Le gouvernement béninois accélère la montée en compétences numériques des enseignants du primaire. Dans les départements du Nord, une vaste campagne de formation à l’informatique vient d’être lancée afin de préparer les instituteurs aux nouvelles exigences pédagogiques et administratives de l’école de demain.
NIKKI (Bénin) – La transformation numérique de l’administration publique gagne progressivement le secteur de l’éducation. Depuis ce mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, des centaines d’instituteurs des départements septentrionaux du Bénin participent à une vaste session de formation en informatique, organisée avec l’appui institutionnel du ministère des Enseignements maternel et primaire (MEMP).
Déployée simultanément dans 46 centres de formation répartis dans les départements de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou, cette initiative vise à renforcer les compétences numériques des enseignants. Cela doit permettre de mieux répondre aux évolutions du système éducatif.
Le lancement officiel de cette première phase s’est déroulé au Complexe scolaire de Bouyakou, dans la circonscription scolaire de Nikki, en présence des responsables de l’administration éducative et des représentants de MAFLYT Sarl, l’entreprise chargée de la mise en œuvre de la formation.
Au-delà de la maîtrise de l’outil informatique, le programme répond à une évolution plus profonde des pratiques professionnelles. Les enseignants sont désormais appelés à produire des documents pédagogiques numériques, à assurer un suivi administratif dématérialisé et à utiliser des logiciels spécialisés dans la gestion des activités scolaires.
Pendant vingt jours, les participants suivront quatre heures de cours quotidiennes, en matinée ou en soirée, selon leur organisation. Le programme prévoit des modules consacrés à Word, Excel, PowerPoint, Educmaster ainsi qu’aux E-services, avec pour objectif de permettre aux enseignants de développer des compétences directement mobilisables dans leurs activités quotidiennes.
Selon les responsables du projet, un centre de formation dans chaque circonscription scolaire concernée facilite désormais l’accès des enseignants à cette montée en compétences, sans les éloigner de leurs établissements.
Au-delà des usages pédagogiques, cette formation constitue également un atout pour l’évolution professionnelle des instituteurs. La maîtrise des outils numériques est devenue un critère de plus en plus recherché dans l’administration éducative, aussi bien pour les concours professionnels que pour les responsabilités administratives.
À l’issue de la formation, chaque participant recevra une attestation conjointe délivrée par le ministère des Enseignements maternel et primaire et MAFLYT Sarl.
Cette première étape concerne exclusivement les départements du Nord. Une seconde phase est d’ores et déjà annoncée pour les enseignants des départements du Sud, avec un démarrage prévu le 5 août 2026.
Les inscriptions demeurent ouvertes. Les enseignants qui n’ont pas encore rejoint le programme doivent se rapprocher de leur circonscription scolaire afin d’intégrer les prochaines sessions.
À travers cette initiative, les autorités éducatives poursuivent leur ambition de faire du numérique un outil au service de la qualité des apprentissages, tout en accompagnant les enseignants dans l’adaptation de leurs pratiques aux nouvelles exigences de l’école béninoise.
L’avenir industriel du Grand Nord béninois se dessine à Malanville. Ville carrefour par excellence, située aux frontières stratégiques du Niger et du Nigeria, la commune s’apprête à opérer un saut quantique sur les plans économique, social et environnemental.
Le 29 juin 2026, le maire de la commune, Kassimou Labo Goumbi, a visité le site qui accueillera deux infrastructures majeures portées par le géant panafricain ETG (Export Trading Group) : une usine moderne de recyclage de déchets plastiques et une rizerie industrielle aux dimensions titanesques.
Transformer le péril plastique en opportunité locale
Le premier volet de cette implantation industrielle s’attaque à l’un des fléaux environnementaux les plus tenaces de la région : la prolifération des déchets plastiques. En s’installant à Malanville, la société ETG n’implante pas seulement une usine de recyclage ; elle jette également les bases d’une véritable économie circulaire dans le septentrion.
Ainsi, les sachets, bidons et emballages abandonnés, qui polluent les sols agricoles et menacent le lit du fleuve Niger tout proche, seront désormais collectés, triés et transformés. Au-delà de l’évident bénéfice écologique, ce projet s’annonce comme un puissant moteur de développement social. En effet, son modèle repose sur la création d’un vaste réseau local de collecte, promettant de générer des centaines d’emplois indirects ainsi que de nouvelles sources de revenus, en particulier pour les groupements de femmes et de jeunes de la commune.
