Malanville, la police frontalière a mis en échec le convoyage clandestin de dix mineurs béninois vers le Niger. Le recruteur les destinait à des travaux champêtres, mais les forces de l’ordre ont pris en charge les enfants et ont incarcéré le suspect.
Le jeudi 25 juin 2026, le commissariat frontalier de Police de Malanville a intercepté, juste au niveau du fleuve Niger, un groupe de dix mineurs béninois âgés de seulement 6 à 15 ans. Sans aucune autorisation parentale, ces enfants – dont la plupart sont des élèves – s’apprêtaient à traverser la frontière pour rejoindre Gaya, au Niger.
Du recrutement aux champs : les rouages de l’interception
Selon les premiers éléments de l’enquête policière, le profil du passeur présumé dévoile une filière de recrutement agricole parfaitement huilée. Derrière l’apparence banale d’un cultivateur étranger infiltré à Banikoara, se cache un réseau organisé visant à exploiter une main‑d’œuvre infantile vulnérable. Interrogé à Malanville, le convoyeur a tenté de masquer la réalité en évoquant de simples « vacances scolaires » à Gaya. Mais ce mensonge s’est effondré dès la prise de parole des enfants : unanimes, les jeunes victimes ont révélé qu’elles étaient déplacées pour être enrôlées dans des travaux champêtres.
Justice et protection sociale activées
Face à la gravité des faits, les institutions étatiques ont réagi sans délai. Informé de la situation, le Procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire formelle. Les forces de l’ordre ont immédiatement arrêté le suspect et l’ont placé sous la responsabilité du commissariat d’arrondissement de Malanville pour la suite des investigations.
Dans le même temps, les autorités ont mobilisé l’urgence autour de la protection et du suivi psychologique des jeunes rescapés. Elles ont confié les dix enfants au Guichet unique de protection sociale (Gups) de Malanville, afin de leur garantir une prise en charge adaptée et d’organiser leur retour sécurisé dans leurs familles.
Cette affaire illustre avec force les défis permanents que les pays de la sous‑région affrontent pour verrouiller des frontières poreuses et protéger les mineurs contre l’exploitation économique, particulièrement lors des congés scolaires et des campagnes agricoles.
Les résultats du Certificat d’études primaires (CEP) ont été proclamés ce vendredi 26 juin 2026 au Bénin. Avec un taux de réussite national exceptionnel de 90,17 %, cette session marque un tournant pour le système éducatif béninois. Le Borgou décroche la palme d’or départementale.
C’est le grand jour pour près de 287 000 écoliers béninois. Ce vendredi, les autorités éducatives ont procédé à la délibération et à la proclamation officielle des résultats du CEP, session unique de juin 2026. L’examen, qui sanctionne la fin du cycle primaire et conditionne l’entrée au collège, affiche une santé de fer : le taux de réussite au plan national atteint le score historique de 90,17 %. Une performance globale remarquable qui vient valider le déroulement d’une session marquée par une hausse notable de la participation.
Une participation en hausse et un examen inclusif
Du 1ᵉʳ au 4 juin derniers, ils étaient précisément 286 995 candidats à plancher dans les 847 centres de composition du pays, soit une progression de 5,56 % du corps des candidats par rapport à la session 2025. Dans le détail, la parité est presque atteinte avec 148 424 garçons pour 138 571 filles.
Le ministère des Enseignements maternel et primaire a également mis l’accent sur l’inclusivité cette année : 97 candidats à besoins spécifiques ont pu composer dans des conditions adaptées au sein de 13 centres spécialement aménagés sur le territoire national.
La géographie du succès : le Nord et le Centre sur le podium
L’analyse des résultats par département révèle de grosses performances, notamment dans la moitié nord et le centre du pays, qui trustent les premières places du classement :
Le Borgou au sommet : le département du Nord explose les compteurs et décroche la première place nationale avec un taux de réussite insolent de 97,09 %.
