Le Bénin entend faire de l’École aéronautique militaire de Cana un centre d’excellence régional. Lors d’une inspection, le ministre délégué chargé de la Défense nationale a salué les progrès de la formation, tout en appelant à la réhabilitation urgente des infrastructures.
CANA, 12 octobre 2026 — Face à la recomposition des enjeux sécuritaires régionaux, le Bénin franchit une étape stratégique pour renforcer son autonomie militaire et sécuriser son espace aérien. Vendredi 9 octobre 2026, le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Gildas Habib Bignon Agonkan, a ainsi mené une inspection ciblée de l’École aéronautique militaire de Cana (EAM-Cana), affichant l’ambition de Cotonou de transformer cette installation en un centre d’excellence aéronautique pour l’Afrique de l’Ouest.
Au cœur de cette visite d’évaluation, le commandement militaire a présenté la montée en puissance des cursus axés sur les technologies émergentes. L’établissement assure actuellement la formation de 100 opérateurs de drones destinés à l’État-Major général, une capacité désormais cruciale pour la surveillance du territoire et l’anticipation opérationnelle.
Accompagné du commandant de la base, le lieutenant-colonel Olayéni Thierry Monda, ainsi que des responsables des principaux centres d’instruction de l’armée, le ministre a examiné les simulateurs de vol, les ateliers de maintenance et le centre d’innovation consacré aux moteurs volants. Une démonstration tactique, orchestrée par des stagiaires et consacrée au vol d’un drone de reconnaissance, a par ailleurs illustré cette maîtrise technique, qui englobe également le pilotage conventionnel, la mécanique aéronautique et le contrôle du trafic aérien.
Malgré ces avancées académiques, la réalité du terrain impose des arbitrages budgétaires et logistiques immédiats. L’inspection des installations de piste a en effet mis en lumière l’obsolescence des infrastructures d’atterrissage, devenues inadaptées aux exigences des aéronefs modernes et à l’intensification des sessions de formation.
Le commandement de la base a donc formalisé l’ensemble des besoins prioritaires afin de garantir la sécurité des vols et de pérenniser l’instruction. La réhabilitation de la piste et le renouvellement des équipements techniques constituent ainsi les préalables indispensables pour absorber la croissance des effectifs militaires.
Cette volonté de rapatrier la formation des spécialistes de l’air s’inscrit directement dans la feuille de route fixée par le président de la République, Romuald Wadagni. L’exécutif entend en effet rompre avec la dépendance aux centres d’instruction étrangers en façonnant une expertise locale de haut niveau.
En résorbant les déficits infrastructurels de Cana, le gouvernement béninois ambitionne à la fois d’asseoir la sécurité du pays et d’exporter son savoir-faire auprès des armées partenaires de la sous-région.
En somme, la transformation de Cana en pôle aéronautique militaire de référence dépendra désormais de la capacité de Cotonou à traduire ces ambitions en investissements durables.
La juriste béninoise Akouavi Inès L. Hadonou-Toffoun a été élue, le 7 octobre 2026, au Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Son mandat, qui court de 2026 à 2029, lui ouvre les portes d’un organe chargé d’éclairer les décisions de l’ONU par des travaux de recherche et des avis spécialisés. Une consécration professionnelle qui met en lumière l’expertise béninoise dans les mécanismes internationaux de protection des droits humains.
Le Bénin compte désormais une experte au sein de l’un des organes consultatifs du système onusien consacrés à la promotion et à la protection des droits humains. Akouavi Inès L. Hadonou-Toffoun figure parmi les six personnalités élues au Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme à l’issue de la 63ᵉ session ordinaire de cette instance, qui s’est achevée à Genève, en Suisse, le 7 octobre 2026.
Cette élection distingue un parcours professionnel articulé autour du droit, de la recherche universitaire et des politiques publiques en matière de droits humains. Elle permet également de mettre en perspective le rôle que les compétences juridiques et scientifiques peuvent jouer dans les mécanismes internationaux de protection des libertés fondamentales.
