Bénin : Romuald Wadagni fixe ses exigences à ses ministres conseillers

Quelques semaines après son accession à la magistrature suprême, le président béninois Romuald Wadagni imprime déjà sa méthode. Réuni ce vendredi 12 juin 2026 avec les ministres conseillers rattachés à la Présidence de la République, le chef de l’État a délivré un message axé sur le sens du devoir, l’exemplarité et la proximité avec les populations.

Au cours de cette rencontre, le président a insisté sur ce qu’il considère comme le fondement même de l’action publique : servir exclusivement les intérêts du pays et de ses citoyens. « Nous ne sommes ici que pour servir le Bénin et les Béninois », a-t-il rappelé à ses collaborateurs.

Le temps de l’action après celui de la campagne

Face à ses conseillers, Romuald Wadagni a tenu à marquer une rupture entre les enjeux électoraux et les responsabilités du pouvoir. Selon lui, la période des campagnes appartient désormais au passé et l’heure est venue de se consacrer entièrement aux attentes des populations.

Le chef de l’État a notamment mis l’accent sur la nécessité d’assurer une cohérence constante entre les engagements pris et les actions menées. Il a également appelé ses collaborateurs à accorder une attention particulière aux couches les plus vulnérables et à mieux expliquer aux citoyens les politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement.

« Aujourd’hui, seul le Bénin compte. La confiance du peuple est une responsabilité. Le pouvoir que nous exerçons nous est délégué par la Nation et doit être mis à son service », a déclaré le président de la République.

Un appel à dépasser les considérations régionales

Au-delà des questions de gouvernance, Romuald Wadagni a exhorté les ministres conseillers à adopter une vision nationale dans l’exercice de leurs fonctions. Il leur a rappelé qu’ils n’avaient pas vocation à représenter des régions, des communautés ou des intérêts particuliers, mais qu’ils devaient œuvrer pour l’ensemble du peuple béninois.

Le président a également insisté sur l’exemplarité que requiert l’exercice des responsabilités publiques, estimant que les attentes placées dans les institutions exigent un engagement sans faille et une conduite irréprochable.

« Le Bénin d’abord. Toujours »

À travers cette première séance de travail avec ses ministres conseillers, Romuald Wadagni semble vouloir imprimer sa marque et instaurer une culture de résultats au sein de son entourage immédiat. L’accent mis sur le service public, la responsabilité et la proximité avec les citoyens traduit la volonté du nouveau chef de l’État de placer l’action gouvernementale sous le signe de l’efficacité et de la redevabilité.

Avant de clore la rencontre, le président a résumé sa vision en une formule devenue le fil conducteur de son intervention : « Le Bénin d’abord. Toujours. » Cette réunion intervient alors que le nouveau pouvoir s’emploie à mettre en place ses équipes et à décliner les priorités qui devront guider son action au cours des prochaines années.

Bénin : Le Stade de l’Amitié bientôt aux normes CAF et FIFA

Le retour des grandes compétitions internationales à Cotonou se précise. Engagée dans un vaste processus de modernisation de ses infrastructures sportives, la Fédération Béninoise de Football (FBF) a effectué une nouvelle visite de terrain sur le chantier de réfection du Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux.

Conduite par le premier vice-président de la FBF, Francis Koto Gbian, la délégation a parcouru les différents compartiments de l’enceinte sportive en compagnie du directeur général de l’Office de Gestion des Stades ainsi que du directeur des Infrastructures sportives du ministère des Sports.

Fédération Béninoise de Football
© Fédération Béninoise de Football

Des travaux en bonne voie

Cette mission de suivi avait pour principal objectif de vérifier la conformité des aménagements en cours avec les recommandations formulées par la Confédération africaine de football (CAF) lors de précédentes inspections. Au fil de la visite, les responsables ont examiné les différents espaces concernés par les travaux de réhabilitation afin de s’assurer que les équipes sur le chantier prennent effectivement en compte les corrections nécessaires.

