Cotonou : Dialogue entre le préfet et le Culte Egungun

COTONOU, 13 août 2026  — Les autorités préfectorales de Cotonou ont tenu mercredi une rencontre officielle avec les représentants de la tradition Egungun afin de discuter de la préservation culturelle et des réalités communautaires locales.

Gilbert Déou Malè, préfet du département du Littoral, a reçu le 12 août une délégation du Haut Conseil National du Culte Egungun du Bénin à la préfecture. Cette audience s’inscrit dans une démarche du Haut Conseil visant à promouvoir ses actions et à échanger avec l’administration sur le quotidien de ses membres.

Des préoccupations portées au niveau départemental 

Lors de cette réunion, la délégation a exposé ses principales préoccupations et dévoilé plusieurs initiatives qu’elle compte mettre en œuvre prochainement. Les deux parties ont également abordé les perspectives de collaboration directe entre l’organisation cultuelle et les services de l’administration préfectorale. Le préfet s’est engagé à maintenir des canaux de communication ouverts avec les représentants traditionnels.

 

« J’ai pris connaissance de leurs différentes préoccupations avec intérêt et réaffirmé ma disponibilité à favoriser, dans le respect des prérogatives de chacun, un dialogue constructif », a déclaré M. Déou Malè à l’issue de la rencontre.

 

Un engagement pour le patrimoine et la cohésion  

Il a précisé que ces discussions devaient s’articuler autour des enjeux liés à la vie des communautés et à la sauvegarde des valeurs culturelles béninoises. Qualifiant la réunion de productive, le représentant de l’État a également souligné la nécessité de maintenir le contact avec les groupes traditionnels.

 

« Je retiens de cette audience des échanges constructifs, qui témoignent de l’importance du dialogue entre les autorités publiques et les différentes composantes de notre société », a conclu le préfet du Littoral.

 

Cette main tendue par la préfecture illustre une dynamique institutionnelle de plus en plus affirmée au Bénin : celle d’associer activement les dignitaires des cultes endogènes et les garants des traditions séculaires à la gestion de la cité, consacrant ainsi leur statut de relais incontournables pour le maintien de la cohésion sociale à la base.  

Vers la création d’un Centre international d’arbitrage à Cotonou (CIAC)

COTONOU, 13 août 2026 — Un projet visant à doter le Bénin de sa propre infrastructure de résolution des litiges commerciaux a reçu mercredi un appui institutionnel de premier plan. En effet, la professeure Dandi Gnamou, présidente de la Haute Cour de Justice du Bénin, a officiellement salué l’initiative visant à créer le Centre international d’arbitrage de Cotonou (CIAC).

Lors d’une audience tenue le 12 août au siège de l’institution, Mme Gnamou a reçu Marie Laurence Mondukpè Yelouassi, chercheuse et doctorante en droit international et en arbitrage d’investissement à l’Université Paris 12 (UPEC – Paris-Sorbonne Cité).

Une alternative juridique pour le secteur privé

À cette occasion, Mme Yelouassi a présenté les contours stratégiques de la mise en place du CIAC, un projet couplé à la création de l’Association béninoise d’arbitrage international (ABAI). Par ailleurs, ces deux structures ont pour vocation de structurer la pratique de l’arbitrage dans le pays et d’offrir aux acteurs économiques une alternative locale aux juridictions étatiques pour le règlement de leurs contentieux.

« J’ai tenu à féliciter les porteurs de cette initiative, qui ambitionne de contribuer au développement et au rayonnement de l’arbitrage international au Bénin », a déclaré la présidente de la Haute Cour de Justice à l’issue de la rencontre.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou
Défis techniques et exigences internationales

En effet, la création d’un centre d’arbitrage nécessite de répondre à des standards internationaux stricts pour garantir l’impartialité et attirer la confiance des investisseurs étrangers.

C’est pourquoi, s’exprimant également avec sa casquette d’universitaire, Mme Gnamou a indiqué avoir conseillé la porteuse du projet sur les obstacles potentiels liés à la mise en œuvre de ces institutions juridiques.

« J’ai partagé avec Mme Yelouassi quelques réflexions sur les défis, les exigences et les conditions nécessaires à la réussite d’une telle entreprise », a précisé la professeure Gnamou.

Pre Dandi Gnamou
© Pre Dandi Gnamou
Un accompagnement intellectuel vers l’ancrage régional

Gage de son intérêt pour le développement du droit des affaires au niveau national, la présidente de la Haute Cour a confirmé qu’elle soutiendrait la démarche dans ses prochaines phases. « Je lui ai assuré ma disponibilité à accompagner intellectuellement ce projet », a-t-elle conclu.

