Bénin : Évaluation conjointe des programmes de vaccination financés par Gavi

Cotonou , le 30 janvier 2025– À Cotonou, une évaluation conjointe des programmes de vaccination financés par l’Alliance du Vaccin Gavi se tient sous l’égide du Ministère de la Santé, en collaboration avec l’UNICEF, l’OMS et d’autres acteurs majeurs de la santé publique. Cette rencontre, d’une envergure stratégique, dresse un bilan approfondi des progrès réalisés, tout en scrutant l’impact des financements consentis.

L’évaluation des programmes de vaccination financés par Gavi à Cotonou permet d’analyser les progrès réalisés, d’identifier les défisL’objectif central de cette évaluation est double : mesurer les avancées du programme de vaccination et tracer les lignes directrices pour 2025. Il s’agit non seulement de mettre en exergue les succès engrangés, mais aussi d’identifier les écueils persistants afin d’ajuster les stratégies d’intervention. Une telle démarche permet d’affiner les actions à intensifier pour garantir un accès équitable aux vaccins et ainsi renforcer l’immunisation des enfants à travers le pays.

Dans cet élan, l’UNICEF, aux côtés du gouvernement béninois et des partenaires internationaux, renouvelle son engagement indéfectible en faveur de la vaccination infantile. Cette synergie d’efforts vise à garantir que chaque enfant, sans distinction aucune, puisse bénéficier des vaccins essentiels et soit prémuni contre les maladies évitables.

L’évaluation des programmes de vaccination financés par Gavi à Cotonou permet d’analyser les progrès réalisés, d’identifier les défisSi les résultats obtenus témoignent d’avancées notables, des défis subsistent, notamment en matière de couverture vaccinale, d’adhésion communautaire et de logistique sanitaire. L’amélioration de la distribution, la sensibilisation accrue des populations et le renforcement des infrastructures sanitaires demeurent des enjeux majeurs à relever pour faire de la vaccination un pilier solide de la santé publique au Bénin.

Cette évaluation constitue ainsi une étape clé dans l’optimisation des stratégies vaccinales, en vue d’un impact plus significatif et durable sur la santé des enfants. En identifiant les réussites et les défis, elle permet d’affiner les actions à venir pour garantir à chaque enfant un accès équitable aux vaccins essentiels. L’engagement des partenaires reste crucial pour renforcer l’immunisation.

Cotonou : Un atelier sur l’avenir de la radio numérique en Afrique

Le Conseil International des Radios-Télévisions d’Expression Française (CIRTEF) et l’Union Radiophonique et Télévisuelle Internationale (URTI) organisent cette semaine à Cotonou un atelier intitulé « La radio numérique en Afrique ». Cet événement vise à explorer les opportunités offertes par la transition numérique dans le secteur radiophonique africain.

Un atelier organisé à Cotonou par le CIRTEF et l’URTI explore les opportunités de la radio numérique en Afrique, Emmanuel Mbédé, président du CIRTEF, souligne l’importance de développer des contenus innovants et de s’adapter aux nouvelles exigences des productions numériques. Il est également co-auteur de l’ouvrage « Techniques de programmation d’antenne pour la radio et la télévision africaines à l’âge du numérique », qui propose des stratégies pour créer des grilles de programmes attractives et performantes dans un environnement médiatique en pleine mutation.

Le CIRTEF, fondé en 1978, regroupe une trentaine d’organismes publics de radios et de télévisions francophones. Il gère notamment trois centres régionaux de production et de formation en Afrique, situés à Cotonou, Yaoundé et Niamey. Ces centres sont équipés de matériel numérique de pointe et offrent des formations technologiques et artistiques aux professionnels de l’audiovisuel.

L’atelier de Cotonou s’inscrit dans une série d’initiatives visant à promouvoir la radiodiffusion sonore numérique en Afrique. Par exemple, en décembre 2022, l’Union Africaine des Télécommunications (UAT), en collaboration avec l’Union Africaine de Radiodiffusion (UAR), l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), ainsi que les consortiums DRM et WorldDAB, a organisé un atelier en ligne pour promouvoir la radiodiffusion sonore numérique sur le continent.

Ces efforts conjoints visent à renforcer les capacités des professionnels africains de la radio et de la télévision, en les aidant à s’adapter aux évolutions technologiques et à répondre aux attentes d’un public de plus en plus connecté.

