Le Bénin veut faire de la donnée le socle de sa nouvelle doctrine de protection civile

Trente-sept cadres et partenaires de l’Agence béninoise de protection civile se forment, les 10 et 11 septembre à Grand-Popo, aux nouvelles orientations de l’institution. 

 

Dans la salle de conférence de la mairie de Grand-Popo, 37 personnes planchent depuis ce jeudi sur un même dossier : comment traduire, dans le travail quotidien de la protection civile béninoise, les nouvelles orientations stratégiques adoptées par l’Agence béninoise de protection civile (ABPC). Par ailleurs, l’atelier, organisé sur deux jours, réunit cadres de la direction générale, chefs de départements et d’antennes, points focaux ministériels et représentants du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

Agence Béninoise de la protection civile
© Agence Béninoise de la protection civile

Un changement de doctrine à faire redescendre sur le terrain

Le Lieutenant-colonel Edah Gilbert, chef de l’antenne ABPC du département du Littoral, a ouvert les travaux en représentant le directeur général de l’Agence, le Contrôleur général de police Abdel Aziz Bio Djibril. Son message tient en une phrase : une orientation stratégique ne vaut que si les cadres qui l’appliquent au quotidien se l’approprient réellement, au-delà du texte qui l’énonce.

Ainsi, l’enjeu dépasse la seule diffusion d’information descendante. En réunissant dans une même salle des cadres de terrain, des points focaux ministériels et des représentants du Média Citoyen pour la Protection civile, l’ABPC cherche à construire une compréhension partagée de ses priorités avant même le déploiement opérationnel de sa nouvelle doctrine.

Trois communications, un fil conducteur : l’anticipation

Le programme s’articule autour de trois interventions techniques. La première détaille les mécanismes et outils de gestion des crises actuellement disponibles au Bénin. La deuxième présente les nouvelles orientations stratégiques de l’ABPC elle-même. La troisième porte sur un sujet plus technique mais central : la gestion des statistiques, le suivi et l’évaluation des actions de protection civile.

 L’objectif affiché par l’ABPC à l’issue de l’atelier est de bâtir une protection civile plus moderne, mieux coordonnée et davantage fondée sur l’anticipation et l’exploitation des données.

Agence Béninoise de la protection civile
© Agence Béninoise de la protection civile
La donnée, nouvel outil de gouvernance des crises

Ce troisième volet, consacré aux statistiques et au suivi-évaluation, marque une évolution notable dans la manière dont l’ABPC conçoit son rôle. Plutôt que de se limiter à une réponse réactive face aux catastrophes, l’Agence entend désormais s’appuyer sur des données fiables pour anticiper les risques, orienter ses choix et mesurer l’efficacité réelle de ses interventions.

Les échanges tenus à Grand-Popo insistent sur trois conditions de réussite de cette approche : une coordination effective entre les différents acteurs impliqués, une fiabilité constante des données collectées sur le terrain, et un suivi rigoureux des actions menées, condition jugée indispensable pour transformer l’anticipation en outil de décision plutôt qu’en simple ambition affichée.

Agence Béninoise de la protection civile
© Agence Béninoise de la protection civile
Une gouvernance resserrée autour de plusieurs institutions

L’atelier met également en lumière l’architecture institutionnelle dans laquelle s’inscrit la protection civile béninoise. Au-delà de l’ABPC, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, les points focaux sectoriels ainsi que les médias dédiés à la sensibilisation citoyenne participent directement à la définition des priorités opérationnelles. Ce dispositif traduit une volonté de coordination interinstitutionnelle, plutôt qu’un pilotage isolé de l’Agence.

Pour l’ABPC, cette rencontre de deux jours s’inscrit dans un effort de modernisation de la gouvernance des risques au Bénin, avec un objectif affiché : mieux protéger les personnes, les biens et l’environnement face aux catastrophes, en s’appuyant sur des cadres mieux formés et des décisions mieux informées.

Abomey-Calavi : Nathanaël Koty et la Police s’attaquent à l’anarchie

Déterminé à mettre fin au désordre urbain et à préserver les investissements publics, le maire d’Abomey-Calavi, Nathanaël Koty, a tenu une réunion stratégique avec le Directeur général de la Police républicaine, ce mardi 21 juillet 2026. Au menu : la libération du domaine public, la sécurisation des axes routiers et le renforcement du maillage policier dans la commune.

La tolérance zéro est décrétée contre l’incivisme et le désordre urbain à Abomey-Calavi. Décidé à restaurer l’ordre et la sécurité dans sa municipalité, le maire Nathanaël Koty a conduit une importante délégation auprès du haut commandement de la Police républicaine. Accompagné notamment de la Directrice générale de l’Agence nationale de gestion des marchés (ANaGeM) et du président de la Commission de la coopération de la commune, l’édile est venu coordonner une riposte ferme avec les forces de l’ordre.