L’établissement effectif du CIAC pourrait, à terme, permettre à Cotonou de se positionner comme une place juridique compétitive dans la sous-région ouest-africaine. 

Grand-Popo : Le Parlement béninois repense sa communication

GRAND-POPO, 13 août 2026 — Pendant longtemps, la communication institutionnelle s’est accommodée d’un réflexe simple : annoncer une activité, en rendre compte, publier quelques images et passer à l’étape suivante. Au Parlement béninois, cette mécanique commence à montrer ses limites. Désormais, l’enjeu consiste moins à dire ce qui s’est passé qu’à démontrer ce que l’action engagée a effectivement produit.

C’est dans cette logique qu’un atelier consacré à la communication axée sur les résultats de développement s’est ouvert mercredi 12 août 2026 à Grand-Popo. Pendant trois jours, jusqu’au vendredi 14 août, les communicateurs de l’Assemblée nationale sont appelés à revoir leurs méthodes et, surtout, leur manière de raconter l’action parlementaire.

Assemblée Nationale du Bénin
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Du calendrier des activités aux effets produits

Le changement paraît sémantique. Il est en réalité beaucoup plus profond. Un communiqué peut facilement établir qu’une réunion s’est tenue, qu’un atelier a été organisé ou qu’une institution a adopté une mesure. Mais cette information ne répond pas nécessairement à la question que se pose le citoyen : qu’est-ce que cette action a changé ?

C’est précisément le déplacement que cherche à opérer le Projet d’appui au renforcement des capacités du Parlement et des organes de gestion des élections (PARCPOGE II), avec l’accompagnement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

La communication parlementaire est ainsi invitée à sortir du seul registre de l’événementiel pour entrer dans celui de la preuve, de l’impact et de l’utilité publique. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de photographier l’action publique, mais d’en suivre les traces.

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Une nouvelle grille de lecture pour le travail des communicateurs

Cette évolution impose aux professionnels de la communication institutionnelle de changer de réflexe. Au lieu de partir de la question « qu’a fait l’institution ? », la nouvelle approche pousse à rechercher plusieurs réponses : pourquoi cette action a-t-elle été menée ? Quels résultats a-t-elle permis d’obtenir ? Qui en bénéficie ? Quels changements peut-on mesurer ? Et quelles histoires humaines permettent de comprendre ces transformations ?

Cette méthode rapproche la communication parlementaire des standards de la communication orientée vers les résultats. À l’ouverture de l’atelier, le coordonnateur du PARCPOGE, Régis Dossou Kpanou, a défendu cette conception d’une communication devenue un outil de gouvernance à part entière. Il a également souligné l’importance du soutien du PNUD et de l’engagement de l’Assemblée nationale dans cette évolution professionnelle.

Mais derrière la formation technique se dessine une question plus politique : comment une institution démocratique peut-elle rendre son action plus lisible pour ceux au nom desquels elle agit ?

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Le Parlement face à l’exigence de redevabilité

C’est là que la réforme des pratiques de communication prend tout son sens. L’Assemblée nationale n’est pas seulement un lieu où se votent des lois. Elle exerce également des missions de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques. Ces fonctions produisent des résultats, mais le grand public peine parfois à les percevoir lorsque l’administration les présente uniquement sous forme de procédures, de séances ou de décisions.

Le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, intervenant au nom de Joseph Fifamin Djogbénou, a ainsi placé la transparence et la redevabilité au centre de cette nouvelle orientation. L’objectif est clair : rendre davantage visibles les effets du travail parlementaire et établir un lien plus direct entre l’activité de l’institution et les préoccupations des citoyens.

Cette démarche transforme donc le rôle du communicant. Celui-ci n’est plus seulement chargé de transmettre une information produite par l’institution. Il doit désormais être capable d’en rechercher les résultats, d’en vérifier la portée et de les rendre compréhensibles.

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Le storytelling entre dans le champ de la gouvernance

Le programme de la formation traduit cette volonté de renouvellement. André Dossa, directeur des Services de l’information et de la communication de l’Assemblée nationale, a ouvert les travaux autour des fondamentaux de la communication institutionnelle appliquée au Parlement.

Fulbert Acapo s’est ensuite intéressé à la formulation des résultats et des objectifs mesurables dans les termes de référence. Une autre dimension est venue compléter cette approche : la communication transformationnelle et le storytelling, présentés par Elsie Assogba du PNUD.

Le recours au récit ne signifie pas transformer la communication institutionnelle en opération de promotion. Il s’agit plutôt de rendre visibles les transformations à travers des situations concrètes et des trajectoires humaines.

