Bénin : 2 morts lors d’une cérémonie Egungun à Tori-Bossito

Ce qui devait être une communion sacrée s’est transformé en cauchemar. À Tori-Bossito, dans le sud du Bénin, la sortie rituelle des revenants Egungun a dégénéré, le dimanche 1ᵉʳ février. Le bilan est lourd : deux morts et plusieurs blessés. Un drame qui relance le débat sur l’encadrement des pratiques culturelles dans l’espace public.

 

Le village d’Acadjamè, dans l’arrondissement de Tori-Gare, s’est réveillé dans la stupeur. Hier, les percussions et les chants en l’honneur des ancêtres ont laissé place aux cris de panique. Alors que la communauté célèbre la sortie des Egungun — ces entités masquées censées représenter les esprits des défunts revenus bénir les vivants —, une altercation a brisé la ferveur religieuse.

 

De la bénédiction au chaos : le récit du drame

Selon plusieurs témoins oculaires, la tension est montée d’un cran lorsqu’une violente dispute a éclaté entre le « revenant » (le porteur de masque) et certains membres du public. Très vite, la situation a échappé à tout contrôle. Dans la bousculade, des armes blanches ont été sorties. Les autorités ont d’ailleurs retrouvé un couteau sur les lieux du crime.

Les coups, portés avec une violence rare, ont touché plusieurs personnes, dont des guides du revenant. Malgré l’intervention des secours, deux personnes ont succombé à leurs blessures. Ce drame plonge les familles yoruba et toute la commune de Tori-Bossito dans une profonde consternation, là où la tradition prône habituellement la cohésion sociale et la discipline morale.

 

Un appel urgent à la régulation des cérémonies sensibles

Ce nouvel incident repose avec acuité la question de la sécurité lors des manifestations traditionnelles à caractère sensible. Si la Constitution béninoise garantit la liberté de culte, de nombreuses voix réclament désormais un cadre réglementaire plus strict.

Le gouvernement du Bénin est dorénavant interpellé pour renforcer le cadre des manifestations culturelles. L’enjeu est d’éviter que ces moments de ferveur ne servent de paravent à des règlements de comptes ou à des actes de violence incontrôlés. La question n’est pas de remettre en cause l’héritage ancestral, mais de s’assurer que « la tradition ne soit plus instrumentalisée », expliquent certains observateurs locaux.

 

Responsabilité des chefs de culte et action de la justice

Parallèlement à l’action de l’État, une lourde responsabilité pèse sur les dignitaires et chefs de culte. Obtenir l’autorisation de faire sortir un Egungun engage la responsabilité morale et spirituelle du chef de couvent. La tradition authentique, rappellent les anciens, enseigne la retenue et le respect de la vie humaine.

La justice a d’ores et déjà été saisie de l’affaire. Le procureur de la République près du tribunal de Ouidah devrait diligenter une enquête rigoureuse pour identifier les auteurs et les coauteurs de cette tragédie. Des sanctions exemplaires sont attendues par la population afin de restaurer la crédibilité de la culture Egungun, aujourd’hui entachée par ce sang versé injustement.

Bénin : Claudine Prudencio (UPR) s’enrôle pour la 10e Législature

À quelques jours de la rentrée parlementaire, l’effervescence gagne Porto-Novo. Ce lundi 2 février 2025, Claudine Prudencio, figure bien connue de la scène politique béninoise, a accompli les formalités d’usage pour son siège au sein de la 10ᵉ législature. Un retour remarqué pour celle qui entend placer ce nouveau mandat sous le signe de l’expérience et du devoir.

 

C’est une étape administrative incontournable, mais hautement symbolique. Ainsi, dans l’après-midi de ce lundi, l’élue de la 6ᵉ circonscription électorale s’est présentée au Palais des Gouverneurs pour remplir son enrôlement. Entre documents officiels et réception de son « kit de député », la ministre conseillère à la Santé a officiellement pris ses marques avant l’installation solennelle prévue pour le dimanche 8 février prochain.