Enseignante-chercheuse à la Faculté de droit de l’Université de Parakou, Inès Hadonou-Toffoun exerce également des responsabilités dans le domaine des droits humains au sein du ministère béninois de la Justice et de la Législation. Son parcours professionnel comprend notamment des activités de recherche, d’enseignement et de participation à l’élaboration de rapports destinés aux mécanismes internationaux de suivi des droits humains.
Cette expérience constitue un socle pour les fonctions auxquelles elle accède désormais. Au sein du Comité consultatif, elle rejoint un groupe de spécialistes indépendants appelés à approfondir des questions relatives aux droits humains et à produire des analyses destinées à éclairer les travaux du Conseil.
L’enjeu dépasse ainsi la reconnaissance individuelle. Il concerne également la contribution des compétences développées au Bénin aux travaux d’expertise conduits dans le cadre multilatéral.
Un comité de 18 experts pour éclairer les décisions du Conseil
Contrairement à une instance politique composée de représentants gouvernementaux, le Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme fonctionne comme un organe d’expertise. Il réunit 18 spécialistes indépendants, issus de différentes régions du monde et de plusieurs domaines professionnels.
Élus par le Conseil, ses membres siègent à titre individuel et non en qualité de délégués de leur pays. Leur mission consiste principalement à mener des études et des recherches, puis à formuler des avis sur les questions thématiques que le Conseil leur soumet. Le Comité ne remplace donc pas le Conseil dans ses fonctions décisionnelles : il lui apporte un éclairage technique et scientifique.
Les membres exercent un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois. L’élection de la juriste béninoise s’inscrit dans ce cadre institutionnel, qui vise à mettre des compétences indépendantes au service de la réflexion internationale sur les droits fondamentaux.
À la clôture de la 63ᵉ session, le 7 octobre, le Conseil des droits de l’homme a annoncé l’élection de six nouveaux membres : outre la Béninoise, il s’agit de Josephine Ndagire, de l’Ouganda, Mohammad Sufiur Rahman, du Bangladesh, Riva Ganguly Das, de l’Inde, Jorge Barrera-Rojas, du Chili, et Anikó Szalai, de la Hongrie.
L’élection d’Inès Hadonou-Toffoun offre au Bénin une nouvelle visibilité dans les mécanismes internationaux dédiés aux droits humains. Elle souligne notamment la place de la formation juridique, de la recherche et de l’expérience administrative dans la production d’analyses susceptibles d’orienter les travaux des institutions internationales.
Cette nomination ne lui confère toutefois pas un mandat de représentation diplomatique du Bénin. En siégeant à titre individuel, elle rejoint le Comité en tant qu’experte indépendante, avec la responsabilité de contribuer à ses travaux dans le cadre de son mandat.
La portée de cette élection se mesurera donc aussi à la contribution qu’elle apportera aux réflexions et aux études conduites par le Comité. Pour la juriste béninoise, les trois prochaines années constitueront une nouvelle étape professionnelle, à la croisée de l’expertise juridique, de la recherche et de la protection internationale des droits fondamentaux.
Cotonou accueillera, les 28 et 29 octobre 2026, la première édition du Salon de l’investissement et de l’accompagnement des entreprises au Bénin (SInAEB). Organisé au Palais des Congrès, ce rendez-vous entend dépasser la mise en relation ordinaire entre entrepreneurs et bailleurs : il vise à préparer les PME à devenir des partenaires crédibles pour les investisseurs.
Un rendez-vous pour l’avenir
Porté par le cabinet Lead Heritage, le SInAEB se présente comme une plateforme nationale dédiée à la structuration, au financement et à la transformation des entreprises. Son ambition affichée est de créer une chaîne cohérente : diagnostic, renforcement des capacités, rencontres ciblées, accès au capital, puis suivi des projets.