 

Cour constitutionnelle : Le Bénin à l’épreuve de l’énigme du troisième mandat

Cotonou, jeudi 30 janvier 2025 – La Cour constitutionnelle béninoise, temple des équilibres institutionnels, s’apprête à trancher des dossiers aux résonances sismiques. En effet, au cœur de cette audience plénière : quatorze recours, dont trois cristallisent les fièvres d’une nation suspendue entre légalisme et conjectures. Ainsi, L’ombre de Patrice Talon, président aux déclarations sibyllines, plane sur ce ballet procédurier, où se joue rien moins que l’avenir du pacte démocratique béninois.

L’Énigme Talon : entre renoncement affiché et ambiguïté calculée

Le recours déposé par Christian Enock Lagnidé, opérateur économique et figure politique, agit comme un catalyseur de tensions. Il interroge la Cour sur un point cardinal : le Bénin a-t-il basculé dans une « nouvelle République » depuis la révision constitutionnelle de 2019, rendant ainsi possible un troisième mandat pour Patrice Talon en 2026 ? Une question qui, sous son apparente technicité, charrie des enjeux existentiels.

Le président Talon, lors d’un entretien récent, a réitéré son refus de briguer un troisième mandat. Mais dans les arcanes du pouvoir, certains murmurent qu’il s’agirait d’une « stratégie du désir différé », une manière d’entretenir, par déni feutré, les appels de ses affidés à une prolongation. La saisine de la Cour, orchestrée par un proche de l’appareil présidentiel, alimente l’hypothèse d’une manœuvre « à double détente » : tester les eaux juridiques avant un éventuel bond politique.

La HAAC : un régulateur média sous le scalpel de la censure ?

Parmi les autres dossiers brûlants, la réforme du règlement intérieur de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) suscite des craintes de « verrouillage médiatique ». Adopté suite à la décision DCC 25-005, ce texte, présenté comme un outil de régulation moderne, pourrait en réalité consacrer un contrôle accru sur les contenus critiques. Des observateurs dénoncent un « habillage technocratique » masquant une restriction sournoise de la liberté de la presse, pilier pourtant sacralisé par la Constitution de 1990.

La déclaration qui embarrasse : quand la vice-présidente ravive les braises ?

Par ailleurs, l’affaire portée par Guy Mitokpè, secrétaire national des Démocrates (LD), ajoute une couche de dramaturgie. Elle remonte aux déclarations de la Vice-présidente Mariam Chabi Talata lors d’une tournée à Allada en 2024, où elle avait évoqué, avec un sourire énigmatique, la possibilité d’un « prolongement du leadership actuel ». Des propos perçus comme un ballon d’essai, rapidement dégonflé par le Palais de Marina, mais jamais totalement désamorcé. La Cour devra déterminer si ces mots relèvent de la « lubie individuelle » ou d’une « stratégie de communication orchestrée ».

La Cour, arbitre d’un jeu aux enjeux tectoniques

Si la Cour constitutionnelle, réunie dans la salle Monseigneur Isidore de Souza, demeure théoriquement au-dessus de la mêlée, ses décisions seront lues à la loupe. Deux scénarios se dessinent :

  1. Le statu quo renforcé : la Cour valide l’interprétation actuelle de la Constitution, enterrant l’hypothèse d’un troisième mandat et apaisant temporairement les craintes d’un « glissement autoritaire ».
  2. L’ouverture pandorique : en reconnaissant l’avènement d’une « nouvelle République », elle offrirait à Talon une porte de sortie juridique pour briguer 2026, déclenchant une onde de choc politique.

Une démocratie à la croisée des chemins

En somme, au-delà des arguties juridiques, ce jeudi historique interroge la résilience du modèle béninois, souvent encensé comme « phare démocratique » en Afrique de l’Ouest. Les récentes réformes, le code électoral controversé, le musellement de l’opposition ont érodé ce capital symbolique. La gestion de ce dossier par la Cour constituera un test décisif : confirmera-t-elle son rôle de « gardienne des équilibres » ou actera-t-elle son inscription dans une logique de « constitutionnalisme de façade » ?

L’Afrique observe. Le Bénin retient son souffle.

 

Sommet de Dar es Salam : l’Électrification de l’Afrique au centre des débats

Sous les ors verdoyants de Dar es Salam, épicentre d’une Afrique en quête de lumière, s’est tenu les 27 et 28 janvier 2025 un conclave continental dédié à l’énergie. Ce sommet, convoqué dans l’urgence des défis structurels, a rassemblé une pléiade de Chefs d’État, de grands argentiers institutionnels et de pontes techniques, tous unis par un impératif catégorique : électrifier l’Afrique ou sombrer dans l’obscurité des promesses inachevées.