 

L’expérience au service de la 10ᵉ législature

Sous la bannière de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Claudine Prudencio n’est pas une novice dans l’hémicycle. Ayant déjà siégé lors des 6ᵉ et 7ᵉ mandatures, elle signe ici un retour stratégique. Pour cette femme d’État, ce mandat n’est pas une simple formalité, mais la suite logique d’un engagement constant pour la Nation.

Munie du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de ses attributs officiels, elle a affiché une assurance propre aux parlementaires chevronnés. Ce bagage législatif sera un atout précieux au sein d’une législature où les enjeux de développement et de santé publique s’annoncent cruciaux.

 

« Le peuple nous a envoyés »

À l’issue de son enregistrement, l’élue a aussi tenu à rappeler la source de sa légitimité. Dans une déclaration empreinte de gravité et de sérénité, elle a souligné sa volonté de répondre aux attentes des électeurs :

« J’aborde ce mandat avec sérénité et un profond esprit de travail. C’est le peuple qui nous a envoyés et nous devons accomplir cette mission comme il se doit ».

Cette détermination affichée laisse présager une participation active aux débats parlementaires à venir. Pour Claudine Prudencio, la ligne directrice est claire : la défense de l’intérêt général et le service de la République.

 

Un calendrier parlementaire millimétré

Par ailleurs, cette formalité s’inscrit dans un calendrier rigoureux établi par les services de l’institution parlementaire. Après les députés de la 6ᵉ circonscription, d’autres élus se succéderont dans les couloirs du palais pour finaliser leur dossier.

Désormais, le rendez-vous est pris pour le dimanche 8 février. Ce jour-là, les nouveaux députés de la 10ᵉ législature prêteront serment, ouvrant ainsi une nouvelle page de l’histoire démocratique du Bénin sous le regard attentif des citoyens.

 

Cotonou : Atelier régional contre le blanchiment et le terrorisme

 Depuis ce lundi 2 février 2026, la capitale économique du Bénin accueille un atelier régional de haute importance. Des experts judiciaires de six pays africains se réunissent pour muscler leur stratégie contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Un enjeu de sécurité nationale pour des États confrontés à une criminalité financière de plus en plus sophistiquée.

C’est dans le cadre feutré de l’hôtel Azalaï de Cotonou que les travaux ont débuté. Jusqu’au mercredi 4 février, des magistrats et des acteurs institutionnels venus du Sénégal, du Tchad, de la Guinée, de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire et bien sûr du Bénin, planchent sur les failles des systèmes financiers sous-régionaux.

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Traquer l’argent sale pour étouffer le terrorisme

L’objectif de cette rencontre, organisée par le ministère béninois de la Justice, est limpide : tarir les sources de revenus des réseaux criminels. Pendant trois jours, les participants décortiquent les mécanismes de détection, de poursuite, mais surtout de saisie et de confiscation des avoirs criminels.

Pour Innocentia Apovo Monteiro, directrice du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaires (BCEJ), il n’y a plus de temps à perdre. Ces menaces, a-t-elle rappelé lors de son mot de bienvenue, ébranlent la stabilité économique et la paix sociale des États. Face à une criminalité transnationale organisée, la réponse ne peut être qu’internationale et coordonnée.

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Le Bénin, fer de lance de l’entraide judiciaire

D’ailleurs, cet atelier s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au Bureau de l’entraide pénale internationale (BEPI), une initiative pilotée par Expertise France. En accueillant ces assises, le Bénin réaffirme aussi son rôle stratégique de plateforme régionale pour la sécurité financière.

Lors de l’ouverture officielle, Florentin Gbodou, directeur de cabinet du Garde des Sceaux, a souligné l’engagement ferme du gouvernement béninois. Il a notamment mis en avant le rôle pivot du BCEJ dans l’échange d’informations entre les autorités compétentes. L’idée est de passer des intentions aux actes en formulant des recommandations concrètes et adaptées aux réalités de chaque pays.