Le salon s’adresse aux PME en croissance, aux institutions financières, aux investisseurs, aux fonds, aux structures d’accompagnement, aux grandes entreprises et aux partenaires au développement. Il réunira ces acteurs autour de quatre dispositifs : exposition, masterclass, rencontres professionnelles ciblées et soirée de distinction.
Réduire le risque avant de financer
L’édition 2026 s’articule autour du thème « L’accompagnement technique comme levier de mitigation du risque PME ». L’idée centrale est limpide : une entreprise ne devient finançable que lorsqu’elle maîtrise sa gouvernance, ses données financières, sa trésorerie et sa stratégie commerciale.
Naïl Ayinla Liadi, partenaire associé de Lead Heritage, estime que le Bénin dispose déjà d’entrepreneurs, d’opportunités et de ressources financières. Le défi, selon lui, réside dans la qualité de la rencontre entre ces éléments. Beaucoup de PME cherchent un financement avant d’avoir consolidé leur organisation, tandis que les financeurs attendent des projets suffisamment structurés pour sécuriser leur décision.
Le SInAEB entend donc agir sur cet écart. Les entreprises pourront bénéficier d’un « Audit Flash Bancabilité », d’un « Diagnostic Gouvernance » et d’un coaching destiné à préparer leur présentation devant les investisseurs. L’objectif consiste à repérer les faiblesses qui freinent l’accès au crédit ou à l’investissement, puis à orienter les dirigeants vers les corrections prioritaires.
Un parcours, pas seulement un salon
Les organisateurs refusent de réduire l’événement à une vitrine commerciale. En effet, ils veulent construire un véritable pipeline économique, où chaque étape prépare la suivante.
L’exposition permettra aux PME, aux banques et aux institutions de présenter leurs offres et d’identifier des opportunités.
Les masterclass aborderont la structuration financière, l’accès au crédit, la gouvernance, la conformité fiscale et la préparation à l’investissement.
Les rencontres B2B convertiront les contacts en discussions commerciales ciblées.
Les espaces d’Invest Matching offriront aussi un cadre plus confidentiel pour les négociations entre entreprises et financeurs.
Cette organisation vise à rapprocher chaque besoin d’entreprise de l’instrument financier adapté. Une jeune structure, une PME souhaitant acquérir un équipement, une entreprise en quête de fonds de roulement ou une société prête à lever des capitaux ne présentent, en effet, ni le même risque ni les mêmes exigences.
Des objectifs mesurables
Le SInAEB fixe des résultats concrets. Les organisateurs espèrent accompagner au moins 80 PME à travers les clinics techniques, générer des rendez-vous qualifiés, favoriser l’émergence de dossiers finançables et créer des opportunités commerciales. Le site officiel évoque également plus de 600 participants attendus sur deux jours.
Pour les promoteurs, la réussite ne se mesurera pas au nombre de visiteurs. Elle dépendra des partenariats engagés, des dossiers poursuivis en vue d’un financement et des contrats conclus après le salon. L’ambition à long terme consiste à convertir des entreprises à potentiel en structures solides, puis ces structures en projets investissables.
Une réponse aux besoins du tissu économique
Le salon intervient dans un contexte où l’accès au financement demeure un obstacle majeur pour de nombreuses PME. Le magazine institutionnel du SInAEB avance que 85 % des PME béninoises n’ont pas accès au financement formel, un chiffre qui souligne l’ampleur du défi.
Les organisateurs veulent faire du SInAEB un rendez-vous annuel, capable de réunir durablement les PME, les accompagnateurs, les grandes entreprises, les institutions publiques, les banques et les investisseurs. Leur pari est audacieux : un pays attractif ne se limite pas à capter des capitaux ; il doit aussi offrir des entreprises organisées, des projets documentés et des partenaires locaux capables de les valoriser.
À Cotonou, les 28 et 29 octobre, le SInAEB cherchera donc à installer une nouvelle méthode : accompagner d’abord, structurer ensuite, financer enfin.