Par ailleurs, le Bénin, représenté par l’éminente Vice-présidente Mariam Chabi Talata Zime Yerima, flanquée du Ministre d’État Romuald Wadagni, a incarné avec panache la voix des réformateurs audacieux. Une présence symbolique, à l’heure où le continent tente de conjurer les démons de la dépendance énergétique.

Sommet continental tenu à Dar es Salam, où des leaders africains et institutionnels se sont engagés à électrifier l'Afrique, Les oracles financiers sonnent l’heure de vérité.

À la tribune, les augures des grandes institutions ont dépeint un continent à la croisée des chemins. Ajay Banga, archonte du Groupe de la Banque mondiale, a martelé : « Garantir l’accès à l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici à 2030 n’est pas une option, mais un sésame pour la croissance et l’innovation. » Un plaidoyer assorti d’un engagement financier, nébuleux dans son montant, mais clair dans son ambition : catalyser des projets low-carbon à l’échelle subsaharienne.

Akinwumi Adesina, vigie de la Banque Africaine de Développement (BAD), a quant à lui fustigé les « ersatz de solutions » et réclamé des « réformes tectoniques ». « L’Afrique doit se départir des logiques de saupoudrage pour embrasser des investissements pharaoniques », a-t-il tonné, promettant un soutien sans faille aux États osant briser les carcans bureaucratiques.

Mohamed Ould Cheihk El Ghazouani, président de l’Union africaine, a invoqué l’esprit de la « solidarité panafricaine », appelant à une « synergie des volontés » pour exploiter les ressources endogènes. « L’énergie est le sang vital de notre développement. Sans elle, nos rêves de renaissance ne sont que chimères », a-t-il asséné, sous les applaudissements mesurés d’une assemblée consciente des écueils.

Le Bénin, parangon des audaces éclairées à Dar es Salam 

Dans ce concert de déclarations solennelles, la délégation béninoise a offert une partition remarquée. Porte-voix du Président Patrice Talon, la Vice-présidente Mariam Chabi Talata Zime Yerima a déroulé un plaidoyer chiffré, presque technocratique, mais empreint d’une rhétorique conquérante. « Depuis 2016, le Bénin a opéré une mue énergétique sans précédent », a-t-elle affirmé, égrenant les réformes : adoption d’un code de l’électricité attractif, stratégie nationale d’électrification et montée en puissance des énergies renouvelables.

Avec un taux de couverture énergétique de 69 % en milieu urbain et 36 % en ruralité, des chiffres qui, bien qu’imparfaits, trahissent une dynamique ascendante, le Bénin se pose en laboratoire de la transition. La Vice-présidente a aussi mis en exergue les projets solaires de Malanville, les centrales thermiques de Maria-Gleta et l’interconnexion ambitieuse avec le Niger et le Burkina Faso. « Le Bénin n’est plus un spectateur, mais un acteur de l’échiquier énergétique ouest-africain », a-t-elle lancé, invitant les investisseurs à « saisir l’aubaine d’un marché en ébullition ».

Entre promesses et pragmatisme : l’énigme des financements

Si les discours ont vibré d’un lyrisme mobilisateur, les questions de financement demeurent l’épine dorsale du sommet. Les annonces de la Banque mondiale et de la BAD, bien que saluées, ont suscité des interrogations sur leur opérationnalité. « Les promesses ne suffiront pas. » « Il faut des mécanismes innovants : obligations vertes, partenariats public-privé décomplexés et une fiscalité incitative », a glissé un consultant énergétique sous couvert d’anonymat.

La Tanzanie, hôte du sommet, a incarné cette dualité entre ambitions et réalités. La Présidente Samia Suluhu Hassan a claironné : « L’Afrique doit tourner le dos aux palliatifs éphémères. Notre avenir réside dans les énergies propres, et nous devons en payer le prix. » Un vœu pieux, dans un continent où 600 millions d’âmes restent privées d’électricité.

Dar es Salam : l’Afrique à l’heure des choix irréversibles

En somme, ce sommet aura, au moins, acté une prise de conscience : l’électrification n’est plus une question technique, mais un impératif civilisationnel. Pour le Bénin, dont la délégation a quitté Dar es Salam auréolée d’une crédibilité renouvelée, le défi sera de transformer l’essai en pérennisant ses réformes.

Reste à savoir si les États sauront dépasser les velléités individuelles pour embrasser une vision collective. Car, comme le rappelait El Ghazouani : « Sans énergie, l’Afrique brillera, mais de l’éclat des étoiles lointaines, splendides, mais inaccessibles. »

 

Grand-Nokoué : le PMPP ouvre la voie à une mobilité urbaine durable

La Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT SA) vient de franchir une étape cruciale dans la mise en œuvre du Projet de Mobilité Urbaine Durable du Grand-Nokoué (PMUD-GN) en publiant le Plan de Mobilisation des Parties Prénantes (PMPP). En effet, ce document essentiel, conforme aux exigences des projets financés par la Banque Mondiale, ouvre la voie à une participation citoyenne active et éclairée dans la transformation de la mobilité urbaine de l’agglomération.