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Un cadre de réflexion pour des résultats pragmatiques

Au-delà des discours, cette rencontre se veut un laboratoire de bonnes pratiques. Les experts espèrent également que ce partage d’expériences renforcera durablement l’efficacité des dispositifs nationaux. En renforçant la coopération judiciaire, les pays de la sous-région espèrent dresser un rempart solide contre ceux qui utilisent les circuits financiers pour déstabiliser le Sahel et l’Afrique de l’Ouest.

 

Bénin : Logements sociaux de Ouèdo, la SImAU annonce de nouveaux équipements

Au Bénin, le projet phare des logements sociaux entre dans une phase de convivialité. Samedi 31 janvier, la Société Immobilière et d’Aménagement Urbain (SImAU) a réuni les nouveaux résidents de Ouèdo et de Porto-Novo pour une cérémonie de vœux inédite. Entre annonces sécuritaires et ouverture du programme à l’international, l’exécutif béninois accélère sa politique urbaine.

C’est sur le site même de Ouèdo, devenu le symbole de la modernité urbaine béninoise, que les festivités ont eu lieu. L’événement, au-delà du simple protocole, a pris une dimension spirituelle et sociale forte. Un prêtre, un imam et un chef traditionnel se sont succédé pour bénir les lieux, illustrant une volonté de bâtir des cités fondées sur le vivre-ensemble et l’harmonie confessionnelle.

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Une demande forte pour un habitat moderne

Le programme de logements sociaux, pilier de la vision du président Patrice Talon, suscite un engouement croissant. Lors de son allocution, le Directeur général de la SImAU, Moïse Achille Houssou, a révélé des chiffres significatifs : à ce jour, pas moins de 8 000 demandes ont été enregistrées pour les premières vagues d’attribution.

Actuellement, 500 bénéficiaires ont déjà pris possession de leurs logements, marquant le début d’une nouvelle vie pour ces familles au sein de structures pensées pour un développement inclusif. En plus, la présence du Maire d’Abomey-Calavi, Angelo Ahouandjinou, et du représentant du Ministre du Cadre de Vie, Victor Ananouh, témoigne de l’importance stratégique de ce projet pour les autorités locales.

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Des infrastructures de proximité pour sécuriser le quotidien

Mais construire des murs ne suffit pas ; il faut bâtir un cadre de vie. Pour répondre aux attentes des occupants, la SImAU a annoncé une série d’investissements imminents :

  • Sécurité : l’implantation d’un commissariat de police dédié.
  • Santé : la construction d’une infirmerie de proximité.
  • Loisirs : l’aménagement d’aires de jeux pour les enfants et d’espaces communautaires.

Ainsi, l’objectif affiché est clair : transformer ces cités en véritables quartiers autonomes et sécurisés, loin de l’image des simples « villes-dortoirs ».

Le programme désormais ouvert à l’international

C’est l’une des annonces majeures de cette rencontre : le programme de logements sociaux franchit une nouvelle étape réglementaire. Initialement réservé aux citoyens résidant sur le territoire national, l’accès à ces logements est désormais ouvert à toute personne, béninoise ou étrangère, vivant au Bénin ou à l’étranger.

Cette ouverture vise à attirer la diaspora et les investisseurs désireux de s’installer durablement au Bénin, réaffirmant ainsi l’engagement de la SImAU à promouvoir un accès universel à un logement décent.

Bénin : Véronique Tognifodé inspecte les lycées techniques

Au Bénin, le gouvernement accélère la transformation de son système éducatif. Vendredi 30 janvier, la ministre des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, Véronique Tognifodé, a multiplié les visites de terrain. L’objectif : s’assurer que les lycées techniques sont prêts à accueillir de nouveaux métiers dès la rentrée 2026-2027.

C’est un véritable marathon qu’a entrepris la délégation ministérielle. Du Lycée Technique Agricole (LTA) d’Adja-Ouèrè aux établissements de Pobè, Porto-Novo et Cotonou, l’enjeu est de taille : transformer les centres de formation en leviers de croissance économique. Cette tournée de supervision intervient alors que le pays s’apprête à introduire de nouveaux curricula destinés à mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

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Adja-Ouèrè : l’agriculture au cœur de la souveraineté

Mme Véronique Tognifodé a entamé la première étape de sa mission à Adja-Ouèrè. Sur place, la ministre a inspecté les infrastructures, les ateliers et les exploitations agricoles afin d’évaluer les capacités pédagogiques actuelles de l’établissement. Au-delà des murs, elle a aussi scruté de près la qualité de l’encadrement.

