Mon sein en 180 secondes : l’UAC mobilise la jeunesse contre le cancer du sein

L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a officiellement lancé, le 11 février 2026, le concours « Mon sein en 180 secondes » (MS180s), une initiative portée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Organisé à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, l’événement ambitionne de placer la prévention du cancer du sein au cœur de l’engagement académique et citoyen.

Réunis dans l’amphithéâtre Idriss Déby Itno, étudiants, enseignants et autorités institutionnelles ont assisté à une cérémonie marquée par la lecture du message officiel du ministère, transmis par Mme Armelle Ahlinvi Ganye, conseillère technique chargée du suivi des réformes institutionnelles et universitaires.

Gouvernement de la République du Bénin
© Gouvernement de la République du Bénin

Sensibiliser par la science et la créativité

Au-delà du protocole, la rencontre a privilégié une approche pédagogique et participative. Des performances artistiques – théâtre et slam – ont alterné avec des témoignages et une table ronde réunissant des professionnels de santé. Par ailleurs, les échanges ont porté sur l’importance du dépistage précoce, l’accès équitable aux soins et la nécessité de lever les silences persistants autour du cancer du sein.

Dans un contexte marqué par la progression des maladies non transmissibles, les intervenants ont insisté sur les défis liés aux diagnostics tardifs et à la prise en charge, tout en appelant à une mobilisation collective durable.

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Trois minutes pour convaincre

Inspiré du format « Ma thèse en 180 secondes », le concours MS180s propose aux participants de délivrer, en trois minutes, un message clair et rigoureux fondé sur des données scientifiques. L’objectif : conjuguer vulgarisation, innovation et responsabilité sociale afin de toucher un public élargi, notamment les jeunes.

À travers cette initiative, les autorités béninoises entendent aussi affirmer leur engagement en faveur d’une politique de santé publique appuyée sur la recherche et l’innovation. Le concours se veut ainsi un levier de sensibilisation, mais aussi un espace d’expression pour une jeunesse appelée à devenir actrice du changement.

La cérémonie a réuni également plusieurs personnalités représentant les ministères sectoriels, la coopération internationale et des organisations engagées dans la promotion de la santé et de la recherche, traduisant l’importance stratégique accordée à cette mobilisation nationale.

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Trois minutes pour convaincre, trois minutes pour alerter : à travers Mon sein en 180 secondes, l’UAC transforme l’amphithéâtre en tribune citoyenne. Entre science, art et engagement, le concours rappelle que la prévention du cancer du sein n’est pas une affaire de spécialistes, mais un combat collectif où chaque voix compte.

Parakou : un homme retrouvé mort au quartier Guema

Le jour s’était à peine levé sur le quartier Guema, dans le troisième arrondissement de Parakou, lorsque l’impensable est apparu au regard des premiers passants. En effet, ce jeudi 12 février 2026, des passants ont découvert le corps sans vie d’un homme d’une quarantaine d’années à proximité du marché moderne. Étendu sur le trottoir, il a suscité l’effroi des riverains.

Partiellement recouvert d’un drap aux teintes blanche et verte, le défunt tenait encore un couteau dans sa main. Des traces de violences, notamment à la tête, étaient visibles. Autour de lui, un cercle de silence et de stupeur s’est formé, brisé seulement par les murmures inquiets et les interrogations qui montaient parmi les habitants accourus sur les lieux.

Une identité encore inconnue

À cette heure, nul ne connaît le nom de l’homme retrouvé sans vie. Était-il du quartier ? Un passant de passage ? Les circonstances ayant conduit à cette issue tragique demeurent floues, alimentant l’émotion et les spéculations.

Alertée, la Police républicaine est intervenue pour sécuriser la zone et contenir l’afflux de curieux. Par ailleurs, les agents ont effectué les premières constatations, tandis qu’ils régulaient momentanément la circulation autour du site.

L’attente des réponses

Une enquête devrait être diligentée afin d’établir les faits et de déterminer les causes exactes de ce décès. En attendant, Guema reste marqué par l’image d’un corps abandonné au petit matin, rappel brutal de la fragilité des existences et de la violence qui peut surgir au cœur de la ville.

Dans ce quartier animé par le va-et-vient quotidien des commerçants et des clients, la matinée du 12 février laissera une empreinte douloureuse.