Selon les constats effectués sur place, l’évolution du chantier est jugée satisfaisante. Les travaux enregistrent des avancées significatives et laissent entrevoir une remise aux normes progressive de cette infrastructure emblématique du sport béninois.

Fédération Béninoise de Football
© Fédération Béninoise de Football

L’ambition d’un stade aux standards CAF et FIFA

Malgré cette appréciation positive, la délégation de la Fédération béninoise de football a formulé plusieurs observations techniques destinées à renforcer la conformité de l’ouvrage aux exigences internationales.

Face à ces recommandations, le bureau de contrôle, l’architecte chargé du projet ainsi que le représentant de la Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT) présent sur le chantier ont assuré qu’ils les intégreront dans la poursuite des travaux. L’objectif affiché est de livrer une enceinte que la CAF et la FIFA homologueront pleinement selon leurs standards.

À travers cette visite, la FBF réaffirme sa volonté de suivre de près l’exécution des travaux et de veiller à ce que le Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou retrouve son rang parmi les infrastructures sportives de référence sur le continent. Un enjeu majeur pour le football béninois, qui aspire à accueillir de nouveau des rencontres internationales sur son sol.

Bénin : La comédienne Aurélie Guézo relaxée par la CRIET

Après plusieurs mois de procédure judiciaire, la comédienne béninoise Aurélie Guézo a obtenu gain de cause devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). La juridiction spécialisée a prononcé, ce jeudi 11 juin 2026, sa relaxe au bénéfice du doute dans le dossier où elle était poursuivie pour des faits présumés d’escroquerie via internet.

Par la même décision, la Cour a ordonné la restitution de la caution d’un million de francs CFA versée dans le cadre de sa mise en liberté provisoire, faisant ainsi droit à la requête introduite par sa défense.

Une enquête déclenchée par des investigations numériques

L’affaire trouve son origine dans une enquête menée par le Centre national d’investigations numériques (CNIN). En fait, les éléments recueillis au cours des investigations montrent qu’un numéro de téléphone enregistré au nom d’Aurélie Guézo a servi dans des activités frauduleuses sur internet. Ces soupçons avaient conduit à son interpellation et à l’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre.

Toutefois, tout au long de la procédure, la comédienne a fermement rejeté les accusations portées contre elle, plaidant non coupable devant la juridiction.

Une défense axée sur l’absence de preuves directes

Assurée par Me Omer Tchiakpé, sa défense a constamment soutenu qu’aucun élément matériel ne permettait d’établir l’implication directe de sa cliente dans les faits reprochés. Lors de sa plaidoirie, l’avocat a notamment fait valoir que la comédienne ne disposait ni des compétences techniques ni du niveau de formation nécessaires pour mettre en place ou exécuter une opération de fraude en ligne.

À l’issue des débats, la CRIET a finalement estimé que les éléments versés au dossier ne permettaient pas d’établir avec certitude la culpabilité de la prévenue. La juridiction a donc prononcé sa relaxe au bénéfice du doute, mettant ainsi un terme à cette procédure judiciaire.

Cette décision marque une étape importante pour l’artiste béninoise, figure bien connue du monde du théâtre, qui retrouve sa liberté judiciaire après plusieurs mois passés à défendre son innocence devant les tribunaux.

Extradition au Ghana : Sedina Attionu de retour pour purger sa peine

Le Ghana a obtenu gain de cause. Sedina Tamakloe Attionu, ancienne directrice générale du Microfinance and Small Loans Centre (MASLOC), est arrivée à Accra le 9 juin, où elle a été placée en détention pour purger une peine de dix ans de prison avec travaux forcés. Son retour marque l’aboutissement d’une procédure d’extradition longue et médiatisée, engagée après sa fuite du pays en 2024.

