L’ombre d’une crise énergétique plane sur l’Afrique de l’Ouest

JDB, 5 février 2025 – Durant ce mois de février, le Bénin, le Togo et le Ghana pourraient être confrontés à une pénurie d’électricité. La raison : une maintenance essentielle, mais lourde de conséquences, planifiée par la West African Gas Pipeline Company (WAPCo), qui suspendra temporairement l’approvisionnement en gaz depuis le Nigéria, une ressource vitale pour ces nations.

En effet, pendant un mois, jusqu’au 2 mars 2025, le flux de gaz naturel en provenance du géant nigérian sera interrompu, menaçant l’équilibre énergétique des pays voisins. Pour le Togo, l’alerte est particulièrement grave. La centrale thermique de Lomé, pivot de l’alimentation en électricité du pays, repose en grande partie sur le gaz nigérian. Sans cette source d’énergie, c’est tout le réseau électrique qui risque de s’effondrer.

Une répétition d’un passé douloureux

Par ailleurs, L’année 2024 reste gravée dans les mémoires. Une interruption similaire avait contraint le Togo à des rationnements électriques, plongeant des quartiers entiers dans le noir et paralysant les activités économiques. N-Gas, la société responsable de la gestion du gazoduc, avait alors redirigé le gaz vers les besoins domestiques du Nigéria, privant ainsi les pays voisins de leur principale source d’énergie.

La perspective de revivre ces jours sombres suscite une angoisse profonde parmi les populations. Le silence des machines, l’arrêt des ascenseurs, l’obscurité des rues sont autant de symptômes d’un mal qui ronge le quotidien de millions de personnes.

Crise énergétique : des mesures d’urgence indispensables

Les autorités du Bénin, du Togo et du Ghana doivent agir rapidement pour atténuer l’impact de cette interruption. Les dirigeants doivent élaborer des plans d’urgence pour garantir un approvisionnement minimal en électricité, surtout pour les infrastructures critiques comme les hôpitaux et les services essentiels.

En plus, la recherche de solutions alternatives est plus urgente que jamais, qu’il s’agisse d’importer de l’électricité d’autres pays, de mobiliser des sources d’énergie renouvelables ou d’installer des générateurs d’urgence. Chaque jour sans électricité pourrait engendrer des pertes économiques considérables et des souffrances humaines intolérables.

Crise énergétique : Un appel à la résilience

Face à cette menace, il est crucial de faire preuve de solidarité et de résilience. Si la lumière semble s’éteindre à l’horizon, l’espoir d’une solution rapide et efficace doit éclairer les démarches des autorités et de la population. La lutte pour assurer l’éclairage dans les ménages, les établissements scolaires et les entreprises ne peut se gagner qu’avec une mobilisation exceptionnelle.

En somme, la crise à venir est une épreuve de plus pour ces pays déjà éprouvés. Mais dans l’adversité, il y a toujours une opportunité de se relever plus fort. Que cette tempête soit l’occasion de renforcer les infrastructures, d’explorer des alternatives durables et de bâtir un avenir où les coupures de courant ne seront plus qu’un souvenir lointain.

Bénin : L’atelier de Cotonou, laboratoire d’une fiscalité panafricaine en quête d’harmonie

Cotonou, 4 février 2025 – Dans un ballet de costumes cintrés et d’agendas surchargés, la capitale économique béninoise a vibré ce mardi au rythme d’une ambition commune : repenser l’architecture fiscale de l’Afrique de l’Ouest. Sous l’égide d’Hermann Orou Takou, directeur de cabinet du ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, un atelier de haut niveau a ouvert ses portes, dédié à l’élaboration des plans d’actions post-TADAT et des stratégies de réforme des administrations fiscales. En effet,  un cénacle inédit, où experts régionaux et institutions financières tentent de tisser une toile méthodologique face à l’urgence de moderniser la collecte de l’impôt, pierre angulaire des économies en mutation.

TADAT : le sésame universel d’une fiscalité transparente

Par ailleurs, Depuis son avènement en 2015, le Tax Administration Diagnostic  Tool (TADAT) s’est imposé comme la boussole incontestée des administrations fiscales en quête d’auto-évaluation. Nicolas Yenoussi, directeur général des impôts du Bénin, en a rappelé les vertus : « Sa méthodologie rigoureuse et standardisée permet de radiographier avec précision les forces et les vulnérabilités de nos systèmes ». Le Bénin, laboratoire zélé de cet outil, a subi son deuxième examen en 2023, après une première évaluation en 2019 et une auto-évaluation en 2022. Un parcours jalonné de progrès, mais aussi de défis persistants, que cet atelier entend aborder en levier collectif.

L’intelligence collective contre le cloisonnement des savoir-faire

Si chaque pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) possède son ADN fiscal, tous partagent un constat : l’isolement des bonnes pratiques freine leur essor. « Mutualiser les expériences pour forger des plans d’action plus robustes, armés d’indicateurs SMART », a plaidé Yenoussi, insistant sur la nécessité de transformer cet atelier en chambre d’échos stratégique. Une vision partagée par Modeste Some, représentant résident du FMI au Bénin, pour qui l’événement doit accoucher d’une matrice régionale, un cadre harmonisé de réformes fiscales, combinant rigueur technique et adaptabilité locale.

