Bénin : Interpol Cotonou arrête trois fugitifs internationaux

                   En l’espace d’une semaine, la Direction de la police judiciaire béninoise a réalisé un véritable coup de filet en interpellant trois criminels de haut niveau, recherchés sur plusieurs continents. Si Cotonou affiche sa fermeté face au grand banditisme, le contraste avec la menace sécuritaire au Nord reste dans tous les esprits.

Le Bénin ne veut plus être une terre d’asile pour les fugitifs de la justice internationale. Entre le 13 et le 19 avril 2026, le Bureau central national (BCN-Interpol Cotonou) a multiplié les opérations ciblées, transformant la capitale économique en véritable souricière pour des individus qui pensaient avoir trouvé, sous les tropiques, un refuge propice à leur impunité.

 

Le « gros poisson » de Lagos

Le premier acte de cette offensive sécuritaire s’est joué le 15 avril, dans le cadre feutré d’un hôtel de Cotonou. C’est là qu’Alhaji Tajudeen Ahmed Akambi, ressortissant nigérian dont le nom faisait la une de la presse à Lagos, a vu sa cavale s’interrompre brutalement.

Soupçonné d’être le cerveau de plusieurs assassinats commis entre 2023 et 2024, l’homme était devenu une priorité pour les autorités de l’État de Lagos. Par conséquent, en application des accords de coopération policière au sein de la CEDEAO, les autorités béninoises ont rapidement remis le suspect à leurs homologues nigérians. Un signal fort adressé à la criminalité transnationale : la frontière ne constitue plus un bouclier.

 

Escroquerie et faux-semblants

Par ailleurs, la vigilance ne s’est pas relâchée aux frontières aéroportuaires. Le même jour, les services de la Police républicaine ont interpellé un ressortissant américain à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin, dès son arrivée sur le territoire, dans le cadre d’une affaire d’escroquerie d’envergure.

Toutefois, l’opération la plus complexe reste sans doute l’arrestation, le 19 avril, d’un ressortissant français aux multiples identités. Véritable « homme aux mille visages », il évoluait dans les réseaux de la criminalité organisée européenne. Il aura fallu en effet plusieurs semaines de surveillance et une expertise pointue en renseignement pour lever le voile sur ses activités. Pour lui comme pour le suspect américain, la procédure d’extradition est désormais engagée.

 

Une efficacité à géométrie variable ?

« L’objectif est clair : empêcher le Bénin de servir de refuge », confie une source policière. De fait, Cotonou semble s’imposer comme un point stratégique dans la traque des fugitifs internationaux. Les méthodes sont rodées, les résultats tangibles, et la communication maîtrisée.

Pourtant, cette démonstration d’efficacité laisse un sentiment d’inachevé chez certains observateurs. Car si la police béninoise excelle dans l’arrestation de cybercriminels et de fugitifs internationaux dans les zones urbaines, l’opinion publique attend qu’elle déploie cette même efficacité face à la menace terroriste qui pèse sur le nord du pays. Nombreux sont ceux qui espèrent voir cette capacité opérationnelle s’exprimer avec la même intensité contre les groupes armés actifs dans le septentrion.

Bénin : le tiktokeur Billy devant la CRIET pour escroquerie et propos sur le putsch

                Poursuivi pour escroquerie en ligne et pour des commentaires liés à la tentative de coup d’État de décembre 2025, le créateur de contenus Arsène Kplédo(Billy) a comparu ce jeudi 23 avril devant la juridiction spéciale de Porto-Novo. Entre déboires numériques et dérapage politique, récit d’une audience sous haute tension.

Arsène Kplédo, plus connu sous l’avatar de « Billy » du duo célèbre « Molly et Billy », a troqué ce jeudi ses scripts de comédie de couple pour la barre glaciale de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Le tiktokeur béninois répondait à deux chefs d’accusation distincts qui illustrent la surveillance accrue de l’espace numérique par les autorités béninoises : l’escroquerie via internet et des publications jugées sensibles dans un contexte politique tendu.