Un projet ambitieux pour un développement durable

Par ailleurs, le PMUD-GN, cofinancé par la Banque mondiale (IDA) et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), incarne une vision novatrice de la mobilité urbaine. Il ambitionne de doter le Grand-Nokoué d’un système de déplacement multimodal, intégré et durable, reflétant le bien-être des populations au cœur de ses préoccupations.

Le PMPP : un outil de concertation et d’engagement

D’ailleurs, le Plan de Mobilisation des Parties Prénantes (PMPP) constitue un instrument clé pour garantir l’adhésion et l’implication de tous les acteurs concernés par le projet. Il définit les modalités de participation des différentes parties prenantes, qu’il s’agisse des habitants, des associations, des collectivités locales ou des experts, tout au long du cycle de vie du PMUD-GN.

Une démarche participative et inclusive

En plus, la publication du PMPP témoigne de la volonté de la SIRAT SA d’adopter une approche participative et inclusive dans la mise en œuvre du PMUD-GN. En favorisant le dialogue et la concertation, ce plan permet de recueillir les avis, les préoccupations et les suggestions des différentes parties, afin d’enrichir le projet et de l’adapter au mieux aux réalités locales.

Un appel à l’engagement citoyen

La publication du PMPP est un appel à l’engagement citoyen. Chaque habitant, chaque acteur de la société civile est invité à prendre ainsi part à cette dynamique de transformation de la mobilité urbaine. En s’informant, en participant aux consultations et en faisant entendre sa voix, chacun peut contribuer à façonner un système de déplacement plus efficace, plus durable et plus inclusif pour le Grand-Nokoué.

Pour une mobilité urbaine durable et partagée

En somme, le PMUD-GN représente une opportunité unique de construire un avenir dans lequel la mobilité urbaine rime avec développement durable, bien-être et vivre-ensemble. La publication du PMPP marque une étape importante dans cette direction, en offrant à tous les citoyens la possibilité de devenir acteurs du changement et de contribuer à l’émergence d’une mobilité urbaine durable et partagée.

Procès Olivier Boko/Oswald Homeky : l’affaire de l’atteinte à l’autorité de l’État devant la CRIET

Cotonou, 30 janvier 2025 — La Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a entamé, ce mardi 28 janvier 2025, l’examen approfondi du dossier relatif à une présomption d’atteinte à l’autorité de l’État, impliquant une tentative supposée de coup d’État. Les débats, marqués par des révélations stratifiées et des réquisitions sévères, ont mis en lumière les mécanismes allégués d’un complot visant à renverser le pouvoir en place, selon un schéma calqué sur le modèle nigérien de 2023, prétendument « sans effusion de sang ».

Acte I : Auditions et stratégies défensives 

29 janvier 2025 – La séance inaugurale a vu la comparution du commandant de la Garde républicaine, Dieudonné Tévoèdjrè, dont le témoignage a servi de pierre angulaire à l’accusation. Interrogé sur son implication présumée, l’officier a invoqué une « stratégie d’infiltration légale », affirmant avoir simulé une adhésion au projet pour en démanteler les rouages. « Je devais connaître le bout du tunnel », a-t-il déclaré, en réponse au procureur spécial qui soupçonnait un « piège » tendu à ses coaccusés.

Les prévenus principaux, l’homme d’affaires Olivier Boko et l’ancien ministre des Sports Oswald Homéky, ont quant à eux contesté l’équité procédurale, arguant de l’absence de leurs nouveaux conseils. La présidente de la CRIET, Christelle Adonon, a rejeté cette exception, ordonnant la lecture des procès-verbaux d’audition et des rapports psychiatriques, tous favorables aux accusés, ainsi que des extraits bancaires liés à des transferts suspects de fonds.

Acte II : L’écheveau financier et les incohérences

30 janvier 2025 – Lors du sixième jour d’audience, le ministère public a déployé une argumentation fondée sur des « variations substantielles » dans les déclarations patrimoniales des accusés. Oswald Homéky, dont les revenus annuels déclarés s’élèvent à 70 millions de FCFA, a été mis en contradiction face à la découverte de 1,5 milliard de FCFA en espèces à son domicile. Le procureur spécial, Mario Mètonou, a souligné que ces fonds, initialement rapatriés du Togo via un véhicule appartenant à Olivier Boko, trahissent une « logistique financière criminelle ».

