UAC et Parlement : Djogbénou et Igué s’allient pour la crédibilité de l’université

Au Palais des Gouverneurs de Porto‑Novo, une visite de courtoisie s’est transformée en réflexion sur l’avenir de l’enseignement supérieur béninois. Ce jeudi 9 juillet 2026, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a placé au cœur des échanges une question essentielle : comment redonner toute sa crédibilité à l’université et à ceux qui la font vivre ? En recevant le recteur de l’Université d’Abomey‑Calavi (UAC), le professeur Charlemagne Babatoundé Igué, il a ouvert un dialogue qui dépasse le cadre institutionnel.

En effet, cette rencontre a mis en lumière un symbole inédit dans l’histoire politique du Bénin : pour la première fois, les trois plus hautes fonctions du bureau de l’Assemblée nationale sont occupées par des universitaires. Dès lors, le recteur de l’UAC y voit une reconnaissance de l’excellence académique béninoise et un motif de fierté pour toute la communauté scientifique.

De la visite de courtoisie à la réflexion stratégique sur l’enseignement supérieur 

À l’issue de l’audience, le professeur Charlemagne Babatoundé Igué a expliqué que cette visite visait d’abord à présenter les civilités de l’Université d’Abomey-Calavi au nouveau président de l’institution parlementaire. Mais très vite, les discussions ont dépassé le simple registre protocolaire.

Les deux universitaires ont abordé plusieurs enjeux majeurs liés à la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur, à la qualité de la recherche scientifique, à la mission pédagogique des enseignants-chercheurs et au rôle de l’université dans le développement de la société. Pour le recteur, ces échanges traduisent une volonté commune de renforcer les fondements de l’institution universitaire.

Restaurer l’image et la gouvernance : l’engagement du recteur Charlemagne Igué 

Au cours de l’entretien, Joseph Fifamin Djogbénou a partagé avec son hôte plusieurs orientations destinées à améliorer la gouvernance universitaire et à renforcer la confiance du public envers les établissements d’enseignement supérieur.

Le président du Parlement a notamment insisté sur la nécessité de préserver l’image des enseignants-chercheurs, dans un contexte où certains comportements individuels alimentent les critiques à l’égard du monde universitaire.

Pour le recteur de l’UAC, cette préoccupation rejoint les défis auxquels fait face l’université.

« Nous allons travailler à améliorer la gouvernance universitaire et surtout la crédibilité de notre institution ainsi que celle des enseignants-chercheurs. Notre objectif est d’envoyer désormais des signaux forts et crédibles, aussi bien à l’endroit des autorités que de l’ensemble de la société », a-t-il déclaré à la presse parlementaire.

Un symbole politique fort : trois universitaires à la tête de l’Assemblée nationale 

La rencontre a également revêtu une portée hautement symbolique. Le professeur Charlemagne Babatoundé Igué a salué le fait que le président de l’Assemblée nationale et ses deux vice-présidents soient tous issus du monde universitaire. Selon lui, cette configuration inédite illustre la place que peuvent occuper les compétences académiques dans la conduite des institutions de la République.

Pour la communauté universitaire, cette présence constitue un encouragement à promouvoir davantage l’excellence, la rigueur scientifique et le sens du service public.

Recréer le lien de confiance entre le savoir académique et la société béninoise 

Derrière les échanges institutionnels se dessine une ambition plus large : rapprocher l’université des attentes des citoyens. À une époque où les établissements d’enseignement supérieur sont régulièrement interpellés sur leur gouvernance, leur performance et leur capacité à répondre aux besoins de la société, cette rencontre rappelle que la crédibilité ne se décrète pas. Elle se construit, jour après jour, à travers la qualité de la formation, l’intégrité de la recherche et l’exemplarité de celles et ceux qui transmettent le savoir.

En quittant le Palais des Gouverneurs, le recteur de l’UAC n’emportait pas que les salutations d’un ancien collègue universitaire devenu président du Parlement. Il repartait avec une feuille de route et une conviction : l’avenir de l’université béninoise dépend autant de ses performances académiques que de la confiance qu’elle saura inspirer à toute une nation.