 

Le piège du « coup monté »

L’audience s’est déroulée en deux phases distinctes, dont la première s’est cristallisée sur les événements du 7 décembre 2025. Ce jour-là, alors qu’une tentative de putsch secoue le pays, Billy publie un message qui va sceller son sort judiciaire : « Coup d’État qui n’a pas duré deux heures là, je pense que c’est un coup monté pour nous distraire ».

Devant le président de céans, l’influenceur a tenté une manœuvre de désamorçage. Il a affirmé n’avoir eu pour intention que d’appeler sa communauté au calme, expliquant avoir découvert la situation à travers les commentaires sous une publication personnelle, notamment une photo de son couple.

« J’ai supprimé le message quelques minutes plus tard, sentant que mes propos étaient mal interprétés », a-t-il plaidé.

Une ligne de défense qui s’est heurtée au scepticisme du juge, lequel l’a poussé à reconnaître la portée éminemment politique d’une telle sortie dans un contexte de crise nationale.

 

L’ombre de la cybercriminalité

Toutefois, les ennuis de Billy ne s’arrêtent pas à ses opinions. La seconde phase de l’audience a plongé dans les arcanes de la monétisation des réseaux sociaux au Bénin. La Cour lui reproche d’avoir floué un client qui souhaitait acquérir un compte monétisé. Le plaignant affirme avoir été bloqué sitôt le paiement effectué.

Sur ce point, le prévenu a nié toute intention frauduleuse, évoquant une simple « panne de numéro » de téléphone. Il soutient également qu’aucun paiement n’aurait été effectué, contestant ainsi la version du plaignant. Il a par ailleurs expliqué fonctionner avec deux numéros distincts : l’un dédié à la réception des commandes, l’autre aux livraisons.

Mais le parquet ne l’entend pas de cette oreille. Les magistrats se sont montrés particulièrement pointilleux sur ses méthodes de travail : usage de VPN, gestion de comptes YouTube basés à l’étranger (en Allemagne, selon ses dires) et acquisition de comptes Facebook suspects.

Interrogé sur la technique dite « Add », il a expliqué qu’il s’agit d’un procédé publicitaire visant à accroître la visibilité et le nombre d’abonnés. Il reconnaît par ailleurs utiliser un VPN uniquement pour la connexion à ses comptes, et non pour créer des profils destinés à des tiers. Selon les extractions de données présentées à l’audience, certains comptes gérés par l’influenceur présenteraient des « caractéristiques d’arnaque en ligne ».

 

Une justice qui ne clique pas

Pour Arsène Kplédo, l’enjeu est de taille. En se présentant comme un simple créateur de contenus axé sur la vie de couple, il espère convaincre les juges de sa bonne foi. Néanmoins, la Criet semble vouloir faire de ce dossier un exemple de la responsabilité des influenceurs, dont l’audience massive peut, selon l’accusation, servir de levier à la désinformation ou à la cybercriminalité.

La Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 4 juin 2026 pour la suite des débats. D’ici là, le tiktokeur devra affiner ses arguments pour éviter que sa carrière numérique ne s’achève derrière les barreaux.

Bénin : Le Ouidah Golf Club, nouveau fleuron du tourisme de luxe

(Ouidah) — Le Bénin sort le grand jeu. À Ouidah, cité historique jusqu’ici célèbre pour sa Porte du Non-Retour, c’est désormais vers les “greens” que les regards se tournent. Sous l’impulsion de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (ANPT), le Ouidah Golf Club sort de terre. Un projet pharaonique qui ambitionne de propulser le pays dans le cercle très fermé du tourisme de luxe en Afrique de l’Ouest.

Le swing remplacera-t-il bientôt le silence des musées ? C’est en tout cas le pari audacieux que fait le gouvernement béninois. Sur un site de 45 hectares, niché entre terre et lagune, l’ANPT achève l’aménagement d’un complexe d’exception. Pour l’agence, véritable chef d’orchestre de cette mutation, l’objectif est limpide : transformer le potentiel patrimonial de Ouidah en un levier d’attractivité économique « premium ».