Une rizerie géante pour conquérir l’autosuffisance
Le second pilier de ce complexe industriel relève de la souveraineté alimentaire nationale. En phase finale de construction, une rizerie industrielle d’une capacité hors norme de 60 tonnes par heure s’apprête à entrer en service. Un colosse qui positionne d’emblée Malanville comme l’un des plus grands hubs de transformation de céréales en Afrique de l’Ouest.
Si Malanville s’est toujours imposée comme le premier grenier rizicole du Bénin grâce aux terres fertiles de sa vallée, la commune souffrait historiquement d’un déficit d’outils industriels pour valoriser sa production. Désormais, en permettant de blanchir, calibrer et conditionner le riz local selon les meilleurs standards internationaux, cette usine vient corriger cette anomalie structurelle.
Par conséquent, elle permettra de sécuriser les revenus des riziculteurs locaux en absorbant massivement leurs récoltes, tout en réduisant la dépendance du Bénin et de la sous-région vis-à-vis des importations en provenance d’Asie.
Lors de son inspection des lieux, le maire Kassimou Labo Goumbi a chaleureusement salué cet investissement privé à fort impact. Pour la municipalité, l’enjeu est double : offrir des perspectives d’avenir concrètes à la jeunesse locale afin de freiner l’exode, tout en élargissant l’assiette fiscale de la commune grâce aux futures taxes industrielles.
Par ailleurs, en facilitant les démarches foncières et logistiques nécessaires à cette phase terminale des travaux, la mairie de Malanville démontre que le développement des territoires se construit désormais au cœur d’un partenariat public-privé audacieux.
Le rendez-vous est désormais pris pour l’inauguration de ces infrastructures, qui marquera le début d’une nouvelle ère pour l’agro-industrie béninoise.
L’image est forte et symbolise un changement de paradigme profond au sein du système judiciaire béninois. Le mardi 30 juin 2026, l’ambiance n’était pas aux visages fermés entre les murs de la prison civile d’Akpro-Missérété, mais bien à la célébration du mérite et de l’effort.
En effet, l’Agence pénitentiaire du Bénin (APB) y a officiellement remis les attestations de réussite au Certificat de qualification aux métiers (CQM) à 171 détenus. Un événement d’envergure nationale qui consacre le parcours de réhabilitation de ces hommes et de ces femmes issus des 11 établissements pénitentiaires du pays.
Un taux de réussite exceptionnel
Sur les 173 candidats détenus présentés à la session d’octobre 2025, 171 ont décroché le précieux sésame, portant ainsi le taux de réussite à un niveau remarquable de 98,84 %.
Derrière cette performance se cache une grande diversité de savoir-faire techniques indispensables à l’économie locale. Ces lauréats d’un genre particulier disposent désormais de compétences certifiées par l’État dans plusieurs corps de métiers de l’artisanat, notamment :
Métiers du bois et du métal : menuiserie bois, menuiserie aluminium et soudure ;
Bâtiment et esthétique : peinture en bâtiment et coiffure ;
Mode et artisanat : couture et autres spécialités manuelles.
Par ailleurs, cette moisson de diplômes couronne les investissements matériels récents de l’APB, qui a doté plusieurs centres pénitentiaires, notamment ceux de Parakou et d’Akpro-Missérété, d’ateliers techniques modernes afin de permettre un apprentissage dans des conditions proches de la réalité professionnelle.
Préparer l’« après-prison »
La cérémonie s’est déroulée en présence de Florentin Gbodou, directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation, ainsi que de François Hounkpè, directeur général de l’APB. Tour à tour, les officiels ont rappelé l’ambition politique qui sous-tend ce programme de formation.
« La prison ne doit plus seulement être le lieu de l’expiation de la peine, mais le point de départ d’une reconstruction personnelle. »
À travers la délivrance de qualifications officielles, reconnues et recherchées sur le marché du travail, l’administration pénitentiaire béninoise entend s’attaquer aux causes profondes de la récidive. L’objectif est clair : transformer le temps de l’incarcération en une véritable période d’apprentissage afin que, le jour de leur libération, ces artisans diplômés disposent immédiatement des compétences et des moyens nécessaires pour se réinsérer dignement dans la société.