À environ 45 kilomètres de Cotonou, la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) raconte une ambition rare en Afrique de l’Ouest : ne plus exporter le coton brut, mais le transformer localement en vêtements destinés aux grandes enseignes internationales. C’est ce modèle que l’homme d’affaires camerounais Rodolphe Simo Kam est venu observer, mardi 3 novembre 2026, après avoir été reçu par le président béninois Romuald Wadagni.
Accueilli par Létondji Béhéton, directeur général de SIPI-Bénin, l’investisseur et son épouse Sorelle Simo Kam ont découvert un complexe de 1 640 hectares pensé comme une chaîne industrielle intégrée. Le site regroupe la filature, le tissage, la teinture et la confection, afin de convertir la fibre de coton béninoise en produits finis exportables.
Du coton brut aux vêtements exportés
La GDIZ entend rompre avec une économie fondée sur la vente de matières premières. Dans ses ateliers textiles, le coton traverse plusieurs étapes de transformation avant de devenir des polos, des leggings, des t-shirts ou des pantalons estampillés « Made in Benin ». Cette intégration change la valeur ajoutée. Au lieu de laisser l’essentiel des bénéfices aux industries de transformation situées à l’étranger, le Bénin conserve une part plus importante de la chaîne sur son territoire et crée des emplois industriels qualifiés.
La zone a déjà livré 80 000 leggings pour la marque française Kiabi, une première expédition intervenue en juin 2024. Elle travaille également avec H&M, Gémo, The Children’s Place et U.S. Polo Assn., preuve que ses produits répondent aux exigences de marques internationales.
Au-delà des machines et des bâtiments, la GDIZ mise sur le capital humain. Les ateliers emploient des milliers de jeunes Béninois, hommes et femmes, formés aux standards de production exigés par les clients internationaux. La zone annonçait déjà plus de 15 000 emplois créés en 2024, toutes activités confondues. Les données disponibles font état d’environ 16 000 emplois directs dans le secteur textile, un indicateur qui montre l’ampleur du pari industriel engagé.
Cette dynamique ne règle pas à elle seule les défis du marché du travail béninois. Elle démontre néanmoins qu’un investissement industriel structuré peut offrir des débouchés à une jeunesse souvent confrontée au chômage et à l’informel.
Un investissement de 1,5 milliard de dollars
Développée dans le cadre d’un partenariat entre l’État béninois et ARISE Integrated Industrial Platforms, la GDIZ repose sur un investissement annoncé d’environ 1,5 milliard de dollars, soit près de 900 milliards de FCFA. Le projet s’étale sur trois phases : 400 hectares pour la première, 600 hectares pour la deuxième et 640 hectares pour la troisième. Cette progression doit accueillir des activités allant au-delà du textile, notamment la transformation de la noix de cajou et du soja, la céramique, les motos électriques et l’industrie pharmaceutique.
La Banque africaine de développement du commerce (Afreximbank) a soutenu le financement de la zone, tandis que le site accueille également un centre africain d’assurance qualité. Ces éléments visent à renforcer la conformité des produits et la confiance des acheteurs internationaux.
Pour Rodolphe Simo Kam, président du Conseil de surveillance du Groupe SIMO KAM, la visite a constitué une immersion dans un modèle d’industrialisation africaine. Il a salué la modernité des installations, l’organisation du travail et la place accordée à la jeunesse. Son déplacement illustre aussi une stratégie diplomatique et économique : le Bénin cherche à attirer des capitaux africains autour de ses zones industrielles. La GDIZ devient ainsi une vitrine pour les entrepreneurs du continent, à la recherche de chaînes de valeur capables de produire localement et d’exporter vers les marchés mondiaux.
Le défi reste de maintenir cette trajectoire. La GDIZ devra garantir la compétitivité de ses coûts, la qualité constante de sa production et la montée en compétences de ses travailleurs. Mais elle apporte déjà une réponse tangible à une question centrale pour l’Afrique : comment transformer les richesses locales en produits finis, en emplois et en revenus durables.