AFRITAC Ouest et FMI : architectes d’une renaissance fiscale

Co-organisé par le Centre régional d’assistance du FMI pour l’Afrique de l’Ouest (AFRITAC Ouest) et le Département des finances publiques (FAD) du FMI, l’atelier rassemble un aréopage de décideurs : directeurs généraux des impôts, stratèges des réformes fiscales, et représentants de la Commission de l’UEMOA. Un casting d’exception, qualifié par Some d’atout majeur pour dessiner une feuille de route ambitieuse. Au menu des travaux : l’élaboration d’un référentiel régional post-TADAT, l’audit des stratégies de mobilisation des recettes à moyen terme, et surtout, l’évaluation de l’impact réel de l’assistance technique du FMI, un exercice d’humilité institutionnelle rarement assumé.

Hermann Orou Takou : le plaidoyer pour une fiscalité sans frontières   

Dans son allocution d’ouverture, Hermann Orou Takou a salué cette occasion unique de transcender les égoïsmes nationaux. « Confronter nos expériences, c’est offrir à nos économies des anticorps contre la fragmentation », a-t-il affirmé, appelant à une solidarité technocratique. Avec neuf pays sur dix de la zone AFRITAC Ouest déjà évalués par le TADAT mais seulement quatre ayant mené une seconde évaluation, le chemin vers l’harmonisation reste semé d’embûches. Pourtant, le directeur de cabinet y voit un terreau fertile : « De ces assises naîtront des recommandations pour accroître substantiellement nos recettes fiscales, sang vital de nos États ».

 La quadrature du cercle ouest-africain  

Alors que les débats se poursuivront jusqu’au 7 février, une question plane : comment concilier standardisation internationale et réalités locales ? Si le TADAT offre un langage commun, son application butte sur les spécificités socio-économiques: informalité massive, numérisation balbutiante, défiance citoyenne. L’enjeu, désormais, est de transformer cet atelier en chantier permanent, où la mutualisation des succès et des échecs deviendrait une culture, plutôt qu’une exception.

Dans un continent où l’impôt reste trop souvent perçu comme une prédation plutôt qu’un contrat social, Cotonou tente d’écrire un nouveau chapitre : celui d’une fiscalité panafricaine, audacieuse et inclusive, capable de muer l’obligation en adhésion. Gageons que les actes suivront les mots, car sans recettes, point de développement.

Cancer : le fardeau mondial

Le cancer demeure l’une des plus grandes menaces pour la santé humaine, responsable de près de 10 millions de décès en 2023, selon l’OMS. Malgré des avancées scientifiques majeures, cette maladie, caractérisée par une prolifération anarchique de cellules, continue de défier les systèmes de santé, les économies et les vies. Cet article explore les mécanismes biologiques, les causes, les innovations thérapeutiques et les enjeux sociétaux liés au cancer.

Comprendre le cancer : biologie et mécanismes  

La transformation maligne

Le cancer naît de mutations génétiques qui perturbent le cycle cellulaire. Les oncogènes (comme RAS ou MYC), activés de manière excessive, et les gènes suppresseurs de tumeurs (tel TP53 ou BRCA1/2), inactivés, jouent un rôle clé. Ces altérations permettent aux cellules d’échapper à l’apoptose (mort programmée), de se diviser indéfiniment et de métastaser.

Les « marqueurs » du cancer 

Les travaux de Hanahan et Weinberg (mis à jour en 2022) identifient 14 « caractéristiques » du cancer, dont l’instabilité génomique, l’évasion du système immunitaire et l’inflammation tumorale. Ces mécanismes expliquent la résistance aux traitements et la récidive.

Causes et facteurs de risque entre génétique et environnement

Le cancer, maladie complexe et multifactorielle, résulte d’une combinaison de facteurs environnementaux et de prédispositions génétiques.

Facteurs externes

  •  Tabac : responsable de 25 % des décès (OMS), lié aux cancers du poumon, de la vessie, etc.
  • Alimentation et obésité : 5 à 10 % des cancers sont attribuables à une alimentation déséquilibrée.
  • Infections : virus (HPV, hépatite B/C) et bactéries (Helicobacter pylori) causent 15 % des cas.
  • Rayonnements : UV (mélanome) et radiations ionisantes (nucléaires).

Prédispositions génétiques

De 5 à 10 % des cancers sont héréditaires. Les mutations BRCA1/2 (sein, ovaire) ou le syndrome de Lynch (côlon) en sont des exemples. Le dépistage génétique permet une prévention ciblée.

Typologie et épidémiologie : les cancers les plus meurtriers

En se basant sur les données de GLOBOCAN 2023 et en étudiant la typologie et l’épidémiologie de ces maladies dévastatrices, il a été possible d’identifier les cancers les plus mortels comme suit :

– Carcinomes (peau, poumon, sein) : 80-90 % des cas.

– Leucémies et Lymphomes : 10 % des cancers pédiatriques.

– Cancers du système nerveux : glioblastomes, pronostics souvent sombres.

Statistiques clés (GLOBOCAN 2023) :  

  1. Poumon : 1,8 million de décès/an.
  2. Sein : 2,3 millions de nouveaux cas.
  3. Colorectal : 1,9 million de décès.

Les disparités géographiques persistent : le cancer du foie est prévalent en Asie, lié aux hépatites, tandis que le mélanome domine en Australie.

Diagnostic du Cancer : entre innovations et défis

Le diagnostic du cancer est en constante évolution, oscillant entre les outils traditionnels et des avancées technologiques majeures. Par ailleurs, certaines méthodes permettent aujourd’hui de détecter cette maladie avec une précision accrue.