IA et élections : la CENA se forme en Inde pour moderniser les scrutins

L’intelligence artificielle s’invite désormais au cœur de la gouvernance électorale. Consciente que les nouvelles technologies redessinent progressivement l’organisation des scrutins dans le monde, la Commission électorale nationale autonome (CENA) du Bénin investit dans la formation de ses équipes afin d’anticiper les défis de demain.

Depuis le 6 juillet et jusqu’au 10 juillet 2026, plusieurs cadres de l’institution participent à New Delhi, en Inde, à une session internationale consacrée à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les processus électoraux. Une initiative qui traduit la volonté de l’organe électoral béninois de renforcer son expertise face à une révolution technologique qui transforme déjà les pratiques démocratiques.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Comprendre l’IA pour sécuriser et optimiser l’organisation des élections

Accueillie par l’India International Institute of Democracy and Election Management (IIIDEM) dans le cadre du programme Indian Technical and Economic Cooperation (ITEC), cette formation réunit des responsables électoraux venus de plusieurs pays autour d’un objectif commun : maîtriser les nouvelles applications de l’intelligence artificielle au service d’élections plus fiables et plus efficaces.

Au programme figurent des thématiques devenues incontournables pour les administrations électorales : automatisation de certaines procédures, gouvernance numérique, cybersécurité, protection des données, gestion des risques, encadrement réglementaire, respect des droits humains et utilisation éthique des technologies émergentes.

Loin d’une simple approche théorique, les participants alternent conférences spécialisées, ateliers pratiques, études de cas et échanges d’expériences avec des experts internationaux afin d’appréhender les possibilités concrètes qu’offre l’IA tout au long du cycle électoral.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Préparer les scrutins de demain face aux défis de la transformation numérique

Pour les organismes chargés d’organiser les scrutins, la transformation numérique ne constitue plus une perspective lointaine. Elle s’impose progressivement comme un levier permettant d’améliorer la transparence des opérations électorales, d’optimiser les procédures administratives et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.

Mais cette évolution soulève également de nouvelles interrogations. Comment exploiter les outils d’intelligence artificielle sans compromettre la protection des données personnelles ? Comment prévenir les risques de manipulation, de désinformation ou de cyberattaques ? Autant de questions auxquelles les responsables électoraux sont désormais appelés à répondre.

La CENA investit dans les compétences humaines avant les technologies

Par ailleurs, cette formation rappelle une évidence : aucune innovation ne peut produire ses effets sans des femmes et des hommes capables de la comprendre, de l’encadrer et de l’utiliser avec responsabilité. En choisissant d’investir dans le développement des compétences de ses cadres, la CENA fait le pari que la modernisation des élections commence d’abord par le renforcement du capital humain.

Cette démarche traduit également une volonté d’ouverture aux bonnes pratiques internationales. En confrontant leurs expériences avec celles d’autres institutions électorales, les représentants béninois enrichissent leur réflexion sur les moyens de construire des processus électoraux plus performants, plus inclusifs et plus résilients.

À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit progressivement les modes de gouvernance à travers le monde, la participation de la CENA à cette formation internationale illustre une conviction : préparer les élections de demain ne consiste pas seulement à adopter de nouvelles technologies, mais aussi à former les femmes et les hommes qui auront la responsabilité de les mettre au service de la démocratie.

Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
© Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin

Santé des femmes africaines : ouverture du 1er congrès international (CISFA) à Cotonou

Comment mieux répondre aux besoins de santé des femmes africaines en tenant compte des réalités du continent ? C’est à cette question que près de 200 spécialistes tentent d’apporter des réponses à Cotonou, où se tient, du 8 au 10 juillet 2026, la première édition du Congrès International sur la Santé des Femmes Africaines (CISFA).

Pendant trois jours, la capitale économique béninoise devient un laboratoire d’idées où chercheurs, médecins, universitaires, décideurs publics et représentants de la société civile venus de 17 pays confrontent leurs expériences pour faire progresser la recherche et améliorer les politiques de santé destinées aux femmes.

Ambassade de France au Bénin
© Ambassade de France au Bénin

CISFA 2026 : Mettre la science au service des spécificités du continent africain

Par ailleurs, le CISFA se veut un espace de réflexion stratégique sur les défis sanitaires auxquels sont confrontées les femmes africaines tout au long de leur vie.