Le Bénin et l’Allemagne ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat. Réunis le jeudi 8 octobre 2026 à Cotonou, les deux pays ont bouclé les consultations préparatoires à leurs négociations intergouvernementales. À l’issue des échanges, Berlin a débloqué une enveloppe additionnelle de 15 millions d’euros pour l’année en cours. Les deux parties se retrouveront en 2027 dans la capitale allemande pour sceller les termes définitifs de leur coopération.
Un dialogue stratégique au ministère des Finances
Les travaux se sont tenus au ministère de l’Économie, des Finances et de la Coopération. Hugues O. Lokossou, ministre chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette, et Dr Silvia Morgenroth, directrice de la Division Afrique de l’Ouest au ministère fédéral allemand de la Coopération et du Développement, ont co-présidé la rencontre. Cette dernière conduisait la délégation allemande.
Dans un communiqué conjoint publié le vendredi 9 octobre 2026, les deux camps saluent la solidité de leurs liens d’amitié et de coopération. La partie allemande applaudit les réformes économiques et financières engagées par le Bénin, destinées à ouvrir des perspectives à une population majoritairement jeune.
Trois chantiers prioritaires
Les discussions ont dessiné trois axes majeurs. Le premier porte sur la bonne gouvernance financière et la décentralisation. Le deuxième cible le développement du secteur privé et la formation professionnelle. Le troisième englobe l’eau et la biodiversité.
Dans chaque domaine, les projets visent à renforcer la résilience des populations et à soutenir un développement équilibré sur l’ensemble du territoire. Cette approche rejoint la logique de territorialisation du développement que défendent les autorités béninoises.
Une enveloppe aux deux visages
L’annonce financière porte sur 15 millions d’euros supplémentaires octroyés cette année. Ces fonds alimentent un projet régional qui prévoit l’intégration d’une composante solaire à la centrale hydroélectrique de Nangbéto. Ils soutiennent également l’extension d’un programme de conseil aux petites et moyennes entreprises, ainsi que l’accompagnement des femmes entrepreneures.
Cette enveloppe traduit une double ambition. D’un côté, elle investit dans l’infrastructure énergétique en adjoignant une source solaire à un ouvrage hydroélectrique existant. De l’autre, elle appuie directement le tissu entrepreneurial, avec un accent marqué sur les PME et l’entrepreneuriat féminin.
Un socle de valeurs partagées
Par ailleurs, les deux délégations réaffirment leur engagement à consolider la démocratie et l’État de droit. Elles défendent une coopération internationale inscrite dans un cadre multilatéral, fondé sur le respect du droit international et de valeurs communes.
Les participants jugent les échanges constructifs et fructueux. Ils ont acté la tenue des négociations intergouvernementales à Berlin en 2027. Ce rendez-vous fixera le cadre et les engagements de la coopération entre le Bénin et l’Allemagne pour les années à venir.
Porto-Novo se prépare à héberger, les 10 et 11 octobre 2026, le deuxième congrès ordinaire des Démocrates. Pourtant, à la veille de ce rendez-vous, la principale formation d’opposition du Bénin traverse une zone de turbulences.
Deux figures annoncent leur retrait : Célestin Hounsou, ancien député, et René Igari Orou Bagoudou, vice-président chargé de la coordination des activités dans l’Alibori et membre fondateur du parti. Leur décision, rendue publique le jeudi 8 octobre 2026, accentue la pression sur une organisation déjà minée par les querelles internes.
Des motifs de départ qui divergent
Célestin Hounsou explique son choix dans un courrier rendu public. Il regrette que les valeurs qui portaient son engagement politique ne trouvent plus de place dans les instances du parti. Son départ traduit un malaise ancien, nourri par plusieurs mois de tensions.
René Igari Orou Bagoudou invoque, lui, des raisons stratégiques. Le responsable de l’Alibori et membre fondateur dénonce des choix politiques contradictoires et une ligne de conduite qu’il juge incohérente. Il estime ne plus pouvoir exercer sa mission sereinement au sein des Démocrates. Plusieurs sources évoquent d’autres départs possibles parmi les responsables locaux et certains cadres dans les jours à venir.