Une lourde condamnation par contumace pour malversations

Les autorités ghanéennes ont indiqué que la Cour l’avait condamnée par contumace pour 78 chefs d’accusation, notamment pour vols, détournements et autres infractions financières. Selon elles, ses agissements à la tête de la MASLOC entre 2013 et 2016 auraient causé des pertes estimées à près de 90 millions de cedis (environ 6 millions de dollars). Autorisée en 2021 à se rendre aux États-Unis pour des soins médicaux pendant l’instruction de son dossier, elle n’est jamais retournée au Ghana, poussant le tribunal à poursuivre le procès en son absence.

Arrestation dans le Nevada et feu vert de la justice américaine

Le tournant décisif est intervenu le 6 janvier 2026, lorsque des Marshals fédéraux ont interpellé Mme Attionu dans le Nevada à la suite d’une demande d’extradition formelle émise par le gouvernement ghanéen. Après plusieurs mois de procédures judiciaires aux États-Unis, la justice américaine a validé son extradition, ouvrant la voie à son transfert, exécuté ces dernier  jour.

À son arrivée à bord du vol UA 996 de United Airlines, les forces de sécurité l’ont prise en charge à l’aéroport international d’Accra. Elles ont ensuite procédé aux formalités d’usage — interrogatoire, examens médicaux et démarches administratives — avant de la remettre au Service pénitentiaire ghanéen pour l’exécution de sa peine. À ce stade, aucun élément public ne fait état de poursuites supplémentaires à son encontre.

Un signal fort pour la coopération judiciaire internationale

De nombreux observateurs saluent le retour de Mme Attionu comme une victoire dans la lutte contre les détournements de fonds publics et comme une illustration de la coopération judiciaire entre Accra et Washington. Pour les autorités ghanéennes, toutefois, cette affaire ne marque pas la fin des poursuites. D’autres personnalités visées par des accusations financières demeurent dans leur viseur, et la perspective de nouvelles demandes d’extradition, notamment concernant l’ancien ministre des Finances du Ghana Ken Ofori-Atta, alimente déjà les débats publics.

Cette affaire, qui a tenu en haleine la scène judiciaire ghanéenne pendant plusieurs années, illustre la complexité des enquêtes sur les malversations au sein des institutions publiques ainsi que les défis inhérents aux procédures transfrontalières lorsque des suspects quittent leur pays en cours d’instruction.

Bénin : Awaou Baco prend le pouls du ministère des PME et de l’Emploi

À peine installée à la tête du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de la Promotion de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Awaou Baco a choisi de commencer son mandat par une immersion au sein des différentes structures placées sous sa tutelle. Pendant une semaine, la nouvelle ministre a multiplié les séances de travail afin d’évaluer l’état d’avancement des programmes, d’identifier les principaux défis et de préparer les prochaines orientations de son département.

Conduites du 2 au 9 juin, ces rencontres s’inscrivent dans la dynamique des priorités définies par le président de la République, Romuald Wadagni. Elles ont notamment permis à la ministre de faire le point sur le niveau d’exécution des activités et d’examiner les stratégies susceptibles d’améliorer les performances des structures concernées.

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Une tournée au sein des structures sous tutelle

Au cours de ces échanges, Awaou Baco a rencontré successivement les responsables du Programme Emploi, du Secrétariat général du ministère, de la Direction de la Planification, de l’Administration et des Finances, de la Direction des Systèmes d’Information, ainsi que les structures en charge du contrôle et de la gestion des marchés publics. Les membres de son cabinet ministériel ont également pris part à cette phase de concertation.

Elle a également échangé avec les acteurs chargés de la promotion de l’emploi, des petites et moyennes entreprises et du secteur de l’artisanat. À cette occasion, les responsables de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi, du Programme Petites et Moyennes Entreprises, de la Direction de l’Artisanat, du Fonds de Développement de l’Artisanat et de la Chambre des Métiers de l’Artisanat ont présenté leurs réalisations ainsi que les contraintes auxquelles ils sont confrontés.