SÈ, 6 novembre 2026 — L’exhibition imprudente de fausses coupures dans l’enceinte d’un établissement scolaire a précipité la chute d’une filière de contrefaçon monétaire opérant dans le département du Mono. À la suite d’un signalement transmis le jeudi 5 novembre 2026 par la direction du Collège d’enseignement général Adrien Degbey de Sè, les enquêteurs du commissariat local ont déclenché des investigations ciblées. Cette intervention rapide a permis la saisie de plus d’un demi-million de francs CFA en faux billets et conduit à l’interpellation de deux suspects.
L’imprudence d’un collégien lève le voile sur le trafic
L’affaire a débuté dans la cour de récréation lorsque les responsables pédagogiques ont surpris un élève de 15 ans exhibant plusieurs coupures de 10 000 francs CFA devant ses camarades. Alertés par la texture suspecte des billets, les dirigeants du collège ont immédiatement fait appel aux forces de l’ordre. Lors de son audition initiale, le mineur a désigné son tuteur légal comme le fournisseur exclusif de ces devises. La perquisition menée aussitôt au domicile familial, situé à Sèbo dans l’arrondissement de Sè, a confirmé les soupçons des policiers. En effet, les agents ont découvert 510 000 francs CFA en devises contrefaites, sous la forme de 51 coupures de 10 000 francs CFA dissimulées dans un sac à dos.
Des dénégations initiales aux aveux lors de la confrontation
Le tuteur a d’abord nié toute implication avant que les policiers de Sè ne brisent sa ligne de défense lors d’un interrogatoire serré. Toutefois, confronté aux preuves matérielles saisies chez lui, le suspect a fini par passer aux aveux. Il a affirmé avoir reçu un million de francs CFA en faux billets six mois plus tôt en guise de paiement pour la vente d’une parcelle foncière. L’acquéreur présumé, un homme récemment libéré de prison après une condamnation pour vol de bétail, a été localisé puis interpellé dans la commune voisine de Lokossa lors d’une opération conjointe menée par les deux commissariats.
La connexion avec la vague d’escroqueries ciblant les services financiers
L’expertise comparative des billets confisqués apporte un éclairage décisif sur la série de fraudes qui perturbait le commerce local depuis plusieurs semaines. Le commissariat de Sè accumulait en effet les plaintes émanant de gérants de cabines de transfert d’argent, régulièrement ciblés par l’injection de coupures frauduleuses. Par ailleurs, une plainte récente, déposée le 19 octobre 2026 pour un préjudice de 170 000 francs CFA, présentait des billets d’une similitude visuelle et matérielle frappante avec le lot découvert à Sèbo, confirmant l’existence d’une filière de distribution structurée.
À la suite du compte rendu transmis au procureur de la République près le Tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa, les autorités ont placé les deux mis en cause en garde à vue. Tandis que la justice prépare leur inculpation pour falsification et mise en circulation de signes monétaires ayant cours légal, les forces de l’ordre poursuivent leurs investigations afin de localiser d’éventuels ateliers d’impression et d’identifier d’autres complices dans la région.
HOUÈGBO, 6 novembre 2026 — Les forces de sécurité béninoises ont asséné un coup d’arrêt décisif aux activités d’un réseau criminel tentaculaire opérant dans la commune d’Allada. À l’issue d’une opération méthodique étalée sur plusieurs jours et baptisée « Houègbo zéro escroc », les enquêteurs du commissariat d’arrondissement ont neutralisé une organisation clandestine spécialisée dans la fabrication de fausse monnaie, le trafic de stupéfiants et les escroqueries financières.