Une direction disputée devant la justice
Ces démissions s’inscrivent dans une crise de leadership qui secoue le parti depuis plusieurs mois. Les responsables s’affrontent devant les tribunaux pour le contrôle de la direction. La tension monte après le soutien d’Éric Houndété, ancien premier vice-président, à Romuald Wadagni, candidat à la présidentielle d’avril 2026. Faute de parrainages, le parti n’avait pas pu participer au scrutin et n’avait donné aucune consigne de vote.
Nourénou Atchadé a ensuite pris la tête de la formation. Éric Houndété a contesté cette décision devant le tribunal de première instance de Cotonou. La justice a donné raison au camp Atchadé. L’ancien premier vice-président a fait appel. La Cour d’appel de Cotonou doit désormais se prononcer.
Avant cette bataille judiciaire,Les Démocrates avaient déjà perdu plusieurs cadres. Le retrait de l’ancien président Boni Yayi de la présidence du parti, pour raisons de santé, peu avant la présidentielle de 2026, reste le plus marquant. D’autres ont suivi : Guy Mitokpè en mars, Nadine Okoumassoun en août, puis l’honorable Léon F. Dègny début octobre. La crise atteint une telle ampleur que vingt responsables du Littoral ont été suspendus.
Un congrès sous pression
Le deuxième congrès ordinaire devait offrir une bouffée d’oxygène. Un Conseil national s’est réuni la veille à Cotonou pour préparer les travaux. Mais les démissions de la veille assombrissent l’événement. Le parti, affaibli par les revers électoraux de 2026 et une crise de leadership persistante, doit désormais convaincre qu’il peut encore peser sur la scène politique.
Pour les observateurs, une question demeure : Les Démocrates peuvent-ils redevenir une alternative crédible, ou assiste-t-on à l’effritement progressif de la principale force d’opposition du Bénin ?
Surpris en plein sabotage à quatre heures du matin dans le quartier Massafè, trois individus accusés de démanteler méthodiquement les réseaux d’eau et d’électricité de la ville ont été neutralisés par la police béninoise.
Infiltration nocturne à l’ancienne poste de Massafè
L’obscurité de quatre heures du matin enveloppait à peine le quartier Massafè, ce jeudi 8 octobre 2026, lorsque le calme de l’ancien bâtiment des PTT a volé en éclats. Posté le long de la chaussée déserte, un guetteur surveillait les abords, pendant que ses deux complices s’introduisaient sous la toiture de l’édifice public pour en sectionner les câbles électriques. Ce plan s’est brutalement effondré lors du passage d’une patrouille du commissariat d’arrondissement central de Kétou. Surpris en flagrant délit de sabotage, le trio s’est immédiatement retrouvé encerclé puis neutralisé par les forces de l’ordre.
Un sabotage méthodique des services urbains
Depuis plusieurs mois, la municipalité de Kétou subissait une vague d’actes criminels ciblant ses infrastructures essentielles. Entre deux et quatre heures du matin, les malfaiteurs écumaient les chantiers résidentiels et les édifices publics, privant régulièrement les habitants d’eau et d’électricité.
Leur mode opératoire ciblait les équipements de deux opérateurs nationaux majeurs : la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB), dont les compteurs alimentaient un marché d’occasion illicite, et la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE), dont le cuivre des câbles attirait les trafiquants. Par ailleurs, la perquisition effectuée dans la foulée des arrestations a confirmé l’ampleur du préjudice, permettant la saisie de trois compteurs d’eau et d’un stock important de fils électriques.
Un coup d’arrêt aux atteintes contre le bien public
L’opération menée par les patrouilleurs du commissariat central porte un coup sévère aux réseaux de dégradation d’équipements urbains. Désormais placés en garde à vue, les trois suspects répondront prochainement de leurs actes devant le Procureur de la République. Cette intervention souligne l’engagement des forces de sécurité dans la protection des réseaux critiques, où le vol de matériaux menace directement le quotidien des citoyens et la continuité des services de distribution d’eau et d’électricité.