Les participants ambitionnent de produire davantage de données scientifiques, de mieux documenter les problématiques propres au continent et de développer des approches adaptées aux contextes sociaux, économiques et culturels africains. Cette dynamique vise également à fournir aux décideurs publics des éléments de preuve solides afin d’orienter les politiques sanitaires et de renforcer les systèmes de santé.

Ambassade de France au Bénin
© Ambassade de France au Bénin

Au-delà des chiffres : le bien-être des femmes au cœur du développement social

Si les discussions portent sur la recherche scientifique, les enjeux dépassent largement les amphithéâtres et les laboratoires. Chaque avancée évoquée au congrès renvoie à des réalités humaines : des mères confrontées à des complications de grossesse, des adolescentes en quête d’un meilleur accès aux soins, ou encore des femmes vivant avec des maladies chroniques souvent insuffisamment étudiées.

Pour les organisateurs, améliorer la santé des femmes africaines revient aussi à investir dans le bien-être des familles et dans le développement des sociétés, tant les femmes occupent une place centrale dans les communautés.

Une coopération scientifique d’envergure entre le Bénin, l’IRD et la France

Le congrès bénéficie du soutien de la France, qui inscrit cette initiative dans le cadre de sa politique de coopération internationale et de sa diplomatie en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Cette collaboration mobilise plusieurs partenaires béninois aux côtés de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Université Paris Cité, avec l’ambition de renforcer les échanges scientifiques et de favoriser l’émergence de projets de recherche communs.

Ambassade de France au Bénin
© Ambassade de France au Bénin

Objectif du congrès : faire émerger des solutions de santé durables

Au terme de cette première édition, les organisateurs espèrent poser les bases d’un réseau scientifique capable de produire des connaissances utiles aux décideurs comme aux professionnels de santé.

En réunissant experts, chercheurs et acteurs de terrain autour d’un même objectif, le Congrès International sur la Santé des Femmes Africaines entend faire de la recherche un moteur d’action. Car derrière chaque étude, chaque donnée et chaque recommandation se dessine une ambition plus grande : offrir aux femmes africaines des réponses de santé mieux adaptées à leurs réalités et à leurs besoins.

Cotonou 2026-2033 : Le maire Luc Gnacadja présente son plan au préfet Gilbert Déou Malé

Le préfet du département du Littoral, Gilbert Déou Malé, a reçu le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, pour une visite de courtoisie au cours de laquelle l’édile a exposé sa vision pour la capitale économique du Bénin ainsi que les grandes orientations du plan de mandature « Cotonou 2026‑2033 : changer d’échelle ».

C’est la première rencontre du genre depuis l’installation du préfet Gilbert Déou Malé à la tête du département du Littoral : le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, s’est rendu à la préfecture pour une visite de courtoisie, l’occasion pour les deux autorités de poser les bases de leur collaboration institutionnelle. Le maire y a présenté sa vision pour la capitale économique du pays ainsi que les grandes orientations du projet de développement de la ville pour la période 2026‑2033, intitulé « Changer d’échelle ».

Au‑delà de la présentation du plan municipal, l’échange a permis d’aborder les modalités de renforcement de la coopération entre la Préfecture du Littoral et la Mairie de Cotonou, dans la perspective d’accompagner efficacement les ambitions de développement de la ville et de répondre aux attentes des populations.

Littoral Gilbert Déou Malé
© Littoral Gilbert Déou Malé

Un premier contact institutionnel entre deux autorités récemment installées

La rencontre intervient dans un contexte de renouvellement du personnel dirigeant du département : Gilbert Déou Malé a pris ses fonctions à la préfecture du Littoral début juin 2026, tandis que Luc Gnacadja dirige la mairie de Cotonou depuis février de la même année. Cette visite de courtoisie s’inscrit ainsi dans la tradition des échanges protocolaires qui accompagnent la prise de fonction des autorités territoriales, mais elle a rapidement pris la forme d’un dialogue de fond sur les priorités de développement du Littoral.