Une réforme devient plus intelligible lorsqu’elle relie directement ses effets aux réalités vécues. Une politique publique prend tout son sens quand son impact se manifeste au‑delà des chiffres et des documents administratifs.

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Le véritable défi sera celui de la preuve

Reste toutefois le principal défi : passer du discours sur les résultats à leur démonstration. Communiquer sur l’impact suppose de disposer de données fiables, de résultats vérifiables et d’indicateurs capables d’établir un lien entre l’action menée et les changements observés. Cela exige également une certaine distance professionnelle : toutes les activités institutionnelles ne produisent pas immédiatement des effets mesurables.

La nouvelle communication parlementaire devra donc apprendre à distinguer l’activité du résultat, le résultat de l’impact et l’annonce de la preuve. C’est probablement là que se situe l’enjeu le plus important de l’atelier de Grand-Popo.

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Une communication qui devra rendre des comptes

À travers le PARCPOGE II, l’Assemblée nationale et le PNUD ne cherchent donc pas simplement à perfectionner les techniques rédactionnelles ou audiovisuelles de leurs communicateurs. Ils tentent d’installer une autre culture professionnelle : celle d’une communication qui accompagne l’action publique, l’interroge et en expose les effets.

La réussite de cette transition ne se mesurera pas au nombre de communiqués produits après le 14 août. Elle se vérifiera plutôt dans la capacité des futurs contenus parlementaires à répondre à une question devenue centrale dans l’espace public : qu’est-ce que l’action de l’institution change concrètement dans la vie des citoyens ?

À Grand-Popo, le Parlement béninois travaille ainsi moins sur une nouvelle manière de communiquer que sur une nouvelle méthode de rendre compte. Et, derrière cette nuance, se joue une transformation plus large : faire de l’information institutionnelle non plus le simple miroir des activités publiques, mais un instrument de compréhension, de transparence et de confiance démocratique.

Bohicon : un camion de Sodabi se renverse à Sodohomè

Plus de peur que de mal à Bohicon. Un camion transportant une importante cargaison de bidons de Sodabi s’est renversé au carrefour Sodohomè. L’accident a causé des dégâts matériels, mais aucune perte en vie humaine n’a été signalée.

Un camion chargé de bidons de Sodabi, la boisson locale à base de vin de palme, s’est renversé ce matin au carrefour Sodohomè, à Bohicon, dans le département du Zou.

Selon les informations disponibles, le conducteur aurait perdu le contrôle du poids lourd avant que celui-ci ne se renverse sur la chaussée. La cargaison transportée s’est retrouvée dispersée à la suite de l’accident.

Aucun décès signalé

Le sinistre a principalement occasionné des dégâts matériels. Les premiers bilans n’enregistrent aucun décès et ne signalent aucune victime humaine L’accident a néanmoins provoqué une situation inhabituelle sur cet axe fréquenté de Bohicon, avec un camion renversé et sa cargaison de boissons au sol.

Le carrefour Sodohomè constitue un point connu de la circulation à Bohicon ; des documents administratifs identifient d’ailleurs Sodohomè parmi les secteurs de la commune et situent plusieurs infrastructures liées au transport dans cette zone.

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Les circonstances restent à préciser

À ce stade, les enquêteurs n’ont pas encore établi les circonstances exactes ayant conduit à la perte de contrôle du camion. Il conviendra notamment de déterminer si une défaillance mécanique, une manœuvre du conducteur ou d’autres facteurs ont provoqué l’accident.

L’essentiel reste toutefois préservé : ce drame n’a coûté aucune vie humaine. Les experts devront désormais évaluer les dégâts matériels, tandis que les autorités compétentes éclairciront les circonstances précises du renversement.

Réforme constitutionnelle : la justice béninoise face aux défis

Huit mois après la promulgation de la loi n° 2025‑20, qui fait entrer le Bénin dans l’ère du septennat et du bicamérisme, ce n’est plus seulement la classe politique qui doit s’accommoder d’une architecture inédite : c’est la magistrature elle‑même qui doit apprendre à appliquer un texte sans précédent, sans jurisprudence, et né dans l’un des climats politiques les plus tendus de la décennie.

 

Le décor, mardi 11 août, avait tout de l’exercice académique : amphithéâtre feutré, deux professeurs de droit constitutionnel invités à la tribune, magistrats et greffiers rassemblés en auditeurs studieux pour un « Café juridique » organisé par la Cour suprême du Bénin. Mais sous les codes convenus de la formation continue se jouait quelque chose de plus grave : une institution judiciaire venue reconnaître, en public, qu’elle ne maîtrise pas encore tout à fait le droit qu’elle est censée appliquer.