La ministre a notamment échangé avec les enseignants en cours de formation, car ces derniers occupent la première ligne pour implémenter les nouveaux métiers que le gouvernement a initiés. L’enjeu reste clair : les lycées techniques agricoles doivent porter la souveraineté alimentaire du Bénin et l’emploi des jeunes. En attendant que l’entreprise recrutée construise le nouveau site moderne d’Adja-Ouèrè, les formateurs mettent l’accent sur l’appropriation des nouveaux référentiels.

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Un contrôle rigoureux des conditions d’apprentissage

La tournée s’est poursuivie à un rythme soutenu vers le Lycée Technique Professionnel (LTP) de Pobè, puis vers Porto-Novo et le quartier de Kpondéhou à Cotonou. Dans chaque établissement, le constat a été sans appel : la réussite de la réforme passe par l’amélioration constante du cadre de vie des apprenants.

À Pobè, la ministre a donné des consignes fermes pour optimiser les conditions d’étude. Les observations recueillies lors de ces visites feront l’objet d’actions correctives immédiates de la part du ministère et de l’Agence de Développement de l’Enseignement Technique (ADET). Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de former, mais de garantir une adéquation parfaite entre la formation reçue et les emplois disponibles.

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Une métamorphose qui repose sur l’engagement humain

En fin de parcours, Véronique Tognifodé a tenu à rappeler que les équipements et les réformes structurelles ne sont qu’une partie de l’équation. Le succès de cette métamorphose repose, selon elle, sur l’engagement et la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne éducative.

« Le succès de la métamorphose structurelle en cours repose aussi sur l’engagement et la responsabilité des acteurs », a souligné la ministre, invitant ses collaborateurs à redoubler d’efforts. À quelques jours de la rentrée, le message est passé : le Bénin mise sur une jeunesse techniquement qualifiée pour assurer son futur industriel et agricole.

Bénin : Coupures d’électricité pour maintenance SBEE

COTONOU, 2 février 2026 (JDN) – La Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) a annoncé la mise en œuvre d’un vaste programme de maintenance de son réseau pour la journée du mardi 3 février 2026. Ces interventions techniques entraîneront des interruptions temporaires de la fourniture d’électricité dans la quasi-totalité du pays.

Selon le communiqué officiel de l’opérateur national, les travaux se dérouleront sur plusieurs lignes de distribution entre 10 h et 15 h. Cette opération d’envergure touche dix départements, notamment l’Atlantique, le Mono-Couffo, le Borgou, les Collines, l’Atacora ainsi que l’Ouémé-Plateau.

 

Renforcer la fiabilité du réseau

L’objectif affiché par la SBEE est d’améliorer significativement la « qualité et la fiabilité » de la fourniture d’énergie sur l’ensemble du territoire national. Ces travaux de modernisation visent à répondre à une demande domestique et industrielle en constante augmentation.

La direction technique précise que, malgré les coupures, les abonnés doivent considérer toutes les installations comme restant « sous tension » durant toute la durée des opérations pour des raisons de sécurité. La SBEE invite ainsi les usagers à la plus grande prudence.

 

Un retour à la normale prioritaire

Présentant ses excuses pour les désagréments causés aux usagers, la société d’État a réaffirmé la mobilisation de ses équipes techniques « 24 heures sur 24 » pour assurer un rétablissement rapide du service.

Si la SBEE s’engage à mobiliser ses équipes 24 heures sur 24 pour garantir un retour rapide à la normale, elle rappelle que ces désagréments temporaires constituent un mal nécessaire pour assurer la pérennité du réseau national. Pour toute assistance ou signalement durant cette journée de travaux, les usagers sont invités à contacter le service client via le numéro vert 7302 ou par la messagerie WhatsApp au 01 68 52 52 53.