Une première frappe ciblée au cœur d’Agbotagon
L’offensive policière a débuté dans la soirée du mardi 3 novembre 2026, aux alentours de 19 heures. Agissant sur la base de renseignements opérationnels, les unités de police ont encerclé un domicile aménagé en repaire clandestin dans le quartier Agbotagon. L’assaut a permis l’arrestation immédiate de l’une des figures centrales de ce réseau, une coiffeuse qui dissimulait ses activités de trafic et de contrefaçon derrière sa profession civile, ainsi que de deux complices masculins. Toutefois, le propriétaire des lieux a réussi à prendre la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre.
La perquisition minutieuse du bâtiment a mis au jour une infrastructure matérielle impressionnante. Les agents ont saisi 1,78 million de francs CFA en faux billets de 10 000 francs, un lot de rames de papier prédécoupé pour l’impression monétaire, 28 sachets de chanvre indien, des pièces détachées de motocyclettes d’origine suspecte et un jeu de puces téléphoniques. Les enquêteurs ont également découvert une fiole de liquide ainsi que des amulettes, utilisées par la bande pour rassurer leurs victimes lors de fraudes financières fondées sur la croyance en des multiplications magiques d’argent.
Les interrogatoires poussés de la première suspecte ont rapidement orienté les enquêteurs vers la tête du réseau d’approvisionnement. Ainsi, ce vendredi 6 novembre 2026 au matin, la police a lancé une seconde descente ciblant le domicile d’une fratrie suspectée d’alimenter la filière. La fouille de la boutique de la distributrice a permis la saisie de 1,5 kilogramme de chanvre indien et de 2 kilogrammes de produits pharmaceutiques de contrebande. Dans la chambre de son frère, identifié comme le concepteur technique, les agents ont confisqué des plaques d’impression et des feuilles d’épreuves monétaires vierges.
Une procédure judiciaire stricte sous l’autorité du parquet
Cette double intervention porte à cinq le nombre total de suspects placés en garde à vue, tandis que les forces de l’ordre poursuivent activement la traque du propriétaire initial en cavale. Les autorités judiciaires préparent désormais l’acte d’accusation en vue du déferrement imminent des prévenus devant le procureur de la République. En outre, cette opération réussie illustre la fermeté de l’appareil sécuritaire béninois face au crime organisé et contribue à préserver durablement la tranquillité publique dans la commune d’Allada.
La Cour suprême du Bénin a ouvert, le jeudi 5 novembre à Porto-Novo, son année judiciaire 2026-2027 en plaçant le juge électoral au centre du débat démocratique. Après un contentieux communal intense, la haute juridiction a voulu envoyer un message clair : la crédibilité des élections locales repose autant sur la rapidité et l’impartialité des juges que sur l’organisation du scrutin.
Placée sous le thème « Le juge électoral et les enjeux de la démocratie locale », la rentrée a réuni les principales institutions de la République, des autorités judiciaires et des délégations étrangères. Elle est intervenue après les élections communales du 11 janvier 2026, dont les recours ont fortement sollicité la Cour suprême.
Le procureur général près la Cour suprême, Saturnin Afaton, a présenté un bilan de 1 322 conclusions rendues, avec un délai moyen de sept jours. Ce chiffre met en lumière la pression exercée sur la juridiction lors des périodes électorales, lorsque chaque décision peut modifier une majorité, invalider un résultat ou redistribuer des sièges.
Afaton a défendu une idée forte : lorsqu’un juge annule une élection, il ne détruit pas la démocratie, il la restaure. Cette formule résume la fonction délicate du juge électoral, tenu de corriger les irrégularités sans donner l’impression de se substituer au choix des électeurs.
Pour les citoyens, cette question n’est pas abstraite. En effet, une commune mal élue peut voir ses projets retardés, ses ressources mal orientées et la confiance envers les institutions s’éroder. Le juge devient ainsi un garde-fou direct de la qualité de la représentation locale.
Le bâtonnier Zacharie Baba Body a rappelé que la commune constitue le premier visage de la République. Son intervention a déplacé le débat des salles d’audience vers le quotidien des populations, pour lesquelles la mairie incarne souvent l’État plus concrètement que les institutions nationales.