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Une méthode axée sur l’écoute et l’efficacité

À chacune de ces rencontres, la ministre a salué les efforts déployés par les différents acteurs tout en les exhortant à renforcer leur engagement en faveur de la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement. Face aux attentes croissantes des jeunes et des femmes entrepreneures, elle a insisté sur la nécessité de rendre les interventions publiques plus réactives, plus visibles et davantage porteuses d’impacts concrets.

Cette première série de concertations révèle déjà la méthode de travail qu’entend privilégier Awaou Baco : écouter, diagnostiquer et coordonner avant d’engager les réformes destinées à renforcer l’emploi, l’entrepreneuriat et la formation professionnelle au Bénin.

Filière coton : Le plan du gouvernement pour relancer la production

Pour redresser une filière cotonnière en perte de vitesse, l’exécutif choisit la carte de l’incitation collective. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 3 juin 2026, le gouvernement dirigé par le président de la République, Romuald Wadagni, a dévoilé un nouveau mécanisme de subventions ciblant les secteurs stratégiques de l’agriculture nationale (coton, soja, riz et anacarde) dès la campagne 2026-2027. La mesure phare concerne « l’or blanc », mais elle s’accompagne d’une condition de taille : le versement d’un bonus financier est désormais indexé sur les résultats globaux du pays.

Un bonus de 10 FCFA suspendu à un objectif ambitieux

Après une campagne 2025-2026 morose, lourdement pénalisée par une nette baisse des rendements, l’État tente d’imposer une culture du résultat dans le monde rural. Les chiffres officiels confirment d’ailleurs l’urgence d’une relance :

  • Bilan 2025-2026 : la production nationale a chuté à 533 111,61 tonnes, passant sous la barre symbolique des 600 000 tonnes.
  • La mesure : le gouvernement versera directement aux producteurs une prime d’incitation de 10 francs CFA par kilogramme de coton graine.
  • La condition : l’exécutif n’activera ce bonus que si la récolte nationale franchit le seuil des 700 000 tonnes.

Si l’objectif affiché est de stimuler durablement la compétitivité du secteur, l’accueil réservé à cette mesure dans les bassins de production reste, pour l’instant, teinté de prudence. L’enthousiasme des principaux concernés se fait encore attendre.

Entre levier psychologique et scepticisme paysan

Pour plusieurs analystes du secteur agricole, cette stratégie fondée sur le mérite n’est pas dénuée d’intérêt. Elle introduit un mécanisme de solidarité interprofessionnelle : chaque producteur sait que sa performance individuelle contribue à l’atteinte d’un objectif commun, synonyme de gain financier. Il s’agit d’un pari sur l’effet psychologique de la performance collective.

Cependant, cette approche conditionnelle suscite un débat de fond. De nombreux acteurs du monde paysan et experts économiques estiment qu’un signal plus direct aurait été plus percutant. Une revalorisation immédiate et garantie du prix d’achat au kilogramme — de l’ordre de 10 francs CFA ou plus, sans condition liée au volume national — aurait offert une visibilité financière immédiate aux exploitants.

Dans une activité soumise aux aléas climatiques et aux coûts des intrants, la certitude du prix reste souvent le levier le plus puissant pour encourager les semis et restaurer la confiance. Le gouvernement Wadagni choisit donc une voie intermédiaire. Reste à savoir si cette prime, suspendue à la performance collective, suffira à mobiliser les réseaux de cotonculteurs pour permettre un rebond de près de 170 000 tonnes, ou si le manque de garanties initiales freinera les ambitions de cette nouvelle campagne.

Abomey-Calavi : Double relaxe pour un patron et son employée

ABOMEY-CALAVI, 10 juin 2026 — Le tribunal d’Abomey-Calavi a examiné ce mercredi 10 juin 2026 deux procédures distinctes mettant en cause un chef d’entreprise et son ancienne collaboratrice. Poursuivis respectivement pour abus de confiance et harcèlement sexuel dans le cadre de leurs relations professionnelles, les deux prévenus ont été relaxés par les magistrats en raison d’un manque flagrant de preuves matérielles. Ce dossier croisé met en lumière la complexité des litiges mêlant litiges financiers et dérives personnelles au sein des structures privées.