Natitingou : le BR divisé sur le choix du maire

Natitingou, 11 février 2026 — Ce qui devait être une simple formalité politique s’est transformé en révélateur de fractures internes. Majoritaire au conseil communal après les élections du 11 janvier, le Bloc républicain (BR) n’est pas parvenu à désigner un candidat consensuel pour le poste de maire de Natitingou. Une impasse qui dépasse la seule rivalité locale et met en lumière les équilibres délicats d’un parti confronté à ses propres ambitions.

Une majorité arithmétique, mais pas politique

Sur le papier, le BR disposait d’un avantage décisif. Avec la majorité des sièges au conseil communal, la formation avait les moyens d’imposer rapidement un exécutif local. Le scénario attendu était classique : accorder les violons en interne, formaliser un procès-verbal, puis transmettre la proposition au Bureau exécutif national pour validation.

Mais la majorité numérique ne garantit pas l’unité stratégique. À Natitingou, les discussions ont révélé une absence de leadership naturel capable de fédérer les différentes sensibilités du parti. Plusieurs conseillers ont affiché leur volonté d’accéder au fauteuil de maire, transformant la recherche de consensus en épreuve de force.

Natitingou, un enjeu stratégique dans le septentrion

Troisième ville du nord Bénin, Natitingou occupe une position stratégique à la fois politique et économique. Carrefour administratif et touristique, la commune concentre des enjeux majeurs : développement urbain, attractivité, gestion des infrastructures et cohésion sociale.

Dans ce contexte, la mairie n’est pas qu’un poste honorifique. Elle représente un levier d’influence local important, notamment à l’approche des prochaines échéances nationales. Le contrôle de l’exécutif communal peut peser sur l’implantation territoriale du parti et sur la structuration de ses réseaux.

Rivalités internes et logique de clans

Selon des sources proches du dossier, les discussions ont rapidement quitté le terrain programmatique pour se cristalliser autour des personnes. Les ambitions individuelles, adossées à des soutiens internes parfois antagonistes, ont empêché l’émergence d’une candidature consensuelle.

Cette situation traduit un phénomène plus large : au sein des partis majoritaires, la compétition pour les positions locales peut fragiliser la cohésion nationale. Le BR, qui s’est construit sur une logique de rassemblement, doit désormais gérer des équilibres internes plus complexes, notamment dans les bastions stratégiques du nord.

Le rôle décisif de la direction nationale

Faute d’accord local, un procès-verbal mentionnant cinq candidatures a été établi et transmis au Bureau exécutif national. Ce dernier détient désormais la clé du dénouement.

L’intervention de la direction centrale pourrait permettre d’imposer un arbitrage et d’éviter un enlisement. Mais elle comporte aussi un risque : celui d’alimenter des frustrations si le choix final est perçu comme déconnecté des dynamiques locales.

Dans les formations politiques fortement structurées, ce type d’arbitrage constitue souvent un test d’autorité pour la hiérarchie nationale.

Un test pour la gouvernance locale

Au-delà des calculs partisans, la population de Natitingou attend la mise en place rapide d’un exécutif capable de répondre aux priorités locales : amélioration des infrastructures, gestion des marchés, emploi des jeunes, attractivité économique.

Le retard pris dans la désignation du maire pourrait fragiliser la dynamique administrative post-électorale. Il met également en lumière la nécessité pour les partis de concilier discipline interne et gestion des ambitions individuelles.

Une bataille loin d’être terminée

L’épisode actuel montre que la bataille pour la mairie de Natitingou dépasse la simple désignation d’un nom. Elle révèle les tensions inhérentes à toute majorité confrontée à la gestion du pouvoir local.

Dans les prochains jours, la décision du Bureau exécutif national sera déterminante. Elle dira si le Bloc républicain parvient à transformer sa majorité électorale en majorité cohérente, ou si les lignes de fracture observées à Natitingou annoncent des recompositions plus larges au sein du parti.

Bénin–Russie : Cotonou célèbre la Journée du diplomate

Cotonou, 11 février 2026 — La Résidence de l’Ambassadeur de la Fédération de Russie au Bénin a servi de cadre, mardi soir, à une réception diplomatique organisée à l’occasion de la Journée du diplomate. L’événement a réuni les chefs de missions diplomatiques accréditées à Cotonou ainsi que de hauts responsables du ministère béninois des Affaires étrangères.