« Le préfet du Littoral s’est réjoui de la qualité des échanges, gages d’un engagement commun à relever les défis de développement de Cotonou.  » —Gilbert Déou Malé — préfet du département du Littoral

« Changer d’échelle », une feuille de route pour la capitale économique

Adopté quelques semaines plus tôt par le Conseil communal, le document de mandature « Cotonou 2026‑2033 : changer d’échelle » constitue la principale référence stratégique présentée par le maire à ses interlocuteurs préfectoraux. Il fixe une ambition déclinée en plusieurs leviers, appelés à guider l’action municipale jusqu’en 2033, autour de cinq axes : faire de Cotonou une métropole verte, résiliente, productive, inclusive et bien gouvernée.

 

Pour la mairie, ce cap dépasse la seule réalisation d’infrastructures : il s’agit également de transformer la manière de gouverner et de piloter l’action publique communale, dans un souci de résultats et de responsabilité. C’est précisément sur ce terrain que le renforcement de la coopération avec la préfecture prend tout son sens, les deux institutions devant articuler leurs compétences respectives pour accompagner la mise en œuvre du plan.

Une coopération à construire dans la durée

Les deux autorités ont convenu de poursuivre les échanges sur les modalités concrètes de cette coopération renforcée. Aucun calendrier précis de mise en œuvre n’a été communiqué à l’issue de la rencontre, mais la démarche traduit la volonté commune de conjuguer les efforts de l’État déconcentré et de la collectivité locale pour relever les défis de développement de Cotonou et du département du Littoral.

Littoral Gilbert Déou Malé
© Littoral Gilbert Déou Malé

Bénin : Bac 2026, le sprint final des admissibles

La première délibération a livré son verdict, mais le sésame universitaire est loin d’être empoché. Pour les candidats admissibles de la session de juin 2026, s’ouvre une semaine marathon où chaque option et chaque épreuve orale pèseront lourd dans la balance. Immersion dans les coulisses du sprint final.

Le grand frisson de la première liste est passé. Pour des milliers de lycéens, l’angoisse s’est transformée en un soulagement temporaire : le statut « admissible » s’affiche en face de leur nom. Mais pas le temps de célébrer. Au Bénin, décrocher le premier diplôme universitaire s’apparente à un décathlon intellectuel et physique, et la seconde phase du Bac 2026 démarre dès ce week-end. Pour les candidats sur la sellette, c’est l’heure de grappiller les précieux points qui feront la différence.

Épreuves de langues nationales et épreuves artistiques : le bonus des options

Le marathon commence ce samedi 11 juillet 2026. Les candidats qui ont choisi de valoriser le patrimoine culturel et les compétences pratiques ouvriront le bal avec les épreuves facultatives de langues nationales ainsi que d’Économie familiale et sociale (EFS). Un coup de pouce non négligeable pour faire basculer une moyenne générale du bon côté.

Le répit sera de courte durée. Dès le lundi 13 juillet, le curseur se déplacera vers la créativité et la sensibilité avec les épreuves facultatives de dessin et de musique. Dans le même temps, les jurys enfileront les survêtements : les épreuves d’éducation physique et sportive (EPS) s’étaleront sur deux jours, les lundi 13 et mardi 14 juillet 2026, poussant les corps à bout après des semaines de révisions intensives.

« C’est la phase de gestion du stress par excellence », confie un chef de centre. « Les candidats jouent leurs dernières cartouches pour éviter le couperet de la troisième délibération. »

Mercredi 15 juillet : le jour de vérité des oraux

Par ailleurs, les autorités ont fixé le premier grand tournant de cette seconde phase au mercredi 15 juillet 2026 avec la deuxième délibération. Ce tamis administratif et pédagogique déterminera précisément qui échoue définitivement et qui gagne le droit de défendre ses chances à l’oral.

Ceux qui franchiront cette étape joueront leur va-tout le vendredi 17 juillet 2026 lors des épreuves orales de rattrapage ou de contrôle. Face aux examinateurs, il faudra faire preuve d’éloquence, de maîtrise technique et, surtout, d’une force mentale à toute épreuve pour arracher les notes manquantes.

Samedi 18 juillet, la délivrance finale

L’épilogue de ce feuilleton national est d’ores et déjà programmé pour le samedi 18 juillet 2026. La troisième et dernière délibération consacrera les nouveaux bacheliers de la session de juin 2026 et mettra fin à des semaines de sueur et d’insomnies pour les familles.