Une querelle financière autour de transactions par téléphonie mobile

Le premier volet de l’audience portait sur l’accusation d’abus de confiance portée par l’employeur. Ce dernier reprochait à sa subordonnée d’avoir prélevé des fonds sur son compte bancaire à son insu, juste avant de quitter brusquement ses fonctions au sein de la société.

À la barre, la prévenue a fermement réfuté cette version des faits. Elle a expliqué que ses fonctions l’amenaient régulièrement à préfinancer des achats professionnels sur ses deniers personnels, avant d’être remboursée par son supérieur. C’est dans ce cadre, selon ses déclarations, que le chef d’entreprise lui avait volontairement communiqué les codes d’accès de son compte Mobile Money. L’employée a également  soutenu n’avoir retiré que la somme due, attribuant la confusion comptable aux multiples opérations financières effectuées ultérieurement par le plaignant lui-même. Face aux déclarations contradictoires des deux parties et en l’absence de pièces comptables décisives, le tribunal a prononcé la relaxe de l’employée au bénéfice du doute.

L’action pour harcèlement sexuel classée sans suite

Le second volet de cette journée judiciaire concernait la plainte pour harcèlement sexuel déposée par cette même employée contre son supérieur. Le chef d’entreprise a rejeté l’ensemble des accusations, niant tout comportement répréhensible ou pressions exercées sur sa salariée.

Invitée à s’expliquer, la plaignante a reconnu avoir, dans un premier temps, accepté les avances de son employeur. Elle a toutefois précisé avoir mis un terme définitif à cette liaison intime après avoir découvert que ce dernier entretenait parallèlement une relation avec sa propre sœur. C’est à la suite de cette rupture personnelle que le climat professionnel se serait dégradé, menant aux accusations financières.

En matière pénale, la qualification de harcèlement sexuel exige des éléments probants, des témoignages ou des écrits démontrant la répétition ou l’abus d’autorité.

Les juges ont constaté le manque d’éléments matériels versés au dossier pour caractériser l’infraction et ont appliqué la même ligne juridique que dans le premier cas. Ils ont renvoyé le chef d’entreprise des fins de la poursuite, également au bénéfice du doute. Par cette double décision, les magistrats ont mis un terme à un feuilleton judiciaire hautement conflictuel, tandis que les deux ex‑collaborateurs quittent le tribunal libres.

Coopération militaire : des officiers du Bénin en mission en Allemagne

Une délégation d’officiers des Forces armées béninoises a effectué une visite de travail en Allemagne, dans le cadre du renforcement de la coopération militaire entre les deux pays. Aux côtés de leurs homologues allemands, les militaires béninois ont participé à plusieurs échanges d’expériences et découvert les méthodes de formation mises en œuvre au sein de l’armée allemande.

Au cours de cette mission, marquée par un esprit de confiance et de respect mutuel, les participants ont eu l’occasion d’aborder différents sujets liés à la formation, au partage de savoir-faire et au renforcement des capacités. Un membre de la délégation a salué la qualité des échanges, soulignant qu’il s’agissait d’« une visite vraiment formidable, menée d’égal à égal », au cours de laquelle « de nombreuses conversations intéressantes ont eu lieu » et les officiers béninois ont pu mieux appréhender les dispositifs de formation allemands. Il a également évoqué le succès de la journée organisée à Leipzig sous le thème « Pays et habitants ».

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Cette rencontre a permis de consolider les liens entre les forces armées des deux pays et de poser les bases d’une coopération durable. L’Ambassade d’Allemagne a d’ailleurs exprimé le souhait d’accueillir, à son tour, des officiers allemands au Bénin l’année prochaine, dans le cadre de la poursuite de ces échanges.