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Un 18 trous entre lagune et tradition

Au cœur de ce dispositif, un parcours de golf de 18 trous, dessiné selon les standards internationaux. Mais au-delà de la performance sportive, c’est l’architecture globale du projet qui impressionne. Le complexe intègre un club-house de haut standing ainsi qu’un ponton lagunaire, promettant d’offrir une expérience inédite aux futurs visiteurs.

Toutefois, l’innovation ne se fait pas au détriment de l’authenticité. L’ANPT a tenu à intégrer de manière inclusive le village de pêcheurs environnant. Cette approche durable vise à démontrer que le luxe peut cohabiter avec le développement local, créant ainsi une destination où la modernité ne gomme pas l’identité culturelle profonde du site.

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Ouidah, futur carrefour du tourisme d’affaires ?

Pourquoi un tel investissement ? La réponse réside dans la stratégie de positionnement du Bénin sur l’échiquier régional. Jusqu’à présent, le pays était perçu comme une destination culturelle et mémorielle. Avec le Ouidah Golf Club, il s’attaque désormais au marché lucratif du tourisme d’affaires et de la clientèle internationale haut de gamme.

Par conséquent, ce projet agit comme un aimant pour les investisseurs et les cadres de la sous-région. En offrant des infrastructures de ce calibre, le Bénin ne se contente plus d’attirer des touristes de passage ; il crée un véritable pôle de vie et de loisirs capable de rivaliser avec les grandes métropoles voisines.

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Le défi de l’attractivité internationale

Mais le défi reste de taille. Pour que Ouidah devienne réellement un « joyau touristique », l’ANPT devra assurer une visibilité constante sur la scène internationale. Ce complexe constitue le premier jalon d’une dynamique plus large, où patrimoine et innovation convergent.

Désormais, le Bénin ne vend plus seulement son passé : il expose aussi son futur. Le Ouidah Golf Club n’est pas qu’une pelouse parfaitement entretenue ; il incarne l’ambition d’un pays qui accélère pour s’imposer comme une escale incontournable du golfe de Guinée.

Bénin : Dandi Gnamou décore les cadres de la diplomatie à Cotonou

Porto-Novo, 23 avril 2026 — Le mérite diplomatique à l’honneur. Ce jeudi 23 avril, la présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, le Professeur Dandi Gnamou, a présidé une cérémonie de décoration exceptionnelle au sein du ministère des Affaires étrangères.

C’est une scène de grande sobriété républicaine qui s’est jouée dans les jardins du ministère. Sous l’égide de la Grande Chancelière des Ordres nationaux, représentée par la Vice-Présidente de la République, le Professeur Dandi Gnamou a procédé à la distinction de plusieurs cadres de la diplomatie béninoise. Pour la présidente de la Haute Cour, cet exercice n’est pas qu’un protocole, c’est une reconnaissance de l’ombre et une délégation symbolique de confiance de la République.

Dandi Gnamou
© Dandi Gnamou

Le mérite, un labeur silencieux

Dans son allocution, la présidente a tenu à dissiper tout malentendu sur la nature des honneurs. Pour elle, la distinction n’est pas une fin en soi, mais le reflet d’une persévérance invisible. « Le mérite ne se proclame pas. Il se construit, jour après jour », a-t-elle rappelé.

Elle a ainsi mis en lumière ces années de travail souvent ignorées du grand public : ces dossiers gérés avec rigueur, ces responsabilités assumées dans le silence et ces exigences éthiques qui forgent les grands serviteurs. Derrière chaque distinction, il y a aussi des négociations menées dans l’ombre, des crises désamorcées sans éclat, et des engagements quotidiens qui assurent la continuité de l’État. À travers ces mots, elle a rendu hommage à une administration qui, loin des projecteurs, incarne la discrète excellence du service public.