Cette approche souligne un enjeu majeur : la démocratie locale ne se limite pas au jour du vote. Elle se construit également dans la transparence de la gestion communale, le respect des règles de la compétition politique et la capacité des juridictions à trancher rapidement les différends.
Le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, a présenté la rentrée comme un moment de redevabilité. Après une année marquée par le contentieux des élections communales, la haute juridiction a ainsi cherché à rendre compte de son action et à tirer les enseignements d’un cycle électoral particulièrement exigeant.
La vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Zimé, représentait le président Romuald Wadagni. Elle a salué le travail accompli par la Cour suprême et exprimé le souhait que cette rentrée consolide les acquis avant les prochaines échéances électorales.
La présence du président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, du vice-président du Sénat, Louis Gbèhounou Vlavonou, et du président du Conseil économique et social, Abdoulaye Bio Tchané, a également illustré la volonté affichée de renforcer la coopération entre les pouvoirs publics. Des délégations du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ont, par ailleurs, assisté à la cérémonie.
Par ailleurs, la rentrée pose une exigence durable à la justice béninoise : préserver son indépendance, traiter les contentieux avec célérité et rendre ses décisions compréhensibles pour les justiciables. La solidité de la démocratie locale dépendra de sa capacité à transformer ces principes en pratiques visibles.
La Cour suprême a choisi de commencer son année en interrogeant sa propre responsabilité. Ce choix place le juge électoral au cœur d’un défi essentiel : faire du droit non pas un instrument de pouvoir, mais une garantie offerte à chaque électeur.
COTONOU, 5 novembre 2026 — Le gouvernement béninois accélère la consolidation de son socle juridique afin de prémunir les femmes et les jeunes filles contre les maltraitances physiques et morales. Réuni sous la présidence du chef de l’État, Romuald Wadagni, le mercredi 4 novembre 2026, le Conseil des ministres a formellement transmis à l’Assemblée nationale le projet d’autorisation de ratification de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette démarche politique majeure positionne ainsi le pays parmi les nations du continent déterminées à éradiquer les violences fondées sur le genre.
Un cadre juridique contraignant à portée continentale
Adopté en février 2025 à Addis-Abeba, cet instrument juridique multilatéral impose des obligations contraignantes aux États signataires. Le texte exige l’élimination systématique de toutes les formes de violences, qu’elles prennent une forme physique, sexuelle, psychologique, émotionnelle, verbale ou économique. En outre, l’accord abolit toute frontière spatiale en matière de protection des personnes, étendant les garanties légales du cadre domestique jusqu’aux environnements professionnels, aux espaces publics et aux plateformes numériques. En ratifiant ces dispositions, Cotonou dote son appareil judiciaire d’un instrument de répression plus exhaustif.
L’interdiction stricte des prétextes culturels et religieux
La Convention africaine consacre une doctrine inflexible : aucune coutume ancestrale, tradition locale ou prescription religieuse ne peut justifier une quelconque atteinte à la dignité des personnes. Les nouvelles dispositions placent ainsi le rétablissement et la protection des victimes au centre des mécanismes d’assistance publique. De surcroît, le texte impose une refonte des programmes de prévention en associant directement les hommes et les jeunes garçons à la promotion d’une masculinité positive, visant le démantèlement des stéréotypes patriarcaux et des schémas d’agression.
Une protection élargie aux dérives du cyberespace
Pour le Bénin, ce mouvement stratégique prolonge une série de réformes institutionnelles initiées afin de sécuriser l’émancipation des citoyennes. L’intégration de la convention armera plus efficacement les cours et tribunaux face aux infractions émergentes, en particulier le harcèlement en ligne et la cyberviolence. La ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, a salué cette avancée majeure et invité les députés à accorder prestement leur aval afin d’offrir au pays un bouclier normatif moderne contre l’impunité.