Ce droit, c’est celui issu de la loi n° 2025‑20 du 17 décembre 2025, qui a modifié en profondeur la Constitution du 11 décembre 1990. Un texte adopté dans la précipitation, validé sous tension, et qui redessine à la fois la durée des mandats électifs, l’architecture du Parlement et les équilibres entre les plus hautes juridictions du pays.

La Cour suprême du Bénin
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Quatre ruptures dans le texte fondamental

Derrière la technicité du vocabulaire constitutionnel, la réforme opère des choix politiques lourds de conséquences pour le prochain cycle électoral.

  • Mandats : les mandats présidentiel, législatif et locaux passent de cinq à sept ans, renouvelables une seule fois — une mesure qui ne s’appliquera qu’à partir des élections générales de 2026.
  • Bicamérisme : création d’un Sénat, chambre haute inédite dans l’histoire institutionnelle béninoise, composée notamment d’anciens présidents de la République, de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle.
  • Nomadisme : tout élu qui démissionne du parti sous la bannière duquel il a été élu perd désormais automatiquement son siège.
  • Trêve politique :  une période de douze mois avant la fin du mandat présidentiel interdit désormais toute animation politique à finalité électorale.

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Une réforme votée dans l’urgence, validée sous le choc

La révision a été adoptée dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 par l’Assemblée nationale, à une majorité écrasante de 90 voix contre 19. L’opposition a dénoncé la précipitation d’un chantier constitutionnel engagé alors que le président Patrice Talon, qui ne se représentait pas, achevait son second mandat six mois plus tard à peine. D’autres observateurs ont relevé que le nombre d’articles finalement modifiés dépassait sensiblement les premières versions du projet ayant circulé — et que cette seconde révision de la loi fondamentale de 1990 en moins de dix ans marquait, pour certains juristes, une rupture avec l’esprit du « consensus à valeur constitutionnelle » hérité de la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990.

Le climat dans lequel la Cour constitutionnelle a examiné le texte n’a fait qu’ajouter à la gravité du moment : sa décision de conformité, rendue le 12 décembre 2025 après deux jours d’audience plénière et l’examen de seize requêtes contestant la loi, est intervenue quelques jours seulement après l’échec d’une tentative de coup d’État contre le président Talon, le 7 décembre, conduite par un lieutenant‑colonel aujourd’hui toujours en fuite. Un épisode que plusieurs centres d’analyse ont lu comme un signal des fragilités persistantes du climat politique béninois — quand bien même les Sages ont validé la révision dans toutes ses dispositions.

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Le Sénat béninois, en bref

Institué par la révision de novembre 2025, le Sénat compte entre 25 et 30 membres et associe des sénateurs élus à des membres de droit : anciens présidents de la République, anciens présidents de l’Assemblée nationale et anciens présidents de la Cour constitutionnelle, sous réserve d’avoir exercé au moins la moitié de leur mandat.

Dirigé par un président, un vice‑président et un rapporteur élus pour cinq ans renouvelables, il fonctionne sous une obligation stricte de réserve politique : ses membres, dont l’âge est de 85 ans, ne peuvent exercer aucune activité partisane.

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Le juge sans jurisprudence

C’est précisément ce contexte — un texte massif, contesté, appliqué à un cycle électoral qui s’ouvre sans qu’aucune décision de justice n’en ait encore éprouvé les dispositions — qui donnait au Café juridique du 11 août sa véritable portée. Devant les magistrats, auditeurs et greffiers réunis, le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, a situé l’enjeu au‑delà de la simple mise à jour des connaissances : comprendre la nouvelle architecture institutionnelle exige une lecture rigoureuse de l’ensemble du bloc de constitutionnalité, loi organique sur le Conseil économique et social comprise, et une mesure précise de ses effets sur les méthodes de travail, les raisonnements juridiques et les responsabilités des acteurs de la justice.

Deux communications ont structuré la réflexion. La professeure Dandi Gnamou, juriste constitutionnaliste, présidente de la Haute Cour de justice, juge à la Cour constitutionnelle et ancienne conseillère de la Cour suprême, s’est penchée sur l’articulation entre l’allongement des mandats et l’installation du Sénat. Le docteur Gilles Badet, ancien secrétaire général de la Cour constitutionnelle et enseignant‑chercheur à l’Université d’Abomey‑Calavi, a pour sa part interrogé les rapports entre la Cour constitutionnelle et le nouveau Conseil économique et social.

Les échanges, modérés par le professeur Ibrahim Salami, président de la Chambre administrative de la Cour suprême, ont, selon l’institution, suscité de nombreuses questions au sein de l’assistance — signe, au‑delà de la formation, d’une inquiétude professionnelle bien réelle face à un droit encore largement théorique.