D’ici là, le mot d’ordre pour les admissibles reste la concentration totale. Car chaque point arraché devient une victoire intime, et chaque nom inscrit sur la liste finale, une promesse d’avenir.

Transhumance à Zagnanado : le plan de riposte du maire Damase Akpoyeté pour sécuriser le foncier

Face aux tensions explosives liées à la mobilité du bétail, le maire Damase H. Akpoyété verrouille l’accès au foncier communal. Entre impératif sécuritaire et survie économique, la commune tente un pari institutionnel inédit.

Zagnanado, le 8 juillet 2026 — C’est une équation à haute tension que le Dr Damase H. Akpoyété a posée sur la table ce mardi 7 juillet 2026. Une table autour de laquelle s’est nouée une union sacrée : exécutif municipal, Police républicaine, spécialistes de la gestion des catastrophes et leaders de la société civile. L’enjeu est de rompre avec la gestion au coup par coup d’une crise structurelle et de mettre un coup d’arrêt définitif aux dérives de la transhumance.

Zagnanado répondu de manière méticuleuse il validé un « plan de riposte », dont l’outil offensif se caractérise par la présence d’un organe technique limité. Une véritable commission ad hoc destinée à trier, à réguler et, disons-le sans ambages, à verrouiller l’accès à la terre de la commune.

Le spectre de 2018 : quand la « ligne rouge » a cédé

Pour comprendre la fermeté de l’édile, il faut plonger dans la mémoire vive de la région. Ici, le mot « transhumance » résonne comme un signal d’alarme. En 2018, la commune a vécu le pire. L’État central avait pourtant tracé une « ligne rouge » géographique à Dassa pour contenir la descente des grands troupeaux vers le Sud. Une frontière de papier que des groupes d’éleveurs avaient franchie, transformant Zagnanado, Ouinhi et Covè en théâtres d’affrontements sanglants. Le bilan d’alors – pertes humaines et désolation matérielle – hante encore les esprits.

« Plus jamais ça », murmurent aujourd’hui les couloirs de la mairie. Ce nouveau comité ad hoc n’est pas une énième commission bureaucratique, c’est une digue de protection.

La diplomatie du chiffre : 13 470 ménages sur la corde raide

C’est ici que la politique locale se heurte à la dure réalité économique. Zagnanado ne peut pas simplement fermer ses portes à double tour. L’élevage y est un poumon vital : 13 470 ménages agricoles s’adonnent à la production de bovins, ovins, caprins ou porcins.

Pour les éleveurs peuls, qui conduisent les grands troupeaux de bovins, la mobilité n’est pas un choix, mais une stratégie de survie face au tarissement des points d’eau provoqué par le dérèglement climatique.

L’organe technique devra donc jouer les équilibristes. Son objectif est de servir de guichet unique pour séparer le bon grain de l’ivraie : accueillir les exploitants de bonne foi se pliant aux règles, et refouler les flux clandestins.

Ultimatum et maillage sécuritaire : l’art de la manière forte

En attendant que ce filtre administratif établisse ses critères stricts d’éligibilité, le maire Akpoyété déploie l’arsenal de la fermeté. Pas de transition molle. Le plan de riposte prévoit trois étapes immédiates :

  • L’ultimatum : une grande rencontre de sensibilisation va fixer les règles du jeu aux éleveurs déjà présents.

  • La mise en demeure : tous les exploitants pastoraux en situation irrégulière devront quitter les lieux ou se conformer sans délai à la réglementation.

  • Le bras armé : un partenariat renforcé avec la Police républicaine va durcir le maillage sécuritaire sur le terrain pour un contrôle quotidien du cheptel.

La bureaucratie tiendra-t-elle face à la sécheresse ?

En institutionnalisant la gestion de la crise, Zagnanado fait le choix de la modernité politique. Mais l’impartialité de ce futur comité sera scrutée à la loupe par les organisations pastorales et la société civile.

Ce filtre administratif suffira-t-il à stabiliser la cohabitation rurale ? Rien n’est moins sûr. Car si la bureaucratie communale sait tracer des lignes sur des cartes, la pression environnementale régionale et la soif des bêtes, elles, ignorent les frontières. Le bras de fer ne fait que commencer.