L’homme d’affaires Olivier Boko, dont les revenus annuels avoisinent 4 milliards de FCFA selon ses propres dires, est désigné comme le « financier nodal » du complot. Les retraits successifs opérés par le comptable de sa société, Rock Niéri, et la trace de l’argent chez Homéky ont permis à l’accusation de construire un « faisceau de présomptions concordantes ».

Acte III : réquisitions et acquittements ciblés

Le procureur spécial a requis, à l’encontre des principaux instigateurs présumés, des peines exemplaires :

– 20 ans de réclusion criminelle et 1 milliard de FCFA d’amende contre Rock Niéri (entité morale).

– 10 ans de prison et 1,5 milliard de FCFA d’amende contre Olivier Boko et Oswald Homéky.

– Confiscation intégrale des 1,5 milliard de FCFA saisis et du véhicule utilisé pour le transport des fonds.

À l’inverse, trois coaccusés: Hugues Adjigbékou (comptable), Corneille Gbaguidi (gérant de société) et Ganiou Sanoussi (chauffeur)ont bénéficié d’un « non-lieu partiel ». Leur statut d’« agents d’exécution inconscients » des finalités réelles des actes commis a conduit le parquet à requérir leur acquittement, malgré le mandat de dépôt initial visant Adjigbékou pour tentative de fuite.

Analyse juridique : entre preuve matérielle et intentions

Cette affaire repose sur une qualification pénale duale : atteinte à l’autorité de l’État (article 150 du Code pénal béninois) et complicité de financement d’activités subversives. La CRIET, saisie en raison de sa compétence ratione materiae sur les crimes économiques graves, devra trancher entre une tentative caractérisée et une mise en scène défensive.

Ce dossier repose sur un triptyque classique en matière de complot : l’intention criminelle, la matérialité des actes préparatoires et les flux financiers. La CRIET a mis en lumière une chaîne de présomptions via des retraits bancaires tracés et des témoignages concordants. Toutefois, la défense pourrait invoquer l’absence de preuve directe d’un passage à l’acte ainsi que la régularité des fonds, bien que leur destination présumée (financement du putsch) soit au cœur des débats.

L’argument du commandant Tévoèdjrè, qui se présente en infiltré loyaliste, ajoute une complexité procédurale. Son témoignage, s’il est corroboré, pourrait requalifier les faits en « tentative avortée avec collaboration des autorités », atténuant ainsi la responsabilité pénale des autres accusés.

Prochaines étapes et implications politiques

La CRIET a suspendu l’audience jusqu’à la délibération finale, attendue sous quinzaine. Ce procès, qui mobilise l’attention nationale, interroge autant sur les mécanismes de défense de l’ordre constitutionnel que sur les limites de la preuve circonstancielle en matière de terrorisme économique.

Dans un contexte régional marqué par des transitions contestées, l’issue de ce procès pourrait envoyer un signal fort sur la tolérance zéro du Bénin à l’égard des atteintes à sa stabilité institutionnelle.

Cotonou : Sous le soleil de l’or blanc

Au cœur des champs de coton béninois, où les capsules éclatées ressemblent à des flocons de neige sous le soleil tropical, une délégation kényane menée par Mutahi Kagwe, Secrétaire d’État à l’Agriculture, marche d’un pas décidé. En effet, ce jeudi, Cotonou, capitale de l’or blanc africain, devient le théâtre d’une ambition transcontinentale : transformer le Kenya en géant textile, sur les traces du Bénin, premier producteur de coton du continent.

Le Kenya s’inspire du Bénin, leader africain du coton, pour revitaliser sa filière cotonnière en augmentant la production,Le chiffre qui tisse la révolte du coton

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 600 kg à l’hectare au Bénin contre 368 kg au Kenya. Un écart qui sonne comme un électrochoc pour Nairobi. « Ces chiffres ne sont pas une fatalité, mais une feuille de route », lance Kagwe, lunettes de soleil reflétant l’immensité des plantations. Derrière lui, des tracteurs intelligents pulvérisent des engrais organiques made in Benin, mélange de savoirs ancestraux et de biotechnologie.

Par ailleurs, le secret béninois est l’utilisation des fertilisants à base de résidus de récolte, un modèle circulaire où chaque tige sert et des coopératives agricoles hyperconnectées. « Nous avons remplacé la concurrence par la communauté », explique Odile Ahouansou, ingénieure agronome locale. « Un agriculteur forme son voisin, une usine achète la récolte d’un village entier. » La chaîne de valeur est un cercle vertueux. »

Machines à coudre l’avenir

Le plan kenyan, dévoilé in situ, est une bombe économique : faire bondir la production de 40 000 à 500 000 tonnes d’ici à 2030. Pour y parvenir, Nairobi mise sur une synergie public-privé inédite. Au programme : réveiller les usines de filature endormies, implanter des hubs textiles équipés de robots de couture et inonder le marché de semences certifiées résistantes à la sécheresse.