Ambassade de Russie au Bénin et Togo
© Ambassade de Russie au Bénin et Togo

Un rendez-vous diplomatique à forte portée symbolique

Dans son discours d’ouverture, l’ambassadeur de Russie, S.E.M. Igor Evdokimov, a mis en avant la solidité des liens entre Moscou et Cotonou. Il a évoqué des relations qu’il a qualifiées d’anciennes et empreintes de respect mutuel, tout en soulignant aussi la dynamique croissante du dialogue politique et de la coopération bilatérale.

Le diplomate russe est également revenu sur les conclusions de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie–Afrique, tenue au Caire les 19 et 20 décembre 2025. Cette rencontre, a-t-il rappelé, a permis de consolider les axes de coopération dans plusieurs domaines stratégiques, allant de l’économie à l’éducation en passant par la sécurité et l’énergie.

 

 Cap sur le troisième Sommet Russie–Afrique

Parmi les annonces marquantes de la soirée figure la confirmation de la tenue, en 2026, du troisième Sommet Russie–Afrique, qui se déroulera pour la première fois sur le sol africain. Une étape symbolique dans l’évolution du partenariat entre Moscou et les États du continent.

Par ailleurs, cette perspective témoigne de la volonté de la Russie de renforcer sa présence diplomatique et économique en Afrique, dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances stratégiques.

Ambassade de Russie au Bénin et Togo
© Ambassade de Russie au Bénin et Togo

Message de Sergueï Lavrov et mémoire diplomatique

À l’issue de l’allocution de l’ambassadeur, les invités ont suivi un message vidéo du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, adressé aux diplomates à l’occasion de cette journée commémorative.

La réception a également été marquée par la présentation d’une exposition photographique retraçant l’histoire du ministère russe des Affaires étrangères depuis sa création, sous sa forme moderne, en 1802. Une manière de mettre en lumière la continuité institutionnelle et l’héritage diplomatique de la Russie.

 

 Une atmosphère cordiale et professionnelle

La soirée s’est déroulée dans un climat à la fois protocolaire et convivial, illustrant la qualité des échanges entre les représentants diplomatiques présents. L’événement, soigneusement organisé, a offert un cadre propice aux discussions informelles entre acteurs de la scène diplomatique béninoise et internationale.

À travers cette célébration, Moscou réaffirme ainsi son engagement à approfondir ses relations avec le Bénin et, plus largement, avec l’ensemble du continent africain.

Réouverture de la frontière Bénin–Nigeria : un corridor vital

La réouverture de la frontière entre le Bénin et le Nigeria marque un tournant majeur pour le commerce régional en Afrique de l’Ouest. Fermé depuis plusieurs mois, le poste frontalier de Samiya, dans l’État nigérian de Kebbi, est de nouveau opérationnel, redonnant souffle au corridor logistique stratégique reliant le Nigeria, le Bénin et le Niger.

 

Un soulagement pour les transporteurs et les opérateurs économiques

À Samiya, l’annonce a été accueillie avec soulagement. Plus de 1 600 camions, immobilisés parfois depuis des semaines, ont pu reprendre la route. Pour les transporteurs nigériens, béninois et nigérians, cette réouverture représente bien plus qu’un simple passage : elle conditionne l’approvisionnement de marchés entiers et la survie de nombreuses chaînes commerciales.

« C’est une délivrance. Les pertes étaient énormes », confie un chauffeur nigérien, heureux de voir son convoi enfin redémarrer vers Niamey.

 

Une décision concertée à l’échelle régionale

La réouverture de la frontière est le fruit d’une concertation entre les autorités du Nigeria, du Bénin et du Niger. Objectif affiché : fluidifier les échanges commerciaux, sécuriser les flux de marchandises et renforcer la coopération transfrontalière dans une zone stratégique pour l’économie sous-régionale.

Le corridor Bénin–Nigeria–Niger joue un rôle clé dans l’exportation de produits agricoles, de biens manufacturés et de denrées de première nécessité, notamment à destination du Niger, pays enclavé et fortement dépendant de ces axes logistiques.

 

Un enjeu économique et géopolitique

Au-delà de l’aspect commercial, cette réouverture intervient dans un contexte régional sensible, marqué par des tensions politiques et sécuritaires. Elle traduit la volonté des États concernés de préserver les échanges économiques, malgré les défis diplomatiques et sécuritaires.