Dandi Gnamou
© Dandi Gnamou

La diplomatie, un engagement de haute précision

Toutefois, le message portait également une dimension plus stratégique. Dans un contexte international de plus en plus volatil, où le Bénin cherche à consolider son influence, la présidente a souligné que « chaque mot compte et chaque position engage ».

La diplomatie, selon Dandi Gnamou, n’est pas qu’une question de relations publiques, mais un exercice d’équilibre et de sens de l’État. Par conséquent, les décorations remises ce jour ne doivent pas être perçues comme des trophées de fin de carrière, mais comme des engagements renouvelés, des preuves de souveraineté et de responsabilité.

Dandi Gnamou
© Dandi Gnamou

« Servir l’État, c’est accepter d’être attendu. »

Aux récipiendaires, le message a été limpide : l’honneur est une charge. En les décorant, la République leur signifie qu’elle compte sur eux plus que jamais. « Votre distinction vous honore. Mais elle vous engage davantage », a martelé la présidente de la Haute Cour.

En acceptant ces médailles, ces cadres deviennent les visages de l’excellence béninoise à l’étranger. À Porto-Novo, la République n’a pas seulement décoré ses diplomates : elle leur a confié une mission renouvelée, rappelant que la reconnaissance est avant tout une promesse de service continu.

Niger-Bénin : le Général Mohamed Toumba ouvre la porte à Romuald Wadagni

Cotonou, 23 avril 2025 — Entre Niamey et Cotonou, le dégel est-il enfin à portée de main ? Alors que les relations entre les deux voisins sont restées glaciales sous l’ère Talon, l’arrivée de Romuald Wadagni à la tête du Bénin semble ouvrir une nouvelle séquence diplomatique. Le Général Mohamed Toumba, figure centrale de la transition nigérienne, se dit prêt à la reconstruction. Mais à quel prix ?

 

C’est une petite phrase qui résonne comme un séisme diplomatique dans la sous-région. Interrogé sur l’avenir de l’axe Niamey-Cotonou, lors de son interview sur le bilan de son ministère, le Général de division Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur, a tenu des propos qui tranchent avec la rhétorique guerrière des derniers mois. Pour lui, la crispation n’était pas tant une affaire bénino-nigérienne qu’une conséquence d’influences extérieures.

 

L’instrumentalisation en question : Macron dans le viseur ?

Au cœur de l’analyse du Général Toumba, un nom revient avec insistance : Emmanuel Macron. Pour l’homme fort de Niamey, l’ancien président béninois Patrice Talon n’aurait été qu’un exécutant, une figure « instrumentalisée » par l’Élysée pour isoler le Niger après les événements de juillet 2023.

« Talon n’était pas le véritable problème », affirme-t-il sans détour. Par cette déclaration, Niamey semble vouloir tourner la page des griefs personnels avec l’ancienne administration de Cotonou pour mieux se concentrer sur son nouveau partenaire, Romuald Wadagni. Mais ce glissement sémantique ne cache-t-il pas une exigence plus profonde de rupture définitive avec Paris ?

 

L’espoir d’une « Paix des braves » est-il réaliste ?

Toutefois, le discours ne se limite pas à la critique. Le ministre nigérien évoque ouvertement un futur commun. « Il y a toujours de l’espoir. On ne va pas continuer à vivre comme ça. Nous sommes voisins », martèle le Général Toumba.

Pourtant, cette volonté de normalisation se heurte à une réalité de terrain : la confiance est, selon ses propres termes, « rompue ». Par conséquent, la reprise des activités commerciales et la réouverture totale des frontières dépendront des « gages de bonne volonté » que le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, sera prêt à offrir à son voisin du Nord.

 

Quels enjeux pour Romuald Wadagni ?

Le nouveau chef de l’État béninois se retrouve face à un dilemme de taille. D’un côté, la nécessité économique de relancer le transit vers le Niger via le port de Cotonou, et de l’autre, l’obligation de maintenir des équilibres diplomatiques délicats.