« Imaginez des champs de coton bio irrigués par drones, des usines zéro carbone et des créateurs kényans sur les podiums de Milan », s’enthousiasme Grace Muthoni, PDG d’une start-up nairobienne spécialisée en tissus intelligents. « Le Bénin nous montre que l’Afrique peut être autosuffisante et même exporter son rêve. »

Le Kenya s’inspire du Bénin, leader africain du coton, pour revitaliser sa filière cotonnière en augmentant la production,Coton : graines d’empire  

L’enjeu dépasse l’agriculture. Chaque usine textile promise générera 1 500 emplois directs, selon le gouvernement – de la cueillette à la confection. Un espoir pour des régions kenyanes meurtries par le chômage des jeunes. Pour concrétiser cette vision, le gouvernement kenyan prévoit de s’associer au secteur privé afin de développer des semences certifiées et d’établir des usines textiles modernes. Cette approche intégrée, inspirée du modèle béninois, vise à créer des emplois tout au long de la chaîne de valeur et à augmenter les revenus des agriculteurs.

Le Bénin : une source d’inspiration pour l’industrialisation africaine

Le Bénin ne se contente pas de produire du coton brut ; il s’engage également dans sa transformation locale. Des initiatives telles que la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) illustrent cette volonté de convertir le coton en produits à forte valeur ajoutée, renforçant ainsi l’économie locale et la compétitivité internationale.

En s’inspirant de l’exemple béninois, le Kenya aspire à écrire un nouveau chapitre de son histoire cotonnière, alliant tradition agricole et innovation industrielle pour un avenir prospère.

Le Kenya s’inspire du Bénin, leader africain du coton, pour revitaliser sa filière cotonnière en augmentant la production,« L’Afrique ne vendra plus seulement des matières premières, mais des récits », conclut-il, devant un parterre de journalistes. « Ceux des fermiers devenus entrepreneurs, des usines qui habillent le monde et d’un continent qui tisse sa propre légende. »

En somme, sous l’impulsion de cette collaboration, le coton devient bien plus qu’une fibre : il est le fil rouge d’une révolution industrielle made in Africa.

 

 

 

Bénin : L’Armée en marche pour ses héros tombés au front

Cotonou, 29 janvier 2025 – Le Bénin se souvient. Le Bénin se rassemble. Le Bénin rend hommage. En ce jour, l’armée béninoise, avec le soutien de la nation, a organisé une marche pédestre poignante en mémoire des soldats tombés au champ d’honneur lors de l’attaque du Point triple à Banikoara, le 8 janvier 2025. Un coup dur pour la nation, une blessure encore vive dans les cœurs.

Une marche, un cri du cœur

L’initiative, portée par le comité d’organisation de la classe 1994 1 et 2, a mobilisé les troupes. Les Forces de défense et de sécurité (FDS), vivant avec leurs familles, ont répondu à l’appel, démontrant leur solidarité et leur patriotisme. La population de Cotonou et des environs s’est également jointe à cette marche, témoignant de son soutien indéfectible à l’armée.

Le Palais des Congrès, point de ralliement

Le départ a été donné à 7h00, au Palais des Congrès. Un lieu symbolique, un point de ralliement pour une nation unie dans la douleur et la fierté. Le pas cadencé, le regard déterminé, les participants ont marché en silence, portant haut les couleurs du Bénin.

Plus qu’une marche, un élan de solidarité

Cette marche n’est pas un simple défilé. C’est un cri du cœur, un élan de solidarité envers ces hommes qui ont donné leur vie pour la patrie. C’est aussi un message fort adressé à ceux qui menacent la paix : le Bénin ne pliera pas, le Bénin ne reculera pas.

Un hommage en trois temps

L’hommage ne s’arrête pas là. Le comité d’organisation a prévu deux autres temps forts pour le vendredi 31 janvier. Une séance de don de sang, un geste fraternel pour perpétuer la vie, pour montrer que la solidarité n’est pas un vain mot. Une conférence publique, ensuite, pour aborder des thèmes essentiels : l’éducation sexuelle, la santé mentale et le bien-être physique des personnes âgées, la planification des activités génératrices de revenus à la retraite et la valorisation des femmes des FDS. Autant de sujets qui témoignent de la volonté de l’armée de se soucier du bien-être de ses membres et de leurs familles.