Le président du Conseil des investisseurs privés du Bénin (CIPB), Roland Riboux, a porté devant le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, une série de priorités qu’il juge décisives pour l’avenir du pays. Au-delà d’une rencontre institutionnelle, l’échange a remis au centre du débat quatre chantiers : la nutrition des enfants, l’alphabétisation, la formation citoyenne et l’énergie nucléaire.
Une contribution patronale au débat de long terme
Reçu mercredi 7 octobre au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, Roland Riboux a présenté des réflexions élaborées par le CIPB autour de la vision nationale « Bénin 2060 Alafia ». Cette feuille de route ambitionne de projeter le pays vers un horizon de paix, de prospérité, de bonne gouvernance et de bien-être partagé.
Le CIPB ne se limite pas à un rôle de représentation des entreprises. Créée en 2002, l’organisation rassemble aujourd’hui environ 60 grandes sociétés opérant dans plusieurs secteurs et cherche à influencer les orientations économiques, fiscales et sociales du pays. Cette année, elle travaille sur des propositions destinées à nourrir le programme d’action du gouvernement.
Zéro malnutrition infantile comme ligne de départ
Le premier message porté à la présidence de l’Assemblée est qu’aucun projet de développement ne peut produire ses effets si une partie des enfants grandit avec des carences alimentaires. Roland Riboux plaide ainsi pour un objectif de réduction radicale, voire d’élimination, de la malnutrition infantile dans les prochaines années.
Cette orientation déplace le débat économique vers le capital humain. Elle suppose de renforcer l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée, mais également de mieux coordonner les politiques de santé, d’agriculture, d’éducation et de protection sociale.
Lire, comprendre et participer
Le dirigeant du CIPB a également insisté sur l’analphabétisme, qu’il présente comme un frein à l’autonomie économique et à la participation citoyenne. Sa proposition ne vise pas seulement l’enseignement scolaire : elle défend le développement rapide de la lecture fonctionnelle auprès des adultes, afin de permettre à chacun de comprendre un document, une consigne, un contrat ou une information publique.
Roland Riboux veut aussi réinstaller l’instruction civique et morale au cœur du secondaire. Pour le secteur privé, cette matière doit contribuer à former des citoyens capables de connaître leurs droits, d’assumer leurs devoirs et de participer plus sereinement à la vie collective.
Le nucléaire, une piste à examiner
Enfin, le président du CIPB a évoqué l’énergie nucléaire comme une option de long terme pour l’Afrique. Son argument repose sur les incertitudes liées aux énergies fossiles, notamment la volatilité attendue des prix du pétrole et du gaz.
L’idée ouvre toutefois un débat beaucoup plus vaste. Un programme nucléaire exige des investissements considérables, une expertise technique durable, une gouvernance rigoureuse, des garanties de sûreté et une planification sur plusieurs décennies. À ce stade, les propos rapportés relèvent d’une orientation stratégique proposée au débat, non de l’annonce d’un projet nucléaire béninois.
Ce qu’il faut retenir
La rencontre n’a débouché sur aucune décision législative ni sur un engagement financier annoncé. Elle a surtout permis au patronat organisé de soumettre au Parlement une vision du développement qui place la qualité de la population — alimentation, instruction et civisme — au même niveau que les infrastructures et la croissance économique.
Le signal politique est clair : pour atteindre l’ambition d’« Alafia 2060 », le CIPB estime que le Bénin devra commencer par résoudre des vulnérabilités sociales immédiates, tout en préparant dès maintenant ses choix énergétiques et économiques de long terme.
Une intervention nocturne de la police a conduit à l’arrestation de trois hommes, soupçonnés d’avoir orchestré une série de vols de caprins dans l’arrondissement de Toui. Les suspects ont été placés en garde à vue après l’interception de leur véhicule, dans lequel se trouvaient sept bêtes dont les museaux avaient été soigneusement ficelés pour étouffer tout bêlement.