 

“La qualité des décisions dépend désormais de la capacité des magistrats à maîtriser un environnement constitutionnel et institutionnel qu’aucune jurisprudence n’a encore éprouvé.” —  le président de la Cour suprême du Bénin, Victor Dassi Adossou

 

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La Cour suprême se donne les moyens de son propre rattrapage

Le signal le plus concret de la rencontre n’est cependant pas venu des communications elles‑mêmes, mais de l’annonce qui les a suivies : au regard de la qualité des débats, le président de la Cour suprême a fait part de son intention de créer, au sein de l’institution, un comité intellectuel et scientifique chargé de revoir l’arsenal juridique de la Cour et de l’adapter aux nouveaux textes de la République. Autrement dit : la plus haute juridiction administrative et judiciaire du pays reconnaît que ses propres instruments de travail datent d’avant la réforme, et qu’ils doivent être reconstruits pour rester opérants.

Ce chantier interne, encore informel, en dit sans doute plus long sur l’ampleur réelle de la révision constitutionnelle que n’importe quel décompte d’articles modifiés. Il signale qu’au‑delà des arènes politiques où s’est joué le vote de

Contrebande de tabac au Bénin : l’alliance inédite des douanes

Longtemps perçue comme une fatalité ouest-africaine, la contrebande de cigarettes trouve aujourd’hui face à elle une riposte d’un genre nouveau au Bénin. Loin des saisies spectaculaires mais éphémères, les autorités douanières ont décidé de frapper au cœur de l’écosystème illicite : la traçabilité. Récit d’un changement de doctrine où l’État s’allie au privé pour assécher la fraude.

Il y a la guerre qui fait du bruit, et celle qui se joue dans un silence de plomb, le long des pistes poreuses et dans les entrepôts clandestins. Le marché du tabac en Afrique de l’Ouest brasse des milliards de francs CFA qui, chaque année, s’évaporent dans la nature, alimentant des réseaux opaques au détriment des caisses publiques et de la sécurité sanitaire. Face à cette hydre, le Bénin vient de modifier radicalement son arsenal tactique.

Le 10 août 2026 ne marquera pas seulement la signature d’un énième document administratif à Cotonou. C’est la date d’une bascule géopolitique et économique locale.

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Du Gendarme Solitaire à l’Alliance Stratégique

Jusqu’ici, la douane béninoise jouait au chat et à la souris avec des réseaux d’importation illicites toujours plus agiles. Mais, sous l’impulsion du Colonel Raouf Malèhossou ABOUDOU, Directeur général des Douanes, l’institution a compris qu’une répression purement physique était asymétrique. La nouvelle arme ? La donnée et la traçabilité de bout en bout.

Pour y parvenir, l’État a fait un choix audacieux, rompant avec le monopole de l’action publique : s’adosser à un acteur privé, la société Niger Brique. Ce partenariat public-privé (PPP), d’une nature inédite pour ce secteur spécifique, vise à créer une « muraille de verre » autour du marché béninois du tabac.

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Les Trois Piliers de la Nouvelle Doctrine Douanière

L’accord scellé dépasse la simple sécurisation fiscale. Il s’articule autour d’une doctrine à trois têtes :

  • L’asphyxie financière des réseaux parallèles : en imposant une traçabilité inviolable, les produits de contrebande deviennent immédiatement identifiables et invendables sur le marché formel, coupant l’herbe sous le pied des fraudeurs.
  • Le bouclier sanitaire : le tabac illicite échappe à toute norme, contenant souvent des taux de toxicité décuplés. Le contrôle de la chaîne d’approvisionnement devient un enjeu de santé publique majeur.
  • La sanctuarisation de la concurrence : en garantissant un environnement prévisible et régulé, l’État protège les opérateurs économiques légaux qui, jusqu’à présent, subissaient la concurrence déloyale des prix cassés du marché noir.

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Niger Brique : Le Maillon Fort d’une Logistique Repensée

L’intégration de Niger Brique dans cette équation n’est pas anodine. L’entreprise, en s’engageant dans cet accord, obtient des garanties cruciales : une prévisibilité de ses flux logistiques et la certitude d’évoluer sur un terrain où les règles du jeu sont les mêmes pour tous.

De son côté, la Douane externalise une partie de la complexité logistique pour se reconcentrer sur son cœur de métier : l’analyse des risques, la régulation impartiale et l’intervention ciblée. Le Colonel ABOUDOU impose ainsi une vision moderne de l’administration, celle d’un « régulateur neutre », capable de s’allier aux forces vives de l’économie pour assainir un secteur gangrené.

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Un Laboratoire pour la Sous-Région ?