Les Collines et la Donga en embuscade : ils suivent de très près avec respectivement 95,99 % et 95,63 % de reçus.
Le Littoral et l’Atlantique stables : les poumons économiques et scolaires du Sud affichent des scores solides (90,82 % pour le Littoral, 89,10 % pour l’Atlantique).
L’Atacora ferme la marche : malgré une belle dynamique, le département de l’Atacora ferme le classement national avec 83,64 % de réussite, un score qui reste néanmoins très honorable.
Le tableau complet des performances par département
Rang
Département
Taux de réussite
1
Borgou
97,09 %
2
Collines
95,99 %
3
Donga
95,63 %
4
Plateau
95,17 %
5
Zou
91,21 %
6
Couffo
90,98 %
7
Littoral
90,82 %
8
Atlantique
89,10 %
9
Alibori
88,02 %
10
Ouémé
85,48 %
11
Mono
83,78 %
12
Atacora
83,64 %
Digitalisation : les résultats consultables en quelques clics
Fini le temps des attroupements interminables et de l’angoisse devant les grands tableaux d’affichage des centres de composition. Fidèle à sa stratégie de dématérialisation des services publics, le gouvernement béninois invite les parents et les candidats à consulter les verdicts directement en ligne.
La procédure est instantanée via le portail officiel eRÉSULTATS :
Sélectionner l’examen : Recherchez et cliquez sur l’examen « CEP 2026 » dans la liste des examens disponibles sur la page d’accueil.
Entrer les identifiants : Saisissez le numéro de table du candidat ou les informations personnelles requises dans le champ de recherche.
Valider et consulter : Cliquez sur le bouton de validation. Le verdict (Admis ou Refusé) s’affiche immédiatement à l’écran.
Une méthode moderne qui permet d’alléger le stress des familles et de tourner définitivement la page du primaire pour plus de 250 000 nouveaux collégiens.
Au‑delà des chiffres flatteurs, il reste une réalité plus silencieuse : celle des enfants qui n’ont pas franchi la barre de l’admission. Pour eux, l’échec ne doit jamais rimer avec désespoir. Les autorités éducatives, les enseignants et surtout les familles ont un rôle vital : accompagner, rassurer, orienter. Car un résultat manqué n’est pas une fin de parcours, mais une étape vers d’autres réussites possibles. Préserver la vie et l’avenir de chaque élève, c’est le véritable enjeu derrière les statistiques.
Le procès de l’affaire Dangnivo a repris ce vendredi dans une atmosphère électrique. Entre témoins fugitifs et demande de comparution d’un ancien haut responsable sécuritaire, l’audience balance entre blocages techniques et révélations potentielles.
L’ombre de Pierre Urbain Dangnivo plane toujours sur le tribunal, seize ans après sa disparition mystérieuse. Ce vendredi 26 juin 2026 matin, l’enceinte judiciaire s’est replongée dans les méandres d’un dossier qui continue de tenir le Bénin en haleine. Mais alors que la cour espérait avancer sur le fond, ce sont les questions de procédure et la traque des témoins clés qui ont d’emblée crispé les débats.
Témoins introuvables et géolocalisés à l’étranger
Il est un peu moins de 10 heures lorsque le président du tribunal ouvre la session. Le magistrat rappelle immédiatement le motif de la précédente suspension : la cour attendait la comparution de deux témoins cruciaux. Le premier est Micheline Houndégla, une femme identifiée comme ayant été en contact téléphonique régulier avec « Alofa » — le principal suspect — à l’époque des faits. Le second est M’po Kouagou, inspecteur de police de deuxième classe, en poste au commissariat de Godomey au moment du drame.
La réponse du ministère public ne tarde pas, mais elle sonne comme un aveu d’impuissance logistique. À 10 h 01, le procureur de la République prend la parole : les deux témoins ont quitté le territoire national. Le parquet tente néanmoins de rassurer l’assistance en affirmant qu’ils ont été « géolocalisés » à l’étranger.