Pour les acteurs économiques béninois, cette reprise du trafic est aussi une opportunité de consolider le rôle du Bénin comme plateforme logistique régionale, notamment à travers ses corridors routiers et portuaires.

 

Vers une normalisation durable des échanges ?

Si la circulation a repris, les autorités restent prudentes. Des mécanismes de suivi et de contrôle renforcés ont été annoncés afin d’éviter toute perturbation future. Les transporteurs, eux, espèrent que cette réouverture marquera le début d’une normalisation durable des échanges entre les trois pays.

En attendant, à Samiya, les moteurs tournent à nouveau, symbole d’un commerce régional qui tente de reprendre son rythme.

CRIET : le commissaire Bignon Kindjanhoundé face à la justice

Poursuivi pour des faits lourds, le commissaire Bignon Delcoz Kindjanhoundé s’est présenté devant la justice béninoise, revendiquant un acte citoyen là où l’accusation voit une dérive grave.

 

Le lundi 9 février 2026, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a ouvert l’examen d’un dossier sensible mêlant sécurité, expression publique et responsabilité institutionnelle. À la barre : le commissaire de police Bignon Delcoz Kindjanhoundé, poursuivi notamment pour incitation à la haine et à la rébellion, ainsi que pour détention illégale d’armes à feu.

Les faits reprochés trouvent leur origine dans la diffusion d’une vidéo devenue virale au lendemain de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Dans cette séquence, l’officier de police, en tenue, s’adressait directement à la population béninoise. Une initiative qui, selon l’accusation, outrepasse le cadre légal et institutionnel assigné aux forces de sécurité.

Une défense fondée sur l’engagement citoyen

Face aux juges, le commissaire a plaidé non coupable. Il a expliqué avoir voulu lancer un appel à ce qu’il qualifie de « révolution démocratique », affirmant s’être exprimé non en tant que policier, mais comme simple citoyen préoccupé par l’avenir du pays.

Le président de la formation de jugement l’a alors interpellé sur la pertinence d’un tel message délivré par un homme en uniforme, dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu. Une question directe, à laquelle le prévenu a répondu sans détour, estimant son initiative légitime.

 

Le poids du terrain et des pertes humaines

Pour étayer sa démarche, Bignon Delcoz Kindjanhoundé a invoqué son expérience opérationnelle dans le nord du Bénin. Déployé fin 2023 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, il affirme avoir été marqué par la mort de plusieurs soldats. Sa prise de parole publique serait, selon lui, motivée par le respect de « l’âme des morts » et par le sentiment d’une parole institutionnelle restée sans écho.

Il soutient avoir, en amont, adressé plusieurs notes hiérarchiques afin d’exprimer ses préoccupations, sans obtenir de réponse. Une absence de retour qui, selon sa version, l’aurait conduit à s’exprimer publiquement.

 

Un dossier aux implications institutionnelles

À l’issue de cette première audience, le président de céans a invité le prévenu à réserver la suite de ses explications pour la prochaine comparution. Le dossier, à la croisée du droit pénal, de la discipline administrative et de la liberté d’expression, s’annonce complexe.

Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge les limites de la parole publique des agents en uniforme dans un État confronté à des défis sécuritaires majeurs. Elle met également en lumière les tensions entre devoir de réserve, engagement personnel et responsabilité institutionnelle, dans un contexte politique encore marqué par les secousses de décembre 2025.

La prochaine audience sera déterminante pour la suite de la procédure et pour l’éclairage judiciaire de cette affaire à forte portée symbolique.

La CRIET, souvent critiquée pour son rôle central dans les dossiers sensibles, se retrouve une fois de plus sous les projecteurs. Sa décision sera scrutée non seulement pour son fondement juridique, mais aussi pour son impact politique et institutionnel.

Ministres élus députés au Bénin : trente jours pour un choix

À l’Assemblée nationale comme au gouvernement, le temps presse pour plusieurs figures de l’exécutif béninois, désormais confrontées à une équation institutionnelle sans échappatoire.

 

À peine installée, la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale place déjà certains membres du gouvernement face à un dilemme stratégique majeur. En vertu de l’article 166 du Code électoral, les fonctions de ministre et de député sont strictement incompatibles. Les responsables concernés disposent de trente jours pour trancher. Un délai court, mais politiquement lourd de conséquences.