Le saut vers la mise en œuvre institutionnelle et sociétale
Cette transmission parlementaire survient à l’approche du 25 novembre, date marquant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et le lancement des 16 jours d’activisme qui s’étendent jusqu’au 10 décembre. En devançant ce calendrier symbolique, l’exécutif béninois substitue les actes normatifs aux discours circonstanciels. Les autorités entendent ainsi faire de cette étape législative le catalyseur d’une remobilisation nationale, engageant l’ensemble des acteurs publics et de la société civile dans la défense permanente des droits fondamentaux.
Les forces de sécurité haïtiennes viennent de porter un coup sévère aux structures du crime organisé qui asphyxient la capitale. Lors d’une opération tactique menée aux premières heures de la matinée, les autorités ont appréhendé Wilson Joseph, tristement connu sous le pseudonyme de « Lanmò Sanjou ». Le dirigeant du puissant réseau criminel des 400 Mawozo tombe ainsi aux mains de la justice au terme d’une traque coordonnée.
Une frappe stratégique issue d’un renseignement coordonné
L’intervention nocturne a mobilisé des unités d’élite de la police nationale, appuyées par des services de renseignement stratégiques. Les forces de l’ordre ont d’abord encerclé la zone de repli du suspect avant de procéder à sa capture rapide. Cette arrestation fructueuse concrétise ainsi plusieurs semaines de surveillance conjointement orchestrées par les autorités locales et leurs partenaires sécuritaires internationaux.
La fin de l’impunité pour le chef des 400 Mawozo
Wilson Joseph incarnait la terreur dans la région de la Croix-des-Bouquets, orchestrant des campagnes systématiques d’enlèvements contre rançon, de vols à main armée et d’extorsions massives. Le système judiciaire retient contre lui plusieurs chefs d’inculpation majeurs, notamment l’association de malfaiteurs, le kidnapping en série et le crime organisé. Sa faction s’était notamment illustrée par la séquestration de ressortissants étrangers et le verrouillage d’axes routiers stratégiques.
Un transfert immédiat vers un quartier de haute sécurité
Afin de prévenir toute tentative d’évasion ou de riposte armée de la part de ses affiliés, les unités spéciales ont transféré le prévenu vers un établissement pénitentiaire de haute sécurité. Les autorités judiciaires préparent désormais l’acte d’accusation en vue d’une comparution imminente devant les tribunaux. Ce transfèrement sécurise son isolement et le coupe de ses relais opérationnels sur le terrain.
Un signal fort pour la restauration de l’ordre républicain
La capture de « Lanmò Sanjou » marque une étape clé dans la reprise en main des territoires contrôlés par les bandes armées. Alors que les citoyens haïtiens subissent la pression constante des groupes criminels, cette arrestation d’envergure démontre la capacité d’action des forces de l’ordre et insuffle une dynamique nouvelle aux efforts de stabilisation du territoire.
Le gouvernement béninois entend refonder sa relation avec les syndicats en liant désormais les revendications salariales et statutaires à la programmation budgétaire de l’État. Le ministre délégué Rodrigue S. Chaou a présenté cette approche aux centrales, mercredi 4 novembre 2026, à la Bourse du Travail de Cotonou.
Un cadre de discussion repensé
Mandaté par le président Romuald Wadagni, Rodrigue S. Chaou a rencontré les secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales. La rencontre ne visait pas à trancher des dossiers précis, mais à définir conjointement les règles d’un dialogue social plus prévisible. Le ministre a proposé de remplacer les négociations ponctuelles par une feuille de route de trois ans, actualisée chaque année. Cette trajectoire s’appuiera sur les marges budgétaires disponibles, afin d’inscrire les réponses aux doléances des travailleurs dans un calendrier financier soutenable.
Le dispositif prévoit une grande commission permanente, des rencontres régulières et des équipes techniques chargées de suivre des thématiques précises. Cette architecture doit permettre d’examiner les sujets dès leur émergence, plutôt que de les traiter sous la pression des échéances.