La lutte contre le cancer du sein en première ligne

Ils prévoient également une séance de consultation et de dépistage gratuits du cancer du sein. Une initiative louable qui souligne l’engagement de l’armée en faveur de la santé des femmes, en particulier celles qui servent sous les drapeaux.

Le Bénin est debout. Le Dahomey est uni. Le Bénin rend hommage à ses héros. Nous n’oublierons pas ces soldats qui sont tombés à Banikoara. Leur sacrifice restera gravé dans les mémoires, leur courage inspirera les générations futures. Le Bénin continue de se battre pour la paix, pour la sécurité.

En somme, cette journée d’hommage et de solidarité témoigne de l’unité du Bénin derrière son armée. Unité dans la douleur, mais aussi dans la fierté et la reconnaissance envers ceux qui se battent pour la sécurité du pays. L’armée béninoise, forte de ses valeurs et de son engagement, reste déterminée à défendre la nation et à assurer la sécurité de tous.

Bénin : l’heure de la sécurité des patients a sonné !

Cotonou, 29 janvier 2025 – Le Bénin prend son destin en main ! L’Autorité de Régulation du secteur de la Santé (ARS), en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), lance une initiative audacieuse : un atelier de formation de formateurs nationaux spécialisés en sécurité des patients. Une action forte, un signal clair : la sécurité des patients est désormais une priorité absolue.

Des experts en mission pour des soins plus sûrs

Du 29 au 31 janvier 2025, Cotonou sera le théâtre de cette formation cruciale. Des experts de haut niveau, des professionnels de la santé engagés, se réuniront essentiellement pour les compétences pratiques indispensables en matière de sécurité des patients. L’objectif est clair : bâtir un écosystème sanitaire où la sécurité est établie comme norme, où chaque patient est protégé.

L’ARS en chef d’orchestre de la sécurité des patients

Le Dr Lucien DOSSOU-GBÉTÉ, président de l’ARS, a souligné avec force l’importance de cette formation. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une dynamique d’amélioration continue de la qualité des soins au Bénin. Pour l’ARS, la sécurité des patients n’est pas une option, c’est une exigence.

L’OMS, un partenaire engagé pour une Afrique en santé

Le Dr Kouamé Jean KONAN, représentant résident de l’OMS au Bénin, a salué l’engagement proactif de l’ARS. Il a souligné que le Bénin, malgré les défis, se positionne comme un leader en matière de sécurité des patients sur le continent africain. L’OMS, partenaire de choix, apporte son soutien indéfectible à cette initiative.

Un tournant décisif pour la sécurité des patients

Cette formation de formateurs marque un tournant décisif pour la sécurité des patients au Bénin. Elle témoigne d’une volonté politique forte, d’une prise de conscience collective. L’ambition est claire : instaurer un cadre de soins rigoureux, où chaque acteur du système de santé collabore pour assurer le bien-être des patients, notamment le risque de préjudices liés aux soins médicaux.

Le défi est de taille, mais l’espoir est permis.

Le défi est immense, mais les autorités ont posé les premières pierres. Ces trois jours de formation sont une étape cruciale vers un avenir dans lequel la sécurité des patients sera au cœur des préoccupations sanitaires nationales. Le Bénin met tout en œuvre pour réaliser ses objectifs : une Afrique qui accorde la priorité à la santé, où chaque patient bénéficie d’une prise en charge sécurisée.

Le Procès de la Conspiration : Dissection juridique d’une tentative de putsch au Bénin

CRIET sous les projecteurs : Oswald Homeky et Olivier Boko face à l’accusation de subornation et de complot contre l’autorité de l’État 

Cotonou, 29 janvier 2025 — La salle d’audience de la CRIET, temple béninois de la justice pénale spécialisée, a rouvert ses portes ce mardi pour un acte judiciaire d’une gravité exceptionnelle : le procès d’Oswald Homeky, ancien ministre des Sports, et d’Olivier Boko, homme d’affaires influent, accusés de « complot contre l’autorité de l’État », « association de malfaiteurs en lien avec un projet criminel » et « blanchiment de capitaux ».

En effet, au cœur des débats, une tentative présumée de renversement du président Patrice Talon, révélant un écheveau de manœuvres financières, de manipulations politiques et de trahisons au sein même de l’appareil sécuritaire.