Un chargement nocturne qui éveille la suspicion
L’affaire a éclaté dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 octobre, vers 3 heures du matin. Alertée par des riverains intrigués par le manège d’une automobile de marque Toyota circulant à une heure tardive, une patrouille du commissariat de Toui est rapidement intervenue sur les lieux.
Lors du contrôle, les agents ont découvert sept cabris entassés dans l’habitacle. Pour traverser la localité sans éveiller l’attention des éleveurs ou du voisinage, les convoyeurs avaient préalablement noué le museau des animaux. En fait, cette méthode peu commune a immédiatement confirmé les soupçons des policiers quant à l’origine frauduleuse du chargement.
Une tentative de fuite avortée et des aveux en garde à vue
Se sachant démasqués à l’arrivée des forces de l’ordre, les trois occupants ont tenté d’abandonner le véhicule pour s’enfuir à pied. Toutefois, la réactivité des agents a permis de les intercepter et de les maîtriser sans délai.Conduits au commissariat pour y être entendus, les mis en cause sont rapidement passés aux aveux. Lors de leurs auditions, ils ont reconnu leur implication dans le vol des bêtes et confirmé le recours au musellement systématique des animaux pour faciliter leur transport clandestin.
Identification des propriétaires et poursuite des investigations
Désormais, les enquêteurs s’attellent à identifier les propriétaires légitimes des sept caprins saisis afin de leur restituer leur bien. La police cherche à déterminer si ce trio a commis d’autres vols de bétail signalés ces dernières semaines dans l’arrondissement ou les communes environnantes. Parallèlement, ils ont placé sous scellés le véhicule ayant servi au délit dans le cadre de la procédure.
En milieu rural, le vol de bétail constitue un préjudice économique direct et sévère pour les ménages qui tirent l’essentiel de leurs revenus de l’élevage. L’aboutissement de cette intervention à Toui démontre également toute l’importance d’une vigilance citoyenne et d’un signalement immédiat de tout mouvement suspect durant la nuit. Pour l’heure, les trois suspects demeurent en détention provisoire au commissariat, pendant que les services de police finalisent le dossier en vue de le transmettre au procureur de la République.
Les autorités béninoises et algériennes accélèrent leur rapprochement stratégique dans le secteur de la communication. Cette dynamique repose principalement sur la modernisation des mécanismes de régulation et le renforcement des compétences des professionnels de l’information.
Une coopération centrée sur les médias
La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a accueilli, mercredi 7 octobre 2026, l’ambassadeur d’Algérie au Bénin, Ammar Hadjar. À cette occasion, son président, Édouard Cocou Loko, a conduit une séance de travail consacrée aux perspectives de coopération entre les deux pays dans le domaine de la communication.
Cette rencontre ne s’est pas limitée à une visite protocolaire. En effet, elle a permis aux deux parties d’examiner les moyens de renforcer les relations entre les institutions chargées de la régulation des médias au Bénin et en Algérie. Les discussions ont notamment porté sur l’évolution du secteur audiovisuel, les défis liés aux transformations technologiques ainsi que les exigences éthiques qui accompagnent les mutations de l’espace public.
Miser sur l’expertise et la formation
Les responsables béninois et algérien souhaitent améliorer les mécanismes d’encadrement et d’accompagnement des médias. Pour y parvenir, ils envisagent de consolider les échanges entre leurs organes de régulation respectifs. La formation occupe une place centrale dans cette démarche. Par ailleurs , Les deux pays prévoient de développer des programmes communs et de favoriser le partage d’expériences entre les professionnels de l’information et les responsables des institutions de supervision.
Cette coopération devrait aussi permettre aux acteurs concernés de mieux répondre aux défis posés par la transformation numérique, l’évolution des pratiques journalistiques et la nécessité de préserver la qualité de l’information.