Bénin : Incarcération de l’ancien ministre Alassane Tigri

Le vice-président du parti Les Démocrates a été placé sous mandat de dépôt le 29 janvier. La justice le soupçonne d’implication dans le projet de coup d’État déjoué début décembre, dont l’un des cerveaux présumés n’est autre que son demi-frère. Cette arrestation survient à trois mois d’un scrutin présidentiel dont la principale force d’opposition se trouve déjà exclue faute de parrainages.

 

La justice béninoise franchit une étape politique majeure dans l’affaire dite du « 7 décembre ». La Commission d’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a placé Alassane Tigri, ancien ministre et figure de proue du parti Les Démocrates (LD), sous mandat de dépôt ce jeudi.

Interpellé le mercredi 28 janvier à son domicile de Cotonou, la justice a engagé des poursuites contre M. Tigri dans le cadre de l’enquête ouverte après la tentative de coup d’État déjouée début décembre, ont indiqué des sources judiciaires. Selon les autorités, l’opposant est soupçonné de possibles liens avec certains des éléments impliqués dans les faits, lesquels sont accusés d’avoir agi sous la conduite du lieutenant-colonel Pascal Tigri — son demi-frère — et d’avoir tenté de renverser le président Patrice Talon.

 

Un « incident » devenu dossier d’État

Cette incarcération tranche avec la communication initiale du chef de l’État. En effet, le soir des faits, Patrice Talon avait minimisé l’événement, le qualifiant de simple « incident » mené par des « voyous ». Pourtant, l’instruction judiciaire semble aujourd’hui suivre une trajectoire bien plus lourde. L’audition d’Alassane Tigri, qui s’est étirée sur plusieurs heures jeudi après-midi, s’est conclue à la nuit tombée par son transfert vers une maison d’arrêt.

Pour la défense de l’ancien ministre et ses partisans, cette procédure ressemble à une nouvelle manœuvre d’étouffement politique. Depuis plusieurs années, les organisations de défense des droits de l’homme et l’opposition accusent régulièrement la CRIET de servir d’instrument de neutralisation des adversaires du pouvoir.

 

Un climat politique électrique

Cette incarcération survient dans un Bénin où le climat politique reste durablement marqué par des tensions entre la mouvance présidentielle et une opposition qui s’estime harcelée par la justice. La CRIET, devant laquelle Alassane Tigri a comparu, est au centre de ces critiques : elle est l’outil qui a déjà conduit à la condamnation de figures de proue comme Candide Azannaï, Reckya Madougou ou Joël Aïvo.

Pour l’heure, l’instruction sur la tentative de putsch de décembre s’élargit. L’instruction devra désormais établir le degré d’implication réelle de l’ancien ministre dans ce qui apparaît comme la crise sécuritaire la plus grave qu’ait connue le régime de Patrice Talon ces dernières années.

 

L’ombre de la présidentielle d’avril 2026

Par ailleurs, l’agenda électoral ne dissocie pas cette arrestation. En effet, le Bénin se dirige vers la présidentielle d’avril 2026, un scrutin dont Les Démocrates — le parti de l’ancien président Boni Yayi — restent, à ce stade, exclus. En cause : l’impossibilité de réunir les parrainages exigés par le nouveau code électoral, une réforme vivement contestée.

Dans ce contexte déjà verrouillé, l’incarcération d’un cadre de premier plan fragilise davantage une opposition dont plusieurs responsables sont derrière les barreaux. Tandis que le pouvoir met en avant la stabilité et les réformes économiques, cette nouvelle affaire judiciaire souligne la persistance d’une fracture politique profonde dans un pays longtemps présenté comme le « laboratoire de la démocratie » en Afrique de l’Ouest.

Crise Niger-Bénin : Tiani accuse Patrice Talon après l’attaque de Niamey

Les relations entre Niamey et Cotonou franchissent un nouveau cap dans l’escalade verbale. Après l’attaque à l’arme lourde ayant visé la base aérienne 101 de Niamey dans la nuit de mercredi à jeudi, le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a directement mis en cause le président Patrice Talon, l’accusant, aux côtés de Paris et d’Abidjan, d’avoir parrainé l’opération.