Cette annonce suscite immédiatement l’irritation de la partie civile. L’un des avocats de la famille Dangnivo se lève et exige des preuves tangibles de ces recherches infructueuses. « Ces éléments seront intégrés au dossier au fil de l’audience », rétorque le ministère public, tentant de couper court à l’incident de séance avant de réclamer, pour avancer, la comparution des membres de la famille de la victime. Problème : la salle est à moitié vide, les proches ne sont pas encore arrivés. Face à ce flottement, le président suspend l’audience pour trente minutes.
Le spectre des « secrets » de l’ex-DG de la police
Il faudra finalement attendre 11 h 23 pour que les suspensions de séance prennent fin. À la reprise, Me Olga Anassidé, conseil de la partie civile, confirme que deux membres de la famille Dangnivo ont enfin pris place dans la salle.
Toutefois, le véritable coup de tonnerre de la matinée survient trois minutes plus tard. À 11 h 26, Me Anassidé jette un pavé dans la mare judiciaire en demandant formellement la comparution à la barre de l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon. L’argumentaire de l’avocate est percutant : ce haut gradé a publiquement affirmé, par le passé, détenir des informations capitales sur les dessous de cette affaire d’État.
Alors que le procès se poursuit et que le tribunal doit encore examiner le bien-fondé de cette demande de comparution, une question brûle toutes les lèvres dans les travées du tribunal : la justice osera-t-elle faire témoigner l’ancien patron de la police pour lever le voile sur l’une des plus grandes énigmes criminelles et politiques du pays ? Les prochaines heures s’annoncent décisives.
Le président de la Fédération béninoise de football (FBF), Mathurin de Chacus, a inspecté le chantier du Centre d’excellence dédié aux jeunes filles. Alors que la majorité des lots principaux frôle le taux d’achèvement, Cotonou accélère le pas pour faire du football féminin un levier de rayonnement régional.
Ce projet, longtemps évoqué, se concrétise enfin dans le paysage sportif béninois. Le week-end dernier, une délégation de la Fédération béninoise de football (FBF), menée par son président, Mathurin de Chacus, et plusieurs membres du comité exécutif, s’est rendue à Lokossa, dans le département du Mono. Avec pour objectif de mesurer l’état d’avancement d’un projet érigé au rang de priorité nationale, le futur Centre d’excellence de football pour jeunes filles.
Sur place, le constat visuel s’est doublé d’une réelle satisfaction au regard des chiffres pour les dirigeants du football béninois. L’immense majorité des infrastructures est désormais entrée dans sa phase terminale.
Le point sur l’évolution des différents chantiers met en lumière la rapidité d’exécution des entreprises locales et internationales sélectionnées :
Le cœur sportif quasi prêt : les deux terrains synthétiques, confiés à l’entreprise Riamco, affichent un taux d’exécution de 99,80 %. Le tapis vert n’attend plus que ses premières passes.
L’hébergement et la gestion au rendez-vous : le bloc administratif (Sogec Plus) est achevé à 95,07 %, tandis que les dortoirs (GML), qui accueilleront les futures pensionnaires, pointent à 90,62 %.
VRD et assainissement en cours : le lot crucial de l’assainissement, piloté par Fadil S.A., avance à un rythme soutenu avec 67,08 % de réalisation.
Seuls les travaux dits « additionnels », intégrés plus tardivement au cahier des charges pour enrichir le complexe, demandent encore un coup de collier. Le collège, destiné à garantir le double projet « sport-études » des athlètes, est exécuté à 53,92 %, tandis que les gradins affichent 29,24 % d’avancement.
Les chiffres sont rassurants, mais Mathurin de Chacus n’a pas limité sa visite à des félicitations d’usage. Conscient que le calendrier continental n’attend pas, le patron de la FBF a fermement exhorté les différents prestataires à « redoubler d’efforts » afin de livrer les édifices finis dans les plus brefs délais.