Bénin : un crâne humain découvert dans un tricycle à Godomey, deux personnes arrêtées

Une simple opération de contrôle a débouché sur une découverte macabre. À Godomey, dans la commune d’Abomey-Calavi, la Police républicaine a intercepté un tricycle transportant un colis à l’apparence ordinaire. À l’intérieur d’un carton, les agents ont mis au jour un crâne humain. Deux personnes ont été interpellées et une enquête judiciaire est désormais ouverte pour remonter la filière.

Mardi 7 juillet 2026, une opération menée par le commissariat de Godomey a permis l’interpellation de deux personnes soupçonnées de transporter des ossements humains. Cette opération, est intervenue au carrefour Hèvié-Liclan, après plusieurs heures de surveillance mises en place à la suite d’informations que les enquêteurs avaient jugées crédibles.

Selon les premiers éléments de l’enquête, une source avait alerté les forces de l’ordre du passage imminent d’un moto-tricycle transportant un chargement suspect dans l’arrondissement de Godomey. Une équipe a alors discrètement suivi le véhicule avant de l’intercepter.

La fouille du tricycle a réservé une découverte inattendue : un crâne humain soigneusement dissimulé au fond d’un carton que les suspects présentaient comme un colis ordinaire.

Les suspects évoquent un colis présenté comme de la peinture

Les forces de l’ordre ont immédiatement conduit au commissariat les deux occupants du tricycle, identifiés par leurs initiales S. D. et A. J., pour les entendre.

D’après les informations, ils ont affirmé aux enquêteurs qu’un client leur avait simplement demandé d’assurer le transport d’un colis que ce dernier leur avait présenté comme contenant des pots de peinture. Ils soutiennent n’avoir eu aucune connaissance du contenu réel de l’emballage.

Ces déclarations font désormais l’objet de vérifications dans le cadre des investigations ouvertes par les services de police.

Les enquêteurs cherchent l’origine des ossements.

À l’issue de leur audition, les enquêteurs ont  placé les deux individus en garde à vue. Le commissariat de Godomey a ouvert une procédure judiciaire à travers un procès-verbal établi le 7 juillet 2026. Les enquêteurs s’attachent désormais à identifier la provenance des ossements, à retracer le parcours du colis et à déterminer à qui il était destiné.

Les investigations visent également à établir si cette affaire relève d’un acte isolé ou s’inscrit dans un éventuel réseau organisé de trafic d’ossements humains. La justice a mis les pièces saisies sous scellés afin de permettre les expertises et constatations nécessaires à la manifestation de la vérité.

Une enquête aux multiples enjeux

Au Bénin, les autorités judiciaires mènent systématiquement des investigations approfondies sur les affaires impliquant des restes humains, en raison de la gravité des faits qu’elles pourraient caractériser. Selon les résultats de l’enquête, les magistrats compétents pourraient examiner plusieurs qualifications pénales. À ce stade, les enquêteurs n’ont officiellement identifié ni présenté aucun autre suspect dans cette procédure.

L’enquête devra notamment permettre de retrouver la personne ayant remis le colis aux deux transporteurs, d’établir la destination finale des ossements et de préciser les circonstances exactes de cette affaire qui relance la question du trafic de restes humains, un phénomène que les services de sécurité continuent de surveiller de près.

En attendant les conclusions des investigations, les deux personnes interpellées bénéficient de la présomption d’innocence, car seule la procédure judiciaire pourra établir les responsabilités pénales.

Résultats du Bac 2026 au Bénin : Proclamation en ligne ce mercredi

Les 77 101 candidats au baccalauréat 2026 connaîtront leurs résultats ce mercredi 8 juillet. Pour la deuxième année consécutive, l’Office du Bac privilégie la proclamation en ligne, ce qui constitue le signe d’une dématérialisation progressive des examens nationaux au Bénin.

Le compte à rebours est presque terminé pour les candidats à la session de juin 2026. En effet, ce mercredi 8 juillet, l’Office du Bac publiera les résultats de la phase écrite, mettant ainsi fin à plusieurs semaines d’attente et de spéculations dans les familles comme dans les établissements.

Cette année encore, les candidats n’auront pas besoin de se déplacer pour consulter leur sort. En pratique, ils pourront accéder aux résultats via la plateforme officielle eRésultats, à l’adresse https://eresultats.bj/examens, en renseignant leur numéro de table ou leur numéro d’inscription.