 

Le ton est plus que jamais aux accusations de déstabilisation. Alors que le calme est revenu sur le tarmac de l’aéroport Diori Hamani, les ondes de la télévision publique nigérienne (RTN) ont vibré jeudi soir sous les mots très durs du général Abdourahamane Tiani. Pour le président du Niger, il ne fait aucun doute : l’assaut mené par ce qu’il qualifie de « groupe de mercenaires télécommandés » a été orchestré depuis l’extérieur.

DRPIS/MDN
© DRPIS/MDN

Cotonou dans le viseur de Niamey

Dans sa déclaration, le général Tiani a nommé le président Patrice Talon comme l’un des « sponsors » de ces assaillants. Entre le Niger et son voisin béninois, le contentieux n’a cessé de s’alourdir depuis le coup d’État de juillet 2023. Niamey accuse régulièrement Cotonou d’héberger des bases françaises destinées à entraîner des éléments pour déstabiliser le pays — des allégations que les autorités béninoises ont toujours fermement démenties.

Par ailleurs, le décompte officiel de la riposte fait état de 20 assaillants tués et 11 capturés. L’annonce par les autorités nigériennes de la présence d’un ressortissant français parmi les corps alimente la thèse d’un complot régional, dans lequel le Bénin jouerait, selon Niamey, un rôle de base arrière.

 

Un climat d’espionnage et de suspicion

Cette accusation s’inscrit dans un climat de suspicion croissante entre les deux pays. En effet, le 21 janvier dernier, les autorités béninoises avaient annoncé l’arrestation à Cotonou de plusieurs agents des services de renseignement nigériens. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir surveillé les déplacements du président Patrice Talon. Cette affaire d’espionnage présumé avait déjà jeté un froid polaire sur les canaux diplomatiques, renforçant ainsi l’idée d’une véritable « guerre de l’ombre » entre les deux États.

 

« Qu’ils s’apprêtent à nous écouter rugir. »

Utilisant une rhétorique guerrière, le général Tiani a lancé un avertissement sans frais à ses voisins et à la France : « Nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir ». Un message qui semble clore, pour l’heure, toute perspective de normalisation diplomatique avec Cotonou, malgré les tentatives de médiation passées pour la réouverture des frontières et l’exportation du pétrole nigérien via le terminal béninois de Sèmè-Kpodji.

En parallèle, le chef de l’État nigérien a chaleureusement félicité les « russes » pour leur « professionnalisme » lors de la défense de leur secteur de sécurité durant l’attaque. Ce soutien affiché à Moscou, opposé aux critiques virulentes contre l’axe Paris-Cotonou-Abidjan, scelle davantage l’ancrage sécuritaire du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), loin de ses partenaires traditionnels d’Afrique de l’Ouest.

Bénin : Colère et désillusions au nouveau marché de friperie de PK3

Inauguré en grande pompe le 23 janvier, le nouveau site de relocalisation des commerçants de Missèbo fait déjà face à une fronde. Entre horaires jugés « absurdes » et éloignements géographiques, les « dames de la fripe » ne cachent plus leur amertume face à la délocalisation imposée par Cotonou.

C’était un déménagement redouté, c’est désormais une réalité au goût de cendre. Depuis le vendredi 23 janvier 2026, le cœur battant de la friperie béninoise a probablement migré vers le site de PK3. Mais loin de l’enthousiasme des coupures de rubans officiels, l’ambiance est à la désillusion. Pour les anciens occupants du marché de Missèbo, rasé pour laisser place aux projets de modernisation de la capitale économique, l’adaptation ressemble à un chemin de croix.

Source anonyme
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« On nous asphyxie. »

Le premier point de friction, et non des moindres, tient en deux chiffres : 9 h-17 h. Ce sont les horaires imposés par l’administration du nouveau marché. Une hérésie pour ces commerçantes, habituées à l’effervescence de l’aube, lorsque « grossistes » et clients fidèles se disputent les meilleures pièces.