Outils traditionnels  

– Imagerie : IRM, TEP-scan et radiographies pour localiser les tumeurs.

– Biopsie : analyse histologique pour confirmer la malignité.

Révolution des biomarqueurs  

Les tests sanguins détectent l’ADN tumoral circulant (« biopsie liquide »), prometteurs pour un dépistage précoce. En 2023, l’IA a amélioré l’interprétation des mammographies, réduisant les faux négatifs de 20 %.

En explorant ces avancées, on réalise à quel point la prévention et le diagnostic précoce sont essentiels pour améliorer les taux de survie. Les chercheurs travaillent également sur des biomarqueurs spécifiques qui pourraient un jour permettre des dépistages encore plus simples et accessibles à tous. L’avenir du diagnostic du cancer est donc non seulement prometteur, mais aussi porteur d’espoir pour des millions de personnes à travers le monde.

Traitements : de la chirurgie à l’immunothérapie

Par ailleurs, le traitement du cancer a connu des avancées considérables, offrant de nouvelles perspectives pour les patients grâce à des approches toujours plus innovantes.

Approches classiques 

– Chirurgie : ablation de la tumeur (efficace si localisée).

– Radiothérapie : utilise des rayonnements ciblés.

– Chimiothérapie : médicaments cytotoxiques, souvent utilisés en combinaison.

Thérapies ciblées et personnalisées

–Les inhibiteurs de kinases (ex. imatinib pour la leucémie) bloquent des protéines spécifiques.

– Immunothérapie : les inhibiteurs de checkpoints (anti-PD-1/PD-L1) et les CAR-T cells (thérapie génique) ont révolutionné le traitement des mélanomes et des leucémies.

Médecine de précision

Le séquençage génomique guide les traitements. Par exemple, le pembrolizumab (anti-PD-1) est prescrit si la tumeur exprime PD-L1.

Prévention : réduire les risques du Cancer

Si le traitement du cancer progresse, la prévention reste une arme essentielle pour réduire l’incidence de cette maladie.

Mode de vie

– Éviter le tabac et l’alcool (responsables de 30 % des cancers).

– Alimentation riche en fibres, légumes et activité physique régulière.

Vaccination

– Vaccin anti-HPV (prévient 90 % des cancers du col de l’utérus).

– Vaccin contre l’hépatite B (réduction du cancer du foie).

Politiques publiques

Interdiction de l’amiante, régulation des pesticides et campagnes de dépistage (mammographie dès 50 ans).

Enjeux sociaux et économiques

Le coût global du cancer dépassera 25 000 milliards de dollars d’ici à 2030 (UICC). Les pays à revenu faible, où 70 % des décès surviennent, peinent à accéder aux thérapies innovantes. Parallèlement, les survivants font face à des séquelles physiques et psychologiques (dépression, stigmatisation).

Futur de la recherche : lueurs d’espoir 

– Édition génétique : CRISPR teste des corrections de mutations TP53 en essais cliniques.

– Nanorobots : transport ciblé de chimiothérapies pour minimiser les effets secondaires.

— Intelligence artificielle : algorithmes prédictifs pour personnaliser les traitements (ex. DeepMind en radiologie).

 Un combat collectif  

« Le cancer n’est pas une seule maladie, mais des centaines, chacune exigeant une approche unique », rappelle le Dr Siddhartha Mukherjee, auteur de L’Empereur de toutes les maladies. Si les progrès sont tangibles, la lutte nécessite un effort mondial : financement de la recherche, accès équitable aux soins et éducation des populations.

En somme, chaque avancée scientifique nous rapproche d’un futur dans lequel le cancer ne sera plus une sentence de mort, mais une maladie chronique.

Patrice Talon : Une odyssée citoyenne en terre béninoise

Alors que l’aube politique de 2026 se profile à l’horizon, le Président Patrice Talon entame une traversée singulière : une immersion dans les 77 communes du pays, telle une ultime litanie avant la passation. En effet, cette pérégrination, qui s’ouvrira en avril, n’est pas un simple exercice de routine. Elle s’apparente à un dialogue postulatoire entre un chef d’État et sa nation, une symphonie d’adieux où chaque note résonne de réalisations et d’interrogations.

Un bilan en marche : entre héritage et écoute

À l’image d’un architecte scrutant les fissures de son édifice, Talon procurera le territoire pour ausculter l’impact des réformes lancées depuis son accession en 2016. Infrastructures, économie, gouvernance : ces piliers de sa mandature seront exposés, non comme un catalogue figé, mais comme un palimpseste à déchiffrer avec les populations. « Il s’agit de confronter l’œuvre à ses destinataires », confie un conseiller présidentiel, soulignant une volonté de « bilan incarné ».

Cette démarche n’est pourtant pas une nouveauté. En 2021, à l’orée de son second mandat, Talon avait déjà sillonné le pays, tissant un lien direct avec les citoyens. Mais aujourd’hui, l’exercice revêt une tonalité différente : celle d’un testament politique. À un an de la présidentielle, chaque rencontre pourrait être interprétée comme une ultime embrassade avant une sortie de scène annoncée.