Si cette moralisation du marché par la collaboration public-privé porte ses fruits, le Bénin pourrait bien faire figure de pionnier dans la région. L’enjeu est de taille : prouver qu’il est possible de reprendre le contrôle d’une économie souterraine sans paralyser le commerce, mais en l’encadrant avec une précision chirurgicale.

Les cartels de la contrebande sont prévenus : à Cotonou, l’heure n’est plus aux barrages routiers aléatoires, mais à la traçabilité algorithmique et institutionnelle. L’écran de fumée commence enfin à se dissiper.

Kémi Séba : Audience d’extradition reportée au 23 septembre

La justice sud-africaine devra patienter encore. Attendue ce mardi 11 août 2026, l’audience consacrée notamment à la demande d’extradition de Kémi Séba vers le Bénin n’a finalement pas eu lieu. Une panne d’électricité dans l’établissement pénitentiaire où il est détenu, consécutive aux mauvaises conditions météorologiques, a empêché son transfert vers le tribunal.

Le dossier a donc été renvoyé au 23 septembre 2026. Ce nouveau contretemps donne au feuilleton judiciaire un épisode pour le moins inhabituel. Alors que les autorités doivent examiner une procédure d’extradition aux implications politiques et judiciaires importantes, c’est une défaillance matérielle qui est venue interrompre le calendrier de l’audience.

 Une panne d’électricité en prison bloque le transfert au tribunal

Kémi Séba devait comparaître devant la justice sud-africaine dans le cadre des différentes procédures engagées contre lui. Mais sans alimentation électrique dans la prison, les autorités pénitentiaires n’ont pas pu organiser son extraction de sa cellule et son acheminement vers le tribunal.

Son absence a contraint les juges à reporter l’examen du dossier. Le prochain rendez-vous judiciaire est désormais fixé au 23 septembre. D’ici là, Kémi Séba reste détenu en Afrique du Sud, où il se trouve depuis le 13 avril 2026.

Entre Pretoria et Cotonou : Deux procédures judiciaires distinctes

Le dossier ne se limite toutefois pas à la demande formulée par le Bénin. En Afrique du Sud, les autorités reprochent notamment à Kémi Séba d’avoir tenté de quitter illégalement le territoire en direction du Zimbabwe, avec des documents considérés comme irréguliers.

En parallèle, Cotonou demande son extradition. Le Bénin le poursuit notamment pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion ». Ces poursuites constituent le fondement de la demande d’extradition examinée par la justice sud-africaine.

L’enjeu dépasse donc la seule question du maintien en détention. Il s’agit désormais de savoir si les conditions juridiques seront réunies pour permettre son éventuel transfert vers le Bénin.

Un calendrier judiciaire au point mort jusqu’à la fin septembre

Le report du 11 août ne clôt aucune des procédures engagées contre Kémi Séba. Il décale simplement leur examen. Pour la justice sud-africaine, le 23 septembre constituera ainsi une nouvelle étape dans l’examen de la demande béninoise. En attendant, le dossier reste suspendu entre deux juridictions et deux cadres judiciaires distincts.

D’un côté, l’Afrique du Sud, où Kémi Séba est détenu et fait face à ses propres poursuites. De l’autre, le Bénin, qui réclame son extradition pour répondre de faits qui lui sont reprochés par les autorités béninoises.

Une procédure qui s’enlise

Depuis son arrestation en avril, la procédure avance par étapes, au gré des audiences et des contraintes du calendrier judiciaire. Le dernier épisode aura donc été provoqué non par un débat juridique, mais par une panne d’électricité dans le lieu de détention.

Le 23 septembre devra désormais permettre à la justice sud-africaine de reprendre le fil d’un dossier dont l’issue pourrait avoir des conséquences bien au-delà de la salle d’audience. Pour l’heure, aucune décision sur l’extradition n’a été rendue. Le prochain chapitre est attendu à Pretoria, le 23 septembre.

Abomey-Calavi : Un incendie ravage plusieurs commerces à Akassato

Le jour s’est levé sur des commerces noircis, des marchandises détruites et des propriétaires en larmes face à leurs pertes. À Akassato, dans la commune d’Abomey-Calavi, un incendie a semé la désolation tôt mardi 11 août sur l’axe goudronné qui conduit au marché Gros, ancien pavé Kérékou.

En quelques instants, plusieurs activités commerciales ont été prises dans les flammes. Une entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente de matelas figure parmi les établissements touchés. Un point de vente d’essence frelatée, un point MoMo et d’autres commerces ont également été ravagés.

Le bilan humain reste toutefois épargné. Aucune victime n’a été signalée, malgré la violence du sinistre et la proximité des différentes activités commerciales.