Parmi eux figurent Éléonore Yayi, Shadiya Assouma, Jean-Michel Abimbola et Abdoulaye Bio Tchané. Quatre personnalités aguerries de l’appareil d’État, aujourd’hui sommées de choisir entre la stabilité parlementaire et l’incertitude de l’exécutif.

 

Le Parlement, refuge institutionnel

Opter pour l’Assemblée nationale, c’est faire le choix de la durée. Un mandat de député garantit sept années pleines au Palais des gouverneurs, à l’abri des remaniements et des aléas politiques. Dans un système marqué par une forte centralité de l’exécutif, le Parlement offre une forme de sécurité institutionnelle rare, surtout à l’approche d’une échéance présidentielle.

Pour certains ministres élus, ce choix peut aussi être perçu comme une manière de consolider une carrière politique sur le temps long, de peser sur la production législative et de demeurer au cœur du jeu, quelle que soit l’issue des recompositions à venir.

 

Le gouvernement, prestige et incertitude

À l’inverse, rester au gouvernement, c’est accepter une fonction aussi exposée que fragile. À moins de deux mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, aucune garantie ne protège les ministres en poste. Le changement de chef de l’État s’accompagne traditionnellement d’une recomposition de l’équipe gouvernementale, parfois profonde.

Même dans l’hypothèse d’une continuité politique, rien n’assure la reconduction durable des ministres actuels. Le maintien éventuel de certains profils dépendra autant des équilibres politiques que des arbitrages personnels du futur président.

 

Trente jours pour décider

Ces trente jours ne relèvent donc pas d’une simple exigence juridique. Ils constituent un moment de vérité politique. Choisir le Parlement, c’est privilégier la prévisibilité et la sécurité. Rester au gouvernement, c’est parier sur l’inconnu, dans un contexte de transition où les certitudes sont rares et les calculs multiples.

Au-delà des trajectoires individuelles, ces décisions en diront long sur les rapports de force à venir et sur la lecture que ces ministres font de l’avenir politique du pays. Le choix qu’ils opéreront, discret en apparence, pourrait bien peser durablement sur le paysage institutionnel béninois.

 

Covè : Découverte d’une tête humaine, un suspect interpellé

Le quartier Adjohoué Azéhounholi, à Covè, est sous le choc après une découverte effroyable vendredi 6 février. Deux individus à moto ont laissé choir un colis contenant une tête humaine avant de prendre la fuite. Si l’un des suspects a été interpellé le lendemain, le mystère reste entier sur l’origine du reste humain.

Covè (centre du Bénin), 9 février 2026 Le calme habituel du quartier Adjohoué Azéhounholi a été brutalement rompu vendredi dernier par une scène qui semble tout droit sortie d’un polar sombre, mais qui s’est pourtant jouée en plein jour, à proximité du CEG 5 de Covè. Deux hommes sur une motocyclette Bajaj ont laissé tomber un paquet par inadvertance. Ce qui aurait pu être un incident banal de circulation a viré à l’horreur lorsque les témoins, s’approchant du paquet, y ont découvert une tête humaine.

 

Face à l’attroupement des passants médusés et horrifiés, les deux convoyeurs ont tenté, dans un premier temps, de récupérer leur colis. Mais face à la suspicion grandissante, ils ont finalement opté pour la fuite, abandonnant leur colis macabre sur le bitume. L’incident, signalé par des riverains, a conduit à l’interpellation rapide d’un suspect. Cependant de nombreuses zones d’ombre subsistent.

 

Une interpellation rapide, des aveux partiels

Alertée, la police de Covè intervient aussitôt pour sécuriser la zone et effectuer les constatations. Il ouvre sans délai une enquête afin d’identifier les auteurs de ce transport macabre.

Dès le lendemain, samedi 7 février, les investigations permettent de localiser l’un des suspects dans un cabaret du quartier Ahito, dans l’arrondissement de Zogba. L’homme est interpellé sans résistance et conduit au commissariat.

Lors de son audition, il nie d’abord toute implication, affirmant n’avoir jamais transporté un tel colis.  Cependant, dans un excès de zèle pour clamer son innocence, il a crié à plusieurs reprises qu’il « n’avait pas fait tomber de tête humaine de sa moto ». Un détail crucial que les enquêteurs n’avaient pas encore mentionné à ce stade de l’audition. Acculé par ses propres contradictions et ce lapsus révélateur, il finit par reconnaître être le propriétaire de la tête humaine retrouvée sur la chaussée, sans toutefois en préciser l’origine.