Le spectre du troisième mandat : une porte constitutionnelle close

Par ailleurs, dans l’échiquier politique africain, où les prolongations controversées font souvent les manchettes, la position de Talon intrigue. Interpellé par RFI et France 24 sur un éventuel troisième mandat, le président a opposé une fin de non-recevoir, brandissant la Constitution comme un rempart. « Les Béninois tiennent à la limitation des mandats. » « Ça ne sera pas moi, ni à mon initiative, qui changerait cela », a-t-il martelé, refermant avec fermeté le boîtier des conjectures.

D’ailleurs, cette déclaration, teintée d’un lyrisme inhabituel, révèle une stratégie : ancrer son héritage dans l’irréversibilité des réformes. En invoquant une différence béninoise,une stabilité politique contrastant avec les tumultes régionaux, Talon se pose en gardien d’une norme constitutionnelle devenue lodestar.

Une tournée-catharsis : adieux ou prémisses ? 

Si certains analystes y voient une valedictoire, d’autres perçoivent dans cette odyssée une semence pour l’avenir. En exposant les réalisations, routes asphaltées, hubs économiques, numérisation administrative, le chef de l’État ne cultiverait-il pas un terreau favorable à un successeur choisi ? « Cette tournée est autant un au revoir qu’un manifeste en mouvement », analyse un politologue béninois, évoquant une « pédagogie de la continuité ».

Reste que l’opposition, bien que fragmentée, guette les silences. Les zones d’ombre, les inégalités persistantes, les tensions sociales pourraient émerger lors des échanges, rappelant que tout bilan porte en lui ses ombres portées.

L’heure des comptes

En somme, en parcourant le Bénin, Talon ne fait pas que clore un chapitre ; il invite à une lecture critique de sa décennie au pouvoir. Entre adieux et legs, cette tournée dessine les contours d’une transition où le président semble vouloir troquer l’écharpe présidentielle contre le rôle de sage institutionnel. Dans un continent où les sortants peinent à quitter l’arène, le Bénin écrira-t-il une nouvelle page ou suivra-t-il une partition connue ? La réponse, peut-être, se niche dans les interstices de ce dialogue national.

Bénin : la facture salée de l’amnésie numérique

Alors que le Bénin rêve de hisser son économie sur les rampes du numérique, un coup de tonnerre réglementaire vient fissurer l’euphorie technophile. L’ARCEP-Bénin a infligé, le 15 janvier 2025, une amende historique de 4,8 milliards de FCFA aux géants MTN et Moov Africa pour désertion connectique,un camouflet sans précédent dans un pays où 52 % de la population navigue encore en zone blanche. Une sanction qui sonne comme un aveu : derrière les promesses de couverture universelle, le pays bute sur une fracture numérique chronique.

MTN et Moov Africa : Réseaux fantômes, factures bien réelles 

D’après les audits de l’ARCEP, ni MTN ni Moov Africa n’ont honoré leurs engagements de couvrir les axes routiers et les arrondissements en 3G/4G de 2020 et 2021. Les résultats sont catastrophiques avec un bilan lunaire : sur 99 arrondissements contrôlés en 2023, MTN n’a brillé que dans le 5ᵉ de Porto-Novo (en 3G), tandis que Moov affichait un zéro pointé absolu. Les artères économiques vitales Cotonou-Malanville, Parakou-Djougou restent quant à elles des corridors du silence numérique, privant voyageurs et entrepreneurs de tout accès fiable.

Malgré une mise en demeure en 2022, les deux opérateurs ont persisté dans une inertie infrastructurale, poussant l’ARCEP à actionner l’article 239 du Code du numérique. Résultat : MTN écope de 3,35 milliards de FCFA (1,5 % de son CA 2023), Moov de 1,5 milliard à verser sous 60 jours. Un rappel à l’ordre financier qui cache mal un paradoxe : comment ces mastodontes, piliers d’un secteur contribuant à 960 milliards de FCFA au PIB en 2023, ont-ils pu déserter le front de la connectivité ?

GSMA : l’économie béninoise suspendue à un clic  

Dans un ironique contretemps, la GSMA a publié le 30 janvier dernier un rapport prophétisant un boom numérique : une transformation digitale boostant le PIB de 1 200 milliards de FCFA d’ici à 2028, créant 300 000 emplois et générant 150 milliards de recettes fiscales. Agriculture, industrie, transport, tous les secteurs y gagneraient, à condition de combler l’abîme entre villes connectées et campagnes oubliées.

« Le Bénin est à un carrefour : soit il devient un laboratoire de l’inclusion numérique, soit il reste prisonnier de ses zones grises», analyse Angela Wamola, directrice Afrique subsaharienne de la GSMA. Un plaidoyer pour des réformes urgentes : révision des indicateurs de couverture, baisse des taxes sectorielles, subventions aux terminaux mobiles… Autant de leviers pour transformer l’essai.

Sanctions ou électrochoc pour MTN et Moov Africa?

Si les amendes font tiquer, elles révèlent une régulation enfin musclée. Mais l’ARCEP joue aussi aux funambules : sanctionner tout en accordant un nouveau sursis de 12 mois aux opérateurs, c’est risquer de légitimer une culture du rattrapage perpétuel. « Ces pénalités doivent être un vaccin, pas un pansement », tempête un expert sous couvert d’anonymat.

Pendant ce temps, les utilisateurs ruraux, eux, patientent. Comme Adélaïde, commerçante à Kpédékpo : « Ici, le réseau, c’est une légende. » « On paie des forfaits pour des barres de connexion fantômes. » Un cri du cœur qui résume l’enjeu : le Bénin pourra-t-il concilier sanctions exemplaires, promesses industrielles et urgence citoyenne ?