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Une matinée de désolation sur l’axe du marché Gros

L’incendie s’est déclaré aux premières heures de la journée, alors que l’activité commençait à peine à reprendre sur cet axe très fréquenté. Rapidement, les flammes ont gagné plusieurs espaces commerciaux. La présence de produits et de matériaux facilement inflammables a contribué à aggraver les dégâts.

Sur place, le spectacle était celui d’un secteur commercial profondément touché : installations endommagées, marchandises réduites en cendres et biens matériels lourdement affectés. Pour les commerçants concernés, l’urgence est désormais de mesurer l’étendue des pertes et d’envisager la reprise de leurs activités.

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L’intervention décisive des sapeurs-pompiers et de la Police républicaine

Alertés, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour contenir le sinistre. Leur intervention a finalement permis de maîtriser les flammes et d’empêcher leur propagation à l’ensemble du secteur commercial.

La Police républicaine s’est également déployée sur les lieux afin de sécuriser la zone et de contribuer aux premières constatations. Si les dégâts matériels sont considérables, le bilan humain demeure heureusement nul.

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D’où sont parties les flammes ?

C’est désormais la principale question. Les circonstances exactes du départ de feu restent inconnues. Une enquête a été ouverte afin d’en déterminer l’origine et d’établir, le cas échéant, les éventuelles responsabilités.

Cette étape devra notamment permettre de comprendre comment le sinistre a pris naissance et pourquoi il a pu toucher plusieurs commerces avant l’intervention des secours. Pour les victimes économiques de l’incendie, l’enquête représente aussi l’espoir de comprendre ce qui s’est passé.

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Le choc et l’incertitude pour les commerçants d’Akassato

À Akassato, l’incendie aura laissé derrière lui une addition essentiellement matérielle. Pour les propriétaires des commerces détruits ou endommagés, il faudra désormais évaluer les marchandises perdues, les équipements à remplacer et le coût d’une éventuelle reprise.

Mais dans cette matinée marquée par le feu, un bilan demeure essentiel : aucune vie humaine n’a été emportée. Les flammes ont ravagé des commerces. Elles n’ont pas pris de vie. Reste maintenant à l’enquête de déterminer ce qui a déclenché le sinistre et aux commerçants de mesurer l’ampleur des pertes subies.

ODEM Bénin : Thanguy Agoï en consultation chez Richard Magnidet

Dans les métiers de la presse, certaines rencontres valent davantage qu’une simple visite de courtoisie. Elles permettent de transmettre des expériences, de rappeler des principes et, parfois, de mesurer le chemin qui reste à parcourir. La rencontre entre Thanguy Agoï, nouveau président de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médias (ODEM), et Richard Magnidet appartient à cette catégorie.

À peine installé à la tête de la 10ᵉ mandature de l’institution d’autorégulation, Thanguy Agoï a choisi de se tourner vers l’un de ceux qui en connaissent le mieux les arcanes. Une délégation du nouveau bureau s’est rendue au domicile de Richard Magnidet, ancien président de l’ODEM et actuel conseiller à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).

Derrière cette démarche se dessine un message : pour construire l’avenir de l’autorégulation, la nouvelle génération entend d’abord écouter ceux qui en ont porté les responsabilités.

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Une visite sous le sceau de la solidarité humaine et confraternelle

Avant les questions de déontologie et les défis de la profession, il y avait une circonstance douloureuse. Richard Magnidet vient de perdre sa mère. La délégation conduite par Thanguy Agoï est donc venue lui témoigner sa compassion et la solidarité de la famille de la presse.

Le nouveau président de l’ODEM a voulu placer cette dimension humaine au premier plan. Dans les moments de deuil, a-t-il rappelé en substance, l’expérience et l’âge n’effacent jamais la douleur provoquée par la disparition d’une mère. Cette présence auprès de l’aîné de la profession a ainsi donné à la rencontre une tonalité particulière, avant que les discussions ne prennent une dimension plus institutionnelle.

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Richard Magnidet : Une mémoire vivante pour guider l’autorégulation

La nouvelle équipe de l’ODEM ne cherchait pas uniquement une bénédiction symbolique. Elle voulait également recueillir des conseils. Richard Magnidet connaît l’institution de l’intérieur. Ancien membre de l’ODEM et double président de l’organisation, il appartient à cette génération qui a participé à façonner les mécanismes d’autorégulation de la presse béninoise.

Pour Thanguy Agoï, son expérience constitue donc une ressource au moment où débute une nouvelle mandature. Les échanges ont porté sur les défis de l’ODEM, les questions liées à la déontologie et les difficultés auxquelles les professionnels des médias peuvent être confrontés dans l’exercice de leur métier. Une manière, pour la nouvelle équipe, de ne pas repartir de zéro.