« Ces horaires ne respectent pas la réalité de notre métier », s’insurge une vendeuse de balles de vêtements. Pour beaucoup, limiter l’accès au site en fin de journée revient à couper court aux transactions les plus fructueuses. Résultat : les recettes sont en chute libre et le moral des commerçants suit la même courbe.

 

Le fantôme de Dantokpa

Au-delà de l’horloge, c’est la géographie du projet qui pose question. Missèbo, par sa proximité immédiate avec le mythique marché de Dantokpa, bénéficiait d’un flux naturel et ininterrompu de chalands. En déplaçant la friperie à PK3, les autorités ont éloigné l’offre de la demande.

Situé loin des quartiers populaires où réside le gros de la clientèle, le nouveau marché peine à attirer. « Les clients calculent le prix du transport avant de venir. À Missèbo, ils passaient nous voir en faisant leurs courses à Dantokpa. Ici, c’est un voyage», confie une autre commerçante, les yeux rivés sur les allées encore trop calmes de PK3.

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Trop petit, trop loin ?

Le malaise est tel que les limites physiques du site sont déjà franchies. À peine lancé, le marché sature. Signe d’un manque de planification ou d’une demande sous-estimée ? Des dizaines de vendeuses, n’ayant pas obtenu de place à l’intérieur des hangars officiels, ont déjà investi les abords du terrain, créant un marché informel sauvage aux portes du projet formel.

Si la volonté du gouvernement de Patrice Talon est de structurer le commerce urbain et d’assainir Cotonou, la transition vers PK3 illustre une nouvelle fois le fossé entre les ambitions architecturales et la survie quotidienne des petites économies. Reste à savoir si les autorités sauront assouplir le règlement pour éviter que le nouveau fleuron de la friperie ne devienne une coquille vide.

Bénin-Allemagne : un accord inédit pour l’emploi des conjoints de diplomates

Le Bénin vient de franchir une étape symbolique, mais hautement stratégique, dans le renforcement de ses relations avec Berlin. En signant un accord inédit sur l’emploi des conjoints de diplomates, le gouvernement de Patrice Talon fait un pas de géant vers une hospitalité administrative moderne, encore rare sur le continent.

C’est une poignée de main qui en dit long sur la volonté de « séduction » du Bénin. Ce mercredi 28 janvier, dans les salons feutrés du ministère des Affaires étrangères à Cotonou, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne et le secrétaire général du ministère ont scellé un pacte qui pourrait bien faire école dans la sous-région.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Un obstacle de taille levé

Jusqu’à présent, le statut de conjoint de diplomate ressemblait souvent à une « cage dorée » : une vie d’expatrié confortable, mais l’interdiction formelle d’exercer une activité professionnelle rémunérée dans le pays d’accueil. Un frein majeur pour les couples modernes où les carrières sont souvent doubles. En offrant aux épouses et époux des diplomates allemands la possibilité de travailler sur le sol béninois, Cotonou lève un verrou psychologique et administratif de taille.

La diplomatie par le « Soft Power »

Pourquoi un tel geste ? Pour le Bénin, il s’agit d’un « grand geste de solidarité et de confiance », selon les termes officiels. Mais c’est aussi un calcul pragmatique : en rendant le poste de Cotonou plus attractif pour les familles des diplomates allemands, le pays s’assure de recevoir des cadres de haut niveau et de stabiliser les équipes de son partenaire européen.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Berlin, partenaire de premier plan

Cet accord s’inscrit dans une dynamique de coopération bilatérale de plus en plus étroite. L’Allemagne, très impliquée au Bénin dans les domaines de la formation professionnelle, de la décentralisation et de l’énergie, voit ici une preuve de la « relation spéciale » qui lie les deux nations.

Dans un contexte où la compétition pour l’influence diplomatique en Afrique de l’Ouest fait rage, le Bénin mise sur l’agilité juridique pour se démarquer. Reste à savoir si cette offre généreuse sera bientôt réciproque pour les diplomates béninois en poste à Berlin, ce qui achèverait de transformer cet acte de courtoisie en un véritable accord de réciprocité internationale.