Cotonou pourra-t-il donner les preuves de souveraineté qu’exige Niamey sans s’aliéner ses partenaires traditionnels ? La « paix des braves » appelée de ses vœux par le Général Toumba marquera-t-elle le début d’une ère de pragmatisme ou le Niger attend-il une allégeance totale ? Le ballon est désormais dans le camp béninois.

Bénin : le tiktokeur « Le Russe » placé sous mandat de dépôt

PORTO‑NOVO, 22 avril 2026 La sanction est tombée pour l’une des figures les plus clivantes de la sphère numérique béninoise. Ce mercredi 22 avril, le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a ordonné le placement sous mandat de dépôt de Luc Mègnigbeto, plus connu sous le pseudonyme « Le Russe ». Accusé de harcèlement numérique, le tiktokeur a rejoint la prison civile d’Abomey‑Calavi dans l’attente de son procès.

 

Du direct au mandat de dépôt

En effet, l’étau s’est refermé sur le tiktokeur après une semaine de garde à vue. Interpellé à son domicile le 14 avril dernier par les agents du Centre national d’investigations numériques (CNIN), Mègnigbeto Luc a dû s’expliquer devant les magistrats de la CRIET sur la teneur de ses publications et de ses interventions en direct.

Ainsi, selon les éléments de l’enquête, le prévenu est poursuivi pour harcèlement par le biais d’une communication électronique. Si les détails de la plainte ne sont pas encore totalement publics, la décision du procureur spécial témoigne d’une volonté de fermeté face aux dérives sur les réseaux sociaux. En conséquence, « Le Russe » séjournera en détention préventive jusqu’à l’ouverture de son audience, fixée au lundi 11 mai 2026.

 

Un profil entre polémique et panafricanisme

Par ailleurs, cette arrestation n’est pas passée inaperçue tant le personnage occupe l’espace médiatique numérique. Luc Mègnigbeto s’était fait une spécialité des « lives » TikTok où il n’hésitait pas à égratigner la gouvernance du président Patrice Talon. Ses prises de position, souvent virulentes, lui avaient permis de fédérer une audience importante, mais l’avaient également placé sous les radars des autorités.

De plus, son soutien affiché aux mouvements panafricanistes et sa proximité présumée avec les réseaux de l’activiste Kemi Seba alimentent les discussions. Pour nombre d’observateurs, son ton acerbe et ses allégeances politiques ont fini par franchir la ligne rouge tracée par la législation sur le numérique en vigueur au Bénin.

 

Un avertissement pour la « bulle » TikTok

En somme, l’affaire « Le Russe » illustre le durcissement du cadre légal entourant la liberté d’expression en ligne. Alors que la CRIET multiplie les interventions contre la cybercriminalité et les abus numériques, ce placement en détention sonne comme un avertissement pour les créateurs de contenus.

Toutefois, le procès de mai prochain devra déterminer si les propos de l’influenceur relèvent de la critique politique ou du délit pénal, dans un contexte où la frontière entre militantisme et harcèlement numérique reste au cœur des débats judiciaires.

Enfin, avec cette mise sous mandat de dépôt, la justice béninoise rappelle que l’influence sur les réseaux sociaux ne saurait constituer une zone de non‑droit. Le procès du 11 mai sera scruté de près par les défenseurs de la liberté d’expression et les partisans de la régulation numérique.

Bénin : le Sénat devance l’Assemblée nationale dans l’ordre protocolaire

Au Bénin, un simple texte réglementaire aura suffi à provoquer un débat de fond sur l’équilibre des pouvoirs. Avec le décret nᵒ 2026-107 du 11 mars 2026 fixant l’ordre de préséance, les autorités ont entériné une évolution majeure : le président du Sénat devance désormais celui de l’Assemblée nationale dans la hiérarchie protocolaire. Une décision qui s’inscrit dans la continuité de la réforme ayant instauré un Parlement bicaméral, mais qui interroge sur la symbolique démocratique.