L’heure des choix technopolitiques 

Le rapport de la GSMA esquisse une feuille de route : moderniser les licences télécoms, libérer les fréquences, former aux compétences digitales… Autant de chantiers qui exigent un dialogue serré entre État, opérateurs et société civile. Car sans investissements ciblés et transparence, les 1 200 milliards de PIB promis resteront un mirage statistique.

Alors que MTN et Moov mijotent leur riposte, une question persiste : ces sanctions marquent-elles un tournant ou un épisode de plus dans la saga des engagements en pixelographie ? Réponse en 2026, à l’échéance de la nouvelle mise en demeure. D’ici là, le Bénin devra trancher : être un élève modèle du numérique… ou un éternel aspirant.

Les Guépards du Bénin écrivent leur légende en Davis Cup

Cotonou, 3 février 2025 –  Sous un soleil implacable, les courts de l’hôtel Sofitel de Cotonou ont vibré dimanche après-midi au rythme d’une épopée sportive sans précédent. Les Guépards du Bénin, portés par une ferveur nationale électrique, ont terrassé la Lettonie (3-2) en play-offs du Groupe Mondial II de la Dans une victoire historique, les Guépards du Bénin ont triomphé de la Lettonie 3-2 en Davis Cup, se qualifiant pour la première fois , décrochant leur billet pour la première fois de leur histoire dans l’antichambre de l’élite mondiale. Une victoire ciselée dans l’urgence, où chaque balle a ressemblé à un manifeste de résilience.

Le double, symphonie d’expérience et de jeunesse 

La journée décisive s’est ouverte sur un duo improbable : Alexis Klegou, vétéran de 36 ans au revers aussi tranchant que son mental, et Prince Gandonou, dauphin de 21 ans au service fulgurant. Face aux Lettons Aleksandrs Sotikovs et Robert Strombachs, les Béninois ont orchestré une valse tactique sans fausse note. En deux sets limpides (6-3, 6-3), ils ont verrouillé le filet, transformant chaque amorti en sentence. Le score bascule à 2-1 pour le Bénin, mais l’ombre de Strombachs, numéro un letton, plane déjà.

Strombachs, le réveil d’un géant

Réduit à l’état de spectateur lors du double, Robert Strombachs a brandi sa raquette comme une épée. Face à un adversaire béninois anonyme dont le nom s’est perdu dans l’ouragan letton, il a signé un carnage technique (6-1, 6-1), égalisant à 2-2. En quarante-huit minutes, le joueur a rappelé pourquoi il trône au 145ᵉ rang mondial, offrant à son équipe un sursis inespéré.

Davis Cup : Monnou, le substitut messianique

Alors que tous attendaient le retour de Klegou pour l’ultime bataille, le capitaine béninois a jeté son joker : Sylvestre Monnou, 28 ans, habitué de l’ombre. Face à Daniels Tans, 23 ans et 320ᵉ mondial, le Béninois a déployé un tennis de samouraï en transe. Son jeu, mélange de l’obs assassin et de passing-shots millimétrés, a désarticulé le Letton. En deux sets (6-3, 6-3), Monnou a scellé le destin du match, déclenchant une marée humaine sur les courts.

Une victoire aux multiples facettes

Ce succès, au-delà des chiffres, raconte une métamorphose :

– Gandonou, l’héritier : le jeune Prince a confirmé son statut de prodige, combinant audace et sang-froid.

– Klegou, le patriarche : son leadership a transcendé les générations, prouvant que l’expérience reste un capital inestimable.

– Monnou, l’inattendu : remplaçant de dernière minute, il incarne désormais la profondeur stratégique d’une équipe en pleine ascension.

L’envers du décor : un pari tactique osé 

La décision de remplacer Klegou par Monnou aurait pu virer au fiasco. Interrogé, le capitaine béninois a justifié son choix : « Alexis avait donné son âme en double. » « Nous avions besoin de fraîcheur, et Sylvestre possède un jeu déstructurant qui correspondait à Tans. » Un calcul risqué, mais visionnaire.

Le Bénin intègre le Groupe Mondial II, devenant le quatrième pays subsaharien à atteindre ce niveau après l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et l’Ouganda. Prochain défi : pérenniser cette percée en structurant un vivier de jeunes talents et en attirant des sponsors. La Fédération annonce déjà un plan Marshall incluant la construction de centres d’entraînement high-tech à Parakou et Natitingou.

Sur le court, Klegou résume l’état d’esprit : « Cette victoire n’est pas un aboutissement, mais un tremplin. » « Nous avons montré que le tennis africain n’est pas un folklore, mais une force en devenir. »

Alors que la Lettonie sombre dans le groupe III de la Davis Cup, le Bénin, lui, regarde vers les cimes. Reste à savoir si les Guépards sauront transformer cet exploit en révolution durable… ou s’ils resteront les étoiles filantes d’un continent en quête de légendes.

 

Moov Africa Bénin dans l’œil du cyclone réglementaire

Alors que le Bénin aspire à hisser son drapeau dans l’arène numérique africaine, un coup de semonce réglementaire vient de fissurer le paysage des télécoms. En effet, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP-Bénin) a infligé, le 15 janvier dernier, une amende cinglante de 1,5 milliard de FCFA à Moov Africa Bénin SA. Motif : un maillage défaillant de ses réseaux 3G et 4G, laissant des pans entiers du territoire en proie à une connectivité fantôme. Une sanction qui sonne comme un réquisitoire contre les promesses non tenues.