Ce déplacement revêt une importance stratégique pour les deux partenaires. Dans un contexte marqué par la montée des défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest, le partage d’expériences, le renforcement des capacités opérationnelles et la consolidation des relations entre armées amies constituent des leviers essentiels pour promouvoir la stabilité régionale et œuvrer en faveur d’une paix durable. Cette dynamique de coopération illustre également la volonté du Bénin et de l’Allemagne de bâtir un partenariat fondé sur la confiance, la solidarité et la sécurité partagée.

Ambassade d'Allemagne au Bénin
© Ambassade d'Allemagne au Bénin

Romuald Wadagni à Dakar : le Bénin mise sur la diplomatie régionale

DAKAR, 9 juin 2026 – Après avoir lancé sa nouvelle tournée ouest-africaine, le président béninois Romuald Wadagni a effectué sa première escale à Dakar, où il a été reçu par son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants ont entamé leur rencontre par un entretien en tête-à-tête au salon d’honneur de l’aéroport. Cette rencontre ouvre une séquence diplomatique qui conduira ensuite le chef de l’État à Bamako puis à Bissau, avec en toile de fond les enjeux économiques, sécuritaires et l’avenir de l’intégration régionale.

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De Dakar à Bamako : une diplomatie économique et souveraine

Au Palais de la République à Dakar, où les délégations des deux pays ont approfondi les discussions, Romuald Wadagni et Bassirou Diomaye Faye ont posé les jalons d’un renforcement de l’axe Cotonou-Dakar. Portés par une volonté commune de moderniser la gouvernance, les deux dirigeants de la nouvelle génération ont notamment mis l’accent sur la coopération économique et commerciale.

Ancien grand argentier du Bénin et fin connaisseur des rouages économiques internationaux, le président Wadagni partage avec son homologue sénégalais une vision à la fois technique et souveraine des finances publiques, de l’optimisation des recettes et de la coordination budgétaire au sein de l’espace UEMOA face aux défis mondiaux.

Par ailleurs, ce volet économique devrait se prolonger lors des étapes prévues à Bamako et à Bissau, deux partenaires importants dans la dynamique d’intégration régionale.

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Sécurité et intégration : Wadagni face au défi sahélien

Au-delà des questions économiques, cette tournée revêt également une dimension sécuritaire et politique majeure. Face aux défis auxquels fait face la région, les présidents Romuald Wadagni et Bassirou Diomaye Faye ont réaffirmé leur attachement à la coopération, au dialogue et à la solidarité entre les États de la sous-région afin de préserver la stabilité et de promouvoir le développement. En se rendant au Mali pour s’entretenir avec le général Assimi Goïta, le président béninois poursuit sa démarche de dialogue direct avec les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), amorcée lors de ses précédentes visites à Niamey et à Ouagadougou.

À travers cette démarche, Romuald Wadagni cherche à rassurer les pays voisins et à favoriser une coopération régionale plus étroite. En associant la diplomatie d’ouverture incarnée par Bassirou Diomaye Faye à Dakar aux échanges prévus avec le général Assimi Goïta à Bamako, puis avec le président Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau, le chef de l’État béninois entend consolider les passerelles entre les différentes capitales ouest-africaines.

En effet, l’objectif de ce ballet diplomatique est clair : harmoniser les positions face aux défis sécuritaires, coordonner la lutte contre le terrorisme transfrontalier et préserver, autant que possible, la stabilité et l’unité de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, Cotonou entend faire de la concertation et de la diplomatie de proximité des instruments au service de la cohésion régionale.

En somme, cette étape sénégalaise confirme la place centrale de la diplomatie dans la mise en œuvre de sa vision pour le Bénin et l’Afrique de l’Ouest. Elle traduit également la détermination des autorités béninoises et sénégalaises à renforcer leurs liens historiques et à construire de nouvelles opportunités de coopération au bénéfice de leurs populations respectives.