Acte I : L’exposé des faits – Une machination aux allures de thriller politique

À 10h18 précises, le greffier a procédé à la lecture introductive des charges, détaillant une chronologie digne d’un scénario de conspiration. Par ailleurs, les faits reprochés s’articulent autour de deux axes majeurs :

  1. D’une part, la détention illicite de 1,5 milliard de FCFA (soit 2,3 millions d’euros) découverts dans un véhicule non immatriculé au domicile d’Oswald Homeky.
  2. D’autre part, l’organisation présumée d’un coup d’État prévu pour le 27 septembre 2024, inspiré du modèle nigérien ayant conduit à la chute de Mohamed Bazoum.

Le commissaire Nounagnon Coffi Victorin, chef de l’antenne sud de la brigade criminelle, a été le premier à déposer. Sous serment, il a relaté la saisie des fonds le 23 septembre 2024, suite à des « renseignements des services spéciaux ». En effet, les liasses, conditionnées en six sacs, auraient été « consignées à la Caisse des dépôts et consignations » après un décompte protocolaire.

Interrogé sur les déclarations contradictoires de Ganiou Sanoussi, chauffeur d’Homeky – qui aurait initialement désigné Olivier Boko comme livreur des fonds avant de se rétracter –, le commissaire a invoqué une « stratégie de défense évolutive », soulignant les lacunes probatoires.

Acte II : Le témoignage-choc du Colonel Tévoédjrè – Entre loyauté républicaine et manipulation  

À 10 h 57, le Colonel Djimon Dieudonné Tévoédjrè, commandant de la Garde républicaine, a pris place à la barre. Son récit, livré avec une rigueur militaire, a dévoilé un schéma de subornation méthodique :

– Mai à juillet 2024 : Homeky aurait progressivement tenté de le « retourner » contre le président Talon, usant de critiques acerbes (« le commandant le plus pauvre de la planète ») et de cadeaux en espèces (5 millions de FCFA).

– Juillet 2024 : proposition d’un compte bancaire alimenté par Olivier Boko (« le Grand frère ») via la NSIA Banque en Côte d’Ivoire, avec promesse de 105 millions de FCFA.

– Septembre 2024 : planification minutée du putsch, incluant la séquestration du chef de l’État dans son bureau et l’élimination symbolique du capitaine Migan, responsable direct de sa sécurité.

D’ailleurs, le Colonel a insisté sur sa stratégie de contre-espionnage : « J’ai simulé une adhésion au complot pour en déjouer les rouages. » « Envoyant le capitaine Migan en mission fictive au Rwanda, j’ai permis aux services de renseignement d’infiltrer le réseau. » Une défense fondée sur l’article 40 du Code pénal béninois, qui exonère les agents infiltrés agissant « dans l’intérêt légitime de l’État ».

Acte III : Les failles de l’accusation – Un dossier miné par les contradictions 

Si les charges semblent accablantes, l’audience a révélé des vulnérabilités juridiques :

Premièrement, absence de preuve matérielle directe liant Olivier Boko aux fonds saisis. Le chauffeur Sanoussi s’est rétracté, invalidant le seul témoignage à charge.

Deuxièmement, flou sur l’origine des 1,5 milliard de FCFA : Homeky a invoqué un projet d’investissement dans ses entreprises basées au Cameroun, sans qu’aucun document comptable ne corrobore ses dires.

Troisièmement, le déni de l’accusé face à l’implication dans OB 2026 (mouvement politique présumé), créant un angle mort dans la motivation du complot.

Le procureur spécial Mario Mètonou a tenté de consolider l’accusation en invoquant l’article 144 du Code pénal (« atteinte à la sûreté de l’État ») et l’article 532 sur le blanchiment, arguant que « la détention d’espèces non déclarées, couplée à des projets de déstabilisation, constitue ainsi une présomption de culpabilité ».

Épilogue : les enjeux d’un procès-symbole

Au-delà des individus, ce procès cristallise les défis de la justice transitionnelle au Bénin. La CRIET, créée pour juger les crimes économiques et terroristes, est ici testée dans sa capacité à traiter des crimes politiques complexes, mêlant élites financières et hauts gradés.

En quittant la barre, le Colonel Tévoédjrè a lancé un plaidoyer pour la démocratie : « Que les ambitions se règlent dans l’arène électorale, non par les armes. » Une déclaration qui résonne comme un avertissement à l’Afrique francophone, encore marquée par les récents coups d’État au Sahel.

L’audience de ce mercredi se concentrera sur l’audition d’Olivier Boko, dont la défense promet de démontrer « l’absence de lien juridique entre ses activités entrepreneuriales et un hypothétique complot ».

En somme, ce procès, s’il aboutit à une condamnation, pourrait marquer un précédent dans la lutte contre l’instabilité politique en Afrique de l’Ouest. À suivre.