En réponse, les chefs de chantier ont tenu à rassurer l’instance faîtière, réitérant leur engagement à livrer les sites rapidement.
« Ce centre est appelé à devenir le berceau des futures générations de joueuses béninoises. Il ouvre une nouvelle page dans le développement du football féminin et prépare l’avenir des Amazones. » — Un proche de la FBF, sous couvert d’anonymat.
Pour le Bénin, l’enjeu de Lokossa dépasse le cadre de la modeste infrastructure de province. Alors que la CAF appelle les fédérations à renforcer le football féminin, Cotonou fait le choix de l’exigence en dotant ses jeunes joueuses d’infrastructures modernes et d’un encadrement adapté, avec l’ambition de devenir un modèle dans la sous-région ouest-africaine.
En combinant des infrastructures sportives de pointe et un encadrement scolaire intégré (grâce au collège en construction), la FBF calque son modèle sur les standards européens et maghrébins. Reste désormais à transformer l’essai de la livraison en réussite académique et sportive. À Lokossa, les fondations sont là ; le destin des futures pépites du football béninois est déjà en train de s’y écrire.
Disparu un soir d’août 2010, le cadre du ministère des Finances Pierre Urbain Dangnivo continue de hanter l’appareil judiciaire béninois. Or, après plus d’un an de silence pesant, le procès de cette affaire d’État reprend ce vendredi 26 juin 2026 au tribunal de première instance de Cotonou.
C’est une ombre qui plane sur la République du Bénin depuis seize ans, et surtout un nom qui, à lui seul, ravive les passions politiques et les traumatismes judiciaires. Ce vendredi 26 juin 2026, les portes du tribunal de première instance de Cotonou s’ouvriront à nouveau sur le dossier Pierre Urbain Dangnivo. Selon des sources proches du dossier, le procès reprend enfin, après une suspension prolongée qui s’apparentait, pour les proches de la victime, à un énième déni de vérité.
La dernière fois que la justice s’était penchée sur cette affaire, c’était le 25 avril 2025. À ce moment-là, le tribunal a renvoyé l’audience au 13 mai de la même année… avant de sombrer dans un interminable statu quo. Ainsi, un contretemps de quatorze mois s’ajoute à une longue liste de rendez-vous manqués avec l’Histoire.
Les visages du doute
Pour comprendre le vertige que provoque ce procès, il faut remonter à mars 2025, lors de l’ouverture de la session criminelle. Dans le box des accusés, deux hommes concentrent tous les regards : Codjo Alofa et Donatien Amoussou. Présentés comme les présumés assassins de ce cadre respecté du ministère des Finances, ils ont choisi une ligne de défense qui a fait vaciller l’accusation : la négation pure et simple des faits.
Mais surtout, Codjo Alofa a jeté un pavé dans la mare judiciaire en affirmant avoir endossé le rôle du tueur contre une promesse d’argent. En conséquence, cet aveu de corruption, s’il est avéré, déplace le curseur du simple fait divers vers le complot politique orchestré au plus haut sommet.
« J’ai accepté de porter le chapeau pour de l’argent », a lâché Alofa à la barre en mars 2025.
Pendant huit jours d’audiences électriques, le tribunal a vu défiler une radiographie de l’État béninois : médecins légistes, experts de la téléphonie mobile (MTN), mais aussi de hauts responsables de la sécurité de l’ère Boni Yayi. Les enquêteurs ont sommé le colonel Séverin Koumassegbo, ancien patron de la sécurité rapprochée de l’ex-président, et Enock Laourou, ancien chef des services de renseignements, de s’expliquer. Cependant, le mystère reste entier.
17 août 2010 : le jour où tout a basculé
Pour les Béninois, la date est gravée dans le marbre. Le 17 août 2010, Pierre Urbain Dangnivo, haut fonctionnaire aux positions parfois perçues comme dérangeantes, s’évapore dans la nature. Depuis lors, seize ans de fouilles, de rumeurs, d’expertises ADN contestées et de mobilisations syndicales n’ont jamais permis de retrouver son corps de manière incontestable, ni d’apaiser la douleur de sa famille.