La plateforme numérique s’impose

Avec ce système, l’administration scolaire consolide un choix déjà installé depuis quelques années : celui de la digitalisation des résultats d’examens. En effet, l’outil permet aux candidats de connaître immédiatement leur verdict, sans attendre l’affichage physique des listes dans les centres de composition.

Pour les autorités éducatives, cette méthode répond à un double enjeu. D’abord, elle réduit les lenteurs et les attroupements liés aux affichages traditionnels. D’autre part, elle confère au processus une dimension plus moderne, plus rapide et plus accessible.

La suite du parcours

La publication des résultats écrits ne marquera pas la fin du parcours pour tous les candidats admis. En réalité, ceux qui décrocheront le premier diplôme universitaire devront encore affronter les épreuves orales ainsi que l’éducation physique et sportive, selon un calendrier que l’Office du Bac doit préciser.

Cette étape complémentaire reste déterminante pour la validation finale du diplôme. Elle rappelle que le baccalauréat conserve une organisation en plusieurs phases, même à l’heure où la consultation des résultats passe de plus en plus par le numérique.

Un enjeu au-delà des chiffres

Au-delà des statistiques attendues, la proclamation des résultats du Bac demeure un moment fort du calendrier scolaire national. D’ailleurs, elle cristallise à la fois l’espoir des élèves, l’anxiété des parents et l’attention des établissements, qui scrutent chaque année le taux de réussite comme un indicateur de performance du système éducatif.

Dans ce contexte, le Bac 2026 s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’une école béninoise qui tente de conjuguer la tradition des examens nationaux avec la modernisation de ses outils de gestion.

Bénin : La santé mentale de la tiktokeuse Florence Kingbo au cœur des débats à la CRIET

Après plusieurs mois d’attente et de reports, le dossier de la tiktokeuse Florence Kingbo connaît une avancée décisive. La CRIET a finalement obtenu l’expertise psychiatrique, ouvrant la voie à la reprise de l’examen du dossier.

Le dossier de Florence Kingbo franchit une nouvelle étape. Ce mardi 7 juillet 2026, la CRIET a renvoyé l’affaire au 13 octobre prochain, le temps d’examiner le rapport de l’expertise psychiatrique ordonnée par la juridiction. Une décision qui replace au centre du débat la question de la responsabilité pénale de la jeune tiktokeuse.

Une procédure relancée

Après plusieurs mois d’attente et de reports, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a enfin pu avancer sur un point resté longtemps en suspens : l’expertise psychiatrique de Florence Kingbo. Présentée à l’audience après son extraction de prison, la prévenue a assisté aux débats dans une attitude beaucoup plus réservée que lors de ses précédentes comparutions.

Silencieuse tout au long de l’audience, elle a contrasté avec l’image d’une accusée plus combative observée en février dernier, lorsqu’elle avait multiplié les échanges tendus avec la présidente de la Cour et la représentante du ministère public.

L’expertise au cœur du dossier

C’est désormais le rapport du médecin psychiatre qui devrait orienter la suite de la procédure. Or, cette évaluation a accusé beaucoup de retard. La CRIET l’a ordonnée le 24 mars 2026 et devait l’intégrer au dossier avant la fin mai, mais les juges n’ont pas reçu le document dans les délais.

Lors de l’audience du 2 juin, la juridiction avait déjà constaté que la mesure n’avait pas été exécutée. L’absence de la prévenue à cette date avait conduit sa défense à évoquer des difficultés liées à son extraction vers le centre spécialisé. Me Aboubacar Baparapé avait alors expliqué avoir effectué toutes les démarches nécessaires sans parvenir à faire réaliser l’examen à temps.

La défense salue les diligences du parquet

Cette fois, l’expertise a finalement pu être effectuée après le transfert de Florence Kingbo au Centre psychiatrique de Jacquot. Son avocat a salué les démarches entreprises par le parquet spécial, estimant qu’elles ont permis à la fois la réalisation de l’examen médical et la comparution de sa cliente à l’audience.

Pour la défense, cette étape est essentielle, car elle doit éclairer la juridiction sur l’état mental de la jeune femme au moment des faits reprochés. La question de l’irresponsabilité pénale, déjà évoquée lors de la première audience, reste donc au centre du dossier.