 

De lourdes questions en suspens

 

Malgré cette première arrestation, l’enquête est loin d’avoir livré tous ses secrets. La police républicaine se concentre désormais sur deux axes prioritaires : retrouver le second individu, conducteur de la motocyclette, et identifier l’origine de la tête humaine ainsi que l’identité de la victime.

Les enquêteurs veulent désormais comprendre les motivations des suspects et identifier l’origine de la dépouille. Ils cherchent à déterminer si cette affaire est liée à un homicide, à un acte criminel organisé ou à des pratiques illégales plus larges.

À Covè, cette découverte macabre a profondément choqué les habitants, ravivant les inquiétudes autour de la criminalité et de la sécurité dans les espaces publics. Les autorités policières assurent que les investigations se poursuivent activement afin de faire toute la lumière sur cette affaire hors norme.

Mister Équinoxe 2026 : Le Bénin triomphe à Abidjan avec l’or

Lors du Championnat International Mister Équinoxe 2026, tenu samedi 7 février 2026 au Palais de la Culture d’Abidjan, les athlètes béninois ont fait preuve d’une discipline de fer. Avec quatre médailles, dont l’or en catégorie reine, le pays confirme son ascension fulgurante sur la scène continentale du muscle.

 

L’esthétique des corps sculptés a trouvé ses maîtres ce week-end sous les projecteurs du Palais de la Culture de Treichville. À Abidjan, là où se joue souvent l’influence culturelle et sportive de la sous-région, le Bénin n’est pas venu faire de la figuration. Dans le cadre de l’édition 2026 de « Mister Équinoxe », la délégation béninoise a transformé des mois de préparation acharnée en une moisson de métal précieux.

Mister Équinoxe 2026
© Mister Équinoxe 2026

Le sacre de Do Rego Ange Djamal Deen

Au centre de toutes les attentions, Do Rego Ange Djamal Deen a littéralement survolé la compétition. Engagé dans la catégorie Men’s Classique Bodybuilding, l’athlète a présenté une ligne mêlant symétrie parfaite et densité musculaire, répondant ainsi point par point aux exigences rigoureuses du jury.

Son triomphe ne souffre aucune discussion : premier finaliste de sa catégorie, il s’empare de la médaille d’or et soulève le prestigieux Trophée Mister Équinoxe 2026. Non content de cette prouesse, il a également prouvé sa polyvalence en décrochant une solide 6ᵉ place (médaille de bronze honorifique) dans la catégorie Men’s Physique (+180 m), une discipline où l’élégance et la prestance comptent autant que la définition.

Mister Équinoxe 2026
© Mister Équinoxe 2026

La constance de Fiacre Ayéwa Odjo

D’ailleurs, l’autre satisfaction majeure de cette expédition ivoirienne vient de Fiacre Ayéwa Odjo. En effet, Véritable métronome de l’effort, Odjo a su se hisser sur le podium de la catégorie Men’s Classique Bodybuilding, terminant à la 3ᵉ place.

Sa performance globale témoigne d’une régularité remarquable :

  • Médaille de bronze en Musculation Classique Homme .
  • 4ᵉ place (médaille de bronze) en Physique Hommes (-179 m).

Mister Équinoxe 2026
© Mister Équinoxe 2026

Un bilan comptable historique

Le bilan final pour le Bénin est éloquent : un trophée international, une médaille d’or et trois médailles de bronze. Au-delà des chiffres, c’est aussi l’image d’un sport béninois structuré et conquérant qui ressort de cet événement.

« Ce n’est pas seulement une victoire physique, c’est une victoire de la volonté », commentaient les observateurs à l’issue de la remise des prix.

Alors que le bodybuilding gagne en popularité au Bénin, ces résultats placent désormais les athlètes nationaux comme des cibles à abattre lors des prochaines échéances régionales. Une fierté légitime pour un pays qui, de plus en plus, fait du sport un levier de rayonnement international.