Moov Africa Bénin  : un cahier des charges en lambeaux

Dès 2020, Moov Africa s’était engagé à tisser une toile 3G sur l’ensemble du territoire, suivie d’une couverture 4G en 2021, des échéances inscrites dans l’article 42 de son cahier des charges. Mais les audits de l’ARCEP, menés en 2021 puis en 2023, ont révélé un désert numérique persistant. Sur 526 arrondissements contrôlés, seuls 17 affichaient une 3G viable et 16 une 4G fonctionnelle. Pis, les principaux axes routiers de Cotonou à Malanville ou de Parakou à Djougou naviguaient dans un noir électronique, privant voyageurs et riverains de tout signal digne de ce nom.

Mise en demeure, mise en échec

Malgré un ultimatum de 12 mois lancé en 2022, le récent audit (août-novembre 2023) a confirmé l’inertie opérationnelle de l’opérateur. Aucun des 10 axes routiers stratégiques, artères économiques du pays, ne répondait aux normes. Pire : sur 99 arrondissements réexaminés, zéro conformité fut enregistrée, selon le rapport. Un constat accablant qui a poussé l’ARCEP à actionner le levier financier : 1,5 % du chiffre d’affaires 2023 de Moov, soit 1 506 290 505 FCFA, devront abonder le Trésor public sous 60 jours.

Double peine, double défi  

Outre l’amende, l’opérateur se voit accorder un sursis connecté de 12 mois pour combler ses lacunes. L’article 3 de la décision n°2025-012/ARCEP/PT/SE/DJPC/GU acte cette dernière chance, sous peine de sanctions aggravées. Pour Moov, l’enjeu est désormais de sortir d’une spirale de défiance, dans un marché où son concurrent historique, MTN, domine sans partage.

Les zones grises du progrès

Cette sanction, la plus lourde jamais imposée dans le secteur au Bénin, interroge au-delà du cas Moov. Elle révèle les angles morts d’une transition numérique souvent célébrée à coups de communiqués triomphants. « Comment expliquer qu’en 2025, des villes comme Porga ou Kpédékpo restent des zones blanches ? », s’insurge une utilisatrice sur les réseaux sociaux. L’ARCEP, quant à elle, campe sur sa ligne : « La couverture universelle n’est pas négociable », assène un porte-parole, rappelant que le droit à la connectivité est un droit citoyen.

Si certains saluent une régulation enfin musclée, d’autres dénoncent un écran de fumée dans un pays où seuls 48 % de la population ont accès à internet. Pour Kévin Adjahouin, analyste en politiques technologiques, « cette amende doit être un électrochoc pour tout le secteur ». « Le Bénin ne peut être à la fois un hub d’innovation et un territoire en quarantaine numérique. »

Alors que Moov Africa mijote sans doute son plan de rattrapage, les Béninois, eux, attendent une seule chose : que leurs barres de réseau cessent de ressembler à des fantômes. L’histoire dira si cette sanction marque un tournant… ou reste un épisode de plus dans une saga de promesses en pixellisation.

 

Le Mono, artère vitale d’une hydro-solidarité naissante

Grand-Popo/Bénin, 3 février 2025 – Sur les rives du Mono, fleuve frontière entre le Bénin et le Togo, une symphonie d’espoirs s’est élevée  jeudi  dernier avec le lancement officiel de l’Initiative Régionale pour l’Eau et l’Environnement (IREE-Mono). en effet , ce projet, nourri par un financement de 5 millions USD du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), aspire à réconcilier écologie et économie, tout en tissant une coopération transfrontalière inédite. Un pari audacieux pour ce bassin fluvial, longtemps témoin silencieux de défis climatiques et de rivalités territoriales.

Une cérémonie sous le signe de l’écosystème diplomatique

En présence des préfets, ministres et représentants de la société civile des deux nations, le lancement a transcendé les protocoles habituels. Le Préfet du Mono, en ouverture, a salué une « alliance contre la fatalité », rendant ainsi hommage aux partenaires techniques et aux communautés locales, « gardiennes oubliées des eaux ». Par ailleurs, le Directeur Exécutif de l’Autorité du Bassin du Mono (MBA) a, quant à lui, comparé le projet à « un baobab dont les racines doivent puiser dans l’intelligence collective », insistant sur l’urgence d’une gouvernance transaquatique, néologisme désignant une gestion unifiée des ressources hydriques par-delà les frontières.

En plus, l’UICN, bras technique de l’initiative, a promis de « fertiliser les dialogues » via des approches inclusives, tandis que le Togo a plaidé pour un « partage équitable des pluies et des responsabilités ». Du côté béninois, le Secrétaire Général du Ministère des Eaux et des Mines a martelé : « Ce fleuve n’est pas une frontière, mais un cordon ombilical. » « Protéger sa biodiversité, c’est préserver notre ADN commun. »

L'Initiative Régionale pour l'Eau et l'Environnement (IREE-Mono), financée par le FEM, vise à réconcilier écologie et économie Trois piliers pour une renaissance bleu-vert

D’ailleurs, structuré en trois volets, le projet combine pragmatisme et ambition.