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 Les nouveaux défis de la presse béninoise face à la responsabilité journalistique

Au-delà du fonctionnement de l’ODEM, la discussion a permis d’élargir le regard à l’ensemble du secteur médiatique. Journaliste d’expérience et conseiller à la HAAC, Richard Magnidet possède une double lecture de la profession : celle du praticien qui a longtemps exercé dans les médias et celle du responsable qui observe aujourd’hui leur évolution dans le cadre de la régulation. Pour Thanguy Agoï, cette expérience pouvait difficilement être ignorée.

Les défis qui attendent les médias ne se limitent plus à la seule question de la production de l’information. Ils concernent également la responsabilité du journaliste, le respect des règles professionnelles, la crédibilité des organes de presse et la capacité de la profession à préserver la confiance du public. C’est sur ce terrain que l’autorégulation prend toute son importance.

Quand la relève s’appuie sur la mémoire des aînés

En allant à la rencontre de l’ancien président, le nouveau bureau de l’ODEM envoie finalement un signal qui dépasse la personne de Richard Magnidet. La 10ᵉ mandature semble vouloir inscrire son action dans une logique de continuité : tirer les enseignements du passé tout en préparant les réponses aux nouveaux défis. L’autorégulation ne se transmet pas uniquement par des textes. Elle se nourrit aussi de la mémoire de ceux qui l’ont exercée.

Pour Thanguy Agoï et son équipe, les conseils recueillis auprès de l’ancien dirigeant constituent désormais un premier repère. Reste à transformer cette expérience en décisions, en actions et en résultats. Car, au terme de cette rencontre, une conviction semble s’imposer : dans une profession confrontée à de nouvelles exigences, la relève n’a pas vocation à effacer la mémoire. Elle doit s’en servir pour avancer.

Tchaourou : une fillette de 3 ans retrouvée vivante dans l’Okpara

TCHAOUROU, 10 août 2026 — Les eaux de l’Okpara ont livré, dimanche 9 août à Kpassa, une scène aussi inattendue qu’inquiétante. Au cœur de la commune de Tchaourou, une fillette d’à peine trois ans a été retrouvée vivante dans le cours d’eau, après y avoir passé un temps pour l’heure indéterminé.

C’est un pêcheur, Adamou Meguiré, qui a donné l’alerte. Alors qu’il se trouvait sur l’Okpara, il a entendu des pleurs provenant des abords du fleuve et s’est aussitôt dirigé vers l’endroit d’où venait la voix de l’enfant.

La découverte était pour le moins surprenante : la petite fille se trouvait prise dans des ronces, au milieu des eaux. Le pêcheur a tenté de lui porter secours, mais sa pirogue a chaviré. Il n’a pourtant pas renoncé et, au prix de ses efforts, est parvenu à dégager l’enfant avant de la ramener sur la rive. La fillette était vivante, saine et sauve.

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Une rescapée sans identité : le mystère plane à Kpassa

La nouvelle s’est rapidement répandue à Kpassa. Toutefois, à la joie d’avoir retrouvé une enfant vivante s’ajoute une série de questions restées sans réponse.

Comment cette fillette s’est-elle retrouvée dans les eaux de l’Okpara ? A-t-elle été emportée par le courant ? Est-elle tombée accidentellement ? Quelqu’un l’y a-t-il abandonnée ? Et surtout, combien de temps a-t-elle passé dans l’eau avant que ses pleurs ne soient entendus ? Pour l’heure, aucun élément ne permet de trancher.

L’enfant n’a pas encore été identifiée. Son nom, son domicile et l’identité de ses parents demeurent inconnus. Les autorités ont été informées afin d’engager des recherches pour retrouver sa famille et établir les circonstances exactes de cette mystérieuse présence dans le fleuve.

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Le geste héroïque du pêcheur Adamou Meguiré face au danger

Dans cette affaire, l’attention d’Adamou Meguiré aura été déterminante. Sans son intervention, l’issue aurait pu être dramatique. Malgré le chavirement de sa pirogue, il a réussi à sortir la fillette du piège naturel où elle était retenue par les ronces.

Dimanche, à Kpassa, l’Okpara n’a donc pas seulement suscité l’inquiétude : il a aussi été le théâtre d’un sauvetage qui laisse entière l’énigme entourant cette enfant. Une petite fille de trois ans a été retrouvée vivante là où personne ne s’attendait à la voir. Reste désormais à savoir d’où elle vient, comment elle est arrivée jusque-là et qui viendra la réclamer.