 

Une nouvelle architecture du pouvoir

Dans la nouvelle grille de préséance, le président de la République reste au sommet, suivi du vice-président. Mais le fait marquant est ailleurs : le président du Sénat occupe désormais une place stratégique, juste devant celui de l’Assemblée nationale, longtemps considéré comme la deuxième personnalité de l’État.

Ce reclassement ne relève pas d’un simple ajustement administratif. Il traduit la volonté du pouvoir de donner un poids institutionnel réel à la seconde chambre, récemment introduite dans le paysage politique béninois. Dans les faits, les sénateurs passent eux aussi avant les députés lors des cérémonies officielles, consacrant ainsi une hiérarchie nouvelle au sein du pouvoir législatif.

 

Pourquoi le Sénat passe-t-il avant l’Assemblée ?

La question divise et soulève un malaise démocratique. Car en principe, la chambre basse — élue au suffrage universel direct — incarne la voix du peuple et devrait primer. Or, le décret bouleverse cette logique : il place une chambre haute, issue d’un suffrage indirect ou de nominations, devant celle qui représente directement les citoyens.

Ce choix, loin d’être neutre, interroge sur les motivations réelles du pouvoir. Les autorités mettent en avant l’argument de l’équilibre institutionnel et de la stabilité, en valorisant des sénateurs perçus comme garants de continuité.

Mais pour l’électeur, une question demeure : si son député n’est plus considéré comme la deuxième personnalité de l’État, quelle valeur conserve sa voix ? Prestige protocolaire ou véritable basculement démocratique ? Le doute s’installe.

 

Une réforme révélatrice d’un tournant

Au Bénin, cette revalorisation du Sénat intervient dans un contexte de recomposition institutionnelle plus large. Après l’introduction du bicamérisme, le pouvoir semble vouloir installer durablement cette nouvelle architecture, en lui donnant une traduction concrète jusque dans les symboles de l’État.

Reste à savoir si cette hiérarchisation protocolaire se traduira par un rééquilibrage effectif des pouvoirs dans la pratique législative. Car au‑delà des rangs et des préséances, c’est bien la capacité des institutions à représenter, contrôler et légiférer qui demeure le véritable baromètre démocratique.

En repositionnant le Sénat au sommet du pouvoir parlementaire, le Bénin ouvre ainsi une nouvelle séquence politique, où la question de la légitimité — directe ou indirecte — pourrait s’imposer comme l’un des débats centraux des années à venir.

Et une interrogation s’impose : pourquoi le président Talon, au soir de son mandat, a‑t‑il jugé nécessaire de fixer l’ordre de préséance ? Derrière l’apparente réforme protocolaire, ce geste pourrait bien révéler une volonté de marquer l’histoire institutionnelle… ou de préserver des équilibres qui dépassent la seule logique démocratique.

MTN Bénin lance le Media Innovation Programme pour la presse africaine

COTONOU, 22 avril 2026 – Face à l’érosion des modèles économiques traditionnels et à la déferlante du numérique, l’heure est à la mise à jour logicielle pour la presse béninoise. Lundi 20 avril 2026, l’opérateur MTN Bénin a dévoilé au siège de l’entreprise son « Media Innovation Programme » (MIP), un ambitieux dispositif de renforcement des capacités conçu pour armer les professionnels des médias face aux défis du siècle.

Ce n’est un secret pour personne : le paysage médiatique africain traverse une zone de fortes turbulences. Entre la montée en puissance de l’intelligence artificielle, la fragilité financière des rédactions et le poison de la désinformation, le métier de journaliste se réinvente dans la douleur. C’est précisément pour accompagner cette mutation que le groupe MTN, en partenariat avec l’Université de Johannesburg et le Forum des éditeurs africains, déploie la cohorte 2026 de son programme de formation.

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Un pont entre académie et immersion panafricaine

Le MIP ne se veut pas une simple série de conférences, mais un véritable parcours certifiant. D’une part, il repose sur un socle académique rigoureux garantissant une indépendance éditoriale totale. D’autre part, il offre une immersion concrète à travers des masterclasses et, surtout, un séjour d’étude en Afrique du Sud.