Par ailleurs, le transfert de compétences pourrait contribuer à renforcer les capacités des régulateurs et à améliorer l’accompagnement des médias dans un environnement marqué par l’apparition de nouveaux supports et de nouvelles formes de diffusion.
Les premières orientations discutées à Cotonou devraient être approfondies lors de la prochaine Commission mixte entre le Bénin et l’Algérie. Cette rencontre gouvernementale doit se tenir à Alger à la fin du mois de novembre 2026. Les deux délégations pourront alors examiner les propositions formulées par les institutions concernées et préciser les prochaines étapes de leur mise en œuvre. La Commission mixte devrait également servir de cadre pour formaliser les feuilles de route sectorielles envisagées dans le domaine de la communication.
Cette échéance donnera une portée plus concrète aux engagements évoqués lors de la séance de travail entre Édouard Cocou Loko et Ammar Hadjar.
Des perspectives jugées favorables
À l’issue de la rencontre, l’ambassadeur algérien s’est félicité de la convergence de vues avec les responsables béninois. Ammar Hadjar a estimé que les échanges ont permis de poser des bases favorables au développement de la coopération dans le secteur de la communication.
Pour le Bénin comme pour l’Algérie, l’objectif consiste désormais à transformer les intentions en actions concrètes. La mise en place de formations partagées, l’échange d’expertise et la coordination entre les organes de régulation pourraient constituer les premiers résultats visibles de ce rapprochement.
Ainsi, les deux pays veulent inscrire leur partenariat médiatique dans la durée. La prochaine réunion de la Commission mixte, prévue à Alger, devrait permettre de préciser les engagements et de donner un calendrier aux initiatives annoncées.
Cotonou, 7 octobre 2026 — Rattrapé par la justice béninoise après avoir sollicité un passeport à Cotonou, un militaire de rang de l’armée togolaise a été présenté devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), ce lundi 5 octobre. Il aurait cherché à échapper aux sanctions disciplinaires prononcées dans son pays et reste placé en détention provisoire.
Mariage et résidence ne font pas nationalité
Face aux juges de la CRIET, le prévenu a reconnu sans détour sa citoyenneté togolaise. Pour justifier sa démarche administrative frauduleuse, le soldat a mis en avant sa situation familiale, invoquant ainsi son union avec une ressortissante béninoise et la présence de leurs enfants sur le territoire.
La Cour a toutefois balayé cet argumentaire. Les magistrats ont ainsi rappelé avec fermeté qu’un mariage, la paternité ou un séjour prolongé au Bénin ne confèrent pas automatiquement la nationalité, ni le droit d’obtenir un titre d’identité national sans suivre les procédures légales de naturalisation.
La fuite d’une sanction disciplinaire au cœur des débats
Pressé par le substitut du procureur d’expliquer les motifs réels de son acte, le prévenu a fini par dévoiler le contexte de sa démarche. Le militaire a concédé faire l’objet de lourdes sanctions au Togo à la suite d’incidents survenus lors d’une manœuvre militaire.
Ces déclarations ont conduit la Cour à examiner l’hypothèse d’une volonté de se soustraire à l’institution militaire, voire d’organiser une désertion vers un pays voisin. Le prévenu a toutefois fermement contesté cette interprétation, affirmant n’avoir jamais envisagé de renoncer à son statut militaire ni de quitter définitivement le Togo.
Maintien sous les verrous jusqu’au procès
À l’issue de cette audience préliminaire, la CRIET a confirmé le mandat de dépôt visant le militaire. L’homme a réintégré sa cellule à la maison d’arrêt, où il séjournera jusqu’à la reprise des débats.
La juridiction spéciale a renvoyé l’examen du dossier au mois de novembre 2026. À cette échéance, le ministère public formulera ses réquisitions, tandis que les avocats de la défense développeront leurs plaidoiries. La Cour devra ensuite apprécier la portée pénale de la démarche du prévenu.