Chaou a transmis un message présidentiel clair : aucune réforme majeure de la Fonction publique ou du travail ne sera conduite contre les travailleurs. L’exécutif affirme vouloir associer les partenaires sociaux en amont, dans une logique de gouvernance concertée. Cette méthode entend protéger les acquis tout en organisant les évolutions à venir. Elle repose sur l’idée que la crédibilité des engagements publics dépend de leur financement réel et de leur inscription dans la durée.
Les syndicats ont accueilli favorablement cette inflexion, qu’ils présentent comme une rupture avec des pratiques antérieures. Ils ont également salué les avancées récentes sur plusieurs dossiers, notamment le recrutement progressif des aspirants au métier d’enseignant (AME).
La Bourse du Travail au centre
La visite s’est achevée par l’annonce d’un projet d’extension et de rénovation de la Bourse du Travail. Ces travaux seront inscrits au Programme d’action du gouvernement, sous réserve des études techniques. L’État s’engage à mobiliser les moyens financiers et l’accompagnement technique nécessaires. Pour les centrales syndicales, ce lieu incarne un espace historique de débat démocratique et de représentation des travailleurs.
La délégation ministérielle a parcouru les locaux afin d’évaluer leur état et d’identifier les besoins de maintenance. Cette inspection concrète a donné une dimension symbolique à l’annonce : le siège du dialogue social pourrait lui-même bénéficier des réformes annoncées.
Les responsables syndicaux ont réaffirmé leur disposition à engager un dialogue franc et constructif. Ils ont toutefois rappelé les préoccupations de leurs militants, que le futur cadre devra prendre en charge. Le ministre a promis que l’ensemble des questions soulevées serait examiné dans ce nouveau dispositif. Reste à savoir si cette méthode budgétaire transformera durablement les rapports entre l’État et les organisations syndicales, au-delà de l’ouverture affichée.
Sept hommes comparaissent devant la justice béninoise pour « complot contre l’autorité de l’État ». Parmi eux figure Juste Flavius Ewinsou, ancien responsable de la diaspora béninoise au Canada, qui conteste formellement les accusations portées contre lui.
Une première audience très encadrée
La chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), à Porto-Novo, a ouvert ce jeudi 5 novembre 2026 l’examen du dossier. Le tribunal a d’abord notifié les chefs de prévention aux sept prévenus avant de recueillir leurs déclarations. Tous ont rejeté les faits invoqués par le parquet spécial. Chacun a plaidé « non coupable », sans que les débats n’abordent encore le fond de l’affaire.
Cinq des mis en cause comparaissent sous mandat de dépôt. Les deux autres ont pu se présenter libres devant la juridiction, une distinction qui illustre la diversité des situations personnelles au sein du même dossier.
Une défense organisée
Plusieurs avocats se sont constitués afin de représenter les prévenus. Me Victorin Fadé et Me Augustin Aballo figurent parmi les conseils intervenant dans cette procédure. Après ces formalités, la CRIET a renvoyé l’audience au jeudi 24 décembre 2026. À cette date, la chambre correctionnelle devra examiner les éléments du dossier et entendre les parties sur le fond.
Cette juridiction spéciale, créée par la loi de 2018, connaît notamment des infractions économiques et terroristes. Son intervention dans une affaire qualifiée de « complot contre l’autorité de l’État » place les débats dans un cadre pénal particulièrement sensible.
Qui est Juste Flavius Ewinsou ?
Juste Flavius Ewinsou, Bénino-Canadien, a présidé la section canadienne du Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (HCBE), une structure qui regroupe des ressortissants béninois vivant à l’étranger. Il s’est fait connaître par des critiques publiques à l’égard de l’ancien gouvernement de Patrice Talon.
La Police républicaine l’a interpellé en septembre 2026. Présenté ensuite au parquet spécial près la CRIET, il a été placé en détention provisoire dans l’attente de son procès.