Modernisation de la justice : La Haute Cour du Bénin s’immerge à la CPI

Dans les couloirs solennels de La Haye, une délégation béninoise a entamé, lundi, une immersion destinée à nourrir une réflexion institutionnelle profonde. À sa tête, Pre Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, a ouvert une visite de travail à la Cour pénale internationale (CPI) qui vise à tirer les leçons d’expériences étrangères pour enrichir la gouvernance judiciaire au plan national.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

À l’école de la rigueur et des garanties internationales

Objectif affiché : observer, comparer et adapter. La présidente Gnamou, entourée de ses collaborateurs, a été reçue par la plus haute magistrature de la CPI. Les échanges avec la juge Tomoko Akane, présidente de la Cour, et la juge Reine Alapini-Gansou, deuxième vice-présidente, ont porté sur les mécanismes de fonctionnement, les garanties procédurales et les défis opérationnels auxquels se confrontent les juridictions internationales. Au-delà du cérémonial, ces rencontres ont offert un cadre d’analyse critique sur les pratiques judiciaires susceptibles d’être reprises ou adaptées au contexte béninois.

La délégation s’est penchée sur des thèmes importants : l’organisation des procès, la protection des témoins, l’articulation entre droit national et droit international, ainsi que les procédures assurant l’effectivité et la publicité des décisions. Les discussions ont mis en lumière des convergences profondes entre juridictions : partout, la quête d’une justice crédible passe par la rigueur procédurale, la transparence et la capacité à préserver la confiance des citoyens. Mais elles ont aussi révélé des divergences pragmatiques liées aux ressources, au cadre constitutionnel et aux spécificités politiques de chaque État.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

Adapter les standards mondiaux aux réalités béninoises

Pour la Haute Cour de Justice du Bénin, instituée pour juger les hauts responsables de l’État, cette visite revêt une portée particulière. Elle s’inscrit dans un plan plus large de modernisation des institutions judiciaires lancé par la présidence de la Cour. Selon Pre Dandi Gnamou, l’objectif n’est pas d’importer mécaniquement des modèles étrangers, mais de s’inspirer de bonnes pratiques, d’identifier des pistes d’amélioration et d’élaborer des solutions adaptées à la réalité béninoise. La visite s’inscrit ainsi dans une démarche pédagogique et comparative : apprendre pour mieux protéger l’État de droit.

Les échanges à la CPI ont également abordé les défis communs à la justice contemporaine : la gestion des affaires médiatisées, la formation continue des magistrats, l’indépendance institutionnelle face aux pressions politiques, et la nécessité d’assurer des ressources financières et humaines suffisantes. Les magistrates ont partagé des retours d’expérience sur la manière de concilier célérité et respect des droits de la défense, ainsi que sur les dispositifs destinés à renforcer la sécurité des acteurs judiciaires dans les dossiers sensibles.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou

Cap sur la modernisation et les réformes institutionnelles

Cette première journée, qualifiée d’enrichissante par la délégation béninoise, a consolidé la détermination de la Haute Cour à poursuivre ses efforts de renforcement institutionnel. Les échanges avec des pairs internationaux offrent non seulement des références techniques, mais renforcent aussi la légitimité et la crédibilité des réformes envisagées. Pour Pre Dandi Gnamou, il s’agit d’un pas concret vers une justice plus efficace et plus respectueuse des exigences constitutionnelles.

Les travaux de la délégation se poursuivent à La Haye. La présidence de la Cour annonce déjà d’autres rencontres visant à approfondir l’étude des rouages de la justice internationale. À terme, la Haute Cour de Justice devra faire le tri entre ce qui est transposable, ce qui requiert une adaptation et ce qui demeure hors de portée en raison des cadres juridiques nationaux. Mais le message est clair : la modernisation de l’institution se nourrit désormais d’une ambition affichée — celle d’aligner son action sur les standards qui garantissent, partout, l’effectivité et la dignité de la justice.