1. L’évaluation et la planification : une Analyse Diagnostique Transfrontalière (ADT) cartographiera les enjeux écologiques et économiques, suivie d’un Plan d’Action Stratégique (PAS) visant à transformer le bassin en « laboratoire de résilience climatique ».

2. Le renforcement des capacités : les comités locaux de l’eau, souvent marginalisés, seront érigés en « sentinelles des aquifères », formés aux techniques de gestion intégrée.

3. La gestion des connaissances : une plateforme de données ouvertes servira de « vigie numérique », permettant un suivi en temps réel des ressources et des pollutions.

En parallèle, des initiatives pilotes de restauration de mangroves, d’agriculture climato-intelligente agiront comme « leviers de preuve » pour démontrer l’impact d’une écologie appliquée.

Un financement sous tension géopolitique

Bien que porté par le FEM, l’IREE-Mono devra naviguer entre les écueils bureaucratiques et les attentes divergentes. La première réunion du Comité de Pilotage Régional, tenue les 27 et 28 janvier, a révélé des frictions sur l’allocation des fonds. Certains membres ont plaidé pour un « budget carbone » priorisant les zones les plus érodées, tandis que d’autres ont défendu des investissements dans l’aquaculture communautaire.

L’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) et le Partenariat Mondial de l’Eau (GWP-AO), co-exécuteurs, devront incarner des médiateurs techniques. « Sans une transparence absolue, ce projet deviendra un miroir aux alouettes », avertit un délégué togolais sous anonymat.

L’ombre portée des défis

Si les discours célèbrent une « nouvelle ère hydro-diplomatique », les obstacles restent tangibles. Les conflits d’usage entre agriculteurs et pêcheurs, la pression des industries extractives et la méfiance historique entre villages frontaliers menacent l’édifice. « Le vrai test sera de faire germer la confiance avant les arbres », confie une représentante d’une ONG locale.

Les quatre ans alloués au projet semblent un sprint face à l’urgence climatique. Pourtant, comme le rappelle un expert de l’UICN : « Les fleuves ignorent les calendriers politiques. » « Seuls comptent les cycles de l’eau… et de la patience. »

Le Mono, miroir de l’Afrique de demain ?  

En somme, l’IREE-Mono incarne plus qu’un projet environnemental : un laboratoire de cohésion régionale. En reliant restauration écologique et justice sociale, il pourrait aussi inspirer d’autres bassins transfrontaliers du continent, où 90 % des ressources en eau sont partagées entre États. Cette « solidarité pour l’eau » saura-t-elle résister aux sécheresses politiques et aux inondations bureaucratiques ?

 

Le Bénin, Phénix renaissant de sa puissance militaire : une métamorphose stratégique en huit actes

Alors que l’Afrique de l’Ouest traverse une période de turbulence sécuritaire, le Bénin, autrefois perçu comme un maillon faible, opère une mue spectaculaire. En huit ans, son armée s’est affranchie d’un héritage de vulnérabilités pour incarner un rempart régional.

En effet, les chiffres dévoilés par le ministre de la Défense, Fortunet  Alain  Nouatin, lors d’un bilan d’étape, dessinent une trajectoire aussi ambitieuse qu’inédite : le taux de disponibilité opérationnelle des forces armées, qui frôlait à peine 17 % en 2016, culmine aujourd’hui à 78 %, épousant les standards internationaux. Une renaissance orchestrée par un sursaut salvateur, mariant vision stratégique et pragmatisme.

Le Bénin, 2016-2024 : de la fragilité chronique à la résilience calculée 

« Il y a huit ans, nos unités peinaient à répondre aux menaces, et notre marine naviguait en eaux troubles, minée par la piraterie », confie le ministre, évoquant une époque où l’inertie menaçait de devenir fatale. Un diagnostic sans fard qui a catalysé un programme pluriannuel, structuré autour d’un triptyque audacieux : infrastructures, équipement et ressources humaines. Loin des ajustements cosmétiques, ce plan a insufflé une dynamique de mutations profondes.

Infrastructures : l’armature d’une nouvelle ère

Premier pilier, les infrastructures ont été repensées pour incarner une « ossature stratégique ». Des bases militaires dotées de technologies de pointe, des centres logistiques reconfigurés pour une réactivité optimale et des installations navales modernisées ont remplacé les vestiges d’un passé vétuste. « Nous avons bâti des citadelles de la sécurité, adaptées aux défis du XXIe siècle », résume un officier supérieur sous couvert d’anonymat.

Équipement : la fin de la pénurie tactique

Le deuxième volet a rompu avec une dépendance chronique aux équipements obsolètes. Le ratio « un soldat, un fusil d’assaut », longtemps inatteignable, est désormais dépassé. L’acquisition de véhicules blindés, d’hélicoptères de combat Mi-17 et H125M, ainsi que d’avions de surveillance Beechcraft King Air, a transformé l’arsenal béninois. La marine, hier paralysée, dispose aujourd’hui de patrouilleurs ultramodernes capables de traquer les menaces en haute mer.

Ressources humaines : l’humus de la performance

Avec plus de 9 000 recrues intégrées entre 2019 et 2025, l’armée a renouvelé son vivier, combinant jeunesse et expertise. Des programmes de formation accélérée, conçus avec l’appui de partenaires étrangers, ont hissé les compétences techniques et tactiques. « Nous avons insufflé une culture de l’excellence opérationnelle », souligne le ministre, insistant sur la « professionnalisation accélérée » des troupes.

