PORTO-NOVO, 23 septembre 2026 — Face aux blocages fonciers, à la crise des déchets et aux tensions pastorales, les neuf maires du département du Zou rompent avec l’action isolée. Réunis au sein de la Communauté des communes du Zou (CCZ), ils ont investi, mardi après-midi, le Palais des Gouverneurs à Porto-Novo afin de faire pression sur le pouvoir législatif et d’obtenir l’appui financier de l’État central.
Cette démarche collective auprès du président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, marque un tournant tactique pour ces collectivités locales. En positionnant le Parlement comme levier stratégique, la CCZ cherche ainsi à accélérer la concrétisation de dossiers vitaux pour le centre du pays.
Le foncier, premier frein au développement intercommunal
Au centre de l’offensive portée par Auguste Aïhunhin, maire de Covè et président de la CCZ, figure l’imbroglio du développement urbain. Dans plusieurs communes du département, l’absence de plans d’aménagement structurés paralyse la modernisation, tandis que les anciens dossiers de lotissement s’enlisent.
Les édiles réclament, à cet effet, une intervention financière directe de l’État pour solder ces litiges du passé et poser les bases d’une gestion spatiale rigoureuse, condition sine qua non à l’attraction de nouveaux investissements.
Outre les réformes territoriales, la faîtière intercommunale interpelle le président du Parlement sur deux autres urgences du quotidien :
Gestion des ordures ménagères : Bien que le traitement des déchets relève théoriquement des compétences transférées aux communes, la CCZ pointe un déséquilibre régional. Elle exige un soutien technique et financier de l’État équivalent à celui accordé aux grands centres urbains de la côte.
Transhumance et conflits ruraux : Tout en soutenant le cap de la sédentarisation fixé par le gouvernement, les maires insistent sur l’urgence de mesures d’accompagnement. L’objectif est notamment de financer des mécanismes d’arbitrage immédiats afin d’apaiser les heurts récurrents entre agriculteurs et éleveurs.
« Nous devons dépasser la simple formulation de vœux pour obtenir des arbitrages budgétaires et réglementaires concrets », soutiennent en substance les représentants du département, appuyés lors de cette audience par les députés Natondé Aké et Pauline Aikpando.
Une oreille attentive à Porto-Novo
La délégation ne s’est pas contentée de formuler des exigences en matière d’aménagement. Elle a également soumis une feuille de route détaillée incluant la réhabilitation des marchés de proximité, le bitumage des voies d’accès, la construction de salles de classe, l’accès à l’eau potable ainsi que le renforcement de la couverture sanitaire locale.
Sensible à cette démonstration d’unité territoriale, Joseph Fifamin Djogbénou a salué la cohésion des élus du Zou. Le président de l’Assemblée nationale s’est engagé à se faire le relais officiel de ces doléances auprès du gouvernement, promettant de plaider pour que les arbitrages ministériels traduisent rapidement ces demandes en budgets opérationnels.
L’Afrique de l’Ouest s’apprête à tourner ses regards vers la capitale béninoise. Officialisée par un courrier de l’UNESCO le 29 mai dernier, la désignation de Porto‑Novo comme hôte du prochain rassemblement continental des « Villes apprenantes » consacre la métamorphose de la cité. Ainsi, l’événement réunira plus d’une centaine d’édiles, de décideurs territoriaux et d’experts internationaux autour des enjeux majeurs de l’apprentissage permanent et de l’inclusion sociale.
Une concertation stratégique au sommet de l’État
Afin d’orchestrer ce rendez‑vous d’envergure, le maire Rachadou Toukourou a mené une délégation de haut niveau au ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. L’équipe municipale, épaulée par les représentants nationaux de l’UNESCO, dont la secrétaire générale Paulette Okpeicha Gnanvi, a arrêté la feuille de route opérationnelle lors d’un entretien crucial avec le ministre Janvier Yahouedeou.
Les hauts cadres du ministère — la directrice de cabinet Mireille Guédou Madodé, le secrétaire général Crespin Guidi et le directeur financier Dinê Gado — ont défini les normes logistiques et sécuritaires requises. Par conséquent, cette préparation rigoureuse vise à garantir un accueil irréprochable aux délégations étrangères.
Placée sous le signe de l’engagement des collectivités africaines pour la formation continue, cette session accueillera formellement les nouvelles municipalités intégrées au réseau mondial de l’UNESCO. En outre, pour la municipalité, ce partenariat stratégique transforme l’accès au savoir en un puissant levier d’attractivité économique et de cohésion communautaire.
Le ministre Janvier Yahouedeou qualifie ce choix international de victoire collective, ce qui illustre le crédit diplomatique renouvelé du Bénin. Le gouvernement du président Romuald Wadagni s’est engagé à mobiliser les ressources nécessaires pour faire de cette rencontre un succès retentissant, propulsant durablement Porto‑Novo sur la scène éducative internationale.
En somme, ce rendez‑vous à Porto‑Novo ne se limite pas à une vitrine diplomatique : il incarne une opportunité concrète de transformer l’éducation en moteur de développement local. Ainsi, en fédérant acteurs publics, experts et collectivités, la rencontre doit permettre d’ancrer des politiques durables d’apprentissage tout au long de la vie et de renforcer la cohésion sociale, pour que Porto‑Novo devienne, au‑delà du symbole, un modèle inspirant pour toute l’Afrique de l’Ouest.