Une affaire née des réseaux sociaux

Florence Kingbo, 21 ans, est en détention préventive depuis le 18 décembre 2025. Le parquet spécial près la CRIET la poursuit pour harcèlement par le biais d’un système électronique, atteinte à la vie privée, incitation à la haine et à la violence, ainsi qu’incitation à la rébellion.

Les poursuites trouvent leur origine dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle la jeune femme tenait des propos visant notamment l’ancien président Patrice Talon, son épouse Claudine Talon et leur fils. Lors de sa première comparution, le 3 février 2026, elle avait reconnu les faits, tandis que son avocat plaidait déjà une possible irresponsabilité pénale liée à des troubles mentaux.

CRIET : un report stratégique pour l’examen psychiatrique

En renvoyant l’affaire au 13 octobre 2026, la CRIET choisit d’attendre les conclusions de l’expertise psychiatrique avant d’entrer dans l’examen de fond. Ce report marque moins un simple renvoi technique qu’un moment charnière dans une affaire où se croisent expression sur les réseaux sociaux, droit pénal et santé mentale.

À ce stade, la juridiction semble vouloir disposer de tous les éléments médicaux avant de trancher sur la suite à donner au dossier. La prochaine audience pourrait donc être décisive pour l’orientation judiciaire de cette affaire très suivie.

Aaron Ibrahim signe son premier contrat pro avec le Royal Antwerp

À seulement 17 ans, le latéral gauche belgo-béninois Aaron Ibrahim vient de franchir une étape majeure dans sa jeune carrière. Le jeune défenseur a signé son premier contrat professionnel avec le Royal Antwerp, récompensant ainsi une progression rapide et des prestations déjà remarquées.

Le Royal Antwerp a officialisé la signature du premier contrat professionnel d’Aaron Ibrahim. Cette décision témoigne de la confiance accordée au jeune latéral gauche, dont les performances et la progression ont rapidement convaincu les dirigeants du club anversois de miser sur son potentiel.

Une ascension fulgurante

Arrivé à l’été 2025 en provenance du Standard de Liège, où il évoluait avec les U18, Aaron Ibrahim s’est très vite adapté à son nouvel environnement. Grâce à son sérieux et à ses qualités techniques, il s’est progressivement imposé comme l’un des jeunes joueurs les plus prometteurs de sa génération au sein du Royal Antwerp. Son évolution constante a finalement convaincu le club de lui offrir un premier bail professionnel.

Le jeune défenseur ne s’est d’ailleurs pas fait attendre pour se distinguer. Lors du premier match de préparation face au PSV Eindhoven, il a trouvé le chemin des filets en inscrivant un superbe but égalisateur (1-1), d’une magnifique reprise. Une réalisation qui a confirmé tout le potentiel du joueur et renforcé l’intérêt suscité par son profil.

Un avenir suivi de près

International belge U17, né le 2 août 2008, Aaron Ibrahim s’apprête désormais à franchir un nouveau palier. En effet, il rejoindra cette semaine le stage estival du groupe professionnel avec l’ambition de convaincre le staff technique et de se faire une place au sein de l’effectif.

Selon nos informations, le jeune latéral figure également dans les petits papiers de Raymond Tchayé, qui suivrait attentivement son évolution et resterait régulièrement en contact avec son entourage. Un intérêt qui illustre l’attention grandissante portée à un joueur dont la progression ne passe plus inaperçue.

Une fratrie pleine de promesses

À noter qu’Aaron Ibrahim est également le grand frère d’Ilias Ibrahim, né en 2010. Lui aussi évolue au poste de latéral gauche, mais avec un profil davantage porté vers l’animation offensive. Cette fratrie prometteuse pourrait, à terme, s’imposer comme une référence du football belgo-béninois.

Avec cette signature, Aaron Ibrahim franchit une étape déterminante dans son parcours et confirme son statut de jeune talent à suivre de très près. De son côté, le Royal Antwerp sécurise un profil prometteur, appelé à monter en puissance au fil des prochaines saisons. Reste désormais au jeune défenseur à poursuivre sa progression afin de s’imposer durablement au sein du groupe professionnel.