Ce procès, qui avait déjà connu de premiers balbutiements bien avant sa reprise avortée de 2025, est bien plus qu’une affaire de meurtre. En réalité, c’est le thermomètre de la justice béninoise, un test de transparence pour les institutions.
Ce vendredi, à Cotonou, il ne s’agira pas seulement de juger deux hommes dans un box, mais bien de tenter, enfin, de lever le voile sur seize années de secrets d’État. Tout un peuple attend l’audience, suspendu à une question : la vérité a‑t‑elle un prix au Bénin ?
Ce mercredi 26 juin 2026, de N’Dali à Parakou, le peuple Baatonu célèbre son Nouvel An traditionnel. Dans la ferveur des palais royaux, le rituel ancestral du jet de feu s’apprête à illuminer la nuit pour chasser les mauvais sorts.
L’obscurité s’installe à peine sur le septentrion béninois, mais l’air est déjà électrique. Ce soir, le temps semble s’être arrêté à N’Dali et dans les faubourgs de Parakou. Une odeur de bois sec et de latérite flotte dans l’atmosphère. En effet, pour la communauté Baatonu, les prochaines heures ne sont pas de simples instants qui s’écoulent : elles marquent le passage vers un nouveau cycle, le passage vers le Nouvel An.
Au cœur de cette effervescence, une cérémonie séculaire s’apprête à prendre vie : le Donkonrou, le rituel sacré du jet de feu.
À Thian, quartier historique du 1er arrondissement de Parakou, les battements lourds des tambours traditionnels résonnent déjà et font vibrer le sol. Au palais royal, le feu sacré vient d’être allumé. Déjà, autour du foyer, les griots ont pris position. Leurs voix, haut perchées, entonnent des louanges et des chants anciens qui racontent l’épopée des dynasties guerrières et la mémoire du peuple.
Peu à peu, la foule, compacte, afflue minute après minute. Des anciens drapés dans de lourds boubous d’apparat aux enfants assis à même le sol, le regard brillant, toute la communauté se masse dans la cour du palais. Chacun veut être le témoin de ce moment de pure communion spirituelle.
Sous le grand hangar royal, Sa Majesté SINA THIANGUI Sounon Bouanra Wonkoueou, garant imperturbable des traditions, observe la scène. C’est sous son égide que le miracle va s’opérer. Ainsi, dans quelques instants, les torches enflammées seront pointées et lancées vers l’Est.
« Regarder vers l’Est, c’est chercher la lumière du soleil levant », murmure un notable de la cour. « Le feu emporte avec lui les maladies, les récoltes manquées et les querelles de l’année qui s’achève. Il nettoie le chemin. »
Pendant ce temps, quelques kilomètres plus loin, la commune de N’Dali retient elle aussi son souffle. À Gbegourou, les préparatifs ont laissé place à une attente quasi religieuse. Ici, c’est Sa Majesté Sina Boun Wonkourou Bwingnindou qui s’apprête à accomplir le geste fatidique.
Pour le souverain, le Donkonrou dépasse le cadre du simple mysticisme. Bien plus, c’est un ciment social indispensable à l’heure où les communautés ont plus que jamais besoin d’unité. Dans une atmosphère de ferveur populaire, le rituel devient ainsi le miroir des valeurs identitaires de l’aire culturelle Bariba et Boo : la paix, la fraternité et le vivre-ensemble.
Enfin, à l’heure où les dernières préparations touchent à leur fin, le Donkonrou s’apprête à écrire un nouveau chapitre de l’histoire du peuple Baatonu. Une tradition vivante qui demeure, année après année, l’un des plus puissants marqueurs de son identité culturelle.
La nuit ne fait que commencer, et le feu Baatonu est loin de s’éteindre.