Joseph Djogbénou, juriste à la tête de l’Assemblée nationale

L’accession de Joseph Fifamè Djogbénou à la présidence de l’Assemblée nationale, le 8 février 2026, consacre un itinéraire singulier au sommet de l’État béninois. Juriste de formation, ancien ministre, ex-président de la Cour constitutionnelle et chef de parti, il incarne une figure centrale de l’architecture institutionnelle mise en place depuis une décennie au Bénin.

Au-delà d’un simple parcours individuel, sa nomination au perchoir interroge le rapport entre droit, pouvoir politique et gouvernance parlementaire dans un régime marqué par une forte rationalisation institutionnelle.

Un juriste façonné par l’excellence académique

Joseph Fifamè Djogbénou, né le 20 mars 1969 à Abomey, dans le sud du Bénin, appartient à cette génération de juristes béninois formés dans la tradition de l’exigence universitaire. Docteur en droit, agrégé du CAMES en 2009, ancien avocat au barreau, il a longtemps évolué dans les cercles académiques et judiciaires avant d’entrer pleinement en politique.

Cette culture juridique imprègne durablement son approche de l’action publique. Chez Djogbénou, le pouvoir s’exerce d’abord comme un ordre normatif, structuré par les textes, les procédures et les institutions. Une vision qui le distingue de profils politiques plus classiques, issus du militantisme partisan ou de l’administration territoriale.

De la société civile à l’État : une politisation progressive

Avant son entrée au gouvernement, Djogbénou s’est illustré dans la société civile, notamment à travers des organisations œuvrant pour les droits humains et la consolidation de l’État de droit. Cette phase a contribué à forger son image d’intellectuel engagé, à l’aise dans le débat public et les controverses juridiques.

Son passage au ministère de la Justice, à partir de 2016, marque un premier basculement. Il devient alors l’un des visages des réformes judiciaires engagées par le pouvoir exécutif. Une période qui installe durablement Djogbénou dans le cercle restreint des décideurs, tout en suscitant critiques et soutiens, notamment sur la transformation des institutions judiciaires.

La Cour constitutionnelle, cœur du pouvoir institutionnel

La présidence de la Cour constitutionnelle (2018-2022) constitue sans doute l’étape la plus déterminante de son parcours. À ce poste, Joseph Djogbénou se retrouve au centre de décisions majeures touchant à la vie politique, électorale et institutionnelle du pays.

Pour ses partisans, il y incarne un gardien rigoureux de l’ordre constitutionnel. Pour ses détracteurs, il symbolise une Cour perçue comme étroitement alignée sur l’exécutif. Cette polarisation contribue à renforcer sa notoriété nationale et à asseoir son statut d’acteur clé du régime.

Son départ volontaire de la Cour constitutionnelle en 2022 marque une rupture assumée : Djogbénou choisit alors la voie politique directe.

Le chef de parti et la consolidation de la majorité

À la tête de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Joseph Fifamè Djogbénou devient l’un des architectes de la majorité parlementaire. Son profil technicien contraste avec la figure traditionnelle du leader charismatique, mais correspond à une logique de parti-institution, discipliné et structuré autour de la gouvernance.

Son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, à l’unanimité (109 voix sur 109), reflète cette maîtrise des équilibres internes et confirme sa position de pivot entre l’exécutif, le Parlement et les partis de la majorité.

Une présidence parlementaire sous le signe de la continuité

Dès ses premières prises de parole, Joseph Djogbénou a insisté sur un principe clé : la continuité de l’État. Un message qui traduit moins une absence d’ambition qu’une volonté de stabilité institutionnelle, dans un contexte où le Parlement est souvent perçu comme une chambre d’accompagnement des réformes gouvernementales.

Son défi principal sera de donner une consistance politique à l’Assemblée nationale, sans rompre avec la logique de discipline majoritaire qui caractérise le paysage politique béninois actuel.

Un homme-système au cœur du jeu institutionnel

Joseph Fifamè Djogbénou n’est ni un tribun ni un outsider. Il est le produit et l’un des artisans du système institutionnel béninois contemporain. Sa présidence de l’Assemblée nationale s’inscrit dans une trajectoire où le droit, la politique et l’État se confondent étroitement.

Reste à savoir si, au-delà de la rigueur et de la continuité qu’il revendique, il saura imprimer à la représentation nationale une capacité accrue de débat, de contrôle et de production normative autonome. C’est là que se jouera, sans doute, l’empreinte durable de son passage au perchoir.