Nathanaël KOTY
© Nathanaël KOTY

Cococodji et Hêvié-Togbin : le ras-le-bol face à l’anarchie

Au cœur des discussions figure la situation critique du marché moderne de Cococodji (Gbodjè). Malgré la livraison d’infrastructures modernes, l’installation sauvage de vendeurs sur les espaces extérieurs et sur l’ancien site du marché empoisonne le quotidien des usagers. Ce phénomène crée une concurrence déloyale pour les commerçants réguliers, tout en générant de l’insalubrité et de l’insécurité routière.

Le maire a rappelé qu’en mars dernier, la municipalité avait pourtant privilégié le dialogue en menant une vaste campagne de sensibilisation, couplée à un recensement destiné à reloger les vendeurs sur des sites disponibles. Face à l’entêtement de certains occupants illégaux, la phase de pédagogie laisse désormais place à la rigueur.

La même fermeté s’appliquera le long du tronçon Carrefour Hêvié – Togbin. Récemment bitumé, cet axe routier majeur subit déjà des occupations irrégulières qui dégradent les investissements consentis par l’État et mettent en péril la sécurité des usagers. Ainsi, avec le soutien de la Police républicaine, des opérations d’évacuation et de libération du domaine public démarreront dans les tout prochains jours.

Nathanaël KOTY
© Nathanaël KOTY

Un maillage sécuritaire renforcé pour Godomey et Kpanroun

Au-delà de la salubrité publique, la délégation communale a plaidé pour une présence policière accrue sur l’ensemble du territoire d’Abomey-Calavi. Plusieurs dossiers prioritaires ont été mis sur la table des discussions :

  • L’achèvement rapide du nouveau commissariat de Godomey, un arrondissement à forte densité démographique ;

  • La création d’un commissariat à Kpanroun, afin de rapprocher les forces de l’ordre des populations périphériques ;

  • La mise en place d’une fourrière communale pour rationaliser la gestion des infractions routières et de la circulation ;

  • Le renforcement global des patrouilles de sécurité, particulièrement dans les zones sensibles de Godomey.

Enfin, saluant la qualité d’écoute et l’engagement du Directeur général de la Police républicaine, Nathanaël Koty a réaffirmé sa volonté d’allier fermeté administrative et responsabilité publique afin de garantir un cadre de vie sain, moderne et sécurisé à ses administrés.

Nathanaël KOTY
© Nathanaël KOTY

Gilbert Déou Malè remobilise les acteurs de la sécurité dans le Littoral

Réuni le mardi 21 juillet 2026 sous la présidence du préfet du Littoral, Gilbert Déou Malè, le Comité départemental de sécurité (CDS) a fait le point sur la situation sécuritaire dans le département. Au-delà du maintien de l’ordre, cette session ordinaire a mis un accent particulier sur la prise en charge des personnes en situation de vulnérabilité et de mendicité.

Garantir durablement la quiétude des citoyens tout en coordonnant l’action des forces vives du territoire : tel était le cap fixé lors de la séance ordinaire du Comité départemental de sécurité (CDS), tenue ce mardi 21 juillet 2026 dans la salle de conférence de la Préfecture du Littoral.

Sous la présidence du préfet Gilbert Déou Malè, la rencontre a réuni l’ensemble des responsables administratifs et des forces de sécurité impliqués dans la protection du département. L’objectif principal consistait à évaluer les dispositifs existants et à ajuster les stratégies afin de faire face aux défis sécuritaires émergents.

Gilbert Déou Malè
© Gilbert Déou Malè

La vulnérabilité sociale au cœur des enjeux de sécurité

Outre l’évaluation classique des risques et de la criminalité, cette session s’est démarquée par une approche globale de la sécurité publique, intégrant les dimensions sociale et sanitaire.

À cet effet, le directeur du Centre d’assistance psychiatrique et d’accompagnement des personnes en situation de mendicité (CAPAM) a présenté une communication détaillée. Son intervention a mis en lumière les missions de cette structure clé, ainsi que les actions concrètes déployées sur le terrain pour la prise en charge, le suivi et l’accompagnement des personnes vulnérables et des usagers de la rue.

Gilbert Déou Malè
© Gilbert Déou Malè

Un appel à la synergie et à la vigilance continue

À l’issue des échanges, le préfet Gilbert Déou Malè a insisté sur la nécessité d’une réponse coordonnée et inclusive. Il a ainsi exhorté l’ensemble des membres du CDS ainsi que les acteurs de terrain à maintenir une collaboration étroite et une vigilance de tous les instants.

Pour le chef de l’exécutif départemental, la préservation d’un climat de paix et de stabilité ne constitue pas seulement un impératif d’ordre public, mais demeure également la condition essentielle pour soutenir l’essor économique et le développement durable du département du Littoral.