Résultats : un bilan en demi-teinte… Mais porteur d’espoirs

Les fruits de cette métamorphose sont tangibles. Aucun acte de piraterie n’a été enregistré dans les eaux béninoises depuis fin 2021, un exploit pour un pays dont les côtes étaient jadis un sanctuaire de brigandage. Sur le front antiterroriste, les attaques se raréfient après des opérations ciblées ayant infligé des pertes lourdes aux groupes jihadistes. « L’armée est aujourd’hui pleinement opérationnelle », martèle Fortunet Alain Nouatin, sans occulter les défis persistants.

Le Bénin, 2026 : L’Acmé opérationnel en ligne de mire

Le Bénin ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Objectif affiché : atteindre 96 % de disponibilité opérationnelle avant 2026. Un pari audacieux, qui exigera de pérenniser les investissements et de consolider les gains. « Cette progression n’est pas une fin en soi, mais un tremplin pour garantir notre souveraineté et contribuer à la stabilité régionale », précise le ministre, rappelant que la sécurité est un « bien commun ».

Entre ombre et lumière : le défi de la durabilité

Si les avancées impressionnent, certains observateurs pointent des écueils potentiels : dépendance accrue aux fournisseurs étrangers, risques de corruption dans les marchés d’équipement et pression budgétaire face à des ambitions colossales. « La vraie réussite sera de maintenir cette dynamique sur le long terme », analyse un expert ouest-africain, sous couvert d’anonymat.

Une nouvelle silhouette sur l’échiquier régional 

En conclusion, en se muant en acteur militaire crédible, le Bénin redéfinit son rôle dans un paysage sécuritaire ouest-africain en pleine recomposition. Cette ascension, aussi rapide que méthodique, pourrait inspirer d’autres nations aux prises avec des défis similaires. Reste à savoir si cette mue structurelle saura résister aux tempêtes à venir…

 

Chaïbou à Cotonou : une poignée de main qui sème les graines d’une diplomatie fraternelle

Cotonou, 31 janvier 2025 — Dans l’éclat feutré d’un après-midi béninois, le nouvel ambassadeur du Niger près du Bénin, M. Kadade Chaïbou, a déposé les copies figurées de ses lettres de créance entre les mains du ministre Shegun Bakari. Un rituel protocolaire, certes, mais empreint d’une symbolique puissante : celle d’un dégel calculé entre deux nations sahéliennes liées par une histoire enchevêtrée et des défis communs.

Cérémonie sous le signe de l’égrégore fraternel

L’instant, sobre mais éloquent, s’est déroulé dans un climat de cordialité délavée des habituelles rigidités diplomatiques. Vêtu d’un boubou aux motifs discrets, l’ambassadeur Chaïbou a marqué ses premiers pas sur le sol béninois par des remerciements appuyés envers le gouvernement hôte, soulignant « l’hospitalité tissée dans l’étoffe des relations séculaires ». Une allusion directe aux racines partagées des peuples Haoussa, Zarma, et Bariba, qui traversent les frontières comme des veines invisibles.

Face à lui, le ministre Bakari, gardien des clés de la diplomatie béninoise, a accueilli ce geste avec une gravité teintée d’optimisme. « Les lettres de créance ne sont pas de simples parchemins, mais des passerelles entre deux volontés politiques », a-t-il glissé en substance, rappelant que Niamey et Porto-Novo ont, ces dernières années, navigué entre méfiances épidermiques et accalmies tactiques.

Au-delà du protocole : les non-dits d’une réconciliation

Si la cérémonie s’est tenue sans fioritures, elle n’en porte pas moins les stigmates d’un passé récent tumultueux. Entre 2023 et 2024, des litiges frontaliers et des divergences sur la gestion des flux transhumants avaient oxydé les relations. L’arrivée de Chaïbou, perçu comme un « pontife du dialogue » à Niamey, pourrait incarner un tournant.

Des sources proches des chancelleries évoquent des dossiers sensibles en suspens : la sécurisation des corridors agropastoraux, la lutte contre l’extrémisme dans le bassin du fleuve Niger et la relance de projets économiques conjoints gelés depuis 2022. Autant de chantiers où l’ambassadeur devra user de sa diplomatie du fari, cette farine de mil symbole de patience et de persévérance dans la culture sahélienne.

L’ambassadeur Chaïbou : un tisseur de liens dans l’âme

Ancien conseiller aux affaires transfrontalières, Chaïbou n’est pas un novice dans l’art de dénouer les nœuds géopolitiques. Son credo : « Parler peu, écouter beaucoup, et agir en silencieux ». Une philosophie qui pourrait séduire un Bénin en quête de partenaires stables dans un Sahel en ébullition.

Épilogue : Et maintenant, cultiver l’oasis

En quittant le ministère, Chaïbou a jeté un regard appuyé sur l’immense carte de l’Afrique accrochée au mur. Peut-être y traçait-il mentalement les contours d’une coopération renouvelée. Reste à savoir si cette « diplomatie de la main tendue » résistera aux tempêtes de souverainetés chatouilleuses et aux intérêts contradictoires.

Une chose est sûre : à Cotonou comme à Niamey, on observe cette nouvelle germination avec un mélange d’espoir et de prudence. Car dans le désert des relations internationales, même les oasis promises doivent être arrosées… sans relâche.