Ce qui reste à établir
À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée. Les accusations demeurent des chefs de prévention, que les sept hommes contestent unanimement. La prochaine audience du 24 décembre déterminera si la défense peut obtenir des informations complémentaires, contester des pièces ou demander une relaxation. Elle ouvrira surtout la phase d’examen au fond, au cours de laquelle le tribunal devra apprécier les preuves avancées par l’accusation.
L’affaire attire l’attention en raison du profil d’Ewinsou, figure de la diaspora et critique affiché du pouvoir antérieur. Elle intervient également dans un contexte judiciaire béninois où plusieurs procédures liées à la liberté d’expression et à la sécurité de l’État suscitent un suivi attentif.
Le pouvoir exécutif a franchi un palier stratégique décisif dans sa trajectoire de modernisation institutionnelle. Réuni en session ordinaire ce mercredi 4 novembre 2026, le Conseil des ministres a formellement approuvé le nouveau Programme d’Action du Gouvernement (PAG) pour la période 2026-2033. Cette feuille de route prospective orchestre un réalignement profond des priorités nationales, combinant la création d’instruments financiers industriels, le renforcement du modèle social, le durcissement de la régulation financière et un redéploiement administratif d’envergure au sein de l’appareil étatique.
Un catalyseur financier pour l’industrie et la protection sociale
Afin de stimuler la transformation économique locale et de réduire la vulnérabilité des ménages, l’exécutif béninois érige deux nouvelles structures clés : le Fonds de Développement industriel du Bénin et l’Observatoire national du Progrès social. Le premier levier financier vise à soutenir l’émergence de champions industriels nationaux et à accroître la transformation locale des matières premières. En parallèle, l’Observatoire mesurera avec précision l’impact réel des politiques publiques sur les conditions de vie des citoyens.
Pour garantir la livraison rapide des chantiers à fort impact humain, Cotonou crée également une Unité d’appui spécifiquement dédiée au Programme présidentiel d’infrastructures sociales prioritaires. Cette dynamique s’accompagne d’un soutien structurant au monde rural, matérialisé par l’acquisition d’équipements modernes de conservation des semences et le lancement expérimental de « maisons de l’innovation » au cœur des territoires.
Alignement international et verrouillage de la transparence financière
Sur le plan diplomatique et financier, le Conseil des ministres a transmis plusieurs textes majeurs à l’Assemblée nationale pour autorisation de ratification. Le Bénin réaffirme son engagement continental en adhérant à la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Les députés examineront également la convention fiscale conclue le 21 mai 2026 avec le Royaume des Pays-Bas pour éliminer la double imposition et prévenir l’évasion fiscale.
Par ailleurs, Cotonou officialise son adhésion à l’Accord international sur la préservation de la biodiversité marine en haute mer. Pour prémunir l’économie nationale contre les flux illicites, le gouvernement adopte la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme 2026-2030, tout en révisant les attributions de la Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) et de la Direction nationale du Contrôle.
Une refonte ciblée des services publics et du cadre de vie
Le gouvernement entreprend une réorganisation méthodique des services essentiels offerts aux populations. Dans le secteur de la santé publique, l’exécutif installe la deuxième mandature du Conseil national des Soins de Santé primaires et du Conseil national de la Médecine hospitalière, tout en durcissant la réglementation sur l’importation et la distribution des produits de santé hors médicaments. L’État instaurera également un examen d’aptitude pour évaluer les titulaires de diplômes de santé délivrés par des établissements privés étrangers non homologués.
Dans le domaine culturel et religieux, les autorités modernisent les statuts de l’Agence Bénin Tourisme, de l’Agence nationale du Paysage et créent un Commissariat permanent chargé de l’organisation du Hadj. L’artisanat bénéficie d’un nouveau cadre statutaire et électoral pour la Chambre des Métiers, tandis que le gouvernement approuve la construction d’un complexe funéraire moderne intégrant un crématorium et une école de thanatopraxie.