Le dispositif inclut également des ateliers pratiques, des visites d’études et la réalisation de projets de synthèse, afin de relier théorie et expérience de terrain.

« Le Media Innovation Programme est une réponse structurelle aux mutations du secteur », a souligné Yao Kouadjio, s’exprimant au nom de la direction générale de MTN Bénin.

Entièrement financé par MTN, le programme insiste sur son caractère gratuit et certifiant, une bouffée d’oxygène pour un secteur en quête de professionnalisation. En plus, l’objectif est de fournir des outils opérationnels pour que les contenus africains ne soient plus seulement consommés, mais qu’ils soient innovants et compétitifs sur l’échiquier mondial.

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L’IA et l’entrepreneuriat au cœur du cursus

Par ailleurs, l’originalité de cette promotion 2026 réside dans l’accent mis sur les technologies émergentes. Outre le journalisme de données et l’éthique, les futurs bénéficiaires seront formés à l’usage de l’intelligence artificielle et à l’entrepreneuriat médiatique. En effet, dans un contexte où les revenus publicitaires s’évaporent vers les plateformes globales, la survie des médias béninois dépendra de leur capacité à créer de nouveaux modèles de rentabilité.

Les critères de sélection incluent une solide maîtrise rédactionnelle, un intérêt marqué pour les outils numériques et les technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.

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Calendrier et critères d’admission

L’appel à candidatures, ouvert officiellement lors de cette rencontre, s’adresse tant aux journalistes qu’aux créateurs de contenus disposant d’une expérience solide. Toutefois, la sélection s’annonce rigoureuse. Les postulants ont jusqu’au 7 mai 2026 pour soumettre leur dossier (CV et lettre de motivation).

Le processus, piloté par les experts de l’Université de Johannesburg, débouchera sur une formation intensive s’étalant du 27 juillet au 12 octobre 2026. En définitive, au-delà des compétences acquises, les lauréats intégreront un vaste réseau panafricain, levier indispensable pour bâtir des collaborations transfrontalières dans une Afrique de plus en plus connectée.

Présentes lors du lancement, les organisations faîtières de la presse béninoise ont salué une initiative qui, par son caractère gratuit et certifiant, offre une bouffée d’oxygène à un secteur en quête perpétuelle de professionnalisation.

Dandi Gnamou & Aldo Denyz : « Il faut faire véritablement place à la jeunesse. »

PORTO-NOVO, 22 avril 2026 C’est une rencontre aux allures de passage de témoin générationnel qui s’est tenue hier, mardi 21 avril 2026, au siège de la Haute Cour de Justice. La présidente de l’institution, le professeur Dandi Gnamou, a reçu en audience l’honorable N’dah Kouagou Aldo Calixte Denyz, député de la 3ᵉ circonscription électorale. Derrière le protocole, une urgence commune : redéfinir la place du jeune citoyen dans l’appareil d’État.

Dans les couloirs feutrés de la Haute Cour, le ton n’était pas à la simple courtoisie parlementaire. En effet, la rencontre entre l’élue de la magistrature et l’élu de l’Atacora (Boukoumbé, Cobly, Matéri, Tanguiéta) s’inscrit dans le dialogue interinstitutionnel habituel. Toutefois, le fond des échanges a rapidement glissé vers un sujet brûlant : la trajectoire collective de la jeunesse béninoise.

 

À la Haute Cour de Justice, un plaidoyer pour une jeunesse « actrice » et non plus « spectatrice ».

Pour Dandi Gnamou, l’exigence de vérité semble avoir primé sur la langue de bois. Loin des discours de célébration qui ponctuent souvent les agendas politiques, la présidente et son hôte ont abordé les racines structurelles qui entravent encore l’épanouissement des jeunes.

« Parler de la jeunesse oblige à une certaine exigence. Ne pas seulement la célébrer. Mais,lui faire véritablement place », a-t-on pu retenir de l’esprit de cette audience.

Les discussions ont notamment porté sur :

  • L’émancipation réelle : comment passer de l’autonomie théorique à l’indépendance économique et intellectuelle ?
  • La capacité d’initiative : les freins bureaucratiques et financiers qui brident l’entrepreneuriat des moins de 30 ans.
  • La participation à la vie publique : dépasser le stade de la « mobilisation électorale » pour atteindre celui de la co-décision politique.

 

Un écho venu de la 3ᵉ circonscription

Par ailleurs, l’honorable Aldo Calixte Denyz, s’est fait le porte-voix d’une jeunesse rurale et urbaine dont les aspirations sont souvent contrariées par des conditions précaires. Pour le député de la 3ᵉ circonscription, l’enjeu est de transformer le dynamisme de la base en leviers de gouvernance nationale.

Ainsi, cette audience entre une figure de proue du monde judiciaire et un jeune législateur pose un diagnostic clair : le Bénin de 2026 ne peut plus se contenter de « gérer » sa jeunesse. Il doit l’intégrer comme le moteur central de sa transformation.

En somme, en recevant un jeune député pour traiter de ces questions, la Présidente Dandi Gnamou confirme sa volonté d’ouvrir la Haute Cour de Justice aux réalités sociopolitiques du pays, bien au-delà de sa mission strictement contentieuse.

Joseph Djogbénou présente son premier rapport devant la 10ᵉ législature

Ce mercredi 22 avril à 10 h, au Palais des Gouverneurs à Porto‑Novo, Joseph Djogbénou présentera son premier rapport d’activités couvrant la période du 8 février au 31 mars 2026. Exigé par le règlement intérieur, cet exercice ouvre un débat attendu sur la gestion du perchoir, l’utilisation des fonds de l’institution et l’agenda législatif des prochaines semaines.

Joseph Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, rendra compte mercredi matin devant les députés de la 10ᵉ législature des actions menées depuis son installation. Le rapport, obligatoire selon l’article 21 du règlement intérieur, marque les premiers pas publics du perchoir et promet un échange serré entre majorité et opposition.

 

Contexte et contenu du rapport

Le document couvre la période du 8 février au 31 mars 2026 et dresse l’inventaire des activités administratives et parlementaires engagées depuis l’ouverture de la législature. Selon le communiqué du Secrétariat général administratif, il porte sur l’organisation interne de l’Assemblée, les priorités législatives et l’emploi des crédits alloués à l’institution. La brièveté de la période n’enlève rien à sa portée : il s’agit de fixer un premier cap et d’exposer des orientations pour les sessions à venir.

 

Cadre juridique et déroulé de l’exercice

L’article 21 du règlement intérieur impose au président de l’Assemblée de justifier sa gestion au début de chaque session ordinaire. Après la lecture du rapport, Joseph Djogbénou devra aussi répondre aux questions des députés. En plus, les parlementaires peuvent demander des précisions sur l’utilisation des fonds, les nominations internes ou l’agenda législatif. À l’issue du débat, l’Assemblée pourra prendre acte du rapport ou formuler des réserves susceptibles d’entraîner des suites (demandes de compléments, commissions d’enquête, motions).

 

Enjeux politiques et symboliques

Pour les observateurs, cette présentation constitue un test de fluidité institutionnelle et de relations entre le perchoir et l’hémicycle. Réputé pour sa connaissance des textes, Joseph Djogbénou sait que la clarté de son exposé influera aussi sur la confiance des députés et sur la capacité du Parlement à fonctionner efficacement. Dans un contexte où la société civile réclame davantage de transparence, la qualité de cette reddition de comptes revêt une valeur symbolique forte.

 

Réactions attendues et suites possibles

Les groupes parlementaires, la société civile et les médias suivront de près les réponses apportées aux questions sensibles. Les sujets susceptibles de provoquer des débats sont l’affectation des crédits, le calendrier législatif et la gouvernance interne de l’Assemblée. Selon l’issue du débat, l’Assemblée pourra clore la séance en prenant acte du rapport ou décider d’approfondir certains points par des commissions spécialisées.