Restructuration administrative d’ampleur et discipline républicaine
Cette session gouvernementale se distingue par une vague de nominations d’une ampleur exceptionnelle, impactant la Présidence de la République, la Cour suprême, l’Autorité de régulation des télécoms (ARCEP) ainsi que la quasi-totalité des départements ministériels. Ce renouvellement des cadres dirigeants s’accompagne d’une révision du statut particulier des contrôleurs budgétaires et d’un ajustement des attributions de l’Autorité de mise en consommation.
Sur le plan de la gouvernance territoriale et de la sécurité, le gouvernement harmonise les guides d’élaboration des Plans de Développement communal et actualise le Règlement de Discipline générale ainsi que le Service de Garnison au sein des Forces armées béninoises. Cette refonte globale prépare le pays à l’exécution rigoureuse de son agenda de développement jusqu’en 2033.
Confronté à l’accélération des perturbations environnementales et aux résurgences infectieuses, le Bénin repense la défense de son système de santé. Les autorités béninoises ont officiellement ouvert, mardi 3 novembre 2026 à Cotonou, les travaux de la 11ᵉ édition de la Journée mondiale de l’approche « Une seule Santé ». Cet événement a réuni ministres, experts territoriaux, scientifiques et partenaires internationaux. Ainsi, ce rassemblement concrétise la volonté de Cotonou de briser le cloisonnement administratif pour ériger un bouclier sanitaire unifié.
L’urgence d’une gouvernance systémique face aux dégradations écologiques
Les intervenants ont d’emblée martelé l’incapacité d’une médecine isolée à contenir les crises modernes. Le préfet du Littoral, Gilbert Déou, a souligné la corrélation étroite entre le bien-être humain et la préservation de la biodiversité, jugeant illusoire toute stratégie sectorielle autonome. Dans le même sillage, le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges Alé, a pointé du doigt les fléaux environnementaux qui détériorent la santé publique. Il a identifié la pollution atmosphérique, l’érosion des sols, la contamination des nappes phréatiques ainsi que les dérèglements climatiques comme les principaux catalyseurs de la vulnérabilité sanitaire. Il a, par conséquent, réclamé l’instauration immédiate d’un réseau partagé de veille épidémiologique et environnementale.
La protection animale et végétale comme rempart épidémiologique
Au-delà de la santé humaine, le gouvernement béninois intègre désormais la salubrité du règne végétal et la couverture vétérinaire à son dispositif sécuritaire. Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a rappelé l’impact fondamental de la surveillance agro-pastorale dans la neutralisation des zoonoses. Il a notamment mis en avant le déploiement continu des programmes de vaccination canine antirabique engagés depuis 2019, ainsi que la montée en compétence des agents régionaux en épidémiologie de terrain. Ces efforts visent à stopper la circulation des agents pathogènes avant leur franchissement de la barrière des espèces.
Un cap stratégique vers l’éradication totale de la rage d’ici 2030
Détaillant le volet opérationnel, le ministre de la Santé, le professeur Benjamin Hounkpatin, a articulé la riposte nationale autour de la mobilisation communautaire. En effet, le gouvernement déploie près de 16 000 agents de santé de proximité pour sensibiliser les populations et détecter les foyers infectieux au plus près des territoires. Profitant de ce forum mondial, les autorités ont réaffirmé leur engagement à atteindre zéro décès humain imputable à la rage sur le sol béninois à l’horizon 2030. Enfin, le ministre a exhorté les citoyens à faire vacciner systématiquement leurs animaux de compagnie et à éviter rigoureusement tout contact avec la faune errante.
Au-delà de la lutte contre la rage, le Bénin entend faire de l’approche « Une seule Santé » le socle d’une stratégie nationale capable d’anticiper les crises sanitaires de demain, à l’intersection des enjeux humains, animaux et environnementaux.